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Nous, Les Gilets Jaunes, nous allons réparer le monde que vous êtes en train de détruire !

De la dictature des banquiers à une civilisation adulte. NOUS VOULONS DE VRAIS EMPLOIS ET UNE VÉRITABLE UTILITÉ ! UNE RÉELLE DIGNITÉ ! NOUS VOULONS UN VRAI SENS POUR NOS VIES ! NOUS VOULONS SAUVER LA PLANÈTE DES MERDES POLLUANTES QUE VOUS NOUS CONTRAIGNEZ À PRODUIRE ET À VENDRE ! NOUS VOULONS SAUVER L’AVENIR DE NOS GOSSES ET DE TOUS LES GOSSES DE LA TERRE ENTIÈRE ! CAR RIEN N’EST PLUS SACRÉ QUE LA VIE ! NOUS VOULONS LA VRAIE LIBERTÉ ET LA FIN DE LA SERVITUDE PAR LA DETTE ! DES DETTES CRÉES PAR VOS BANQUES ET QUI NOUS POUSSENT À PRODUIRE DE LA MERDE ! NOUS GILETS JAUNES, NOUS ALLONS STOPPER TOUT CELA ! ET C’EST MAINTENANT ! ET C’EST POUR LE MONDE !

Notre monde a besoin de se débarrasser de la « science » économique qui n’est rien d’autre que la formalisation des règles du capitalisme et de la dictature des banquiers ! Le capitalisme tue la nature ! Il tue nos vies ! Il détruit nos familles ! Il assassine nos enfants dans vos guerres d’intérêts ! Grâce au prodigieux matraquage médiatique, l’idéologie économique n’est plus considérée comme une idéologie, c’est même pour certains, Fukuyama et les néoconservateurs : La fin de l’Histoire. Selon eux, nous n’avons pas le choix. Nous devons, bon gré ou mal gré, nous soumettre à la loi du marché, à la main invisible telle qu’Adam Smith l’a inventée. Hors le capitalisme point de salut ! La sacro-sainte économie capitaliste, cette nouvelle religion qui impose sa domination à l’ensemble du globe ! Toute-puissante, elle détruit la planète : pollution des éléments naturels, déforestation, création d’organismes génétiquement modifiés, brevets sur le vivant, etc.. Elle asservit et exclut des populations entières. Pour maintenir son dogme, elle donne à chacun un contrat social se limitant à : se plier ou être brisé. Le système éducatif, la publicité et les médias conditionnent les esprits, violent la liberté de pensée et dictent les modes de vie. Le Nord a instauré son modèle comme le seul et l’unique. Les pays du Sud et de l’Est, infériorisés, sont maintenus dans la servitude, par la guerre si nécessaire. Les multinationales y exploitent à leur gré et sans merci, matière première et main-d’œuvre. Le Nord impose ses volontés au reste de la planète, qu’il s’agisse d’économie, d’organisation sociale ou de régime politique. Les écarts de richesses s’agrandissent aussi au Nord. La politique libérale accroît la masse des « exclus » et asservit les salariés par la flexibilité et la précarité. Elle s’étend à tous les secteurs par la privatisation des services publics. Face à la peur de l’exclusion, la soumission à la loi du marché devient totale. L’individualisme et la compétition se développent. L’indifférence face à ceux qui sont victimes de la misère grandit. Les détenteurs du pouvoir financier appuyés par leurs relais politiques, intellectuels et médiatiques, et servis par le prodigieux développement de la technoscience, ont entrepris et presque réussi la colonisation de la planète. Ces transnationales imposent à toutes les formes de vie – humaines ou non – une même civilisation qui se teinte des cultures qu’elle absorbe. Partout, des mémoires et des savoirs millénaires sont effacés, des danses et des coutumes sont oubliées, des dieux et des temples délaissés, des peuples et des cultures disparaissent pour toujours. Partout, des champs sont surexploités et des écosystèmes dévastés. Dans chaque pays, les valets politiques et technocratiques des firmes transnationales trahissent les intérêts de leurs communautés en œuvrant à la généralisation de la guerre économique et à l’uniformisation du vivant.

 

La chute du Mur de Berlin a été un événement politique considérable. Du jour au lendemain ou presque, le « contre-capitalisme » est démantelé, laissant le champ libre à une économie de marché planétaire. Le combat idéologique que nous mène ce système avec pour prétexte l’austérité afin de rembourser une « dette » est un véritable défi à la démocratie ; et à travers ce défi une atteinte à l’intégrité des nations, des peuples et de leur souveraineté. Fondé sur un économisme scientiste qui voit dans l’avènement de la société de marché l’accomplissement de l’Histoire universelle et la réalisation de la nature humaine, le néolibéralisme, par le biais d’une avant-garde d’économistes professionnels, promeut la production de l’homme nouveau adapté au marché mondial ; il use, pour ce faire, de la propagande des médias de masse et soumet ainsi chaque individu à la discipline managériale qui lui impose l’entreprise comme modèle de réalisation d’un soi préalablement défini comme producteur-consommateur. Il contribue ainsi à l’institution du marché comme totalité et s’emploie à détruire tout ce qui viendrait entraver son totalitarisme.

 

La science économique dans sa version « orthodoxe » ou néo-classique n’est rien de plus que le lavage de cerveau, le catéchisme imposé pour nous faire accepter les « lois » de l’économie de marché, autrement dit la dictature des maîtres de la monnaie : les banquiers. Il n’y a pas plus de loi du marché que de sciences économiques. Le système monétaire actuel n’est ni plus ni moins qu’une colossale escroquerie. Aucun pouvoir n’est éternel et donc l’infime élite qui est à la tête de cette escroquerie depuis deux siècles environ va perdre son pouvoir. Ce pouvoir, malgré sa violence, ne résistera pas aux feux de la vérité.

 

La prise de conscience par les esclaves modernes c’est actualisée aujourd’hui en France par les Gilets Jaunes et bientôt elle le sera aussi partout sur la planète. La lumière de la vérité est faite sur le fonctionnement du système monétaire actuel et sur les intrigues, les manipulations et les dissimulations utilisées par les hommes qui nous tiennent en esclavage grâce à ce système. Grâce à Internet, le subterfuge des banquiers est de plus en plus mis en lumière, et leur dictature est moribonde.

