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L’Italie « trahit » les États-Unis avec la Chine : la nouvelle Route de la Soie passe par Rome

L’Italie « trahit » les États-Unis avec la Chine : la nouvelle Route de la Soie passe par Rome

par Alessandro Pagani

La position italienne sur le Venezuela a surpris. L’Italie s’est dissociée de la majorité des pays de l’Union Européenne pour dire qu’elle ne reconnaît pas Juan Guaidó comme Président de ce pays d’Amérique Latine. L’Italie est sur le point de recevoir le Président chinois, avec lequel elle a conclu des accords économiques et commerciaux sans précédent entre les deux pays, le tout sans cesser d’appartenir à l’OTAN.

Il y a quelques jours, le gouvernement du Mouvement 5 Étoiles et de la Ligue du Nord en Italie a laissé perplexes les autres pays membres de l’Union Européenne : ils ont informé par une note officielle du Ministère des Affaires Étrangères que l’Italie n’assumait pas la responsabilité politique d’entrer dans les affaires intérieures d’autres pays, en particulier du Venezuela, et que par conséquent ils prenaient leurs distances avec les décisions de l’Union Européenne concernant la reconnaissance ou non du Président putschiste autoproclamé par les États-Unis Juan Gerardo Guaidó Márquez.

Cette décision a contraint l’Union Européenne et sa représentante, Federica Mogherini, à revenir en arrière par rapport à la reconnaissance de Guaidó comme « Président » et à inviter les pays membres de l’Union Européenne à se réunir, s’ils le souhaitent, pour développer des politiques amies avec le gouvernement légitime et constitutionnel de Nicolás Maduro, et à promouvoir des rencontres entre gouvernement et opposition, activités déjà réalisées mais qui – du fait des interventions impériales des États-Unis – n’ont abouti à rien.

Le vice-Ministre italien des Affaires Étrangères, Manlio Di Stefano, a été clair dans sa note officielle :

« L’Italie ne reconnaît pas Guaidó, parce que nous sommes absolument contre le fait qu’un pays ou un groupe de pays tiers puisse déterminer la politique intérieure d’un autre pays ; cela s’appelle le principe de non-ingérence et est reconnu par les Nations Unies. La même erreur a été commise en Libye et aujourd’hui elle est reconnue par tous ; nous devons empêcher que la même chose ne se produise au Venezuela« .

Pourquoi l’Italie a-t-elle adopté cette position de rupture claire avec l’Union Européenne et son allié stratégique, les États-Unis, du pacte criminel appelé Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ? L’Italie a-t-elle un gouvernement qui s’intéresse vraiment à la « non-ingérence » dans les affaires étrangères ? L’Italie a-t-elle subi soudainement un changement politique et historique ?

Eh bien, allons-y doucement. Tout d’abord, précisons clairement que tous les membres du gouvernement de la Ligue du Nord et de 5 Étoiles ne sont pas favorables à cette décision, qui est, à mon sens, la seule décision, et qui ne permet pas – comme le pense aussi le Mexique – le déclenchement d’une guerre civile dans la République Bolivarienne du Venezuela.

En même temps que les notes officielles du vice-Ministre des Affaires Étrangères du Mouvement 5 Étoiles, un autre vice-Ministre des Affaires Étrangères, Guglielmo Picchi, du parti de la Ligue du Nord, une organisation politique d’extrême droite et xénophobe, a déclaré son désaccord avec la position officielle de son propre gouvernement, disant qu’il considérait la présidence de Maduro comme « terminée » et a demandé que des observateurs indépendants soient présents aux nouvelles élections présidentielles.

Cette position de la Ligue du Nord de Salvini n’est pas nouvelle à cet égard, mais laissons de côté ce parti très proche des néofascistes en Italie et revenons à la nouvelle position politique du Mouvement 5 Étoiles.

38832388_401Cette position très courageuse est-elle peut-être liée à la visite du Ministre chinois des Affaires Étrangères pour préparer l’arrivée de Xi Jinping à Rome en mars prochain ?

A cette occasion, avec la visite du Président de la République Populaire de Chine, le gouvernement italien pourrait même signer un mémorandum d’intention pour la nouvelle Route de la Soie.

Les relations entre l’Italie et la Chine se sont fortement accélérées avec le gouvernement Ligue du Nord-Mouvement 5 Étoiles. Le moteur a de nouveau été le Mouvement Cinq Étoiles à travers les « missions » en Chine du Ministre Di Maio, de son entourage et du Ministre Tria. De son côté, Salvini, bien qu’il ait lui-même rendu publique sa volonté de se rendre en Chine après les élections, vient de faire des déclarations critiques et xénophobes très vives contre Pékin.

En effet, ces jours-ci, la visite du Ministre chinois des Affaires Étrangères, Wang Yi, a eu lieu à Rome, à la tête de la délégation qui prépare l’arrivée en Italie de Xi Jinping, le Président chinois, du 19 au 21 mars.

Lors des journées passées à Farnèse, à l’occasion de la neuvième réunion du Comité mixte Italie-Chine, Wang Yi, devant la présence du Ministre italien des Affaires Étrangères, Enzo Moavero Milanesi, a souligné les très bonnes relations entre l’Italie et la Chine, évoquant souvent la « Nouvelle Route de la Soie », la coopération « gagnant-gagnant » et le début d’une « nouvelle ère », y compris sur le plan diplomatique.

