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Egon Von Greyerz : Des taux plus élevés, des déficits plus élevés – Nous sommes à l’aube d’une énorme crise !!

La fin d’un empire est un événement à la fois long et dramatique, durant lequel peu de gens sont prêts à affronter la réalité. Alors que la fin approche, le déni est à son apogée. Nous pouvons deviner COMMENT cela se terminera, mais pas vraiment QUAND. Si l’on regarde les faits, nous sommes au début de la fin. Les signes sont clairs. Nous avons un pays qui, au cours des 27 dernières années, a doublé sa dette tous les huit ans. Et la tendance continue. Un pays qui, depuis des décennies, vit au-dessus de ses moyens en empruntant des montants illimitées. Je ne parle pas d’une république bananière, ni de l’Argentine ou du Venezuela, mais la plus grande économie du monde : les États-Unis.

L’économie américaine est comme Humpty Dumpty Dumpty : grande, grosse, grasse. Elle mettra probablement beaucoup de temps à se remettre de sa chute.

Humpty Dumpty assis sur un mur,
Humpty Dumpty se cassa la figure,
Tous les chevaux et soldats du roi
Ne purent le remettre à l’endroit!

La dette américaine augmente depuis 58 ans d’affilée

Le chemin de la perdition est souvent parsemé d’embûches. Mais pas pour les États-Unis. Cela a été une ligne droite vers ce qui sera la chute la plus spectaculaire de l’histoire économique. Depuis 1960, la dette américaine a augmenté chaque année, sans exception. Certains pensent, à tort, que la dette a diminué lors des années 90 grâce aux excédents budgétaires enregistrés sous l’administration Clinton. Mais il s’agissait de faux excédents et la dette a continué d’augmenter au cours de cette période.

La dette s’élevait à 286 milliards $ en 1960, avant d’atteindre 1 000 milliards $ lorsque Reagan est devenu président en 1981. Ce président très admiré a quasiment tripler la dette américaine pendant son mandat. Sa popularité n’a donc rien d’étonnant, d’autant plus qu’il a réussi à faire monter le Dow après une décennie de marchés latéraux. Il est considéré comme un héros et c’est certainement mérité. Mais devenir un héros nécessite beaucoup de chance au niveau du timing. Après une longue période de forte inflation, de taux élevés et de faible croissance économique, Reagan et Thatcher étaient les bons dirigeants pour guider leur pays vers des temps meilleurs.

Emprunter et dépenser – emprunter et dépenser

Mais malheureusement, cela implique aussi de dépenser de l’argent que vous n’avez pas. L’économie keynésienne à son paroxysme. Emprunter et dépenser, puis emprunter et dépenser encore. C’est à ce moment-là que l’ère des riches qui s’enrichissent a véritablement débuté, avec la concentration des richesses au profit d’une partie de plus en plus réduite de la population. Dans le même temps, le salaire réel des travailleurs ordinaires a baissé de 55 % depuis 1974.

La dette des Etats-Unis double tous les 8 ans depuis 1981

Depuis que Reagan est devenu président en 1981, la dette américaine a en moyenne doublé tous les 8 ans. Avec l’élection de Trump à la fin 2016, on peut anticiper une extrapolation de la tendance historique. J’ai donc réalisé la projection ci-dessous en décembre 2016 :

L’image ci-dessus est inquiétante non seulement en raison du niveau galopant de la dette, mais aussi parce que les recettes fiscales augmentent à un rythme effréné. La dette a été multipliée par 23, en passant d’environ 900 milliards $ en 1981 à 21 500 milliards $ en 2018, alors que les recettes fiscales sont seulement 6 fois plus élevées (l’image ci-dessus montre les prévisions d’endettement jusqu’en 2021). Comment peut-on croire que les recettes fiscales stagnantes ou en baisse suffiront un jour à réduire la dette ? L’histoire nous dit le contraire. Pour être clair et concis, l’économie américaine se dirige vers la faillite. Le seul remède de la Fed sera d’imprimer des quantités illimitées de monnaie jusqu’à ce que le dollar devienne sans valeur.

La dette américaine à 40 000 milliards $ d’ici 2025

Trump a hérité d’une dette de 20 000 milliards $ et, que ce soit lui ou un autre président dans 8 ans, cette dette doublera inévitablement pour atteindre, au minimum, 40 000 milliards $ d’ici 2025.

Nous saurons bientôt si la dette aura atteint 28 000 milliards $ à mi-parcours en 2021, comme je l’ai prévu dans le graphique ci-dessus. Cela représenterait un déficit moyen de 230 milliards $ par mois au cours des 28 prochains mois. Avec un déficit de 214 milliards $ au mois d’août, les 28 000 milliards $ ne semblent pas trop irréalistes. Nous savons déjà que la dette s’élève à 21 500 milliards $, soit 1 500 milliards $ de plus qu’il y a 19 mois lorsque Trump a pris la relève. Et ce, avec une économie en plein essor.

Mais les finances de USA Inc. ne sont pas si bonnes. En août, par exemple, la moitié des dépenses budgétaires a été financée par la dette – une tendance très inquiétante si elle se poursuit.

Des taux plus élevés, des déficits plus élevés – La recette du désastre

Les principaux facteurs qui feront grimper la dette seront des taux d’intérêt plus élevés et des déficits plus importants. Les intérêts débiteurs sur la dette américaine au cours de l’exercice 2017-2018 s’élevaient à 365 milliards $. Comme mentionné dans l’article de la semaine dernière, les taux d’intérêt sont en hausse et vont probablement revenir au sommet de 16 % atteint en 1981.

Lorsque les déficits se creuseront et que le prix des obligations s’effondreront, la Fed perdra totalement le contrôle du marché de la dette à long terme. Les plus gros créanciers, la Chine et le Japon, contribueront certainement au processus. La chute des prix des obligations et la baisse du dollar les obligeront à se précipiter vers la sortie le plus rapidement possible.

Disons qu’au cours des prochaines années la dette atteigne 28 000 milliards $et les taux d’intérêt 10%, avec des recettes fiscales en baisse de 15%. À ce moment-là, toutes les recettes fiscales seront absorbées par les intérêts débiteurs.

Je sais que cela peut sembler irréalistes aujourd’hui. Mais à mon avis, il y a un peu trop d’optimisme. La crise de 2007-2009 n’a jamais été résolue, mais reportée à une date ultérieure. Tous les problèmes à l’origine de cette crise sont toujours là. Mais le coût du report a été énorme puisque la dette mondiale a doublé, en passant de 125 000 milliards $ en 2006 à 250 000 milliards $ aujourd’hui. Si l’on y ajoute les passifs non capitalisés et les produits dérivés, le monde est à l’aube d’une crise exponentiellement plus grave qu’en 2007. La Fed devra probablement imprimer des milliers de milliards de dollars pour sauver le système financier et soutenir la plupart des secteurs de l’économie, y compris les retraites et les prestations sociales.

A ce moment-là, les obligations vont s’effondrer et les taux d’intérêt monteront au moins jusqu’à 25% comme en Turquie, ou plus probablement 60% comme en Argentine. Les États-Unis auront alors atteint le stade de l’hyperinflation avec un dollar qui s’effondre et une économie défaillante. Les répercussions sociales seront terribles.

Chute des actions

Les États-Unis ne seront bien sûr pas les seuls à échouer, mais en tant que plus grande économie, ils connaîtront la chute la plus difficile, tout comme Humpty. Dans le monde entier, de nombreux marchés donnent maintenant des signes clairs que ralentissement mondial a commencé.

Les marchés actions à Hong Kong, au Brésil et l’indice des marchés émergents sont tous en baisse de 20% en 2018. La Bourse chinoise a perdu 25%. Avec l’apparition de 19 “présages d’Hindenburg” depuis août (un signal technique très baissier), le marché américain semble extrêmement vulnérable. Il en va de même pour la plupart des principales bourses mondiales, après l’un des marchés haussiers les plus longs et abrupts de l’histoire. Que l’on assiste ou non à une dernière montée n’a aucune importance. Le risque est à son maximum et nous sommes proches du début d’un des plus grands marchés baissiers séculaires de l’histoire. Mieux prévenir que guérir.

Fin de la correction de l’Or

Les métaux précieux montrent des signes évidents que la longue correction entamée en 2011 est sur le point de finir. Une fois le retournement confirmé, ce qui pourrait arrivé n’importe quand, le marché haussier de 18 ans de l’or et de l’argent repartira vers de nouveaux sommets.

Mais les investisseurs qui détiennent des métaux précieux physiques pour préserver leur patrimoine ne doivent pas s’impatienter. Ces avoirs sont la meilleure assurance que la monnaie papier puisse acheter. Profitez des bons moments, de la qualité de vie et de la paix que nous avons aujourd’hui. Parce que les prix beaucoup plus élevés de l’or et de l’argent seront, malheureusement, le reflet d’un monde très différent.