 

Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est une énorme supercherie ; ce système nous pousse toujours à plus de consommation et de « croissance » obligatoire afin simplement d’éviter l’écroulement de ce système monétaire. Débarrassés de ce système monétaire à réserves fractionnaires – c’est son nom – il est facile d’imaginer une civilisation beaucoup plus apaisée. Le problème, c’est que le pourcentage de la population qui comprend véritablement « l’arnaque » de ce système n’est peut-être pas encore assez élevé. Le regretté Bernard Maris a dit en 2014 dans un documentaire sur Arte que ce n’était pas facile à comprendre, mais que oui, les banquiers font de la fausse monnaie depuis toujours.

 

Messieurs les banquiers, avec vous, nos vies se résument à pratiquer des bullshit-jobs inutiles et nuisibles ! Des activités d’utilité artificielles qui n’ont pour unique but que de nous donner des grades dans la servitude ! De produire et de vendre de la merde polluante pour mériter notre droit de vivre et de maintenir un ordre social au sommet duquel vous régnez ! Votre système, le capitalisme, est incapable de financer la dépollution ! La bienveillance ! La transition écologique ! Le social ! Ce n’est pas rentable dites vous !? Nous sommes alors condamnés à produire de la merde parce que c’est rentable ! Vous avez inventé une économie où produire de la merde ça rapporte du fric et nettoyer la merde ça coûte du fric ! C’est tout ce que votre finance est capable de proposer !

 

Nous ne sommes pas des fainéants ! Nous ne sommes pas des paresseux ! Nous ne sommes pas des irresponsables ! Nous sommes bien au contraire, des individus courageux et conscients ! Nous sommes conscient que vous emmenez le monde droit vers le chaos ! Vous, par contre, vous êtes des incapables et des escrocs ! Nous allons vous virer à coup de pieds au cul et vous avez de la chance que nous sommes des non-violents, car certains d’entres vous, en d’autres temps, auraient mérités la guillotine ! Quoi qu’il en soit, vous méritez de passer quelques années en prison ! Nous avons compris que nous devons maintenant orienter nos efforts et la pertinence de l’action humaine en direction de projets réellement utiles et respectueux de l’environnement ! Des projets que votre finance de merde ne financera jamais parce que ce n’est pas rentable ! Nous allons le faire ! Nous allons réformer le système monétaire ! Révolutionner la banque et la finance !

 

Ce que nous vivons, ce n’est pas une crise, mais c’est la plus grande escroquerie de l’histoire de l’Humanité ! Il est plus que temps de nous réveiller et de foutre un bon coup de pied dans cette fourmilière de banksters, de multinationales et de psychopathes qui dirigent le monde. Ces fous veulent nous amener à une confrontation planétaire juste pour ne pas perdre le pouvoir. Nous le savons, les médias nous ont menti sur les guerres de Syrie et de Libye et non seulement ils nous mentent, mais ils nous manipulent par leur propagande incessante sur la rigueur budgétaire, la crise financière, etc.. Réveillons-nous ! Cette crise monétaire est virtuelle puisqu’elle est basée sur une monnaie créée à partir de rien par les banksters qui contrôlent la Fed. Les gouvernements européens et américains sont soumis à ce pouvoir discret mais totalitaire : l’oligarchie financière transnationale qui nous considère, ni plus ni moins, comme du bétail.

 

Depuis la crise de 2008, depuis le mouvement Occupy Wall Street aux USA en 2011 et maintenant celui des Gilets Jaunes en France ainsi que dans le reste du monde, des millions de citoyens sur la planète ont pris conscience que la supercherie a assez duré ! « We are the 99 % » et nous ne pensons pas que la seule finalité de l’humanité soit de produire, de « con-sommer » et de passer son existence à comparer les prix dans une économie de marché mondialisée. Il va nous falloir choisir entre la survie d’un système absurde, stupide et violent qui fait du profit sa seule finalité, et la survie de notre humanité et de notre environnement. C’est donc soit la survie des peuples (les 99 %), soit la survie d’un système contrôlé par bien moins de 1 % de la population pour son seul bénéfice.

 

Nous sommes conscients de l’immense potentiel de notre société technicienne et de la vulnérabilité de notre patrimoine naturel. Nous considérons que les mots « Liberté, Égalité et Fraternité », inscrits au fronton de nos mairies ne sont pas vides de sens ; que l’héritage de la Révolution Française, des révolutions du 19e siècle et des luttes sociales du 20e siècle, et en particulier dans les résolutions adoptées par le Conseil National de la Résistance (parmi les mesures appliquées à la Libération, citons la nationalisation de l’énergie, des assurances et des banques…) sont notre fierté et nous lient dans un destin commun : la France. Nous considérons que la seule politique digne à mener est la lutte contre le pouvoir mafieux des banksters. Les hommes politiques qui ne remettent pas fondamentalement en cause ce pouvoir occulte, sont soit achetés, soit menacés, soit idiots.

 

Nous refusons tout discours médiatique qui tenterait de nous faire croire à la nécessité de l’austérité et de la « croissance » pour sortir de la crise. Nous refusons de nous soumettre au maître sournois mais bien réel qu’est le « système monétaire de Réserves Fractionnaires » ou, autrement dit, à la manipulation par la monnaie « dette » émise par les banques. Notre société est certes au pied du mur mais nous assistons, grâce à Internet, à une prise de conscience de l’ensemble des citoyens qui se posent des questions de fond. Le haut niveau d’information disponible sur Internet et l’intelligence collective qui se développe grâce aux réseaux sociaux, nous permet de redonner tout son sens à la Politique.

 

La société de consommation a tendance à enfermer les gens dans des attitudes individualistes où chacun s’isole et vit pour lui-même. Pour en sortir, il faut reconstruire une société plus solidaire, qui permette un partage plus égalitaire des richesses et offre une promotion à chaque être humain. Notre société trop souvent mécanique, froide et impersonnelle, souffre d’une déshumanisation, de logiques strictement comptables et de perspectives à courte durée. Une citoyenneté bien comprise devrait instaurer davantage de partage, de fraternité et de liberté pour conduire des actions créatrices d’avenir.

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Publié par le 1 février 2019 dans général, Politique, société

 

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Le “monde” a finalement “compris”

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Antonio Gramsci a décrit un interrègne comme une période « où l’ancien meurt et où le nouveau ne peut pas naître… dans cet interrègne, une grande variété de symptômes morbides sont observés ». Dans de telles périodes, le nouveau est perçu comme insensé, dangereux et mauvais à envisager.