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Seul le mégaprojet de Pékin, la One Belt One Road, devrait représenter le thème central de la visite de Xi : l’Italie serait donc prête à signer un protocole d’intention sur la nouvelle Route de la Soie, ainsi que la Grèce, la Hongrie et le Portugal.

Pour la Chine, ce serait un résultat très important : l’Italie est l’un des fondateurs de l’Union Européenne, fait partie du Groupe des Sept (G7) et, par tradition, fait partie du Pacte Atlantique.

Une telle signature – l’Italie est déjà membre fondateur de la Banque Asiatique d’Investissement dans les Infrastructures, « moteur » économique et financier de la nouvelle Route de la Soie – conduirait à un changement de paradigme de la politique étrangère italienne d’une grande importance. Cela signifierait commencer à penser à de nouvelles alliances moins dépendantes des intérêts des États-Unis ; c’est pour cette raison qu’on attend des signatures d’accords qui rapprochent Huawei de plusieurs projets italiens, et tout cela sans donner d’importance à la campagne très féroce que les États-Unis mènent contre ce géant technologique chinois.

La signature du mémorandum est considérée comme déjà faite, si ce n’est en mars, fin avril, à l’occasion de la deuxième réunion internationale des pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) à Pékin, mais elle n’est pas encore complètement définie.

Il y a encore deux obstacles pour le gouvernement italien. Le premier est de nature interne et dépend de relations ambiguës entre les deux forces gouvernementales : celle du Mouvement 5 Étoiles, promoteur d’une Italie dans la nouvelle Route de la Soie, et celle de la Ligue du Nord de Salvini, soumise à l’OTAN et aux intérêts des États-Unis et d’Israël. Le second est européen : Xi Jinping, avant de se rendre à Rome, visitera Paris. Si la France devait également signer ce mémorandum, « l’effet » de l’adhésion de l’Italie à la nouvelle Route de la Soie serait sans doute mineur. Cependant, du moins en ce qui concerne l’orientation internationale du gouvernement, l’adhésion de l’Italie serait un changement très pertinent dans la géopolitique impériale de la région méditerranéenne.

Business-Forum-Italia-Cina-intesa-tra-Regione-Campania-e-Municipalità-di-Pechino-2.jpegC’est précisément la raison pour laquelle les problèmes internes de la coalition gouvernementale ne doivent pas être sous-estimés, compte tenu des dernières déclarations de Matteo Salvini en faveur de Trump à propos du Venezuela et très critiques envers la Chine, notamment au sujet des politiques chinoises en Afrique définies comme de l’ingérence, phénomène que Salvini oublie quand il s’agit des crimes italiens qui persistent en Afrique et en Méditerranée.

Enfin, il y a quelques mois, lors de la présentation du groupe de travail chinois du Ministre du Développement Économique, le sous-Secrétaire Michele Geraci avait mentionné que la coopération avec la Chine ne mettrait pas en danger la « vocation atlantique » de l’Italie.

Bien sûr, dans le cas des accords lors de la visite de Xi Jinping à Rome, les réactions des États-Unis, ainsi que les conséquences internes, devront être soigneusement évaluées. Le gouvernement pourrait essayer de communiquer sa propre ambiguïté, qui s’est toujours reflétée dans la politique étrangère italienne, depuis sa naissance en tant que nation en 1861 jusqu’à aujourd’hui, pour s’engager dans le projet de la nouvelle Route de la Soie, sans perdre sa vocation atlantiste, qui peut apporter des avantages très importants dans sa géopolitique impériale, mais qui ne constitue pas un pacte gratuit.

Il est donc nécessaire de souligner que la position remarquable de l’Italie sur le Venezuela doit être prise avec réserve, sans tomber dans la jubilation, puisqu’elle accepte officiellement la non-ingérence dans les affaires des autres pays, mais avec la précision, surtout, que le gouvernement italien n’est pas « ni » avec Maduro, « ni » avec Guaidó. Et si demain il n’était « ni » avec la Chine, « ni » avec les États-Unis, soulignant comme toujours ses volte-faces en politique étrangère ?

Apparemment, l’Italie a la Chine pour « amant » mais sa « femme » reste les États-Unis, l’OTAN dans la politique impériale perverse de la région méditerranéenne.

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Publié par le 15 février 2019 dans économie, général, International, Politique

 

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WikiLeaks révèle que les États-Unis ont utilisé le FMI et la Banque mondiale à des fins militaires comme des armes “non conventionnelles”

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Dans un manuel militaire sur la “guerre non conventionnelle” récemment divulgué par WikiLeaks, l’armée américaine déclare que les grandes institutions financières mondiales – telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – sont utilisées comme “armes financières non conventionnelles en temps de conflit, y compris en temps de guerre générale à grande échelle”, ainsi que pour tirer parti “des politiques et de la coopération des États”.

Le document, officiellement intitulé “Field Manual (FM) 3-05.130, Army Special Operations Forces Unconventional Warfare” et rédigé à l’origine en septembre 2008, a été récemment divulgué par WikiLeaks sur Twitter à la lumière des récents événements au Venezuela ainsi que du siège économique de ce pays mené pendant des années par les États-Unis, à travers des sanctions et autres moyens économiques de guerre. Bien que le document ait suscité un nouvel intérêt ces derniers jours, il avait été publié à l’origine par WikiLeaks en décembre 2008 et a été décrit comme le “manuel du changement de régime” des militaires.

Les récents tweets de WikiLeaks sur le sujet ont attiré l’attention sur une seule section du document de 248 pages intitulé “Financial Instrument of U.S. National Power and Unconventional Warfare”. Cette section note en particulier que le gouvernement des États-Unis exerce “un pouvoir financier unilatéral et indirect en exerçant une influence persuasive sur les institutions financières internationales et nationales en ce qui concerne la disponibilité et les conditions de prêts, de subventions ou d’autres formes d’aide financière aux acteurs étatiques et non étatiques étrangers” et désigne expressément la Banque mondiale, le FMI et l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), de même que la Banque des règlements internationaux (BRI), en tant que “lieux diplomatiques et financiers pour atteindre” ces buts.

Le manuel vante également la “manipulation par l’État de l’impôt et des taux d’intérêt” ainsi que d’autres “mesures juridiques et bureaucratiques” visant à “ouvrir, modifier ou fermer les flux financiers” et précise en outre que l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain – qui supervise les sanctions américaines contre d’autres pays, comme le Venezuela – “a une longue expérience de guerre économique précieuse pour toute campagne ARSOF [Special Operations Forces] UW (Uncon conventiontional Warfare)”.

La présente section du manuel précise que ces armes financières peuvent être utilisées par l’armée américaine pour créer “des incitations financières ou des mesures dissuasives afin de persuader les adversaires, les alliés et les mères de substitution de modifier leur comportement aux niveaux stratégique, opérationnel et tactique du théâtre” et que ces campagnes de guerre non conventionnelles sont hautement coordonnées avec le département d’État et la communauté du renseignement pour déterminer “quels éléments du terrain humain dans la zone des opérations militaires non conventionnelles (UWOA) sont plus susceptibles à un engagement financier”.

Le rôle de ces institutions financières internationales “indépendantes” en tant qu’extensions du pouvoir impérial américain est développé ailleurs dans le manuel et plusieurs de ces institutions sont décrites en détail dans une annexe du manuel intitulée “L’instrument financier du pouvoir national”. Notamment, la Banque mondiale et le FMI sont listés à la fois comme des instruments financiers et des instruments diplomatiques du pouvoir national américain, ainsi que comme faisant partie intégrante de ce que le manuel appelle le “système actuel de gouvernance mondiale”.

De plus, le manuel stipule que l’armée américaine “comprend que la manipulation correctement intégrée du pouvoir économique peut et doit être une composante de la guerre non conventionnelle”, ce qui signifie que ces armes sont une caractéristique régulière des campagnes de guerre non conventionnelles menées par les États-Unis.

Un autre point intéressant est que ces armes financières sont en grande partie régies par le Conseil de sécurité nationale (CSN), qui est actuellement dirigé par John Bolton. Le document note que le CSN “a la responsabilité première de l’intégration des instruments économiques et militaires de la puissance nationale à l’étranger”.

“Indépendant” mais contrôlé

Bien que le manuel de guerre non conventionnel se distingue par le fait qu’il affirme ouvertement que les institutions financières “indépendantes” comme la Banque mondiale et le FMI sont essentiellement des extensions du pouvoir du gouvernement américain, les analystes notent depuis des décennies que ces institutions ont constamment fait avancer les objectifs géopolitiques des États-Unis à l’étranger.

En effet, le mythe de “l’indépendance” de la Banque mondiale et du FMI s’effrite rapidement en examinant simplement la structure et le financement de chaque institution. Dans le cas de la Banque mondiale, l’institution est située à Washington et le président de l’organisation a toujours été un citoyen américain choisi directement par le président des États-Unis. Dans toute l’histoire de la Banque mondiale, le Conseil des gouverneurs de l’institution n’a jamais rejeté le choix de Washington.

Lundi dernier, le président Donald Trump a nommé David Malpass, ancien économiste de Bear Stearns, à la tête de la Banque mondiale. M. Malpass n’avait pas prévu la destruction de son ancien employeur lors de la crise financière de 2008 et est susceptible de limiter les prêts de la Banque mondiale à la Chine et aux pays alliés ou alliés de la Chine, étant donné sa réputation bien établie de faucon de Chine.

En plus de choisir son président, les États-Unis sont aussi le plus important actionnaire de la banquece qui en fait le seul pays membre à avoir un droit de veto. En effet, comme le note le manuel de guerre non conventionnel qui a fait l’objet d’une fuite, “les États-Unis peuvent bloquer tout changement majeur” à la politique de la Banque mondiale ou aux services qu’elle offre, car les décisions majeures exigent une majorité de 85% des voix. De plus, le secrétaire américain au Trésor, ancien banquier de Goldman Sachs et “roi de la forclusion”, Steve Mnuchin, est le gouverneur de la Banque mondiale.

Bien que le FMI diffère de la Banque mondiale à plusieurs égards, notamment en ce qui concerne sa mission et ses objectifs déclarés, il est lui aussi largement dominé par l’influence et le financement du gouvernement américain. Par exemple, le FMI est également basé à Washington et les États-Unis sont le plus important actionnaire de la société – de loin le plus important, détenant 17,46 % de l’institution – et paie également la plus grande quote-part pour l’entretien de l’institution, soit 164 milliards de dollars d’engagements financiers du FMI par an. Bien que les États-Unis ne choisissent pas le plus haut dirigeant du FMI, ils se servent de leur position privilégiée en tant que principal bailleur de fonds de l’institution pour contrôler la politique du FMI en menaçant de suspendre son financement si l’institution ne se conforme pas aux exigences de Washington.

En conséquence de l’influence inégale des États-Unis sur le comportement de ces institutions, ces organisations ont utilisé leurs prêts et leurs subventions pour “piéger” les nations dans la dette et ont imposé des programmes d’“ajustement structurel” à ces gouvernements endettés qui entraînent la privatisation massive des actifs publics, la déréglementation et l’austérité dont bénéficient régulièrement les sociétés étrangères au détriment des économies locales. Souvent, ces mêmes institutions – en faisant pression sur les pays pour qu’ils déréglementent leur secteur financier et en corrompant leurs relations avec les acteurs étatiques – sont à l’origine des problèmes économiques qu’elles s’emploient ensuite à “résoudre”.

Guaidó fait son entrée au FMI

Compte tenu des relations étroites entre le gouvernement américain et ces institutions financières internationales, il n’est guère surprenant qu’au Venezuela, le “président intérimaire” Juan Guaidó, soutenu par les États-Unis, ait déjà demandé des fonds du FMI, et donc une dette contrôlée par le FMI, pour financer son gouvernement parallèle.

C’est très important parce que cela montre que le principal objectif de Guaidó, en plus de privatiser les énormes réserves pétrolières du Venezuela, est de mettre à nouveau le pays aux mains de la machine de la dette contrôlée par les États-Unis.

Comme l’a récemment noté Grayzone Project :

“L’ancien président socialiste élu du Venezuela, Hugo Chávez, a rompu les liens avec le FMI et la Banque mondiale, qu’il a qualifiés de ‘dominés par l’impérialisme américain’. Au lieu de cela, le Venezuela et d’autres gouvernements de gauche en Amérique latine ont travaillé ensemble pour cofonder la Banque du Sud, en contrepoids au FMI et à la Banque mondiale.”

Cependant, le Venezuela est loin d’être le seul pays d’Amérique latine à être visé par ces armes financières déguisées en institutions financières “indépendantes”. Par exemple, l’Equateur – dont l’actuel président a cherché à ramener le pays dans les bonnes grâces de Washington – est allé jusqu’à effectuer un “audit” de son asile de journaliste et éditeur de WikiLeaks, Julian Assange, afin de gagner un sauvetage de 10 milliards de dollars du FMI. L’Équateur a accordé l’asile à Assange en 2012 et les États-Unis ont demandé avec ferveur son extradition pour des charges encore scellées depuis lors.

De plus, en juillet dernier, les États-Unis ont menacé l’Équateur de “mesures commerciales punitives” s’ils introduisaient à l’ONU une mesure visant à soutenir l’allaitement maternel plutôt que les préparations pour nourrissons, ce qui a stupéfié la communauté internationale mais a mis à nu la volonté du gouvernement américain d’utiliser des “armes économiques” contre les nations latino-américaines.

Outre l’Équateur, d’autres cibles récentes de la “guerre” massive du FMI et de la Banque mondiale comprennent l’Argentine, qui a accordé le plus important prêt de renflouement du FMI de l’histoire, l’an dernier seulement. Cet ensemble de prêts a été, sans surprise, fortement sollicité par les États-Unis, selon une déclaration du secrétaire au Trésor Mnuchin publiée l’an dernier. Notamment, le FMI a joué un rôle déterminant dans l’effondrement complet de l’économie argentine en 2001, envoyant un mauvais présage pour l’approbation, l’an dernier, de l’ensemble record de prêts.

Bien qu’il ait été publié il y a plus d’une décennie, ce “manuel du coup d’Etat américain” récemment mis en lumière par WikiLeaks nous rappelle que la prétendue “indépendance” de ces institutions financières est une illusion et qu’elles font partie des nombreuses “armes financières” régulièrement utilisées par le gouvernement américain pour plier les pays à sa volonté et même renverser les gouvernements défavorisés par les États-Unis.

Lire aussi : Snowden prend la parole pour Assange : “Si vous refusez une chose à votre ennemi, ce n’est pas un droit”

Source : MintPress News par Whitney Webb – Traduit par Anguille sous roche

 

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Venezuela : les Etats-Unis orchestrent un coup d’Etat pour empêcher une base militaire russe

Vu sous cette angle, ça expliquerait beaucoup de choses sur la situation au Venezuela. Sachant que Moscou estime que Washington « a déjà pris la décision d’intervenir au Venezuela » – ça expliquerait pourquoi Maduro prépare des manœuvres militaires pour contrer une invasion possible du Venezuela,  pourquoi le Venezuela sort ses S-300, et pourquoi Maduro refuse d’ouvrir ses frontières à l’aide humanitaire. C’est clair que les US ne laisseraient jamais une base Russe s’installer dans leur « arrière cour ». Z 

Venezuela : les Etats-Unis orchestrent un coup d’Etat pour empêcher une base militaire russe

Au Venezuela, une tentative de coup d’Etat est en cours avec un résultat incertain. La crise, essentiellement régionale, a cependant un contexte géopolitique explosif. C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont maintenant un impact aussi important sur les événements au Venezuela.

Depuis 1823, les Etats-Unis considèrent l’ensemble du continent américain comme leur arrière-cour, où non seulement ils veulent avoir leur mot à dire, mais où surtout ils ne tolèrent pas l’influence de pays extérieurs aux Etats-Unis. C’est ainsi que le président américain James Monroe (1758-1831) l’a présenté dans la doctrine Monroe qui porte son nom. A cette époque, les Etats-Unis voulaient écarter de l’Amérique (c’est-à-dire l’Amérique du Nord et du Sud) l’influence des puissances coloniales européennes.

Le Venezuela est depuis longtemps un caillou dans la chaussure des Etats-Unis. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, les Etats-Unis font pression sur le pays par des sanctions et des alliances politiques. Un gouvernement qui se dit socialiste et qui ne suit pas la volonté des États-Unis n’est pas tolérable pour Washington dans son arrière-cour.

On lit toujours beaucoup de choses sur le fait que le gouvernement socialiste du Venezuela a ruiné le pays, mais on ne parle pas du rôle des sanctions occidentales contre le pays. Le Venezuela est l’un des pays ayant les plus grandes réserves de pétrole au monde et si les sanctions n’entravaient pas l’industrie pétrolière, la situation dans ce pays ne serait pas aussi désespérée. Le Venezuela pourrait être riche comme l’Arabie Saoudite, où le gouvernement au pouvoir n’est pas particulièrement efficace en matière d’économie. Avec une telle richesse (pétrolière), un pays ne peut pas être si gravement mal géré au point de s’effondrer.

Des sanctions sont nécessaires pour éliminer cette source de revenus.

La situation au Venezuela est désespérée, le potentiel de protestation du peuple est gigantesque. Les Etats-Unis étaient aux aguets, puis est venue la « déclaration de guerre » des Etats-Unis, lorsqu’ils ont reconnu sans plus attendre le président du Parlement en tant que président en fonction. Sur le plan politique, le pays est divisé entre le président et le Parlement dominé par l’opposition. Et après le feu vert des Etats-Unis, le président du Parlement s’est autoproclamé président. Il est on ne peut plus clair que les États-Unis eux-mêmes tirent les ficelles.

Maintenant, le pays est au bord de la guerre civile. Les militaires semblent majoritairement aux côtés du président, mais le « majoritairement » laisse ouverte la question de savoir comment les choses vont évoluer.

L’une des raisons pour lesquelles les États-Unis exercent maintenant des pressions est probablement le fait qu’à la fin de l’année dernière pour la première fois la Russie a amené des bombardiers stratégiques au Venezuela et qu’elle négocie actuellement avec le Venezuela la création d’une base militaire. Une base militaire russe avec des navires de guerre et des bombardiers stratégiques au Venezuela est inacceptable pour les Etats-Unis, ils devaient agir.

Ce que les États-Unis revendiquent pour eux-mêmes, à savoir le droit de stationner des militaires et des armes stratégiques n’importe où dans le monde, ils ne le concèdent en aucun cas à autrui. Les missiles nucléaires américains à la frontière russe sont acceptables aux yeux de l’Occident, mais lorsqu’il s’agit d’armes russes dans l’arrière-cour américaine, les signaux se mettent au rouge pour les États-Unis.

Comme prévu, les vassaux occidentaux suivent la ligne des Etats-Unis et exigent soit la démission du président, soit de nouvelles élections. La Russie s’est opposée à cette ligne et a fermement condamné l’ingérence américaine dans les affaires intérieures du Venezuela. La Turquie, contrairement au reste de l’OTAN, a également pris le parti du président. Comme toujours, la Chine s’exprime plus prudemment et contre la violence.

D’ailleurs, le comportement des États-Unis et de l’UE constitue une violation manifeste du droit international, qui interdit clairement toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures d’un pays. Mais quelles sont les exigences des États-Unis pour soutenir un coup d’État, si ce n’est l’ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela ? Il en va de même pour la demande de l’UE de nouvelles élections au Venezuela. Chaque pays est autorisé à réglementer ses propres affaires ; toute ingérence extérieure viole le droit international. Par exemple, où irions-nous si le Venezuela exigeait de nouvelles élections en Allemagne ?

Les Etats-Unis parlent même d’un éventuel déploiement de l’armée américaine au Venezuela. Si le président s’impose contre le Parlement, le risque est grand que les Etats-Unis trouvent un prétexte pour envahir le pays. La Russie, par contre, a fortement mis en garde contre l’intervention militaire des Etats-Unis.

Bref, il s’agit, d’une part, du pétrole et, d’autre part, du conflit avec la Russie, qui voudrait s’installer dans l’arrière-cour des États-Unis, tout comme les États-Unis se déploient aux portes de la Russie. Vraisemblablement, les Etats-Unis ne reculeront pas devant la force militaire si nécessaire, si leurs protégés n’atteignent pas leur but sans cette aide. En effet, une fois que les Russes auront une base au Venezuela, l’intervention militaire des États-Unis sera beaucoup plus risquée qu’elle ne l’est actuellement. Reste à savoir comment la Russie va réagir.

Liens : https://www.anti-spiegel.ru/2019/venezuela-usa-orchestrieren-putsch-um-russischen-militarstutzpunkt-zu-verhindern/

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Pourquoi les Etats-Unis éprouvent-ils soudain la nécessité de déguerpir de la Syrie ?

Pourquoi les Etats-Unis éprouvent-ils soudain la nécessité de déguerpir de la Syrie ?

Donald Trump à donc annoncé le retrait des troupes américaines de Syrie, en osant s’attribuer le mérite d’avoir vaincu Daesh, alors que tout le monde sait que ce sont principalement les Russes et/via l’armée Syrienne qui les ont éradiqué (avec l’aide des Iraniens), et qui vont pouvoir finir le travail. Les US et leurs toutous n’étant pas parvenus à renverser Assad. Quand on voit le système que les Russes ont déployés en Syrie, on comprend pourquoi les US prennent leurs jambes à leur cou : c’était ça où la guerre mondiale au moindre dérapage. Par contre, ce qui est ahurissant, c’est que alors que les US se barrent en courant, la France elle, reste « militairement engagée » dans la poudrière Syrienne ! C’est de la folie… Z 

Par Valentin Vasilescu

Il y a une semaine, deux batteries de fusées S-300 ont été déployées à Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie. Immédiatement après cela, l’intensité des vols de la coalition dirigée par les États-Unis a diminué de 80% dans le nord-est de la Syrie. Depuis le 18 septembre, la Force aérienne israélienne n’a effectué aucun raid dans l’espace aérien syrien.

Une délégation de l’armée israélienne, dirigée par le major général Aharon Haliva (chef des opérations), s’est rendue à Moscou et s’est entretenue avec le major général Vasily Trushin (chef adjoint des opérations de l’armée russe). Les relations entre les deux armées se sont détériorées après la destruction de l’avion russe IL-20 lors de l’attaque des cibles syriennes près de la base aérienne russe de Hmeymim par des F-16 israéliens.

La délégation israélienne est arrivée à Moscou parce qu’elle n’avait pas réussi à trouver de failles dans la zone d’exclusion aérienne, imposée par les nouveaux systèmes de défense syriens livrés par la Russie. Les Israéliens pensaient pouvoir amadouer les Russes pour obtenir les codes de sécurité des missiles syriens. La Russie, bien évidemment, a refusé de les leur donner.

Quels sont les éléments de la gestion automatisée de l’espace aérien syrien qui empêchent les Israéliens et les Américains d’agir ? La Syrie a reçu 6 à 8 batteries S-300/PMU2, avec un rayon d’action de 250 km. Les missiles garantissent la sécurité des avions et des cibles militaires syriens. Cependant, ces batteries ne sont pas les éléments les plus importants.

La gestion est assurée par le système de gestion automatisée Polyana D4M1. Le rôle du système de gestion automatisée est une interface nécessaire au fonctionnement simultané des unités aériennes et de défense anti-aérienne syriennes. Polyana D4M1 peut couvrir une zone de 800 × 800 km, suivre 500 cibles aériennes et missiles balistiques et en fixer 250. Grâce au Polyana D4M1, les centres de commandement de l’armée de l’air syrienne reçoivent également des informations externes de l’avion russe A-50U (AWACS) et des satellites de surveillance russes.

La mémoire des serveurs de Polyana D4M1 stocke l’empreinte radar de toutes les cibles aériennes, y compris les missiles de croisière et l’avion « invisible » F-35. Lorsqu’une cible aérienne est détectée par un radar en Syrie, le système automatisé Polyana D4M1 affiche l’information pour tous les radars de détection, et les systèmes de guidage des avions et de l’artillerie anti-aérienne syriens et russes. Une fois identifiés, les cibles aériennes sont automatiquement assignées pour être abattues. Le système automatisé Polyana D4M1 fait en sorte que les missiles syriens plus anciens de l’ère soviétique (S-200, S-75, S-125, etc.) deviennent presque aussi précis que les S-300.

Le réseau Polyana D4M1  inclut également le systèmes Krasukha-4 pour le brouillage des radars au sol, des aéronefs AWACS, des avions de reconnaissance avec ou sans pilotes. Le réseau utilise également les systèmes Zhitel R-330ZH pour le brouillage des appareils de navigation NAVSTAR (GPS) qui équipent les moyens d’attaque (avions, hélicoptères, missiles de croisière, bombes guidées, etc.).

Quelle est la conséquence de la mise en œuvre par la Russie de la gestion automatisée de l’espace aérien syrien ?

Les bases militaires américaines en Syrie comportent essentiellement, des troupes affectées à des opérations spéciales, c’est à dire une infanterie légère, sans aucun blindé ni aucun soutien d’artillerie. Les bases militaires américaines ne pourraient donc résister à aucune attaque terrestre de l’armée syrienne appuyée par l’aviation. Ayant pris conscience que l’aviation américaine ne pourra pas passer le barrage anti-aérien syrien sans pertes inacceptables, toute intervention de leur part devient inappropriée. C’est la raison pour laquelle les États-Unis viennent d’annoncer qu’ils commenceront à retirer les 2 000 soldats syriens. Dans le même temps, la Turquie, soutenue par la Russie, se prépare à lancer une nouvelle offensive contre les YPG dans le nord de la Syrie. Ces nouvelles circonstances font que l’armée syrienne se battra aux côtés des Turcs. Les Kurdes YPG, entrainés et soutenus par les Etats-Unis vont rapidement perdre tous les territoires qu’ils avaient repris à l’Etat islamique en Syrie.

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Publié par le 20 décembre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, International, Politique

 

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O. Delamarche. Noyautée par les États-Unis, l’Europe est impuissante

 
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Publié par le 18 décembre 2018 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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Les États-Unis livrent en Europe le plus gros lot de munitions du XXIe siècle !

© AP Photo / Frank Augstein

Une info inquiétante, on se demande ce qui se trame, il apparaît évident que ce n’est pas pour l’entrainement … D’autant que les pays du club nucléaire, dont la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, les USA et la France, s’opposent au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Pourquoi ne pas interdire purement et simplement ces armes nucléaires qui pourraient anéantir l’humanité ? Pour des raisons stratégiques et géopolitiques ? Mais qu’est ce qui vaut la peine de prendre un tel risque ? Ceux qui nous gouvernent nous mènent droit vers une grande guerre qui risque de rendre la planète juste invivable, ce sont des fous dangereux !! Z 

Le 86e escadron des munitions de la base aérienne américaine de Ramstein, située dans le nord de l’Allemagne, a reçu plus de 100 conteneurs de munitions, le plus grand lot depuis 1999, a annoncé vendredi le commandement de l’US Air Force en Europe.
« Il s’agit du plus gros lot livré depuis l’opération Force alliée qui s’est tenue en 1999 », a indiqué David Head, responsable d’une section du 86e escadron des munitions, rappelant ainsi la campagne de 78 jours pendant laquelle les avions américains ont effectué environ 900 sorties pour bombarder la Yougoslavie.

Selon lui, ces nouvelles munitions « serviront à mener des opérations sur le théâtre et à augmenter la présence du commandement des Forces armées américaines dans la zone européenne ». 

Selon le chef de la section de transport des munitions Arthur Myrick, ces munitions sont destinées à soutenir le programme European Deterrence Initiative (EDI, « Initiative européenne de dissuasion ») de L’OTAN et à augmenter les stocks de munitions en Europe.

En janvier 2017, les États-Unis avaient officiellement rebaptisé leur programme d’aide militaire aux alliés européens en « Initiative européenne de dissuasion ». Le programme prévoit le déploiement de 3.000 à 5.000 militaires de L’OTAN, ainsi que d’équipements et de matériels en Europe, à proximité des frontières russes. La Russie avait déclaré que les activités américaines en Europe détérioraient la situation en matière de sécurité sur le continent.

La base aérienne américaine et de L’OTAN située à Ramstein compte environ 15.000 militaires et 30.000 spécialistes civils. C’est l’une des deux bases sur le territoire allemand qui disposerait d’ogives nucléaires. Le 603e centre des opérations aériennes et spatiales déployé à Ramstein en 2011 coordonne et dirige les opérations des drones américains en Afghanistan, en Irak, en Somalie, au Yémen et au Pakistan.

 

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Un rapport du Pentagone indique que les États-Unis se préparent à une guerre totale

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Les US ont aussi dernièrement menacés de frapper des cibles Russes en Syrie, et plus tôt ce mois ci navire de guerre chinois s’est approché « dangereusement » d’un destroyer américain dans les eaux disputées de la mer de Chine méridionale, contraignant ce dernier à modifier sa trajectoire, ce qui a failli provoqué un cataclysme . Je vous renvoie également vers cet article :  La Russie et la Chine développent de nouveaux systèmes d’armes impressionnants en vue d’une guerre contre les États-Unis Z

Au cours des deux dernières semaines, en l’absence quasi totale de couverture médiatique, les États-Unis ont évolué considérablement vers un affrontement militaire ouvert avec la Russie et la Chine, les deuxième et troisième puissances nucléaires respectives dans le monde. 

Le 3 octobre, les États-Unis ont menacé, pour la première fois depuis la guerre froide, d’attaquer directement la Russie. L’ambassadeur des Nations unies auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, a accusé le pays de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) en développant un missile de croisière nucléaire et a déclaré que Washington se préparait à «éliminer» cette arme par une frappe américaine.

Cette déclaration a été faite seulement trois jours après qu’un navire de guerre chinois a foncé sur un contre-torpilleur américain effectuant une opération dite de «liberté de navigation» dans la mer de Chine méridionale, obligeant le navire américain à manœuvrer pour éviter une collision et un affrontement militaire potentiellement le plus grave dans le Pacifique depuis des décennies.

Sur fond de tels incidents horrifiques, les États-Unis entreprennent des préparatifs sérieux et à long terme pour restructurer l’économie américaine afin de mener une guerre majeure avec un adversaire «de taille», entraînant des changements radicaux dans la vie économique, sociale et politique des États-Unis.