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Publié par le 22 octobre 2018 dans économie, général, International, or et argent métal

 

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Le pic de l’argent et les déficits annuels qui perdurent augurent des prix plus élevés

Si le marché vient enfin de connaître le pic de production d’argent, cela augure des prix plus élevés à l’avenir. De plus, le marché mondial de l’argent a enregistré un nouveau déficit net significatif en 2016. Ces facteurs laissent entrevoir un grand changement de tendance sur le marché des contrats à terme argent.

Le Silver Institute vient de publier son rapport provisoire 2016 de l’argent (2016 Silver Interim Report). Ce rapport est publié par Thomson Reuters GFMS. D’après leurs prévisions de 2016, la production mondiale d’argent déclinera à 887 millions d’onces, en baisse par rapport aux 893 millions d’onces de 2015 (voir ci-dessous l’historique depuis 2007 de la production mondiale d’argent en graphique).

Si les prévisions de production mondiale d’argent pour 2016 sont seulement en légère baisse par rapport à l’année dernière, Thomson Reuters GFMS a également mentionné dans son rapport :

  1. Nous estimons que la production minière en 2015 a atteint un pic. Elle devrait afficher une tendance baissière dans un futur proche.
  2. L’offre totale en déclin devrait être le moteur clé de déficits annuels à venir sur le marché de l’argent.

Je vais aborder la question des déficits annuels d’argent dans une minute, mais observons d’abord la production minière mondiale d’argent par zone géographique :

production-argent-regions

Ce qui est intéressant, ici, c’est que GFMS prévoit que le producteur d’argent numéro 1 du monde, le Mexique, devrait extraire 6 millions d’onces en moins en 2016. (…) GMFS est plutôt doué lorsqu’il s’agit de compiler les statistiques de production d’argent des mines. Il est important de noter que la tendance lourde de la production mondiale d’argent est probablement la baisse.

La majorité de la baisse de la production mondiale d’argent sera le fait des producteurs de métaux de base

La majorité de la production d’argent est obtenue en tant que sous-produit de l’extraction de métaux de base. D’après le rapport provisoire 2016 de l’argent, la production de plomb et de zinc a permis d’obtenir 34,4 % de la production d’argent, tandis que le cuivre a généré 22,1 % de la production. L’extraction de ces 3 métaux de base a donc fourni 56,5 % de la production mondiale d’argent en 2016. Les producteurs purs d’argent ont contribué à hauteur de 30,4 % tandis que l’extraction d’or pour 12,5 %.

origine-production-argent

Comme je l’ai mentionné dans des articles précédents, la baisse de la production mondiale de pétrole impactera l’extraction des métaux de base de façon plus importante que l’extraction pure d’argent. Il faut beaucoup de carburant pour extraire les métaux de base dont la planète a besoin.

Par exemple, la commission chilienne du cuivre a indiqué dans un rapport de 2014 que le pays a consommé 535 millions de gallons de carburant pour produire 5,7 millions de tonnes de cuivre. Ce qui correspond à 94 gallons (356 litres) de carburant pour extraire 1 tonne de cuivre.

De son côté, Pan American Silver a consommé 20,5 millions de gallons de carburant pour produire 26,5 millions d’onces d’argent en 2015. Ce qui signifie que la production de chaque once d’argent a exigé un peu plus de 3 litres de carburant. (…)

Durant le prochain effondrement financier que la planète connaîtra, la production mondiale américaine de pétrole chutera. Cela impactera bien plus les producteurs de métaux de base que les producteurs purs d’argent. Ce qui signifie que la production globale d’argent baissera bien plus rapidement vu que plus de la moitié de ce métal provient des producteurs de zinc, de plomb et de cuivre.

Plus de 13 ans de déficits annuels nets d’argent

En raison de l’énorme augmentation de la demande des ETF argent ainsi que la constitution importante d’inventaires au sein des bourses, le marché de l’argent devrait souffrir d’un déficit annuel attendu à 185 millions d’onces en 2016. Si on fait la somme des déficits annuels d’argent depuis 2004, on obtient la quantité incroyable de 1,5 milliard d’onces.

deficit-annuel-net-argent-2004-2016

GFMS calcule ses chiffres nets en soustrayant la demande physique de l’offre, puis en ajoutant ou en retirant les changements enregistrés dans les stocks des ETF argent et des bourses d’échange. D’après ses statistiques (datant de septembre 2016), les ETF et les bourses d’échange ont ajouté 133,3 millions d’onces dans leurs stocks. De plus, la demande physique totale a dépassé l’offre de 52,2 millions d’onces pour déboucher sur un déficit total de 185,5 millions d’onces (arrondi à 185).

Ces déficits annuels ont été compensés par les surplus d’argent des années 80 et 90. Cependant, on s’attend à ce que les déficits annuels perdurent alors que le déclin de la production minière se poursuit et que le recyclage d’argent stagne.

Pourquoi l’offre et la demande importent pour le cours futur de l’argent ?

Suite et fin

A-t-on atteint le pic de production aurifère ?

C’est un serpent de mer depuis de nombreuses années dans le milieu de l’or d’investissement : les gisements aurifères seraient pratiquement épuisés et le métal jaune devrait donc rapidement se faire de plus en plus rare. En fait, c’est vrai… et faux à la fois.

Il faut dire que la perspective d’un or de plus en plus rare ferait bien les affaires de ceux qui ne jurent que par les variations de cours pour dégager des plus-values sur leurs placements en métaux précieux. Ce qui, à la base, est déjà une pratique aberrante qui nie l’intérêt véritable ainsi que l’objectif d’un investissement en or (on le rappelle, l’or n’est pas un actif spéculatif mais, au contraire, un outil de sécurisation du patrimoine). Mais, indépendamment des attentes d’une certaine frange de détenteurs (provisoires) d’or-papier, l’éventualité d’une raréfaction du métal jaune pourrait également influer sur les perspectives d’achats des personnes intéressées par l’or physique : plus rare, l’or deviendrait plus cher et donc doublement plus difficilement à acquérir.

D’où vient la rumeur actuelle d’une pénurie probable de l’or ?

Des rumeurs de pénurie, il y en a déjà eu plusieurs par le passé, le plus souvent liées aux difficultés techniques du moment pour atteindre des gisements de plus en plus profonds et de moins en moins riches. Cette fois, c’est le chiffre trimestriel de production des mines d’or, en baisse constante depuis l’an dernier, qui tend à accréditer le fait que nous aurions finalement dépassé le pic d’extraction aurifère. Ainsi, avec moins de 847 tonnes d’or extraites du sous-sol de la planète au troisième trimestre 2016, et après un deuxième trimestre lui aussi en baisse par rapport à 2015, la tendance semble s’inscrire durablement dans la régression, faisant ressurgir le spectre du déclin inexorable des ressources en or.

La réalité est bien plus nuancée. En premier lieu, nous savons que, bien qu’il s’aventure de plus en plus profondément à la recherche des richesses naturelles du sous-sol, l’homme s’est finalement contenté de gratter la surface de la croûte terrestre, à l’échelle géologique bien sûr. Et on estime que la quantité d’or encore prisonnière des couches les plus profondes de la lithosphère représente des centaines, voire des milliers de fois ce qui a déjà été sorti durant toute l’histoire de l’humanité.

Des ressources inexploitées

Ensuite, il est faux de dire que l’on ne trouve plus de gisements, ou même qu’on n’exploite plus autant qu’avant ceux qui existe déjà. D’abord parce que la technologie permet d’améliorer toujours plus la rentabilité du traitement de minerai, ce qui rend régulièrement d’anciennes mines abandonnées (ou presque) de nouveaux exploitables. Par exemple, à la fin du XIXe siècle, durant la grande ruée vers l’or aux États-Unis, on considérait qu’en-deça de 15 grammes d’or par tonne de minerai, une exploitation n’était plus rentable (certaines mines pouvaient alors produire 50 grammes d’or par tonne, voire au-delà). Aujourd’hui, la moyenne tourne plutôt aux alentours de… 1 gramme par tonne de minerai.

Et puis, cette même technologie a permis de découvrir de nouveaux gisements énormes dans les régions les plus isolées et inhospitalières du monde, à des endroits qui jusqu’ici avaient été trop inaccessibles pour permettre la moindre exploitation. Enfin, on sait que de nombreux pays n’ont pas réellement développé leur « patrimoine minier » en raisons de troubles politiques ou sociaux permanents (Colombie, Laos, Birmanie…).

Par conséquent, il n’y a aucun risque de pénurie d’or sur Terre. Quelques ralentissements, tout au plus, qui auront le bon goût de faire remonter les cours de l’or, rendant alors plus rentable encore l’exploitation de zones jusqu’ici délaissées…

 
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Publié par le 14 décembre 2016 dans général, or et argent métal

 

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