RSS

Archives de Tag: la stratégie

La Bundesbank appelle à la fin du rachat de dette publique

​La Bundesbank veut siffler la fin de la stratégie par laquelle la BCE a sauvé l’économie européenne et tout le monde s’en moque dans la campagne électorale française

La Bundesbank appelle à la fin du rachat de dette publique :

Le président de la Bundesbank Jens Weidmann a de nouveau appelé à une sortie prochaine des rachats de dette publique par la Banque Centrale Européenne, plus de deux ans après le lancement de cette mesure controversée pour soutenir l’inflation. « Le moment se rapproche, de mon point de vue, de ne plus appuyer sur la pédale d’accélérateur mais de lever le pied » en matière de politique monétaire expansionniste, déclare M. Weidmann dans une interview à l’hebdomadaire « Die Zeit » paraissant jeudi. « Je saluerais le fait qu’il n’y ait plus du tout d’achats d’obligations d’ici un an », poursuit-il.

La Bundesbank veut siffler la fin de la stratégie par laquelle la BCE a « sauvé » l’économie européenne et tout le monde s’en moque dans la campagne électorale française

Si Mario Draghi tient bon face aux dernières attaques de la Bundesbank, il serait peut être temps que les candidats à la présidentielle française s’intéressent un peu plus aux questions économiques européennes.

Ce qui se joue dans les coulisses depuis quelques temps c’est l’avenir de la pseudo-reprise pour 2018 en Europe, et un « Game of Trones » en anticipation du moment où notre suzerain, le boomerang Mario Draghi, reviendra chez Goldman Sachs ou ailleurs (à partir d’octobre 2019). Les enjeux sont titanesques parce que les gens dont je vais parler ici traitent tous les mois d’affaires qui dépassent d’un facteur 10 la marge de manœuvre éventuelle dont disposera peut-être annuellement Macron s’il obtient une majorité (ce dont je doute) et s’il fait mine de vouloir bouger quelques lignes concrètes (ce dont je doute) au-delà d’un service-citoyen de 30 jours et 30 nuits pour les garçons et les filles.

Il y a quelques jours, sans que cela ne fasse beaucoup de bruit dans le paysage médiatique occupé à des histoires bien plus sérieuses (les justificatifs de travail de Penelope pour 1991, l’élimination de Didier dans Koh-Lanta), les banques de la zone euro ont récolté plus de 200 milliards au guichet de la BCE, à des taux négatifs, pour des durées jusqu’à 3 ans : ce qui en dit long au passage sur le non-rétablissement du marché interbancaire quasi-mort il y a bientôt 10 ans et remplacé par des intraveineuses (de la taille de pipelines) que l’on nous présente toujours comme temporaires et techniques ; ce qui en dit long aussi sur les jérémiades de certains banquiers qui se plaignent des effets des « taux trop bas » sur leur activité, confondant au passage cause et symptôme. Ce biberonnage intense, pas du tout infantilisant et pas du tout zombifiant, effectué par l’instance en charge de superviser le secteur (hum hum…) ne fait pas les gros titres, rien que le nom de code du dispositif (TLTRO2) effraie, c’est d’ailleurs un peu fait pour. Allez voter au mois de mai pendant que les choses sérieuses se déroulent sans vous !?!

Imaginez que vous votiez pour une fois en faveur d’un candidat sympathique, propre sur lui et pas trop hostile à un petit retour de la croissance en France. Vous êtes très content de vous : vous avez fait votre devoir citoyen, vous avez mis Mélenchon à la retraite et Le Pen sur la touche, c’est le bonheur dans le vivre-ensemble et les congés à peu près payés. Mais voilà, votre Président n’a jamais connu concrètement les effets d’une crise de la demande agrégée, il n’a vu cela que de loin ou il ne fait pas bien le lien avec la BCE. Il y nomme un de ses anciens camarades de l’inspection des finances ou un de ses futurs employeurs dans une banque, persuadé au fond de lui que tout cela n’a pas une si grande importance (Obama a fait grosso modo la même erreur et cela lui a coûté très cher : deux des trois activistes anti-QE3 à la FED vers 2013 avaient été nommés par un Président que l’on dit pro-relance).