C’est le contenu essentiel d’un document de 146 pages publié par le Pentagone vendredi dernier et intitulé «Évaluer et renforcer la résistance des bases industrielles et de la chaîne d’approvisionnement du secteur manufacturier et de la défense aux États-Unis». Il indique clairement que Washington se prépare non seulement à des affrontements régionaux isolés, mais surtout à un effort de guerre massif et à long terme contre la Russie et la Chine dans des conditions d’autarcie nationale potentielle.

Des employés de Martin travaillent sur la chaîne de production de chasseurs interarmées F-35 Lightning II à Fort Worth au Texas (Crédit photo: Defense Contract Management Agency)

Le document indique clairement qu’une restructuration majeure de l’économie américaine serait nécessaire pour atteindre l’objectif déclaré de l’armée américaine: être en mesure de «se battre ce soir» contre un «adversaire de taille». Les États-Unis doivent «se réorganiser» pour «la concurrence entre grandes puissances», a déclaré le document.

«La base industrielle américaine de fabrication et de défense», note le rapport, crée la «plate-forme et les systèmes» dont «dépend notre Combattant». Ce complexe englobe non seulement le gouvernement, mais aussi le secteur privé, ainsi que les «organisations de R et D» et «institutions universitaires». En d’autres termes, l’ensemble de l’économie et de la société.

Il met en garde que «l’érosion de l’industrie manufacturière américaine au cours des deux dernières décennies […] menace de saper la capacité des fabricants américains à satisfaire les exigences de sécurité nationale. Aujourd’hui, nous comptons sur des sources nationales uniques pour certains produits et sur des chaînes d’approvisionnement étrangères pour d’autres, et nous sommes confrontés à la possibilité de ne pas être en mesure de produire des composants spécialisés pour l’armée chez nous.»

Corriger cette lacune stratégique conclut le rapport, signifie que «soutenir un secteur manufacturier national dynamique, une base industrielle solide et des chaînes d’approvisionnement résilientes est une priorité nationale».

Le rapport cible carrément la Chine, déclarant que «les stratégies économiques de la Chine, associées aux effets néfastes des politiques industrielles d’autres pays, représentent une menace importante pour la base industrielle des États-Unis et constituent donc un risque croissant pour la sécurité nationale des États-Unis».

En d’autres termes, la promotion de la domination manufacturière américaine est essentielle pour promouvoir la domination militaire.

La protection de l’industrie lourde va de pair avec les efforts de l’administration pour défendre le secteur de la haute technologie en Amérique, source d’une grande partie de la profitabilité des États-Unis.

Comme l’indique le rapport, «L’une des principales initiatives industrielles du Parti communiste chinois, Made in China 2025, est destinée à l’intelligence artificielle, à l’informatique quantique, à la robotique, aux véhicules autonomes et aux énergies nouvelles, aux dispositifs médicaux sophistiqués, aux composants de navire de haute technologie et à d’autres industries émergentes cruciales pour la défense nationale.»

Il avertit que «les dépenses chinoises en R et D convergent rapidement vers celles des États-Unis et atteindront probablement la parité dans un avenir proche», et souligne avec inquiétude que le fabricant chinois DJI domine le marché des drones aériens commerciaux.

Les projets du Pentagone visant à protéger et à développer le secteur américain de la haute technologie incluent son soutien aux efforts de l’administration visant à limiter l’accueil d’étudiants chinois dans les universités américaines par le biais de restrictions de visas. Le rapport se plaint du fait que 25 % des «diplômés STEM [en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques] aux États-Unis ont la nationalité chinoise […] Les universités américaines sont des catalyseurs majeurs de l’essor économique et militaire de la Chine».

La vision du document, en d’autres termes, est l’expression concrète de la conception exposée dans la dernière stratégie de sécurité nationale des États-Unis, appelant à «l’intégration homogène de multiples éléments du pouvoir national: diplomatie, information, économie, finance, renseignement, police et armée».

Dans cette équation, les grandes entreprises américaines de l’industrie des technologies qui se sont ruées pour décrocher les lucratifs contrats du Pentagone liés au développement d’une nouvelle génération d’armements jouent un rôle central. En échange de ces paiements et d’une protection agressive à l’égard de leurs rivaux internationaux, ils ont travaillé en étroite collaboration pour mettre en œuvre ce qu’un document interne de Google divulgué à la presse a appelé «un basculement vers la censure», en réponse aux exigences des agences de renseignement et de l’armée américaines.

La logique de cette fusion croissante entre l’appareil répressif de l’État et des monopoles de plus en plus puissants est la corrélation nécessaire entre la «guerre totale» et une société «totalitaire», dans laquelle les principales dispositions constitutionnelles deviennent pour ainsi dire vides de sens.

L’objectif central de ces mesures sera la répression forcée de la lutte de classe sous prétexte de promouvoir «la sécurité nationale». L’escalade du militarisme américain coïncide avec une recrudescence majeure de la lutte de classe, notamment le rejet d’un contrat au rabais par les travailleurs d’UPS, le géant de la logistique dont la main-d’œuvre puissante est capable de paralyser non seulement la base industrielle des États-Unis, mais également des pans substantiels de l’économie de guerre.

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Publié par le 12 octobre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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