La Grande-Bretagne traverse manifestement un tel ‘interregnum’ : une période où les élites qui géraient auparavant le discours politique (selon les mots de Michel Foucault) à l’intérieur de frontières consensuelles strictes, s’aperçoivent à présent qu’il est fortement contesté. Ces périodes sont aussi des moments où la santé mentale est perdue – où les limites et le sens de ce qu’il est raisonnable de croire – et de faire – disparaissent.

Les paradoxes de l’‘interregnum’ se manifestent également dans les événements quotidiens : quand une Chambre des communes démocratiquement élue étale son opposition au résultat d’un référendum populaire, s’oppose à sa propre législation qui en découle, et même joue avec l’idée d’écarter le principe d’un gouvernement “qui gouverne” (au profit de la notion qu’une assemblée mouvante et éphémère, multipartites, avec des députés n’appartenant pas au parti du gouvernement devrait “gouverner”). Pourtant, cette “assemblée” n’a aucune alternative sérieuse à offrir. Il est alors bizarre mais nullement surprenant qu’un frisson de panique parcourt une majorité (peut-être ?) des Présents, confrontés au choc du constat qu’il n’y a aucune solution évidente.

Un type similaire de choc psychologique ébranlant l’establishment culturel a frappé la France. Comme le décrit Christopher Guilloy : « Maintenant, les élites ont peur. Pour la première fois, il existe un mouvement qui ne peut être contrôlé par les mécanismes politiques normaux. Le mouvement des gilets jaunes n’a pas émergé des syndicats ou des partis politiques. Il ne peut pas être arrêté. Il n’y a pas de bouton “Stop”. Soit l’intelligentsia sera forcée de reconnaître d’une façon acceptable l’existence de ces personnes, soit elle devra choisir d’imposer une sorte de totalitarisme doux. »

Et cette semaine, le Forum de Davos a été bouleversé par une lettre – un buzz pour internet, – de Seth Klarman, gestionnaire de fonds emblématique et “oracle”, qui a lancé un avertissement à ses clients : le sentiment croissant de fracture politique et sociale dans le monde peut se terminer par une calamité économique. « Cela ne peut plus durer comme si de rien n’était, face à des manifestations constantes, ces émeutes, ces bouclages et ces tensions sociales croissantes » a-t-il écrit, citant les manifestations de Gilets Jaunes en France, qui se propagent à travers l’Europe. « Nous devons nous demander quand les investisseurs prendront d’une façon décisive conscience de cette situation ». Il ajoute : « La cohésion sociale est essentielle pour ceux qui ont des capitaux à investir. »

La diffusion de la lettre de Klarman ajoute à un malaise qui s’étend dans l’establishment globaliste. A la base de cette inquiétude se trouve précisément le démantèlement potentiel de deux grands “mythes” : le mythe monétaire et le mythe du millénarisme du Nouvel Ordre Mondial, né du carnage de la Première Guerre Mondiale. La notion de guerre héroïque et digne s’est éteinte avec le sacrifice d’une génération de jeunes hommes sur la Somme et à Verdun. La guerre n’était plus “héroïque”, elle était devenue un ignoble hachoir à viande. Des millions de personnes s’étaient sacrifiées pour la notion sacrée d’État-nation. Le romantisme de la conception du XIXe siècle d’un État-nation “pur” a été pulvérisé et a été remplacé par la croyance (finalement déclenchée par la chute de l’Union Soviétique) de la destinée manifeste des États-Unis, la nouvelle Jérusalem, qui représenterait le meilleur espoir de l’humanité pour un monde prospère, moins diviseur, plus homogène et cosmopolite.

La promesse d’une ‘prospérité pour tous’ facilement obtenue, concrétisée par des moyens monétaires (c’est-à-dire par une création massive de dettes) était le corollaire de cette perspective idéalisée. Aujourd’hui, plus besoin de “faits” ; pour la majorité (les Gilets-Jaunes, les “Déplorables”, etc.) les “moyens” de cette perspective ne se sont pas matérialisés ; même l’“oracle”, le gestionnaire de fonds Klarman, avertit les habitués de Davos que « les germes de la prochaine crise financière majeure (ou de celle qui suivra) pourraient bien se trouver dans les niveaux colossaux de la dette souveraine ». Il détaille la manière dont pratiquement tous les pays développés ont contracté une dette croissante depuis la crise financière de 2008, une tendance qui, selon lui, pourrait conduire à une panique financière.

M. Klarman est particulièrement préoccupé par le fardeau de la dette aux Etats-Unis, pour ce que cela pourrait signifier pour le statut du dollar en tant que monnaie de réserve dans le monde et pour son incidence éventuelle sur l’économie du pays. « Il n’y a aucun moyen de savoir à partir de quel niveau la dette est trop lourde mais l’Amérique atteindra inévitablement un point d’inflexion à partir duquel le marché de la dette, devenu soudain sceptique et méfiant, refusera de continuer à nous faire des prêts à des taux abordables », écrit-il. « Lorsque cette crise nous frappera, il sera probablement trop tard pour mettre de l’ordre dans nos affaires. »

Cet artifice monétaire a toujours été illusoire: l’idée que la vraie richesse proviendrait de la dette constituée de monnaie-fiat à la valeur surévaluée ; que cette expansion n’avait pas de frontières ; que toute dette pourrait être honorée et le serait ; et que le surendettement serait résolu par… davantage de dette, – tout cela n’a jamais été crédible. C’était un conte de fées. Cela reflétait la croyance sécularisée dans l’inévitable destinée ascendante du Progrès ; (cela renvoyait à la conviction millénariste chrétienne de la marche vers une “Fin des Temps” où tout serait plus abondant et plus pacifique, et d’ailleurs cela en découlait).

En 2008, les grandes banques étaient au bord du gouffre de la faillite. Elles ont été sauvés par les contribuables occidentaux (les élites jugeant que les risques d’échec financier étaient trop importants), mais les sauveteurs (les différents pays hôtes) eux-mêmes, épuisés par leurs efforts, ont dû être “sauvés” ; et ils l’ont été en dévastant leurs programmes sociaux et de santé publique afin de sauvegarder leurs propres bilans devenus catastrophiques (puisque leurs finances avaient préalablement massivement renfloué les bilans de leurs banques).

Les 60% ont été touchés trois fois. Premièrement, par le renflouement initial; deuxièmement par l’austérité qui a suivi; et troisièmement par les banques centrales reprenant leurs politiques de gonflement des avoirs et d’épuisement de l’épargne. Sur cette toile de fond sinistre, les 60% ont compris et senti leur impuissance, – mais ils ont aussi compris qu’ils n’avaient rien à perdre. Ils n’avaient aucun intérêt à figurer dans ce jeu.

Cette narrative, – la prospérité facile tirée par le crédit, – a été la narrative identitaire occidentale pour le monde au cours des dernières décennies. Il a fallu un “outsider” pour susciter ce que le Washington Post a décrit avec une ironie désabusée, le moment le plus marquant au Forum Davos cette année : “raconter” la chose le plus simplement du monde, parce que c’est d’une telle évidence : lors d’un panel sur les mécanisme de l’échec des commandes mondiales, Fang Xinghai, le vice-président  du gouvernement chinois et la principale autorité de réglementation des valeurs mobilières, a simplement rappelé à l’auditoire le côté obscur du rouleau compresseur monétaire occidental : « Vous devez réaliser que la démocratie ne fonctionne pas très bien. Vous avez besoin de réformes politiques dans vos pays. » Il a ajouté qu’il disait cela « en toute sincérité ». Bigre ! Il a fallu un responsable chinois pour dire l’indicible…

Inévitablement, bien entendu, le choc de l’effondrement d’un “mythe” dominant au niveau mondial commence à la périphérie. Ce qui est parfois ignoré, c’est que les élites, en particulier dans les faux États-nations dépouillés par le colonialisme européen après la Première Guerre Mondiale, se sont non seulement définies à travers la narrative du “il n’y a pas d’alternative” à la prospérité induite par le crédit, mais elles se sont également intégrées ont également intégrées dans l’élite des riches de l’internationale cosmopolite. Ils sont dedans, et ils y trouvent leur identité. Ils se sont séparés de leurs propres racines culturelles, tout en prétendant “diriger” dans leur “monde”.

Les États du Golfe sont un exemple de cette situation : bien entendu, lorsque “Davos” éternue les élites de la périphérie attrapent une pneumonie. Et lorsque cette crise d’identité sera renforcée d’une prémonition obsédante d’une crise financière à venir au centre du dispositif, la pneumonie sera grave. Il n’est donc pas surprenant que l’anxiété règne parmi les élites périphériques du Moyen-Orient. Ils savent que toute “crise” grave au niveau du “Centre” marquerait leur propre “fin”.

Voici le point essentiel … Le discours de Mike Pompeo au Caire n’était pas important pour ce qu’il disait de la politique américaine (rien). Il peut pourtant être considéré comme un point fondamental de basculement. En ne nous disant rien de la perspective, son discours a montré que la vision d’il y a 30 ans du Nouvel Ordre Mondial était morte. Il n’y avait tout simplement plus de vision, – rien, pas de vision du tout. C’était clair : Pompeo était simplement en train de livrer verbalement une bataille de plus de la “guerre civile” américaine.

Et John Bolton a effectivement confirmé cette disparition. L’Amérique n’ayant rien à offrir, elle adopte une tactique d’interférence aveugle (c’est-à-dire sanctionner tout homme d’affaires ou tout État contribuant à la reconstruction de la Syrie). En pratique, ces tactiques dérangent encore plus les alliés des États-Unis.

Là encore, on a oublié de relever un autre point : l’identité et la narrative de l’élite s’effondrant, d’autres formes “spirituelles” sont déjà apparues pour prendre le relais. Ainsi, comme Mike Vlahos l’a déjà noté, les États du Moyen-Orient ne s’affaiblissent pas ni n’échouent autant qu’ils le font en raison de menaces physiques réelles, mais parce qu’au lieu de l’identité cosmopolite traditionnelle, des visions tout aussi passionnantes, locales et universalistes, se sont faites jour, souvent dans un ensemble complexe d’acteurs non étatiques (tels que le Hezbollah, Hashd al-Shaabi et les Houthis).

Ces derniers revendiquent non pas le libéralisme, ni les économies du monde développé axées sur le consommateur et le bien-être social, mais la réaffirmation de la puissance et de la souveraineté spécifiques de leurs sociétés. Ils affirment leur droit de vivre leur vie selon leurs propres conceptions répondant à leurs diversités culturelles. Ils s’épanouissent là où la demande d’objectifs nouveaux et de la restauration des valeurs de leurs sociétés sont les plus grandes.

Et de la même façon que les Gilets-Jaunes s’avèrent si difficiles à contrôler par le biais de mécanismes politiques normaux, ces “autres” acteurs non étatiques défient également le contrôle exercé par les mécanismes étatiques du Moyen-Orient utilisant la boîte à outils occidentale traditionnelle. Totalitarisme mou ou totalitarisme dur : aucun des deux n’a été véritablement efficace.

Nous parlons ici d’un changement majeur du pouvoir, – qui affecte sa nature même. Pour la première fois, un responsable américain a clairement exposé le fait que les États-Unis n’ont aucune vision pour le futur et qu’ils ne peuvent plus agir de manière marquante et perturbante au Moyen-Orient. Oui, les États du Golfe ont entendu le bruit assourdissant du silence du “vide”. Il en va de même pour les États de l’autre côté de la ligne de partage, ceux qui n’ont jamais fait partie de ce Nouvel Ordre Mondial. Il n’est pas très difficile de deviner vers où le balancier de la pendule penchera.

Alastair Crooke

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Le monde est à 6 mois tout au plus d’une panique économique globale selon l’économiste en chef de Saxo Bank

Le monde est à 6 mois tout au plus d'une panique économique globale
« J’ai beaucoup voyagé au cours des derniers mois et je suis convaincu que le monde se trouve à un, ou tout au plus à deux trimestres d’une panique économique globale ».

C’est ce qu’écrit Steen Jakobsen, économiste en chef et directeur des investissements de la banque danoise Saxo, dans un email adressé à notre rédaction.« La hausse du prix de l’argent et la baisse de la quantité d’argent disponible, le renversement de la mondialisation et la récente hausse des prix de l’énergie ont mis nos décideurs dos au mur. »

Quel dommage !

« A quoi ressemblera cette panique ? Les politiciens feront tout ce qui est en leur pouvoir pour maintenir à flot une économie en perte de vitesse. Une économie qui souffre encore des conséquences des erreurs commises au cours des dix dernières années et tout cela six mois à peine après que l’on nous ait annoncé la fin de la criseQuel dommage ! « , écrit littéralement le Danois.

 

– L’Europe est confrontée à une nouvelle récession malgré le taux d’intérêt zéro de la Banque centrale européenne.

– L’Allemagne et d’autres économies dites robustes apparaissent soudainement comme un danger plus grand que le gouvernement populiste en Italie.

– L’Australie est en plein désastre économique et politique. La Commission royale renforce les conditions de crédit et cela dans une économie qui dépend à 50 % du marché immobilier.

– Le marché du crédit américain est à un choc d’une panique, tandis que les rapatriements de capitaux de l’étranger commencent à se tarir et que la normalisation du système financier initiée par la Federal Reserve (la banque centrale américaine) met fin au stratagème financier à la base de la croissance insoutenable des bénéfices des entreprises au cours de la dernière décennie.

– La Chine envisage déjà un autre plan de relance – avec des réductions d’impôt, des subventions hypothécaires, un renminbi fort – et se demande comment elle va célébrer son 100e anniversaire en 2049, maintenant que ses plans pour 2025 sont reportés à 2035.

 

– La roupie indienne est en chute libre et la banque centrale a perdu son indépendance.

– Le Japon a enregistré une croissance négative de son PIB nominal au troisième trimestre, en dépit des grosses dépenses réalisées en préparation des Jeux de Tokyo en 2020.

– Au cours de l’année écoulée, le Royaume-Uni a enregistré la plus forte baisse du « credit impulse » (le flux de nouveaux crédits émis par le secteur privé en pourcentage du PIB) de tous les pays, ce qui devrait fortement hypothéquer les six premiers mois de l’année prochaine.

Un graphique montrant les incitations de crédit en chute libre au Royaume-Uni depuis 2016

Les quatre cavaliers de l’apocalypse

Quelle est la raison de tout cela ? Selon Jakobsen, «les quatre cavaliers de l’Apocalypse» qui étendent la pression sur les marchés et l’économie sont les suivants :

  • La hausse du prix de l’argent sous l’impulsion du resserrement de la politique monétaire de la FED américaine.
  • La baisse du montant d’argent disponible, maintenant que la FED, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon commencent à réduire leurs totaux de bilan.
  • Le retournement de la mondialisation, avec la guerre commerciale sino-américaine dans un rôle de premier plan.
  • la hausse du prix de l’énergie, malgré la baisse récente, rendue encore plus pénible par la force du dollar américain.

La plus grande inégalité des générations

Selon Jakobsen, après la crise financière de 2008, le cycle économique a été remplacé par un cycle de crédit, ce qui a eu pour effet de gonfler le cours des actions, sans avoir un impact réel sur l’économie elle-même, tout en engendrant la plus grande inégalité des revenus depuis des générations. La deuxième conclusion que Jakobsen tire de ses nombreux voyages est que les inégalités, tant sur le plan économique que sur le plan de l’éducation, et l’égalité des droits pour les femmes, seront des thèmes cruciaux pour toutes les élections. Les politiciens qui échoueront à satisfaire les femmes et les jeunes de la génération du millénaire perdront touts les élections à venir, selon le Danois.

Des manifestants français des Gilets Jaunes tiennent une banderole avec un slogan antisystème
© EPA
En Europe et au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie, le climat est sombre – plus sombre qu’en 2008. Un sentiment d’urgence règne, la question est de savoir ce qui nous attend et quelle est la gravité de la guerre commerciale et du populisme ?Selon Jakobsen, les hausses de taux d’intérêt de la FED représentent le cavalier de l’apocalypse le moins grave. Si la FED réduisait le nombre de hausses de taux d’intérêt prévues – ce qui a également été annoncé entre-temps -, cela ne fera guère plus qu’offrir un réconfort psychologique.

L’impulsion de crédit est en effet le problème

Le facteur le plus important est en effet la quantité d’argent disponible, c’est à dire le credit impulse (le flux de nouveaux crédits émanant du secteur privé). Même si toutes les grandes banques centrales ouvraient dès aujourd’hui leur robinet, il faudrait attendre la fin de l’été prochain avant que cet argent ne stimule l’activité économique, parce qu’il faut au moins 9 mois pour que le credit impulse produise des effets sur l’économie, et parfois même plus, en fonction du montant de la dette d’un pays.

Vient ensuite le prix de l’énergie, qui est maintenant revenu au niveau du début de l’année mais qui  a causé beaucoup de dégâts dans les grandes économies émergentes et importatrices de pétrole tellesque l’Inde, l’Indonésie et la Chine, où les prix en monnaie locale sont encore élevés. Or, ces pays, ont besoin de pétrole bon marché en monnaie locale. Selon Jakobsen, ces pays n’auront donc d’autre choix que d’octroyer des subventions au secteur de la construction et de l’énergie.

Enfin, il y a le renversement de la mondialisation, pour laquelle il ne semble exister aucune solution à long terme. La Chine, les États-Unis font de leur mieux pour trouver un compromis pour le Nouvel An chinois (le 5 février), faute de quoi, une grave escalade pourrait se produire.

Bienvenue à la grande finale de ‘extend-and-pretend’

Le défi des Quatre Cavaliers peut être résumé comme suit : le gâteau se réduit (il y a moins d’argent), les parts sont plus chères (l’argent coûte plus cher), la cuisson coûte plus cher (prix de l’énergie) et le gâteau est plus difficile à vendre (anti-mondialisation). Les entreprises et les pays lourdement endettés sont les plus vulnérables.

Néanmoins, 2019 pourrait marquer le début d’un prochain cycle d’intervention des banques centrales. Selon Jakobsen, 2020 sera l’année du vrai changement, au cours de laquelle les politiciens et les banques centrales devront prendre les bonnes décisions en raison d’une menace encore plus importante.

« Bienvenue dans la grande finale de l' »extend and pretend » (« Continuez et faites comme si de rien n’était »), la plus misérable expérience monétaire de l’histoire », conclut-il.

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Publié par le 21 décembre 2018 dans économie, général, International

 

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Donald Trump mène-t-il délibérément le monde à la crise financière ?

Donald Trump mène-t-il délibérément le monde à la crise financière ?

Alors là, excellente question ! Et la réponse est évidente : Comme je l’ai toujours dis, Trump n’est qu’un pion de l’élite mondialiste dont le but est de déstabiliser la planète pour créer les conditions d’un changement de paradigme au niveau mondial . C’est pourquoi je pense que le semblant de démondialisation auquel on assiste mènera vers encore plus de mondialisme . Et tout le monde le voit bien, ça saute aux yeux que trump accroît les risques (géo) politiques et économiques mondiaux . Trump et la Fed, c’est au final le même combat : ils mènent délibérément le monde vers une crise financière, … vers une crise globale tout court . C’est sont des rouages clefs, produits par le « Système » (avec un grand S, aka les élites), dont le « travail » est de faire dérailler le système actuel, pour qu’un nouveau puisse émerger . Trump est là pour semer la zizanie – pour une raison simple : du chaos naît l’ordre . Un nouvel ordre mondial . Z  

D’abord parce qu’au début, il ne pouvait pas faire autrement, en voulant Make America Great Again : l’activité économique américaine était déjà au-delà de ce qu’on pensait être ses limites. De fait, en forçant l’économie américaine par la baisse de la fiscalité et la montée des dépenses publiques, il crée une bulle boursière, puis une inflation salariale, qui font toutes deux monter les taux courts et longs américains. Ensuite, la montée des taux longs se répand dans tous les marchés et fragilise partout les croissances, les bourses et les entreprises endettées en dollars, notamment dans les pays émergents.

Ce sera donc la crise mondiale.

Ensuite parce, maintenant, il se dit que cette issue financière tragique est devenue sa meilleure carte. Elle fait en effet des États-Unis l’économie, à la fois, la meilleure et la plus sûre. Make the Dollar  Great Alone, Make America Safe Alone ! En forçant l’économie américaine, Donald Trump creuse en effet les écarts entre elle et les autres, plus ses pressions directes pour réduire les déficits extérieurs américains avec le Mexique, le Canada, le Japon, en attendant la Chine, puis la zone euro (en fait l’Allemagne). Il augmente en même temps les risques de certains pays émergents avec ses interventions plus directement politiques contre la Turquie, l’Iran ou encore le Venezuela. En ligne de mire permanente, il a la Chine. Il veut la faire décélérer, en contraignant ses exportations aux États-Unis, en faisant monter son taux de change, en la poussant à faire plus de crédits à ses entreprises publiques, souvent de piètre qualité, pour maintenir sa croissance et son emploi, et sauvegarder ainsi sa paix sociale. En fait, Donald Trump veut des États-Unis plus capitalistes et efficaces, ses ennemis (Venezuela, Iran, Turquie) en crise sociale  et son concurrent mondial chinois plus communiste que jamais. Il fragilise ainsi la Chine de l’intérieur et la fait servir, à l’extérieur, de repoussoir.
La stratégie trumpienne est ainsi faite qu’elle accroît les risques politiques mondiaux, à partir d’une base boursière, Dow Jones et surtout Nasdaq. Elle commence par un soutien à la bourse, alors qu’elle était déjà haute, parce qu’il sait bien comment elle fonctionne : au profit futur, et surtout qu’elle est l’outil le plus réactif de tous. Cette stimulation boursière passe  par la baisse des impôts, puis par la réduction des contraintes et régulations, notamment bancaires et écologiques, enfin par l’ouverture violente des marchés extérieurs et la protection du marché intérieur, avec la renégociation des traités commerciaux.
Au total, la croissance américaine atteint actuellement un rythme annuel de 4,2%, alors qu’on pensait qu’elle devait être plutôt de 2,5%, puis de 2,8%, puis de 3% ces derniers mois. Une étude du Trésor français d’avril 2016 (Trésor-Éco n°169) pensait même à une croissance potentielle entre 1,7-2%, contre 2,5 % avant l’entrée dans la crise ! Cette étude imputait, pour environ 40 %, la baisse de croissance potentielle au recul de l’investissement. Elle notait que « cet impact est à relativiser étant donnée la ré-accélération récente de l’investissement : la contribution du capital à la croissance potentielle devrait ainsi retrouver, voire dépasser son niveau pré-crise à partir de 2016. » Mais, même si l’investissement est reparti à la hausse, il n’a jamais atteint ni son niveau, ni encore sa tendance, d’avant crise. Nous sommes donc dans une autre situation.
La bourse, avec l’effet patrimoine, est en effet l’outil trumpien de dopage économique par excellence : les ménages et les entreprises se sentent plus riches. Les marchés financiers sont en hausse depuis le 9 mars 2009, soit bientôt 3 500 jours, un rally sans exemple historique. Une situation même miraculeuse puisque, même si le dernier chiffre de création d’emplois (134 000 en septembre) est plus faible que les précédents (270 000 en août), sans doute en liaison avec les cyclones, le taux de chômage s’inscrit à 3,7% (le plus bas depuis un demi-siècle), avec une hausse du salaire horaire de 2,8% et une inflation de 2%, hors produits agricoles et alimentaires et énergie ! Le plein emploi sans beaucoup d’inflation !
La stratégie trumpienne tient donc sur la hausse anticipée des profits, même si Jeff Bezos décide de faire passer à 15 $ le salaire minimal dans son entreprise, ce qui est obligatoire (pour lui) face à la pénurie de personnel et soutient aussi la demande, avec des consommateurs plus optimistes que jamais ! Certes, le prix du pétrole monte aussi, la Russie et l’Arabie Saoudite ne semblant pas favorables à produire plus. Certes, les rachats d’actions embellissent le paysage. Certes, les hausses de taux courts (2,1%) et longs (3,1%) vont rendre cette politique plus onéreuse.
Certes, les risques géopolitiques sont là aussi, et les élections intermédiaires américaines approchent. Mais les marchés américains montent et ceux des autres pays développés baissent. Certes, les valorisations boursières sont très élevées pour les valeurs technologiques, mais à 21 fois les profits du S&P elles ne sont qu’à 7% au-dessus de la moyenne des trois dernières années : toutes les « bonnes raisons » s’ajoutent pour continuer. Certes, Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine vient de préciser qu’il ne se précipiterait pas au chevet de la bourse si elle devait corriger. Certes, les marchés se disent qu’elle pourrait baisser de 25%, mais en cas de crise où aller… sauf aux États-Unis ! En cas d’inquiétude, le vrai marché, sûr et liquide reste en effet celui des bons du trésor américain (le marché japonais ne rapporte rien et l’allemand est trop étroit). Donc les taux longs américains baisseraient – ce qui soutiendrait la bourse !
Pourquoi donc Trump conduit-il le monde à la crise ? Parce qu’il est sûr d’y perdre moins que tous les autres, autrement dit d’y gagner !

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Publié par le 8 octobre 2018 dans économie, général, International, Nouvel ordre mondial

 

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Pensez vous que la science sauvera le monde ?

Alors vous pensez que la science sauvera le monde ? Vous en êtes sûr ?

Jean pierre Petit avait déjà soulevé le problème, et j’en ai parlé dans pas mal d’articles . C’est toute la méthodologie de la science moderne qu’il faut revoir, rien de moins . La plupart des études ne sont pas fiables . Les erreurs ne peuvent même pas être corrigées et atterrissent dans le corpus de la science officielle, avec les gardiens d’une pensée unique de la science officielle qui règnent en haut de la pyramide de ceux qui examinent et qui « filtrent » les publications .  Ce qui « rend presque impossible la publication d’idées novatrices » . Vous voyez un peu le schmilblick … Constat très alarmant ! Z 

Par Ugo Bardi

Je comprends qu’en publiant ce billet, je peux donner des munitions à la foule anti-science. Mais nous ne pouvons pas nous cacher dans une tour d’ivoire et dire aux gens que la science est parfaite telle quelle. Nous avons besoin de réformes profondes dans la façon de faire de la science.

En Italie, nous avons un terme pour ceux qui s’engagent dans une tâche beaucoup trop grande et trop difficile pour eux. Nous les appelons « l’armée Brancaleone » (Armata Brancaleone), un terme qui vient du titre d’un merveilleux film italien de 1966 où un chevalier italien autoproclamé tente de diriger une armée de combattants incompétents. Les tristes conditions de la science de nos jours me font parfois penser à l’histoire de l’armée de Brancaleone.

« Qu’est-ce que la vérité ? », ces mots célèbres ne viennent pas d’un scientifique mais d’un homme politique, Ponce Pilate, gouverneur de Palestine à l’époque romaine. En tant que politicien, Pilate savait très bien comment la vérité pouvait être tordue, étirée, tranchée, cuite, aromatisée et réarrangée de plusieurs façons afin d’être vendue aux gens. Les choses ne sont pas différentes, aujourd’hui. En politique, la vérité est ce que vous percevez comme vrai. Après tout, n’est-il pas vrai que nous pouvons créer notre propre réalité ? (Un fonctionnaire du gouvernement américain aurait dit cela au moment de l’invasion de l’Irak, en 2003.)

Finalement, l’Empire romain est mort noyé dans ses propres mensonges, c’était un effondrement épistémologique. Quelque chose de semblable peut nous arriver : nous ne pouvons pas continuer longtemps à ignorer la réalité, croyant que nous pouvons fabriquer la nôtre, et tromper tout le monde dans le processus.

Mais qu’en est-il de la science ? La science n’est-elle pas capable de nous dire ce qu’est la réalité selon sa « méthode scientifique » très prisée ? En principe, oui, mais la science est loin d’être une parfaite machine à rechercher la vérité. Les attaques que la science reçoit de toutes parts ont une certaine justification : en tant que scientifiques, nous ne pouvons pas prétendre pouvoir sauver le monde si nous ne nettoyons pas d’abord devant chez nous.

Un élément critique du ventre mou de la science moderne est le processus appelé « examen par les pairs ». Si vous n’êtes pas familier avec cette procédure, laissez-moi vous l’expliquer. L’idée est que lorsque les scientifiques veulent diffuser les résultats de leurs études sous la forme d’un « article », ils le soumettent à une revue « peer-reviewed », (évaluée par les pairs). Leur manuscrit sera envoyé à un certain nombre (généralement 2 ou 3) d’évaluateurs anonymes – des scientifiques travaillant dans le même domaine – qui recommanderont le rejet ou la publication et, dans ce dernier cas, avec des changements pour améliorer le document. (pour plus de détails, voir cet excellent article de Jon Tennant).

Jusqu’à présent, tout va bien : si tout le monde fait de son mieux pour accomplir le travail de révision, le processus pourrait donner de bons résultats. Et, en effet, l’examen par les pairs est censé être l’« étalon-or » de la science. L’accusation typique que les climatologues adressent à leurs critiques est que leurs articles ne sont pas examinés par des pairs : ils sont souvent publiés dans des blogs à motivation politique, et ils n’ont pas la rigueur des vrais articles scientifiques. C’est souvent un point de vue correct, la science du climat est aujourd’hui l’un des domaines scientifiques les plus avancés et les plus vitaux, et les critiques qui lui sont adressées sont normalement de mauvaise qualité et politiquement biaisées.

Mais il y a un problème : il y a beaucoup de choses qui peuvent mal tourner avec l’examen par les pairs. Tout d’abord, cela n’empêche pas la mauvaise science de s’infiltrer. Il est toujours possible, avec un peu d’effort et de patience, de trouver une combinaison favorable de critiques et de rédacteurs en chef et d’arriver à publier dans une revue sérieuse un article qui n’est pas parfaitement correct. Cela s’est produit et certains cas sont vraiment scandaleux. Vous pouvez voir celui-ci, par exemple, où les auteurs ont sorti de nulle part une toute nouvelle physique nucléaire basée sur des preuves expérimentales pour le moins bancales, et tout cela afin d’expliquer des phénomènes qui avaient d’autres explications, parfaitement valables.

À ce stade, préparez-vous à une surprise : les revues scientifiques n’ont AUCUN moyen de remédier à une erreur. Une fois qu’un article est publié dans une revue à comité de lecture, il est inscrit dans le corpus de la « science officiellement approuvée ». À moins qu’il ne s’agisse d’escroqueries évidentes, comme le plagiat ou de fausses données, le fait que la plupart des scientifiques sur le terrain pensent que le document est erroné n’est pas suffisant pour qu’il soit retiré. Le mieux que les autres scientifiques peuvent faire est de soumettre un commentaire aux rédacteurs – qui seront généralement aussi heureux de le publier qu’ils sont heureux de voir leur dentiste. Ensuite, les auteurs du document commenté pourront soumettre leurs contre-commentaires et l’ensemble du processus ne servira qu’à leur donner plus de visibilité – et c’est exactement ce qui s’est passé avec le document dont je vous parlais.

De l’autre côté du processus d’évaluation par les pairs, le filtre rend presque impossible la publication d’idées novatrices, surtout pour les jeunes chercheurs. Les réviseurs sont un groupe auto-sélectionné, souvent formé de messieurs âgés, dont l’objectif principal semble être de s’assurer que rien de ce qui contraste avec leurs opinions ne passe à travers le filtre. Et je ne parle pas du processus incroyablement lent, long et frustrant de traiter avec des examinateurs qui n’ont rien compris de votre travail, mais qui pensent néanmoins qu’ils peuvent le démolir et même s’en moquer. Les critiques peuvent toujours réussir à transformer un papier parfaitement bon en un pâle brouillon juste parce qu’ils veulent y peser de tout leur poids. Le pire, c’est quand ils ne seront pas heureux tant qu’ils n’auront pas imposé leur point de vue aux auteurs, les forçant à écrire le document comme ils le souhaitent (les réviseurs).

