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Record mondial d’achat d’or… par la Russie !

Et pas que la Russie, de plus en plus de pays (en plus de ceux qui rapatrient) recommencent à acheter de l’or, comme je l’ai déjà rapporté… C’est qu’il y aura une vie après le dollar. Pendant ce temps le prix de l’or monte et a franchi depuis un bail la résistance symbolique à 1300 $. Après en être brièvement sorti cet été (de mémoire) Il est bien revenu dans son marché haussier. Z 

La Banque centrale de Russie a battu un record d’achat d’or de toute l’histoire mondiale en ayant acheté pas moins de 274 tonnes d’or en 2018, ce qui est absolument considérable aussi bien en quantités absolues qu’en montant relatif.

La Russie, qu’on la critique, qu’on l’aime ou pas, est un grand pays et lorsqu’un grand pays accorde une telle importance à un actif aussi particulier que l’or, cela doit interpeller tous les épargnants sur l’avenir de la valeur des monnaies qu’ils utilisent.

L’or n’a d’utilité que comme bijoux et… étalon monétaire !

Quand des pays entassent de l’or, c’est qu’ils prévoient un problème à venir sur la valeur des monnaies. Les quantités achetées par la Russie sont telles qu’il ne s’agit pas juste de commercer avec certains pays en utilisant un système de troc basé sur de l’or pour échapper au dollar. Cela va bien plus loin.

Charles SANNAT

En 2018, les banques centrales des différents pays du monde ont acheté 651,5 tonnes d’or, le montant le plus élevé en 50 ans, selon un rapport de World Gold Council. 42 % de ce total a été acheté par la Russie, ce qui constitue un record historique mondial.

Les banques centrales du monde ont réalisé les plus importants achats d’or en 50 ans selon un rapport de World Gold Council publié jeudi 31 janvier.

La Banque de Russie tient le haut du pavé parmi les banques centrales du monde : 274,3 tonnes, soit 42 % de l’ensemble de l’or acheté en 2018.

Le rapport intitulé « Tendances de la demande d’or au quatrième trimestre et en 2018 » signale que l’année dernière l’achat d’or par les banques centrales a augmenté de 74 % par rapport à 2017 (374,8 tonnes) pour atteindre 651,5 tonnes.

Selon le rapport, les achats nets ont atteint leur plus haut niveau depuis la fin de la convertibilité du dollar américain en or en 1971, alors qu’un plus grand nombre de banques centrales s’est tourné vers le métal jaune pour se diversifier.

Selon le World Gold Council, la Russie poursuit de miser sur l’or dans le cadre de la dédollarisation de ses réserves. L’achat en 2018 de 274,3 tonnes est la plus grande acquisition d’or par une banque centrale de toute l’histoire. La Russie augmente annuellement ses réserves en or de plus de 200 tonnes pour la quatrième année d’affilée.

En plus, la Banque centrale de Russie continuer d’effectuer des achats nets (c’est-à-dire acheter plus que de vendre) depuis 13 années consécutives. Au cours de cette période, les réserves russes ont augmenté de 1 726,2 tonnes à 2 113 tonnes en 2018.
En 2018, les deux autres principaux acheteurs d’or, outre la Russie, sont le Kazakhstan et la Turquie, ces deux pays ayant respectivement acquis 50,6 et 51,5 tonnes. Pris ensemble, la Russie, le Kazakhstan et la Turquie totalisent 58 % de l’or acheté par des banques centrales en 2018.

Au cours de l’année dernière, les banques centrales du monde n’ont vendu que 15,6 tonnes d’or. Il s’agit notamment de l’Australie (4,1 tonnes), de l’Allemagne (3,9 tonnes), du Sri Lanka (2,4 tonnes), de l’Indonésie (2 tonnes) et de l’Ukraine (1,2 tonne).

Source Agence Russe Sputnik.com

insolentia

 
 

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Charles Gave : le nouveau tournant économique mondial

 
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Publié par le 26 octobre 2018 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Ce ne sera pas un krach, mais un tsunami financier mondial

Voici encore une autre alerte, avec de bonnes explications .. Il ne s’agit pas de faire de l’alarmisme, mais juste d’observer la situation, et c’est assez simple à comprendre . Regardez l’impact d’une hausse minime des taux de la FED sur les émergents … C’est vrai que par exemple les banques espagnoles sont particulièrement exposées, j’en ai parlé début de semaine . Mais ce ne sont pas les seules, ce n’est qu’un exemple !! Il ne faut même pas être intelligent pour voir venir le désastre qui se profile, il suffit juste d’être informé un strict minimum pour pouvoir constater . Z 

« Nous allons vivre une autre crise financière ; tous les gens intelligents la voient arriver », a pu déclarer Steve Bannon, l’ancien conseiller de Trump qui lui doit sa victoire. Depuis la chute de Lehman Brothers et le cataclysme de 2008, nous avons assisté à une mutation complète et ahurissante des banques centrales. L’initiateur, le pionnier de la folle politique monétaire d’assouplissement quantitatif a été la Banque du Japon, suivie par la Fed et ensuite la BCE.

Suite aux risques de défaut immédiat des États, de krach obligataire et boursier, les banques centrales se sont transformées en pompiers tout-terrain pour éteindre les multiples incendies avec des moyens inédits « non conventionnels ». Une véritable fuite en avant en pratiquant la politique des taux zéro, de l’endettement supplémentaire pour régler le problème du surendettement, de la création monétaire laxiste pour procurer des liquidités aux banques et faire baisser les taux d’intérêt du marché obligataire. La Banque de France détient, aujourd’hui, 20 % de la dette publique française tandis que la Banque du Japon détient 41 % de la dette publique japonaise (250 % du PIB).

Les banques centrales sont, aujourd’hui, coincées d’une façon irréversible et ne peuvent plus revenir en arrièreen diminuant la masse monétaire et en augmentant ou en laissant monter les taux d’intérêt, sous peine de faillite des États, des entreprises zombies et d’écroulement des marchés obligataires et boursiers.

En fait, tout se passe comme si la Banque du Japon, la Fed et la BCE avaient décidé d’édifier ensembleune « Digue de Babel ». La réussite est, en apparence, totale puisque la digue tient et que les marchés sont au plus haut. En réalité, une masse d’eau énorme de dimension océanique continue inexorablement à s’accumuler et à monter de l’autre côté de la digue, tandis que les inconscients au sec continuent à spéculer, à faire grève, à se vautrer dans l’hédonisme individualiste matérialiste et à se moquer même des Cassandre réalistes. Mais, un jour, suite à la pression trop forte de l’eau,c’est-à-dire la perte subite de confiance, la « Digue de Babel » cédera et ce ne sera pas alors un vulgaire petit barrage de Malpasset, mais un tsunami océanique de dimension planétaire qui balaiera tout sur son passage et aura, pour conséquence, l’effondrement total du Système.

Les banques espagnoles sont un excellent exemple de la dangereuse interconnexion mondialiste des problèmes.Elles ont été sauvées, jusqu’à ce jour, en fusionnant, avec une aide d’urgence de 100 milliards d’euros, sans avoir encore rien remboursé. Mais les banques espagnoles sont exposées à hauteur de 83,2 milliards d’euros en Turquie, soit davantage que les 75 milliards réunis de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni. Les crédits en devises étrangères, face à la baisse de la livre turque et à l’augmentation des taux d’intérêt, représentent 40 % de la dette de la Turquie.

En Argentine, les investissements espagnols s’élèvent à 28 milliards de dollars, soit un quart de l’investissement total étranger (les États-Unis, seulement 10 milliards). L’Espagne, à elle seule, représente plus de 40 % du risque des dettes de l’Amérique latine (Argentine, Mexique, Brésil). Pour se sauver de leurs risques européens, les banques espagnoles ont misé gros sur les pays émergents, cherchant à diversifier leurs risques avec des perspectives de rentabilité plus élevées. Mais gare en cas de retournement de situation.

Pour la première fois, depuis dix ans, la Banque centrale indienne a acheté de l’or. « Encore un petit moment, Monsieur le Bourreau ! » Il suffit de la perte subite de confiance d’un agent économique – ce qui fut le cas de la BNP, en 2008 -, d’un krach dans un seul pays tel que l’Espagne, la Grèce ou l’Italie pour que la réaction en chaîne se développe dans le monde et que tout explose. La « Digue de Babel » des banques centrales cédera aussi à son tour car l’arme atomique de l’assouplissement quantitatif, pratiqué alors sans limite et d’une façon exponentielle, nous conduira à l’hyperinflation du Venezuela ou de l’Allemagne en 1923. La crise de 1929 nous paraîtra, alors, comme un épiphénomène par rapport à ce qui nous attend !

« Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles », selon William Shakespeare ».

Marc Rousset,Boulevard Voltaire, le 9 septembre 2018

Via : OD

 
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Publié par le 12 septembre 2018 dans économie, général, International

 

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ITW Von gruyere – Le Risque mondial est à un niveau record

Tiens , greg hunter , il existe encore !! LOL Il y a un bail que je ne l’avais plus diffusé  , et que je n’avais plus regardé ses ITW . Ici il accueil notre bon vieux Von gruyere (Egon von Greyerz pour les intimes) , qui explique toujours des choses trés intéressantes et censées … Z *

Greg Hunter (USAWatchdog.com) a interviewé Egon von Greyerz (Fondateur MAM – Membre du conseil d’administration de GoldBroker) sur la situation économique et politique actuelle, les risques pour les investisseurs, et les moyens de se protéger contre la prochaine crise qui se profile.

Greg Hunter (GH) : Bienvenue sur USAWatchdog.com. Cela fait longtemps que nous n’avons pas reçu notre invité… Egon von Greyerz est à la tête de Matterhorn Asset Management (GoldSwitzerland.com). Egon, merci de vous joindre à nous.

Egon von Greyerz (EvG) : Ravi d’être avec vous, Greg.

GH : Pour rafraîchir la mémoire des gens, vous avez plusieurs années d’expérience dans le secteur bancaire européen, à des postes haut placés… vous offrez désormais une solution d’investissement dans l’or, sur deux continents, avec stockage dans des endroits secrets… vous achetez de l’or à la tonne, en lingots, et vos clients sont très riches et ont un très bon réseau…

Je voudrais commencer par là. D’un côté, vos clients entendent toutes sortes d’histoires négatives sur la dette, l’économie, sur la gravité de la situation actuelle. De l’autre, ils entendent qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre, que l’économie américaine est en croissance… et puis, il y a ces guerres tarifaires et les tensions qu’elles engendrent… Que pensent vos clients du paysage financier et politique actuel ?

EvG : Nos clients détiennent de l’or, non pas parce qu’ils sont des spéculateurs ou qu’ils aiment l’or, mais bien dans le but de préserver leur patrimoine. Nous avons réalisé, au début de ce siècle, qu’il était essentiel de détenir de l’or en tant qu’assurance contre tout ce qu’il va arriver sur les marchés financiers, dans l’économie mondiale et en politique, au cours des prochaines années. C’est pourquoi nos investisseurs ne s’inquiètent pas du court terme, ils ne font pas de trading, ils n’achètent pas pour revendre… ils investissent dans l’or et le conservent en tant qu’assurance contre ces risques. Nos clients, dont plusieurs sont aux États-Unis et en Amérique du nord, s’inquiètent particulièrement du climat économique, évidemment, mais aussi du climat politique. Nous ne sommes pas une organisation politique, alors nous n’entrerons pas dans les détails… mais nous avons de très riches clients qui s’inquiètent de ce qu’il se passe politiquement, des accusations, de ce que les politiciens font, et du fait que plusieurs d’entre eux seront inculpés judiciairement. Ce n’est pas ma spécialité, mais je sais ce dont mes clients américains s’inquiètent.

GH : Au point où nous en sommes aujourd’hui, certains disent que les choses vont dérailler… qu’en pensez-vous ?

EvG : C’est aussi mon sentiment. Je crois qu’un retournement du cycle économique est imminent. Cela pourrait commencer dès l’automne, avec les marchés d’actions, et pourrait s’étendre aux marchés obligataires. Vous savez, beaucoup de choses ressortent lorsque les choses tournent mal. Plusieurs sociétés à travers le monde sont massivement surévaluées, mais cela a été balayé sous le tapis. Les politiciens balayent tout sous le tapis, et cela passe inaperçu quand les choses vont bien. J’ai accumulé pas mal d’expérience en travaillant dans le secteur bancaire et au sein d’entreprises depuis la fin des années 1960, et j’ai vu cela auparavant. Lorsque les choses prennent une mauvaise tournure, les histoires cachées ressortent. Cela mènera non seulement à des actions en justice, mais aussi à des troubles politiques, et cela aura des répercussions sur les gens ordinaires, dont la situation se complique de jour en jour. L’écart entre riches et pauvres augmente de façon exponentielle. Quand les choses tourneront mal, le peuple aura l’estomac vide et les protestations ne seront pas pacifiques, c’est certain. Cela n’arrivera pas qu’aux États-Unis… mais aussi en Europe, où ils doivent gérer le problème du grand nombre d’immigrants arrivés cette dernière décennie. Quand les choses se mettent à mal aller, les minorités sont pointées du doigt, alors je suis certain qu’il y aura des problèmes majeurs en Europe, tout comme aux États-Unis.

GH : Vous parlez du fait que vos clients investissent à long terme, et que vous avez identifié le besoin, au début de ce siècle, de détenir de l’or… Quelles sont les craintes de vos clients ? Quel est le montant maximum qu’ils tiennent à assurer ? Quel est le pire scénario qu’ils envisagent ?

EvG : Cela fait des années que j’en parle. Je n’espère pas le pire scénario… j’identifie et j’analyse le risque. Si je regarde le système financier mondial, je me rends compte que c’est une bulle massive composée de papier. Ce papier, un jour, perdra presque toute sa valeur. Lorsque ce papier perdra sa valeur, la monnaie perdra sa valeur, ainsi que les actifs sous-jacents, puisqu’ils sont basés sur de la dette qui ne sera jamais remboursée. C’est ce qui inquiète nos clients. Vous savez, ce ne sont pas des fous qui vivent dans une grotte… ce sont des gens normaux qui voient, comme nous, qu’il faut se protéger contre les risques. Concernant le pourcentage des avoirs, cela varie énormément… selon nous, l’or est la meilleure assurance pour protéger sa richesse contre ce qui se profile, à condition que le métal soit détenue hors du système bancaire, évidemment. Je dirais qu’aucun de nos clients n’a moins de 20% de ses actifs en or et en argent physique. Certains détiennent 50% ou plus… cela varie beaucoup…

GH : Attendez un peu. Je voudrais que vous nous expliquiez cela… beaucoup de gens disent qu’il faut détenir 5%, 10%… des gestionnaires intelligents déconseillent d’aller au-delà de 10%, surtout pas à hauteur de 50%. Contrairement à vous, ils ne pensent pas que si le cours de l’or baissait, cela ne changerait rien. Mais êtes-vous en train de me dire que vos clients détiennent, au minimum, 20% de leurs actifs totaux ? Nous parlons de multimillionnaires, de milliardaires… Disons qu’un de vos clients a un milliard de dollars… il détient donc 250 000 $ d’or et d’argent physique, c’est bien ça ?

EvG : Oui, c’est juste.

GH : Wow !

EvG : Il faut savoir que moins de 1% des actifs mondiaux sont investis dans l’or physique. Il s’agit d’un très petit groupe de personnes, même si c’est beaucoup d’argent… évidemment, la majorité des gens ne partagent pas notre vision, car sinon les autres marchés s’effondreraient. Mais nos clients sont inquiets des risques. Comme je l’ai dit, peu d’entre eux ne détiennent que 10% – car je crois que c’est nettement insuffisant. Regardez toutes les classes d’actifs actuellement, qu’il s’agisse de marchés boursiers, obligataires ou immobiliers… ces marchés sont tous en bulle, car ils sont alimentés par la croissance exponentielle du crédit – le crédit mondial a triplé depuis la fin des années 1990… depuis la crise, la dette est passée de 80 000 milliards à 240 000 milliards $. Lorsque la dette triple, cela ne signifie pas que le risque est seulement multiplié par trois, car il augmente de façon exponentielle. Il faut ensuite y ajouter tous les produits dérivés et les passifs non capitalisés… les produits dérivés sont à hauteur d’au moins 1,5 quadrillion $, mais plusieurs banques les ont mis hors bilan, en utilisant des chambres de compensation, entre autres… officiellement, il s’agirait de 600 000 milliards $; mais c’est plutôt aux alentours de 1,5 quadrillion $. En plus, il y a tout ce passif non capitalisé. On parle de risques que personne ne comprend ou peut mesurer. Car tout cela est du papier, du vent. C’est comme un ballon qui éclate… on se rend compte, à ce moment-là, qu’il n’y avait que de l’air à l’intérieur. La valeur des actifs implosera, ainsi que la dette. Je crois que les marchés boursiers, obligataires et immobiliers déclineront d’au moins 75%, voire de 90-95% ou plus, et certains actifs disparaitront. Je ne dis pas que le monde va s’effondrer. Mais rappelez-vous qu’en 1929, le niveau de dette et de risque était bien inférieur à ce qu’il est aujourd’hui, et ce n’était pas à l’échelle internationale. Le problème est aujourd’hui mondial. La bourse a perdu 90% entre 1929 et 1932, et il a fallut plus de 25 ans pour revenir au niveau de 1929… alors, cela me surprendrait pas du tout que la bourse perde 95% aujourd’hui, parce que le problème est bien plus grave.

N’allez surtout pas croire que les banques centrales ou les gouvernements pourront sauver la situation, car ils ont utilisé tous leurs outils : ils ont gonflé la masse monétaire, imprimé de la monnaie, et ils nous disent que tout est sous contrôle. Mais ils ne contrôlent rien… il n’y a plus de marge pour baisse les taux d’intérêt, non plus. Selon moi, les taux d’intérêt vont se mettre à grimper. Ils pourraient encore essayer de les baisser si les marchés sont sous pression à court terme, mais cela ne fonctionnera pas. Ce sera comme dans les années 1970, et nous verrons des taux d’intérêt de 20%… Les gens diront que je suis pessimiste, mais je ne fais que signaler le probable effondrement de l’économie mondiale qui aura lieu dans les années à venir. Cela pourrait être d’ici cinq ans, dix ans, mais disons d’ici 2025. Espérons que cela n’arrive pas, mais je ne vois pas de solution. Mais les miracles peuvent arriver… En tous cas, face à tout ces risques, les gens doivent s’assurer. Certains penseront peut-être que c’est parce que je vend de l’or que je suggère d’en acheter… Vous savez, certains de nos clients se sont posés la question. Il ne s’agit pas du tout d’un « business » dans l’or. Nous avons crée cette société après avoir identifié les risques. Plusieurs investisseurs nous ont demandé de les aider… Nous avons acquis de l’or pour nous protéger personellement contre les risques, et maintenant, c’est une passion, et non un business. Ça me passionne d’aider les gens inquiets qui veulent préserver une partie de leur richesse. Bien sûr, les actifs tangibles valent plus que la plupart des actifs papier, qui risquent de disparaitre. Les actifs tangibles, comme les terres agricoles, l’immobilier ou les droits miniers, sont mieux que le papier. L’immobilier a toujours constitué un bon investissement à long terme, mais c’est une bulle à court terme. C’est comme l’art; L’art est un investissement pour les riches qui ne savent pas quoi faire de leur argent, car ils en ont trop. Si vous avez 150 milliards $, comme Jeff Bezos, qu’allez-vous faire de cet argent ? Vous allez acheter des choses que personne d’autre ne peut se permettre… alors vous achetez des tableaux, ce qui fait monter le prix… mais l’art aussi, à court terme, est une bulle. À long terme, je crois que l’immobilier, l’or, l’argent, et même les œuvres d’art performeront bien. Mais aujourd’hui, comme je l’ai dit, le marché de l’art est en territoire de bulle. Je pense que l’or est le meilleur actif de préservation de richesse. Et je ne suis pas un gold bug… Nous avons commencé à acheter de l’or en 2002, alors qu’il était à 300 $, sous-évalué et mal-aimé. Un jour, tout le monde voudra acheter de l’or, et son prix sera à des multiples de ce qu’il est aujourd’hui. À ce moment-là, s’il y a d’autres choses intéressantes dans lesquelles investir, rien ne vous empêchera de remettre votre or dans le système financier en échange de monnaie, ou alors vous pourrez acquérir des actifs à très bas prix avec votre or. Ce temps viendra. L’objectif n’est pas de dormir sur son or pour l’éternité… vous pouvez toujours en garder un peu, mais pas dans les quantités que les investisseurs devraient détenir aujourd’hui.

GH : Quand vous parlez de vos clients qui détiennent plus de 20% de leurs actifs en or, je peux vous dire qu’aucun conseiller ne suggère cela… je ne vous critique pas, car je souhaiterais ne pas savoir ce que je sais maintenant, à savoir que 20% est logique. Nous avons une dette de 21 000 milliards $, et personne n’en parle dans les médias grand public… et il manque 21 000 milliards $ aux États-Unis, selon les données du gouvernement… et de Mark Skidmore, un doctorat en économie de l’Université de Michigan State, spécialisé dans les budgets publics… cela fait 42 000 milliards $. Nous avons aucune idée de la taille réelle de la masse monétaire. Maintenant, retour sur votre affirmation : « Les risques que les gens ne comprennent pas » – risques-que-les-gens-ne-comprennent pas – c’est effrayant… si quelqu’un vous met un fusil sur la tempe, vous savez à quel risque vous êtes exposé…

EvG : Nous vivons dans un système où il a toujours été logique d’investir en bourse, dans l’immobilier, ou même, depuis les années 1980, dans les obligations… cela a été facile, car les banques centrales sont intervenues à chaque fois qu’il y avait une baisse, comme en 1987, 1999-2000, 2007-2008… À chaque fois, elles ont inondé les marchés de liquidité, et c’est pourquoi nous sommes passés d’une dette pratiquement nulle, il y a cent ans, à une dette de 250 000 milliards $, à laquelle il faut ajouter les passifs non capitalisés et les dérivés. Donc, cela a été facile pour les gens… ils s’en sont bien tirés, alors ils se disent « pourquoi cela changerait » ? C’est ce que tout le monde croit. Cela fait longtemps que je le dis, et cela prend plus de temps que je ne croyais, mais vous ne devriez plus attendre pour vous assurer… comme pour une assurance incendie, vous n’attendez pas que le feu soit déclenché pour vous assurer. Nous ne disons pas aux gens qu’ils doivent détenir 20%, 50% en or; nous leur disons qu’ils devraient détenir autant qu’ils en sentent le besoin. Nous pensons qu’ils devraient en détenir assez pour se couvrir contre un déclin de leurs autres actifs. Parce que l’or sera toujours liquide, rappelez-vous. Tous les marchés, la bourse, l’immobilier, les obligations etc., vont s’effondrer, et il n’y aura plus de liquidités. S’il n’y a plus de monnaie dans le système, l’or pourra toujours être utilisé pour les échanges. Vous pourrez toujours utiliser votre or. Il y a très peu d’actifs en bulle avec lesquels vous pouvez faire quelque chose si les pressions s’accumulent sur les marchés… et cela arrive bientôt.

GH : Certains diront que je suis en train de parler à un partisan de l’or, que je prêche pour votre paroisse. Vos clients détiennent 20% d’or physique, et je ne sais pas ce que sont leurs autres actifs… comme vous avez dit, des terres, des actions minières, des œuvres d’art, des diamants… des choses physiques. Mais les prix de l’or et de l’argent, en ce moment, à 1 200 $ l’once d’or et 15 $ l’once d’argent, ne se situent-ils pas aux alentours des coûts d’extraction ?

EvG : Oui… les minières ont mieux géré leurs affaires ces dernières années, notamment en réduisant leurs coûts d’exploitation. Certains minières sont rentables, à ces niveaux, mais d’autres ne le sont pas. Ces prix sont au niveau ou un peu au-dessus des coûts d’exploitation. Nous avons atteint le pic de production d’or… toutes les découvertes majeures des années 1990… il n’y a plus de tels gisements aujourd’hui. Il s’extrait environ quelque 3 000 tonnes annuellement, et cela va décliner dans les cinq, six ans à venir, aux alentours de 2 000 tonnes par an. Bien sûr, le gros problème du marché de l’or, c’est l’énorme marché d’or papier… que ce soit sur le COMEX ou à travers les bullion banks, les montants sont énormes, et si les gens commencent à s’inquiéter et exiger la livraison de leur or, il n’y aura pas d’or disponible. Lorsque le marché s’effondrera – ce qui arrivera certainement – et que les gens demanderont livraison physique, cela fera grimper le prix de l’or de plusieurs centaines de dollars en quelques jours. Je n’essaie pas d’être sensationnel, je ne fais que regarder le marché, et je vois cette énorme quantité d’or papier, tous ces contrats se règlent en livres, dollars ou euros… personne ne demande un règlement physique, parce qu’ils ne sont pas inquiets et ne font que spéculer sur le prix de l’or papier. Mais lorsque les gens commenceront à exiger la livraison physique de leur or, il n’y en aura pas… c’est alors que le prix grimpera en flèche. C’est inévitable… je n’essaie pas de parler en faveur de l’or dans l’espoir qu’il grimpe. J’essaie d’expliquer le fonctionnement du marché.

GH : Andrew Maguire disait qu’il y avait, en incluant les produits dérivés, plus de 1 000 onces d’or papier pour chaque once physique, et que maintenant, cela tournerait autour de 500 onces… Avez-vous des difficultés à vous procurer de grandes quantités d’or pour vos clients ?

EvG : Non, pas ces jours-ci, et c’est intéressant, parce que beaucoup de gens croient davantage au marché papier qu’au marché physique, même si tout l’or produit annuellement, aux alentours de 3 000 tonnes venant des mines et 1 000 tonnes provenant du recyclage, est entièrement absorbé. La majeure partie de cet or physique va en Chine, en Inde… et prenez la Russie, par exemple : la Russie a plus que triplé ses réserves d’or ces deux dernières années. La Chine est partie de presque rien en 2006 et détient plus de 16 000 tonnes aujourd’hui. Les gens de l’Est savent ce qu’il se passe, ils comprennent. Pourquoi pensez-vous que la Russie vend ses bons du Trésor et achète de plus en plus d’or ? Pourquoi pensez-vous que la Chine essaie de réduire sa quantité de bons du Trésor et continue d’acheter de grandes quantités d’or chaque mois ? La Chine sait que le dollar perdra sa valeur et que le système financier va s’écrouler.

GH : Que pensez-vous qu’il arrivera cet automne ?

EvG : À long terme, ces risques se concrétiseront, c’est inévitable. Sur le court terme, il faut surveiller les événements techniques. Il existe toujours une chance minime que le marché boursier entame un dernier rallye, une dernière bulle. Mais je crois que nous assisterons à un retournement du marché, et que cela sera dramatique. Les gens s’inquiètent du fait que l’or pourrait baisser, mais nous avons investi dans l’or en 2002 et la tendance à long terme est clairement à la hausse… l’or, en dollars, a connu une plus grosse correction que dans d’autres devises. En Suisse, par exemple, nous achetons de l’or en francs suisses, et au Royaume-Uni, ils l’achètent en livres. Vous devez regarder l’or dans votre devise locale. Au Canada ou en Australie, l’or est proche de son sommet, en dollars canadiens ou australiens. Ça ne sert à rien de parler du prix en livres, par exemple. C’est seulement que le dollar a été fort, temporairement, et artificiellement… une fois que le dollar se retournera, l’or grimpera, même en dollars US. Je crois que ce qu’il va bientôt arriver. Il me semble que le marché des métaux précieux est en train d’établir un plus bas. Les autres marchés se retourneront également… et, à un certain moment, l’enfer se déchaînera, cela est certain. Cela pourrait démarrer lentement, tout comme cela pourrait débuter de façon dramatique… ces catalyseurs peuvent venir de nulle part, lorsque personne ne s’y attend… quelque chose de très sérieux pourrait avoir lieu dès cet automne, notamment sur la scène politique. Il n’y a jamais eu, aux États-Unis, un président aussi critiqué que Trump. Il est entêté et il se bat contre tout le système politique… cela va être très difficile, politiquement, aux États-Unis.

GH : Malheureusement, les gens qui souhaitent un gouvernement mondial sont en panique. Trump ne fait rien d’autre que défendre le peuple, « We, the People », et on l’embête pour cela. Cette enquête sur la Russie est une blague, une chasse aux sorcières, depuis le premier jour… et il dit les choses telles qu’il les voit.

EvG : Je suis d’accord avec cela.

GH : L’Union européenne est un désastre pour l’Europe, allons !

EvG : Absolument.

GH : Pour le peuple d’Europe, c’est un désastre.

EvG : Je passe du temps au Royaume-Uni, car j’y ai toujours une maison, et je suis à 100% derrière le Brexit, pour la simple raison que je ne crois pas qu’une élite non élue et non responsable puisse gouverner 500 millions de personnes. Ils n’ont aucune idée de ce qu’il se passe en Grèce, ou dans le nord de l’Écosse, ou même en Finlande. Ils forcent la Grande-Bretagne à rester au sein de l’Union européenne. Cela peut marcher à court terme, mais regardez l’Italie, la Grèce, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque… ces pays sont tous contre ce qu’il se passe maintenant, c’est un désastre. Comme je le dis depuis plusieurs années, l’euro va s’effondrer, ainsi que l’Union européenne. Ils devraient revenir à ce que cela était avant, soit une union commerciale, plutôt qu’une union politique, comme le veulent les élites. L’effondrement aura lieu, et c’est très triste, car l’Europe est constituée de beaux pays. Mais l’Europe est maintenant en déclin, parce que le système bancaire européen est un désastre absolu. Les dettes énormes qu’accumulent l’Italie, la Grèce et l’Espagne, indirectement financées par la BCE et par l’Allemagne, avec les banques allemandes et la Deutsche Bank, qui est en faillite… malheureusement, tout cela va s’effondrer. Comme nous l’avons dit, Greg, le problème est mondial. C’est pourquoi je ne vois pas de porte de sortie… je souhaiterais qu’il y en ait une, parce que je suis un bon vivant, une personne positive, même si je n’en ai pas l’air aujourd’hui, mais je le suis ! Une fois sa maison en ordre, après avoir fait le maximum pour se protéger, il ne reste qu’à profiter de la vie. Nous ne sommes pas ici pour longtemps, alors profitons-en.

GH : Ce qui se passe avec les banques est une autre raison de détenir au moins 20% de ses actifs en or… Je suis surpris qu’ils continuent de soutenir Deutsche Bank… je pense que, lorsqu’ils cesseront de la soutenir, cela sera la fin de tout, n’est-ce pas ?

EvG : Je le pense également, mais je crois que le gouvernement allemand et la Bundesbank feront tout ce qu’ils peuvent pour garder Deutsche Bank à flot, parce que, à court terme… elle fait partie de l’establishment. Ils imprimeront de la monnaie, ils feront tout ce qu’ils peuvent pour la garder en vie, mais cela ne pourra durer. Avec plus de 50 000 milliards $ de produits dérivés, il est pratiquement impossible de la garder à flot. Le marché ne croit pas en Deutsche Bank, non plus, car elle est évaluée au tiers de la valeur de ses actifs, entre autres. Donc, oui, ce sera un désastre, et lorsque cela commencera, toutes les pièces tomberont, comme des dominos.

GH : Vous parlez de l’UE, du climat politique, des inculpations, du système bancaire, de Deutsche Bank, de la fragilité des banques américaines… C’est pourquoi vous envisagez un scénario catastrophe pour cet automne ?

EvG : Je regarde les marchés… ce sont les marchés qui me donnent les signaux que les choses sont sur le point de se retourner, et il est facile de trouver plusieurs catalyseurs qui pourraient déclencher la chose. Je pense que cet automne sera très intéressant, car plusieurs choses changeront le monde.

GH : Vous avez été dans le « papier », dans le système bancaire, pendant une vingtaine d’années… vous n’êtes pas un « gars de l’or », vous êtes plutôt un financier, n’est-ce pas ?

EvG : Oui… je l’ai longtemps été. Mais j’ai aussi été un commercial, et c’est là où j’ai appris le plus, plutôt que dans le système bancaire. Car dans le système bancaire, personne ne comprend les risques. Personne. Le monde des affaires est plus difficile, et vous apprenez plus au sujet de risque que nulle part ailleurs. C’est pourquoi, maintenant, je comprends le risque plus que toute autre chose, et j’ai une vision à long terme du risque, parce que nous ne pouvons pas influencer le court terme, de toute façon. À long terme, ces choses vont se produire. Nous allons avoir un automne très intéressant. Cela sera diificile pour le monde, mais c’est inévitable.

GH : Egon von Greyerz, de Matterhorn Asset Management, et aussi de Goldswitzerland.com, merci d’avoir établi les liens entre toutes ces choses. Je vous remercie de vous être joint à moi aujourd’hui. J’ai particulièrement aimé la phrase « personne ne comprend les risques ». On parle de trillions, de quadrillions, et personne n’assimile les risques. Soyez prêts lorsque cela frappera. Il vous faudra être préparé lorsque l’enfer se déchaînera.

EvG : Oui… et certains le réaliseront trop tard et essaieront alors de se couvrir mais, malheureusement, le marché est trop gros pour obtenir une protection lorsque tout le monde court après… il sera trop tard.

GH : Merci d’avoir parlé vos clients… ce ne sont pas des gens qui ont juste de l’argent; ils sont intelligents, ont un réseau important…

EvG : Oui, ce sont des entrepreneurs, toutes sortes d’entrepreneurs…

GH : Ils sont intelligents et ont de bons contacts. Comme je dis toujours à mes amis, j’aime bien faire ce que les gens riches font. Je me souviens avoir discuté avec un riche, et quand je lui ai dit que j’étais préoccupé par mes impôts, il s’est mis à rire, en disant que les riches ne se préoccupaient pas de cela, qu’ils payaient à la fin de l’année…

EvG : Puis-je dire quelque chose ? Les gens avec qui nous faisons affaires, ils voient les risques… ce sont des gens humbles, en fait, qui n’ont pas la grosse tête, qui ne se prennent pas pour les maîtres de l’univers… ils voient les problèmes. Ce sont des gens simples qui sont inquiets de façon authentique de ce qu’il se passe, plutôt que des riches qui croient que tout va continuer comme avant. Cela les rend donc très intéressants, nous avons du plaisir à les aider.

GH : Vous savez, je ne veux pas dénigrer ces gens… s’ils sont riches, tant mieux pour eux ! Je ne les envie pas, mais je trouve instructif de voir ce que des gens très riches, ultra connectés, font. Et ils font ce que vous me dites… mais les gens ordinaires ne le font pas… si on leur dit de faire comme les gens riches, ils vont dire qu’ils doivent acheter des choses, de l’eau, de la nourriture, mettre des pneus sur leur voiture, qu’ils ne peuvent pas acheter de l’or.

EvG : L’or, ce n’est pas seulement pour les riches, c’est pour tout le monde. Tout le monde pourrait acheter, disons, un gramme d’or par mois. Si certaines personnes avaient fait cela pendant des années, ça les aurait sauvés. En Argentine et ailleurs. L’or n’est pas seulement pour les riches. Tout le monde peut en acheter un peu, sur une base régulière… ne pensez pas que seulement les riches peuvent se protéger, c’est pour tout le monde.

GH : Ou ils peuvent acheter des pièces d’argent…

EvG : Oui, bien sûr, de l’argent, c’est fantastique.

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Publié par le 15 août 2018 dans économie, général, International, or et argent métal

 

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Vers une gouvernance mondiale : « 2020-2040 : Développement mondial exponentiel »

Voici les « prédictions » du  Laboratoire européen d’Anticipation Politique sur les grandes tendances pour 2020 et au delà, qui notez la propagande, « nécessite la présence d’instances globales de contrôle » et d’une gouvernance mondiale en somme, qu’ils « espèrent » voir se former…  (c’est là qu’on voit que l’Europe fait partie d’une logique de polarisation planétaire, un « nouvel ordre mondial » pensé par les élites que représentent le LEAP au niveau Européen) Très intéressant ce message subliminal, Il faut savoir lire entre les lignes – Mais je doute fort que tout se passe comme prévu  … Z 

2020-2040 : Développement mondial exponentiel

Le monde est à l’orée d’une vague de développement tout simplement inouïe qui s’apprête à déferler sur le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Inde, l’Asie du Sud-Est, les États-Unis et la planète dans son ensemble. Les bases d’organisation de ce monde apparaissent de plus en plus clairement : grille électrique mondialisée, réseaux de places financières, nouvelles routes commerciales, crypto-monnaies, e-économie, gouvernance mondiale réinventée… Tout ceci fournit les infrastructures qui conditionnent cette inimaginable phase de développement multipolaire et multiconnecté dont nous allons tenter de donner une idée par petites touches.

Exponentiel ou explo-nentiel ?

Si l’on observe l’évolution du PIB mondial depuis 1960[1], on s’aperçoit qu’il croît à une vitesse étonnamment régulière, exception faite d’un seul cahot récessif en 2008-2009. Rien de très étonnant à cela puisque la production de richesses dépendait intrinsèquement de la présence de matières premières à transformer, de la main-d’œuvre disponible pour produire, de la quantité de consommateurs solvables pour transformer cette production en richesse sonnante et trébuchante, des masses monétaires suffisantes pour réinvestir et des cerveaux bien formés pour réinventer constamment le processus. Dans le monde réel, toute cette matière première de la croissance n’est disponible qu’en quantité limitée, fournissant donc un cadre strict de potentiel de croissance.

Croissance du PIB mondial (%), 1960-2016. Source : Banque mondiale

Or, ce que nous anticipons comme tendance à partir de 2020, c’est un triple changement de paradigme en matière de limites de croissance :

. d’une part, l’arrivée sur le marché de la production mondiale de toute une série de nouvelles régions apportant dans leurs valises ressources humaines, matières premières et cerveaux innovants. Mais nous restons là dans la matérialité d’une croissance mondiale n’augmentant que parce que vont s’y joindre 1,2 milliard d’Africains, 430 millions de Sud-Américains, 70 millions de Centro-Asiatiques, 640 millions d’habitants du Sud-Est asiatique, 1,2 milliard d’Indiens[2] ;

. d’autre part, et c’est là que l’on commence à parler de développement exponentiel, et non plus de simple accélération, le passage à une e-économie va littéralement dissocier croissance et matière (humaine, énergétique, monétaire, etc.) : intelligence artificielle, dématérialisation croissante des produits de consommation, système monétaire libéré des capacités d’émission des seules banques centrales… Tout cela est déjà sur la table, mais nous n’avons encore rien vu (surtout en Occident) des potentialités réelles que cela crée, sachant que cette année, 1 000 milliards de dollars sont partis dans la transformation numérique de la société[3] ;

. enfin, ajoutons que la croissance va aussi se libérer de la planète Terre grâce à une conquête spatiale sans limites et désormais ouverte à tous les mercantilismes (économie de l’espace)[4].

Ce caractère exponentiel que nous voyons dans cette phase de développement permet d’attirer l’attention sur les opportunités, certes, mais aussi les dangers d’une mutation aussi rapide qui nécessite la présence d’instances globales de contrôle du processus.

Réseau électrique mondial ou Communauté mondiale de l’énergie 

Nous aimons rappeler dans ces pages que la première étape de la construction européenne, telle qu’elle a été conçue à la fin de la Seconde Guerre mondiale, avait consisté à mettre en commun les ressources industrielles par lesquelles le crime était arrivé. C’est ainsi que les dirigeants européens inauguraient en 1954 la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA)[5]. Si les Européens ne partagent à nouveau plus rien depuis longtemps[6], il n’empêche que le principe motivant cette décision est universel et qu’il s’applique parfaitement à la raison d’être de toute gouvernance digne de ce nom, mondiale en particulier. C’est ainsi que nous avons déjà anticipé/espéré la création à terme d’une « Communauté mondiale du pétrole et du gaz » ou « de l’énergie », sans en définir la méthode d’ailleurs, car le modèle de 1952 est certainement dépassé.

C’est dans ce contexte de réflexion que nous avons récemment découvert l’existence d’un incroyable projet de Réseau électrique mondial que les Chinois ont déjà largement commencé à mettre en place[7] Un projet qui nous semble à même de servir, au niveau mondial cette fois, les mêmes ambitions que feue la CECA.

Sur la base d’une technologie de câblage à ultra-haut voltage (UHV) que les Chinois ont développée et qui permet de transporter d’énormes quantités d’électricité pour un très faible coût – de pose notamment –, les compagnies électriques chinoises déploient désormais un immense réseau électrique qui, bien au-delà de la Nouvelle route de la soie, traverse déjà la planète, circulant en Asie, aux quatre coins de l’Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, dans les Caraïbes, en Europe du Sud et en Russie, en Australie aussi. Ce réseau est organisé autour de hubs de production connectés entre eux et redistribuant l’électricité chacun autour d’eux.

Le Laos, par exemple, où les Chinois ont construit de gigantesques barrages, mais qui était un piège à électricité compte tenu de l’exiguïté de son marché domestique, est ainsi devenu le carrefour de distribution d’électricité vers toute l’Asie du Sud-Est.

Les défenseurs du projet insistent sur le fait que la Chine ne contrôle pas pour autant le réseau. Il s’agit en fait d’un Internet de l’électricité (ou worldwideweb de l’électricité) dans lequel le principal mérite des Chinois est de mettre à disposition leur technologie de câblage auquel tout fournisseur d’énergie peut contribuer et tout opérateur avoir accès. C’est en cela que notre équipe y voit une mise en commun de l’électricité multi-énergétique produite dans le monde. Une telle mise en réseau des producteurs et des consommateurs est de nature à garantir la stabilité et l’équité des prix de l’électricité, nous semble-t-il. Dites-nous si nous vous paraissons naïfs…

En outre, il nous semble qu’une telle infrastructure pourrait transformer radicalement la logique de l’approvisionnement des matières énergétiques puisque les producteurs d’énergie n’auraient plus qu’à transformer en électricité leurs ressources, quelles qu’elles soient, et les charger sur le réseau. Quelle économie d’énergie et axe de préservation de la nature en perspective ! Et si nous voyons juste, quelle belle série d’anticipations à poser sur l’avenir de l’industrie des pétroliers, pipelines et autres gazoducs (soit un beau down)… Et celle, en revanche, des constructeurs d’usines électriques (un superbe up). Voire encore sur le passage au tout électrique au cours des prochaines vingt années (voiture, chauffage, etc.), déjà bien amorcé.

——————————————-

[1] Source : World Bank
[2] Certes, parmi ces 3, 5 milliards d’individus, une partie est déjà intégrée ou en cours avancé d’intégration aux dynamiques de croissance, mais beaucoup (nous pensons à l’Afrique et à l’Inde, en particulier) en ont été largement tenus à l’écart. Ils sont sur le point de les rejoindre.
[3] Source : SupplyChainDigital, 13/06/2018
[4] Source : WEForum, 12/06/2017
[5] Source : Wikipedia
[6] Même pas une force commune de négociation des tarifs du gaz/pétrole russe, quoiqu’ils semblent enfin y arriver. Source : OilPrice, 28/06/2018
[7] Vraiment, lisez ça ! Source : FT, 07/06/2018 (pour le FT, entrez le titre « China eyes role as world’s power supplier » dans votre recherche Google pour avoir accès à la lecture)

 

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Il faut accélérer la mise en place d’un Gouvernement Mondial

Le 12 décembre s’est tenue à Paris, sous la présidence d’Emmanuel Macron, la grand’messe du sauvetage de la planète qui a commencé par une sorte de constat d’échec. Cette méthode peu académique peut cependant aider à sortir les auditeurs d’une certaine torpeur et les faire devenir plus réceptifs pour la suite du discours. Au fur et à mesure que les propos de notre président s’égrenaient, j’ai ressenti comme un signal de rappel. Vous savez… une sorte d’impression de « déjà entendu » sous une autre forme, sans qu’on puisse identifier immédiatement quelle était l’origine.

Une assistance un peu surprenante 

De temps à autres, les caméras quittaient le pupitre de l’orateur pour prendre quelques images de l’assistance, et se fixaient notamment sur les « têtes connues ». On voyait ainsi apparaître les visages de Bill Gates, Arnold Schwarzenegger et une ou deux autres personnes du même acabit. Ça, c’était pour le côté « people ». Il y avait également, nous dit-on, une soixantaine de chefs d’État, présents ou représentés. Ce qu’on nous dit moins, c’est qu’il y avait également présent ce qu’il est convenu d’appeler « le monde de la finance ». Et c’est en fait l’essentiel du dispositif. Cela rappelle, par certains côtés, la réunion de Denver en 1987 du WWC (World Wilderness Congress) [1] qui se termina par la transformation dudit congrès en WCB (World Conservation Bank). Ce projet était porté par le baron Edmond de Rothschild, patron de la banque Rothschild de Genève et membre de l’IWF (International Wilderness Foundation).

Celui qui tendrait à établir des liens entre le Président Macron et la Banque Rothschild aurait un esprit bien mal tourné…

Du réchauffement climatique aux gros sous 

Et c’est là que les choses me sont revenues en mémoire. « Bon Dieu, mais c’est bien-sûr ! » aurait dit le commissaire Bourrel… C’est la redite du Traité de Copenhague de 2009. Ce Traité concrétisait plusieurs décennies d’efforts en vue d’instituer une sorte d’autorité mondiale. Initialisée dès la création de la WCB, ce projet à long terme devait se réaliser sous l’égide des Nations Unies, comme mentionné dans le document [2] dont le lien est en annexe. Juste avant la réunion de Copenhague, un document écrit par Simon Linett est paru dans la revue de la « Social Market Foundation » [3]. Rédigé en anglais, on peut y lire, en préambule que :

« Le problème du changement climatique ne peut être résolu que d’une manière globale, et à un niveau international, et que la méthode des échanges de carbone sera efficace pour le régler ». 

Dans l’introduction, il est dit que « les gaz à effet de serre étant un phénomène planétaire, il faut donc établir un marché mondial » et évidemment, quelques lignes plus loin, on trouve la proposition suivante : « Pour qu’un tel marché puisse exister, il faut que les différents gouvernements nationaux ne puissent créer de distorsion ». Arrive la conclusion logique : « Pour qu’un tel marché puisse fonctionner, il faut une coordination planétaire qui doit être conduite par une instance internationale dotée d’une constitution ».

La souveraineté des États doit disparaître 

En clair, la seule façon de lutter efficacement contre le réchauffement climatique consiste à mettre en place un gouvernement mondial. Ce gouvernement mondial pourra servir de base d’un « Nouvel Ordre Mondial » et enfin, ultime réflexion pour ne laisser subsister aucun doute :

“Perhaps one can see a way to achieve this goal, through leadership vision and some marginal and manageable renunciation of national sovereignty, how the world might just get there”. 

J’ai préféré laisser le texte en anglais de façon à ce que chacun puisse mesurer l’exactitude des termes de la traduction que voici : « Peut-être que certains verront dans cette façon d’atteindre ce but, par des mesures autoritaires, une sorte de renoncement gérable des souverainetés nationales, qui est une nécessité pour la planète ». 

Les premières mesures furent donc discutées lors de la conférence de Copenhague. Il s’agissait essentiellement de mettre en avant un certain nombre de mesures liées aux émissions des GES (Gaz à « Effet de Serre ») et commencer les faire diminuer une fonction d’un calendrier préétabli. Ce sommet s’est soldé par un échec car les deux pays les plus émetteurs de ces gaz qui sont la Chine et les États-Unis ont refusé toute mesure contraignante.

« Trump sera obligé d’y revenir » 

Le « One Planet Summit » reprenait un peu les mêmes termes que le sommet de Copenhague de 2009. Emmanuel Macron s’est posé comme le champion de la mondialisation de l’écologie, en s’opposant frontalement à Donald Trump. Il ne veut pas négocier quoi que ce soit avec lui et affiche sa certitude de voir les États-Unis revenir dans les accords de partie. Cela est loin d’être gagné, à en juger par le discours très « souverainiste » prononcé par Donald Trump en Floride et la vigueur avec laquelle il a attaqué les traités mondialistes (article précédent : cliquez sur ce lien). À dire vrai, les techniques de communication employées par Emmanuel Macron risquent assez rapidement de lasser tout le monde et aboutir à l’encontre du but recherché. Il est patent que le nombre de climato-sceptiques augmente depuis la décision du président américain de quitter les accords de Paris. On peut donc penser qu’Emmanuel Macron sait que le temps joue contre lui pour plusieurs raisons.

Il faut accélérer la mise en place d’un Gouvernement Mondial

La montée du climato-scepticisme provient de la pauvreté des arguments avancés qui consistent essentiellement à attribuer le réchauffement climatique à l’émission du CO² à l’exception de toutes les autres causes. Autant il se dégage un consensus pour agir pour diminuer la pollution de l’environnement, autant les gens commencent à douter lorsqu’ils voient les « puissances de l’argent » rentrer dans le processus. Et ce n’est pas la présence d’un parterre de financiers ou de dirigeants de multinationales qui va les rassurer. D’autant que la Banque Mondiale a cofinancé la réunion de ce « One Planet Summit »… Cela donne plutôt l’impression que les partisans d’un gouvernement mondial ouvrent un nouveau front au travers de l’écologie, étrangement réduite à la lutte contre le réchauffement climatique qui trouverait son origine dans l’activité humaine sur la planète.

Enfin, il apparaît que les sommes mises en jeu sont énormes. On parle de 100 milliards d’euros à mettre sur la table par les pays développés d’ici deux ans… Il ne reste qu’à les trouver et il faut faire vite car les peuples sont en train de se réveiller et ont de moins en moins envie de se laisser dépouiller de leur souveraineté.

Le « faux-nez » de la finance mondiale… 

Comme il est fréquent dans ce genre d’évènements qui sont avant tout des opérations de communication, il convient de faire une distinction entre l’apparence et la réalité.

Le ressenti que nous éprouvons – à savoir la perception d’un danger imminent et redoutable pour notre planète, avec des conséquences dramatiques pour « des milliards de victimes » comme n’hésite pas à le dire notre président – résulte d’une théâtralisation soigneusement étudiée pour que nous nous focalisions dessus. L’objectif véritable est de nous imposer la solution mondiale comme étant la seule capable de sauver notre planète, d’où le titre « One Planet Summit » qui résume on ne peut mieux la démarche.

En langage populaire, cela s’appelle un « Cheval de Troie ».

Jean Goychman

 

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Vers un gouvernement mondial de l’économie et de la finance ?

[titre article pour referencement]

Voici une preuve que même les élites religieuses et le Vatican sont mouillés dans le processus du NOM en appelant à la mise en place d’un gouvernement mondial, supranational, dont le fer de lance serait l’élite de la haute finance internationale . Il réclament une gouvernance basée sur un « système de gouvernement de l’économie et de la finance internationale » !!! Incroyable . Comme quoi on invente rien, le processus est en cours , avec rien de secret là dedans,tout est publique !! Z  

Le Conseil Pontifical Justice et Paix a publié le lundi 24 octobre un document en forme de manifeste pour les indignés intitulé « Pour une réforme du système financier international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle ». Soulignons que ce texte n’est pas un document officiel du Magistère. Il émane d’un simple Conseil, sans autorité doctrinale particulière. Dans la perspective de la réunion du G20 à Paris, il appelait à la mise en place d’un gouvernement mondial, d’une « autorité supranationale », appelée encore « autorité politique mondiale ».

Dans ce texte, on peut lire notamment la déclaration suivant : « En matière économique et financière, les difficultés les plus importantes proviennent de l’absence d’un ensemble efficace de structures capables de garantir, en plus d’un système de gouvernance, un système de gouvernement de l’économie et de la finance internationale. »

Rien n’est dit de l’endettement croissant et ruineux des gouvernements occidentaux. Au contraire, la note suggère « des mesures fiscales sur les transactions financières » et « des formes de recapitalisation des banques avec des fonds publics » (un euphémisme pour le renflouement des banques). En d’autres termes, plus d’impôts et plus de dépenses.

Enfin le texte dénonce, en écho au livre de Joseph Stiglitz (Le triomphe de la cupidité), ce qui passe pour être l’une des causes de la crise : la cupidité des hommes et l’idolâtrie du marché.

L’idolâtrie du marché ?

Le problème des catholiques, c’est surtout leur ignorance des mécanismes de marché. Daniel Villey a écrit un article passionnant sur le sujet en 1954. L’article n’a pas pris une ride et il est même d’une étonnante actualité. Villey prend l’exemple d’une lettre pastorale écrite par le cardinal Saliège, archevêque de Toulouse. Saliège écrit : « Je supplie les chefs d’entreprise de ne pas augmenter le nombre des chômeurs. Il n’est pas nécessaire qu’une entreprise fasse des bénéfices. Il est nécessaire qu’elle vive et fasse vivre des hommes. » Bien entendu, commente Villey, le cardinal ne se demande jamais quelles seraient les conséquences économiques de ses conseils. En ne réduisant pas leur personnel, les entreprises ne vont-elles pas compromettre leur propre existence et provoquer ainsi une extension plus grave du chômage ? Et n’est-ce pas justement l’essence même du travail d’un entrepreneur que de faire des profits ?

Le propos du cardinal est à peu près aussi sensé que celui qui consisterait à dire : « il n’est pas nécessaire qu’un professeur fasse des cours ; il suffit qu’il achète des livres » ; ou encore : « il n’est pas nécessaire qu’un médecin soigne des malades ; il suffit qu’il s’occupe de sa femme ». Et Villey d’ajouter : « Dans la poursuite du bénéfice, on ne voit que l’attrait (coupable) du gain. On ne voit pas dans le profit le baromètre du service rendu, qu’il est en économie de marché. »

Frédéric Bastiat avait déjà expliqué très clairement le problème : « Entre un mauvais et un bon Économiste, voici toute la différence : l’un s’en tient à l’effet visible ; l’autre tient compte et de l’effet qu’on voit et de ceux qu’il faut prévoir. Mais cette différence est énorme, car il arrive presque toujours que, lorsque la conséquence immédiate est favorable, les conséquences ultérieures sont funestes, et vice versa. » Malheureusement, les médias, les hommes politiques et les hommes d’Église à leur suite, valorisent toujours les avantages temporaires d’un projet, sans jamais parler de son coût économique et humain à long terme : frais supplémentaires, générés indirectement par le ralentissement des échanges économiques ou directement par l’augmentation de l’inflation et des taxes, entraves à la liberté et au droit de propriété.

À la base du libéralisme économique, explique encore Daniel Villey, il y a cette idée, largement ignorée, que les phénomènes économiques s’engendrent les uns les autres ; qu’ils sont reliés les uns aux autres par des lois ; que de multiples décisions en apparence incohérentes sont en réalité coordonnées par des mécanismes rigoureux et cachés, de telle façon qu’il y ait un ordre déterminé des phénomènes économiques. C’est l’idée qu’au-delà du plan des intentions il y a celui des conséquences, et que le second est largement autonome par rapport au premier. Derrière la concurrence et l’opposition des intérêts, que l’on voit, il y a une harmonie qu’on ne voit pas, mais que la science peut découvrir.

Daniel Villey cite un autre exemple de lettre pastorale, celle de l’archevêque de Rouen qui déclarait : « Les salariés qui acceptent de faire des heures supplémentaires doivent se demander s’ils ne portent pas tort à leurs camarades de travail. (…) Certains retraités qui ajoutent un salaire normal à une retraite décente doivent se demander s’ils ne prennent pas indûment la place de quelqu’un dont les besoins sont plus grands que les leurs ». Au plan de « ce qu’on voit », la recommandation peut paraître indiscutable. C’est d’ailleurs avec un argument de ce type qu’on a adopté en France les 35 heures. Réponse de Daniel Villey à ce sophisme : « si l’on élargit l’horizon et la période du raisonnement, on s’aperçoit qu’il n’y a là le plus souvent qu’une illusion d’optique, et que faire des heures supplémentaires constitue fréquemment, en fin de compte, le moyen le plus efficace qu’ait chacun de nous de contribuer à la régression du chômage d’autrui ».

La cupidité des hommes ?

La cupidité a toujours existé, dans chaque société et à chaque période de l’histoire. Selon Thomas Woods, chercheur associé au Mises Institute et catholique, « le problème n’est pas que les hommes soient cupides. Le problème est le système lui-même. Nous avons besoin d’une économie véritablement libre, qui ne soit pas corrompue par le copinage ni manipulée par les interventions arbitraires des banques centrales ». Et il ajoute : « Si nous avions vraiment été les promoteurs de l’idolâtrie du marché, nous aurions écouté le marché. Au lieu de cela, les autorités centrales ont masqué ce que le marché essayait de nous dire. L’idolâtrie ne vient pas du marché, mais des banques centrales, les sources institutionnalisées de l’aléa moral et de l’instabilité financière dans le monde. (L’aura d’infaillibilité et le culte de la personnalité entourant les présidents de la Fed font du langage de l’idolâtrie une pure et simple poésie) ».

Les auteurs du texte « Pour une réforme du système financier international » soulignent la nécessité de « dépasser les idéologies » pour « subordonner l’économie et la finance à la politique, responsable du bien commun ». Mais peut-on être sûr que les politiques seront les garants du bien commun et non des hommes cupides comme les autres ? L’expérience n’a-t-elle pas montré au contraire que les politiques étaient des hommes comme les autres, âpres au gain et motivés par leurs intérêts personnels ?

Bien avant les économistes de l’école des Choix publics au XXe siècle, Bastiat avait démystifié l’État et avait montré que lorsqu’un gouvernement outrepasse sa mission de défense des personnes et des biens, il incite les groupes d’intérêt à rechercher des privilèges et à influer sur le pouvoir pour obtenir des avantages au détriment des contribuables et des consommateurs.  « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde », écrivait Frédéric Bastiat dans son pamphlet intitulé L’État.

Supposons un instant que d’honnêtes hommes politiques soient capables de résister à la corruption du pouvoir. Selon Ludwig Von Mises, ils seraient incapables de faire ce qu’on attend d’eux à cette position : la planification centralisée ne marche pas. Le système des prix émerge du processus de marché. Sans un marché libre, il ne peut y avoir aucun calcul par les investisseurs et les entrepreneurs. En matière monétaire, il en va de même. Hayek a expliqué, à la suite de Mises, comment les taux d’intérêt devraient aussi pouvoir fluctuer librement afin de pouvoir remplir leur fonction cruciale de coordination. Toute manipulation des prix ou des taux d’intérêt par une banque centrale, conduit à fausser l’offre de crédit et les possibilités d’investissement pour les entrepreneurs, ce qui a pour effet la mauvaise allocation des ressources.

Faut-il une banque centrale mondiale ?

L’école autrichienne d’économie est l’une des rares écoles de pensée à avoir mis l’accent sur le rôle perturbateur des banques centrales. Ce sont des institutions monopolistiques, créées pour planifier le système monétaire. Selon Mises et Hayek, les banques centrales sont responsables du cycle d’expansion-récession par l’inflation de la masse monétaire. En fournissant du crédit facile, à des taux maintenus artificiellement bas, les banques centrales favorisent les bulles spéculatives et les mauvais investissements. Durant la phase de récession, les sociétés qui avaient réalisé de mauvais investissements, à condition qu’elles soient suffisamment puissantes, demandent au gouvernement d’utiliser son monopole sur la monnaie pour leur venir en aide. C’est le cas notamment des banques.

Dans cette perspective, ce n’est pas la déréglementation, mais bien la réglementation financière et la manipulation de la masse monétaire par la Réserve fédérale américaine qui est à l’origine du krach de 2008. Au cours de la dernière décennie, la Fed a multiplié les baisses des taux d’intérêt pour conjurer le ralentissement de 2000-2002, après l’éclatement de la bulle technologique et les attentats du 11 septembre.

Thomas Woods le déplore : « on nous a assuré que les économistes les meilleurs et les plus brillants dirigeaient la Fed. Ce sont des gens qui nous ont dit que la hausse des prix des logements était adossée à des fondamentaux solides. Alan Greenspan a dit aux gens d’acheter à taux variables. Ben Bernanke a déclaré en 2006 que les normes en matière de prêts étaient saines. Et ainsi de suite… Chaque fois que la hausse des taux pouvait décourager la folle spéculation immobilière, la Fed a maintenu des taux faibles. En d’autres termes, lorsque le marché essayait d’allumer les feux rouges, la Fed les mettait tous au vert ».

Dès lors, vouloir créer une banque centrale mondiale est à peu près aussi naïf que les objectifs de ceux qui ont favorisé la création de la Fed parce qu’ils s’imaginaient qu’elle pourrait contrôler l’expansion du crédit dans le système bancaire. « En fait, c’est pire que cela, selon Jeffrey Tucker du Mises Institute, car nous avons eu un siècle d’expérience pour savoir que la banque centrale ne conduit pas à la responsabilité, aux flux de crédit réglementés et à une monnaie saine, mais précisément au contraire. C’est comme un médecin qui recommanderait un poison pour soigner l’empoisonnement, qui administrerait de l’héroïne pour arrêter une addiction à la cocaïne ».

Si la centralisation de l’argent, du crédit et de l’autorité politique est la cause de ce problème, comment une centralisation supérieure pourra-t-elle le régler ? N’est-ce pas plutôt de subsidiarité dont nous aurions besoin ? Au lieu de donner toujours plus de pouvoir à de nouvelles élites mondialisées, ne devrions-nous pas rendre ce pouvoir à la société, à l’échelon local ?

Quelle alternative ?

Si le système bancaire et monétaire actuel produit de mauvaises incitations, s’il encourage artificiellement l’endettement et une gestion imprudente de l’argent, il faut le changer. Si les banques centrales sont des créatures du gouvernement et non du marché libre, si elles déclenchent des cycles d’expansion-récession, il faut les supprimer. Le marché libre n’a rien à voir avec cet échec. Le seul moyen de revenir à la prospérité, c’est de laisser le marché coordonner la production et la consommation.

Concrètement, une monnaie saine doit être restaurée. Les banques doivent être soumises à la loi des pertes et profits. Les sauvetages doivent cesser. Les liquidations doivent être permises. Et surtout, les gouvernements doivent être disciplinés et contrôlés. En d’autres termes, nous avons besoin de véritables marchés libres et de subsidiarité. C’est la seule voie vers un monde responsable et réglementé. Sinon, nous allons créer des problèmes encore plus graves que ceux que nous connaissons déjà.

Enfin, le Vatican pourrait peut-être tirer quelques leçons de l’analyse économique.

Par exemple :

1° que les États ne créent rien et n’ont donc pas de fonds hormis ceux provenant des gens ordinaires : les contribuables ;

2° que le système financier mondial est actuellement en danger en raison de l’envolée de la dette publique ;

3° que les organismes de réglementation n’ont jamais été capables de protéger le public contre les fluctuations du marché, les bulles spéculatives et même contre la fraude et qu’il est raisonnable de s’attendre à ce qu’une autorité mondiale reproduise ces échecs à l’échelle mondiale ;

4° que les interventions gouvernementales dans les marchés produisent invariablement des conséquences involontaires, la plupart délétères ;

5° que la réglementation étatique (ou supranationale) fournit invariablement des opportunités pour les multinationales de manipuler le marché à leurs propres fins, au détriment de l’intérêt général

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Publié par le 18 décembre 2017 dans économie, général, International, Nouvel ordre mondial

 

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