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Pourquoi la France achète-t-elle de la dette américaine ?

Pourquoi la France achète-t-elle de la dette américaine ?

« la France a acheté, entre avril 2017 et août 2018, plus de 51 milliards de dollars de dettes américaines » ??!!  « Pognon de dingue » . Z

Par Leslie Varenne, géneral Dominique Delawarde, Jean-Luc Baslé

Alors que de nombreux analystes financiers alertent sur une probable crise financière en provenance des Etats-Unis, à l’horizon 2020, qui serait plus catastrophique encore que celle de 2008 (voire la note de Jean-Luc Baslé) ; alors que dans la perspective d’un krach obligataire nombre de pays se délestent de leurs bons du Trésor US, la France a acheté, entre avril 2017 et août 2018, plus de 51 milliards de dollars de dettes américaines…

Depuis janvier 2018, la dette publique US augmente à un rythme exponentiel de 3 milliards par jour et se situe aujourd’hui à 21 700 milliards de dollars. A la fin de l’année, les Etats-Unis devraient atteindre les 22 000 milliards soit une dette souveraine de 107 à 108% du PIB. C’est la raison pour laquelle de nombreux économistes tirent la sonnette d’alarme (1). Contre vents et marées, les agences de notation américaines (Fitch, et Moody’s) maintiennent la meilleure note, AAA, aux bons du Trésor américain, à l’exception de S&P qui l’a abaissé à AA+ en août 2011. L’agence de notation financière chinoise, DAGONG, ne les suit pas et en janvier 2018, elle a attribué un BBB+, avec perspectives négatives, à la dette souveraine US, ce qui la situe désormais juste un cran au-dessus des emprunts considérés comme spéculatifs. Pour justifier ce recul, DAGONG met en avant le risque croissant d’insolvabilité et les faiblesses du mode de développement économique des Etats-Unis fondés sur la dette (2). Elle met également en garde les investisseurs et les Etats qui pourraient être tentés par l’achat de cette dette susceptible de se transformer, à court ou moyen terme, en obligations à haut risque.

Il ne serait pas incongru de penser que l’agence chinoise n’est pas plus objective que ses consœurs occidentales. Il ne serait pas non plus stupide d’imaginer que la Russie ne s’est pas délestée de presque toutes ses obligations US soit 91 milliards de dollars, il ne lui en reste plus que 14, seulement par prudence et bonne gestion de père de famille. Cependant, le fait que d’autres pays, dont certains sont des alliés fidèles des Etats-Unis, agissent de la même manière leur donne raison. En effet, entre août 2017 et août 2018, le Japon a réduit son exposition de 73 milliards de dollars ; la Turquie de plus de 40, la Chine de 36,5, Taïwan de 17 et la Hollande de 10 milliards de dollars. Depuis janvier 2018, la Suisse s’est allégée de 21 milliards de dollars, depuis mars l’Allemagne et l’Inde se sont délestées respectivement de 13 et de 17 milliards de dollars (3). Même les Îles Caïmans, paradis fiscal réputé qui gèrent les fortunes de gens très informés se sont désengagées de 45 milliards de dollars sur une seule année…. C’est donc une lame de fond qui correspond à des inquiétudes légitimes.

Le village gaulois

Il reste néanmoins quelques récalcitrants : le Brésil de Michel Temer, le Royaume-Uni, l’Arabie Saoudite et la France. En avril 2017, deux mois avant l’arrivée au pouvoir du président actuel, la France détenait 66,9 milliards de dollars d’obligations souveraines US. Aujourd’hui, le département du Trésor américain indique que la France en détient 118,4 milliards de dollars, soit une augmentation de 51,5 milliards en un peu plus d’un an (+ 77%)(4). Mieux, depuis mars 2018, l’exposition de Paris à la dette américaine est passée de 80 milliards de dollars à 118 milliards de dollars soit une hausse de 47,5 % en 6 mois, elle fait plus que tous les autres récalcitrants (5).

 Pure amitié atlantiste ?

Cette évolution, pour le moins étrange interpelle : pourquoi la France dont la dette a déjà dépassé les 100% du PIB s’encombre-t-elle de toujours plus d’actifs à risque ? Autre question légitime : quelles sont les contreparties ? Il semble que cela soit totalement désintéressé…

Sur le plan de la politique étrangère, Washington continue de dire non aux incessantes demandes de Paris de placer le G5 Sahel sous le chapitre 7 des Nations Unies, ce qui permettrait aux militaires français de sortir du bourbier sahélien et d’économiser un milliard d’euros par an (6).

Le Président américain a « confié » le dossier libyen au président italien au grand dam d’Emmanuel Macron (7).

Et si la diplomatie française a enfin pu opérer un timide retour au Moyen-Orient, ce n’est pas grâce à son allié américain mais à la Russie qui a invité le président français au dernier sommet d’Istanbul (8).

Sur le plan économique, les sanctions américaines contre l’Iran ont durement pénalisé les entreprises françaises comme Total, Peugeot etc. Par ailleurs, les menaces de l’extraterritorialité du droit américain, pèsent toujours sur les sociétés hexagonales. Après Alstom, la justice américaine pourrait infliger des amendes à plusieurs d’entre-elles, dont une peine record à Areva, 24 milliards de dollars.

Opacité

Sauf s’il s’agit d’obscures raisons qui échappent aux auteurs de ces lignes, rien ne justifie donc un tel niveau d’exposition à la dette souveraine US. Rien ne justifie non plus, le silence des médias et des parlementaires. Le gouvernement qui s’évertue à vanter les nécessités de l’austérité aura des difficultés à expliquer aux Français qui grondent, ces placements de bien piètres épargnants. 51,5 milliards de dollars c’est une somme et à n’en pas douter, chaque citoyen aura, bien sûr, son idée sur les raisons qui ont poussé leurs dirigeants à exposer l’épargne des Français à la dette US et sur une meilleure affectation de l’argent public.

