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Gilets Jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique

Gilets Jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique

Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune [1], un article de Jérôme Latta, journaliste indépendant et cofondateur des Cahiers du football. Ce texte, publié sur son blog de Mediapart, aborde la question de la défiance qui s’exprime vis-à-vis des médias et revient sur les réactions médiatiques qu’elle suscite. Un sujet que nous avons évoqué dans un précédent article et sur lequel nous reviendrons. De son point de vue de journaliste, Jérôme Latta repose les termes de cette « crise médiatique » et invite à une « réinvention du travail journalistique », qui passerait notamment par une meilleure prise en compte de la critique des médias (Acrimed).

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Le mouvement des Gilets Jaunes a dirigé une partie de son ressentiment contre les médias d’information. Il a aussi confirmé la responsabilité de ceux-ci dans le marasme démocratique actuel, et conforté la nécessité d’une révolution journalistique.

C’est un des fronts ouverts par les Gilets Jaunes, pas le moindre. La colère s’est aussi exprimée contre « les médias », sous des formes diverses, pour certaines violentes. « Tournée des médias » lors de l’acte VII du 29 décembre, blocages d’imprimeries et de dépôts de journauxmenaces et agressions contre des journalistes… Les cibles ont été désignées, parfois attaquées.

Les Gilets Jaunes ont d’abord des griefs contre la médiatisation de leur mouvement, s’estimant traités de manière inéquitable. Ils en ont de plus anciens : ils se sentent ignorés en temps ordinaire ; n’ont plus confiance dans les médias d’information ; voient « les journalistes » comme les membres d’une élite qui leur nuit ; et, pour les plus radicaux, ressentent donc de la « haine » envers eux.

Ce ressentiment est d’une ampleur trop considérable pour être réduit à ses manifestations les plus navrantes. Fût-il aussi vieux que la profession elle-même, ses formes actuelles sont trop exacerbées pour être ignorées. Les médias d’information générale et politique, les journalistes ont le devoir de chercher à comprendre cette colère, pas seulement de la condamner : d’une part parce que c’est leur travail, d’autre part parce qu’il y va de leur avenir – quitte à ce que l’introspection soit douloureuse.

L’ensemble de la profession a été secouée par le constat du degré d’hostilité qu’elle suscite. La sidération a été redoublée par le constat que les journalistes pouvaient aussi se retrouver la cible des forces de l’ordre et subir des tirs de LBD, des brimades et des entraves (illégales) à leur travail.

Pour certains, cette tombée des nues présente une similitude frappante avec celle du pouvoir découvrant l’ampleur de la rage populaire, si peu anticipée, mais si explicable, des Gilets Jaunes. D’autres n’avaient pas attendu les événements pour remettre en cause et réinventer, souvent avec bonheur, leur pratique du journalisme.

Si l’hiver 2019 est d’ores et déjà le moment d’une commotion et d’une prise de conscience, il faut qu’il marque aussi l’amorce d’une remise en cause et d’une transformation du travail journalistique.

L’incantation démocratique

Face à cette expression de la défiance envers les médias institutionnels, face à la mesure de son aggravation, des réactions plus faciles que l’introspection critique ont été adoptées. Notamment la fuite dans la stigmatisation accrue des Gilets Jaunes, en diagnostiquant leur imbécillité foncière, attestée par leur goût pour Facebook, les fake news, le complotisme et, bien sûr, la violence [combo Aphatie]. Ou, plus banalement, le refuge dans une indignation d’autant plus outrée qu’elle est destinée à rester sans suite.

Au sein de la profession, les condamnations collectives, les expressions de solidarité se sont multipliées ces derniers jours, de la part de sociétés de journalistes, de rédactions, de syndicats, etc. Elles sont évidemment aussi légitimes que nécessaires, mais elles laissent de plus en plus transparaître leur caractère convenu, quasiment rituel, leur impuissance pétitionnaire voire leur fonction d’échappatoire.

L’entreprise devient en effet suspecte quand il s’agit de se draper, de manière incantatoire, dans de grands principes démocratiques – sacrés mais décidément trop vaporeux pour susciter des exigences concrètes envers soi-même. Or non seulement l’érection d’un mur de réprobation collective ne contribue pas à rendre le message audible en dehors des concernés, mais il ressemble aussi à une manière de s’épargner tout examen de conscience.

L’indignation ne doit pas être un moyen d’éluder le constat d’un malaise bien plus large et plus profond, qu’il faut examiner au-delà des condamnations de rigueur. Elle dit que les professionnels de l’information ne peuvent plus faire l’économie d’un véritable travail autocritique, qu’ils ne peuvent plus s’exclure des causes du problème. « Nous exigeons des médias libres, indépendants et objectifs », a-t-il été écrit dans un cahier de doléances cité par Libération. Pourquoi ce contrat élémentaire n’est-il pas assuré ?

Les principes défendus doivent évidemment l’être. C’est précisément pourquoi il est permis de se demander s’ils le sont au quotidien par tous les médias et les journalistes qui se réunissent soudain sous la même bannière. C’est-à-dire de se demander quelle est la crédibilité de toute la fraction du monde médiatique qui invoque la démocratie et ses valeurs alors que, par exemple, elle approuve (ou laisse advenir) des atteintes en série contre les libertés fondamentales.

Aujourd’hui, une presse majoritairement dans le giron de quelques grandes fortunes est-elle en position de fonder sa crédibilité sur son indépendance ? Sa contribution déterminante à l’hégémonie idéologique actuelle du libéralisme la rend-elle crédible en matière de pluralisme ? Face aux échecs de cette doctrine, diagnostiqué à son tour par le mouvement des Gilets Jaunes, quelle lucidité et quelle capacité critique peut-on attendre d’elle ?

Lesquels des journalistes têtes de gondole et des patrons de rédaction se sont soulevés quand le législateur a progressivement rogné les libertés fondamentales – pas seulement celles les concernant, comme le secret des sources, la protection des lanceurs d’alerte ou le secret des affaires ? C’est-à-dire quand le droit de manifester a été remis en cause, quand la police préventive est entrée en vigueur, quand le maintien de l’ordre a accentué sa brutalité, bien avant les Gilets Jaunes ?

Au cours des dernières semaines, ont-ils accordé à ces questions des violences policières, des doctrines du maintien de l’ordre à la française et du renchérissement sécuritaire du gouvernement la place que de dignes défenseurs de la démocratie leur accorderaient ?

S’en tenir à l’indignation et aux incantations constitue une stratégie d’évitement efficace, consistant à refouler l’idée que les médias sont parties prenantes de la crise démocratique qui, année après année, se révèle plus explicitement. Consistant aussi à ignorer que les attaques sont moins globalisantes qu’on veut bien le croire, qu’elles désignent d’abord les chaînes d’information et l’éditocratie, la fraction dominante du champ médiatique. Même du regrettable manque de discernement des Gilets Jaunes, il faut comprendre les causes.

Le flagrant déni des violences policières

BFMTV, LCI ou CNews – cibles privilégiées – n’ont pas le monopole du sensationnalisme ni des mises en scènes partielles et partiales. Le traitement de la question des violences policières a fait office de révélateur paradoxal. Tardivement, mais irrésistiblement, l’absence de ce traitement s’est révélée intenable, et coupable – y compris de la part des médias publics. Car longtemps, il ne fut quasiment question – et dans quelles proportions – que de la violence des « casseurs » et des manifestants.

Avant que l’abcès ne crève, de manière spectaculaire presque du jour au lendemain, les violences policières ont semblé ne même pas constituer un sujet, tandis que les débordements des manifestants se situaient tout en haut de la hiérarchie de l’information. L’accent était mis sur la difficulté du travail des forces de l’ordre (avec abondance d’interventions de syndicalistes policiers), sur l’impact économique des blocages et de la casse, tandis que les nombreuses condamnations du gouvernement étaient assidûment reprises.

De nombreux Gilets Jaunes, qui ne se recrutent pas dans les populations habituellement manifestantes, ont découvert l’envers d’un décor : la réduction des mobilisations aux violences et des manifestants aux casseurs. Si les militants de gauche ont fini par s’y résigner, ils n’ignorent pas la cruauté de ce traitement et ne s’étonnent pas de la colère qu’il peut soulever en retour. Car de fait, cette information-là est partielle et partiale jusqu’à la malhonnêteté.

Quelle est cette sorte de démocratie où les forces de l’ordre optent pour l’escalade, provoquent des mutilations en toute connaissance de cause et se livrent à des agressions gratuites, avec la bénédiction d’un gouvernement qui fait voter l’interdiction administrative de manifester ? Les habitants des « quartiers », les supporters de football et les acteurs des mouvements sociaux ont tour à tour fait les frais de la privation de droits élémentaires, de la militarisation des forces de l’ordre et d’une doctrine brutale du maintien de l’ordre… dans une grande indifférence médiatique.

Cette indifférence n’a plus tenu avec les Gilets Jaunes – d’une part parce que c’est une autre population, d’autre part parce que les brutalités policières ont été visibles partout… hors des médias institutionnels. Lesquels, ainsi, se mettent eux-mêmes en accusation. Une omission aussi grossière ne peut en effet que conforter les reproches qui leur sont adressés dont, en particulier, les accusations de parti pris étatique : cette inégalité de traitement épouse trop manifestement la stratégie du pouvoir.

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Il reste à se demander pourquoi le discours sur les violences policières (et sur leur existence même !) est encore, la plupart du temps, laissé au soin des victimes et des militants. Pourquoi il est conjugué au conditionnel ou sous forme interrogative, comme une simple hypothèse, ou au mieux sous l’angle du LBD et non des doctrines du maintien de l’ordre.

Il faut encore s’étonner que le sujet ait été majoritairement sous-traité à des francs-tireurs de bonne volonté comme David Dufresne – baptisé ici et là « le journaliste anti-violences policières » comme si tous les journalistes ne devraient pas être « anti-violences policières ». Pourquoi, ainsi que le remarque Vincent Glad, il est si souvent cantonné aux rubriques de fact checking – comme s’il était constitué d’allégations et non de faits vérifiables.

Sous la pression de l’évidence, le sujet a donc fini par être abordé de front : la digue a même cédé de manière spectaculaire ces dernières semaines. Mieux vaut tard que jamais, mais ce retard n’en est pas moins significatif. Combien de sujets pas moins essentiels sont pareillement et continuellement écartés ?

L’honneur des (autres) journalistes

L’union sacrée de la profession pose, ainsi, un problème quand elle solidarise ceux qui la servent avec rigueur, exigence et honnêteté intellectuelle, et ceux qui en dévaluent les principes les plus élémentaires. En l’espèce, le manque de discernement est partagé, de manière troublante, entre les Gilets Jaunes et leur cible. On affirme avec raison qu’il est ridiculement généralisateur de dénoncer « les médias » ; et néanmoins on fait corps, par réflexe, en donnant prise à cette généralisation.

Beaucoup de journalistes, qui déplorent qu’on les mette dans le « même sac », s’y précipitent donc à chaque nouvel épisode de solidarité confraternelle. Peut-être faut-il observer de plus près le profil de ceux-là, qui bien souvent appartiennent à la partie la mieux installée de la profession. Quoi qu’il en soit, ces protestations unanimistes entretiennent aussi un malentendu et une injustice.

La rage antimédiatique – celle des Gilets Jaunes comme celle qui l’a précédée – manque de subtilité dans ses cibles, elle ignore ou englobe souvent, à tort, tous les journalistes qui font bien leur travail et tous ceux qui, encore plus nombreux, regrettent de ne pas pouvoir le faire mieux. Elle tombe ainsi sur les milliers de pigistes précarisés qui se retrouvent doublement victimes.

Même l’existence de mauvais journalistes est moins imputable à ces derniers qu’aux responsables de leur recrutement et – pire – de leur avancement. Dans bien des domaines de l’actualité, combien de charlatans et de tartufes occupent les meilleures positions ? On a beau rire de plus en plus fort de ces invraisemblables spécimens du journalisme de révérence, mille fois discrédités ils persistent, se cooptent, s’éternisent.

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Pour ce scandale comme pour les autres, il faudrait abandonner la fallacieuse réserve professionnelle (de même que la prudence professionnelle, mais c’est plus risqué) et dire en toutes lettres, voire en gros mots, l’abyssale nullité de l’éditorialisme national. Il faudrait, en somme, que les journalistes se désolidarisent de la chefferie et de l’éditocratie, voire s’insurgent à leur tour pour reprendre le pouvoir dans les rédactions. On n’en est pas à ce point-là, mais on s’en est peut-être rapproché. Des rédactions s’interrogent, des directions sont interpellées.

Un contre-pouvoir introuvable

Les médias d’information sont au cœur de la profonde crise démocratique actuelle. Envisager leur responsabilité n’est pas remettre en cause leur rôle – du moins celui qu’ils devraient jouer. De ce point de vue, il est significatif que les violences policières ne soient pas le seul thème remarquablement occulté dans l’espace médiatique : l’imposition, par les Gilets Jaunes, des questions de justice fiscale et sociale indique un autre angle mort, pas moins considérable.

Nous arrivons – espérons-le – au terme de trois ou quatre décennies d’hégémonie de la pensée libérale, assurée par les pédagogues de la soumission, les évangélistes du marché, les chantres du there is no alternative sur toutes les grandes ondes, dans presque tous les quotidiens.

Leur déni croissant de la réalité économique et sociale de la France a fini par envoyer « les journalistes » dans le même monde parallèle que « les politiques », les englober dans le même discrédit, dans le même rejet d’une « caste » ou d’une « élite » coupée des réalités, qui ne défend que ses intérêts. « Ceux qui pensent qu’après trente-cinq ans de matraquage néolibéral inouï, un changement de paradigme pourrait se faire dans le calme, sont soit des naïfs soit des complices », résume l’écrivain Laurent Binet.

L’hostilité dont ils sont l’objet est aussi la conséquence d’un manque criant de pluralisme, d’abord au sens de représentativité des populations : des tranches entières de la société française ne se reconnaissent pas, ne s’entendent pas, ne se sentent ni défendues, ni considérées. Comme les habitants des quartiers populaires, ceux des périphéries et de la ruralité tentent de conjurer leur invisibilité, de faire constater la fracture médiatique

L’excuse de la « neutralité » est caduque quand elle n’est plus qu’une posture qui ne laisse de place qu’à la doxa économique libérale tout en faisant preuve d’une invraisemblance complaisance politique pour la pensée d’extrême droite. Loin d’assurer la contradiction, la pluralité des opinions, la présence d’une pensée critique, le débat politique est dissous dans le commentaire dérisoire des stratégies de communication et dans les amalgames débilitants des « extrêmes » et du « populisme ».

Si ceux qui exercent le pouvoir médiatique avaient été un contre-pouvoir, ils auraient assuré un minimum de contradiction à une doctrine économique qu’ils ont au contraire défendue jusqu’au dogmatisme. L’idéologie, c’était les autres. La panique morale actuelle de l’éditocratie indique aussi bien sa perte de sens commun que les intérêts qu’elle défend.

S’ils avaient eu une conscience de leurs responsabilités, ils n’auraient pas ouvert si complaisamment les vannes, non seulement de la médiocrité, mais aussi des opinions les plus toxiques – comme pour mieux verrouiller l’alternative fatale entre le libéralisme et le fascisme, entre la stupidité et l’horreur.

Ils auraient accordé une place centrale à des sujets comme l’évasion fiscale, les atteintes aux libertés publiques, l’aggravation des inégalités et de la violence sociale, la faillite politique de l’Union Européenne, le coût de la crise financière, le désastre écologique, le pouvoir des lobbies, etc. Ils auraient mis en examen les doctrines qui gouvernent, audité leurs conséquences, instruit les responsabilités.

En somme, s’ils avaient réellement assumé la fonction démocratique dont ils se prévalent, ils ne se retrouveraient pas aujourd’hui dans une position aussi compromise. Celle de spectateurs ou de complices de l’avènement des populistes identitaires et réactionnaires, incapables de pressentir ni de comprendre la colère qui éclate et les prend pour cible.

Réinventer le travail journalistique

Une large part du traitement médiatique du mouvement des Gilets Jaunes, la plus « visible », a été problématique et de nature à exacerber le ressentiment. Mais une frange de médias a produit un effort de reportage considérable. Conscients de longue date du gouffre entre l’information et la population, ou récemment dessillés, des journalistes se sont lancés sur ce terrain avec humilité et envie, d’autres se sont interrogés sur les causes de l’hostilité et sur leurs propres responsabilités.

Le mouvement des Gilets Jaunes a en effet ramené, de force, l’information sur le terrain, en l’occurrence sur des terrains négligés. Des ronds-points aux groupes Facebook, des périphéries aux classes populaires, de la justice fiscale à la justice sociale, il a fallu s’engager sur des territoires peu arpentés.

Si le « média culpa » a commencé, il faut encore évaluer sa capacité à susciter une réelle transformation. On connaît la force d’inertie engendrée par ceux qui résistent pour maintenir leur avantageuse position.

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En 2016, année du référendum sur le Brexit et de l’élection de Donald Trump, la découverte (tardive) des ravages des fake news, des effets délétères des « bulles de filtre » ou de la malignité des algorithmes aurait déjà dû susciter une remise en cause fondamentale. Elle a souvent été un moment de déploration et de fatalisme condescendant qui impute l’essentiel de la responsabilité aux réseaux sociaux – sans se demander si leur succès n’était pas accentué par la perte de crédit des médias traditionnels.

