RSS

Archives de Tag: NON

Débat : Non, la liberté d’opinion n’a pas à être « fondée sur des faits »

par Erwan Lamy

Reporters sans frontières (RSF) vient de divulguer une « déclaration internationale sur l’information et la démocratie ». L’intention est de poser les « principes fondamentaux de l’espace global de l’information et de la communication », notamment pour lutter contre la « désinformation massive en ligne ». C’est un projet louable, mais qui repose sur une conception inquiétante de la liberté d’opinion.

Cette conception est résumée dans la première phrase suivant le préambule de la déclaration :

« La liberté d’opinion est garantie par l’échange libre des idées et des informations fondées sur des vérités factuelles. »

Ce que signifie « garantie » n’est pas très clair, mais il faut sans doute entendre que « la liberté d’opinion n’a de sens que si elle est fondée sur des faits », comme le soutenait récemment Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF.

La liberté de dire des bêtises, le droit d’en lire

La liberté d’opinion garde pourtant tout son sens lorsqu’elle n’est pas « fondée sur des faits ». On peut très bien avoir une opinion, et la liberté de l’exprimer, sur des choses qui ne sont que très indirectement factuelles : sur ce qui est beau ou ce qui est laid, bien ou mal, sur des valeurs ou sur des systèmes de valeur. Je suis libre d’avoir l’opinion que la peinture de Monet est supérieure à celle de Renoir (ou l’inverse) sans avoir à la fonder sur des « preuves » ou sur des « informations fiables ». Et j’ai bien le droit de le dire.

La liberté d’opinion n’est donc pas toujours fondée sur des faits, et surtout elle n’a pas à l’être. Une opinion qui n’est pas fondée sur des faits doit pouvoir être communiquée. C’est ainsi que l’on parvient à produire des informations fiables. Les rédacteurs de cette déclaration renversent l’ordre des choses en faisant de l’information fiable un point de départ, alors qu’elle est le point d’arrivée des échanges d’opinions. Il faut avoir la liberté de se tromper, et de dire des bêtises, pour arriver ensuite à se rapprocher autant que possible de la vérité.

La liberté d’opinion, c’est et cela doit être la liberté de dire que la foule ayant assisté à l’investiture du 45e président des États-Unis est plus importante que celle présente pour l’investiture du 44ᵉ, que personne n’a jamais marché sur la Lune ou que 2+2 font 5, ou bien 4, ou bien 3, peu importe. Une opinion n’a pas besoin d’être vraie a priori, ni correctement établie, ni « rationnelle » ou « fondée sur de l’information fiable ». Elle a seulement besoin d’être émise puis discutée, et le cas échéant rejetée ou amendée.

Pour cette raison, le droit à l’information ne doit pas consister, comme le proposent les auteurs de la déclaration, en la « liberté de rechercher et de recevoir des informations fiables et d’y accéder ». Elle doit consister en la liberté de rechercher n’importe quelle information, fiable ou pas, pour s’y frotter, s’y piquer, et apprendre.

Crispations paternalistes

Cette déclaration semble trahir l’affolement des « faiseurs d’opinion », à commencer par les journalistes, face à ce qu’ils perçoivent (de manière discutable) comme une dangereuse invasion de « fake news ». Face au danger, le premier réflexe est de se crisper sur ce que l’on connaît : sur les notions de vérité, de faits et d’informations fiables, et sur l’idée que les journalistes, et les experts de toutes sortes, sont là pour produire ces informations fiables et pour protéger les « gens » des informations douteuses.

C’est là une forme de paternalisme qui signale un singulier manque de confiance en l’intelligence collective, en la capacité de chacun, avec l’aide de tous, à faire la part du vrai et du faux. Il n’est pas question de nier l’importance des journalistes ou des experts. Mais ils ne sont qu’un élément d’un jeu épistémique collectif, et ils n’en sont ni les gardiens ni les arbitres. Ils n’ont pas de privilège a priori, leur autorité ne s’acquière ni par la naissance ni par le statut, mais par la démonstration concrète de leur habileté à produire des informations fiables.

Certes, il ne s’agit pas d’être naïf, de croire qu’il suffit de laisser les opinions s’entrechoquer pour que la vérité surgisse et s’impose à tous. La capacité collective à produire des croyances vraies, ou aussi proches de la vérité que possible, dépend de la manière dont les échanges sont organisés au sein de « l’espace global de l’information et de la communication ».

« Faitichisme »

Mais comment organiser cet espace ? Sûrement pas en en appelant à la vérité ou aux faits. Cela ne sert à rien. La vérité, c’est un peu comme Dieu : tout le monde est persuadé de L’avoir de son côté. Le dangereux hurluberlu qui a investi, fusil à l’épaule, une pizzeria de Washington pour y démanteler, façon western, un supposé réseau pédophile dirigé en sous-main par Hillary Clinton, était persuadé que tout cela était vrai. Lui suggérer de s’en tenir aux faits aurait donc sans doute été de peu d’effet sur sa conduite. Pour parler comme Bruno Latour, répéter sans cesse qu’il faut respecter les faits, c’est du « faitichisme », et ça ne mène à rien.

Considérer, comme le font les auteurs de la déclaration, que la liberté d’opinion devrait être fondée sur des faits serait pire encore. S’il fallait censurer toutes les opinions malformées avant qu’elles ne soient discutées, c’est la discussion rationnelle elle-même qui serait menacée. Quant à vouloir ne rendre disponibles que les informations fiables, vouloir protéger le lecteur ou l’auditeur des informations douteuses, c’est l’empêcher d’apprendre à reconnaître le vrai du faux.

Renoncer à ce « faitichisme » ne conduit pas (malgré Bruno Latour) à renoncer à la vérité ou à la réduire à une simple histoire de conventions sociales. Il y a des vérités absolues, et il faut leur courir après, même si elles courent plus vite. Y renoncer, c’est renoncer à parler. Seulement voilà : une fois que l’on a dit ça, on n’a pas dit grand-chose. Tout le problème est de savoir comment faire pour les trouver, ces vérités.

Un peu de modestie

Chacun dans son coin a bien une réponse, mais le problème, c’est que l’on ne sait pas trop comment organiser ça collectivement. Bien sûr, il faut déjà s’occuper des malhonnêtes. Mais faut-il croire que la « désinformation » est surtout affaire de malhonnêteté ? Ce serait sans doute trop simple.

Les producteurs de foutaises sont souvent très bien intentionnés, et c’est bien là le problème. Que faire alors ? Une possibilité pourrait consister à rendre chacun responsable de la manière dont on forme les opinions que l’on diffuse. Ne pas censurer les opinions malformées, mais sanctionner les « fautes épistémiques ». Mais ça reste bien vague.

Sur ces questions, il n’y a encore aucune expertise bien solide, rien qui permettrait d’envisager, comme le proposent les auteurs de la déclaration, la mise en place d’un « groupe international d’experts sur l’information […] à l’image de ce qu’est le GIEC pour les questions climatiques ».

Les journalistes et les experts savent produire des informations fiables dans leurs domaines respectifs, mais cela ne leur donne aucune « méta-expertise » sur l’organisation collective de cette production. Il existe bien une discipline académique qui se propose de développer ce genre de méta-expertise : l’épistémologie sociale. Mais la route est sans doute encore longue avant qu’elle produise des résultats utiles. On peut tout de même s’étonner de l’absence, parmi les rédacteurs de la déclaration de RSF, des grands noms de cette discipline : un Alvin Goldman, une Jennifer Lackey ou une Miranda Fricker aurait sans doute eu des choses intéressantes à dire. Reste que les sciences de l’information fiable n’ont, à ce jour, pas donné le même genre de résultats que les sciences du climat, et en ce domaine la modestie est de mise.

En attendant que les épistémologues aient quelques connaissances positives à proposer, il serait donc sans doute sage de s’en tenir à ce qui a fait ses preuves. Il y a des hauts et des bas, mais globalement, le relatif laissez-faire des sociétés libérales en matière de production de connaissances a plutôt bien marché ces derniers siècles. Ce laissez-faire est déjà suffisamment menacé par la bureaucratisation croissante de la science. Évitons d’en rajouter.

source

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 14 novembre 2018 dans Education - information, général, société

 

Étiquettes : , , , , ,

Géoingénierie, la société civile dit NON !

Résultat de recherche d'images pour "Géoingénierie"

Mais vous trouverez encore des médias qui vous expliquerons que « les chemtrails n’existent pas » … A part ça, Pour en revenir au monde réel, ceci est une superbe initiative ! On s’attaque enfin à ce problème majeur pour l’humanité qu’est la géo-ingéniérie, et puisque personne ne s’en charge (« les chemtrails n’existent pas » qu’on vous dit !) , hé bien c’est la société civile elle même qui lance l’estocade ! Bah oui, les gens ne sont pas cons … Z 

Manifeste contre la géo-ingénierie : bas les pattes !

Plus de 110 organisations du monde entier, provenant de 5 continents, dont Attac France, publient à l’occasion de la réunion du GIEC en Corée du Sud un manifeste exigeant l’arrêt immédiat des expériences de géo-ingéniérie actuelles et prévues dans les mois à venir et l’interdiction pure et simple de la géo-ingéniérie. Cet ensemble de solutions techniques à grande échelle visant à bloquer une partie des rayons du soleil, réfléchir la lumière du soleil ou capturer les émissions de gaz à effet de serre, avec des effets dévastateurs sur l’environnement, les écosystèmes et les communautés du monde entier. A l ’occasion de la publication du rapport du GIEC sur le 1.5°C, cette coalition d’organisation appelle à déployer les solutions déjà éprouvées et moins risquées, mais qui restent marginalisées dans les délibérations sur le changement climatique.

Nous, organisations de la société civile, mouvements populaires, peuples autochtones, organisations paysannes, chercheurs et chercheuses, intellectuel-le-s, écrivain-e-s, travailleurs, travailleuses, artistes et autres citoyen-ne-s concerné-e-s du monde entier, nous opposons à la géoingénierie en ce qu’elle est une proposition dangereuse, absolument inutile et injuste pour lutter contre le changement climatique. Le terme géoingénierie fait référence aux interventions technologiques destinées à atténuer certains symptômes du changement climatique en agissant à grande échelle sur les océans, les sols et l’atmosphère de la planète Terre.

Etant donné la gravité des risques que la géoingénierie fait peser sur la biodiversité, l’environnement et les modes de vie et moyens de subsistance, en particulier dans le cas des communautés autochtones et paysannes, nous exigeons :

  • L’interdiction des expérimentations et du déploiement de la géoingénierie
  • La création d’un système de gouvernance multilatéral des Nations Unies qui soit international, transparent, participatif et qui se charge de faire respecter ces interdictions. Le moratoire sur la géoingénierie de la Convention sur la Diversité Biologique et l’interdiction par le Protocole de Londres de la fertilisation des océans en sont des points de départ.
  • La cessation immédiate de toutes les expériences prévues en plein air, y compris :
    • Le projet SCoPEx, une expérience visant à injecter des aérosols dans la stratosphère dans le cadre du programme de géoingénierie solaire de Harvard, prévu en 2018 en Arizona, tout près de la frontière mexicaine
    • L’expérience d’éclaircissement de nuages marins (The Marine Cloud Brightening Project) prévue dans la baie de Monterey, en Californie
    • Le projet Ice911, qui vise à épandre des microbilles de verre sur la glace et la mer en Alaska
    • Les projets Oceaneos de fertilisation des océans au Chili et au Pérou

Manifeste contre la géoingénierie: home_manifesto-fr-1

Source: https://france.attac.org/nos-publications/notes-et-rapports/article/manifeste-contre-la-geo-ingenierie-bas-les-pattes

 
 

Étiquettes : , , ,

Non, ce n’est pas un complot… juste une pathologie

Non, ce n’est pas un complot… juste une pathologie

Quand on lit ce papier, on comprend encore mieux les enjeux en Syrie par exemple …

Mitchell a déclaré que les États-Unis se préparaient à un conflit universel, une nouvelle guerre mondiale et que « l’objectif principal de la politique étrangère de l’administration est de préparer notre nation à relever ce défi en renforçant systématiquement les forces militaires et économiques et les fondements politiques du pouvoir américain ».

Or il se trouve que la Chine et particulièrement la Russie sont visés . Ces 2 pays ne cessent de développer de nouveaux armements dans ce qui est une véritable course

Et hier je parlais encore de la Russie qui a lancé le plus grand exercice militaire de son histoire (avec la participation des Chinois) citant un expert militaire russe :

« Il s’agit d’une préparation à une guerre mondiale future », explique l’expert militaire russe Pavel Felguengauer. Et de développer :

« L’état-major russe estime qu’elle se produira après 2020 : soit une guerre globale, soit une série de conflits régionaux d’ampleur. Et l’ennemi, ce sont les Etats-Unis et leurs alliés. » (source)

Faites les liens, ça ne devrait pas être trop compliqué … Z 

Le département d’État américain a clairement exposé ses plans pour garantir la primauté mondiale de l’Amérique

Par Sergueï Latychev 

S’exprimant devant la commission des relations extérieures du Sénat, l’assistant du secrétaire d’État pour l’Europe et l’Eurasie, Wess Mitchell, a déclaré que les États-Unis punissent la Russie parce que Moscou empêche Washington d’établir sa suprématie sur le monde.

Les États-Unis, enfin, ont ouvertement reconnu la raison de leur lutte contre la Russie et qu’ils n’accepteront, face à celle-ci, aucune issue autre que sa capitulation, car la suprématie mondiale des États-Unis est impossible sans un contrôle total de l’Eurasie, que pour l’instant ils n’ont pas.

10659Tout cela n’est pas une conjecture pour les « théoriciens du complot », ni de la « propagande de Poutine », mais la quintessence de la politique des États-Unis évoquée par l’assistant du secrétaire d’État pour l’Europe et l’Eurasie, Wess Mitchell, devant le Comité sénatorial des relations extérieures.

Mitchell a expliqué aux sénateurs que le financement du département d’État dépend essentiellement de la politique américaine envers la Russie. Il a qualifié la « reconnaissance que l’Amérique est entrée dans une période de grande compétition »comme étant « le point d’appui de la stratégie de sécurité nationale », après avoir souligné que les précédentes administrations ne s’étaient pas suffisamment inquiétées de cela et ne s’étaient pas préparées à vaincre dans cette compétition.

Le haut représentant du département d’État a souligné : « Contrairement aux hypothèses optimistes des précédentes administrations, la Russie et la Chine sont des concurrents sérieux qui se donnent les moyens matériels et idéologiques pour contester la primauté et le leadership américains au XXIe siècle. »

Et après cela, Mitchell a fait exploser une bombe, qui, cependant, ne sera pas une surprise pour ceux qui ont compris que la Russie est déjà dans une situation de guerre hybride avec les États-Unis :

« Il est toujours d’un intérêt primordial pour les États-Unis, en matière de sécurité nationale, d’empêcher la domination de la masse terrestre eurasienne par des puissances hostiles. »

Et ici, Mitchell a fait exploser une bombe atomique, avec de terribles conséquences destructrices, et pas seulement une bombe ordinaire.

Premièrement, l’établissement d’un contrôle total sur l’Eurasie est déclaré comme la tâche la plus importante pour les États-Unis. Une revendication claire est faite en faveur d’une victoire de la civilisation maritime sur la civilisation continentale, centre et seul pilier qui soutient la Russie.

Deuxièmement, Washington avance ouvertement la priorité des exigences les plus strictes de la géopolitique dans le sens le plus catastrophique (la mer doit inonder la terre).

Troisièmement, un défi est lancé à l’existence même de la Russie : elle ne peut mettre fin à sa domination dans sa propre zone géographique vitale qu’en se fragmentant en petits États fantoches.

Quatrièmement, la Russie est qualifiée de pays « hostile ». Cela implique qu’une guerre hybride lui a été déclarée depuis longtemps, guerre que les Américains, comme Mitchell l’a noté plus tôt, essaieront de gagner. Ainsi, il reconnaît que les tentatives de Moscou pour parvenir à un accord avec Washington ne peuvent être entendues que s’il s’agit d’une capitulation.

Enfin, et cinquièmement, Mitchell a mentionné les « puissances hostiles » au pluriel, cela peut seulement désigner l’alliée de la Russie, la Chine, seule puissance indépendante à la périphérie de l’Eurasie. Les États-Unis considèrent la Chine comme leur principal concurrent dans les domaines économique et militaire, qui, à certains égards, est tout aussi puissant que la menace russe et, à long terme, encore plus dangereux. Ainsi, « empêcher la domination » de la Chine dans les espaces ouverts de l’Eurasie implique le même scénario que pour la Russie : démanteler l’Empire céleste en attirant certains pays qui rivalisent pour attirer l’attention et les faveurs de Washington, et n’ont pas de prétentions géopolitiques.

Voici l’ampleur de la chose.

Faut-il se préparer à la troisième guerre mondiale ?

En général, quoi qu’on fasse, Mitchell a déclaré que les États-Unis se préparaient à un conflit universel, une nouvelle guerre mondiale et que « l’objectif principal de la politique étrangère de l’administration est de préparer notre nation à relever ce défi en renforçant systématiquement les forces militaires et économiques et les fondements politiques du pouvoir américain ». La voie vers la victoire est la destruction de la Russie, contre laquelle il faut, selon le plan du Département d’État, convaincre et unir ses voisins de marcher, au rythme de Washington et de ses vassaux américains en Europe.

La diplomatie, selon Mitchell, est un élément mineur dans les relations avec la Russie, ce que les cercles influents de Moscou refusent obstinément de reconnaître, car ils ont l’illusion de pouvoir « s’entendre » avec Washington sur autre chose qu’une capitulation. Le haut représentant du Département d’État a clairement indiqué que « notre politique russe repose sur la reconnaissance du fait que pour être efficace, la diplomatie américaine envers la Russie doit être soutenue par un pouvoir militaire inégalé et pleinement intégré à nos alliés et à tous nos instruments de pouvoir ».

Mitchell se vantait que, depuis un an et demi – lorsque, ajoutons-nous, l’agent russe Donald Trump était déjà à la Maison-Blanche – les États-Unis ont obtenu des alliés de l’OTAN une augmentation de $40 milliards  des dépenses militaires et pratiquement tous les objectifs politiques « … dans ce sens, y compris la création dans le cadre de l’alliance de l’Atlantique Nord de deux nouveaux commandements, la mise en œuvre de préparatifs de guerre hybride et des initiatives pluriannuelles majeures pour renforcer la mobilité, la préparation et les capacités de l’Alliance ». De plus, ici, il s’agit manifestement d’agression et non de défense. Et il ne s’agit pas seulement des pays de l’OTAN.

Le discours de Mitchell révèle que les États-Unis considèrent leur politique à l’égard de la Russie en rapport avec des catégories militaires : « Nous avons mis un accent particulier sur le renforcement des États en première ligne les plus sensibles à la pression géopolitique russe. En Ukraine et en Géorgie, nous avons levé les restrictions imposées par l’administration précédente à l’acquisition d’armes défensives pour résister à l’agression territoriale russe. » Le Caucase, la région de la mer Noire, même l’Europe centrale sont qualifiés par Mitchell de zones de combat géopolitique contre la Russie, en compétition pour gagner « les cœurs et les esprits ».

Et, selon lui, le département d’État américain se trouve en première ligne : les cinquante missions diplomatiques américaines en Europe et en Eurasie « développent, coordonnent et exécutent des plans d’action sur mesure pour repousser les opérations d’influence russes dans leurs pays hôtes ». À cet égard, les Balkans méritent une mention spéciale, où « la diplomatie américaine a joué un rôle de premier plan dans la résolution du différend concernant le conflit sur le nom du pays entre la Grèce et la Macédoine et en s’engageant avec la Serbie et le Kosovo pour promouvoir le dialogue mené par l’UE ».

Il est peu probable que des personnes sérieuses aient le moindre doute quant à l’instigateur de la crise entre la Russie et la Grèce et que ce n’est pas du tout parce ce que les diplomates russes ont essayé de perturber la compréhension mutuelle entre Athènes et Skopje, en utilisant parfois à cette fin « des espions en soutanes ». La représentante officielle du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, par exemple, a directement accusé les Américains d’être les créateurs du scandale diplomatique en déclarant : « Nous savons tout ». Et maintenant, c’est aussi Mitchell qui a confirmé que c’était le Département d’État qui avait tout fait, et non le méprisable Premier ministre grec, Alexis Tsipras, qui s’est simplement joint à l’ennemi de la Russie.

Vaincre économiquement la Russie

Selon Mitchell, « en concert » avec ces efforts visant à briser la Russie, les États-Unis provoquent toute une série d’événements de nature économique : 217 entités physiques et juridiques russes sont sous le coup de sanctions, six missions diplomatiques sont fermées, « 60 espions ont été expulsés du sol américain » et le Département d’État se « coordonne de manière étroite et efficace avec les alliés européens ». Au fait, Mitchell a admis involontairement pour quelle raison les services de renseignement anglo-saxons avaient besoin de « l’affaire Skripal » et qui avait organisé cette provocation.

Le haut représentant du Département d’État s’est déclaré satisfait du déroulement de la guerre économique avec la Russie : « en moyenne, les entreprises russes sanctionnées » perdent environ un quart de leurs revenus opérationnels, l’évaluation totale des actifs a été divisée par deux obligeant les entreprises  à réduire leurs effectifs d’un tiers. Selon les estimations des experts du département d’État données par Mitchell, « nos sanctions, cumulativement, ont coûté au gouvernement russe des dizaines de milliards de dollars, en plus de l’impact plus large sur les secteurs publics et l’effet paralysant des sanctions américaines sur l’économie russe ». Mitchell a évoqué la situation de la société RUSAL, ainsi que les attaques contre le rouble russe, qui a fortement perdu de sa valeur pour cette raison, comme exemples d’une guerre hybride réussie contre la Russie.

Nous allons les écraser jusqu’à ce qu’ils capitulent

Cependant, si la Russie cesse de résister à l’expansion américaine en Eurasie, tout d’abord en Ukraine, puis cesse également de contrer la politique américaine en Syrie, que Mitchell qualifie d ‘« agression russe », et agite le drapeau blanc, alors l’Amérique sera prête à négocier la capitulation : « Mais dans tous ces domaines, il appartient à la Russie, et non aux États-Unis, de faire le pas suivant. Notre politique reste inchangée : faire constamment payer la Russie jusqu’à ce qu’elle change de cap. »

Il y a quelques moments étranges dans le discours de Mitchell. En argumentant au sujet de la politique de la Russie, mais sans pouvoir déterminer en quoi elle consiste, et pour cause : il impute à Moscou la logique américaine et ses méthodes de politique étrangère.

Auto-caricature

Voici des citations :

Notre stratégie est animée par la réalisation que la menace de la Russie a évolué au-delà de la simple menace extérieure ou militaire ; elle inclut des opérations d’influence sans précédent orchestrées par le Kremlin [en réalité fomentées par Washington, Note de l’auteur] sur le sol de nos alliés et même ici chez nous aux États-Unis.

La menace de l’influence des opérations russes existait bien avant notre élection présidentielle de 2016 et se poursuivra longtemps après ce cycle d’élection, le suivant, et le suivant. Comme le révèlent les récentes purges sur Facebook, l’État russe a encouragé des voix marginales de la gauche politique, et pas seulement de la droite, y compris des groupes qui prônent la violence, la prise de contrôle des bâtiments fédéraux et le renversement du gouvernement américain. La Russie fomente et finance des causes controversées – puis encourage et finance les causes opposées à ces dernières. La thèse de Poutine est que la Constitution américaine est une expérience qui échouera si elle est contestée correctement de l’intérieur. Poutine veut diviser la République américaine, non pas en influençant une ou deux élections, mais en exploitant systématiquement les lignes de faille perçues au sein de notre société.

Ayant accusé la Russie moderne d’utiliser les méthodes « bolcheviques » et « soviétiques » dans son impasse géopolitique avec l’Amérique, Mitchell a fait de Poutine le « père » de la doctrine de politique étrangère américaine depuis longtemps « une stratégie du chaos aux effets stratégiques ».

Merci, M. Mitchell, pour votre franchise.

Globalement, cela vaut la peine d’être reconnaissant à l’éminent employé du département d’État. Mitchell a non seulement décrit les objectifs de la politique étrangère des États-Unis, mais a également révélé les méthodes que Washington entend utiliser pour les mettre en pratique. Il a montré à tous ceux qui sont prêts à regarder la vérité en face le danger effrayant que les États -Unis représentent pour le reste du monde et, avant tout, pour la Russie.

Sergey Latyshev

Source The Saker

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

via:http://lesakerfrancophone.fr/non-ce-nest-pas-un-complot-juste-une-pathologie

 
Poster un commentaire

Publié par le 14 septembre 2018 dans général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , ,

NON ! Au sabotage chimique de nos vies….