Leslie Varenne
Général Dominique Delawarde

Jean-Luc Baslé ancien directeur de Citigroup New-York

(1) https://www.businessbourse.com/2018/07/16/lamerique-se-dirige-droit-vers-la-plus-grande-crise-dendettement-de-lhistoire/
(2) http://en.dagongcredit.com/index.php?m=content&c=index&a=show&catid=88&id=4937
(3) http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfh.txt
(4) Le Brésil a acheté 44.2 milliards de dollars d’obligations US, le Royaume-Uni 47.6, l’Arabie Saoudite 37.5, la Belgique fait aussi partie des récalcitrants, mais Bruxelles, qui héberge l’Union européenne à un statut à part,  elle a néanmoins racheté pour  58.3 milliards de dollars.
(5) http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfh.txt
(6) https://www.iveris.eu/list/notes_danalyse/371-le_sahel_estil_une_zone_de_nondroit__
(7) https://www.iveris.eu/list/entretiens/362-la_libye_victime_des_ingerences_exterieures_
(
8) http://www.lefigaro.fr/international/2018/10/27/01003-20181027ARTFIG00136-syrie-le-sommet-d-istanbul-appelle-a-un-cessez-le-feu-stable-et-durable-a-idlib.php

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7 Commentaires

Publié par le 6 novembre 2018 dans économie, général

 

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C’est caché sous nos yeux : pourquoi nous ne pouvons pas voir le système nous détruire

Ici un papier fort intéressant . Seul la petite élite qui est en haut de la pyramide peut avoir une vision globale du système qu’ils mettent eux même en place … La population lambda est « cloisonnée », elle ne peut pas voir la grande image , comme expliqué ici avec l’exemple de l’écran de TV . Pensez à l’allégorie de la caverne de platon, nous sommes enchaînés dans une caverne et ne voyons que des ombres sur un mur, alors que le vrai monde se situe en dehors de la caverne . Mais certains qui parviennent à prendre un maximum de recul, au prix d’un énorme effort d’information ce qui est pour moi la clef – ce qui leur permet de prendre un maximum de hauteur, … peuvent voir la grande image . « Reculez et regardez l’écran en entier » : c’est ce que j’essaie de vous aider à faire chaque jour . Z 

Je dis rarement aux lecteurs ce qu’ils doivent croire. J’essaie plutôt de les avertir qu’il serait sage de ne pas croire, du moins lorsqu’il n’y a pas de véritable preuve, ce que ceux qui sont au pouvoir nous demandent de croire.

Nous avons tous des adages bien connus à propos du pouvoir : « le savoir, c’est la pouvoir », et « le pouvoir tend à corrompre alors que le pouvoir absolu tend à corrompre absolument. » Ces maximes nous touchent car elle parlent avec vérité de notre expérience du monde. Les gens qui ont le pouvoir – même un pouvoir très limité, détiennent une autorisation d’autrui – ont tendance à en abuser, parfois de façon subtile et inconsciente et parfois ouvertement et délibérément.

Si nous sommes raisonnablement conscients de nous-mêmes, nous pouvons ressentir en notre for intérieur, cette tendance à exploiter à notre avantage un quelconque pouvoir dont nous jouissons, que ce soit dans nos relations avec un conjoint, nos enfants, un ami, un employé, ou juste par l’usage courant de notre position pour obtenir de l’avancement.

En général, ce n’est fait ni avec malveillance ni consciemment. Par définition, le plus difficile à admettre sont nos propres angles morts psychologiques, émotionnels et mentaux, et le plus important, du moins pour ceux nés avec des privilèges de classe, de sexe et de race, est de réaliser que ce sont la des formes de pouvoir également.

Cependant, ce sont des formes mineures de pouvoir comparées au pouvoir exercé collectivement par les structures dominantes de nos sociétés : le secteur financier, les entreprises, les médias, la classe politique, et les services de sécurité.

Mais curieusement, la plupart d’entre nous, sommes bien plus enclins à accepter l’influence corruptrice du pouvoir relativement faible d’individus que le pourrissement d’institutions et structures largement plus puissantes. Nous blâmons l’instituteur ou le politicien, parce qu’ils abusent de leur pouvoir, mais nous sommes réticents à faire de même avec les systèmes éducatifs ou politiques dans lesquels ils doivent intervenir.

De même, nous sommes plus heureux d’identifier le pouvoir personnel excessif d’un Rupert Murdoch plutôt que l’immense pouvoir de l’empire corporatif derrière lui et dont dépend son succès et sa richesse personnels.

Et au delà, nous luttons par dessus tout pour détecter le cadre structurel et idéologique sous-jacent et permettant la cohésion de ces discrets exemples de pouvoir.

Contrôler le récit

Il est relativement facile de comprendre que votre supérieur hiérarchique abuse de son pouvoir, car il en a si peu. Son pouvoir est visible puisqu’il ne concerne que vous et le petit groupe de personnes autour de vous.

C’est un peu plus difficile, mais pas trop compliqué, d’identifier la politique abusive de votre compagnie, les bas salaires, les compressions touchant les heures supplémentaires, les attaques contre les représentants syndicaux.

Il est plus difficile de voir le pouvoir corrupteur des grandes institutions, en dehors parfois, de la corruption de hauts responsables au sein de ces institutions, comme Robert Maxwell ou Richard Nixon

Mais il est pratiquement impossible d’apprécier la nature corrompue de l’ensemble du système. La raison se trouve dans ces aphorismes : le pouvoir absolu dépend du contrôle absolu de la connaissance, qui nécessite à son tour une corruption absolue. Autrement, nous n’aurions pas à affronter un pouvoir important ; cela pourrait être évident, si nous nous arrêtions pour y réfléchir.

Le vrai pouvoir dans nos sociétés découle de ce qui est fatalement difficile à voir – les structures, l’idéologie et les discours – au lieu des individus. N’importe quel Murdoch ou quel Trump peut tomber, bien qu’en tant que fidèles acolytes du système de pouvoir, ils le sont rarement, devraient-ils menacer le maintien nécessaire du pouvoir par ces institutions interconnectées, par ces structures ?

L’actuelle élite néolibérale qui dirige effectivement la planète a atteint le pouvoir absolu, de plus près que n’importe quelle élite dans l’histoire humaine. Et parce qu’elle possède un pouvoir presque absolu, elle contrôle presque totalement les discours officiels sur nos sociétés et nos « ennemis », ceux qui font obstacle à sa domination mondiale.

L’affaire Skripal

Il suffit de regarder l’histoire des deux hommes, capturés par les caméras de vidéosurveillance, qui ont récemment été accusés par notre classe politique et médiatique d’avoir utilisé un agent chimique pour tenter d’assassiner Sergei Skripal et sa fille Yulia, en mars.

Je ne prétends pas savoir si Alexander Petrov et Ruslan Boshirov travaillent pour les services de sécurité russes, ou s’ils ont été envoyés en mission à Salisbury par Vladimir Poutine pour tuer les Skripal.

Toutefois, ce qui est clair, c’est que les services de renseignement britanniques ont alimenté par auto-perfusion les médias institutionnels, depuis le début. Et les médias n’ont à aucun moment voulu vérifier une quelconque partie de l’histoire ni même posé la moindre question. Ils furent totalement passifs, ce qui signifie que nous, leurs lecteurs, nous avons été complètement passifs.

Il est évident qu’il y a des questions à poser à propos de ce récit si l’on se détourne des dociles médias institutionnels et qu’on cherche les points de vue d’un esprit indépendant, un ancien initié comme Craig Murray.

L’ancien ambassadeur britannique, Murray pose des questions qui peuvent s’avérer pertinentes ou non. A ce stade, où nous ne pouvons compter que sur ce que les services de renseignement nous fournissent de façon sélective, ce type de doutes devrait mener les enquêtes de tout journaliste sérieux couvrant l’histoire. Mais comme c’est souvent le cas, ces questions ne sont pas posées pas plus qu’elles ne donnent lieu à des enquêtes, mais quiconque comme Murray pense de manière critique – qui suppose que les puissants chercheront à défendre leurs intérêts et éviter de rendre des comptes – est immédiatement révoqué en tant que complotiste ou comme étant dans la poche de Poutine.

Ce genre de critique n’est pas sérieux. Les nombreuses questions soulevées – par exemple pourquoi y a-t-il autant de vide dans les enregistrements de vidéosurveillance des mouvements des Skripal et des deux assassins présumés – pourraient être résolues si cela pouvait susciter de l’intérêt. L’évasion et les prélèvements suggèrent simplement que le pouvoir n’a pas besoin de rendre des comptes, qu’il reste dissimulé, que l’histoire est plus importante que la vérité.

Et c’est une bonne raison pour passer de la remise en question du récit vers la défiance.

Comme des ondes sur un lac

Les journalistes ont généralement une relation passive avec le pouvoir, en contradiction totale avec leur image de chiens de garde tenaces. Mais c’est l’idéologie qui oriente ces récits qui est plus fondamentale que le contrôle du récit. L’idéologie garantit que le système de pouvoir est invisible non seulement pour nous, qu’il abuse et exploite, mais aussi pour ceux qui en profitent.

C’est précisément parce que le pouvoir réside dans les structures et l’idéologie, plutôt que dans les individus, qu’il est si difficile à voir. Et les structures de pouvoir elles-mêmes sont rendues encore plus difficiles à identifier car les récits créés sur nos sociétés sont conçus pour dissimuler ces structures et cette idéologie – là où réside le véritable pouvoir – en se concentrant plutôt sur les individus.

C’est pour cette raison que les journaux et les émissions de télévision regorgent d’histoires de personnalités : célébrités, familles royales, criminels, politiciens. Ils sont rendus visibles afin que nous ne puissions pas détecter les structures idéologiques internes que nous vivons, qui sont supposées rester invisibles.

Les nouvelles et le divertissement sont les ondes qui se propagent à la surface du lac, non le lac lui-même. Mais ces ondes ne pourraient pas exister sans le lac qui les forme et les façonne.

Collés à l’écran

Cela peut ressembler à une hyperbole. Éloignons-nous de notre système idéologique spécifique – le néolibéralisme – et considérons les systèmes idéologiques antérieurs dans l’espoir qu’ils offrent quelque perspective. Pour le moment, nous ressemblons à une personne qui se tiendrait contre un écran IMAX, si près que nous ne pouvons pas voir qu’il y a un écran, ni même concevoir qu’il y a une image complète. Tout ce que nous voyons, ce sont des couleurs et des pixels en mouvement. Peut-être, Pourrions-nous deviner brièvement une bouche, la roue d’un véhicule, une arme à feu.

Avant le néolibéralisme, il y avait d’autres système de domination. Il y avait par exemple, le système féodal où l’aristocratie s’appropriait exclusivement une ressource commune, la terre. Ce système a exploité les masses en les forçant à travailler péniblement la terre pour une bouchée de pain, afin de produire la richesse pour entretenir les châteaux, le clergé, les manoirs, les collections d’art et les armées. Durant de nombreux siècles, le pouvoir de cette petite élite est resté largement incontesté.

Mais ensuite, une classe d’entrepreneurs a émergé, défiant l’aristocratie terrienne avec de nouveaux moyens de production industrielle. Ils ont construit des usines et ont profité des économies d’échelle qui ont légèrement élargi le cercle des privilèges, en créant une classe moyenne. Cette élite et la classe moyenne qui profitaient des miettes tombées de la table du maître, vivaient de l’exploitation des enfants des « maisons de travail » et de la main-d’œuvre des nouveaux pauvres des zones urbaines dans les bidonvilles.

Ces époques étaient systématiquement corrompues, permettant aux élites de ces temps d’étendre et de pérenniser leur pouvoir. Chaque élite produisait des justifications pour calmer les masses exploitées, pour leur faire croire par un lavage du cerveau, que le système était inscrit dans l’ordre naturel des choses ou même qu’il existait pour leur bien. L’aristocratie s’appuyait sur la monarchie de droit divin, la classe capitaliste sur la main invisible du libre marché et les revendications fallacieuses d’égalité des chances.

Dans cent ans, si notre espèce continue d’exister, notre système ne sera pas moins corrompu – si ce n’est pire – que ses prédécesseurs.

Le néolibéralisme, le dernier stade du capitalisme, le système ploutocratique des entreprises – quel que soit le nom que vous souhaitez lui donner – a permis à une petite élite d’accumuler plus de richesses et de gagner plus de pouvoir, qu’aucun monarque féodal n’aurait pu en rêver. Et en raison de la portée mondiale de cette élite, sa corruption est plus endémique, plus totale, plus destructrice que ce que l’humanité ait jamais connu.

Une élite politique étrangère peut détruire le monde à plusieurs reprises avec des armes nucléaires. Une élite institutionnelle mondiale remplit les océans des déchets de notre consommation, et détruit les forêts, les poumons de notre planète pour des plantations d’huile de palme afin de satisfaire notre désir insatiable de biscuits et de gâteaux. Et nos médias ainsi que nos services de renseignement fabriquent conjointement un récit sur des pères fouettards et des méchants à la James Bond – à la fois dans les films hollywoodiens et dans nos journaux télévisés – pour nous rendre craintifs et malléables.

Présupposée fatalité

Nous abusons pour la plupart de notre petit pouvoir sans réfléchir, avec un hypocrite sens de la morale. Nous nous disons que nous avons donné aux enfants une « bonne fessée » parce qu’ils ont été vilains, plutôt que parce que nous avons établi, assez tôt avec eux, une relation de pouvoir qui génère de la confusion, puisque nous leur avons enseigné que l’usage de la force et de la contrainte allait de pair avec l’approbation parentale.

Ceux qui ont plus de pouvoir, depuis les larbins dans les médias aux dirigeants des grandes entreprises, ne sont pas différents. Ils sont tout aussi incapables de remettre en question l’idéologie et le récit – comment notre système néolibéral est-il incontournable et « juste » – que nous tous. Mais ils jouent un rôle essentiel dans le maintien et la perpétuation de ce système.

David Cromwell et David Edwards de Media Lens ont proposé deux analogies – dans le contexte des médias – qui aident à expliquer comment il est possible pour des individus et des groupes d’aider et de mettre en œuvre des systèmes de pouvoir sans avoir la moindre intention de le faire, et sans être conscients qu’ils contribuent à quelque chose de dangereux. Bref, sans être conscients qu’ils conspirent au sein du système.

Primo :

Lorsqu’un banc de poissons change instantanément de direction, il nous semble que le mouvement est synchronisé par une main invisible. Les journalistes – tous formés et sélectionnés pour l’obéissance par les médias, cherchant tous à maximiser les profits au sein de la société capitaliste d’État – ont tendance à réagir aux événements de la même manière.

Secundo :

Placez un cadre carré en bois, sur une surface plane et versez-y des roulements à billes, des billes ou d’autres objets ronds. Certaines des boules peuvent rebondir, mais beaucoup vont former une couche dans la structure en bois ; d’autres trouveront alors une place au sommet de cette première couche. De cette manière, le flux de roulements à billes construit constamment de nouvelles couches qui produisent inévitablement une forme pyramidale. Cette expérience est utilisée pour démontrer à quel point des structures cristallines quasi-parfaites, telles que des flocons de neige, émergent dans la nature sans une conception délibérée.

Le système, qu’il s’agisse du féodalisme, du capitalisme ou du néolibéralisme, émerge des conditions de la vie réelle, de ceux qui recherchent le pouvoir de la façon la plus impitoyable. À une époque où la ressource principale était la terre, une classe a émergé légitimant son droit exclusif au contrôle de cette terre et de la main-d’œuvre nécessaire pour la rendre productive. Lorsque les procédés industriels se sont développés, une classe a émergé pour exiger des droits de propriété sur ces procédés et sur le travail nécessaire pour les rendre productifs

Notre place dans la pyramide

Dans ces conditions, nous devons puiser dans quelque chose comme le principe de l’évolution selon Darwin, de la « survie du plus fort ». Le petit nombre d’individus plus avides de pouvoir, ayant le moins d’empathie, grimpera jusqu’au sommet de la pyramide et se trouvera le mieux placé pour exploiter les personnes en dessous. Il justifiera cette exploitation par un droit divin, ou par l’évidence de capacités intrinsèquement supérieures, ou par la preuve de l’efficacité du marché.

En dessous d’eux, comme les couches des roulements à billes, se trouveront ceux qui peuvent les aider à maintenir et étendre leur pouvoir : ceux qui possèdent les compétences, l’éducation et la socialisation pour augmenter les profits et vendre les marques.

Tout cela devrait être évident, voire non controversé. Cela correspond à ce que nous expérimentons de petit pouvoir dans nos vies. Est-ce qu’un pouvoir plus grand fonctionne différemment ? Après tout, si ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide n’étaient pas avides de pouvoir ou même des psychopathes dans leur recherche du pouvoir, s’ils étaient bienveillants et humains, s’ils étaient soucieux avant tout du bien-être de leur force de travail et de la planète, ils seraient des travailleurs sociaux et des militants pour la protection de l’environnement, non pas des PDG des empires médiatiques et des fabricants d’armes.

Cependant, fondez votre pensée politique sur ce que devraient être les truismes, articulez une vision du monde qui ne fait pas confiance à ceux qui détiennent le plus de pouvoir, car ils sont les plus capables – et déterminés – de l’utiliser à mauvais escient, et vous serez ridiculisé. Vous serez étiqueté en tant que théoricien du complot, chassé comme une victime d’illusions. Vous serez accusé d’être un fou à entonnoir, d’être de mauvaise foi, d’être anti-américain, d’être un guerrier social, un paranoïaque, un anti-israélien ou un antisémite, un pro-Poutine, un pro-Assad, un marxiste.

Rien de tout cela ne devrait nous surprendre non plus. Parce que le pouvoir – pas seulement les personnes dans le système, mais le système lui-même – utilisera tous les outils dont il a besoin pour se protéger. Il est plus facile de se moquer des critiques et de déstabiliser, en particulier lorsqu’on contrôle les médias, les politiciens et le système éducatif, que de fournir un contre-argument.

En fait, il est essentiel d’empêcher tout argument ou véritable débat. Parce que lorsque nous réfléchissons aux arguments, les pesons, utilisons nos capacités critiques, il existe un réel danger que les écailles nous tombent des yeux. Il existe une menace réelle que nous reculions de l’écran et que nous découvrions toute l’image.

Peut-on voir l’image complète de l’empoisonnement des Skripal à Salisbury ; ou l’élection étasunienne qui a conduit à déclarer Trump président ; ou la révolution en Ukraine ; ou les causes et le parcours des combats en Syrie et avant en Libye et en Irak ; ou la campagne pour discréditer Jeremy Corbyn en tant que chef du parti travailliste ; ou les véritables enjeux de la crise bancaire il y a dix ans ?

Le profit au lieu de l’éthique

Tout comme l’élite féodale n’était pas mue par l’éthique mais par la recherche du pouvoir et de la richesse, par le contrôle de la terre ; tout comme les premiers capitalistes n’étaient pas motivés par l’éthique mais par la recherche du pouvoir et de la richesse grâce au contrôle de la mécanisation ; ainsi, le néolibéralisme n’est pas dicté par l’éthique mais par la recherche du pouvoir et de la richesse par le contrôle de la planète.

La seule vérité que nous pouvons connaître est que l’élite occidentale au pouvoir est déterminée à achever la tâche de rendre son pouvoir pleinement mondial, en le transformant de quasi-absolu à absolu. Elle ne se soucie pas de vous ou de vos petits-enfants. C’est un système de calcul froid, ce n’est ni un ami ni un voisin. Il vit pour la satisfaction immédiate de l’accumulation de richesses, et non pour le destin de la planète, demain.

Et à cause de cela, il est structurellement tenu de miner ou de discréditer quiconque, tout groupe, tout État qui s’opposerait à la réalisation de sa domination absolue.

Si ce n’est pas cette idée que nous conservons à l’avant-plan de nos préoccupations lorsque nous écoutons un homme politique, lisons un journal, regardons un film ou une émission de télévision, absorbons une publicité ou nous nous livrons aux médias sociaux, alors nous marcherons tels des somnambules vers un avenir, que les plus puissants, les plus impitoyables, les moins empathiques ont conçu pour nous.

Reculez et regardez l’écran en entier. Et décidez si c’est vraiment cet avenir que vous souhaitez à vos petits-enfants.

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Publié par le 30 septembre 2018 dans général, Nouvel ordre mondial

 

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DSK, Dalio, Gundlach, Roubini : Pourquoi prédisent-ils une nouvelle crise financière majeure ?

Dominique Strauss-Kahn, Ray Dalio, Jeffrey Gundlach, Nouriel Roubini sont tous pessimistes. On voit ensemble les raisons économiques de fond qui alimentent ces réflexions.

J’avais oublié de vous relayer aussi l’avertissement de DSK

Dans un entretien accordé à l’AFP à l’occasion du dixième anniversaire de la faillite de Lehman Brothers, Dominique Strauss-Kahn, qui dirigeait le FMI au plus fort de la crise financière de 2008, estime que la situation actuelle est « plutôt plus grave qu’elle ne l’était à l’époque ».

 
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Publié par le 26 septembre 2018 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Pourquoi une nouvelle crise financière est inévitable !

 
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Publié par le 20 septembre 2018 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Comment et pourquoi le dollar va laisser la place aux DTS comme monnaie mondiale

Je vous suggère en complément ce papier, Du Dollar US au Bancor – Du Pétrodollar au Pétro-Gold …., ou je cite cet article fort intéressant  de Philosophy of Metrics :  Les DTS feront le pont entre le dollar US et le Bancor :

Vous voulez la vérité définitive sur le SMI à venir (système monétaire international), la voici .

JC Collins est probablement l’analyste qui connaît le mieux la question des DTS et du SMI. Ses analyses sont d’une justesse absolue, il ne se trompe jamais . Cela conforte et complètent les analyse de James Rickards, c’est pourquoi je le diffusais . Le monde se prépare à un établir le Bancor proposé par Keynes (cliquez sur le lien et lisez la définition du Bancor) , c’est pourquoi tout le monde accumule de l’or .

Tout est dans cet article, y compris le pourquoi de la crise actuelle des émergents, pourquoi de plus en plus de pays accumulent ou rapatrient leur or ,  pourquoi la Chine est entrée dans le panier DTS (et donc pourquoi elle accumule de l’or : en vue des négociations sur le système monétaire international à venir) etc .

Les DTS sont déjà la nouvelle monnaie mondiale (qui subira effectivement encore surement une évolution transitoire) , la prochaine étape, et elle arrive vite, sera le Bancor, il ne faut pas mélanger les 2  . Mais ça ne se fera pas sans douleurs, il y aura un grand choc, qui entraînera un reset, qui mènera à cette fin . Ordo hab chaos, du chaos naît l’ordre . A part ça ce papier est vraiment excellent ! Z

Par Valérie Bugault− Septembre 2018

1. Histoire de la monnaie mondiale : retour sur la séquence historique ayant débuté en 1944

En 1944, lors de la négociation de ce qui sera désormais mondialement connu comme lesaccords de Bretton Woods, les États-Unis d’Amérique, via leur émissaireHarry Dexter White, l’assistant du secrétaire au Trésor des États-Unis, gagne la lutte pour la monnaie mondiale contre leBancorsoutenu parJohn Meynard Keyneset ses puissants maîtres de la City. Le dollar devient donc la monnaie mondiale de référence.

À partir de juillet 1944, le dollar américain a donc une double casquette, à la fois monnaie nationale et monnaie mondiale.

À l’opposé, les puissants banquiers de la City avaient soutenu, via leur porte-voix Keynes, une autre option : celle d’une monnaie mondiale conçue comme un panier de monnaies. Panier de monnaies que nous allons retrouver en ce début de XXIesiècle, sous la forme desDroits de Tirage Spéciaux(DTS).

1.a Les fondamentaux

Pour bien comprendre les enjeux économiques et financiers de la monnaie mondiale, il faut rappeler les fondamentaux sur lesquels reposent la viabilité d’une monnaie.

Pour être durablement viable, une monnaie doit être :

  1. Adossée à des richesses réelles. C’est la raison pour laquelle une monnaie est irrémédiablement liée à une«économie »;
  2. Émise en quantité suffisante pour pouvoir être utilisée dans tous les échanges internationaux.

Il faut également rappeler que les fondamentaux économiques d’une monnaie nationale et internationale saines sont antagonistes. Alors qu’une monnaie nationale saine préconise que les exportations soient supérieures aux importations, une monnaie mondiale doit être émise en quantité suffisante pour abreuver le monde entier, elle suppose donc, dans l’hypothèse où elle est une monnaie nationale, que les importations soient supérieures aux exportations, seule façon d’assurer une juste diffusion internationale de la devise.

1.b La suite historique des événements

L’année 1971 voit arriver la fin de laconvertibilité or du dollar. N’ayant plus suffisamment d’or pour garantir l’intégralité des dollars en circulation, legouvernement de Nixonse voit contraint, consécutivement à la pression de De Gaulle qui avait exigé1la transformation d’une grande partie des avoirs américains détenus par la France en or, d’abandonner le principe de convertibilité dollar-or.

À partir de 1971, le dollar américain en tant que monnaie mondiale est concrètement adossé :

  1. Au pétrole (notamment en vertu duPacte du Quincysigné en 1945) et
  2. À la seule force de l’économie américaine ; car le dollar, en tant que monnaie nationale, est garanti par le dynamisme intérieur de l’économie américaine.

Concrètement, la valeur du dollar repose maintenant essentiellement sur la force brute des USA, leur capacité à faire militairement et monétairement respecter leur hégémonie dans les pays tiers. Il en résulte que cette période a vue la disparition de la notion d’« ordre juridique », à la fois interne et international, pour revenir à la situation primaire de la loi du plus fort.

Entre 1970 et 2000, le considérable développement des échanges internationaux réclame toujours plus de dollars en circulation. La« politique monétaire mondiale du dollar »nécessite toujours plus d’importations, lesquelles sont nécessairement financées, car les capacités économiques des ménages sont largement dépassées, par toujours plus de dettes publiques et privées. Mécaniquement, la situation intérieure de l’économie américaine se dégrade corrélativement.

C’est ainsi que, dès le début des années 1970, nous assistons, aux USA au début du« principe général »de dérégulation financière, qui deviendra de plus en plus massive avec le temps. La régulation issue duGlass Steagall Actcommence à ne plus être appliquée, afin de :

  1. « fabriquer artificiellement des actifs »(subprimes, actifs synthétiques (CDO, CDS…), politique qui, on le verra, sera suivie de celui de la titrisation et,
  2. Capter les réserves monétaires des pays tiers, véritables colonies financières (les pays dits«alliés », membres de l’Union européenne…).

Cette captation abusive était rendue nécessaire afin de garantir la viabilité économique du dollar comme monnaie nationale, lui-même garant de la fonction mondiale de cette monnaie2.

Très concrètement, la dérégulation financière a permis d’augmenter artificiellement la capacité d’endettement des contribuables américains et de supporter la politique monétaire expansionniste du dollar, ce qui a eu pour effet d’augmenter artificiellement les« actifs bancaires »en circulation. Au point que les« actifs », qui circulent aujourd’hui internationalement, sont largement devenus eux-mêmes« fictifs ».

Pour que ce système fonctionne, il fallait pouvoir assurer la circulation internationale de ces nouveaux« actifs financiers ». C’est précisément ce à quoi ont répondu :

  1. La titrisation, qui a permis de faire circuler dans le monde entier les« actifs douteux »et,
  2. L’internationalisation de la normativité anglo-saxonne (colonisation du droit continental traditionnel par les préceptes réglementaires anglo-saxons : trust, propriété économique etc.).

Dans un troisième et dernier temps, le temps du désespoir des partisans du dollar en tant que monnaie mondiale, l’extraterritorialité du« droit »(qui n’en est pas un) anglo-saxon s’est développé de façon anarchique et monstrueuse par la généralisation des sanctions économiques appliquées aux entreprises et dirigeants de pays étrangers qui ne voulaient plus jouer le jeu du dollar comme monnaie mondiale.

À compter des années 1990, les besoins en dollars s’intensifient considérablement en raison du considérable développement des échanges économiques mondiaux en même temps que celui de la concentration des capitaux (mise en place massive du libre-échange par l’OMC, de l’optimisation fiscale favorisée par l’OCDE notamment par la généralisation de la lutte contre les« prix de transfert », qui a surtout été le moyen de banaliser et de généraliser la pratique de l’optimisation des flux financiers intra-groupes au niveau international et d’imposer aux États le principe d’une« normativité extra-territoriale »etc.), lesquels ont été accélérés par la chute de l’URSS. Corrélativement, l’économie américaine (intérieure) faiblit en raison de la politique économique forcenée d’« importation »indispensable à la fonction mondiale du dollar.

Dans la mesure où la solution de la planche à billets est exclue, les banquiers ne voulant à aucun prix d’une monnaie mondiale créée ex-nihilo (qui a pour effet direct et quasi immédiat une dépréciation de la monnaie et, consécutivement, des actifs), s’est faite jour« la nécessité de l’innovation financière »qu’est le«quantitative easing »(QE). Ainsi, la création monétaire est désormais adossée à des rachats d’actifs, de plus en plus pourris en raison de la dérégulation financière, et non formellement sur du néant comme avec la« planche à billet »traditionnelle.

En conséquence de cette« course à l’échalote », le circuit financier international est devenu«non viable »; la preuve a ainsi été historiquement et empiriquement apportée que Keynes avait raison et que le dollar en tant que monnaie mondiale n’était pas une solution monétaire viable.

Ceci avait largement été anticipé par ce que Brandon Smith appelle, à juste titre, les«globalistes », qui sont en réalité les descendants des banquiers-commerçants (changeurs) du Moyen-Âge qui ont pris, essentiellement au moyen de la corruption, le pouvoir politique au fil des siècles.

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C’est ainsi que le magazineThe Economistavait, dès 1988, prévenu le public du fait que le Bancor, panier de monnaies, allait, tel le phénix, renaître de ses cendres autour des années 2018 sous la forme d’un Phoenix.

Mais il fallait, afin d’imposer définitivement l’idée qu’une« monnaie mondiale »était indispensable pour développer les échanges internationaux. Ce développement aurait deux effets recherchés :

  1. Apporter la preuve de l’incapacité du dollar américain en tant que monnaie mondiale ;
  2. Et faire avancer l’agenda globaliste du« gouvernement mondial »(connu en français sous l’acronyme NOM, et en anglais sous celui du NWO) car à une économie mondiale doit, mécaniquement, répondre une monnaie mondiale !

2. La situation monétaro-économique actuelle : une totale domination politique par les« banquiers-commerçants »

Nous assistons actuellement à des grandes manœuvres géopolitiques consistants en ladémolition contrôlée du dollar. La force de ce dollar repose, rappelons-le, sur les sous-jacents économiques et politiques des États-Unis d’Amérique, ce qui nécessite de démonter, partiellement, cette force dominatrice. D’où les tentatives, plus ou moins adroites, de mise en cause de la suprématie américaine sur les échanges internationaux.3.

La Chine et la Russie sont parties prenantes de cette stratégie, ce qui expliquece genre d’article. La Chine en tant que moteur principal des DTS tandis que la Russie a raccroché les wagons du train de la monnaie mondiale, croyant, malheureusement (comme Napoléon l’avait lui-même cru) à un contrat« gagnant-gagnant »pour son propre développement économique.

Si la chute du dollar en tant que monnaie mondiale est extrêmement souhaitable pour les peuples, il n’en va pas de même de l’avènement des DTS (droits de tirage spéciaux) gérés par les banquiers. Car ce sont précisément les banquiers qui contrôlent d’ores et déjà la grande majorité des monnaies du monde, qui sont à l’origine de l’idée d’une« monnaie mondiale »centralisée dans leurs mains et qui sont les metteurs en scène de la nécessité d’un futur gouvernement mondial oligarchique.

À terme, et quels que soient les maux actuels issus du dollar compris comme monnaie mondiale, les DTS, c’est-à-dire la version renommée du Bancor de Keynes, vont entraîner des maux bien plus grands pour l’humanité, laquelle se verra littéralement assiégée et mise en esclavage, sans plus aucune« poche de résistance »politique et institutionnelle possible.

L’avènement de cette monnaie mondiale DTS-Bancor, a été préparé, confidentiellement, par les principaux propriétaires des banques et leurs affidés, les banquiers centraux, lesquels se réunissentau sein de la BRIsise à Bâle. Tout comme avait été préparé, en son temps, l’avènement de la Federal Reserve (Fed) américaine.

L’avènement de cette«monnaie mondiale »sera le premier pas institutionnel vers le gouvernement mondial oligarchique. Or les oligarques à la manœuvre sont précisément ceux qui ont organisé et profité de toutes les formes que l’esclavagisme a pris ces 400 dernières années. Ils ont aujourd’hui conquis les pouvoirs politiques de la quasi-intégralité des pays du monde par le contrôle qu’ils ont pris sur les monnaies et sur le système économique mondial. Ce contrôle a pris la forme de la corruption élevée au rang légal par les anglo-saxons (qui prend le doux nom de lobbying).

Nous assistons aujourd’hui et pour l’avenir à une« lutte à mort »des banquiers-commerçants contre tous les peuples du monde. Toutes les armes utilisées, monnaies, entreprise, parlementarisme à l’anglo-saxonne, ne sont que des outils utilisés par les banquiers pour prendre le pouvoir. Ces armes de domination utilisées par les dominants seront bien entendu abandonnées le moment venu, c’est-à-dire lorsque la prise effective et officielle du pouvoir politique à l’échelle mondiale surviendra. Ce jour approche à grands-pas…

3. L’avenir politique des peuples : l’option entre le droit, politique, à disposer de soi-même et l’esclavagisme, entre la« Civilisation »et le néant civilisationnel

Deux voies se profilent à l’horizon, la première emporte la disparition totale de toute idée de civilisation, la seconde, si elle était entrouverte, pourrait donner naissance à un renouveau civilisationnel historique.

La première voie est celle de l’avènement et de la pérennité des DTS gérés par les banquiers.

Pour parfaire et simplifier le processus de domination monétaire, les banquiers commerçants ont prévu de gérer les échanges internationaux de DTS sous forme exclusivement dématérialisée. Il faut comprendre ici que l’avènement récent des« crypto-monnaies »répond précisément à ce besoin bancaire.

Le lancement des crypto-monnaies privées a pour objectif de faire testerin vivoet en grandeur nature le fonctionnement de telles monnaies, de façon à les perfectionner et les rendre parfaitement fonctionnelles dans le cadre de l’utilisation de cette technologie pour l’échange de DTS. Ce type de monnaie dématérialisée aura également un second avantage : celui de contrôler parfaitement et définitivement la vie privée de tous les utilisateurs, alors même que personne ne pourra échapper à cette dématérialisation monétaire pour les échanges nécessités par la vie courante.

Cette marche, consistant en l’avènement des DTS en tant que monnaie mondiale, permettra de mettre en place la suivante, celle d’institutions politiques mondiales gérées par les banquiers, le fameux« Nouvel Ordre Mondial ». Cet ordre politique, qui n’est pas nouveau mais représente l’aboutissement d’un long cheminement, sera porté par un groupe d’individus qui préconise également l’avènement d’une« religion mondiale »(lire à cet égard les travaux de Youssef Hindi et de Pierre Hillard).

Dans cette perspective, les États disparaîtront du jeu en tant qu’entités politiques (qu’ils ne sont, dans une large mesure, déjà plus dans les pays d’Europe de l’ouest ainsi que dans beaucoup d’autres pays, tous continents confondus), pour devenir de simples courroies de transmissions du« gouvernement »central aux mains des banquiers (comprendre les principaux propriétaires de capitaux de la planète). Ce gouvernement mondial, aura la même structure que les empires l’ayant précédé au détail près qu’il ne pourra régenter qu’un nombre réduit d’individus, d’où tous les fléaux qui s’abattent déjà et continueront à s’abattre sur l’humanité comme annoncé par lesGeorgia Guidestones.

La seconde voie, qui pourrait être entrouverte par des dirigeants courageux, consisterait à reprendre, en sous-main, l’entier contrôle politique de leur monnaie4tout en faisant mine de jouer le jeu des DTS. Il s’agirait de retirer aux banquiers le contrôle du système monétaire intérieur des pays et d’engager avec des pays tiers des« conventions fondatrices d’échanges de monnaie ». Ces conventions poseraient les critères, politiques, d’une juste appréciation de la valeur respective de chacune des monnaies, au regard de la qualité et de la viabilité socio-économique du pays en question. Nous retrouverions, ici, une conception réellement politique de la monnaie.

D’un point de vue technique, le système dit« monnaie structurale »élaboré par Jean Rémy, permettrait d’élaborer des chambres de compensations, de nature politique, gérées par des instances politiques et diplomatiques de chaque État parti prenante de l’échange.

Valérie Bugault

Notes

  1. https://www.loretlargent.info/dossiers/charles-de-gaulle-et-sa-vision-sur-la-place-de-lor-dans-le-systeme-monetaire-mondial-12ethttps://www.loretlargent.info/dossiers/charles-de-gaulle-et-sa-vision-sur-la-place-de-lor-dans-le-systeme-monetaire-mondial-22, lire égalementhttp://archives.investir.fr/2007/jdf/20071117ARTHBD00267-la-france-du-president-de-gaulle-prefere-l-or-au-dollar.php
  2. Frédéric Lordon: dans cet article Frédéric Lordon explique, autour de la note 2, la cause de la dérégulation financière :«en effet, les États-Unis se trouvent confrontés à la question suivante : comment financer des déficits (extérieur et budgétaire) quand on n’a plus d’épargne nationale (2) ? Tout simplement en faisant venir l’épargne des pays qui en ont. Soit, à l’époque (comme d’ailleurs aujourd’hui), le Japon et l’Allemagne, et désormais la Chine. La déréglementation financière est donc la réponse stratégique qui consiste à installer les structures de la circulation internationale des capitaux pour dispenser l’économie américaine d’avoir à boucler le circuit épargne-investissement sur son espace national. »
  3. Lire, à cet égard, Brandon Smith :http://lesakerfrancophone.fr/la-guerre-commerciale-fournit-une-couverture-parfaite-pour-la-reinitialisation-financiere-globaleethttp://lesakerfrancophone.fr/la-chine-se-prepare-a-une-guerre-commerciale-depuis-plus-dune-decennie
  4. cf.Du nouvel esprit des lois et de la monnaiede Valérie Bugault et Jean Rémy

Source : Le Saker Francophone

 
 

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Or, argent… Pourquoi les métaux précieux ont chuté sur les marchés cet été

Graphique XAU/USD (Or) H4

Mi-août l’once d’or a touché un plus bas niveau depuis janvier 2017, à 1.160,27 dollars.

Comme prévu on a eu une accélération baissière sur l’or qui est descendu jusque 1160 $ avant de remonter vers 1200 $ , un niveau de résistance important, et là on a eu une vague de vente, ce qui signifie que pour le moment la baisse n’est pas terminée. On cherche toujours les raisons de cette baisse, voici quelques  pistes …. Mais pour le moment , l’or est sorti de son marché haussier à moyen terme, pas bon du tout . Sur le long terme il reste un peu de marge, mais pas beaucoup : c’est simple, l’or ne doit pas baisser sous son plus bas de 2015 (1050 $) . Si 1160 $ devient un support à long terme par exemple, ça ira . Je vais suivre ça de prés, mais c’est incroyable qu’avec tout ce qui se passe dans le monde, l’or baisse . Je pense que ça cache quelque chose : la marée qui se retire avant le tsunami ?? … Z 

Mi-août l’once d’or a touché son plus bas niveau depuis janvier 2017 entraînant dans son sillage certains métaux précieux comme l’argent et le platine. Explications sur ce décrochage surprise.

Le décrochage estival du cours des métaux précieux semble avoir pris de court la plupart des analystes. « La violence et l’ampleur de cette baisse nous ont surpris » observe Benjamin Louvet gérant matières premières chez OFI AM. Un avis partagé par les analystes de Commerzbank qui s’étonnent que l’or, par exemple, n’ait « pas joué son rôle de valeur refuge » dans cette période de forte instabilité géopolitique. Symbole de cette chute du cours des métaux précieux : le 17 août, l’once d’or a touché un plus bas niveau depuis janvier 2017, à 1.160,27 dollars – il est depuis légèrement remonté à 1.190 dollars. De leurs côtés, l’argent et le platine, ont également décroché sévèrement. L’argent est ainsi tombé à 14,34 dollars, son plus bas niveau depuis février 2016 et le platine à 755,46 dollars, un niveau plus vu depuis octobre 2008. Comment expliquer ces mouvements baissiers ? Voici trois raisons qui peuvent justifier ces pertes.

1. La baisse de la demande chinoise liée à la dépréciation du yuan

Conséquence de la guerre commerciale engagée par Donald Trump, Pékin a décidé de laisser se déprécier sa monnaie – environ 8% depuis mai – pour riposter à la politique de taxation des importations mise en place par l’administration Trump. « La Chine étant le plus gros acheteur d’or au niveau mondial, ce facteur a sans conteste freiné l’appétit de l’Empire du Milieu pour le métal jaune » analyse Benjamin Louvet. La corrélation entre le yuan et l’or est en effet à ce titre assez frappante.

Pour Benjamin Louvet, la baisse du cours de l’once d’or peut aussi s’expliquer par des mouvements spéculatifs. « Nous ne pouvons également exclure, compte tenu des mesures prises par le gouvernement chinois pour limiter la spéculation sur la monnaie chinoise (augmentation des dépôts) et de la corrélation entre le métal jaune et le yuan, qu’un certain nombre de spéculateurs aient utilisé l’once d’or comme un proxy pour jouer la baisse de la monnaie chinoise ».

A cette baisse du yuan il convient aussi de mentionner celle de la roupie indienne, l’Inde étant le second marché pour le métal jaune. La roupie a ainsi atteint ce mois-ci son plus bas niveau historique contre le dollar. « D’une manière plus générale, le dollar s’est réapprécié face à l’ensemble des devises émergentes, ce qui pénalise fortement la capacité d’achat de ces marchés sur les biens libellés en dollars. Or, parmi les principaux acheteurs de métal jaune se trouvent certains des principaux pays émergents : la Chine, nous l’avons dit, mais également l’Inde et, dans une moindre mesure, la Turquie (sixième pays en termes de volume d’achat en 2017, selon les chiffres de Thomson Reuters GFMS) ».

2. Effet report sur la livre turque

Les analystes de Commerzbank avancent une autre explication pour justifier cette baisse des cours. « Le rebond de la livre turque et l’appétit pour le risque qui en a résulté sont probablement une des raisons pour laquelle l’or n’est pas demandé » arguent-ils, citant également l’annonce de futures négociations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis à la fin du mois. Lors de périodes fastes, les investisseurs ont en effet tendance à privilégier les actifs risqués mais qui offrent de meilleurs rendements que l’or. Après s’être effondrée les 10 et 13 août, bousculant les marchés et alimentant les craintes de contagion, la livre turque a partiellement récupéré de ses pertes en milieu de semaine dernière, avant de baisser de nouveau face au dollar vendredi.

Les tensions entre la Turquie et les Etats-Unis, en partie à l’origine de la récente crise de la devise, se sont récemment accrues. Jeudi, le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a menacé Ankara de sanctions supplémentaires, après le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, si Washington n’obtenait pas la libération du pasteur Andrew Brunson. Ce à quoi la Turquie a répondu vendredi qu’elle n’hésiterait pas à répliquer tout en refusant une nouvelle fois de lever l’assignation à résidence de M. Brunson, alimentant la prudence des investisseurs. Mais « étonnamment, l’or a été incapable de bénéficier de son statut de valeur refuge », a souligné Lukman Otunuga, analyste pour FXTM.

« L’escalade des tensions politiques entre les Etats-Unis et la Russie, l’Iran et la Turquie ont échoué à stimuler la demande (du métal précieux) alors que les investisseurs tablent sur un dollar fort », ont ajouté les analystes de Phillip Futures. L’or, comme de nombreuses autres matières premières, est libellé en billet vert. Un renchérissement de celui-ci rend ainsi le métal jaune plus cher pour les investisseurs utilisant d’autres devises.

3. La hausse des taux américains

Élément plus structurant que les deux premiers, la hausse des taux américains tend également à détourner les investisseurs de la relique barbare. Le cours de l’or a d’ailleurs touché son plancher au moment même où Jérôme Powell, le patron de la Fed, confirmait la hausse programmée des taux américains. A cela s’ajoute le fait que l’or, qui ne rapporte aucun intérêt, est mal en point face à des marchés d’actions où les dividendes ne cessent de s’apprécier. »Pourquoi acheter des métaux précieux, qui n’apportent pas de rendement, quand on peut avoir des actions? », s’interrogeaient par exemple récemment les analystes de BNP Paribas.

 
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Publié par le 23 août 2018 dans général, or et argent métal

 

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Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ? (RT)

On reste dans le domaine monétaire, et vous allez le constater une fois de plus, c’est la clef qui ouvre toutes les portes . Voilà pourquoi ce qui se passe actuellement en Turquie et qui se propage chez les émergents est important et à surveiller de prés … La « monnaie » est l’outil de domination ultime. (le dollar n’est que du simple papier qu’on imprime à volo, il n’a pas tous les attributs d’une monnaie, comme être une réserve de valeur par exemple) Qui maîtrise l’argent maîtrise le monde .  Z 

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entrainent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions ’ sont la goutte qui fait déborder le vase ’, selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs ’ continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut ’. Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits ’ émergents ’ comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un ’ refuge’ par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme ’ aussi solides que l’or ’, se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, ’le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein’ (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement ’ s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan ’.

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que ’ Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt[c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump’ – car, après tout, ’le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir’.

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, ’l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales ’. Wall Street en particulier ’dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents’. Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, ’Divide and Ruin : The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis’ a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’’austérité’. Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Traduction : Dominique Muselet

https://www.rt.com/op-ed/436206-turkey-crisis-trump-financial/

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Publié par le 19 août 2018 dans économie, général, International

 

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