Et puis, patatra : à Francfort, en 2019, par un de ces coups tordus dont les élites franco-allemandes à majorité allemandes ont le secret, ils remplacent Draghi-les-bons-tuyaux par un tonton-macoute des taux-qui-remontent, un pote louche de Weidmann, un élève d’Axel Weber (qui a bien failli récupérer le poste en 2011, vous imaginez !), un membre de la secte apocalyptique de saint Trichet des derniers jours, un autodidacte monétaire diplômé de la BRI, que sais-je. Votre beau Président tout propre qui a à peine servit se retrouve aussitôt démonétisé, japonisé et sarkoïsé : parce qu’une baisse d’impôt de 30 milliards ou des réformettes structurelles ne pèsent pas lourd en face d’un arrêt du QE de la BCE et d’une envolée artificielle de l’euro, en face d’une programmation de remontée des taux et d’un retour des spreads périphériques, en face d’une jolie correction des actions et de l’immobilier, en face de banques en panne ou qui doivent recapitaliser. Et si votre Président s’acharne, il risque le scénario Berlusconi 2011, il le sait et ils savent qu’il le sait et il sait qu’ils le savent.

Combien pariez-vous que votre Président préférera convoquer une commission pour la croissance et la solidarité et la lutte contre le CO2 (commission confiée à Bayrou, Attali ou Minc) plutôt que de ruer dans les brancards, plutôt que de suivre une stratégie du bord du gouffre ou un « chicken game » face à des gens qui ont plus de moyens et de temps que lui, et qui n’ont pas à répondre de leurs actes ?

Suite et fin

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 9 avril 2017 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , , ,

Michel Drac : La stratégie de tension au service des élites mondialisées

Michel Drac est éditeur et essayiste. Fondateur du site scriptoblog, il est spécialiste de la géopolitique. Dans son ouvrage Triangulation, aux éditions Le Retour aux Sources, il revient au fil de trois conférences sur le concept de mondialisme. A travers une discussion autour du terme d’ « empire », Michel Drac précise le rôle des élites mondialisées -qu’elles agissent dans le monde économique, médiatique ou politique – dans la perte systémique de la souveraineté des états. Face à une époque complexe, l’auteur fait un parallèle avec l’époque italienne des années 70 et 80, en commentant une stratégie de tension diffusée en Europe et particulièrement en France, notamment face à l’islamisme radical.

 

Étiquettes : , , , , ,

Vidéos du jour – La vérité sur les manifestations anti-Trump (VOSTFR) – Rare ITW de Soros, Trump et la stratégie de l’élite – etc …

 

Trump et la stratégie de l’élite – Toujours bourré d’excellentes infos Alcyon Pléiades, il faut laisser tout ce qui est « farfelu » de coté .

 

Étiquettes : , , , , , ,

Or : la stratégie chinoise selon Willem Middelkoop

statue de Mao en or

La Chine et d’autres émergents n’en peuvent plus de la suprématie du dollar (qui s’effondre) et préparent un coup avec l’or – L’Epoch Times s’est entretenu avec Willem Middelkoop pour parler des achats d’or de la Chine ainsi que sa stratégie concernant la fin du système financier actuel et sa réforme. Article publié le 7 mars 2016 :

« (…)

Epoch Times : comment la Chine perçoit-elle l’or ?

Willem Middelkoop : la chose la plus importante à comprendre à propos de la stratégie or de la Chine, c’est que ce pays considère le métal jaune comme une assurance contre le système financier et les réserves qu’il possède aujourd’hui. La Chine a encore 3,2 trillions de dollars de réserves, mais elle comprend que le système du dollar est en fin de vie. Ils ont clairement fait savoir en Chine qu’ils souhaitent se protéger contre leurs positions en dollars avec de l’or.

La plupart de ces déclarations n’ont quasi jamais été répercutées en Occident, mais si vous lisez les articles de la presse chinoise, ils disent de but en blanc qu’ils souhaitent « accumuler le plus vite possible les réserves d’or les plus importantes possible ».

La Chine avait un peu d’or dans les années 20 et les années 30, mais la plupart de ces lingots ont été volés par les Japonais justes après l’invasion du pays, qui a eu lieu quelques années avant la Seconde Guerre mondiale.

Après la guerre, le Kuomintang a pris la fuite vers Taiwan avec le peu qu’il restait. Si bien que les coffres de la Chine furent vides jusqu’aux années 90. Maintenant, le désir d’augmenter rapidement leurs réserves est très fort.

Epoch Times : à votre avis, combien d’or possède la Chine maintenant ?

Willem Middelkoop : pour savoir combien d’or les Chinois ont accumulé durant ces 15 dernières années, se contenter des statistiques officielles n’est pas suffisant. Ce que possède la banque centrale est faible par rapport à l’or qui se trouve en Chine. Les statistiques officielles font état de 1800 tonnes, ce qui représente moins de 2 % de toutes les réserves de la Chine.

Leur objectif est d’avoir 10 % de leurs réserves en or, soit 320 milliards de dollars. La Russie possède plus de 10 % de ses réserves en or, l’Europe et les États-Unis bien plus. En Occident, l’or représente plus de 50 % des réserves de change.

Un programme officiel existe en Chine, baptisé « stocker de l’or parmi la population ». Un article de la Banque Centrale chinoise en a fait mention en juin 2015, juste après la mise à jour de leurs réserves d’or.

En ce qui concerne la quantité d’or qui se trouve en Chine, elle dépasse facilement les 10.000 tonnes. Ces lingots sont stockés par les banques commerciales, des sociétés de garde et des particuliers.

Au moins la moitié de cet or appartient à la population chinoise. Le leadership chinois a étudié l’histoire financière d’assez près. Ils savent qu’en situation de crise, le gouvernement peut décider de confisquer l’or en l’échange d’argent papier en guise de compensation. Surtout dans un pays centralisé comme la Chine.

Les Coréens l’ont fait durant la crise asiatique, les États-Unis l’ont fait en 1933 lorsque le président Roosevelt a obligé les Américains à remettre leur or au gouvernement. Entre 1933 et 1974, les Américains n’avaient d’ailleurs pas le droit d’acheter de l’or.

En cas de besoin, les Chinois pourront confisquer l’or de la population, par exemple si le gouvernement devait perdre trop de réserves dans la défense de leur devise. Dans ce scénario, le gouvernement pourrait confisquer l’or du citoyen ordinaire. Mais il s’agit d’une mesure extrême, prise uniquement lorsque la situation est désespérée.

Epoch Times : comment ont-ils pu accumuler autant d’or sans propulser le cours jusqu’à 5000 $ l’once ?

Willem Middelkoop : la Chine ne souhaite pas voir le cours de l’or grimper trop, ni trop vite, elle ne souhaite pas trop insister sur le fait qu’elle utilise l’or en tant qu’assurance contre le pétrodollar.

Elle doit donc faire croire que l’or ne représente qu’une partie infime de ses réserves. Et la Chine est très habile à ce petit jeu. Si les Chinois voulaient propulser l’once d’or à 3000 $, ils pourraient le faire demain en publiant un simple communiqué annonçant qu’ils vont convertir 25 % de leurs réserves de change en or.

Suite et fin

—————————–

A noter , les souscriptions dans les ETF spécialisés dans les cours de l’or explosent. En résumé, quand l’or est au plus bas, tout le monde sort. Et quand l’or regagne 20%, tout le monde achète… à quand des intervenants qui anticipent ?

Les souscriptions dans les ETF spécialisés dans les cours de l'or explosent. En résumé, quand l'or est au plus bas, tout le monde sort. Et quand l'or regagne 20%, tout le monde achète... à quand des intervenants qui anticipent ?

 
Poster un commentaire

Publié par le 9 mars 2016 dans général, or et argent métal

 

Étiquettes : , , , , , , , ,

La stratégie du chaos

JPEG - 23.1 ko

Alors que Thierry Meyssan montrait, dans un récent Focus, que l’attaque militaire perpétrée à Paris le 13 novembre était le fruit de l’engagement terroriste de la France, Manlio Dinucci poursuit cette logique. Il explique que cette crise entre les puissances sponsors du terrorisme fait le jeu de Washington. Après avoir eux-mêmes initié, en 1978, l’usage du terrorisme en Afghanistan contre l’Urss, les États-Unis observent avec délectation leurs élèves (la Turquie, l’Arabie saoudite et la France) se déchirer. Il ne restera d’autre État que l’Empire

Drapeaux en berne dans les pays de l’Otan pour « le 11 septembre de la France », pendant que le président Obama annonce aux médias : « Nous vous fournirons des informations sérieuses sur ceux qui sont responsables ».

Pas besoin d’attendre, c’est déjà clair.

L’énième massacre d’innocents a été provoqué par la série de bombes à fragmentation géopolitique, qui ont explosé selon une stratégie précise. Celle mise en acte depuis que les USA, après avoir gagné la confrontation avec l’URSS, se sont auto-proclamés « le seul État avec une force, une portée et une influence en toute dimension —politique, économique, militaire— réellement globales », se proposant d’« empêcher que toute puissance hostile ne domine une région —l’Europe occidentale, l’Asie orientale, le territoire de l’ex Union soviétique et l’Asie sud-occidentale— dont les ressources seraient suffisantes pour générer une puissance globale ».

Dans ce but les USA ont réorienté depuis 1991 leur propre stratégie et, en s’accordant avec les puissances européennes, celle de l’Otan. Depuis lors ont été fragmentés ou démolis avec la guerre (ouverte et/ou couverte), un après l’autre, les États considérés comme un obstacle au plan de domination globale —Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Syrie, Ukraine et autres— alors que d’autres encore (dont l’Iran) sont dans le collimateur. Ces guerres, qui ont broyé des millions de victimes, ont désagrégé des sociétés entières, en créant un masse énorme de désespérés, dont la frustration et la rébellion débouchent d’une part dans une résistance réelle, mais de l’autre se trouvent exploitées par la CIA et autres services secrets (y compris français) pour séduire des combattants dans un « djihad » de fait fonctionnel à la stratégie USA/Otan.

Ainsi s’est formée une armée ombre, constituée de groupes islamistes (souvent concurrents) employés à miner de l’intérieur l’État libyen pendant que l’Otan l’attaquait, puis pour une opération analogue en Syrie et Irak. De cela est né Daesh (ÉI), dans lequel ont conflué des « combattants étrangers » parmi lesquels des agents de services secrets, qui a reçu des milliards de dollars et des armes modernes de l’Arabie saoudite et d’autres monarchies arabes, alliées des USA et en particulier de la France. Stratégie qui n’est pas nouvelle : il y a plus de 35 ans, pour faire tomber l’URSS dans le « piège afghan », furent recrutés par l’intermédiaire de la CIA des dizaines de milliers de moudjahiddines de plus de 40 pays.

Parmi ceux-là le riche saoudien Ossama Ben Laden, arrivé en Afghanistan avec 4 000 hommes, celui-là même qui allait ensuite fonder Al-Qaïda en devenant « l’ennemi numéro un » des USA. Washington n’est pas l’apprenti sorcier incapable de contrôler les forces mises en marche. Il est le centre moteur d’une stratégie qui, en démolissant des États entiers, provoque une réaction en chaîne chaotique de divisions et conflits à utiliser selon l’antique méthode du « diviser pour régner ».

L’attaque terroriste à Paris, accomplie par une main d’œuvre convaincue de frapper l’Occident, est arrivée avec une parfaite opportunité au moment où la Russie, en intervenant militairement, a bloqué le plan USA/Otan de démolition de l’État syrien et a annoncé des contre-mesures militaires à la croissante expansion de l’Otan à l’Est. L’attaque terroriste, en créant en Europe un climat de siège, « justifie » une montée en puissance militaire accélérée des pays européens de l’Otan, y compris l’augmentation de leur dépense militaire réclamée par les USA, et ouvre la voie à d’autres guerres sous commandement étasunien.

La France qui jusqu’à présent avait conduit « contre l’État islamique en Syrie seulement des attaques sporadiques » écrit leNew York Times, a effectué dans la nuit de dimanche « en représailles, l’attaque aérienne la plus agressive contre la ville syrienne de Raqqa, en touchant des objectifs de l’ÉI indiqués par les États-Unis ». Parmi lesquels, précisent des fonctionnaires états-uniens, « quelques cliniques et un musée »

source

 

Étiquettes : ,

La stratégie de la peur

L’expression «la stratégie de la peur» utilisée par Pepe Escobar me rappelle étrangement la période des années de plomb 1960 – 1980, où l’Europe et particulièrement l’Italie ont terriblement souffert des actions de fractions dénoncées d’extrêmes-gauche, Fraction Armée Rouge appelée aussi Bande à Baader en Allemagne, Prima Linea en Italie et Action Directe en France.

Ces actions ont culminé avec l’attentat de la gare de Bologne en Italie, le 2 août 1980, qui avait entraîné la mort de 85 personnes en blessant plus de 200.

On a appris depuis que la CIA et l’Otan, avec leurs réseaux secrets Stay-Behind, mis en place à la fin de la guerre pour contrer une éventuelle agression de l’URSS, étaient derrière ces événements abominables.

Le but était de laminer, par la terreur – les attentats étant toujours imputés à l’extrême gauche –, les scores très élevés (20% à 25%) obtenus à l’époque par les partis communistes d’Europe hostiles à l’Otan, notamment en France et en Italie, afin de mettre en place des gouvernements libéraux ou sociaux-démocrates favorables aux politiques atlantistes, ce qui s’est produit.

Mutatis mutandis, pourquoi ne pas répéter une recette qui a si bien marché?

L’objectif étant cette fois-ci de faire taire institutionnellement et définitivement les quelques instances démocratiques subsistantes – celles qui votent – en les supprimant purement et simplement dans la mesure où elles sont d’ores et déjà châtrées.

En effet, le volcan de la crise financière mondiale gronde sourdement ; les mouvement d’extrême-droite sont en pleine ascension ; les crises économique, sociale, environnementale, morale, psychologique et migratoire ont atteint un tel degré d’incandescence qu’elles sont devenues techniquement insolubles.

L’opposition au Traité transatlantique s’affirme de plus en plus, l’ambiance est lourde, très lourde pour nos pseudo-élites, sans parler du chaos généré au Moyen-Orient par la stupidité criminelle de l’Empire du Bien et de la Vertu.

Alors pourquoi pas une dictature molle – ou pas – institutionnalisée par la Commission européenne avec la suppression de tous les avatars démocratiques, notamment le Conseil européen des chefs d’État, remplacés par un système de surveillance des populations déjà bien avancé.

Ein Volk – l’homo europeanicus, ein Reich – de Lisbonne à Kiev, ein Führer – le président de la Commission européenne.

La seule chose qui manque à l’Europe et qui pourrait entraver ce plan est l’absence – providentielle – d’idéologie suprématiste européenne, propre à toute dictature fascisante qui ne se respecte pas, telle qu’on a pu en voir prospérer en Allemagne nazie, au Japon impérial et aux États-Unis aujourd’hui.

Par Pepe Escobar – Le 14 novembre 2015 – Source la page Facebook de l’auteur

Mon hypothèse sur les événements à Paris est confirmée.

Il s’agit seulement d’un préambule avant le sommet du G20 sur la guerre, à Antalya.

En supposant que Daesh soit responsable : quel meilleur moyen de choisir la bataille que d’attirer l’ennemi sur votre terrain?

Ils ont attaqué la Russie via l’accident Metrojet [crash du vol 9268 dans le Sinaï].

Ils ont attaqué le Hezbollah – et indirectement, l’Iran – avec l’attentat de Beyrouth. Autrement dit, une attaque contre le 4 + 1 (la Russie, la Syrie, l’Iran, l’Irak, ainsi que le Hezbollah).

Et ils ont attaqué l’Otan dans le cœur de Paris (Hollande : «Acte de guerre» implique une attaque contre tous les membres de l’Otan, et aussi incroyable que cela puisse paraître, Turquie incluse).

Vous devez être pire qu’un matamore cinglé pour soutenir une guerre sur tous ces fronts.

Bien que Daesch soit blindé de pognon, bénéfices provenant de la contrebande de pétrole et bénéfices provenant de généreux donateurs des monarchies du Golfe, une telle guerre est au dessus de leurs moyens. Ils ont besoin des ressources d’un réseau de Service de renseignement professionnel derrière eux.

Par ailleurs, mon hypothèse de travail semble être confirmée officiellement : les services français se concentrent sur une seule cellule de terroristes, revenus de Syrie comme auteurs des attentats. (Et ce passeport syrien trouvé avec l’un des tueurs est très certainement un faux.)

Pourquoi diable ne les ont-ils pas repérés il y a des semaines ou des mois ? Ils l’ont fait. Donc, ce n’est pas tant un échec majeur des services de renseignement que l’impuissance administrative française à agir en fonction des informations. Encore un échec.

Alors que veut Daesh ?

Il veut que les capitales occidentales importantes vivent dans la crainte.

Et ils veulent attirer les bottes occidentales sur le terrain en Syrie.

Ce serait un cadeau du ciel : les croisés nous envahissent une fois de plus. Vous pouvez imaginer le recrutement pour Jihad & Cie battant tous les records.

La seule façon réaliste de les écraser, lentement mais sûrement, est une étroite collaboration entre le 4 + 1 : l’Armée syrienne, les combattants iraniens, le Hezbollah avec la couverture aérienne de la Russie, les Kurdes du PKK et même les peshmergas.

Une Coalition internationale globale pour lutter contre Daesh est très bien. Mais garder la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar [principaux sponsors de Daesch, NdT], à la table de négociation de la mascarade de Vienne, est une plaisanterie. (Je suis à l’écoute de Lavrov à Vienne en écrivant ceci.)

Au moins Kerry a finalement accepté avec Lavrov que Jabhat al-Nusra, alias al-Qaïda en Syrie, sont des terroristes, et non des rebelles modérés.

La liste officielle des groupe terroristes du Top 10 (voir mon dernier article sur Asia Times) sera décidée au Conseil de sécurité des États-Unis.

Voyons maintenant ce qui va se passer à propos des bottes de l’Otan sur le terrain. En tête de l’ordre du jour du G20 à Antalya, certainement.

Voici ce qui vise Daesh.

Pepe Escobar

source

 

 
1 commentaire

Publié par le 17 novembre 2015 dans général, International, Nouvel ordre mondial, Politique

 

Étiquettes : ,

La stratégie de Poutine au Moyen-Orient décryptée

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Hadrien Desuin analyse les enjeux de la rencontre de Vladimir Poutine avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou au sujet de la guerre en Syrie. Un nouvel équilibre des forces au Moyen-Orient se met en place.

Tiens vraiment pas mal cette analyse dans Le Figaro 

Ancien élève de l’École spéciale militaire de St-Cyr puis de l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, Hadrien Desuin est titulaire d’un master II en relations internationales et stratégie sur la question des Chrétiens d’Orient, de leurs diasporas et la géopolitique de l’Égypte, réalisé au Centre d’Études et de Documentation Économique Juridique et social (CNRS/MAE) au Caire en 2005. Il a dirigé le site Les Conversations françaises de 2010 à 2012.

FIGAROVOX. Eléonore de Vulpillières s’entretien avec Hadrien Desuin

LE FIGARO. – Le président russe Vladimir Poutine a rencontré lundi à Moscou le Premier ministre israélien Nétanyahou au sujet de la guerre en Syrie. Selon Haaretz, cette visite semble refléter «le manque de foi [de ce dernier] dans la capacité et la volonté des Etats-Unis à protéger les intérêts sécuritaires israéliens.» La Russie est-elle un nouvel acteur majeur dans la région?

Hadrien DESUIN. – Les derniers renforcements russes en Syrie frappent l’imaginaire collectif. Pour la première fois depuis la fin de la guerre froide et l’intervention soviétique en Afghanistan, l’armée russe s’apprête à intervenir au Moyen-Orient. Les Russes avaient conservé leur base de Tartous et fournissaient en armes l’armée syrienne mais Poutine a changé de braquet: désormais c’est l’armée russe qui frappe. Il s’agit d’un événement majeur qui va marquer l’histoire des relations internationales: un nouvel équilibre des forces au Moyen-Orient se met en place. Il faut se souvenir que les interventions américaines dans le Golfe ont été rendues possible par la chute de l’URSS. Mais progressivement la Russie poutinienne restaure les positions soviétiques au Moyen-Orient, ce que n’aurait pas déplu à Evgueni Primakov qui vient de disparaître.

Il faut toutefois nuancer. La stratégie russe n’est pas une logique de guerre froide et d’opposition aux armées occidentales mais plutôt d’aiguillon. L’idée est de participer à la coalition anti-Daech en s’appuyant sur l’armée syrienne et non les «rebelles». Rebelles qu’à l’exception de quelques idéologues, on peine à distinguer des groupes djihadistes proches d’Al-Qaïda. La Russie ne veut pas apparaître comme un trublion mondial. Au contraire, elle souhaite jouer un rôle dans le nouveau monde multipolaire qui s’ouvre après la fin de l’hégémonie américaine post-URSS.

Côté israélien, il y a une vraie déception vis-à-vis des Etats-Unis et un certain pragmatisme. Marqué par le conflit contre le Hezbollah au Liban-sud, le chef du Likoud a d’abord misé sur la chute de Bachar Al-Assad. Le premier ministre israélien a dès lors voulu jouer le Capitole contre la Maison-Blanche ; mal lui en a pris. Ses réseaux dans le parti républicain n’ont pas suffit. Même les électeurs juifs démocrates n’ont pas suivi son obsession anti-iranienne. Peut-être aussi que la droite nationaliste israélienne voit d’un bon oeil l’émergence de Daech, qui peut cyniquement diviser le camp djihadiste, notamment le Hamas.

Par dépit, Netanyahou se tourne vers Moscou qui pourtant applique une politique pro-iranienne dans la région. Il s’agit sans doute d’une simple coordination technique entre les états-majors aériens. Netanyahou en profite aussi pour marquer sa désapprobation vis-à vis de l’administration Obama. Avec l’idée que le grand retour de la Russie au Moyen-Orient ne manquera pas d’être exploité par les républicains qui pointent la prudence excessive de Barack Obama.

Comment expliquer ce basculement alors que la Russie était la cible de violentes critiques de la part des EU et de l’UE?

Le principe de réalité finit toujours par prendre le dessus sur les émotions morales. La stratégie occidentale est en échec en Syrie depuis quatre ans. Le groupe des amis de la Syrie qui avait exclu les positions iranienne et russe n’a jamais pu apporter la preuve de la crédibilité de l’armée syrienne libre (ASL) et sa branche politique, le conseil national syrien. La Russie, de son côté, a toujours proposé ses bons offices diplomatiques pour dénouer le nœud syrien et trouver une solution interne au régime des Assad.

Le principe de réalité finit toujours par prendre le dessus sur les émotions morales. La stratégie occidentale est en échec en Syrie depuis quatre ans. La Russie, de son côté, a toujours proposé ses bons offices diplomatiques pour dénouer le nœud syrien et trouver une solution interne au régime des Assad.

Pour l’opinion occidentale, les crimes de Daech sont désormais nettement plus insupportables que les tentatives de Bachar Al-Assad de rester au pouvoir. C’est donc la position russe qui apparaît la plus juste mais aussi la plus réaliste. On joue sur les mots mais plus personne en haut lieu n’appelle à un changement de régime à Damas. Mutatis mutandis, les occidentaux s’alignent sur la position russe. C’est-à-dire la priorité donnée à la lutte contre le terrorisme islamiste.

La Russie semble être le pays le plus déterminé à attaquer Daech . Comment expliquer la lenteur des pays européens et des Etats-Unis à s’allier avec Moscou?

On disait l’économie russe à genoux, le pouvoir politique de Poutine vacillant, isolé sur la scène internationale. Il n’en n’est rien. Comme disait Bismarck, «la Russie n’est jamais aussi forte ni aussi faible qu’il n’y paraît.» Largement surestimée au cours de la guerre froide, la Russie a, depuis 25 ans, été négligée au Moyen-Orient. Mais l’image d’une armée russe en déliquescence dans les années 90 n’est plus d’actualité. Poutine et ses généraux se sentent suffisamment forts désormais pour se projeter au Moyen-Orient et déployer le meilleur de leur technologie.

Comme à son habitude, Vladimir Poutine a manœuvré en discrétion pendant tout le mois de septembre jusqu’à ce que son appui à l’armée syrienne ne puisse plus être contesté. Comme en Crimée et en Géorgie, Poutine ne veut pas provoquer mais les Occidentaux sont mis en douceur devant le fait accompli, sans déclaration tonitruante ni fanfaronnade. Les rôles s’inversent puisque jusqu’à présent ce sont les Occidentaux qui mettaient bruyamment la Russie devant le fait accompli.

Pour autant, les puissances occidentales, échaudées par leurs échecs successifs dans la région réalisent au fur et à mesure que Poutine et Lavrov peuvent poursuivre le rôle positif qu’ils ont joué dans les négociations avec l’Iran.

Laurent Fabius s’est montré hostile à la visite de parlementaires français en Crimée, et opposé à la vente des Mistral à Moscou. La France est sous embargo alimentaire russe depuis 2014 après les sanctions économiques prises à l’encontre de la Russie… Comment analysez-vous l’attitude de la diplomatie française envers la Russie? La France est-elle en train de manquer une rapprochement de poids avec Moscou?

La position de Laurent Fabius reste arc-boutée sur le départ de Bachar Al-Assad comme s’il vivait encore dans le mirage des printemps arabes. Mais Daech a pris de plus en plus d’importance jusqu’à la prise de Mossoul. Les Occidentaux ont alors été contraints de prendre la défense de Bagdad et les militaires ont fait pression pour élargir les opérations à la Syrie. Jean-Yves Le Drian en France, John Kerry et Ashton Carter [actuel secrétaire d’Etat américain à la Défense, ndlr] aux Etats-Unis ont été les premiers à pousser à reprendre le dialogue avec Damas. C’est eux qui tirent François Hollande et Barack Obama à se rapprocher de la position russe.

Laurent Fabius, toujours en retard d’une guerre, semble encore penser le monde des années 90. Depuis trois ans, il réclame le départ préalable de Bachar Al-Assad sans tenir compte de la position russe.

Laurent Fabius, toujours en retard d’une guerre, semble encore penser le monde des années 90. Depuis trois ans, il réclame le départ préalable de Bachar Al-Assad sans tenir compte de la position russe. Dans un entretien paru aujourd’hui dans Le Figaro, il trouve pour la première fois absurde de demander des excuses à Assad avant toute discussion. Mais si on négocie avec un chef d’État, c’est reconnaître sa légitimité et sa capacité dans l’avenir à mettre en place l’accord. Ce qui n’est pas compatible avec une exigence de départ à court ou moyen terme.

Sur les questions de sécurité, Laurent Fabius qui se comporte en Vice-président, accumule les revers. Ses rapports avec la Russie ont semblé en opposition avec le ministère de la Défense dont l’approche est nettement plus réaliste. Engoncé dans un discours moralisateur, Laurent Fabius est en décalage avec les événements et semble avoir perdu tout crédit pour diriger la diplomatie française. Son départ en décembre, à la faveur du remaniement post-élections régionales pourrait permettre de renouer les liens traditionnels avec la Russie et redonner des marges de manœuvre à François Hollande

 

Étiquettes : , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :