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Un brevet américain confirme la manipulation possible du système nerveux humain par votre ordinateur et votre téléviseur

La TV abruti la population et créé une masse de veaux faciles à manipuler, ça c’est certain … Elle permet d’exercer une forme de contrôle mental . 

« Ce que nous vendons à Coca Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible ». (l’ancien président de TF1 Patrick Le Lay )

Regarder la télé plus de 3h par jour entraînerait des problèmes cognitifs . L’abus de télévision peut nuire au cerveau, et à la santé mentale.   

Après il y a aussi la question des champs électromagnétiques, notre cerveau est un organe bioélectrique comme rappelé ici, qui produit un champ électromagnétique . Donc il est sensible aux interactions avec les champs électromagnétiques issus des technologies .

Ça peut avoir des impacts sur la santé, mais on peut aussi imaginer beaucoup plus … 

Z  

Il est difficile de trouver la moindre information sur un seul «Hendricus G. Loos», malgré le fait qu’il a déposé plusieurs demandes de brevets, avec succès, pour des appareils qui traitent de la manipulation du système nerveux humain via un écran d’ordinateur ou un écran de télévision. Dans le texte, il explique ce qui suit :

«Des effets physiologiques ont été observés chez un sujet humain en réponse à une stimulation de la peau par de faibles champs électromagnétiques pulsés à certaines fréquences près de ½ Hz ou 2,4 Hz, de manière à exciter une résonance sensorielle. De nombreux écrans d’ordinateur et tubes de télévision, lorsqu’ils affichent des images pulsées, émettent des champs électromagnétiques pulsés d’une amplitude suffisante pour provoquer une telle excitation. Il est donc possible de manipuler le système nerveux d’un sujet par des images pulsées affichées sur un écran d’ordinateur ou un téléviseur à proximité. Dans ce dernier cas, l’image pulsée peut être incorporée dans le matériel du programme, ou elle peut être superposée en modulant un flux vidéo, soit comme signal RF, soit comme signal vidéo. L’image affichée sur un écran d’ordinateur peut être pulsée efficacement par un simple programme informatique. Pour certains moniteurs, des champs électromagnétiques pulsés capables d’exciter des résonances sensorielles chez des sujets proches peuvent être générés même lorsque les images affichées sont pulsées avec une intensité subliminale

Ce qui est inquiétant à ce sujet, comme l’explique la demande de brevet, c’est que même un pouls très faible peut avoir des effets néfastes sur le système nerveux humain.

Il décrit ensuite que la variabilité et la force du pouls peuvent être contrôlées par logiciel, et explique comment, en ce qui concerne un écran d’ordinateur, des DVD, des bandes vidéo et plus encore, et aussi comment il peut être contrôlé à distance depuis un autre endroit.

Ce qui est peut-être le plus préoccupant, c’est ceci :

«Certains moniteurs peuvent émettre des impulsions de champ électromagnétique qui excitent une résonance sensorielle chez un sujet proche, par des impulsions d’image si faibles qu’elles sont subliminales. C’est malheureux, car cela ouvre la voie à une application malicieuse de l’invention, où les gens sont exposés sans le savoir à la manipulation de leur système nerveux pour le compte d’autrui. Une telle application serait contraire à l’éthique et n’est évidemment pas recommandée. Il est mentionné ici afin d’alerter le public sur la possibilité d’abus cachés qui peuvent se produire en étant en ligne, ou en regardant la télévision, une vidéo, ou un DVD.»

L’application regorge d’exemples cités selon lesquels «le système nerveux d’un sujet peut être manipulé par des impulsions de champ électromagnétique émises par un écran CRT ou LCD voisin qui affiche des images à intensité pulsée».

Notre système nerveux contrôle tout dans notre corps, y compris le cerveau. Il s’agit d’un réseau de nerfs et de cellules qui transportent des messages du cerveau et de la moelle épinière vers diverses parties du corps, et ce n’est un secret pour personne que le gouvernement des États-Unis, entre autres, a une longue histoire d’expériences sur des êtres humains pour le contrôle mental. La télévision pourrait-elle être une tactique de contrôle de l’esprit ? Cela expliquerait pourquoi tant de gens croient des histoires et des explications d’événements qui leur sont présentés par les médias grand public, instantanément, sans même se poser de questions.

Dans certains cas, nous sommes faits pour idolâtrer ce que nous voyons à la télévision, comme des célébrités, et imiter le comportement et les désirs.

Parfois, une perspective étayée par des preuves, qui va complètement à l’encontre de l’histoire et de l’information que nous recevons des médias grand public, est jetée dans le «domaine de la conspiration». C’est dangereux, en sommes-nous arrivés à un point où nos téléviseurs pensent pour nous ? Pourraient-ils utiliser les techniques d’impulsion décrites ci-dessus pour influencer nos pensées, nos comportements et nos perceptions ?

Compte tenu de ce que nous savons de nos gouvernements et des mesures contraires à l’éthique qu’ils ont prises tout au long de l’histoire, ce n’est pas vraiment hors de question.

Il y a une raison pour laquelle les avions et les hôpitaux interdisent l’utilisation des téléphones cellulaires, c’est parce que leurs transmissions électromagnétiques interfèrent avec des appareils électriques vitaux. Le cerveau n’est pas différent, c’est un organe bioélectrique extrêmement complexe qui génère des champs électriques. Les scientifiques peuvent en fait contrôler les fonctions cérébrales grâce à la stimulation magnétique transcrânienne (SMT), une technique qui utilise de puissantes impulsions de rayonnement électromagnétique émises dans le cerveau d’une personne pour bloquer ou exciter certains circuits du cerveau.

C’est le même genre de chose que décrit dans le brevet, alors dans quelle mesure nos écrans d’ordinateur et de télévision le font-ils ? C’est pourquoi, par exemple, lorsque quelqu’un allume sa Playstation Sony, l’écran l’avertit de lire les informations importantes sur la santé avant de jouer. La recherche a également montré que les simples transmissions par téléphone cellulaire peuvent affecter de façon significative les ondes cérébrales d’une personne, ce qui à son tour conduit à des effets sur son comportement également.

«Les radiations électromagnétiques peuvent avoir un effet sur le comportement mental lorsqu’elles sont transmises à la bonne fréquence.» – James Horne, du Loughborough University Sleep Research Centre (source)

De plus, des centaines de scientifiques se sont réunis et sont en train de sensibiliser les Nations Unies aux effets des rayonnements électromagnétiques sur la santé et d’adresser des pétitions aux Nations Unies à ce sujet. Ils ont été liés au cancer, et il a été démontré qu’ils manipulent notre ADN.

L’initiative a été lancée par Martin Blank, Ph.D., du Département de physiologie et de biophysique cellulaire de l’Université de Colombie, qui s’est joint à un groupe de scientifiques du monde entier pour lancer un appel international aux Nations Unies concernant les dangers associés à l’utilisation de divers dispositifs émetteurs électromagnétiques, comme les téléphones portables et le Wi-Fi.

Le Dr Martin Blank, du Département de physiologie et de biophysique cellulaire de l’Université Columbia, a déclaré dans un message vidéo qu’ils endommagent les cellules vivantes de notre corps et tuent beaucoup d’entre nous prématurément.

«Nous avons créé quelque chose qui nous fait du mal, et ça devient incontrôlable. Avant l’ampoule d’Edison, il y avait très peu de rayonnement électromagnétique dans notre environnement. Les niveaux actuels sont beaucoup plus élevés que le rayonnement naturel et augmentent rapidement à cause de tous les nouveaux appareils qui émettent ce rayonnement.»

Cette information est un effet distinct sur le corps du contrôle de l’esprit, mais il est quand même important de le mentionner et d’y apporter de la lumière.

Non seulement nos appareils électroniques surveillent, surveillent et enregistrent tout ce que nous faisons, mais ils peuvent aussi influencer notre comportement, nos perceptions, nos pensées et nos sentiments à grande échelle, mais qui sait vraiment si «les pouvoirs en place» utilisent ces appareils pour contrôler notre esprit, tout comme ils les utilisent pour surveiller.

Ne vous méprenez pas, il n’est pas difficile de voir comment les entreprises utilisent la télévision pour influencer notre comportement et nos perceptions, mais peut-être qu’elles, et d’autres autorités, sont en train de changer les choses, comme nous l’avons mentionné ci-dessus, et de manipuler notre système nerveux à dessein pour leur propre profit personnel, et le font sciemment.

Chamath Palihapitiya, vice-président chargé de la croissance des utilisateurs de Facebook avant de quitter l’entreprise en 2011, a déclaré : «Les boucles de rétroaction à court terme, dictées par la dopamine, que nous avons créées détruisent le fonctionnement de la société. . . . Pas de discours civil, pas de coopération, mais de la désinformation et du mensonge

Quand il s’agit de contrôle mental, le projet MK ultra était le bébé de la CIA. On croit généralement que seul le LSD a été utilisé sur des sujets humains, mais ce n’était qu’un programme parmi d’autres. Comme la Cour Suprême des Etats-Unis l’a mis en lumière en 1985, MK ultra consistait en 162 projets secrets différents qui étaient indirectement financés par la CIA, et sous-traités à plusieurs universités, fondations de recherche et institutions similaires. La majorité des enregistrements de MK Ultra ont été détruits et n’ont jamais été vus.

Peut-être que la programmation télévisuelle faisait-elle partie du programme MK Ultra ?

Observations finales :

Il est difficile d’imaginer que nous pourrions être manipulés et utilisés autant à des fins de profit, de contrôle et d’autres objectifs, mais c’est une réalité à laquelle nous devons faire face. Il y a d’innombrables exemples de cela tout au long de l’histoire jusqu’à nos jours, et tous les aspects de la vie humaine semblent être contrôlés par un groupe sélect de très peu de personnes, de la santé à la finance, l’éducation, le divertissement, la grande cuisine et plus. Nous sommes devenus des outils pour leur utilisation, et nos pensées, nos comportements et nos perceptions, pour la plupart, semblent être les mêmes. S’ils sont un peu différents, ou s’ils ne correspondent pas vraiment au cadre, on peut instantanément être étiqueté, ou devenir un «paria social».

Il ne fait aucun doute dans mon esprit que notre télévision et d’autres appareils électroniques ont des effets néfastes sur la santé et qu’ils ont ou peuvent avoir des effets sur notre système nerveux de plusieurs façons différentes. La science est claire à ce sujet, mais ce qui n’est pas si clair, c’est l’idée qu’il y en a d’autres qui utilisent ces techniques, sciemment, pour contrôler notre esprit.

D’après toutes mes recherches sur le contrôle de l’esprit, les mesures que nos gouvernements ont prises et dans quelle mesure ils les ont prises, je serais surpris si la télévision ne faisait pas partie du programme MK ultra.

C’est une autre bonne raison de passer moins de temps devant votre écran et plus de temps avec un livre ou à l’extérieur, ou avec votre famille et vos amis. S’il y a une chose qui est sûre, c’est que nos écrans nuisent à notre santé de plusieurs façons différentes.

Source : https://govtslaves.info/2018/10/07/us-patent-6506148-b2-confirms-human-nervous-system-manipulation-through-your-computer-tv/ et https://patents.google.com/patent/US6506148

Source et Traduction : ExoPortail

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Publié par le 6 novembre 2018 dans général, Nouvel ordre mondial, société

 

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Comment la guerre commerciale aide à cacher le sabotage de l’économie par les banques centrales

Les banques centrales créent de toutes pièces les cycles économiques d’expansion récession de part leur politique monétaire . Elles sont en train de « fabriquer » le prochain effondrement qui sera titanesque, comme je l’ai déjà expliqué . Les élites mondiales sont d’ores et déjà prêtes et commencent à alerter le public pour se dédouaner et préparer le monde d’après . Z 

Presque tous les aspects du ralentissement économique mondial, qui a ostensiblement commencé en 2007-2008 et qui se poursuit encore aujourd’hui, peuvent être attribués aux actions et aux politiques des banques centrales. La Réserve fédérale, par exemple, a utilisé des taux d’intérêt artificiellement bas et de l’argent facile pour créer un environnement de prêts supposés sans risque. Cela s’est traduit par une énorme dette hypothécaire toxique ainsi qu’une toile de produits dérivés (titres adossés à des créances hypothécaires) liés à cette dette.

La Fed a ignoré tous les signes et tous les avertissements des analystes alternatifs. Des agences de notation comme S&P ont soutenu le discours de la Fed selon lequel tout allait bien lorsqu’elles ont accordé la note AAA à une infinité de produits toxiques sur le marché. Les médias grand public ont soutenu la Fed en attaquant tous ceux qui soutenaient que l’économie américaine était instable et prête à vaciller. À cette époque de l’économie, le système a effectivement caché la vérité au public par des moyens relativement courants. Aujourd’hui, les choses ont légèrement changé.

Depuis le krach de 2008, de nombreux économistes et anciens responsables de la Fed ont publiquement admis la culpabilité des banques centrales (en quelque sorte). Alan Greenspan a affirmé pour la première fois en 2008 que la Fed avait « fait une erreur » dans son analyse et avait négligé le potentiel d’une bulle dans  les marchés. Puis, en 2013, il a admis que tous les banquiers centraux savaient qu’il y avait une bulle, mais qu’ils croyaient que les marchés s’auto-corrigeraient sans trop nuire au PIB ou au reste de l’économie.

Les principaux médias financiers ont continué à accuser la Fed pour les conditions qui ont causé la crise, mais lui ont trouvé des excuses en même temps. La narration était que la Fed était aveuglée par des facteurs périphériques et qu’elle avait ignoré les fondamentaux. Les banquiers centraux s’étaient « mis dans le pétrin » avec des taux d’intérêt bas, et ils l’avaient fait sans le savoir. [« À l’insu de leur plein gré », d’après la citation d’un célèbre « philosophe » français, NdT]

C’est le même récit qu’Alan Greenspan a utilisé pour rejeter toute responsabilité de la part de la Fed lors de l’effondrement de la bulle des marchés dans les années 1990. Greenspan s’est opposé à l’idée de relever les taux d’intérêt en réaction à la bulle, car cela « mettrait en péril l’économie tout entière ». Il est intéressant de noter que la hausse des taux d’intérêt dans un marché boursier et une économie très endettée (une économie à effet de levier) est exactement ce que la Fed fait aujourd’hui sous la présidence actuelle de Jerome Powell.

Cette habitude de créer des bulles, puis de les faire éclater, ce qui entraîne le chaos financier, remonte à assez longtemps. Dans les années 1920, la politique de taux d’intérêt bas de la Fed et la facilité avec laquelle la monnaie a été utilisée ont mené à la bulle d’octobre 1929, un mois qui restera comme une infamie avec le début de la Grande Dépression. La Fed a ensuite relevé les taux d’intérêt au début des années 1930, ce qui a ensuite provoqué une nouvelle crise et prolongé la Dépression pendant une bonne partie de la décennie suivante. Il a fallu plus de 70 ans pour qu’un fonctionnaire de la Fed assume finalement le blâme pour ce désastre. Cela s’est produit en 2002 lors d’un discours prononcé par Ben Bernanke lors d’une « conférence pour honorer Milton Friedman … à l’occasion de son 90e anniversaire »:

« Bref, selon Friedman et Schwartz, en raison de changements institutionnels et de doctrines erronées, les paniques bancaires de la Grande Contraction ont été beaucoup plus graves et répandues qu’elles ne l’auraient été normalement en période de récession.

Permettez-moi de terminer mon exposé en abusant légèrement de mon statut de représentant officiel de la Réserve fédérale. J’aimerais dire à Milton et Anna, en ce qui concerne la Grande Dépression. Tu as raison, on l’a fait. Nous sommes vraiment désolés. Mais grâce à toi, on ne recommencera pas. »

C’est peut-être une surprise pour certains, mais Bernanke a menti. La Fed a poursuivi le processus de création de bulles économiques et de leur éclatement en utilisant les taux d’intérêt et son bilan comme armes pendant une bonne partie du nouveau siècle, et pourtant très peu d’analystes sont prêts à suggérer que les banques centrales créent volontairement ces crises.

Tout au long de l’histoire, les calamités économiques ont souvent conduit à la consolidation de la richesse et des actifs entre les mains du 1% supérieur. C’est ce qui s’est produit pendant la Grande Dépression, lorsque les grandes banques globalistes, comme JP Morgan, ont mis en faillite ou ont détruit des milliers de petites banques locales jusqu’à ce qu’il ne reste que les grandes banques. Dans la foulée du krach de 2008, il suffit d’examiner l’élargissement historique de l’écart de richesse, puisque les 1% les plus riches devraient prendre le contrôle des deux tiers de la richesse mondiale d’ici 2030. Ou encore, nous pourrions tenir compte de l’absorption du marché de l’immobilier par des conglomérats comme Blackstone, puisque la propriété privée immobilière a diminué après le krach.

Je crois que la prochaine catastrophe économique sera plus importante que toutes les bulles des 100 dernières années réunies, et l’intention des élites bancaires est d’obtenir une centralisation mondiale complète de tous les actifs et ressources. Cette fois, cependant, le grand public a finalement appris à se méfier davantage des banques centrales et de leurs motivations lors de tels événements. En raison de l’exposition accrue après le krach de 2008, les banques centrales et les institutions qui leur sont liées ne peuvent pas compter uniquement sur les médias grand public ou les entités gouvernementales comme le Bureau of Labor Statistics pour les couvrir. Elles ont besoin d’un écran de fumée.

La guerre commerciale est si parfaite à cet égard, je crois qu’elle ne pouvait être autre chose que ce qui était prévu. En voici cinq raisons :

1) La guerre commerciale fournit une couverture pour la dé-dollarisation : Comme les marchés émergents étaient auparavant dépendants de l’argent facile de la Fed, les dollars ont servi à fournir un soutien artificiel à leurs économies en difficulté. Maintenant, avec la hausse des taux d’intérêt et la réduction du bilan de la Fed, ce flux de dollars est en train de se tarir. Les marchés émergents commencent à chercher des alternatives car ils n’ont pas d’autre choix, ce qui signifie davantage d’accords commerciaux bilatéraux qui contournent le dollar.

Heureusement pour la Fed, la guerre commerciale peut être utilisée comme un bouc émissaire pour les pays qui vendent leurs dollars au nom de rétorsions économiques portées aux États-Unis. Des pays comme la Turquie et la Russie ont déjà commencé à menacer de le faire.

2) La guerre commerciale justifie la vente des bons du Trésor américain : La Russie est déjà bien en avance sur ce processus, vendant au moins la moitié de ses bons du Trésor américain en un seul mois. Ce n’est qu’une question de temps avant que la Chine n’utilise la même méthode de représailles pour contrer les tarifs douaniers américains. Les médias grand public soutiendront qu’il ne s’agit pas d’une menace significative pour l’économie américaine, mais pensez que les partenaires commerciaux de la Chine vont suivre cet exemple, provoquant une « contagion » de ventes de bons du trésor sur les marchés. Si les États-Unis ne peuvent maintenir les investissements étrangers pour financer leurs dettes considérables, ils imploseront sur le plan économique. La Réserve fédérale s’est assurée qu’il n’y a plus d’outils politiques pour venir à la rescousse si cela se produit. Les détenteurs étrangers de dette américaine discutent ouvertement de cette option depuis le krach de 2008. Aujourd’hui, la guerre commerciale rend les États-Unis coupables (du moins en termes de récit historique) de ce qui se passera ensuite.

3) La guerre commerciale couvre l’inflation : Avec l’augmentation constante des droits de douane sur les biens et matériaux en provenance du monde entier, les prix au détail ne feront qu’augmenter, mais le véritable danger inflationniste viendra de la Fed. L’inflation réelle est déjà bien au-dessus des cibles de la Fed. La création de monnaie que la banque centrale a utilisé pour bloquer la crise de la dette a créé une bulle encore plus grande au niveau du dollar lui-même. Les nouvelles politiques de resserrement entraîneront une ruée vers le dollar américain à mesure que les marchés émergents se dé-dollariseront. Sans un stimulus constant de la part de la Fed, l’utilisation du dollar comme réserve mondiale finira par devenir prohibitive pour le commerce. Tout cela sera encore imputé aux tarifs douaniers et aux différends commerciaux, et non à la Fed.

4) La guerre commerciale fournit une couverture pour un nouvel effondrement du marché: Lorsque la Fed a lancé ses mesures de sauvetage et d’assouplissement quantitatif, ce sont les actions des marchés émergents qui ont commencé à grimper de façon exponentielle pour sortir de la fosse profonde causée par la crise de la dette. Les marchés actions américains et européens ont suivi avec les sommets insensés du marché haussier observés récemment. Aujourd’hui, alors que la Fed restreint ses mesures de relance et réduit son bilan, ce sont les marchés émergents qui s’effondrent en premier. La question est de savoir si les marchés occidentaux les suivront. Je crois qu’ils le feront.

Le président de la Fed, M. Powell, a admis ce résultat dans les déclarations qu’il a faites dans le procès-verbal de la Fed d’octobre 2012. Il est bien conscient des conséquences de l’élimination des piliers que sont les faibles taux d’intérêt et l’achat d’actifs par la Fed, mais il continue quand même à dérouler ce plan. Pourquoi ? Parce qu’un nouveau krach boursier peut être imputé à Trump et à la guerre commerciale. Trump s’est presque attribué tout le mérite des sommets actuels des marchés actions, et maintenant il a pris sur lui toute la responsabilité de ce qui se produira au cours des deux prochaines années.

5) La guerre commerciale sert de couverture à la diabolisation des idéaux conservateurs : Le concept de tarifs douaniers sur les produits étrangers afin d’encourager la production localisée et l’autosuffisance est une tactique aussi vieille que l’Amérique elle-même. Elle est de nature conservatrice et peut être une mesure efficace entre de bonnes mains. Cela dit, il faut une base manufacturière existante et des conditions économiques relativement stables. Une économie surendettée qui s’accroche désespérément au statut de réserve de sa monnaie et à l’inflation à vie est le PIRE environnement pour le lancement de ces taxes à l’importation. En fin de compte, l’Amérique n’a que peu ou pas d’influence sur ses concurrents parce que nous sommes plus dépendants d’eux qu’ils ne le sont de nous.

Le fait que le déficit commercial des États-Unis ne cesse de se creuser au fur et à mesure que la guerre commerciale progresse en est la preuve évidente. Certains ont fait valoir que cela est dû au fait que les détaillants américains ont augmenté leurs achats à l’étranger avant l’entrée en vigueur des tarifs douaniers, mais les augmentations mineures des stocks de marchandises au détail n’appuient pas cette théorie. La baisse continue du ratio des stocks sur les ventes laisse également entrevoir une baisse du marché de la consommation aux États-Unis.

Quand il deviendra évident que la guerre commerciale est un échec, le rêve globaliste de diaboliser les modèles et les valeurs économiques conservateurs sera plus facile à réaliser. Alors que toutes les crises financières s’enroulent autour du cou de Trump, et donc des conservateurs par extension, on dira au public que la seule solution est de passer de l’autre côté de l’échiquier politique et économique d’une manière extrême. En d’autres termes, le socialisme à grande vitesse et le globalisme.

Le succès de ce genre de propagande dépendra de la question de savoir si les gens ont reçu une éducation adéquate quant à la VRAIE source de nos maux financiers. Si le mot sur les lèvres des masses est « Trump l’a fait », alors nous sommes dans le pétrin. Si le mot est « Les banquiers centraux l’ont fait et Trump n’était qu’un simple coursier… » alors nous pourrions avoir une chance d’empêcher le navire de couler complètement.

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Paul Craig Roberts – Les provocations finissent souvent par des guerres

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La guerre peut-elle être évitée et la planète sauvée ?

Le gouvernement russe et le président Poutine sont soumis à une forte pression. C’est une pression qui ne vient pas des sanctions américaines, qui sont très bénéfiques pour la Russie puisqu’elles poussent la Russie à l’indépendance ; elle vient des patriotes russes qui sont fatigués des réponses polies de Poutine aux insultes et provocations militaires incessantes de Washington. Les patriotes russes ne veulent pas la guerre, mais ils veulent défendre l’honneur de leur pays, et ils pensent que Poutine ne le fait pas. Certains d’entre eux accusent même Poutine d’être un atlantiste qui vénère l’Occident.

La désillusion engendrée par Poutine chez les patriotes, ainsi que l’approbation par Poutine du relèvement de l’âge de la retraite pour les pensions de retraite, un piège que lui ont tendu les économistes néolibéraux russes, ont nui à sa popularité au moment précis où il va à nouveau être confronté aux provocations de Washington en Syrie.

Dans mes articles, j’ai défendu Poutine contre l’accusation selon laquelle il n’est pas assez russe. Poutine veut éviter la guerre, parce qu’il sait que ce serait une guerre nucléaire, dont les conséquences seraient désastreuses. Il sait que les États-Unis et leurs alliés impotents de l’OTAN ne sont pas en mesure de mener une guerre conventionnelle contre la Russie ou la Chine, et encore moins contre les deux. Poutine sait également que les sanctions portent préjudice aux vassaux européens de Washington et que cela pourrait peut-être contraindre les États européens vassalisés à reprendre leur indépendance, ce qui limiterait la belligérance de Washington. La Russie a mis au point de nouvelles super-armes, qui donnent probablement à Poutine la capacité de détruire la totalité du monde occidental en causant peu ou pas de dommages à la Russie, mais Poutine ne voit pas l’intérêt d’une telle destruction, d’autant plus qu’on ne peut pas en prévoir les conséquences. Une telle guerre pourrait causer un hiver nucléaire ou d’autres catastrophes qui rendraient la planète inhabitable.

Par conséquent, comme je l’ai expliqué dans de nombreux articles, Poutine agit intelligemment. Il s’efforce d’agir sur le long terme tout en protégeant le monde d’une guerre dangereuse.

J’approuve la stratégie de Poutine et j’admire son sang-froid car il ne se laisse jamais guider par l’émotion, mais il y a néanmoins un problème. Les dirigeants de l’Occident avec qui il traite sont des idiots qui n’apprécient pas ses qualités d’homme d’État. Et donc, chaque fois que Poutine tend l’autre joue, comme on dit, le niveau d’insultes et de provocations monte.

Prenons l’exemple de la Syrie. L’armée syrienne, avec l’aide d’une toute petite partie de l’armée de l’air russe, a nettoyé tout le territoire syrien à l’exception d’une zone qui est occupée par des forces financées et équipées par les Américains et envoyées par Washington pour renverser le gouvernement syrien.

Ce qui reste des forces américaines par procuration est sur le point d’être éliminé. Afin de les sauver et de garder un pied en Syrie,  Washington pourrait essayer de relancer la guerre en organisant une nouvelle « attaque chimique » sous faux drapeau, dont les médias occidentaux aux ordres accuseront Assad. Le conseiller à la sécurité nationale du président Trump, un néoconservateur enragé, peut-être même fou, a dit à la Russie que Washington ne verra pas d’un bon œil l’utilisation d’armes chimiques par les Syriens et les Russes contre le « propre peuple d’Assad ».

Les Russes sont pleinement conscients qu’une attaque chimique serait une attaque sous faux drapeaux orchestrée par Washington par l’intermédiaire des mercenaires qu’il a envoyés en Syrie pour renverser le gouvernement. D’ailleurs, l’ambassadeur de Russie aux États-Unis l’a clairement expliqué hier au gouvernement américain.

Il est clair que c’est pour prévenir l’attaque orchestrée par Washington que Poutine a demandé à son ambassadeur de parler de cette éventuelle mise en scène aux responsables américains qui l’orchestrent.

La stratégie de Poutine montre qu’il croit que les fonctionnaires du gouvernement américain ont une conscience morale et de l’intégrité. Ce n’est absolument pas le cas. J’ai passé 25 ans avec eux. Ils ne savent même pas ce que ces mots veulent dire.

Que ce serait-il passé, si à la place, Poutine avait déclaré publiquement au monde entier que toute force, où qu’elle se trouve, qui serait responsable d’une attaque contre la Syrie serait annihilée ? Personnellement je pense, comme le  patriote russe Bogdasarov,  qu’un ultimatum de ce genre venant du dirigeant d’un pays capable de faire ce qu’il dit, refroidirait les ardeurs guerrières des russophobes de Washington. Il n’y aurait pas d’attaque contre la Syrie.

Bogdasarov et moi avons peut-être tort. Les forces russes déployées autour de la Syrie avec leurs missiles hypersoniques sont plus qu’à la hauteur des forces américaines rassemblées pour attaquer la Syrie. Cependant, l’arrogance des Etatsuniens peut les amener à faire fi de la réalité, auquel cas il faudra que Poutine détruise les plateformes d’où partent les missiles. En n’annonçant pas ce qu’il va faire, Poutine conserve sa liberté d’action. Washington pourrait vouloir attaquer la Syrie uniquement pour sauver la face, comme la dernière fois qu’il a frappé la Syrie. Néanmoins, tôt ou tard, la Russie devra répondre plus fermement aux provocations.

Je suis un Américain. Je ne suis pas un Russe, encore moins un nationaliste russe. Je ne veux pas que le personnel militaire américain soit victime de la volonté délétère de Washington de maintenir son hégémonie sur le monde, et encore moins s’il s’agit de servir les intérêts d’Israël au Moyen-Orient. La raison pour laquelle je pense que Poutine doit s’opposer davantage à Washington, c’est que, comme on le voit dans l’histoire, une attitude conciliante encourage les provocations, et il arrive toujours un moment où il faut se rendre ou se battre. Il vaut beaucoup mieux arrêter l’escalade avant qu’elle n’atteigne ce dangereux niveau.

Andrei Martyanov, qui vient d’écrire un livre dont j’ai parlé sur mon site, a récemment défendu Poutine, comme Le Saker et moi l’avons fait dans le passé, contre ceux qui disent que Poutine est trop passif face aux agressions. Comme je l’ai déjà dit, je ne peux qu’applaudir Martyanov et le Saker. Là où nous différons peut-être, c’est sur l’idée qu’accepter sans cesse des insultes et des provocations encourage leur escalade jusqu’à ce que la seule alternative soit la reddition ou la guerre.

Donc, voilà les questions que je pose à Andrei Martyanov, au Saker, à Poutine et au gouvernement russe : Combien de temps faut-il tendre l’autre joue ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à ce que votre adversaire ait réduit à zéro votre avantage dans la confrontation ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à perdre le soutien de la foule des patriotiques qui pense que vous ne défendez pas l’honneur du pays ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à être finalement contraint de choisir entre la guerre ou la soumission ? Faut-il tendre l’autre joue jusqu’à qu’une guerre nucléaire soit inévitable ?

Je pense que Martyanov et le Saker seront d’accord pour dire que ma question est légitime. Tous les deux mettent l’accent, dans leurs écrits très instructifs, sur le fait que l’histoire est écrite par et pour les vainqueurs. Réfléchissons un instant. Napoléon et Hitler étaient tous les deux à leur apogée, ils n’avaient connu aucune défaite militaire. Puis ils sont entrés en Russie et ont été complètement annihilés. Pourquoi ont-ils fait ça ? Parce que leurs succès les avaient rendus follement arrogants et sûrs de leur « exceptionnalisme », le mot dangereux qui résume la foi de Washington en sa puissance hégémonique.

Les néo-conservateurs sionistes qui gouvernent à Washington sont capables de commettre la même erreur que Napoléon et Hitler. Ils croient en « la fin de l’histoire », ils croient que l’effondrement soviétique signifie que l’histoire a choisi l’Amérique comme modèle pour les siècles des siècles. Leur orgueil dépasse en fait celui de Napoléon et d’Hitler.

Quand on est confronté à une arrogance aussi idéologique et aussi insensée, le fait de tendre l’autre joue améliore-t-il la situation ou appelle-t-il plus de provocations ?

C’est la question à laquelle le gouvernement russe doit répondre.

Peut-être que le gouvernement russe va comprendre le sens des dithyrambiques éloges funèbres dont l’Establishment a honoré John McCain. Il n’est pas normal qu’un sénateur américain fasse l’objet de tant d’éloges funèbres, surtout un sénateur qui n’a rien fait de remarquable. Ce qui explique ces éloges funèbres, c’est la haine de McCain envers la Russie et son bilan de belliciste. A travers McCain, Washington fait l’éloge de sa propre folie guerrière.

Paul Craig Roberts

Traduction : Dominique Muselet

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Réorganisation du monde : Le coup d’Etat par la financiarisation est une réalité

Quand la finance fait du social

Par Pierre Bitoun et Lou Hubert

Pierre Bitoun et Lou Hubert, tous deux sociologues, livrent ici une présentation critique d’une nouvelle offensive de la finance en direction du “social”. Ils décortiquent et critiquent les “Social impact bond”, des titres de dette (obligations) censés financer les politiques sociales et dont le rendement dépend de l’efficacité de celles-ci.Il est important de les comprendre et de les dénoncer pour ce qu’ils sont: des titres financiers faussement sociaux quidévoilent la volonté de la finance de remplacer l’État.

Un nouveau-né a fait son apparition dans la galaxie des sigles : le SIB ouSocial impact bond[Bon à impact social]. Bien qu’encore largement méconnu, il est promis à un grand avenir car sur ses fronts baptismaux se penchent depuis au moins une décennie tous ceux qui comptent, au double sens du verbe : G20 ou G8, OCDE ou UE, banquiers de Wall Street ou de la City, multinationales ou start-ups en croissance, pouvoirs publics nationaux, régionaux ou locaux prétendument désargentés. Si, aux dires mêmes de cette Sainte Famille, il faudra au divin enfant une bonne vingtaine d’années pour arriver à maturité, on peut déjà savoir pourquoi il est indispensable, de toute urgence et tous rassemblés, d’évacuer le rejeton dans les poubelles de l’Histoire. C’est à quoi sont destinés les cinq regards, explicatifs et critiques, portés sur ces SIB, ces objets volants – et surtout voleurs – que n’ont pas encore clairement identifiés ceux-là mêmes qui sont appelés à en subir, directement ou non, les conséquences.

Un titre financier éthique ?

L’objet se présente d’abord comme vertueux, fruit d’un capitalisme désormais bienveillant et guidé par le sens de la justice. Ouvrant un long discours prononcé début 2014, au Palais de la City à Londres, par une référence aux deux ouvrages-maîtres d’Adam Smith,La richesse des nationset laThéorie des sentiments moraux, Sir Ronald Cohen, le président de la mission du G8 consacré aux SIB, l’achevait par cette exhortation :

« Nous avons commencé la révolution. Il y a fort à faire. Ensemble, levons-nous et faisons en sorte que “le cœur invisible” des marchés puisse aider ceux que “la main invisible” a laissé de côté ».

Et il avait donné, un peu plus tôt, l’esprit autant que l’occasion historique de cette révolution : repenser la philanthropie à l’heure de la faillite – bien sûr organisée – de l’État social :« Aujourd’hui lesÉtats-providence conçus pour le XXesiècle baissent les bras dans la lutte contre les défis sociaux de ce nouveau siècle.[…]Si la philantropie traditionnelle et les gouvernements peinent à régler ces problèmes, que pouvons-nous faire de notre côté ? »La réponse, débarrassée de tout simagrée, est d’une cupidité sans bornes : elle consiste à ouvrir un nouveau et énième continent de la marchandise et du profit.

De gros profits assurés

L’objet est en effet une machine à faire de l’argent. Résumé dans ses grandes lignes – de crédit… – le SIB consiste à ce que les banques[i]– et non des moindres (Goldman Sachs, Merrill Lynch, BNP, etc.) – avancent pour le compte du secteur public (État, collectivités territoriales) les fonds nécessaires à des actions sociales menées par des associations, en suivent la mise en œuvre, en contrôlent le résultat – avec bien entendu un évaluateur dit indépendant ![ii]– et se retournent, en fin de parcours, vers la puissance publique pour réclamer le remboursement des sommes avancées. Avec un intérêt conséquent, allant jusqu’à 13 % l’an. Soit un quasi doublement de la somme en sept ans, auquel il convient d’ajouter la rémunération de l’évaluateur et autres frais de gestion. L’instrument de “la révolution” est donc très efficace et produit des effets tous azimuts dont il est important de dresser l’inventaire : il crée un marché financier du “social” et dynamise aussi celui de l’évaluation ; il caporalise les associations, encourage leur concentration et leur transformation en entreprises “rentables” ; il démultiplie et affine les liens entre les représentants du monde financier et les acteurs publics nationaux ou locaux, siphonne leurs budgets et accroît donc d’autant la dette. Bref que rêver de mieux, sinon de le voir se propager en direction des pays pauvres, via son frère jumeau, le DIB ouDevelopment impact bond?

« Le nouveau continent de la marchandise et du profit est gigantesque : il couvre en fait, grâce l’ambiguïté du terme “social”, non seulement les dégâts engendrés par le capitalisme mais toute action dite d’intérêt général, et il s’identifie, en définitive, à l’État lui-même. »

Une croissance fulgurante

L’objet, quoique récent, est en expansion rapide. Après un premier SIB, en 2010, visant à diminuer la récidive des détenus libérés de la prison de Peterborough, les “expérimentations” se sont multipliées dans le monde entier. On en comptait une vingtaine en 2014, plus de 80 en 2016 et, probablement, une bonne centaine fin 2017. La Grande-Bretagne, terre d’élection du capitalisme industriel au XIXecomme de la financiarisation du “social” aujourd’hui, se taille la part du lion, avec environ un tiers des SIB en cours de réalisation. Mais on en trouve également aux USA, au Japon, en Australie, en Suisse, et dans de nombreux pays de l’UE (Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, France, Irlande, Italie, Pays-Bas, Portugal). Bref, de quoi commencer à faire rêver le président de la Commission Jean-Claude Juncker en quête, pour l’Union, d’un« triple-A social »!

La variété des domaines d’application a, logiquement, suivi cette expansion. À la réinsertion des prisonniers, sont venus s’ajouter l’aide aux enfants malades ou handicapés, le soutien aux jeunes en mal d’« employabilité »ou la réduction de l’absentéisme au travail, le logement des sans-abris ou l’intégration professionnelle des migrants et réfugiés, l’activité physique ou la solitude des personnes âgées en maison de retraite. Ou encore la détection et le traitement précoces du diabète, les programmes de vaccination, d’éducation ou d’accès« écologique et durable »à l’eau, à l’électricité ou auxNTICdans les pays en développement, sans oublier non plus la revitalisation des zones rurales désertifiées dans les pays riches ou la réunification des familles« dysfonctionnelles »auxquelles il faut,sicetsib, dicter de« nouvelles conduites ». Bien que financiers et pouvoirs publics de connivence rivalisent pour l’instant de modestie – il faudra, proclament-ils,« entre dix et trente ans »pour changer les mentalités et les institutions –, l’inventaire ne laisse aucun doute.

Le nouveau continent de la marchandise et du profit est gigantesque : il couvre en fait, grâce l’ambiguïté du terme “social”, non seulement les dégâts engendrés par le capitalisme mais toute action dite d’intérêt général, et il s’identifie, en définitive, à l’État lui-même. Ce qui n’a rien d’un hasard, ni du point de vue théorique – il est dans l’essence même du capitalisme de tout marchandiser – ni du point de vue historique : cette nouvelle offensive n’est envisageable qu’en notre époque où tous les postes-clefs de la décision publique, du supranational au local, ont été colonisés par les représentants de la finance mondialisée et leurs serviteurs. Il arrive d’ailleurs à certains, souvent les mieux placés, de “manger le morceau”. Commentant en 2014 l’une de ces expérimentations, Lawrence Summers, l’ancien secrétaire au Trésor américain, ne déclarait-il pas :« This is ground zero of a big deal ! »

Une obligation instructive

L’objet est, dans sa déclinaison française, instructif à plus d’un titre. D’abord, l’hypocrisie, nécessaire au déploiement du système, est dans l’Hexagone portée à son comble. De SIB, qui faisait mauvais genre boursier, on est passé en 2014 à TIS, pour Titre à impact social, pour deux ans plus tard se montrer plus tartufe encore, en adoptant le nom définitif de CIS, Contrat à impact social, qui a le double mérite d’évacuer toute référence à l’argent et d’inscrire le dispositif dans le régime, ô combien sympathique, des “partenaires”. La réunion d’experts, la création de comitésad hoc, ont aussi été fidèles à nos traditions de l’entre-soi, rappelant à s’y méprendre le modèle des commissions Attali, pour« la libération de la croissance française »en 2008 ou pour« l’économie positive »en 2012.

Il en a été ainsi du Comité français pour l’investissement à impact social (CFIIS), présidé par Hugues Sibille, alors vice-président du Crédit coopératif et du Conseil supérieur de l’Économie sociale et solidaire (ESS), qui a réuni en 2013-2014 vingt-neuf membres«issus de la banque, du capital investissement, de l’entrepreneuriat social, d’agences publiques, d’expertise indépendante, d’administrations, de milieux académiques, d’organisations internationales », tous« acteurs engagés en faveur de l’innovation sociale et financière ». Autrement dit, après des décennies de remodelage libéral de la société, les maillons intermédiaires indispensables à la révolution néophilanthropique ! Prompts à discourir sur l’esprit de solidarité ou du don, mais surtout enclins au calcul de leurs intérêts. Enfin, de PS en Macronie, les CIS font peu à peu leur chemin.Benoît Hamon, ministre délégué à l’ESS et à la Consommation de 2012 à 2014, a missionné, en accord avec Sir Ronald Cohen, Hugues Sibille et son Comité, un premier appel à projets a été lancé en 2016 par la secrétaire d’État à l’ESS Martine Pinville et, depuis l’arrivée du haut fonctionnaire et banquier à l’Élysée, la dynamique se poursuit sous l’impulsion de La République en March…é. Le macroniste Christophe Itier, artisan de l’un de ces CIS consacré au placement des enfants mineurs dans le département du Nord, a été nommé en septembre 2017 Haut-Commissaire à l’ESS.

« Fossoyeurs du travail social, ils ont adopté le langage techno-concurrentiel des puissants[…], et ils ont soigneusement mis en œuvre toutes les réformes destinées à éliminer la culture professionnelle des travailleurs sociaux reposant sur l’esprit de service public et l’aide à la personne considérée dans sa totalité. »

Une obligation antisociale

L’objet, accélérant le “déjà là”, ne veut du bien ni aux travailleurs sociaux, ni aux pauvres qu’il prétend aider. Le cas français en est, à nouveau, une bonne illustration. Depuis vingt ans au moins, le secteur de l’action sociale est miné de l’intérieur par une logique gestionnaire et d’entreprise[iii], prélude à la financiarisation des SIB et autres CIS. Pétris de valeurs chrétiennes de gauche ou de droite aujourd’hui macronisées, tour à tour pragmatiques et autoritaires, toute une série de petits roitelets du “social” – présidents et directeurs d’établissements sociaux et médico-sociaux, directeurs d’écoles de formation en travail social, etc. – se sont faits les complices volontaires de ce mouvement et préparent, désormais, la nouvelle étape. Fossoyeurs du travail social, ils ont adopté le langage techno-concurrentiel des puissants – “innovation” et “labellisation”, “appels d’offres” et “indicateurs chiffrés”, “opérateur” plutôt qu’association, etc. –, et ils ont soigneusement mis en œuvre toutes les réformes destinées à éliminer la culture professionnelle des travailleurs sociaux reposant sur l’esprit de service public et l’aide à la personne considérée dans sa totalité. L’éducateur, l’assistant social ? Il est une ressource humaine, une charge salariale, qui doit faire plus avec moins et, surtout,« ne pas penser et se comporter en technicien »[iv]. Le pauvre, l’enfant, la personne âgée ou handicapée, l’adulte français ou étranger ? Il faut ici trier, trier encore et toujours, afin qu’il “participe”, soit “responsable de lui-même”, et qu’il entre ainsi dans le “public-cible” propre à prouver aujourd’hui “l’efficacité de l’action sociale” et à démontrer, demain, que les indicateurs chiffrés du SIB sont validés. Histoire de justifier le remboursement, avec intérêt, du prêt. L’objet, à l’évidence, nécessite qu’on les dégage, tous.