Bien sûr, beaucoup de journalistes accomplissent un travail remarquable, y compris dans ces médias-là. Des efforts ont été consentis, des progrès accomplis – non sans limites et travers, comme avec le fact checking, mais avec un certain volontarisme. Des démarches créatives et audacieuses ont été entreprises, des médias indépendants et ambitieux ont été lancés, le métier est en effervescence et de nombreux confrères s’interrogent ouvertement sur leur travail, à la lumière des événements actuels.

Il est par ailleurs possible aujourd’hui, plus qu’il y a quelques années, d’accéder à une information sûre, exigeante, pluraliste et, surtout, indépendante. Mais celle-ci reste en marge, comme une exception, ses modèles économiques sont fragiles et difficiles à reproduire. Il y a encore toute une révolution à accomplir.

Pour une (auto)critique des médias

Malgré des progrès récents depuis la crise des « fake news », la critique des médias reste marginalisée, laissée à des officines valeureuses et à quelques francs-tireurs, auxquels on réserve une hostilité hélas largement partagée dans la profession. Elle coûte cher sur un marché du travail journalistique rétréci, où il vaut mieux ne se fâcher avec personne. Aussi cette corporation est-elle si peu capable de retourner ses outils sur elle, restant à l’abri dans son propre angle mort.

La critique des médias relève pourtant d’un travail profondément journalistique, et d’une démarche réflexive qui devrait être au centre de la production d’information. Si le journalisme, l’information des citoyens, l’indépendance des médias sont si essentiels à la démocratie, la profession doit impérativement s’appliquer les plus grandes exigences éthiques et déontologiques. Ses seules chartes en la matière (dont l’une date de 1971) sont déclaratives et régulièrement bafouées, dans la plus grande impunité puisqu’elle ne dispose d’aucun organe de contrôle.

Aussi refoulée soit-elle, la critique des médias fait son retour sous la forme d’une vague puissante. L’ensemble des événements récents, pas seulement ceux les concernant, indiquent aux médias d’information la nécessité et l’urgence absolues de cette réflexion. S’il y a une restauration démocratique à opérer, elle passera nécessairement par une révolution dans l’information.

Il faut défendre un journalisme critique et expert, capable de faire du fact checking en direct – tout le contraire d’un journalisme déblatératif qui consiste à donner la parole à des spécialistes en matière générale pour parler de tout et n’importe quoi, n’importe comment.

Un journalisme à la fois ambitieux et modeste, qui cesse de se regarder le nombril, crève ses propres bulles de filtre et sort de ses zones de confort. Un journalisme qui, au lieu de les inviter constamment, met ses ennemis dehors : les éditorialistes fumeux, les faux intellectuels, les experts discrédités, les lobbyistes à la solde, les communicants et les sondeurs, les essayistes de raccroc, les distillateurs de haine.

Les rédactions doivent remettre en cause cette fausse « neutralité » qui fait d’elles les auxiliaires actifs ou passifs de l’idéologie dominante. Il faut certes poursuivre l’objectivité, mais sans en être dupe. Il est peut-être temps de promouvoir un « journalisme des opinions », un journalisme d’opinion qui ne se cache pas de l’être. Un journalisme qui dise toujours d’où il parle et d’où parlent ses interlocuteurs, qui ménage de véritables débats contradictoires : l’ideology checking devrait aller de pair avec le fact checking, quitte à compliquer ce dernier.

Il y aura toujours du mauvais journalisme ; il faut plus de bon journalisme, plus créatif, plus indépendant, plus politique, plus militant – ne serait-ce que pour défendre le journalisme. Il faut enrayer la cooptation des médiocres, s’adresser à l’intelligence en faisant le pari de celle des citoyens, être, enfin, véritablement digne de la démocratie en cessant de se payer de grands mots.

Jérôme Latta

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas nécessairement toutes les positions.

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Publié par le 7 février 2019 dans Education - information, général, Politique, Sciences

 

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Gilets Jaunes : une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV

Gilets Jaunes : une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV

Depuis la fin novembre, les manifestations parisiennes des Gilets Jaunes ont été suivies attentivement sur les chaînes d’information en continu. En témoignent les audiences particulièrement élevées enregistrées par BFM-TV, CNews ou LCI. La couverture de ces manifestations par les chaînes d’info a mobilisé les ingrédients classiques du traitement « en direct » des mobilisations sociales : diffusion en continu d’images spectaculaires de violence avec commentaires policiers, appels à dénoncer cette violence (celle des manifestants), et autres « expertises » à gage. Nous y revenons dans cet article à travers l’exemple du traitement de la manifestation du 8 décembre, dans les débats du soir-même sur BFM-TV. Ou comment la chaîne d’information a contribué à co-construire, avec les autorités, le récit d’une victoire des forces de l’ordre face au « péril jaune ».

C’est devenu un rendez-vous télévisé hebdomadaire : chaque samedi depuis fin novembre, les manifestations des Gilets Jaunes ont animé les écrans des chaînes d’information, à grand renfort d’éditions spéciales et de bandeaux tapageurs. Au programme, le traditionnel lot d’images spectaculaires de violences et de commentaires indignés. Le samedi 1er décembre, les chaînes d’information étaient tout particulièrement à l’unisson pour retransmettre en direct des images de la mobilisation parisienne [1] :

Vidéo réalisée par Florent Michaux

La manifestation suivante, celle du samedi 8 décembre, a été d’autant plus scrutée par les chaînes d’information en continu que le gouvernement avait prédit que certains manifestants viendraient sur Paris « pour casser et pour tuer ». D’ailleurs, en amont de la mobilisation, les grands médias n’avaient pas manqué de donner un écho à cette communication particulièrement alarmiste [2]. Sans surprise, on a assisté le jour-même au meilleur du pire de l’information en continu sur les mobilisations sociales, en particulier sur BFM-TV comme le rapporte un article de Samuel Gontier [3].

Dès le matin du 8 décembre, les équipes de la chaîne étaient sur place, dans le quartier des Champs-Élysées, pour guetter les moindres « débordements » ou violences. Hélas, les manifestants défilent dans le calme. L’envoyé spécial interroge les manifestants : mais pourquoi donc s’entêtent-ils à venir manifester, malgré tous les appels à faire le contraire (largement diffusés sur l’antenne de la chaîne en continu) ? Sur le plateau à 10h30, l’invitée est une porte-parole de la préfecture, forcément la « mieux placée pour nous informer de la situation » selon le présentateur. Et, en l’occurrence, elle ne se prive pas de se féliciter du dispositif de sécurité et de commenter les photos prises… par la préfecture, montrant des « armes » saisies (des boules de pétanque).

Plus tard dans la mi-journée et dans l’après-midi, les « experts » des questions de sécurité font part de leurs avis éclairés, qui s’avèrent interchangeables avec le point de vue des représentants de la préfecture. À l’instar de Driss Aït Youssef qui vante la « bonne » stratégie de la police, permettant des « interpellations sans affrontements ».

Suite aux premières images d’échauffourées et de véhicules en feu du début d’après-midi, Dominique Rizet, consultant police-justice de BFM-TV, s’extasie devant les blindés de la gendarmerie qui entrent en action, puis devant une charge de policier à cheval (« Regardez, une charge à cheval ! Regardez ! »). Il se félicite du nombre élevé d’interpellations et rassure les téléspectateurs : « on trouvera de la place pour mettre les fauteurs de trouble ». Face à un avocat dénonçant le caractère illégal des interpellations préventives, le « spécialiste » lui rétorque que son discours « n’est pas entendable maintenant, pas en ce moment, avec les manifs dans Paris ». Et de poursuivre : « On peut pas laisser brûler les villes, on peut pas construire une société à la Mad Max. » À bon entendeur… Et lorsque le même avocat évoque le nombre important de blessés et mutilés par les armes de la police, Dominique Rizet évoque aussitôt le cas d’un policier qui a eu une main arrachée dans une manifestation à la Réunion… en oubliant de préciser qu’il s’est blessé avec sa propre grenade [4].

une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV 2 20190111Outre les porte-parole officiels ou officieux de la préfecture, on apprécie également les avis d’experts toutologues sur le plateau de BFM-TV – c’est-à-dire des experts à même de parler de tout et de n’importe quoi, et de préférence n’importe comment. Ainsi l’inénarrable Christophe Barbier n’est pas loin de brandir la matraque : « La police est à l’offensive, elle ne subit pas. La République ne subit pas. » Plus tard, c’est Bruno Jeudy qui rétorque à un Gilet Jaune un peu trop revendicatif qu’il n’est pas « un vrai Gilet Jaune», dans un épisode sur lequel nous sommes déjà revenus.

Entre journalisme de spectacle et journalisme de préfecture : équilibre délicat sur BFM-TV

La soirée se poursuit sur BFM-TV avec la – longue – émission de débat d’actualité « Week-end direct ». Alors que la journée de manifestations se termine, le premier temps de l’émission se focalise quasiment intégralement sur les « débordements ». À l’écran, les mêmes images tournent en boucle : des poursuites et des échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants, avec une focalisation sur les « tensions » sur la place de la République – on n’en verra finalement pas grand-chose, mais la moindre agitation est toujours bonne à prendre pour la chaîne d’information en continu. Sur le plateau, tout le monde donne son avis sur la « casse » du jour. Celle-ci avait déjà été tellement « annoncée » dans le récit qu’avait fait la chaîne en amont des manifestations qu’elle ne semble plus (ou ne devrait plus ?) surprendre grand-monde. Et certainement pas Dominique Rizet, qui évoque « des résurgences à venir en termes de violence » et « des gens qui viennent de banlieue », informations de sources sûres puisque de sources policières : « c’était prévu, la préfecture de police nous en avait parlé tout à l’heure ». Mais face aux images de heurts diffusées en continu à l’écran, l’expert à gages tient à rassurer les téléspectateurs sur l’efficacité de l’action de la police : « tout est sous contrôle, même si c’est impressionnant toujours de voir ça, mais la situation est sous contrôle à Paris ».

S’ensuit un autre couplet, cette fois-ci sur les conséquences néfastes des manifestations. « Quelles sont les répercussions, parce que c’est l’image de la capitale et des établissements français qui sont impactées ? » s’interroge la présentatrice. La question est adressée à Rémy Makinadjian, président du Comité Georges V, qui représente les hôtels, boutiques et restaurants de luxe du quartier des Champs-Élysées. Il déplore une situation « grave », avant de s’adresser à Vivian Lamy, Gilet Jaune de Paris : « Je vous dis simplement : cela doit cesser sans délai, les Français n’en peuvent plus ». Du moins les Français propriétaires de commerce de luxe des Champs-Élysées. Quant à l’exaspération de ceux qui se mobilisent depuis plusieurs semaines sur les ronds-points, on l’aura compris, ce n’est pas vraiment le sujet de l’émission : la manifestation est traitée uniquement sous l’angle des violences et des dégradations. Au point de verser dans la caricature. Pour Dominique Rizet (toujours lui), les manifestants vont là où les poussent les forces de l’ordre : « C’est un peu au petit bonheur la chance, on arrive à passer dans une rue, on passe on casse ! » La journaliste Anne Saurat-Dubois invente quant à elle une catégorie hybride : celle des « manifestants slash casseurs » qui auraient sévi à Bordeaux (où l’on apprend – « casse » oblige – que toutes les mobilisations ne se passent pas à Paris).

L’émission suit un scénario bien huilé : après que chacun a donné son avis sur les « tensions », les « débordements » et la « casse », le deuxième temps se focalise sur le dit « maintien de l’ordre » : le dispositif était-il suffisant ? Les dites « forces de l’ordre » ont-elles accompli leur mission ? Le suspense est insoutenable. La députée LREM Laetitia Avia évoque son « sentiment de soulagement » et loue autant la « responsabilisation de chacun » que les « actions préventives », tout en se félicitant de l’« organisation de cette journée qui a permis de limiter les dégâts ». Une affirmation qui rejoint les satisfecits du consultant de BFM-TV Dominique Rizet quant à la mobilisation policière. Mais qui paraît une nouvelle fois totalement dissonante dans le contexte général de l’émission, qui met les scènes de violence au centre de l’attention et les diffuse au moment-même où la députée s’exprime. Laurence Saillet, une porte-parole LR, ne manque pas de souligner l’écart entre ce discours et les images diffusées, pour mieux fustiger le désordre qui, selon elle, règnerait autour des manifestations.

Au-delà du débat politique, cet échange fait apparaître les injonctions contradictoires que tentent de satisfaire les chaînes d’information autour de cette nouvelle manifestation des Gilets Jaunes. Il s’agit en effet de tenir les deux bouts : celui du journalisme de spectacle, à base d’images chocs de « casseurs » et de violence chez les manifestants – en prenant soin, au passage, de ne pas montrer celles qui pourraient venir des forces de l’ordre ; et celui du journalisme de préfecture, qui revient à entériner la communication des forces de l’ordre et féliciter la police [5].

Plaidoyer d’expert pour que la police puisse… « s’exprimer »

Et c’est précisément dans ce sens que s’oriente la conversation, impulsée par la première question de l’animatrice au nouvel « expert » en plateau, Laurent Vibert (présenté comme PDG de Nitidis, un cabinet de conseil en communication et gestion de crise) si « le dispositif était à la hauteur ». Celui-ci est formel, félicite les forces de l’ordre et la manière dont elles se sont « exprimées » (sic) : « J’ai tendance à dire que l’image de la force publique et de la police aujourd’hui était belle parce qu’on leur a donné les moyens de s’exprimer professionnellement, chose qui n’a pas été possible la semaine dernière. » Et c’est sans doute pour qu’elles puissent « s’exprimer » pleinement que Vibert en profite pour appeler à « doper » encore davantage les moyens des « forces de l’ordre ».

Quant aux conséquences d’un tel dispositif de sécurité, au nombre record d’interpellations (plus de 1 700 en France) ou de blessés (plus de 200), il n’en sera pas question. Le Gilet Jaune Vivian Lamy tente pourtant d’élargir la conversation sur la violence. Il revient sur les dégradations commises autour des manifestations et les oppose à des actes violents qu’il a pu observer de la part des « forces de l’ordre ». C’est là, dit-il, qu’il faudrait voir des « débordements » :

J’ai aussi vu des débordements, c’est-à-dire j’ai vu des policiers qui étaient une vingtaine sur un jeune, qui était très jeune. Je ne sais pas quel âge il devait avoir, peut-être seize ans. Ils étaient peut-être pas une vingtaine mais une bonne dizaine à lui donner des coups de matraque. Alors heureusement il n’y a pas eu de morts non plus mais ça peut arriver, ça se joue des fois à pas grand-chose, juste une interpellation, un mauvais coup ça peut arriver.

Mais la discussion n’aura pas lieu, puisque l’animatrice le coupe immédiatement : « en tout cas il n’y a pas eu de mort ce soir, on va passer à la situation en province ». Faut-il en déduire que les blessés ne méritent pas l’attention des grands médias ? On est tristement tentés de le penser [6].

L’émission se termine sur un verdict qui fait consensus auprès des « experts » présents sur le plateau : celui de la « victoire » du maintien de l’ordre. Dominique Rizet revient longuement sur le dispositif d’interpellations préventives et se satisfait de ce « vrai boulot en amont ». Puis il livre son bilan : « cette semaine on avait très très peur […] mais par rapport à ce qu’on craignait, les choses se sont très, très bien terminées, il y a eu une maîtrise parfaite des forces de l’ordre ». Bruno Jeudy ne peut qu’acquiescer : « le pouvoir a repris le contrôle par rapport aux manifestants mal intentionnés » se réjouit l’éditorialiste. « Ce qu’on constate ce soir, et c’est factuel, on n’a pas connu les débordements de la semaine dernière, on n’a pas vu l’Arc de Triomphe saccagé […], on n’a pas vu les scènes inouïes des gens rentrant dans des porches de maison, d’immeuble, des hôtels saccagés, on a vu un cabinet d’avocat qui était en feu, on n’a pas vu ces scènes-là ».

Enfin, le politologue et communicant Jean-Christophe Gallien classe l’affaire : « On peut reconnaître effectivement une victoire [sur le maintien de l’ordre], même si on voit bien qu’il y a des voitures qui brûlent » (on voit effectivement en arrière-plan, au moment où il parle, des images de voitures qui brûlent). Rien à voir cependant avec ce qui avait été annoncé par le gouvernement et certains médias, comme le note le communicant : « On avait tellement, tellement dramatisé qu’on attendait presque des morts, l’acte 4 c’était l’acte du létal, c’est-à-dire que le sang allait couler. »

C’est dire combien « on » avait dramatisé…

***

Dans les jours qui ont précédé la manifestation du 8 décembre, BFM-TV avait largement contribué à annoncer une « journée de chaos »particulièrement violente voire meurtrière. Et le jour-même, la chaîne d’information en continu ne s’est pas contentée de scruter les violences des manifestants, conformément aux principes de l’information spectacle. Elle a également co-construit avec les autorités, à travers les interventions à l’unisson de ses innombrables « experts », le récit légitimiste d’une « victoire du maintien de l’ordre » sur les « enragés ». Un récit dans lequel il n’y a pas de place (ou si peu) pour la remise en cause du dispositif policier, des arrestations préventives, ou des violences de la part des « forces de l’ordre ». Ni pour la réflexion de fond sur ce que représente ou exprime le mouvement des Gilets Jaunes.

Lucile Dumont et Frédéric Lemaire

—————–

[1On constate que les images sont à certains moments les mêmes sur plusieurs chaînes. Cela s’explique par le fait qu’elles sont issues d’un même direct fourni par l’agence de presse Reuters à toutes les télévisions partenaires samedi aux alentours de 18h50.

[2Nous avions, dans un précédent article, observé l’absence totale de recul sur BFM-TV et CNews vis-à-vis de cette communication gouvernementale.

[3Les citations et éléments qui suivent (jusqu’à l’intervention de Christophe Barbier) sont rapportés par Samuel Gontier dans son article.

[4Sur ce sujet, on pourra visionner l’interview de David Dufresne, journaliste indépendant, réalisée par Le Média. Si l’entretien est généralement consacré aux violences policières comme phénomène politique, une partie est dédiée à leur (mauvais) traitement par les médias dominants.

[5L’enjeu était d’autant plus important que le gouvernement avait fortement fait « monter les enchères » dans la perspective d’un week-end de mobilisation qui était annoncé comme particulièrement violent… voire meurtrier. Nous y sommes revenus dans un précédent article.

 
 

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Le nouvel Ordre Médiatique Mondial

Nous assistons à la naissance d’une Entente dont nous ne connaissons ni les véritables initiateurs, ni les objectifs réels, mais dont nous observons immédiatement les conséquences directes contre la démocratie.

L’Occident traverse une crise systémique sans précédent : de puissantes forces orientent progressivement la totalité des médias dans une unique direction.

Simultanément, le contenu des médias se transforme : l’année dernière encore, ils étaient logiques et tendaient à l’objectivité.

Ils s’apportaient une contradiction mutuelle dans une saine émulation.

Désormais, ils agissent en bandes, fondent leur cohérence sur des émotions et deviennent méchants face aux individus qu’ils dénoncent.

https://s3.amazonaws.com/dev.assets.neo4j.com/wp-content/uploads/ICIJ-340x160.png

L’idée d’une Entente des médias est le prolongement de l’expérience de l’International Consortium for Investigative Journalism (ICIJ – « Consortium international pour le journalisme d’investigation »), lequel ne rassemble pas de médias, mais uniquement des journalistes à titre individuel.

Il s’est rendu célèbre en publiant des informations volées dans les comptabilités de deux cabinets d’avocat des îles Vierges britanniques, du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), de la banque HSBC, et du cabinet panaméen Mossack Fonseca.

Ces révélations ont été principalement utilisées pour discréditer des dirigeants chinois et russes, mais aussi parfois pour mettre en lumière de réels délits commis par des Occidentaux.

Surtout, sous le louable prétexte de la lutte contre la corruption, le viol de la confidentialité des avocats et des banques a porté un très lourd préjudice à des milliers de leurs clients honnêtes sans aucune réaction des opinions publiques.

Depuis une quarantaine d’années, on assiste à un regroupement progressif de médias au sein de trusts internationaux.

Actuellement, 14 groupes se partagent plus des deux tiers de la presse occidentale (21st Century Fox, Bertelsmann, CBS Corporation, Comcast, Hearst Corporation, Lagardère Group, News Corp, Organizações Globo, Sony, Televisa, The Walt Disney Company, Time Warner, Viacom, Vivendi).

http://www.futuremedialab.info/fml/Images/blog/thumbnails/740122.jpg

Désormais, l’alliance opérée par Google Media Lab et First Draft tisse des liens entre ces groupes qui détenaient déjà une position dominante.

La présence dans cette Entente des trois principales agences de presse de la planète (Associated Press, Agence France-Presse, Reuters) lui assure une force de frappe hégémonique.

Il s’agit sans aucun doute d’une « entente illicite », non pas établie dans un objectif de fixation de prix, mais de fixation des esprits, d’imposition d’une pensée déjà dominante.

On peut observer que tous les membres — sans exception — de l’Entente de Google ont déjà, au cours des six dernières années, donné une vision univoque des événements survenus au Moyen-Orient élargi.

Il n’y avait pourtant pas d’accord préalable entre eux, ou on ne le connaissait pas.

Il est intriguant que soient présentes dans cette Entente cinq des six télévisions internationales qui ont participé à la cellule de propagande de l’Otan (Al-Jazeera, BBC, CNN, France24, Sky, mais apparemment pas Al-Arabiya).

https://lesmoutonsenrages.fr/wp-content/uploads/2012/07/fb.jpg

Aux États-Unis, en France et en Allemagne, Google et First Draft (« premier brouillon ») ont réuni des médias présents à la fois localement dans ces pays et d’autres présents à l’échelle internationale pour vérifier la véracité de certains arguments.

Outre que l’on ignore qui se cache derrière First Draft et quels intérêts politiques ont poussé une société commerciale spécialisée dans l’informatique à financer cette initiative, son résultat n’a pas grand chose à voir avec le retour à l’objectivité.

D’abord parce que les imputations vérifiées ne sont pas choisies pour la place qu’elles tiennent dans le débat public, mais parce qu’elles ont été citées par les individus que cette Entente de médias entend dénoncer.

On peut croire que ces vérifications permettront de se rapprocher de la vérité, mais pas du tout : elles confortent le citoyen dans l’impression que ces médias sont honnêtes tandis que les personnes qu’elles dénoncent ne le sont pas. Cette démarche ne vise pas à mieux comprendre le monde, mais à mettre à terre les gens à abattre.

http://lagauchematuer.fr/wp-content/uploads/2014/12/propagande-1.jpg

Ensuite parce qu’une règle non écrite de cette Entente de médias veut que l’on ne vérifie les imputations que des sources extérieures à l’Entente.

Les membres s’interdisent de faire preuve d’esprit critique entre eux.

Il s’agit de renforcer l’idée que le monde se divise en deux : « nous » qui disons la vérité, « les autres » qui sont des menteurs.

Cette démarche porte atteinte au principe du pluralisme, préalable de la démocratie, et ouvre la voie à une société totalitaire.

Elle n’est pas nouvelle puisque nous l’avons vue à l’œuvre dans la couverture des printemps arabes et des guerres contre la Libye et la Syrie.

Mais, pour la première fois, elle s’en prend à un courant de pensée occidental.

Enfin parce que les imputations qui auront été qualifiées de « fausses » ne seront jamais envisagées comme des erreurs, mais toujours comme des mensonges.

Il s’agit a priori d’attribuer aux « autres » des intentions machiavéliques pour les discréditer.

Cette démarche porte atteinte à la présomption d’innocence.

https://i.ytimg.com/vi/dcBZXPt5eqs/mqdefault.jpg

C’est pourquoi le fonctionnement de l’ICIJ et celui de l’Entente créée par Google et First Draft contreviennent à la Charte de Munich adoptée par l’Organisation internationale des journalistes (Titre II, articles 2, 4, 5 et 9).
Il n’est pas indifférent que des actions de justice aberrantes contre les mêmes cibles que l’Entente des médias se soient développées.

Aux États-Unis, on a ressorti la loi Logan contre l’équipe Trump, alors que ce texte n’a jamais, absolument jamais, été appliqué depuis sa promulgation, il y a deux siècles.

En France, on a ressorti la loi Jolibois contre les tweets politiques de Marine Le Pen, alors que la jurisprudence avait limité son application à la distribution sans blister de quelques magazines ultra-pornographiques. Le principe de la présomption d’innocence des gens à abattre ayant été éradiqué, il est possible de les mettre en examen sous n’importe quel prétexte juridique.

Au demeurant, les actions intentées contre l’équipe Trump et Marine Le Pen au nom des lois sus-citées devraient l’être contre de très nombreuses autres personnes, mais ne le sont pas.

http://www.egaliteetreconciliation.fr/local/cache-vignettes/L650xH376/macron_candidat_oligarchie-c2d3d.jpg

Par ailleurs, les citoyens ne réagissent plus lorsque l’Entente des médias diffuse elle-même de fausses imputations.

Ainsi, aux États-Unis a-t-elle imaginé que les services secrets russes avaient un dossier compromettant sur Donald Trump et le faisaient chanter.

Ou, en France, cette Entente a-t-elle inventé que l’on peut employer fictivement une assistante parlementaire et en accuser François Fillon.

Aux États-Unis, les grands et petits médias membres de cette Entente s’en sont pris au président.

Ils tirent leurs propres informations des écoutes téléphoniques de l’équipe Trump abusivement ordonnées par l’administration Obama.

Ils sont coordonnés avec des magistrats qui les utilisent pour bloquer l’action gouvernementale actuelle.

Il s’agit sans aucun doute d’un système mafieux.

Les mêmes médias états-uniens et français s’en prennent à deux candidats à l’élection présidentielle française : François Fillon et Marine Le Pen.

Au problème général de l’Entente des médias s’ajoute l’impression erronée que ces cibles sont victimes d’une cabale franco-française, alors que le donneur d’ordre est états-unien.

Les Français constatent que leurs médias sont truqués, interprètent à tort cette campagne comme dirigée contre la droite, et cherchent encore à tort les manipulateurs dans leur pays.

En Allemagne, l’Entente n’est pas encore effective et ne devrait l’être que lors des élections législatives.

http://5p3f32qr8043mcprd1fwuwkr.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2013/06/best-mag-covers-nixon-.jpg

Lors du Watergate, des médias ont revendiqué former un « Quatrième pouvoir », après l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire.

Ils ont affirmé que la presse exerçait une fonction de contrôle du gouvernement au nom du Peuple.

Passons sur le fait que ce qui était reproché au président Nixon était comparable à ce qu’à fait le président Obama : placer son opposition sur écoutes.

On le sait aujourd’hui, la source du Watergate, « Gorge profonde », loin d’être un « lanceur d’alerte » était en réalité le directeur du FBI, Mark Felt.

Le traitement de cette affaire était une bataille entre une partie de l’administration et la Maison-Blanche dans laquelle les électeurs ont été manipulés par les deux camps à la fois.

L’idée de « Quatrième pouvoir » suppose que l’on reconnaisse la même légitimité aux 14 trusts qui détiennent la grande majorité des médias occidentaux qu’aux citoyens.

C’est affirmer la substitution d’une oligarchie à la démocratie.

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/51s3NtudWjL._SY344_BO1,204,203,200_.jpg

Reste un point à éclaircir : comment les cibles de l’Entente sont elles choisies ?

Le seul lien évident entre Donald Trump, François Fillon et Marine Le Pen est qu’ils souhaitent rétablir des contacts avec la Russie et lutter avec elle contre la matrice du jihadisme : les Frères musulmans.

Bien que François Fillon ait été Premier ministre d’un gouvernement impliqué dans ces événements, tous trois incarnent le courant de pensée qui conteste la vision dominante des printemps arabes et des guerres contre la Libye et contre la Syrie.

Thierry Meyssan

 
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Publié par le 18 avril 2017 dans Education - information, général, société

 

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Le fonctionnement de la machine de propagande médiatique …

Le fonctionnement de la machine de propagande médiatique. Un résumé (très voire trop bref) de l’analyse développée par Noam Chomsky et Edward Herman dans leur livre La fabrication du consentement (1988).

Hé oui, nous sommes en pleine campagne présidentielle, et il faut bien faire comprendre aux Français comment ils sont font manipuler et mener en bateau de A à … Z (oui je suis là pour en finir avec cette mascarade) 

Mais c’est incroyable quand meme : Les Français ne se demandent pas par exemple, comment et pourquoi Macron, ancien banquier de la maison Rothschild – sans aucune expérience politique (sauf vendre notre industrie quand il fut ministre, sorti d’on ne sait où) est sorti des tréfonds de nulle part pour arriver aujourd’hui en tete dans les sondages fabriqués (pour lui, par ses « amis ») à la présidentielle ???????????????

Se demandent-ils seulement comment on fabrique un sondage (qui les finance et les organise) Et l’opinion publique …

Mais enfin c’est ridicule – qu’ils s’informent un peu les Français plutot que s’attarder sur des futilités (dont la TV ou les jeux vidéos à haute dose) !!!

Par exemple leur faire lire Pourquoi et Comment les Sondages Fabriquent l’opinion publique et Favorisent certains candidats

A nous qui sommes des pros sur la question de leur expliquer – A Chacun de nos lecteurs initiés de diffuser aux beaucoup trop nombreux novices, qui induit la possibilité – en 2017 SVP – que Macron soit élu !!! (elle est imaginaire cette possibilité, elle est « fabriquée » soyons bien clairs, mais beaucoup trop de Français y croient !!!!)

Le film « La fabrication du consentement «  en entier, et il en existe une pléthore qui expliquent toute cette propagande, et cette grande arnaque financiaro -médiatico -politique :

 

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Le nouvel Ordre Médiatique Mondial

En quelques mois, le contenu des médias nationaux et internationaux a profondément changé en Occident. Nous assistons à la naissance d’une Entente dont nous ne connaissons ni les véritables initiateurs, ni les objectifs réels, mais dont nous observons immédiatement les conséquences directes contre la démocratie.

L’Occident traverse une crise systémique sans précédent : de puissantes forces orientent progressivement la totalité des médias dans une unique direction. Simultanément, le contenu des médias se transforme : l’année dernière encore, ils étaient logiques et tendaient à l’objectivité. Ils s’apportaient une contradiction mutuelle dans une saine émulation. Désormais, ils agissent en bandes, fondent leur cohérence sur des émotions et deviennent méchants face aux individus qu’ils dénoncent.

L’idée d’une Entente des médias est le prolongement de l’expérience de l’International Consortium for Investigative Journalism (ICIJ) (« Consortium international pour le journalisme d’investigation »), lequel ne rassemble pas de médias, mais uniquement des journalistes à titre individuel. Il s’est rendu célèbre en publiant des informations volées dans les comptabilités de deux cabinets d’avocat des îles Vierges britanniques, du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), de la banque HSBC, et du cabinet panaméen Mossack Fonseca. Ces révélations ont été principalement utilisées pour discréditer des dirigeants chinois et russes, mais aussi parfois pour mettre en lumière de réels délits commis par des Occidentaux. Surtout, sous le louable prétexte de la lutte contre la corruption, le viol de la confidentialité des avocats et des banques a porté un très lourd préjudice à des milliers de leurs clients honnêtes sans aucune réaction des opinions publiques.

Depuis une quarantaine d’années, on assiste à un regroupement progressif de médias au sein de trusts internationaux. Actuellement, 14 groupes se partagent plus des deux tiers de la presse occidentale (21st Century Fox, Bertelsmann, CBS Corporation, Comcast, Hearst Corporation, Lagardère Group, News Corp, Organizações Globo, Sony, Televisa, The Walt Disney Company, Time Warner, Viacom, Vivendi). Désormais, l’alliance opérée par Google Media Lab et First Draft tisse des liens entre ces groupes qui détenaient déjà une position dominante. La présence dans cette Entente des trois principales agences de presse de la planète (Associated Press, Agence France-Presse, Reuters) lui assure une force de frappe hégémonique. Il s’agit sans aucun doute d’une « entente illicite », non pas établie dans un objectif de fixation de prix, mais de fixation des esprits, d’imposition d’une pensée déjà dominante.

On peut observer que tous les membres —sans exception— de l’Entente de Google ont déjà, au cours des six dernières années, donné une vision univoque des événements survenus au Moyen-Orient élargi. Il n’y avait pourtant pas d’accord préalable entre eux, ou on ne le connaissait pas. Il est intriguant que soient présentes dans cette Entente cinq des six télévisions internationales qui ont participé à la cellule de propagande de l’Otan (Al-Jazeera, BBC, CNN, France24, Sky, mais apparemment pas Al-Arabiya).

Aux États-Unis, en France et en Allemagne, Google et First Draft (« premier brouillon ») ont réuni des médias présents à la fois localement dans ces pays et d’autres présents à l’échelle internationale pour vérifier la véracité de certains arguments. Outre que l’on ignore qui se cache derrière First Draft et quels intérêts politiques ont poussé une société commerciale spécialisée dans l’informatique à financer cette initiative, son résultat n’a pas grand chose à voir avec le retour à l’objectivité.

D’abord parce que les imputations vérifiées ne sont pas choisies pour la place qu’elles tiennent dans le débat public, mais parce qu’elles ont été citées par les individus que cette Entente de médias entend dénoncer. On peut croire que ces vérifications permettront de se rapprocher de la vérité, mais pas du tout : elles confortent le citoyen dans l’impression que ces médias sont honnêtes tandis que les personnes qu’elles dénoncent ne le sont pas. Cette démarche ne vise pas à mieux comprendre le monde, mais à mettre à terre les gens à abattre.

Ensuite parce qu’une règle non écrite de cette Entente de médias veut que l’on ne vérifie les imputations que des sources extérieures à l’Entente. Les membres s’interdisent de faire preuve d’esprit critique entre eux. Il s’agit de renforcer l’idée que le monde se divise en deux : « nous » qui disons la vérité, « les autres » qui sont des menteurs. Cette démarche porte atteinte au principe du pluralisme, préalable de la démocratie, et ouvre la voie à une société totalitaire. Elle n’est pas nouvelle puisque nous l’avons vue à l’œuvre dans la couverture des printemps arabes et des guerres contre la Libye et la Syrie. Mais, pour la première fois, elle s’en prend à un courant de pensée occidental.

Enfin parce que les imputations qui auront été qualifiées de « fausses » ne seront jamais envisagées comme des erreurs, mais toujours comme des mensonges. Il s’agit a priori d’attribuer aux « autres » des intentions machiavéliques pour les discréditer. Cette démarche porte atteinte à la présomption d’innocence.

C’est pourquoi le fonctionnement de l’ICIJ et celui de l’Entente créée par Google et First Draft contreviennent à la Charte de Munich adoptée par l’Organisation internationale des journalistes (Titre II, articles 2, 4, 5 et 9).

Il n’est pas indifférent que des actions de justice aberrantes contre les mêmes cibles que l’Entente des médias se soient développées. Aux États-Unis, on a ressorti la loi Logan contre l’équipe Trump, alors que ce texte n’a jamais, absolument jamais, été appliqué depuis sa promulgation, il y a deux siècles. En France, on a ressorti la loi Jolibois contre les tweets politiques de Marine Le Pen, alors que la jurisprudence avait limité son application à la distribution sans blister de quelques magazines ultra-pornographiques. Le principe de la présomption d’innocence des gens à abattre ayant été éradiqué, il est possible de les mettre en examen sous n’importe quel prétexte juridique. Au demeurant, les actions intentées contre l’équipe Trump et Marine Le Pen au nom des lois sus-citées devraient l’être contre de très nombreuses autres personnes, mais ne le sont pas.

Par ailleurs, les citoyens ne réagissent plus lorsque l’Entente des médias diffuse elle-même de fausses imputations. Ainsi, aux États-Unis a-t-elle imaginé que les services secrets russes avaient un dossier compromettant sur Donald Trump et le faisaient chanter. Ou, en France, cette Entente a-t-elle inventé que l’on peut employer fictivement une assistante parlementaire et en accuser François Fillon.

Aux États-Unis, les grands et petits médias membres de cette Entente s’en sont pris au président. Ils tirent leurs propres informations des écoutes téléphoniques de l’équipe Trump abusivement ordonnées par l’administration Obama. Ils sont coordonnés avec des magistrats qui les utilisent pour bloquer l’action gouvernementale actuelle. Il s’agit sans aucun doute d’un système mafieux.

Les mêmes médias états-uniens et français s’en prennent à deux candidats à l’élection présidentielle française : François Fillon et Marine Le Pen. Au problème général de l’Entente des médias s’ajoute l’impression erronée que ces cibles sont victimes d’une cabale franco-française, alors que le donneur d’ordre est états-unien. Les Français constatent que leurs médias sont truqués, interprètent à tort cette campagne comme dirigée contre la droite, et cherchent encore à tort les manipulateurs dans leur pays.

En Allemagne, l’Entente n’est pas encore effective et ne devrait l’être que lors des élections législatives.

Lors du Watergate, des médias ont revendiqué former un « Quatrième pouvoir », après l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. Ils ont affirmé que la presse exerçait une fonction de contrôle du gouvernement au nom du Peuple. Passons sur le fait que ce qui était reproché au président Nixon était comparable à ce qu’à fait le président Obama : placer son opposition sur écoutes. On le sait aujourd’hui, la source du Watergate, « Gorge profonde », loin d’être un « lanceur d’alerte » était en réalité le directeur du FBI, Mark Felt. Le traitement de cette affaire était une bataille entre une partie de l’administration et la Maison-Blanche dans laquelle les électeurs ont été manipulés par les deux camps à la fois.

L’idée de « Quatrième pouvoir » suppose que l’on reconnaisse la même légitimité aux 14 trusts qui détiennent la grande majorité des médias occidentaux qu’aux citoyens. C’est affirmer la substitution d’une oligarchie à la démocratie.

Reste un point à éclaircir : comment les cibles de l’Entente sont elles choisies ? Le seul lien évident entre Donald Trump, François Fillon et Marine Le Pen est qu’ils souhaitent rétablir des contacts avec la Russie et lutter avec elle contre la matrice du jihadisme : les Frères musulmans. Bien que François Fillon ait été Premier ministre d’un gouvernement impliqué dans ces événements, tous trois incarnent le courant de pensée qui conteste la vision dominante des printemps arabes et des guerres contre la Libye et contre la Syrie.

 
 

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« Révolution pourpre » – Un nouveau document explosif sur le « piratage » Russe fait trembler l’Amérique : Trump compare son traitement médiatique à « l’Allemagne nazie », le Kremlin dénonce une « falsification totale » …

 Le rapport est jugé crédible par le renseignement américain. © Reuters

Les Russes n’ont fait qu’aider wikileaks (nous avons assez de confirmations que c’est bien le cas comme je l’ai rapporté : je ne me suis pas trompé sur ce point – trop fort Poutine) , mais on ne peut pas vraiment parler de « piratage » de l’élection US  . Ils l’ont influencé certes, et ce fut surement décisif, ça a fait pencher la balance en faveur de Trump – mais c’est avant tout le choix du peuple américain qui en avait assez des politiques corrompus .

Très peu d’américains s’intéressent à la politique d’une part, et encore moins aux révélations de Wikileaks qui a d’ailleurs infiniment peu été relayé par les médias achetés  comme je vous en ai informé…. 

L’élite Atlanto mondialiste fera désormais tout pour renverser Trump et déstabiliser les états unis . D’après ma source,  l’état profond et le FBI ont bien voulu laisser fuiter les révélations Podesta sans en informer l’establishment de l’élite (la CIA aurait pu sortir ses « révélations » pendant l’élection et la miner au profit de Clinton) .  Les Russes ne sont qu’un Bouc émissaire au final … 

En effet, c’est maintenant une sextape de Trump filmée clandestinement en 2013 à Moscou qui serait entre les mains des Russes .  Ces informations très sensibles auraient été recueillies pendant des années par la Russie. Le Kremlin dément farouchement.

La chaîne CNN et d’autres médias ont rapporté mardi l’existence d’un document de 35 pages, composé d’une série de notes datées de juin à décembre 2016 et rédigées par un ancien agent du contre-espionnage britannique, jugé crédible par le renseignement américain, pour le compte d’opposants politiques à Donald Trump.

Selon ces médias, dont CNN et le New York Times, les chefs du renseignement américain ont présenté au président élu un résumé de deux pages de ces 35 pages, en même temps qu’ils lui détaillaient leur rapport, partiellement déclassifié vendredi, récapitulant l’ensemble des opérations russes de piratage informatique et de désinformation aux États-Unis.

« Une chasse aux sorcière »

A l’annonce de ces révélations, Donald Trump a d’abord dénoncé «  une chasse aux sorcières totale !  » et une «  fausse information  »

« Les agences de renseignement n’auraient jamais dû permettre à cette fausse information de « fuir ». Un dernier coup porté à mon encontre. Vivons-nous dans l’Allemagne nazie? »

«  La Russie n’a jamais tenté de faire pression sur moi. JE N’AI RIEN A VOIR AVEC LA RUSSIE. PAS DE CONTRAT. PAS DE PRETS. RIEN DU TOUT !  », a réaffirmé Donald Trump sur Twitter à quelques heures seulement de sa première conférence de presse depuis son élection.

Moscou a dénoncé une « falsification totale » et accusé le renseignement américain de vouloir saper les relations entre les deux pays .

La Russie dément avoir des «dossiers compromettants» sur Trump

La Russie de son coté assure qu’elle n’a pas de « dossiers compromettants » sur le président élu Donald Trump, a affirmé mercredi le Kremlin, dénonçant les accusations des chefs du renseignement américain comme une « falsification totale » destinée à saper les relations avec Washington.

« Le Kremlin ne possède pas de ’kompromat’ sur Donald Trump », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, utilisant un terme hérité du jargon soviétique qui désignait des informations compromettantes recueillies contre des personnes susceptibles d’être soumises à un chantage.

La tentative de déstabilisation de Trump par les élites sous la houlette de Soros, ce qu’on nomme la « révolution pourpre » – continue  . Je ne suis pas certain qu’il terminera son mandat :

Des manifestants espèrent faire tourner la prestation de serment de Trump à l’émeute

Le 20 janvier est la date choisie par plusieurs groupes radicaux pour descendre sur Washington. Les forces de sécurité sont sur la brèche.

Jeff Sessions, le futur ministre de la Justice choisi par Donald Trump, est entendu ce mardi par les sénateurs. Son audition a été plusieurs fois interrompue par des manifestants dans la salle. C’est ainsi que deux hommes, grimés en membres du Ku Klux Klan, ont lancé des slogans antiracistes au visage du futur « Attorney general ».

Un avant-goût des perturbations attendues le jour de la prestation de serment de Donald Trump ? Les autorités le craignent.

Le vendredi 20 janvier, c’est « Inauguration day » : le jour où Donald Trump doit devenir officiellement le nouveau président des États-Unis d’Amérique. Ce jour a aussi été choisi par plusieurs groupes radicaux pour se rassembler à Washington. Ils espèrent le transformer en émeute.

30.000 manifestants

Cette possibilité n’est pas nouvelle. On se souvient qu’immédiatement après la victoire électorale du milliardaire républicain, des manifestations ont eu lieu un peu partout dans le pays.

Dès la mi-novembre, un officier de police déclarait se préparer à canaliser 30.000 manifestants le 20 janvier 2017.

Depuis, la menace pour les autorités s’est précisée. Le groupe Answer (act now to stop war & end racism), en pointe dans les mobilisations contre la guerre, appelle ses partisans à descendre sur le Capitole le 20 janvier. «  Nous pensons que nous entrons dans une nouvelle ère de manifestations de masse aux États-Unis  », explique Walter Smolarek, un porte-parole d’Answer. Sur la page Facebook de « l’événement », plus de 11.000 personnes affirment qu’elles s’y rendront et plus de 36.000 se disent « intéressées » (à la date du 10 janvier).

Mais Answer n’est que l’une de la quinzaine de groupes ou groupuscules qui appellent à «  perturber  » l’« Inauguration day » de Trump. Là, une émanation d’Occupy Wall Street propose de faire grève ; ici, un groupe antifasciste appelle à « stopper le régime Trump-Pence avant qu’il ne commence  », s’offrant le luxe d’une page de publicité dans le « New York Times » du 4 janvier  ; ou encore là, des anarchistes demandent «  à toutes les personnes de bonne volonté à perturber  » la prestation de serment de Donald Trump…

Pour les forces de sécurité comme pour les anti-Trump, le 20 janvier s’annonce chaud….

Du chaos naît l’ordre et de l’ordre, naît le chaos .

 
 

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Révélations sur Sarkozy et la Libye : « le traitement médiatique est hallucinant»

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Nicolas Sarkozy : «Il est temps pour moi de retrouver ma femme et mes enfants»

Le commentaire de Berruyer, du site Les Crises :

Voilà, ça, c’est fait… Encore un peu de patience pour virer le socialiste, et on aura réglé le cas 2012…

Ceci étant dit, nous venons de connaître un petit moment “Trump” – le “n’importe quoi” en moins.

Car à ce stade, il semble clair que François Fillon devrait remporter haut la main la primaire de la Droite et de la Droite (un retournement sera difficile, mais enfin, nous verrons…) dimanche prochain.

Alors comme il y a 15 jours, je dirai que je suis très heureux que Sarkozy ait perdu, mais que je suis inquiet que Fillon l’emporte ainsi.

Bien entendu, il y a des choses intéressantes chez lui – essentiellement au niveau international (un type sérieux ! Qui devrait vraiment lutter contre le terrorisme).

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(après, Dassault devrait faire pressions sur lui, mais bon, au moins a-t-il dit la vérité, c’est déjà ça en ces temps de tromperie universelle…)

Et bon, un Président n’ayant pas ou n’ayant pas eu de soucis sérieux avec la Justice, c’est bien aussi. Et j’ai confiance sur le fait que lui nous horripilera sans doute (c’est de la politique), mais au moins ne nous fera-t-il plus honte…

 

Mais autant j’ai pu penser pour Trump : “Pour le reste, la vie intérieure américaine, eh bien c’est désormais surtout le problème des Américains”, autant ça va être difficile de le dire pour Fillon. Et là, autant le programme des Républicains est une sacrée folie sur certains points, autant Fillon a réussi l’exploit d’apporter des petits plus qui vont encore plus dans la mauvaise direction, économique, sociale, sociétale…

On lira le programme ici et .

Révélations sur Sarkozy et la Libye : « le traitement médiatique est hallucinant»

Depuis novembre, Mediapart et Le Monde ont publié de nombreuses révélations sur un possible versement de fonds par Kadhafi lors de la campagne de Sarkozy en 2007. Une seule question a été posée à l’ancien président pourtant interviewé plus de huit fois ce mois-ci.

«Entretien vidéo exclusif – Takieddine: “J’ai remis trois valises d’argent libyen à Guéant et Sarkozy.”» Mediapart, en partenariat avec l’agence Premières lignes, a lâché un nouveau témoignage mardi qu’on aurait pu penser accablant. Et pourtant, cet énième élément de l’affaire du financement libyen présumé de la campagne de Sarkozy en 2007 a été traité plutôt discrètement. Il ne fait ni la une des journaux, ni celle des JT, et n’est pas, loin s’en faut, le sujet principal abordé dans les interviews politiques. Et si certains médias jugent que les déclarations de Takieddine doivent être prises avec des pincettes, il faut rappeler que ce témoignage n’est pas isolé. Le 3 novembre dernier, Le Monde publiait d’autres révélations tout aussi explosives —renforçant celles déjà publiées par le site Mediapart depuis 2011— à propos de la campagne de 2007.

S’il n’y a toujours aucune preuve tangible concernant un financement de la campagne de Sarkozy par le réseau de l’ex-dictateur Mouammar Kadhafi, les indices accablent le clan Sarkozy. Selon les deux sites d’information, qui ont eu accès à l’enquête, les magistrats instructeurs jugent même désormais «probable l’hypothèse d’un financement libyen». Notamment après ces éléments de l’enquête (non exhaustifs):

  • Les enquêteurs ont obtenu pas moins de sept témoignages qui accréditent ­l’hypothèse du versement de fonds par Mouammar Kadhafi à l’équipe de Nicolas Sarkozy.
  • La justice dispose aussi d’écoutes téléphoniques accablantes. «Oui, ils cherchent le lien avec Kadhafi mais ils ne cherchent pas au bon endroit», dit par exemple l’avocat franco-djiboutien Mohamed Aref dans une conversation interceptée par la police.
  • Mediapart a révélé l’existence d’un carnet d’un ancien ministre du pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui mentionne ­plusieurs versements pour un montant de 6,5 millions d’euros. Ce dernier sera retrouvé mort le 29 avril 2012 dans le Danube, en Autriche.
  • Une conversation interceptée prouve que Nicolas Sarkozy aurait demandé en 2014 une lettre à Alexandre Djouhri et qui l’innocenterait.
  • Selon un autre témoin cité par Mediapart, des mallettes de plusieurs millions d’euros ont été données directement à Boris Boillon (ex-conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l’Élysée) et à Claude Guéant et ont été ramenées dans un voyage en avion privé de Syrte au Bourget.
  • Boillon, enfin, percevait selon ce témoin «des petits cadeaux», sous forme d’enveloppes avec des milliers d’euros. Et justement, le 31 juillet 2013, Boris Boillon est interpellé à la gare du Nord, avec un sac contenant 350.000 euros d’argent liquide.

Même s’il n’y a pas de preuve irréfutable, même si l’enquête est toujours en cours, il paraît tout de même logique que des journalistes interrogent le candidat à la primaire de droite sur ces nouveaux éléments.

8 interviews de Sarkozy, 1 question sur la Libye

Depuis les révélations du Monde le 3 novembre, Nicolas Sarkozy a été interrogé par TF1, France 2, France 3, Le ParisienValeurs actuelles, RTL et, Public Sénat avec Sud Radio (sans parler des médias spécialisés comme Terre-net.fr ou Business immo). Aucune question ne lui a été posée sur ce sujet. Il aura fallu attendre ce jeudi pour que la seule et l’unique lui soit posée par Le Figaro près de deux semaines après les premières révélations.

Le15 novembre, le candidat à la primaire de la droite est l’invité de la matinale de RTL pendant une quinzaine de minutes. La journaliste cherche à savoir s’il a «la pêche» avant de l’interroger sur la primaire, ses concurrents, François Bayrou, Donald Trump, l’Europe, la double ration de frites pour les enfants musulmans ou juifs, Notre-Dame-des-Landes. Rien sur la Libye.

Le13 novembre, Nicolas Sarkozy est l’invité exclusif du 20h de TF1. Il est interrogé sur les commémorations des attentats, le groupe État islamique, les manifestations de policiers, la victoire de Donald Trump, la primaire de la droite, sa carrière politique en cas de défaite, mais pas un mot sur les accusations liées à sa campagne de 2007.

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Le 12 novembreLe Parisien publie une interview fleuve de l’ex-chef d’État. Deux questions sont bien posées sur «les affaires», mais n’abordent pas le financement supposé libyen.

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Le 10 novembre, Nicolas Sarkozy est interrogé dans la matinale de France 2. Il est invité à répondre sur l’élection de Donald Trump, l’Europe et la primaire. Le nom de Kadhafi ne sera jamais évoqué.

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Le 8 novembre, l’ancien chef de l’État est interrogé pendant une heure par cinq journalistes sur Public Sénat avec Sud Radio. Rien ne sera évoqué.

Le 6 novembre, il est l’invité de l’émission Dimanche en politique de France 3. Sur les 28 minutes du programme, pas une seconde ne sera accordée pour évoquer l’enquête en cours sur le financement de la campagne de 2007.

Par ailleurs, le 3 novembre dernier, lors du second débat entre les différents candidats à la primaire de la droite aucune question n’a été posée sur toutes ces révélations. Même chose dans l’interview publiée par Valeurs actuelles.

Il aura fallu attendre le 17 novembre— plus de 15 jours après les premières révélations— pour que le candidat à la primaire soit interrogé pour la première fois sur le sujet dans le Le Figaro. «Je n’ai que mépris pour cette officine qui depuis des années essaye sans succès de me salir», a-t-il notamment répondu. Il n’a toutefois pas été relancé par les journalistes.

Silence radio dans les JT de France Télévisions

 

Lire la suite sur : Buzz Feed News, David Perrotin, 16-11-2016

 
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Publié par le 24 novembre 2016 dans général, Politique

 

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