Aujourd’hui je suis fort inquiet, c’est la liberté d’expression et de la presse qui est clairement menacée .

Bien entendu qu’il faut lutter contre le terrorisme par tous les moyens, il ne s’agit pas ici de remettre en question cette évidence.

Le problème c’est que l’arsenal législatif devient tel qu’il permet dans l’absolu toutes sortes de dérives , et la définition de la notion « d’apologie du terrorisme », qui peut être assez large comme je l’ai déjà expliqué.

En outre on sait depuis quelques mois que le pouvoir en place cherche à faire taire particulièrement les médias alternatifs, qui constituent un danger direct pour le discours officiel .

Orwell en a rêvé, le gouvernement l’a fait . A partir de maintenant ils pourront fermer des sites de manière arbitraire, sans rendre de compte à personne .

Naturellement, nous ne visons pas la presse libre, indépendante, qui fait la force de notre démocratie déclare une député (Sandrine Mazetier) selon Le point

Mais quand on fouille un peu, on se rend compte que Des députés ont déposé un amendement pour « contrôler la presse » , des députés …. menés par la socialiste Sandrine Mazetier, celle là même qui est cité par Le point, vice-présidente de l’Assemblée nationale . Des députés qui notent dans leur amendement qu' »au moment des attentats de janvier 2015, des manquements ont été constatés dans le traitement des attentats dans différentes publications ». 

Au nom de l’état d’urgence. Vingt députés ont présenté un amendement au projet de loi qui prorogue et réforme la loi de 1955 qui instaure l’état d’urgence présenté mercredi matin en conseil des ministres. Cet ajout vise à ouvrir « la possibilité de contrôler toute publication lorsque l’état d’urgence est déclaré ».

« Le décret déclarant ou la loi prorogeant l’état d’urgence peut, par une disposition expresse, habiliter les autorités administratives visées à l’article 8 à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales. »

Qui pourra savoir, vu que l’exécutif n’a à présent de compte à rendre à personne . 

Le pire c’est que les Français, effrayés,  sont d’accord pour cette dérive sécuritaire, qui devient totalitaire, au détriment de leurs libertés. Oui a la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, oui au blocage de sites Internet faisant l’apologie du terrorisme, mais non à la dictature .  Vive la France et la liberté . 

Voici des précisions avec ce papier de Le point justement :

Le gouvernement pourra, dans le cadre de l’état d’urgence, bloquer des sites internet et réseaux sociaux faisant l’apologie du terrorisme ou incitant à des actes terroristes, a voté jeudi l’Assemblée nationale.

Manuel Valls s’en était remis à la «sagesse» des députés sur le vote de ces amendements des radicaux de gauche et de l’UDI, qui ont été soutenus par certains socialistes. Le rapporteur Jean-Jacques Urvoas (PS), président de la commission des Lois, a, lui, jugé notamment que la rédaction poserait des difficultés techniques.

«Le ministre de l’Intérieur peut prendre toute mesure pour assurer l’interruption de tout service de communication au public en ligne provoquant à la commission d’actes de terrorisme ou en faisant l’apologie», stipule l’amendement adopté.

Le projet de loi sur la prorogation de l’état d’urgence prévoyait initialement de supprimer la possibilité de mesures pour contrôler la presse et les publications de toute nature, ainsi que les émissions radiophoniques, les projections cinématographiques et les représentations théâtrales, inscrite dans la loi initiale de 1955.

Après avoir souligné que les attentats de janvier avaient montré que «l’information spectacle» pouvaient donner lieu à des dérapages «dangereux» et concédé que «les médias traditionnels se montrent beaucoup plus responsables» depuis, le président de l’UDI Jean-Christophe Lagarde a appelé à ne pas «s’interdire tout moyen d’interrompre la diffusion d’information à travers les réseaux sociaux et sites internet», au motif qu’«internet est une arme de recrutement et mobilisation» de jihadistes.

Satisfait que le Premier ministre ait laissé passer cette mesure, le chef de file des députés radicaux de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg a estimé que cet «amendement important» contribuera à combattre un vecteur priviligié de l’islamisme radical.

La socialiste Sandrine Mazetier a plaidé aussi pour empêcher «la propagation d’informations pouvant mettre en danger nos concitoyens ou les forces de l’ordre intervenant en direct, de fausses informations ou des appels aux meurtres, qui ne sont malheureusement pas le seul fait de terroristes».

«Naturellement, nous ne visons pas la presse libre, indépendante, qui fait la force de notre démocratie, nous ne ciblons pas les réseaux sociaux parce qu’ils sont des réseaux sociaux, sachant qu’ils ont aussi permis les opérations #porteouverte et #dondusang» après les attentats meurtriers de vendredi à Paris, a ajouté cette députée de Paris.

Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, avait demandé aux députés socialistes dans son discours liminaire de «ne céder à aucune restriction de la liberté de la presse»