Pierre Bitoun et Lou Hubert

Notes :

[i]Celles-ci peuvent prêter directement ou/et servir d’intermédiaire recueillant, via l’émission de produits financiers (des obligations par exemple), les fonds d’autres investisseurs : fonds de pension, fondations d’entreprise, épargne salariale, etc. Même les assurances-vie en déshérence sont convoquées.

[ii]Un cabinet d’audit, par exemple, naturellement insoupçonnable de tout conflit d’intérêt…

[iii]Cf. les travaux de Michel Chauvière ou ceux, plus récents, du Collectif d’associations citoyennes.

[iv]Propos tenu par son directeur à un assistant social qui a dû conserver l’anonymat.

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Se faire lécher par un chien peut tuer !

Infection sanguine à Capnocytophaga canimorsus. Présence d’inclusions en bâtonnet dans des polynucléaires neutrophiles. Eefting M, Paardenkooper T. Blood. 2010 Sep 2;116(9):1396.

Il y a des gens qui meurent régulièrement à cause d’une infection généralisée du à Capnocytophaga canimorsus. Ce germe est hébergé par la flore buccale normale du chien . (la bactérie capnocytophaga canimorsus est très répandue chez les chiens mais aussi chez les chats)

Une infection à C. canimorsus est associée à une morsure de chien dans 60 % des cas, à un léchage sur une lésion cutanée préexistante dans environ 30 % des cas. On ne retrouve pas ces deux notions dans près de 10 % des cas.

Et vous pouvez être infecté par votre propre chien (ou chat), oui celui que vous côtoyez depuis des années !!

Dernièrement un homme a été « empoisonné » par de la salive de chien dans le Wisconsin, aux Etats-Unis. A l’hôpital, les médecins n’ont pas eu d’autre choix que de l’amputer pour limiter l’infection : 

Un homme se fait amputer des quatre membres après avoir été léché par un chien

Ce drame, relaté par le Washington Post, a de quoi faire réfléchir. Greg Manteufel, un peintre du Wisconsin (Etats-Unis) de 48 ans, a vu sa vie basculer après avoir été en contact avec un chien.

Cet Américain a commencé par ressentir de la fièvre et des nausées. En apparence, rien d’alarmant. Mais le lendemain, alors que sa température avait augmenté et qu’il était victime d’hallucinations, sa femme Dawn Manteufel a décidé de le transporté à l’hôpital le plus proche. Sur place, les médecins ont découvert que le corps de Greg Manteufel était recouvert d’ecchymoses. Des marques qui n’étaient pas là lorsque le couple avait quitté leur domicile quelques minutes plus tôt. Dawn Manteufel raconte que c’est comme si son mari « avait été frappé avec une batte de baseball ».

Amputé des bras et des jambes

Malgré un traitement antibiotique, l’état de santé de Greg Manteufel se détériore rapidement. Des caillots se forment dans ses veines et bloquent l’afflux sanguin vers les extrémités de son corps, entraînant peu à peu la mort de ses cellules, puis de ses tissus. En quelques jours seulement, Greg Manteufel est amputé des bras et des jambes.

Les médecins diagnostiquent la présence de la bactérie Capnocytophaga canimorsus. Hébergé par la flore buccale de certains chiens (mêmes ceux en bonne santé) ce germe « est parfois responsable d’infections humaines gravissimes lorsque le système immunitaire est défaillant, expliquait en mai dernier Le Monde. Une infection à C. canimorsus est associée à une morsure de chien dans 60 % des cas, à un léchage sur une lésion cutanée préexistante dans environ 30% des cas ». Mais selon Dawn Manteufel, son mari aurait été en contact avec huit chiens différents le même jour, dont celui du couple. Impossible de savoir lequel est porteur de la bactérie.

Des cas similaires

En avril dernier, des médecins avaient également rapporté dans la revue Science Direct « l’observation d’un patient de 54 ans, sans antécédent, vivant à proximité d’un chien, ayant présenté un choc septique avec purpura fulminans fatal en rapport avec une infection à C. canimorsus, sans notion évidente de morsure ni de ‘léchage’ de plaie ». Ce cas rappelle « l’extrême gravité potentielle des rares septicémies à C. canimorsus et illustre le fait que ceci est possible sans contexte d’immunodépression et sans notion d’inoculation », écrivent les médecins.

En février dernier, The Lancet relatait le cas d’un Français de 47 ans qui, mordu par son chien, avait été victime de symptômes similaires. Alors que le traitement antibiotiques prescrit par son médecin ne faisait pas diminuer sa fièvre et qu’il était victime de plusieurs malaises, le patient a été hospitalisé au Centre hospitalier intercommunal de Fréjus – Saint-Raphaël. Les médecins diagnostiquent alors la même infection des tissus des doigts que Greg Manteufel. Le patient est décédé 48h après son hospitalisation.

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Syrie : les forces militaires occidentales désavouées par le Bundestag

Entretien du 13/07/18 avec Richard Labévière, journaliste et animateur du site procheetmoyenorient.ch. Interrogé sur la légalité de l’intervention russe en Syrie par le Bundestag, il s’inscrit dans la lignée de l’Assemblée parlementaire allemande. Selon lui, les forces militaires américaines, françaises et britanniques sont dans l’illégalité internationale absolue.

Une info importante sur la situation en Syrie – Le vent commence à tourner semble-t-il …

Pour le Bundestag, l’intervention russe en Syrie est légale, celle des Occidentaux beaucoup moins

Les services d’expertise du Parlement allemand se sont penchés sur les interventions étrangères en Syrie. Ils en ont conclu que le mandat de Damas rendait l’intervention de la Russie légale, celle des Etats-Unis et de leurs alliés beaucoup moins.

Les services d’expertise du Parlement allemand (Wissenschaftlichen Dienste) ont rendu leur avis sur la légalité de l’intervention de la coalition arabo-occidentale, largement dominée en réalité par les Etats-Unis et ses alliés occidentaux, dont la France et l’Allemagne.

A la veille du sommet de l’OTAN à Bruxelles, la chaîne allemande ARD a annoncé le 10 juillet que les experts du Bundestag avaient tranché : l’intervention de la Russie en Syrie à partir de la fin 2015 était légale du point de vue du droit international, du fait notamment que le gouvernement syrien en avait fait la demande à Moscou afin de lutter contre Daesh et les groupes armés rebelles, dont le Front al-Nosra.

«La présence russe en Syrie est considérée comme autorisée dans le droit international», ont ainsi conclu les services d’expertise, dirigés par une figure du parti de gauche Die Linke, Alexander Neu. Cette instance, au sein du Bundestag, est consultée par les parlementaires sur des points techniques et juridiques et est tenue de fournir des réponses argumentées et neutres, s’appuyant exclusivement sur les textes de loi.

Si la conclusion ne surprendra pas Moscou, qui fait valoir cet argument depuis le début de son intervention militaire en Syrie depuis 2015, elle contribue à remettre en question la pertinence de la participation de l’Allemagne à la coalition arabo-occidentale à l’œuvre en Syrie. D’autant que les critiques des Etats-Unis à l’égard de ses partenaires européens s’intensifient, Donald Trump exigeant que les membres de l’OTAN augmentent leur budget consacré à la Défense.

 
 

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Big Brother : le réseau français « intelligent » d’identification par caméras arrive !!!

Et voilà, le pire est en train de se produire , nous sommes exactement dans 1984 d’Orwell !!! C’était pas un roman de fiction, mais d’anticipation !!! 

L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre. Gérard Collomb dans son bilan « d’un an de maintien de l’ordre », le 8 juin 2018

Vous le croyez ça ???!!! Le pire c’est que les Français ne se doutent de rien alors qu’une « expérimentation » est déjà lancée dans onze départements … Qui est au courant ???

Lisez ce qui suit c’est absolument INCROYABLE ce qui se prépare !!! Un indescriptible bouleversement sociétal . Big brother devient une réalité concrète et les perspectives d’avenir sont terrifiantes . C’est ça le futur qu’on nous prépare ??!

On voit ce que ça commence à donner en Chine où la population est totalement fliquée ! Mais la France c’est pas la Chine avec son parti unique et son pouvoir totalitaire !!! C’est affligeant, ahurissant, que personne ne réagisse face à ce projet en cours, qui est une grave atteinte de nos libertés les plus fondamentales !!! 

« Reste que l’on ne sait pas si la population française est prête à accepter de vivre dans une société sous contrôle de machines autonomes où chacun de ses faits et gestes sera enregistré, analysé et potentiellement… noté ? » conclut sans complexe ce papier ! J’en crois pas mes yeux !!

Info à relayer en masse ! Z 

La reconnaissance faciale « intelligente » est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l’Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d’identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l’administration française qui lance des expérimentations et des partenariats. Explications.

L’identification en temps réel des personnes par des réseaux de caméras de rue n’est plus un fantasme de film d’anticipation : la Chine a massivement déployé ces sytèmes et s’en vante. Le « réseau céleste » — ainsi nommé par le gouvernement central — de 20 millions de caméras, est un œil géant piloté par des intelligences artificielles qui travaillent jour et nuit à analyser les millions de visages des passants des grandes villes chinoises. Un journal de Hong Kong — cité dans le Courrier international —  l’Apple Daily, résume les capacités surhumaines du « réseau céleste » avec délectation :

Le système peut identifier en temps réel avec exactitude le type de voiture, l’habillement, le sexe et même l’âge d’un passant… Ces informations sur les passants s’affichent automatiquement à l’écran. Quand il s’agit d’un criminel recherché, l’alarme du système se déclenche en montrant les données le concernant sur l’écran.Extrait du Courrier International : « Surveillance. Le “réseau céleste”, version chinoise de Big Brother », le 28/09/2017

La France est l’un des pays champion des technologies numériques de surveillance.  Pionnier dans le domaine du « Deep packet inspection » (DPI, inspection profonde de paquets) grâce à sa recherche universitaire et des montages d’entreprises spécialisées dans l’exportation de ces systèmes à des dictatures, le pays de Victor Hugo a légiféré en cascade depuis plusieurs années pour autoriser les services de police et de renseignement à surveiller et capter les échanges numériques des citoyens de façon administrative, sans contrôle d’un juge d’instruction.

« Boites noires » chez les fournisseurs d’accès internet, sondes sur les câbles sous-marins, systèmes d’interception des communications « silencieux », logiciels de morpho-analyse intelligents : la plupart des technologies numériques de surveillance, d’identification et d’analyses prédictives sont en place dans les services de renseignement et de police français. Ne manque — visiblement — aujourd’hui qu’à déployer de façon massive les derniers outils de reconnaissance faciale, pilotés par intelligence artificielle, et les généraliser. Ce qui semble être en cours de discussion dans les ministères, les centres de recherche et les services d’Etat.

Gérard Collomb annonce…

Le ministre de l’Intérieur français, Gérard Collomb ne s’est pas caché depuis quelques mois de vouloir moderniser la police et les services de renseignement français. Cette modernisation passait pour l’instant par le déploiement de tablettes, de caméras connectées, le tout lié au nouveau fichier « monstre » TES de fichage biométrique de la quasi totalité de la population française.

> Dossier : Le gouvernement officialise la constitution d’un fichier biométrique de 60 millions de Français 

L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre. Gérard Collomb dans son bilan « d’un an de maintien de l’ordre », le 8 juin 2018

Des déclarations sur l’utilisation de technologies à base d’IA comme aide à la décision pour les forces de police avaient déjà été effectuées alors par Gérard Collomb : « Les service de l’Etat vont analyser les données avec de l’intelligence artificielle pour être encore plus efficaces, avec une expérimentation déjà lancée dans onze départements. » La question de la concomitance de ces annonces avec les nouvelles disposition de surveillance technologique policières — prises par le gouvernement chinois — se posait déjà en février 2018 :

> Surveillance et cybersécurité : la France se met-elle dans les pas de la Chine ?

Aujourd’hui, le ministre de l’Intérieur annonce clairement ses intentions au sujet de la surveillance et l’identification par reconnaissance faciale dans son bilan « d’un an de maintien de l’ordre » (article La Croix) :

(…) en matière d’exploitation des images et d’identification des personnes, on a encore une grande marge de progression. L’intelligence artificielle doit permettre, par exemple, de repérer dans la foule des individus au comportement bizarre. 

Sur la problématique des manifestants violents, le ministère veut explorer des voies technologiques prédictives, et ne s’en cache pas : « Les services ont identifié certains meneurs, il y a aussi sûrement de petits groupes assez structurés derrière eux, et il faudrait pouvoir agir en prévention. » Arrêter des futurs manifestants avant que les actes violents ne soient commis à l’aide de caméras intelligentes repérant les individus aux comportements suspects ? Les défenseurs des libertés et les avocats sont logiquement déjà alarmés par cette possibilité. Comment accepter, dans une démocratie, l’arrestation de personnes sans qu’elles n’aient commis de délit, mais seulement parce que des machines les ont repérés, identifiés et analysés de façon prédictive comme étant de futurs fauteurs de troubles ?

Le CNRS confirme

L’annonce récente par le CNRS de la signature d’une convention avec la Direction du renseignement militaire (DRM) confirme l’intérêt des services de l’Etat pour le développement d’intelligences artificielles de reconnaissance d’image, comme Fabrice Boudjaaba, le directeur adjoint scientifique de l’Institut des sciences humaines et sociales du CNRS l’explique : « Les questions liées à l’Intelligence artificielle sont évidemment centrales. Les recherches sur la reconnaissance automatique d’image intéressent particulièrement le renseignement militaire. En effet, leur principal problème du renseignement aujourd’hui n’est pas le manque d’information, mais bien le trop plein d’information qui peut submerger et finalement paralyser l’outil de renseignement. »

Si les technologies innovantes d’analyses d’image par intelligence artificielle pour la DRM sont avant tout liées à des théatres d’opérations à l’étranger, il n’est pas interdit de penser que ces recherches publiques seront utilisées aussi pour du renseignement intérieur ou de l’investigation policière.

Les questions dans le cadre de la surveillance de la population et l’identification des personnes par apprentissage automatique restent donc toujours sans réponse de la part des autorités, et celles-ci sont pourtant très simples : peut-on ficher une population et laisser des agents numériques traiter les données biométriques qui s’y affèrent ? La surveillance d’Etat par reconnaissance et identification faciale est-elle compatible avec le respect des libertés publiques et des droits fondamentaux à la vie privée ? Quelles garanties la population a-t-elle que les données biométriques propres à chacun ne serviront pas à des fins de prévention ou de répression d’expression politique ou de contestation sociale ?

La Chine, quant à elle ne s’est pas posée ces questions et applique sans états d’âme la surveillance électronique permanente des citoyens  : la France, bien plus discrètement, et sans publicité s’apprête visiblement à faire de même. Jusqu’à copier aussi à terme le système de crédit social chinois ?

Reste que l’on ne sait pas si la population française est prête à accepter de vivre dans une société sous contrôle de machines autonomes où chacun de ses faits et gestes sera enregistré, analysé et poteniellement… noté ?

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