Qu’en est-il des normes dans l’examen ? Encore une fois, préparez-vous à une surprise : il n’y en a pas, zéro, zéro, zéro, zéro, zéro, nul. Tout le processus se déroule dans le secret, les auteurs ne savent pas qui est la personne qui a obtenu le droit d’abuser d’une position d’anonymat confortable, il n’y a pas de norme pour savoir quel type de critique est supposé être acceptable ou non, ni quel type de réfutation est supposé être acceptable ou non. Les rédacteurs en chef peuvent faire ce qu’ils veulent avec cette soumission et, normalement, il n’y a pas de procédure qu’un auteur puisse suivre pour protester contre ce qu’il considère comme un traitement injuste de son article.

Maintenant, assigneriez-vous à quelqu’un le travail de – disons – concevoir un avion sur la base de cette méthode d’examen ? Voudriez-vous l’utiliser une fois qu’il sera construit ? Donc, si vous êtes un scientifique, pensez-vous que vous pouvez sauver le monde de cette façon ? Et l’examen par les pairs n’est pas le seul problème de la science moderne.

Heureusement, la science n’est pas encore l’escroquerie qu’elle est accusée d’être, par exemple, par ceux qui rejettent la science du climat. Mais si nous ne faisons pas quelque chose rapidement pour nous améliorer, nous risquons de voir la science perçue par tout le monde comme une escroquerie. Et n’avons-nous pas dit qu’en politique, la vérité est ce que vous percevez comme étant vrai ?

Cet article s’inspire d’un article de Jon Tennant. et d’un article de Jem Bendell.

Ugo Bardi

Source CassandraLegacy

Note du Saker Francophone

 L’auteur oublie ou passe aussi sous silence le financement de la recherche. Comme pour le journalisme, l’auto-censure doit y régner en maitre. Qui va jouer sa carrière et ses financements sur un travail en contradiction frontale avec la doxa politico-financière du moment ? Le mème du moment, c’est le réchauffement climatique. Si vous abondez, vous avez de l’argent ; si vous êtes critique, plus de sous, comme les journalistes qui se retrouvent privés d’antenne. Pute ou chômeur …

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

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Publié par le 7 octobre 2018 dans Education - information, général, Sciences

 

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La menace d’une nouvelle crise financière plane sur l’Italie, et sur le monde …

La situation est devenue assez chaude en Italie, L’Europe se penche sur le cas italien pour éviter le déclenchement de la prochaine crise financière mondiale :

Tout ça va se jouer dans les jours qui viennent. Après la journée catastrophe sur les marchés financiers et un week end de réflexion, les banquiers internationaux cherchent en effet toutes les solutions possibles pour empêcher l’Italie d’entrainer l’Europe dans une nouvelle crise financière.

Tous les milieux financiers appréhendent la semaine qui vient de s’ouvrir.
Vendredi, tous les marchés ont très mal réagi à la décision du gouvernement italien d’aller au bout de ses promesses électorales. *

Acte 1 : le gouvernement a fini par proposer un projet de budget en déficit de 2,9 % alors que l’Italie était jusqu’alors calée sur une ligne inférieure à 2%.

La coalition des partis antisystème (le mouvement 5 Etoiles et la Ligue) a donc gagné son bras de fer contre le ministre des Finances qui, lui défendait une position plus rigoureuse dans le respect des engagement pris avec l’Union européenne.*
Cette décision a été immédiatement perçue comme une agression envers l’Union européenne et le système bancaire internationalD’autant que tout le monde sait que le mouvement 5 Etoiles a la ferme intention de revenir sur la gestion sociale et de proposer des baisses d’impôts et des augmentations de prestations sociales sur le chômage, la maladie et les retraites. Parallèlement, le gouvernement a le projet de lancer des investissements importants sur les grands équipements de transport, routes, autoroutes, tunnels et ponts. 

Les prochains jours vont être cruciaux, mais ça m’étonnerait que la coalition revienne en arrière : ça promet ..

Le projet de budget italien, annoncé jeudi, devra être remis à la Commission européenne pour examen complet le 15 octobre. Tout rejet par l’UE pourrait provoquer une volatilité accrue du marché, mettant le processus budgétaire en suspens et conduisant potentiellement à une autre crise de la dette et / ou politique, ce qui pourrait bien entrainer l’Europe et le monde dans une nouvelle crise financière.

Les taux se tendent (ici la référence, le 10 ans), ce qui impact directement la dette du pays, au moment de l’annonce de ces mesures coûteuses qui vont donc être très dure voir impossible à financer, et on s’attend  cette semaine à ce que les agences de notation dégradent l’Italie, ce qui ne fera qu’accroitre encore plus la pression sur les taux d’intérêt. 

 

 
 

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Les États-Unis tentent de pousser le monde vers une guerre économique, selon Erdogan

Recep Tayyip Erdogan

L’administration des États-Unis pousse le monde vers une guerre économique, a déclaré le Président turc Recep Tayyip Erdogan dans un article pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Le gouvernement des États-Unis multiplie ses efforts en vue de pousser le monde vers une guerre économique, a écrit Recep Tayyip Erdogan dans un article publié par le Frankfurter Allgemeine Zeitung.

«En particulier, l’approche actuelle, unilatérale et irresponsable du gouvernement des États-Unis conduit de plus en plus notre monde vers une période de guerre commerciale impitoyable qui nuira à toutes les parties concernées», a-t-il relevé.

De l’avis de M.Erdogan, l’Allemagne et la Turquie devraient unir leurs forces avec d’autres États responsables pour prendre des mesures visant à prévenir de futurs conflits commerciaux destructeurs.

Du 27 au 29 septembre, M.Erdogan effectuera une visite en Allemagne sur l’invitation du Président allemand Frank-Walter Steinmeier. Vendredi et samedi, des négociations avec la chancelière Angela Merkel sont prévues. Le Président turc participera également à un dîner d’honneur organisé par son homologue allemand dans sa résidence, le château de Bellevue.Cette visite sera la première visite officielle du Président turc en Allemagne depuis sept ans.

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Publié par le 27 septembre 2018 dans économie, général, International, Politique

 

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