Les points jaunes représentent le taux moyen de spermatozoïdes produit par mL de sperme lors d’études successives. Ce taux a décliné toute la seconde moitié du xxe siècle, avec en France une accélération dans les années 1970 : en 20 ans, les donneurs de sperme du CECOS de Paris ont perdu — en moyenne — 40 % de leurs spermatozoïdes (− 2,1 %/an) ; le nombre de spermatozoïdes chutant de 89×106/mL de sperme en 1973 à 60×106/mL en 1992. Après ajustement (âge et durée de l’abstinence sexuelle), sur ces 20 ans, chaque nouvelle génération (par année civile de naissance) a perdu 2,6 % des spermatozoïdes de la cohorte née l’année précédente, et le taux de spermatozoïdes mobiles a diminué de 0,3 % par an, et celui des spermatozoïdes de forme normale a diminué de 0,7 %/an.
Parallèlement, la proportion de spermatozoïdes normalement mobile chutait de 0,6 % /an et celle des spermatozoïdes normalement conformés diminuait de 0,5 % par an1.

Voici une pétition contre les perturbateurs endocriniens. Les multinationales sont en train de prendre le pouvoir au détriment de notre santé, et nos dirigeants politiques sont à leur merci .

Le tout se joue dans l’ombre des couloirs sombres du pouvoir, où le clientélisme et les conflits d’intérêts sont légion, sans que les citoyens n’en soient ni conscients, ni informés .

En fait c’est même pire : la sphère politique et la corporatocratie sont interchangeable . Un jour patron d’une grande société, le lendemain député chargé d’une commission stratégique (si ce n’est pas ministre ou président)

Résultat, la population tombe de plus en plus malade, et c’est l’industrie pharmaceutique qui se frotte les mains . On nous tue à petit feu !

Il suffit de regarder autour de soi, ou de lire les articles qu’on diffuse régulièrement qui montrent que le taux des cancers – entre autres – explose . Le taux de toutes les maladies explose, et il y en a même de nouvelles qui apparaissent et d’anciennes qui ressurgissent . Et le tout cautionné par l’UE pour ce qui nous concerne .

Jetez un œil sur les 2 graphiques proposés , et le déclin de la qualité du sperme au niveau mondial, et en France notamment …. De là à parler de « dépopulation », il n’y a qu’un pas .  

Le lobbying est une véritable plaie, et les lobbies de la chimie ont les moyens d’acheter ce qu’ils veulent, et qui ils veulent … Le système est pourri jusqu’à la moelle .

Pétition

Adressée à Madame la ministre de la Santé Marisol Touraine

Madame,

Le 21 décembre dernier, la Commission européenne a tenté un passage en force en voulant accorder une dérogation aux industriels de la chimie dans l’usage des perturbateurs endocriniens[1].

Ces substances sont pourtant soupçonnées d’entraîner des malformations génitales, des perturbations psycho-comportementales, soupçonnées aussi de favoriser l’infertilité et l’apparition de nombreux cancers.

  • En agissant ainsi, la Commission viole de façon évidente le principe de précaution, pourtant défini dans l’article 5 de la Charte de l’environnement, l’un des quatre textes de la Constitution européenne depuis 2005.
  • En agissant ainsi, la Commission va à l’encontre du consensus scientifique qui pointe les dangers redoutables des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine, animale et l’environnement.

Fait rarissime, une centaine de scientifiques a publié une tribune écrite d’une seule main pour protester contre cette situation.

Sur les perturbateurs endocriniens, des chercheurs anglais, américains, français, allemands, suédois, africains du Sud, danois etc. dénoncent un « déni de l’état de la science »[2] :

« Les effets nocifs des perturbateurs endocriniens ont amplement été mis en évidence. »

« Nous sommes cependant préoccupés par les options réglementaires que propose aujourd’hui Bruxelles, très éloignées des mesures nécessaires pour protéger notre santé et celle des générations futures. » 

Avec ces scientifiques, nous devons refuser en bloc qu’un permis de contaminer soit délivré aux multinationales des produits toxiques !!

Ces multinationales ont déjà fait la preuve de leur puissance d’action qui leur permet de convaincre les plus hauts personnages des institutions et de remporter des batailles :

  • La propre conseillère scientifique du président de la Commission européenne a tout fait pour bloquer le processus visant à protéger les citoyens des perturbateurs endocriniens sous la pression des lobbys[3].
  • Récemment, la Commission européenne a donné 18 mois de sursis au célèbre RoundUp de Monsanto malgré la forte suspicion du caractère cancérigène (entraîne le cancer) de cet herbicide[4].

NOUS REFUSONS de jouer les cobayes pour augmenter les profits des multinationales de la chimie.

NOUS REFUSONS que les autorités censées nous représenter transigent avec le plus élémentaire principe de précaution alors que les risques sur la santé sont documentés.

NOUS EXIGEONS que les preuves indiscutables d’inocuité (absence de danger) soient apportées par des experts indépendants pour que les sociétés Monsanto, Bayer, Syngenta et Cie puissent commercialiser leurs produits.

C’est pourquoi nous vous demandons, Madame la ministre, d’agir pour faire barrage à la délivrance d’un permis de contaminer à ces multinationales, et de prendre les initiatives pour interdire l’usage des perturbateurs endocriniens dès lors que le principe de précaution n’est pas respecté.

Nos vies, nos enfants, notre Terre valent plus que les profits des entreprises de Big Chimie.

Je vous prie de croire, Madame la ministre, à l’expression de ma considération distinguée.

SIGNER LA PÉTITION

Résultat de recherche d'images pour "spermatoziode déclin"

 
 

Étiquettes : , , ,

Science-fiction ? Non, réalité !! Un robot géant conduit par un homme

Le futur, c’est maintenant ! L’entreprise sud-coréenne Korea Future Technology a élaboré le prototype d’un robot ressemblant à celui du film « Avatar ». La vidéo montre les premiers pas de ce géant de quatre mètres de haut.

Pour le moment, il est pataud, il tient par des câbles pour être alimenté, mais ne vous leurrez pas : dans quelques mois, il sera autonome, puissant, il combattra des émeutiers, sera armé, ou encore permettra de soulever des masses considérables.

Tout ce que nous imaginons peut être réalisé ou presque.

C’est à la fois extraordinaire et très inquiétant car le monde va considérablement changer avec cette révolution robotique qui est là. Pas encore palpable mais là.

source

 
Poster un commentaire

Publié par le 5 janvier 2017 dans général

 

Étiquettes : , , , , , ,

Le dollar va-t-il s’effondrer à la fin du mois ? Non, il devrait s’apprécier !!

Afficher l'image d'origine

Autre son de cloche chez Charles Sannat, pour qui le dollar va s’apprécier !

Je reçois pas mal de demandes autour de l’effondrement prévu, programmé, du dollar. Voici le petit mot d’un de nos camarades lecteurs qui me demandait : « Charles, un autre sujet : allez vous écrire un article sur les dangers potentiels (pour le dollar) de la rentrée de la monnaie chinoise dans le panier de devises pour les dts ? Jim Rickards de la chronique Agora fait tout un foin. Qu’en pensez-vous de cette nouvelle (c’est pour fin de ce mois je crois) ? »

Bon, tout d’abord, je dois vous dire qu’à la Chronique Agora, il y a des gens que je connais, et que j’estime profondément. Simone Wapler, par exemple, est une femme brillante et pleine d’un humour économico-financiaro-british qui me fait toujours hurler de rire. Donc je crois qu’il ne faut pas oublier que Jim Rickards qui n’est pas « tout » Agora.

Ceci étant posé, je vais maintenant vous dire que non seulement je ne pense pas comme Jim Rickards que le dollar va s’effondrer mais qu’en plus je pense même le contraire, à savoir qu’à court terme il va s’apprécier, et qu’enfin cette histoire de DTS est du fumeux le plus total et je m’en vais vous expliquer tout cela afin d’alimenter votre réflexion.

Le dollar va s’effondrer le 30 septembre à 15h02… précisément !!

Bon, vous l’aurez deviné, je suis ironique et je n’y crois pas un instant ! Il n’y a actuellement aucune raison que le dollar s’effondre.

Pourquoi donc me direz-vous ?

Parce que tout est relatif comme disait ce brave Albert (Einstein) et que dans un système de change flottant entre différentes monnaies, si une monnaie baisse (ou s’effondre) cela est par rapport aux autres qui, elles, du coup, s’apprécient d’autant.

D’après JR (Jim Rickards), c’est la « guerre des monnaies » et c’est l’arrivée du yuan dans le DTS qui devrait être le déclencheur d’un tel effondrement du roi dollar… Pourtant, je ne vois rien de cela ne serait-ce que poindre le bout du museau…

Tout d’abord, le yuan qui rentre dans le DTS est un mouvement qui se prépare depuis des années, et d’ailleurs depuis l’année dernière plusieurs mouvements monétaires d’ajustement de la valeur du yuan ont eu lieu afin de préparer cette entrée dans le panier de devises du FMI. Il n’y a donc aucune raison que cela entraîne à la fin du mois de septembre des mouvements brusques sur le dollar.

Mais ce n’est pas tout. Pour que le dollar s’effondre, il faut que tout le monde vende ses dollars pour acheter d’autres monnaies à la place. Qui pourrait vendre des tonnes de dollars et ferait chuter la valeur du dollar ?

La Chine, le Japon, ou encore quelques pétromonarchies du Golfe qui croulent toutes sous des tombereaux de dollars. Mais pourquoi ces pays lâcheraient-ils tous leurs dollars brutalement ? Sans compter qu’en faisant cela, un pays comme la Chine, assise sur 3 500 milliards de réserve de change, se tirerait une balle dans le pied.

Mais ce n’est pas tout : si la FED (la banque centrale US) augmente ses taux d’intérêts et qu’ils restent négatifs au Japon, en Suisse, et en Europe, c’est même le mouvement contraire auquel nous allons assister. Le dollar va même monter et s’apprécier.

Pourquoi ? Tout simplement parce que je préfère placer mes sous à 1,5 % en dollars plutôt qu’être sûr de les perdre à -0,4 % à la BCE… Du coup, on pourrait même envisager une fuite de capitaux qui iraient trouver refuge… aux États-Unis en dollars !

Les DTS c’est quoi ?

Les DTS c’est rien du tout ! C’est une monnaie théorique et technique émise par le FMI dont la valeur est calculée en fonction de la valeur d’un panier de monnaie (comme l’était l’ECU à l’époque pré-monnaie unique).

Techniquement, le DTS s’est créé à partir de rien par le FMI, et on calcule la valeur marchande d’un DTS par rapport à la pondération suivante : 40 % de dollars, 30 % d’euros, 10 % de yuan, 10 % de livre sterling et 10 % de yen… En gros, c’est ça (j’ai arrondi pour simplifier le truc).

Que le dollar baisse ou pas, qu’il s’effondre ou pas, cela ne change rien aux DTS existants, c’est juste la valeur du DTS qui est exprimée par valeur de ce panier de devises. De la même façon, si je crée plein de DTS, cela ne fera rien aux autres monnaies. Pourquoi ? Parce que le DTS ne circule pas !!

Personne n’a un DTS dans la main ou ne paye en DTS. Le DTS est en réalité juste un instrument comptable ou plus précisément d’équilibre comptable. Si j’ai un trou, je peux m’en servir pour équilibrer « comptablement mais le DTS n’est pas un instrument d’échange : il n’est donc pas à proprement parler une devise. Il n’aura donc aucun impact sur le système monétaire mondial.

Plus grave encore, dire comme l’affirme JR que l’on peut « acheter du DTS » en prenant  40 % de dollars, 30 % d’euros, 10 % de yuan, 10 % de livre sterling et 10 % de yen est totalement faux ! Vous avez, dans un tel cas, 40 % de dollars, 30 % d’euros, 10 % de yuan, 10 % de livre sterling et 10 % de yen… vous n’avez en aucun cas 1 DTS…

Pourquoi ? Parce que, encore une fois, le DTS n’existe pas, il ne circule pas, il n’est pas une monnaie d’échange, et vous ne pouvez pas l’acheter. Il est juste un instrument comptable et financier pour les pays entre eux. Les pays peuvent se payer en « DTS »… mais ça ne va pas plus loin (pour le moment).

Néanmoins, en respectant cette pondération « politique », vous avez une bonne répartition entre vos devises détenues qui se rapproche des grands équilibres.

Le dollar n’est pas plus pourri que toutes les autres devises !

La réalité c’est que le dollar n’est pas plus pourri que toutes les autres monnaies fiduciaires du monde entier. Je dirais même plus : le bilan de la FED n’est pas pire que celui de la BCE, de la Banque du Japon ou encore de la banque centrale suisse par exemple.

Il n’y a donc aucune raison pour que le dollar ne s’effondre plus que l’euro qui, lui, risque à tout moment d’exploser alors que l’Europe est tout sauf un État fédéral et que les multiples crises auxquelles l’Europe est confrontée risquent d’aboutir à brève échéance à une explosion.

Parler donc de l’effondrement du dollar c’est une vision purement américano-centrée, et un discours qui est fait pour répondre aux peurs d’un Américain mais pas pour celles de l’Européen, même si le produit « Jim Rickards » est vendu de façon identique partout dans le monde… Il y a là un biais évident produit.

Mais ce n’est pas tout…

Le dollar reste incontournable !

Je suis le premier à suivre tous les accords de swap ou de devises entre pays et à vous en parler alors que c’est « technique » et pas franchement sexy mais important. Cela porte le nom de « dédollarisation » et « désaméricanisation » de l’économie mondiale. C’est un mouvement initié par la Chine ET la Russie, et non pas les BRICS comme on veut nous le faire croire. Le Brésil n’est pas « opposé » aux USA, l’Inde non plus, loin de là.

Alors oui il y a un processus en cours, mais c’est un processus au long court et progressif car il n’est de l’intérêt de personne d’effondrer le système, raison pour laquelle il tient toujours debout malgré tous les conflits et toutes les divergences !

Non il n’y a pas de guerre des monnaies, mais au contraire une immense concertation entre les différentes banques centrales et c’est à ce prix que le système a été sauvé maintenant depuis presque 10 ans.

Oui l’essentiel du commerce mondial se fait en dollars encore…

Oui quand les marchés baissent, alors tout le monde se rue sur les actifs en dollars et cela porte le nom de « fly to quality ».

Oui le marché de la dette américaine (les bons du Trésor) est le plus vaste et le plus liquide du monde, d’où le besoin en dollars de l’économie mondiale.

Oui le dollar va voir sa part se réduire, mais au moment où nous parlons, non seulement il ne va pas s’effondrer, mais il va même s’apprécier au premier krach boursier venu et dès que la FED montera ses taux (peut-être cette semaine).

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Source

 
4 Commentaires

Publié par le 22 septembre 2016 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , ,

Attentats de Bruxelles : non, monsieur le premier ministre !

Attentats de Bruxelles : non, monsieur le premier ministre !

Hier, comme tant de Bruxellois, j’ai passé des heures à vérifier où se trouvaient mes proches. Qui, par malchance, aurait pu se trouver dans ce métro maudit, que j’emprunte moi aussi chaque fois que je me rends au bureau d’Investig’Action ? Qui, par malchance, aurait pu se trouver près du Starbucks de l’aéroport, où j’ai l’habitude de prendre un thé en attendant le vol ? Recherches d’autant plus angoissantes que le réseau était évidemment saturé.

Bref, comme tant de Bruxellois, j’ai vécu, un jour, ce que vivent depuis des années les Irakiens, les Libyens, les Syriens, et avant eux les Algériens. Pour être allé plusieurs fois sur des sites bombardés par les Occidentaux, je sais à quoi ressemblent ces morceaux de corps disloqués que plus jamais personne ne pourra embrasser. J’ai vu là-bas la douleur de ceux qu’on prive à tout jamais de leur mari, de leur femme, de leur enfant.

Comme tant de Bruxellois, j’ai pleuré et j’avais envie de frapper les criminels qui s’en sont ainsi pris à tant d’innocents. Mais on ne naît pas criminel, on le devient. Et la question la plus importante est : comment en sont-ils arrivés là ? Nier à ce point la valeur de la vie de tant d’innocents ! Les faire souffrir et terroriser au lieu de se battre – avec ces innocents – contre l’injustice qui nous frappe tous ? Qui a intoxiqué ces jeunes, qui leur a montré l’exemple de la violence, qui les a plongés dans le désespoir et surtout qui les a armés ? Criminels, oui, mais ne sont-ils pas aussi victimes quelque part, même si ce terme peut choquer.

Alors, quand j’ai entendu notre premier ministre Charles Michel déclarer en conférence de presse que les Belges avaient besoin de s’unir, et qu’il évitait soigneusement la question centrale « Comment en est-on arrivé là, qui sont les responsables ? », alors je me suis mis en colère contre cet homme hypocrite qui nous propose simplement de continuer comme avant. Alors que la question des gens, c’est justement : « Comment éviter que ça recommence bientôt ? Quelle politique appliquer pour mettre fin à cet engrenage infernal ? »

Vous croyez vraiment que la surveillance et la répression empêcheront de nouveaux attentats ? Certains, oui, mais pas tous, c’est impossible. Pour cela il faut changer de politique. Votre politique.

Einstein disait « On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ». En effet, on n’empêchera pas le terrorisme tant qu’on n’aura pas débattu sur ses causes profondes. Afin de mettre en place une vraie prévention.

Monsieur le premier ministre Charles Michel, je ne vous remercie pas. Car vous avez refusé de poser les questions importantes : Les Saoud et le Qatar ont-ils financé les terroristes ? Oui, les rapports des services US le disent. Les Etats-Unis ont-ils créé Al-Qaida ? Oui, Hillary Clinton l’a reconnu. La CIA a-t-elle organisé un camp d’entraînement en Jordanie ? Oui, le célèbre journaliste US Hersh l’a prouvé. Fabius a-t-il encouragé le terrorisme en déclarant « Al-Qaida fait du bon boulot » ? Oui, regardez sa vidéo de Marrakech, décembre 2012.

Et d’une façon générale, les Etats-Unis ont-ils utilisé le terrorisme dit islamiste depuis Ben Laden en Afghanistan en 79 jusqu’à la Syrie aujourd’hui, en passant par la Bosnie, le Kosovo, le Caucase, l’Algérie, l’Irak, la Libye et d’autres pays encore ? Ne faut-il pas créer d’urgence une commission d’enquête sur les liens USA – terrorisme et sur les dessous stratégiques de tous ces drames ? Vous et l’Europe, allez-vous continuer de suivre Washington comme un petit chien ? Vous vous félicitez comme un petit garçon quand Obama vous téléphone. Mais pourquoi ne dénoncez-vous pas son hypocrisie derrière ces guerres ? Monsieur Michel, quand je pense à toutes ces souffrances qui auraient pu être évitées, je ne vous remercie pas.

Il est vrai que vous n’êtes pas le seul à pratiquer la langue de bois.

Monsieur le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, je ne vous remercie pas non plus. Vous avez déclaré hier que les terroristes s’en prennent à « notre mode de vie ». Exactement les paroles de George W. Bush le 11 septembre avant d’attaquer l’Irak et l’Afghanistan sous des prétextes mensongers. Monsieur Reynders, pourquoi n’avez-vous pas rappelé votre déclaration d’avril 2013 vantant « ces jeunes (à qui) on construira peut-être un monument comme héros d’une révolution » .

Pourquoi quand je vous ai invité, en juin 2013, à participer à un débat « Jeunes en Syrie, comment les empêcher de partir ? », avez-vous refusé ? Cela ne vous préoccupait pas ? Vous trouviez que pour « changer le régime » comme vous dites, tous les moyens étaient bons, même le terrorisme ? Vous n’avez pas pensé qu’encouragés à commettre ces actes là-bas, certains reviendraient faire pareil ici ? Monsieur Reynders, je ne vous remercie pas.

Madame Milquet, je ne vous remercie pas non plus. Vous étiez ministre de l’Intérieur à cette époque. Vous avez aussi refusé de participer à ce débat, malgré notre insistance, et en changeant sans cesse de prétexte ! Depuis, vous vous taisez. Gênée d’avoir fait la sourde oreille face aux cris de détresse des mamans angoissées de voir que leurs gosses – c’étaient vraiment des gosses de 16, 17, 18 ans – partaient là-bas vers l’enfer sans que la Belgique fasse rien pour les retenir ? Vous n’avez pas de remords en voyant la suite ? Madame Milquet, je ne vous remercie pas.

N’est-il pas temps d’ouvrir un grand débat sur les conséquences de la politique internationale menée par la Belgique depuis des années ?

1. L’Europe doit-elle continuer à suivre les Etats-Unis et leur politique qui met le Moyen-Orient à feu et à sang ?

2. La Belgique doit-elle continuer à soutenir la violence d’Israël, en refusant de faire respecter le droit international et en traitant d’ « antisémites » les jeunes qui veulent soutenir les droits des Palestiniens ?

3. La Belgique doit-elle continuer à se prosterner devant les pétro-dollars des Saud (volés aux peuples arabes au lieu d’utiliser l’argent du pétrole et du gaz pour combattre la pauvreté comme en Amérique latine) alors que tout le monde sait que ces mêmes Saud financent l’intoxication des jeunes esprits par une version empoisonnée et falsifiée de l’islam ?

4. Comment justifier le refus du droit d’asile aux victimes de « nos » guerres en Irak, Syrie, Afghanistan ?

5. Quand ouvrira-t-on enfin le dossier de l’intervention « humanitaire » en Libye, où l’Otan s’est allié à Al-Qaida pour renverser Kadhafi, en violant la Charte de l’ONU qui interdit ce genre de pratiques ? Avec la conséquence qu’on voit aujourd’hui : la Libye transformée en foyer du terrorisme international.

N’est-il pas temps d’ouvrir en même temps un grand débat sur les conséquences de la politique sociale, ou plutôt antisociale, menée par les gouvernements belges depuis des années ?

1. Pouvez-vous rogner sans cesse les budgets scolaires ? Fabriquant des écoles-parkings où les profs manquent de formation adéquate et de moyens pour faire face à tant de questions complexes sur le monde d’aujourd’hui ?

2. Pouvez-vous rogner sans cesse les budgets des prisons et de la réinsertion ? Avec pour conséquence que de petits délinquants deviennent de grands délinquants irrécupérables ?

3. Pouvez-vous rogner sans cesse les budgets des médias audiovisuels de service public ? avec pour conséquence que les journalistes n’ont plus le temps d’approfondir les sujets (confidences reçues de l’intérieur de la RTBF) et sont condamnés au règne du copié-collé et du fast info ? Poussant ainsi les jeunes rendus méfiants vers les théories du complot, ou pire encore vers les prêcheurs fanatiques et les recruteurs sans scrupules ?

4. Pouvez-vous continuer à faire des cadeaux aux banques et aux multinationales qui ne paient quasi plus d’impôts et reporter votre déficit notamment vers les communes, dont les responsables sont privés des moyens nécessaires pour aider les jeunes ? N’est-ce pas ainsi que vous produisez des communes du désespoir comme Molenbeek ? (Mais pas seulement, il y a aussi Vilvorde, Verviers, Anvers et n’oublions quand même pas que les « eurojihadistes » proviennent de nombreux pays européens)

5. Faut-il alors être surpris que tant de jeunes soient tombés entre les griffes de recruteurs professionnels ? D’autant plus que lorsqu’on les signalait à la police, pas toujours, mais bien souvent parents et éducateurs s’entendaient répondre : « Mais qu’ils partent seulement en Syrie, ce qu’on ne veut pas, c’est qu’ils reviennent ici ! »

6. Avez-vous vraiment le droit de vous dire surpris par les attentats de Paris et de Bruxelles alors que la sonnette d’alarme est tirée depuis des années et que vous tous avez refusé d’écouter les donneurs d’alerte ?

Hier, chaque parent a tremblé pour ses enfants. Aujourd’hui, chacun s’interroge sur l’éducation qu’il faut leur donner face à ce monde de plus en plus violent. Allons-nous pouvoir leur offrir une vraie éducation et un avenir ? Demain, quelle ville sera frappée ? La montée de la haine et de la peur, ciblant les musulmans, fait le jeu de l’extrême droite. C’est ça que vous voulez ?

Concluons. Les attentats, ce n’est pas une fatalité, c’est le résultat d’une politique. Menée à Washington. Puis à Londres et Paris. Bruxelles suivant servilement. Messieurs les dirigeants, vous êtes donc co-responsables. Avons-nous le droit d’en débattre – en « démocratie » – ou bien allez-vous encore user de pressions pour que les médias se taisent ?

POUR SUIVRE : Combien de morts faudra-t-il encore avant que les médias ouvrent enfin le vrai débat ?

Michel Collon

source

 
Poster un commentaire

Publié par le 25 mars 2016 dans général, Insolite, Politique

 

Étiquettes : , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :