RSS

Archives de Tag: L’or physique

L’or est le flic des banquiers centraux

Voici une courbe d'érosion du pouvoir d'achat du dollar depuis 1913, date de création de la Federal Reserve.

L’or est la seule vrai monnaie universelle, ce n’est la dette de personne, et c’est même l’extincteur de dette par excellence (cf Fekete) et il a la particularité d’avoir une valeur intrinsèque d’être une réserve de valeur et donc de conserver son pouvoir d’achat au fil du temps. (depuis 5000 ans)

Contrairement aux devises papier (« monnaie fiduciaire » qu’on ne devrait pas appeler « monnaie »), qui ne repose que sur la confiance (fiducia en latin) que lui accorde l’utilisateur comme valeur d’échange, qui ne repose que sur de la dette et qui perd sa valeur avec le temps. (cf graph ci dessus) .

Au début le papier-monnaie était un simple titre de propriété pour une certaine quantité d’or ou d’argent. Aujourd’hui, le papier-monnaie n’est rien d’autre qu’un titre de créance (de la dette) qui perd de sa valeur lorsque les gouvernements en impriment davantage.

Une monnaie a trois fonctions : unité de compte, réserve de valeur et intermédiaire des échanges et doit être divisible, portable, durable…

Des fonctions que ne remplissent pas ce qu’on nomme « monnaie fiat » (émis par une banque centrale qui en a le monopole de la gestion) ou « monnaie fiduciaire » (qui est un instrument financier dont la valeur nominale est supérieure à la valeur intrinsèque), les devises papiers en somme, qui ne sont au fond que du papier sans valeur qui ne reposent que sur la confiance qu’on leur accorde. 

Fondamentalement, on ne peut échanger un bien ou un service que contre un autre bien ou service. La monnaie est un bien qui n’est pas détruit par son usage, mais ce n’est pas une marchandise comme les autres parce qu’elle ne s’élimine pas dans la circulation.

La base des échanges depuis le début de l’humanité c’est le troc, et l’or qui s’est imposé naturellement depuis toujours pour faciliter les échanges commerciaux, en est l’expression monétaire. C’est la monnaie par excellence, la seule et l’unique vrai « monnaie ». 

De nos jours la majorité des nations empruntent l’argent dont ils ont besoin, avec intérêts, aux banques commerciales – des cartels bancaires privés, (ce que sont les grandes banques centrales comme la FED qui sont au sommet de la pyramide) qui ont le monopole de la création monétaire. De l’argent créé ex nihilo (à partir de RIEN) De la dette qui repose sur une gigantesque pyramide de Ponzi. 

« Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu’une armée debout. Celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation. » (Thomas Jefferson)

L’or lui n’est la propriété de personne (sauf de l’individu qui le possède), absolument personne n’en à le monopole. 

L’or est le flic des banquiers centraux

Plus question de renchérir le crédit, promet Jerome Powell. Les marchés apprécient mais l’or aussi.

Jerome Powell, le président de la Fed, a caressé les marchés dans le sens du poil la semaine dernière.

Ils ont apprécié et ont ronronné bien comme il fallait.

  • Indice Dow Jones Industrial Average +1,77%
  • Indice Nasdaq +2,20%
  • Indice Standard & Poors 500 +1,55%

Trump aussi est content.

Les taux d’intérêt vont en rester là (2,25%-2,50%) jusqu’à nouvel ordre, a indiqué Powell ; par conséquent le crédit à court terme reste bradé.

Il y a aussi le « bilan » de la Fed, les obligations rachetées et que la banque centrale revend tout doucement. C’est le débouclage du QE (quantitative easing).

Lorsque le bilan gonfle et que le QE est en cours, cela agit sur les taux long en soutenant artificiellement la demande pour les bons du Trésor car plus ces titres sont demandés, plus le taux baisse.

Inversement, si la banque centrale remet des titres sur le marché, il faut trouver des acheteurs ; s’il n’y en a pas assez, les taux longs peuvent monter. Or les Etats-Unis ont d’énormes besoins d’emprunts et déjà un gigantesque stock de dettes.

Là aussi, Powell a rassuré : si tout partait en vrille, plus question de débouclage ; mieux, le QE reprendrait.

Le croupier du grand casino financier a donc rassuré tout le monde : il y aura toujours autant de jetons que nécessaire pour toutes les tables de jeu.

L’or commence vraiment à s’agiter

L’or aussi a apprécié le discours de Powell : l’once s’est vaillamment élancée bien au-delà des 1 300 $.

Depuis le 1er janvier, l’or progresse de 3,04% exprimé en dollar et de 2,82% en euros. Certes, les actions ont fait mieux mais elles ont besoin que le crédit reste quasi-gratuit pour continuer à monter.

L’or, lui, n’a besoin de personne, il n’est la dette de personne. Il n’intéresse pas encore grand monde…

… Mais il vient de franchir sa moyenne mobile à 200 jours. Les analystes techniques interprètent cela comme un signal haussier.

L’or reste le flic des monnaies fiduciaires et des banquiers centraux.

Nous nous en tenons à notre stratégie à 100 ans. Vendez les actions dans les rebonds, achetez de l’or et attendez le krach du siècle. La chute se produira lorsque le système de crédit infini à taux gratuits arrivera en bout de course.  Ce sera peut-être à l’annonce du prochain QE…

source

Fondamentalement – Ce n’est pas l’or qui monte, ce sont les devises papiers qui perdent leur « valeur » (car intrinsèquement elles n’en ont pas, ce ne sont pas des « monnaies »), l’or lui reste stable.  

Résultat de recherche d'images pour "pouvoir achat dollar or"

 
 

Étiquettes : , , , , , , ,

L’or de la France en collatéral à des opérations financières : encore une fake news ?

Résultat de recherche d'images pour "Banque de France or"

Comme je m’en doutais, je n’ai obtenu aucune réponse des autorités sur la question de la fin de la sanctuarisation de l’or de la Banque de France. Le ministère de l’économie m’a renvoyé vers la Banque de France, qui ne m’a pas répondu… Pourtant, les deux articles que j’y ai consacré ont largement intéressé les lecteurs : le premier dépasse les 23.000 vues, sans compter les reprises sur d’autres sites, et le second, qui apporte de nouvelles preuves, fait plus de 4.000 vues. 

Les médias non plus n’ont pas repris l’information, à l’exception de deux d’entre eux, avec Politique Magazine, qui s’inspire largement de mes articles sans me citer, mais qui a le mérite de donner la parole à un ancien cadre de la Banque de France qui dénonce la gravité de cette affaire :

« Faire des prêts sur l’or ou des swaps revient à gager ce stock, à l’hypothéquer. Il est clair que lancer des opérations sur l’or revient à en perdre la propriété pleine et entière ». 

Le second est Sputnik France, qui a appelé la Banque de France pour se voir opposer cette réponse qui mérite d’être citée intégralement :

« Merci de votre intérêt pour la Banque de France. Concernant votre question, nous ne ferons aucun commentaire supplémentaire par rapport à l’article des Échos que vous avez pu consulter. »

Ainsi, la Banque de France prend une décision importante concernant les réserves d’or de la Nation dont elle a la garde, mais elle ne rédige même pas un communiqué pour l’expliquer, et elle renvoie les journalistes vers un article des Echos ! On ne savait pas que le quotidien économique avait valeur de Journal officiel…

Les médias n’ont pas repris l’information par crainte, certainement, de propager une fake news ou une énième théorie du complot, alors que l’examen des sources précisées en lien dans mes articles les auraient immédiatement rassuré. Mais ont-ils fait ce travail ?

Alors je voudrais rassurer les journalistes avec un autre scandale que j’ai soulevé dès 2013, et qui a seulement donné lieu à quelques rares articles : le risque de ponction des comptes bancaires des particuliers en vertu de la directive européenne BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive), et dont je présentais un résumé dans cet article de 2015.

Encore une fake news ? Pas le moins du monde et en voici la preuve absolue, définitive : j’ai été interviewé sur ce sujet par la Revue Banque de décembre dernier (texte intégral), la revue de référence du secteur bancaire, dont l’actionnaire principal est la Fédération bancaire française (FBF), l’organisation professionnelle des banques françaises. OK ? Maintenant vous avez l’imprimatur, vous pouvez y aller !

Pour l’or de la Banque de France, ne tardez pas, chers journalistes, examinez les sources citées dans mes deux articles, c’est du sérieux. Et à votre tour, interpellez la Banque de France, on ne sait jamais… Des députés et sénateurs peuvent également poser une question écrite ou orale au gouvernement, si ce n’est pas trop leur demander.

Bref, il ne faut pas juger une fake news par l’effet de surprise qu’elle provoque mais par ses sources, si elles sont solides ou pas. Et, franchement, concernant l’or de la Banque de France, voici un dossier à creuser, une véritable information d’intérêt général.

source

 
3 Commentaires

Publié par le 10 février 2019 dans économie, général, or et argent métal, société

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , ,

Vers la fin de Bretton Woods et de l’hégémonie du dollar ?

JPEG

Pendant que l’empire du McDo investit dans des actions et des cryptomonnaies [cf. notre dossier sur le sujet], l’alternative par l’or et par le yuan avance. Mais certains analystes pensent que la chute du dollar amènerait à la promotion d’une monnaie mondiale, les DTS (droits de tirage spéciaux), dont la Chine est partie prenante depuis 2015. Il s’agit d’un instrument monétaire international créé par le FMI en 1969 et permettant l’avènement d’une super-monnaie mondiale unique contrôlée par des banquiers internationaux. Tout ceci pour concrétiser un système financier mondial totalitairement stabilisateur. Dans un tel cas, il ne s’agirait non plus de la fin, mais plutôt de l’aboutissement du système de Bretton Woods avec une gouvernance mondiale gérée par quelques institutions internationales.

Hé oui, le yuan lié au pétrole lié à l’or, c’est une révolution dans le système monétaire actuel. Le système monétaire international (SMI) va inéluctablement être réformé et les DTS ne sont qu’un pont qui je le pense va mener au Bancor… J’ai publié plusieurs papiers sur ce sujet,  dont ce papier primordial de  Philosophy of Metrics par JC Collins,  probablement le meilleur analyste mondial qui sur la question des DTS et du SMI :   Les DTS feront le pont entre le dollar US et le Bancor

D’ailleurs ce papier  Du Dollar US au Bancor – Du Pétrodollar au Pétro-Gold… avait vu juste, avant que les chinois ne lient le yuan au pétrole et à l’or. 

Les DTS sont d’ores et déjà la nouvelle monnaie mondiale, on risque juste d’avoir une évolution de ce système. Quant à Bretton Woods, c’est déjà fini depuis 1971 et la fermeture du guichet or par Nixon. (c’était un Gold-Exchange Standard fondé sur le dollar où toutes les monnaies étaient définies en dollar et le dollar défini en or) Depuis on navigue dans la brume, et la grande crise monétaire mondiale est au coin de la rue.

Si la Chine et de plus en plus de pays accumulent autant d’or, c’est en vue d’une refonte du SMI, qu’ils avaient déjà demandé en 2008. Vers une monnaie mondiale en effet, qui risque fort d’être le Bancor… Z

​Introduction — Bretton Woods et le roi dollarAvec la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Accords de Bretton Woods ont marqué la fin progressive de l’étalon-or et la mise en place d’un nouveau système financier international après 1944. Pour structurer ce nouveau monde, différentes institutions ont émergé à cette époque : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) soit une des composantes de la Banque mondiale, le Fond monétaire internationale(FMI) et la signature de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (mieux connu sous le sigle anglo-saxon de GATT) qui donna naissance à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995. L’objectif étant d’ouvrir, unifier et uniformiser les économies du monde sous l’égide d’un unique totalitarisme financier où le dollar US est directement indexé sur l’or. En 1971, les États-Unis mettent fin à la convertibilité du billet vert en or ce qui sonna l’avènement du dollar en tant que première monnaie de réserve à l’international. Récemment, ceux qui ont remis en cause le système dollar sans moyen militaire conséquent ont plutôt mal fini (Saddam Hussein en Irak, Mouammar Khadafi en Libye ou encore Bachar Al-Assad en Syrie qui étudiait une mise en place de l’euro à la place de la devise US en 2006). La donne diffère lorsque la Russie et la Chine travaillent à faire émerger une alternative monétaire internationale. Retour sur les évènements marquants de cette année 2018 à propos de la «  dédollarisation  » du monde.

La Russie contre l’étalon dollar

Actuellement, environ 70 % des transactions commerciales mondiales utilisent le dollar, tandis que 20 % sont réglés en euros, et le reste en yuan et autres devises asiatiques. La Russie s’émancipe peu à peu de la mainmise du billet vert. Début 2018, le Ministère russe des Finances a planifié pour la première fois la vente de la dette russe sous forme d’obligations libellées en monnaie chinoise (yuan ou renminbi). La taille de la première offre est de 6 Mds de yuans, soit un peu moins de 1 Md $. La vente est organisée par la société publique russe Gazprombank, la Bank of China Ltd et l’Industrial & Commercial Bank of China, la plus grande banque publique chinoise.

Le 24 mai 2018, une main a été tendue une nouvelle fois par le ministre des Finances russe Anton Silouanov vers l’Europe de l’Ouest, lorsqu’il a annoncé au Forum économique international de Saint-Pétersbourg que des règlements en euros au lieu du dollar pouvaient être favorisés pour leur commerce extérieur avec l’UE. Mais sous condition : Bruxelles devra en contrepartie être capable de calmer son suivisme vis-à-vis des dernières sanctions américaines contre Moscou, ce qui est peine perdue avec les pays baltes ou la Pologne. Dans le même temps du côté asiatique, la Chine et l’Union économique eurasiatique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Arménie et Kirghizistan) ont confirmé le renforcement de leurs liens avec la signature d’un accord de coopération commerciale et économique dans 13 domaines clefs (coopération douanière, propriété intellectuelle, commerce électronique…). Le contrat aboutit après deux ans de négociations pour une entrée en vigueur début 2019.

Du 11 au 13 septembre 2018 s’est tenu le Forum économique de l’Est (EEF) à Vladivostok. Fondée en 2015, cette plateforme de renforcement commercial de la région Asie-Pacifique a mis le thème de la dédollarisation à l’ordre du jour. Kirill Dmitriev, responsable du Russian direct investment fund (RDIF), y a annoncé son intention d’utiliser uniquement les monnaies nationales dans ses transactions avec la Chine à partir de 2019. La Chine a également annoncé la validation de contrat bilatéraux avec le Canada et le Qatar pour des échanges en devises nationales. Moscou soutient les mêmes principes avec Ankara (en pleine crise de la livre turque) qui cherche des solutions alternatives pour ses transactions avec la Chine et d’autres pays consentants.

En mai dernier, le gouvernement de la Fédération de Russie a vendu 69 % des Bons du Trésor américain (BdT) qu’il détenait. Le BdT est un titre d’emprunt (obligataire) émis par l’État et remboursable à échéance. L’État émetteur de BdT, américain dans notre cas, s’engage à rembourser l’acheteur à une échéance déterminée et à lui verser régulièrement des intérêts jusque-là. Le Kremlin juge donc qu’il n’a plus intérêt à ces BdT. Il avait déjà divisé ses réserves par deux le mois précédent. En deux mois, le pays a donc vendu le chiffre colossal de 81,1 Mds $ d’obligations US, ce qui a déstabilisé les impalpables marchés financiers. Désormais, les obligations américaines détenues par la Russie ne totalisent que 14,9 Mds $, loin du temps du pic des 176 Mds $ d’obligation. L’ours a donc été retiré de la liste des créanciers les plus importants de Washington, car au moins 30 milliards de bons US doivent être détenus. Dans cette volonté de reconfigurer les réserves de devises de la Fédération, Vlad Ier a fait passer les rendements de ces obligations à dix ans de 2,7 % à 3,1 %. Parallèlement, notons bien que la Banque centrale de la Fédération de Russie a accru de façon régulière ses réserves d’or ces dix dernières années, qui ont été multipliées par quatre (1 890 tonnes d’or détenu, un record depuis la fin de l’URSS). Si Moscou a été le plus gros vendeur de BdT (de loin) et le plus important acquéreur d’or cette année, la tendance s’avère plus large.

Le yuan comme devise internationale

Photo

​Effectivement, les trois plus gros détenteurs de BdT américain ont quelque peu réduit leur réserve : le Japon a abaissé ses BdT de 12,3 Mds $ (passant de 1 043,5 à 1031,2 Mds $ de BdT), l’Irlande de 17,5 Mds $ (passant de 317,9 à 300,4 Mds $ de BdT) et le gros poisson chinois a vendu près de 5,8 Mds $ de titres américains en mars et avril 2018 (passant de 1 187,7 Mds $ à 1 181,9 Mds $ de BdT). Sur cette période, la Chine a donc été vendeuse nette d’emprunts d’État US, selon les chiffres du Trésor américain. La Chine (Hong Kong compris) détient encore malgré tout une quantité astronomique d’obligations américaines (37 % de ses réserves de change). Mais le signal lancé en inquiète plus d’un, vu que l’empire du Milieu est le premier créancier des États-Unis. Pékin peut en effet se targuer de détenir un cinquième de la dette américaine à l’étranger (1 170 Mds $ en fin janvier 2018). En tant qu’acteur mondial «  responsable  », le Parti communiste chinois(PCC) a toujours réitéré une politique constante vis-à-vis de ses réserves de change, notamment pour préserver leur valeur. De quoi rassurer les saints investisseurs. Le yuan est actuellement à son plus haut niveau depuis deux ans et demi. À noter aussi que la zone euro s’est également débarrassée de 7,4 Mds $ de BdT US.La Chine acquiert également quantité d’or (1 843 tonnes en réserve début 2018) pour réduire le poids international du dollar et préparer la fin de l’hégémonie américaine. L’affaiblissement du dollar dans le panier de devises de la Chine relève de plusieurs facteurs. La montée en puissance de la devise yuan dans un premier temps avec des contrats sur le pétrole conclus à la Bourse de Shanghai et à Hong Kong libellés dans l’unité monétaire chinoise. Et avec succès : la vente de pétrole avec la devise yuana démarré fin mars 2018 avec des contrats à terme. Pis, pour rendre l’offre encore plus attrayante, la Chine a lié le contrat à terme sur le pétrole brut avec une option de conversion du yuan vers l’or physique. Une rupture majeure que nous pouvons comprendre comme une initiative pour réintégrer l’or dans les relations économiques internationales.

Alors que 20 % du commerce extérieur chinois est actuellement effectué en yuan, la part de cette devise dans le marché obligataire mondial n’est que de 0,5 % et ne représente que 1 % des réserves des banques centrales étrangères. Aujourd’hui, la Chine souhaite clairement l’internationalisation de sa monnaie pour les échanges internationaux (Conflits, n° 16, janvier-février-mars 2018, p.48).

C’en est trop pour le pays du McDonald. Selon l’administration US, la Chine affaiblit artificiellement sa monnaie pour pouvoir exporter ses marchandises à bas prix vers les USA et dans le monde en général. L’objectif de Trump est donc de réduire le déficit commercial bilatéral entre les deux pays, ce qui aura des conséquences incertaines pour l’économie mondiale et même désastreuses selon la Banque mondiale. Les récentes offensives frontales pour réduire le colossal déficit commercial US vis-à-vis de Pékin (300 Mds $) commencent à énerver les cadres de l’empire du Milieu. Le POTUS a lancé sa guerre économique contre les importations chinoises avec des droits de douane punitifs taxés à hauteur de 10 % sur 200 Mds $ d’exportations chinoises, du 24 septembre 2018 jusqu’à la fin de l’année. En réponse, Pékin compte taxer 60 Mds $ de marchandises US, en plus des 50 Mds $ déjà imposés cet été (soit plus des deux tiers des importations chinoises en provenance des États-Unis) en rétorsion aux premières mesures américaines.

A côté de cela, d’autres zones géographiques mettent en avant le yuan comme devise de réserve. La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, 16 États membres) a annoncé cette année la création d’une monnaie commune en 2020. La mise en circulation de cette devise, appelée l’éco, a déjà 3 ans de retard. Le projet n’est pas aisé vu qu’il faut abolir les huit monnaies de la zone CEDEAO, dont le franc CFA (arrimé à l’euro). Reste à savoir sur quelle devise ou quel panier de devises (yuan, euro, dollar) cette nouvelle monnaie commune sera arrimée, c’est-à-dire liée à une monnaie plus forte pour plus de stabilité. Si l’euro a ses chances, le yuan pourrait aussi être un meilleur prétendant au vu du volume des échanges avec de nombreux pays de la zone, notamment avec le Nigéria. La Banque centrale du Nigeria a d’ailleurs élevé le yuan chinois au rang de deuxième devise commerciale pour diversifier ses réserves de dollar, de livre sterling et d’euro. À noter que le Nigéria est la première économie du continent africain, sachant que la seconde, l’Afrique du Sud fait partie du courant contre hégémonique des BRICS (qui a prôné l’émancipation du dollar dans l’ordre du jour de sa dernière réunion de juillet 2018). Le 3 août 2015, l’Angola (3e puissance économique continentale) avait aussi élevé le yuan comme deuxième monnaie ayant cours légal dans le pays. Réciproquement, la devise angolaise kwanza a été validée dans les échanges avec la Chine. Ce n’est pas un hasard : l’Angola est le premier fournisseur de pétrole africain de Pékin (Conflits n°18, juillet, août, septembre 2018, p.26). La Banque centrale du Pakistan a également validé l’utilisation du yuan pour son commerce bilatéral.

Certaines rumeurs commencent à être récurrentes depuis un an à propos de l’Arabie saoudite : elle pourrait ouvrir la voie à des accords bilatéraux de pétrole libellés en yuan indexé sur l’or avec la Chine (premier importateur de pétrole du monde). Si les Saoudiens décident un jour de bifurquer vers un peu de pétroyuan, le roi dollar ne s’en remettra pas. En effet, si l’Arabie saoudite accepte la commercialisation de son pétrole en yuans, ce serait une rupture à son pacte de 1974 avec Washington (qui donnait l’exclusivité au dollar dans la vente de pétrole). Les transactions de pétrole et de gaz russes à la Chine sont déjà effectuées en rouble et yuan. Perceptible depuis quelques années, c’est l’avantage économique exceptionnel des États-Unis, avec son pétrodollar, qui s’érode lentement. Autrement dit, une devise yuan indexée sur l’or, c’est la fin de presque un demi-siècle de suprématie monétaire US.

L’embargo contre l’Iran accentue la dédollarisation

L’Europe est le troisième plus gros client de Téhéran en ce qui concerne le pétrole, après la Chine et l’Inde. Elle a donc tout intérêt à conserver l’accord nucléaire iranien, mis à mal par la pression du négociateur Trump. L’accord PAGC (Plan d’action global commun ou Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA) est un texte conclu en juillet 2015 après d’intenses négociations entre les pays du P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies : États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni, auxquels s’ajoute l’Allemagne), ainsi que l’Union européenne et l’Iran. Cet accord signé à Vienne a mis en place un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée progressive des sanctions contre Téhéran.

L’accord élargit aussi la question au domaine de la balistique et de l’activité militaire de l’Iran en général, afin de répondre aux préoccupations israélo-américaines principalement. Ce 27 septembre 2018, le Premier ministre israélien Bibou Netanyahou a récidivé en accusant l’Iran de détenir un «  site de stockage atomique secret » dans un énième discours tragique devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a répliqué en relevant que l’arsenal nucléaire israélien constituait quant à lui «  la plus grande menace  » dans la région. Toujours à gâcher l’ambiance ces deux pays-là.

Photo

L’Iran va se joindre à la coopération économique croissante en Eurasie centrée sur la Chine et la Russie, selon Behrouz Hassanolfat de l’Organisation iranienne de promotion du commerce, ce qui confirme une fois de plus la détermination de ces trois pays à faire face à l’hégémonie occidentale. En mai 2018, McDonald Trump frappe encore un coup en déclarant se retirer de cet accord phare. Il ouvre également la voie à de nouvelles sanctions contre l’Iran, notamment sur son pétrole brut. La liste devrait s’allonger en novembre prochain. La république chiite a répliqué mi-avril 2018 en annonçant qu’elle utiliserait dorénavant plus d’euros que de dollars US dans son panier de devises étrangères, notamment dans le règlement des transactions d’importation. De quoi continuer à provoquer l’hostilité de la frange unilatéraliste de l’Empire américain. Pire encore, toujours en avril dernier, Téhéran et Moscou ont entériné contractuellement la possibilité d’effectuer des transactions entre eux non plus en dollar, mais avec des biens de consommation, pour contourner les embargos et diminuer l’influence de la devise américaine sur leurs économies respectives.La décision de Trump de se retirer de l’accord PAGC, est également une question de gros sous. Après la révolution iranienne de 1978-1979, Jimmy Carter aurait gelé un montant estimé entre 100 et 120 Mds $ d’actifs iraniens aux USA. La levée progressive des sanctions contre l’Iran suite à l’accord aurait pu débloquer les fonds libellés en dollars américains. Si un tel évènement survenait, l’Iran pourrait convertir ces dollars récupérés dans une autre devise. Inacceptable pour le système du billet vert, qui aurait pâti d’une perte de devises aussi élevée, lui qui dépend grandement de sa capacité à vendre des Bons du Trésor à l’international.

Les menaces américaines mettent à mal la stabilité de la devise iranienne avec les spéculations associées aux incertitudes de l’accord sur le nucléaire. Dans une tentative d’enrayer la chute libre de sa devise, Téhéran avait choisi en avril dernier d’imposer un taux de change fixe entre le rial et la devise US avec un taux de 42 000 rials par dollar. Celle-ci avait chuté de 6 % en une semaine et de 30 % en 6 mois par rapport au billet vert. Deux taux de change subsistent en Iran : l’officiel et celui du marché libre. Sur ce dernier, un dollar pouvait s’échanger à plus de 58 000 rials ce qui fait craindre aux autorités du pays que la spéculation sur la devise iranienne amène l’inflation. La chute du rial s’est accélérée à l’approche du 6 août, date du retour des sanctions américaines après la sortie des États-Unis de l’accord nucléaire début mai. En deux jours, le rial iranien a perdu plus de 20 % de sa valeur : un dollar américain pouvait valoir 110 000 rials.Suite à l’Assemblée générale des Nations Unies, la n° 1 de la pseudo diplomatie européenne Federica Mogherini (haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité) a déclaré fin septembre 2018 que les signataires de l’accord ont débuté des travaux afin de créer une entité spéciale permettant de continuer à commercer avec l’Iran, tout en respectant le droit européen. Le circuit commercial alternatif donnerait les moyens à la République islamique de continuer à exporter du pétrole vers l’Europe. Une telle insubordination aurait été inimaginable sous Obama. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pourraient ainsi créer un Fonds commun de créances (Special purpose vehicle – SPV), une structure juridico-financière capable de titriser et d’effectuer des opérations hors bilan. Autrement dit, c’est une forme habile de troc qui pourrait donc se mettre en place pour contrecarrer l’entrave américaine : «  si par exemple l’Iran vendait du pétrole à une entreprise espagnole, et qu’un fabricant allemand de machines-outils équipait une installation à Téhéran, la somme correspondant à la livraison du pétrole servirait directement à payer le fournisseur allemand  ». L’Union européennepenserait également à utiliser l’euro européen au lieu du dollar américain (une logique imparable qui en étonnera plus d’un) dans le cadre de ses échanges pétroliers avec l’Iran, selon «  une source diplomatique » citée par Sputnik.Les sanctions américaines contre l’Iran donnent une assise supplémentaire à la devise chinoise yuan, car le PCC assure carrément à l’Iran ses achats de brut iranien en yuan ou contre biens de consommation comme la Russie. La Chine conçoit également un accord monétaire bilatéral rial-yuan pour augmenter le volume des échanges entre les deux pays, sans que la Maison-Blanche mette son gros nez dans ces histoires.Étouffer économiquement le pays est l’objectif des USA, sous influence israélienne, pour sanctionner la politique régionale du régime des mollahs. Peine perdue pour ce pays qui a tenu le coup malgré des décennies d’embargo américain. Si les Yankees vont trop loin dans le chantage et empêchent l’Iran d’exporter ses hydrocarbures, menacer de fermer le détroit d’Ormuz dans le golfe Persique où transite la majorité du pétrole international est un bon moyen de pression mis en avant par les autorités chiites. 

Photo

​Conclusion – Le dollar reste un stabilisateur, pour combien de temps encore  ?

Pendant que l’empire du McDo investit dans des actions et des cryptomonnaies [cf. notre dossier sur le sujet], l’alternative par l’or et par le yuan avance. Mais certains analystes pensent que la chute du dollar amènerait à la promotion d’une monnaie mondiale, les DTS (droits de tirage spéciaux), dont la Chine est partie prenante depuis 2015. Il s’agit d’un instrument monétaire international créé par le FMI en 1969 et permettant l’avènement d’une super-monnaie mondiale unique contrôlée par des banquiers internationaux. Tout ceci pour concrétiser un système financier mondial totalitairement stabilisateur. Dans un tel cas, il ne s’agirait non plus de la fin, mais plutôt de l’aboutissement du système de Bretton Woods avec une gouvernance mondiale gérée par quelques institutions internationales. Cette thèse intègre les institutions eurasiatiques (Banque asiatique de développement [BAD], Organisation de coopération de Shanghai [OCS], etc.) en tant qu’éléments moteurs de ce nouvel ordre mondial. Dans tous les cas, le phénomène de dédollarisation est un mouvement financier qui semble inéluctable dans le monde.

Résumé des scénarii monétaires

1) Chute du dollar comme devise de référence avec pour conséquence soit :

  • Une multipolarité monétaire  ;
  • L’hégémonie du yuan/renminbi  ;
  • Ou une monnaie internationale DTS gérée majoritairement par le FMI.


2) Maintien du dollar sous assistance respiratoire avec pour conséquence soit :

  • La continuité de l’empire atlantiste (OTAN, extraterritorialité du droit US, colonisation numérique des GAFAM, etc.)  ;
  • Ou la chute lente et inexorablement spoliatrice des États-Unis.

Franck Pengam, extrait de Géopolitique Profonde n°7.

 

Étiquettes : , , , , , ,

La banque JP Morgan vole l’or des Français ! « Je lance un appel aux Gilets jaunes et au peuple, en leur disant : Attention, on va peut-être vous dépouiller. » – Philippe Herlin

«Je lance un appel aux Gilets jaunes et au peuple, en leur disant « attention, on va peut-être vous dépouiller ». J’espère les intéresser à ce sujet. Je considère que l’or de la Banque de la France, c’est l’or de tous les Français. C’est la garantie ultime en cas de crise monétaire grave. Il n’appartient pas qu’à la Banque de France. C’est comme la Joconde, il fait partie du patrimoine des Français. Et ils ont un droit de regard en tout ce qui le concerne.»

 

La Banque de France s’est associée avec la banque d’affaires américaine JP Morgan dans le cadre du marché de l’or de Paris. Le but ? Développer sa gamme de services pour le trading du métal précieux. Philippe Herlin, Docteur en économie, s’inquiète de la possibilité de voir l’or français servir de collatéral à des produits financiers.

 


 

« Je lance un appel aux Gilets jaunes et au peuple, en leur disant « attention, on va peut-être vous dépouiller ».

 

 

J’espère les intéresser à ce sujet. Je considère que l’or de la Banque de la France, c’est l’or de tous les Français. C’est la garantie ultime en cas de crise monétaire grave. Il n’appartient pas qu’à la Banque de France. C’est comme la Joconde, il fait partie du patrimoine des Français.

 

 

Et ils ont un droit de regard en tout ce qui le concerne. »

 


 

Philippe Herlin, Docteur en économie du Conservatoire national des Arts et Métiers et spécialiste de l’or est inquiet comme il l’a révélé sur le site GoldbrokerEn novembre dernier, nous apprenions que la Banque de France avait ouvert un compte à la banque américaine JP Morgan visant à faciliter les transactions sur l’or dans la capitale, ce qui constituait une petite révolution. Plusieurs banques centrales étrangères ont de l’or dans les coffres de la Banque de France. Inutile de chercher à savoir qui, la liste est tenue secrète. Jusqu’ici, elles étaient obligées de passer par Londres et son marché d’or de référence, le London Bullion Market (LBMA). Comme l’explique un article de nos confrères des Echos :

 

« Concrètement, pour un service de dépôts rémunérés, l’opération se déroulait selon le schéma suivant : un institut monétaire client de la Banque de France lui demandait quelle rémunération il pouvait obtenir sur son or. La banque centrale française interrogeait alors ses contreparties habituelles — des banques commerciales opérant sur ce marché — qui, elles, proposaient des taux. La transaction était ensuite effectuée à Londres avec de l’or déposé dans la capitale britannique. »

 

Dorénavant, Paris pourra proposer des services de prêts et de leasing d’or, des « swaps » (échange d’or contre des devises, par exemple) et des dépôts rémunérés (gold deposits). Officiellement, il s’agit de faire de Paris une place de choix pour le trading d’un métal jaune qui a la cote. C’est ce qu’a expliqué Sylvie Goulard, second sous-gouverneur de la Banque de France, dans la revue Alchemist, document de référence du LBMA, datée d’octobre 2018 : « Depuis la crise financière de 2008, les gestionnaires de réserves ont renouvelé leur intérêt pour l’or. En effet, l’or a confirmé son statut de valeur refuge et s’est également révélé être un très bon actif de diversification, compte tenu de sa faible corrélation avec les autres classes d’actifs. »

 

 

Mais quel or sera concerné ? 

Les Echos expliquent qu’il s’agira de « l’or de la clientèle essentiellement », à savoir celui des banques centrales étrangères. « Les réserves de l’État français devraient, elles, être exclues de ces transactions. », poursuit le quotidien économique.

 

Tout est dans le mot « essentiellement » et l’emploi du conditionnel. C’est bien ce qui inquiète Philippe Herlin : « Sylvie Goulard explique notamment que la Banque de France fait des efforts pour que tous ses lingots d’or soient aux normes du marché de l’or londonien pour qu’ils soient négocié sur le marché international. Je crois que c’est clair. Cela laisse la porte ouverte à ce que l’or de la Banque de France puisse être négocié sur les marchés. »

 

La déclaration à laquelle fait référence Philippe Herlin est à chercher dans l’interview donnée par Sylvie Goulard à la revue Alchemist : « Depuis 2009, la Banque de France s’est engagée dans un ambitieux programme d’amélioration de la qualité de ses réserves d’or. L’objectif est de s’assurer que tous ses lingots sont conformes aux normes LBMA afin de pouvoir être négociés sur le marché international. »

 

Pour le Docteur en économie, cette déclaration ouvre la porte à une utilisation sur les marchés de l’or de la Banque de France en tant que collatéral à des produits financiers : « Je considère que cela serait dangereux. En cas de mauvaise opération ou de crash soudain, cela pourrait se traduire par des pertes et donc des ventes d’or de la Banque de France. Or cet or doit rester sanctuarisé. Il doit servir de sécurité et de garantie en cas de crise monétaire grave comme une explosion de l’euro. Un tel événement nous obligerait à basculer sur autre monnaie et le fait d’avoir de l’or en quantité dans nos coffres donnerait tout de suite de la confiance dans cette nouvelle devise. Nous n’en viendrons peut-être jamais là. Mais c’est une sécurité pour l’avenir et on ne doit pas jouer avec. »

 

twitte - 1

 

L’économiste s’agace de l’atmosphère secrète qui entoure cette affaire : « Il faut noter que la Banque de France et JP Morgan n’ont pas publié de communiqué. Ce qui est étonnant en soit. » Il veut des réponses : « L’or de la France pourra-t-il être misé sur les marchés ? Est-ce que c’est déjà le cas ? Est-ce que c’est prévu ? Si c’est le cas, quelle part du stock sera concernée ? Nous avons besoin d’information si une partie de l’or des Français doit servir de garantie dans des opérations financières. »

 

Philippe Herlin en appelle notamment aux politiques et autres membres du gouvernement qui « doivent être mis au courant ». Mais il rappelle que, par le passé, le gouvernement avait déjà été tenté de faire fructifier l’or de la France. Toujours dans la revue AlchemistIsabelle Strauss-Kahn, ancienne dirigeante de la Banque de France, a souligné ses démêlés avec des parlementaires par le passé : « Je me souviens d’avoir écrit plusieurs mémorandums pour contrer les multiples demandes des députés et des membres du gouvernement de vendre des réserves [d’or] et de restituer les recettes au gouvernement, ce qui aurait constitué une violation du principe de financement non monétaire énoncé dans la plupart des lois des banques centrales. »

 

En mai 2014, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie de Jacques Chiracdécidait de vendre 500 à 600 tonnes d’or de la Banque de France. L’opération avait pour but de placer l’argent récupéré sur les marchés pour le faire fructifier et résorber la dette. Une catastrophe comptable qu’avait pointée la Cour des comptes dans un rapport annuel. Vendu alors que les cours étaient au plus bas20% de l’or des Français avait été bradé. Un « scandale » pour Philippe Herlin qui ne voudrait pas voir ce type d’opération se répéter : « Si l’or de la Banque de France devient négociable, au moins en partie, cela pourrait raviver des volontés chez un certain nombre de politiques et de membres du gouvernement qui ont besoin d’argent de vendre une partie de l’or des Français ou au moins de l’utiliser en collatéral de produits financiers afin de le rentabiliser et de faire rentrer de l’argent dans les caisses. »

 

Il demande donc à ce que « tous les tenants et les aboutissants » de cette affaire soient rendus publics. Sputnik France a contacté la Banque de France. À notre demande d’« informations, notamment sur la possibilité ou non de voir l’or de la France servir de collatéral à des produits financiers sur les marchés », nous avons obtenu la réponse suivante : « Merci de votre intérêt pour la Banque de France. Concernant votre question, nous ne ferons aucun commentaire supplémentaire par rapport à l’article des Échos que vous avez pu consulter. »

source


 

Jusqu’à 7 mn 13

Time : 14 mn 57 / [2]

 


 

lingots - or - 1

 


 

jp morgan - 2

 


 

Source :

En : https://en.wikipedia.org/wiki/J._P._Morgan

Fr : https://fr.wikipedia.org/wiki/JPMorgan_Chase

En : https://en.wikipedia.org/wiki/JPMorgan_Chase

Fr : https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Pierpont_Morgan

http://www.lbma.org.uk/assets/Alchemist/Alchemist_91/Alch91Complete.pdf

https://fr.sputniknews.com/economie/201901291039825888-or-france-marches-finance-banque/

 

Article :

Sputnik News

 

Vidéo :

[1] GILETS JAUNES : L’OPÉ JP MORGAN -Gilets Jaunes Constituants

[2] Les USA volent l’or des Français ! (e-Press) – PressTV Français

Via Aphadolie

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

La Banque d’Angleterre invitée à remettre l’or vénézuélien à Guaidó

Résultat de recherche d'images pour "l'or vénézuélien"

Bloomberg a annoncé samedi que la Banque d’Angleterre avait refusé au président du Venezuela, Nicolas Maduro, sa demande de livraison de lingots d’or pour une valeur de 1,2 milliard $.

Cette décision est intervenue après que des hauts responsables américains, dont le secrétaire d’État Michael Pompeo et le conseiller à la sécurité nationale John Bolton, aient fait pression sur leurs homologues britanniques pour couper le régime vénézuélien de ses actifs détenus à l’étranger.

Les responsables américains chercheraient désormais à diriger les actifs du Venezuela vers Guaido afin d’accroître ses chances de prendre le contrôle effectif du gouvernement. Les 1,2 milliard $ d’or représentent une grande partie des 8 milliards $ de réserves de change détenues par la banque centrale vénézuélienne.

Selon le Financial Times, Juan Guaido a écrit à Theresa May et au gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, pour les exhorter d’empêcher Nicolas Maduro de faire main basse sur ces 31 tonnes de métal précieux. Dans sa lettre, datée du 26 janvier, Guaido leur a demandé d’arrêter « cette transaction illégitime (…). Si l’argent est transféré, il sera utilisé par le régime Maduro à réprimer le peuple ».

Quelques heures après le refus de la Banque d’Angleterre de livrer l’or entreposé dans ses coffres (dont le montant a doublé après la clôture d’un swap avec Deutsche Bank) à Nicolas Maduro, The Guardian rapporte que le ministre britannique des affaires étrangères a demandé à la BoE de transférer l’or au président autoproclamé par intérim, Juan Guaidó.

Lors d’un discours au Parlement, Sir Alan Duncan a souligné que la décision appartenait à la BoE et à son gouverneur, Mark Carney, et non au gouvernement. Mais il a ajouté :

« Ce sont eux qui doivent prendre une décision à ce sujet. Nul doute qu’ils prendront en compte le fait qu’un grand nombre de pays à travers le monde remettent en question la légitimité de Nicolás Maduro et reconnaissent celle de Juan Guaidó. »

L’ancien président du comité spécial chargé des affaires étrangères, Crispin Blunt, a déclaré que l’actuel président de la banque centrale vénézuélienne n’était pas légitime, car il n’a pas été nommé par l’Assemblée nationale du pays.

Blunt a envoyé des lettres au ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, et au chancelier, Philip Hammond, pour qu’une décision soit prise.

M. Hunt discutera jeudi à Bucarest des prochains efforts de l’Union européenne pour soutenir M. Guaidó.

Une grande partie des pays occidentaux soutenant Guaidó dans son coup d’État, les lingots d’or devraient bientôt être acheminés vers les coffres de l’Assemblée nationale vénézuélienne.

 

Source originale: Zero Hedge

source

 
Poster un commentaire

Publié par le 30 janvier 2019 dans général, or et argent métal, Politique

 

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Fin de la sanctuarisation de l’or de la Banque de France : de nouvelles preuves

Résultat de recherche d'images pour "fin de la sanctuarisation de l’or de la Banque de France"

Mon article précédent sur la fin de la sanctuarisation de l’or de la Banque de France a vivement intéressé avec plus de 20.000 vues, ainsi que sa publication sur Twitter avec près de 500 retweets. L’information n’a cependant pas été reprise dans les grands médias, sans doute paraissait-elle trop « complotiste » (une accusation ridicule, je défie quiconque d’en trouver trace dans mes huit ouvrages, et je n’utilise que des données publiques et des sources reconnues), alors revenons sur cette affaire d’importance.

L’annonce de cette information, à savoir la création d’un marché de l’or entre la Banque de France et JP Morgan, provient d’une dépêche Reuters du 12 novembre. Notons qu’il n’y a aucun communiqué de ces deux institutions financières, ce qui est assez bizarre et dénote d’un troublant goût du secret. La source première de Reuters est une publication de Sylvie Goulard, second sous-gouverneur de la Banque de France, dans la revue Alchemist d’octobre 2018. Or il se trouve qu’elle est en accès libre. Lisons-la !

Tout d’abord un constat : « Depuis la crise financière de 2008, les gestionnaires de réserves [les banques centrales] ont renouvelé leur intérêt pour l’or. En effet, l’or a confirmé son statut de valeur refuge et s’est également révélé être un très bon actif de diversification, compte tenu de sa faible corrélation avec les autres classes d’actifs. » (page 6) Très juste !

Sylvie Goulard poursuit : « S’appuyant sur sa longue expérience dans la gestion de ses réserves d’or, la Banque de France a commencé en 2012 à élargir sa gamme de services sur l’or aux gestionnaires de réserves [les banques centrales]. En plus d’offrir la garde de l’or physique dans son coffre-fort à Paris, la Banque de France peut acheter et vendre de l’or sur les marchés au comptant pour ses clients institutionnels, en utilisant son expertise en matière d’exécution. »

L’annonce de la création du marché de l’or consiste à proposer des gold swaps(contrats d’échanges or contre devises) et gold leasing (prêts d’or), et donc à ne plus se limiter au marché au comptant.

Des services à destination des banques centrales étrangères qui stockent tout ou partie de leur or à la Banque de France (et dont la liste est secrète…).  Serait-ce aussi le cas de l’or de la Banque de France ? Comme l’explique Sylvie Goulard : « Depuis 2009, la Banque de France s’est engagée dans un ambitieux programme d’amélioration de la qualité de ses réserves d’or. L’objectif est de s’assurer que tous ses lingots sont conformes aux normes LBMA [London Bullion Market, le marché de l’or de Londres] afin de pouvoir être négociés sur le marché international. » Je crois que c’est clair.

Il faut aussi lire l’article qui suit, écrit par Isabelle Strauss-Kahn, ancienne dirigeante de la Banque de France. Elle explique ainsi : « Je me souviens d’avoir écrit plusieurs mémorandums pour contrer les multiples demandes des députés et des membres du gouvernement de vendre des réserves [d’or] et de restituer les recettes au gouvernement, ce qui aurait constitué une violation du principe de financement non monétaire énoncé dans la plupart des lois des banques centrales. » (page 9) Bravo, on ne peut que l’en féliciter, même si elle n’aura pu empêcher la vente de 589 tonnes d’or par Nicolas Sarkozy en 2004, une décision funeste.

Elle précise en outre qu’en juin 1999, « la BNS [Banque Nationale Suisse] a décidé que la moitié de ses 2590 tonnes de réserves d’or n’étaient plus nécessaires à des fins monétaires. » La BNS a donc sanctuarisé la moitié de ses réserves d’or. Qu’en est-il pour la Banque de France ? Telle est la question.

 

 
Poster un commentaire

Publié par le 25 janvier 2019 dans économie, général, or et argent métal

 

Étiquettes : , , , , , , , , , ,

A quoi s’attendre en 2019 pour l’or ?

Certains observateurs pensent que 2018 ressemble étrangement à 2008, surtout sur le sur le front de l’or. Et les quatre années suivantes furent fastes pour le métal jaune…

 « L’année 1916 a été tellement désastreuse que l’année 1917 sera certainement meilleure ». Un siècle après ce pronostic de Nicolas II, tsar de toutes les Russies, souhaitant une bonne année à son peuple en décembre 1916, l’année qui vient de se terminer a été une nouvelle occasion de vérifier que la prévision est un vain exercice.

CNBC le 24 janvier 2018 : « La bourse a connu son meilleur début d’année depuis 31 ans, ce qui est de bon augure pour le reste de 2018. »

CNBC 11 mois plus tard : « Les actions américaines affichent la pire année de leur décennie, le S&P 500 enregistrant une baisse de plus de 6% en 2018. »

Raison de plus pour tirer notre chapeau à ceux qui ont tiré leur épingle du jeu des pronostics.

Le 25 juin, Natixis écrivait que « les investisseurs peuvent donc aujourd’hui trouver des arguments raisonnables pour ne rien acheter (sauf du cash en dollars). »

Le 1er août, le blogueur Bruno Bertez donnait son « conseil du siècle » : « vendez tout, absolument tout. Ne regardez plus les cours jusqu’à ce que vous ayez entendu dire que les marchés ont chuté de plus de 40% », suggérait-il.

Pour ce qui est du métal jaune, Florian Grummes de Midas Gold Consulting a annoncé le plus bas de l’or en dollars avec seulement 40 jours d’avance.

 

Reste à savoir si son scénario pour 2019 se vérifiera lui aussi.

D’autres commentateurs n’ont pas connu le même succès. 

Premier trimestre 2018 : « et si l’or ne servait plus à rien ? »

En février-mars, les marchés actions se prenaient un premier gadin et l’or plongeait en dollars comme en euros. Il n’en fallait pas plus pour que certains commentateurs en viennent à se demander si l’actif plurimillénaire présentait encore une quelconque utilité.

Alain Pitous, directeur général de Talence Gestion, craignait même que…

« […] l’or [puisse], comme c’est le cas depuis quelques temps, se comporter comme une matière première comme une autre. C’est-à-dire voir son cours fluctuer en fonction de l’offre et la demande. Dans ce cas, inutile de dire que l’on sera assez loin pour l’or d’une assurance anti-krach boursier… surtout que dans ce cas, si l’économie ralentit, les matières premières ont plutôt tendance à baisser ».

Ce développement appelle plusieurs remarques.

Tout d’abord, sauf à ce que le pouvoir politique se remette à administrer le prix du métal jaune, rappelons que le cours de ce dernier est toujours fonction de l’offre et de la demande (avec la particularité d’une demande de réservation très élevée qui découle de son ratio stock/flux lui-même très élevé).

Peu importe que cette demande provienne de l’industrie, de la bijouterie, des investisseurs ou encore du secteur officiel : depuis 1971, le prix de l’or est négocié librement sur les marchés.

Ensuite, l’or n’a pas nécessairement besoin d’évoluer dans une économie en croissance pour briller. L’or exprimé en dollars US s’est très bien comporté au cours des dernières récessions américaines.

Enfin et surtout, il est crucial de ne pas se laisser enfumer par les innombrables mythes qui circulent au sujet du métal jaune. 

Faut-il vraiment considérer l’or comme une « assurance anti-krach boursier » ?

Du strict point de vue d’un épargnant exposé aux marchés actions et obligations français et sur le long terme, l’or présente certes des vertus en tant qu’outil de diversification de portefeuille, mais ces dernières sont « mitigées ». C’est le terme qu’utilise Thi Hong Van Hoang dans sa thèse de doctorat qui porte sur la période 1949-2009.

J’ai eu l’occasion de l’évoquer dans mon livre (*) :

« Ce n’est que dans les périodes où son prix a une tendance haussière […] que l’or physique améliore réellement la performance des portefeuilles. Sur la période 2004-2009, l’introduction d’or dans un portefeuille d’investissement permet non seulement de réduire le risque, mais également d’augmenter la rentabilité, alors qu’au cours de la période 1983-2003, la réduction du risque a eu lieu au détriment de la rentabilité du portefeuille. »

Malgré sa faible corrélation avec les indices actions, il est donc hasardeux de tenter de se protéger d’un krach boursier en achetant de l’or. Cela n’est tout simplement pas la fonction du métal jaune. L’or est avant tout une assurance patrimoniale pour les périodes d’apocalypse, de crises sévères – financières, économiques, politiques – mais surtout lorsque se matérialise la mère de toutes les crises : la crise monétaire.

L’« instinct de Costanza »

C’est justement parce que l’or est universellement reconnu en tant que moyen d’échange que son cours ne monte pas nécessairement en cas de baisse des marchés actions.

Au mois d’août dernier, alors que les pays émergents avaient un besoin vital de dollars US, le blogueur Bruno Bertez rappelait les ressorts de ce mécanisme :

« Les commentateurs n’arrivent pas à comprendre que l’or ne baisse pas malgré la crise turque, mais qu’il baisse à cause de la crise turque. L’or joue parfaitement sa fonction de réserve. Cette crise provoque des ventes d’or car l’or est une réserve de valeur qui permet d’avoir des dollars. L’or est la réserve de valeur qui ne dépend de personne : quand une monnaie s’effondre, la vente de l’or que l’on détient permet d’honorer ses engagements en dollars. Quand le dollar est rare, on obtient du dollar en vendant son or. L’or a une fonction de réserve monétaire qui s’affirme ici. »

Le stratégiste Mark Orsley a même théorisé ce déchirement entre ce qui semble logique à première vue et ce qui se passe de manière contre-intuitive sur les marchés. C’est ce qu’il appelle les « trades Costanza », du nom de George Costanza, le personnage du célèbre sitcom Seinfeld. Costanza échouant dans tous les domaines de la vie, il en vient à se demander le temps d’un épisode si, pour réussir, il ne devrait pas faire l’exact inverse de ce que lui dictent ses tripes, ce qui fonctionne à merveille !

Voici ce qu’explique Mark Orsley :

« Instinct de Costanza : les actifs risqués continuent à être peu demandés et l’or permet de protéger son portefeuille en cas d’apocalypse. Costanza : l’or perd de son lustre en tant que valeur refuge et, si les marchés tournent mal, style 2008, il sera lui aussi liquidé. »

L’or protègera-t-il les investisseurs de la prochaine dégelée des marchés actions ? Cela dépend de la phase de marché dans laquelle on se situe par rapport à 2008 sur les marchés actions, si tant est que l’on ait affait à un déroulement similaire.

2008 = 2018, vraiment ?

Aurions-nous eu droit en 2018 au même combat qu’en 2008 ? Certains font le rapprochement entre ces deux années car, comme le rappelait le site Zero Hedge début septembre :

« L’année 2008 a une signification particulière pour les goldbugs, à la fois à cause de l’argent qu’ils ont perdu en août de cette année-là, et de l’argent qu’ils ont gagné dans les cinq ans qui ont suivi. Le monde d’aujourd’hui commence à sembler étrangement similaire. »

Il est vrai que maintenant que l’on sait comment s’est terminée l’année 2018 sur le front du métal jaune, la ressemblance avec 2008 est d’autant plus frappante.

Cependant, même si les marchés actions sont entrés en territoire baissier, nous n’avons pour le moment eu droit qu’à une légère débandade, et certainement pas à une apocalypse en mode 2008.

Voilà un argument qui plaide dans le sens d’une correction à venir sur le métal jaune avant de nouveaux plus hauts.

True Money Supply tend à confirmer cette hypothèse. Comme l’expliquait Joseph Salerno le 20 décembre sur Zero Hedge :

« Ce qui est très intéressant, c’est que la récente décélération de la croissance monétaire (la deuxième flèche rouge) correspond presque exactement en ampleur et en rapidité à la décélération monétaire (la première flèche rouge) qui a immédiatement précédé la crise financière de 2007-2008. »

Une seule chose est sûre : rien n’est certain…

Evidemment, nul ne sait à coup sûr si la « tempête parfaite » pour l’or fera ses ravages dès 2019 ou attendra les années qui suivront, mais l’on finira sans aucun doute par y avoir droit.

En ce qui me concerne, je ne me risquerai qu’à un seul pronostic pour 2019 : à coup sûr, cette année 2019 s’annonce passionnante.

source

Pendant ce temps, comme rapporté par Zero Hedge, L’or atteint un niveau record dans 72 devises :

 
Poster un commentaire

Publié par le 22 janvier 2019 dans général, or et argent métal

 

Étiquettes : , , , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :