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Le président chinois demande à l’armée de se préparer à la guerre

Le président chinois demande à l’armée de se préparer à la guerre (WSWS)

Nous sommes pris en otage par une bande de psychopathes et leurs pantins… Si les peuples ne réagissent pas et ne prennent pas les choses en main, nous crèverons tous la bouche ouverte ! Z 

Dans un autre signe de la montée rapide des tensions américano-chinoises et du danger de conflit, le président Xi Jinping a demandé à l’armée de son pays de se préparer à la guerre. Son discours, prononcé jeudi dernier devant le Commandement du théâtre sud de l’Armée de libération du peuple (APL), constituait une réponse aux actions agressives de l’Administration Trump, qui visait non seulement à intensifier la guerre commerciale, mais aussi à se préparer ouvertement à un conflit militaire avec la Chine et la Russie.

Xi, qui est également le commandant en chef de l’armée chinoise, a souligné la nécessité de forces militaires capables de « combattre et de gagner des guerres » et a demandé au commandement de « se concentrer [sur] les préparatifs en vue d’une guerre. » Il a déclaré : « Nous devons renforcer les exercices de préparation au combat, des exercices conjoints et les exercices de confrontation pour améliorer les capacités des soldats et la préparation à la guerre ».

« Vous travaillez constamment en première ligne et vous jouez un rôle clé dans la protection de la souveraineté territoriale nationale et des intérêts maritimes », a déclaré Xi. Le commandement avait « une lourde responsabilité militaire » de « prendre en compte toutes les situations complexes et d’élaborer des plans d’urgence en conséquence », a-t-il déclaré.

Le Commandement du théâtre de Sud de l’APA est responsable de la mer de Chine méridionale et du détroit de Taïwan : deux points poudrières qui pourraient déclencher la guerre. Sous l’Administration Trump, le Pentagone a déjà mené plus d’opérations provocatrices sur la liberté de navigation dans la mer de Chine méridionale – huit au total – que sous le président Barack Obama.

La dernière provocation américaine, plus tôt ce mois-ci, a abouti à une rencontre rapprochée entre un navire de guerre chinois et l’USS Decatur, qui a délibérément défié les revendications maritimes chinoises en naviguant dans la limite des 12 milles marins d’îlots situés dans les îles Spratley sous contrôle chinois. Il va sans dire que si des navires de guerre chinois conduisaient de telles opérations au large des côtes américaines à proximité de bases militaires sensibles, cela provoquerait un tollé à Washington et des appels insistants à des représailles.

Les États-Unis envoient également un nombre croissant de navires de guerre dans l’étroit détroit de Taïwan, qui sépare la Chine de Taïwan, revendiquée depuis longtemps par Beijing sur son territoire. L’Administration Trump exacerbe délibérément les tensions à propos de Taïwan en renforçant les liens militaires avec Taipei.

Le ministre chinois de la Défense, Wei Fenghe, a déclaré la semaine dernière que Taïwan « faisait partie des intérêts fondamentaux de la Chine ». Il a carrément averti : « Sur cette question, il est extrêmement dangereux de contester à plusieurs reprises les intérêts fondamentaux de la Chine. Si quelqu’un tente de couper Taïwan de la Chine, l’armée chinoise prendra les mesures nécessaires à tout prix. »

Pourtant, c’est exactement ce que fait l’Administration Trump. Plus tôt ce mois-ci, CNN avait annoncé que la marine américaine se préparait à « une démonstration de force majeure » en novembre, à titre d’avertissement à la Chine. Le projet de proposition recommandait une série d’opérations concentrées sur une semaine comprenant l’envoi de navires de guerre et d’avions de guerre américains dans les eaux territoriales chinoises dans la mer de Chine méridionale et le détroit de Taïwan.

Ces projets font partie de préparatifs beaucoup plus vastes de la guerre entre les États-Unis et la Chine qui, avec la Russie, était qualifiée par le Pentagone a au début de l’année de « puissance révisionniste » et de concurrent stratégique. Dans un discours belliqueux prononcé plus tôt ce mois-ci, le vice-président américain Mike Pence a signalé une escalade dramatique du face-à-face du gouvernement Trump avec la Chine, qui a déjà entraîné une aggravation de la guerre commerciale.

Ce mois-ci, l’Administration Trump a également pris deux mesures militaires majeures qui auraient certainement sonné l’alarme à Beijing.

Un jour après le discours de Pence, le Pentagone a publié un rapport qui ne peut être interprété que comme une préparation économique à la guerre totale. Le rapport a appelé à la fin de la dépendance des États-Unis vis-à-vis des importations de matériaux et de fournitures stratégiques. Tout particulièrement, il s’agit des importations depuis de rivales telles que la Chine, et à la mise en place d’une « base industrielle de défense solide et de chaînes d’approvisionnement résilientes » afin de soutenir un conflit militaire prolongé.

La deuxième initiative – la décision de Trump de se retirer du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) – est encore plus incendiaire. Le traité signé entre les États-Unis et l’ex-Union soviétique en 1987 interdisait formellement la mise au point de missiles nucléaires à courte et moyenne portée. En se retirant de l’accord, Donald Trump a fait part de son intention d’élargir massivement l’arsenal nucléaire américain dirigé non seulement contre la Russie, mais surtout contre la Chine avec des armes nucléaires basées en Asie.

Le danger croissant d’un conflit nucléaire entre les États-Unis et la Chine a fait l’objet d’un article dans le dernier numéro d’Affaires étrangères, intitulé « L’option nucléaire de Pékin : pourquoi une guerre américano-chinoise pourrait-elle échapper à tout contrôle ». L’analyste Caitlin Talmadge a conclu qu’un conflit conventionnel avec les États-Unis menacerait nécessairement l’arsenal nucléaire relativement petit de la Chine.

Si tel était le cas, l’armée chinoise devrait choisir entre utiliser ses armes nucléaires ou perdre sa capacité de représailles contre une attaque nucléaire américaine. Talmadge a rejeté les assurances de routine du Pentagone selon lesquelles il n’y avait aucune probabilité de guerre nucléaire entre les États-Unis et la Chine. « S’il était déployé contre la Chine, le style de guerre conventionnel préféré du Pentagone [pour écraser les ressources militaires de l’ennemi] serait une recette pour une escalade nucléaire », a-t-il averti.

La réaction de Xi Jinping et du Parti communiste chinois (PCC) à la menace d’agression américaine n’a rien de progressiste. Le régime du PCC représente les intérêts de la minuscule couche d’oligarques super riches qui ont amassé d’énormes richesses au cours du processus de restauration capitaliste amorcé en 1978. En tant que tel, Beijing est organiquement incapable de faire appel à la classe ouvrière en Chine et dans le monde afin de monter une offensive de classe unifiée contre le capitalisme et son système démodé d’États-nations. Au lieu de cela, Xi a cherché à apaiser l’impérialisme américain en offrant des concessions, tout en accélérant le renforcement militaire de la Chine, une recette pour la guerre.

La tentative des États-Unis de faire la guerre à la Chine, initiée par Obama et accélérée par Trump, découle de la crise de plus en plus profonde du capitalisme mondial, centrée sur les États-Unis. Dans une tentative désespérée de contrecarrer son propre déclin historique, l’impérialisme américain considère la Chine comme la principale menace actuelle pour son hégémonie mondiale et ne recule devant rien pour subordonner la Chine à ses intérêts économiques et stratégiques.

Le danger montant de la guerre nucléaire doit trouver une réponse dans la construction d’un mouvement anti-guerre unifié de la classe ouvrière en Chine, aux États-Unis et dans le monde basé sur une perspective socialiste visant à mettre un terme au système capitaliste qui menace de plonger l’humanité dans la barbarie.

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« Oui, la Russie se prépare à la guerre, je peux le confirmer » (un officiel russe)

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Tiens, on avait pas deviné…

Intervenant lors d’une réunion de la Première commission désarmement et sécurité internationale de l’Assemblée générale des Nations unies, Andreï Belooussov, chef adjoint de département au ministère russe des Affaires étrangères, a fait la lumière sur la différence d’attitude envers la guerre en Russie et aux États-Unis.

«La Fédération de Russie se prépare à une guerre et les États-Unis préparent une guerre», a-t-il précisé.

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Un diplomate russe a averti que la Russie se préparait à la guerre à la suite du retrait unilatéral des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signe des tensions croissantes entre les deux adversaires.

Le diplomate russe Andrei Belousov a confirmé vendredi que la Russie se préparait à défendre son territoire contre toute agression, tandis que le retrait unilatéral du traité FNI par les États-Unis signalait selon lui que Washington se préparait à une telle agression.

Andrei Belousov, chef adjoint du département de la non-prolifération et du contrôle des armements chez le ministre russe des Affaires étrangères. ©Russia News Today

Andrei Belousov, chef adjoint du département de la non-prolifération et du contrôle des armements chez le ministre russe des Affaires étrangères, a fait part de son inquiétude quant à un éventuel conflit entre les États-Unis et la Russie, affirmant que Moscou défendrait son intégrité territoriale et ses principes en réponse à l’agression américaine.

M. Belousov a tenu ces propos après que la première Commission de l’Assemblée générale des Nations unies a voté contre un projet de résolution sur le FNI proposé par la Russie à l’appui du traité.

« Récemment, lors d’une réunion [de la commission], les États-Unis ont déclaré que la Russie se préparait à la guerre. Oui, la Russie se prépare à la guerre, je peux le confirmer », a déclaré Belousov après l’échec du vote de la première Commission de l’ONU sur le projet proposé par Moscou.

« Nous nous préparons à défendre notre patrie, notre intégrité territoriale, nos principes, nos valeurs, notre peuple — nous nous préparons à une telle guerre », a-t-il ajouté.

Cependant, il a souligné que ce n’est pas la Russie qui se prépare à déclencher la guerre. Selon le diplomate, il y a une grande différence entre les préparatifs de Moscou et ceux de Washington.

« Sur le plan linguistique, cette différence se résume en un mot, en russe et en anglais : la Russie se prépare à la guerre et les États-Unis se préparent à lancer une guerre », a déclaré Belousov. « Sinon, pourquoi les États-Unis se retireraient-ils du traité, renforceraient-ils leur potentiel nucléaire et adopteraient-ils une nouvelle doctrine nucléaire ? » s’est-il interrogé.

« Si les États-Unis sortent du traité et commencent à construire leur potentiel nucléaire de manière incontrôlée, nous ferons face à une nouvelle réalité », a-t-il déclaré, ajoutant que les questions de procédure sur lesquelles l’ONU s’est concentrée ces derniers jours sembleront insignifiantes.

Le traité FNI est un pacte datant de l’époque de la guerre froide, signé par le dirigeant de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le président américain Ronald Reagan en 1987. Les deux parties sont parvenues à un accord historique pour réduire leurs arsenaux nucléaires et se sont engagées à détruire les missiles balistiques lancés depuis le sol et dotés d’une portée comprise entre 500 et 5 500 km.

Samedi dernier, le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé l’intention de son pays de se retirer du traité FNI, sous prétexte de prétendues violations de l’accord par la Russie.

Vendredi, Moscou a présenté un projet de résolution visant à préserver le FNI à la première Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, chargée du désarmement et de la sécurité internationale. Cependant, la commission a voté contre le projet de résolution, 55 pays ayant voté contre, 31 pays l’ont appuyé et 54 autres se sont abstenus.

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies, M. Belousov a déclaré que la Russie avait des questions à poser aux États-Unis concernant l’application du traité depuis bien avant 2000.

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Publié par le 28 octobre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale, Politique

 

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« La guerre contre le cash n’est pas perdue ! Nous pouvons même la gagner ! »

Quand on sait que l’argent n’est que du vent qui ne repose que sur la confiance qu’on lui accorde, on peut se demander si la hausse de la demande de cash malgré la guerre qu’on lui mène avec la dématérialisation, n’est pas un des 1er signes d’une perte de confiance … Z 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

J’écrivais hier que l’économie française était en urgence absolue. C’est une évidence tant les indicateurs sont mauvais.

Une économie, ou plus précisément les dirigeants d’un pays doivent accepter, pour une efficacité économique réelle, qu’il y a ait deux secteurs économiques. En fait, quatre.

Il y a ce que l’on appelle le secteur public et le secteur privé.
Il y a aussi le secteur formel (tout ce qui est officiellement déclaré) et les secteurs informels (tout ce qui est officieux et plus ou moins illégal).

Sans secteur informel, point de liberté. Il n’y a liberté que là où des excès peuvent s’exprimer, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas être réprimés.

Le trafic de drogue est réprimé, et il fait partie du secteur informel, mais désormais, il est comptabilisé dans le PIB !!

Une économie saine, même si cela fait hurler les bien-pensants parisiens qui ont un Monéo greffé dans les oreilles et un smartphone intégré dans le crâne, doit avoir des espèces, beaucoup d’espèces même.

Pourquoi ?

Parce que la vitesse de circulation d’un euro en billet non déclaré n’a rien à voir avec celle d’un euro numérique sur un compte en banque et dûment fiscalisé.

C’est d’une logique implacable de sans-dents, et en bas, c’est une évidence. Vous connaissez l’histoire.

Comprendre l’efficacité économique d’un billet de 100 euros !!

« Dans un village qui vit du tourisme, il n’y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables. Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l’hôtel, qu’il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n’est pas plutôt monté à sa chambre que l’hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même aussitôt porter le même billet au paysan qui l’approvisionne en viande ; le paysan, à son tour, se dépêche d’aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l’hôtel pour rembourser à l’hôtelier les chambres qu’elle louait à l’heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui venait dire à l’hôtelier qu’il devait repartir tout de suite, ramasse le billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette; rien n’a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n’a de dettes. »

Un billet de banque circule infiniment plus vite et plus de fois que la même somme en banque qui est thésaurisée (mise de côté sous forme d’épargne).

D’ailleurs, il convient d’expliquer à nos mamamouchis, du Palais à Bercy, que l’économie la plus forte d’Europe, à savoir l’Allemagne, est aussi celle qui a le recours le plus important au cash et aux espèces.

La question est juste d’encadrer le secteur informel pour éviter qu’il ne représente une part trop importante de l’économie, mais vouloir l’éradiquer à tout prix et en totalité est une immense erreur aussi bien sociale qu’économique.

De très nombreuses innovations, inventions, et progrès sont réalisés par des « transgresseurs » à partir de ces zones grises indispensables à tout système sain.

Le nombre de billets en circulation augmente de 8 % cette année !!

Alors que tout le monde pense que le cash disparaît, en réalité, il n’a jamais été aussi disponible dans l’économie, y compris en France, où la masse monétaire en billet augmente de plus de 7,6 % en un an et atteint son plus haut niveau, comme vous pouvez le voir sur ces graphiques de… la Banque de France !!

Ci-dessous, vous pouvez télécharger le rapport complet de la Banque de France.

BDF statistiques-mensuelles-sur-l-activite-fiduciaire

En Europe, le phénomène est identique.

Plus on vous parle de carte, de paiement sans contact, et de cryptomonnaie, plus la demande en cash des agents économiques augmente.

C’est une excellente nouvelle, et la meilleure façon de gagner la guerre contre le cash, ce n’est effectivement pas de signer des pétitions, mais d’aller chercher des billets aux distributeurs à chaque fois que cela vous est possible en menant une véritable guérilla au tout numérique.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 18 octobre 2018 dans économie, général

 

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Comment l’administration de l’Onu organise la guerre

N’oubliez pas que la semaine dernière Lavrov a évoqué une « directive secrète » empêchant l’ONU de participer à la reconstruction de la Syrie   (voir video) Ce qui est énorme comme déclaration venant d’un personnage si haut placé !  L’ONU serait officiellement devenue une organisation au service des intérêts de la coalition américaine et de ses amis. Dans ce cas, quel intérêt présente-t-elle encore, puisqu’en prenant parti elle n’est plus apte à remplir son rôle d’arbitre international. Z

Le document interne des Nations Unies que nous venons de publier atteste que l’administration de l’Organisation travaille contre les buts de celle-ci. La gravité de cette situation appelle à une explication du secrétaire général, António Guterres, a exigé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Faute de quoi les États-membres pourraient remettre l’Onu en cause.

par Thierry Meyssan

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

En octobre 2017, le sous-secrétaire-général des Nations unies pour les Affaires politiques, Jeffrey Feltman, rédigeait secrètement des instructions à toutes les agences de l’Onu sur le comportement à adopter par rapport au conflit en Syrie.

Jamais les États-membres de l’Organisation, ni même ceux du Conseil de sécurité, ne furent informés de l’existence de ces instructions. Jusqu’à ce que le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, les révèle le 20 août dernier [1].

Nous venons de nous en procurer une copie [2].

Ce document trahit la Charte des Nations Unies [3] dont il inverse les priorités. Alors que celle-ci a pour but principal de « maintenir la paix et la sécurité internationales », il place au-dessus de ce but le « respect des droits de l’homme ». De la sorte, ces droits deviennent un instrument contre la paix.

L’expression « droits de l’homme » existait bien avant de trouver un sens juridique (c’est-à-dire avant d’être opposable dans un tribunal). Le ministère britannique des Affaires étrangères en fit un grand usage, au XIXème siècle, pour justifier certaines de ses guerres. C’est pour les défendre, assurait-il, qu’il était prêt à batailler contre l’Empire ottoman. En réalité, il s’agissait uniquement d’un choc entre l’Empire britannique et la Sublime porte. Jamais les peuples prétendument « libérés » par Londres furent plus heureux sous ce maître que sous un autre. Au XXème siècle, les « droits de l’homme » furent d’abord la marque de fabrique des ONG « sans frontières », puis le slogan des trotskistes ralliés à la CIA, les néo-conservateurs.

Si la Charte des Nations unies emploie six fois l’expression « droits de l’homme », elle n’en fait pas un idéal en soi. Leur respect ne peut advenir qu’en temps de paix. La guerre, faut-il le rappeler, est une période de troubles durant laquelle les droits individuels sont occultés. C’est une situation terrible où, pour sauver un peuple, on doit se résoudre à en sacrifier une partie.

C’est pourquoi on distingue la police de l’armée. La police protège des droits individuels, tandis que l’armée protège des droits collectifs. La police doit respecter les « droits de l’homme », tandis que l’armée peut les ignorer. Il semble que nos contemporains, engoncés dans leur confort, ont perdu le sens de ces distinctions élémentaires.

Si le « droit-de-l’hommisme » était initialement un habillage de conquêtes territoriales, poussé à l’extrême, il est devenu l’idéologie de la destruction des structures étatiques nationales. Pour que nos droits soient respectés, nous devons être « citoyens du monde » et accepter une « société ouverte », « sans frontières », administrée par un « gouvernement mondial ».

C’est faire fi de l’histoire et de la culture de chacun de ces « citoyens du monde », leur imposer ce qui nous semble être le meilleur pour nous… et donc pour eux.

Dans ce nouveau document de Jeffrey Feltman, les « droits de l’homme » sont encore une fois un prétexte. Cette personnalité a participé au gouvernement de l’Iraq au sein d’une société privée conçue sur le modèle de la Compagnie des Indes, la mal-nommée Autorité provisoire de la Coalition [4], montrant ainsi le peu de respect qu’elle avait pour les droits des Iraquiens. Il a exprimé son véritable but à propos de la Syrie dans une série de documents connus comme le « Plan Feltman » [5]. Il s’y propose d’abroger la souveraineté du peuple syrien et d’instaurer, comme en Iraq, une gouvernance étrangère.

Avec aplomb, il écrit : « Le Plan d’action humanitaire doit rester humanitaire afin de garantir que l’ONU puisse mener à bien les activités humanitaires essentielles pour sauver des vies et assurer les besoins essentiels des populations. Les activités de développement ou de reconstruction en dehors de cela devront être reflétées dans d’autres cadres qui, par nature, seront des négociations plus longues avec les gouvernements. Cela est essentiel compte tenu des questions juridiques et politiques complexes en cause ». En d’autres termes, donnez à manger aux réfugiés, mais ne combattez pas la famine qui les ronge ; qu’elle reste pour nous un argument lors des négociations avec l’État syrien.

Les Jordaniens, les Libanais, les Turcs et les Européens seront surpris de lire : « L’ONU ne favorisera pas le retour des réfugiés et des personnes déplacées, mais soutiendra les rapatriés en vue de garantir le caractère sûr, digne, informé, volontaire et durable du retour et de la réintégration, ainsi que le droit des Syriens de chercher asile ». Reprenant à son compte la théorie du professeur Kelly Greenhill [6], Feltman ne souhaite pas aider les exilés à revenir dans leur pays, mais entend utiliser leur exode pour affaiblir leur patrie.

« L’assistance des Nations Unies ne doit pas aider les parties qui auraient commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité », précise-t-il, interdisant à titre conservatoire toute aide à quelque pouvoir que ce soit.

Il pose que : « Ce n’est que lorsqu’une transition politique véritable et inclusive sera négociée par les parties que l’ONU sera prête à faciliter la reconstruction ». On est bien loin de l’idéal de la Charte.

 Thierry Meyssan    

[1] “Sergey Lavrov news conference with Gebran Bassil”, by Sergey Lavrov, Voltaire Network, 20 August 2018.

[2] « Paramètres et principes de l’assistance des Nations Unies en Syrie », par Jeffrey D. Feltman, Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] « Charte des Nations unies », Réseau Voltaire, 26 juin 1945.

[4] « Qui gouverne l’Irak ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mai 2004.

[5] “Draft Geneva Communique Implementation Framework”, “Confidence Building Measures”, “Essential Principles”, “Representativness and Inclusivity”, “The Preparatory Phase”, “The Transitional Governing Body”, “The Joint Military Council and Ceasefire Bodies”, “The Invitation to the International Community to Help Combat Terrorist Organizations”, “The Syrian National Council and Legislative Powers during the Trasition”, “Transitional Justice”, “Local Governance”, “Preservation and Reform of State Institutions”, “Explanatory Memorandum”, “Key Principles revealed during Consultations with Syrian Stake-holders”, “Thematic Groups” (documents non publiés). « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] “Strategic Engineered Migration as a Weapon of War”, Kelly M. Greenhill, Civil War Journal, Volume 10, Issue 1, July 2008.

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Syrie – Les Russes se préparent intervenir …

Les Russes se préparent clairement à la intervenir en Syrie  en mobilisant d’importantes forces en Méditerranée … Il ne laisseront pas tomber Assad . Et ils ne laisseront pas les US agresser la Syrie . Quelques chose se trame par les américains du coté de la Syrie, une fausse attaque chimique selon le ministère russe de la défense . Les Russes tentent de prendre les devants en accroissant leur présence militaire . En outre La Russie prépare son opinion à une nouvelle bataille – « le statu quo ne peut pas durer indéfiniment » selon Lavrov.

Les déclarations ministérielles et les reportages diffusés à la télévision russe ne laissent aucun doute : le Kremlin prépare l’opinion publique avant l’offensive que le régime de Damas veut lancer à Idlib, dernière région syrienne échappant au contrôle des forces gouvernementales. Une offensive qui sera appuyée par les forces russes.

Si les US interviennent aussi, ça risque de chauffer fort ! Z

La Russie a mobilisé d’importantes forces navales et aériennes en Méditerranée, au large de la côte syrienne, sous le commandement du commandant de la marine russe, l’amiral Vladimir Korolov. Pas moins de 25 navires de guerre et 30 avions participent à des manœuvres d’envergure : bombardiers Tu-160, Tu-142, II38 de lutte anti-sous-marine, SU-33, SU-30M et autres appareils. Ces exercices ont été annoncés au lendemain du sommet de Téhéran réunissant les présidents Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan et Hassan Rouhani, afin de décider du sort et de l’issue de la bataille d’Idlib. Cela pourrait indiquer que la Russie s’apprête à déployer une puissance de feu énorme en appui à l’offensive syrienne contre le djihadistes au nord de la Syrie, en créant du même coup un bouclier pour dissuader toute attaque tactique possible des USA contre Damas.

Des sources proches des responsables du commandement en Syrie n’ont aucun doute que la bataille d’Idlib aura lieu, peu importe les menaces des USA. Elle se divisera en plusieurs étapes. Le premier objectif est d’assurer la sécurité de la base militaire russe de Hmeimim sur la côte syrienne, qui a subi plusieurs attaques de drones armés lancées par le front al-Nosra, alias Hay’at Tahrir al-Sham (HTS), ex Al-Qaeda en Syrie, comme l’a affirmé la Russie. La région rurale de Lattaquié devient ainsi le premier objectif, qui sera suivi par la région rurale d’Idlib. La Turquie a fourni des renseignements substantiels qui s’ajoutent à ce que les services du renseignement syriens et russes ont déjà recueilli. On a pu ainsi établir une banque d’objectifs contre HTS, Tanzim Hurras al-Deen (THD) et tous les autres djihadistes et combattants étrangers dans la ville et ses régions rurales.

Selon les sources, Jisr al-Choghour, Khan Cheikhoun, Saraqeb et Sahl al-Ghab sont les objectifs initiaux favoris de l’armée syrienne et des Russes pour déloger et éliminer les djihadistes s’y trouvant, avec l’assentiment des Turcs.

La Turquie a officiellement désigné HTS comme une organisation terroriste. Cependant, elle tente toujours de convaincre son chef, Abou Mohammed al-Joulani, un ancien émir du groupe armé « État islamique » (Daech), de dissoudre son groupe et de se joindre, lui et ses 12 000 à 15 000 hommes, aux groupes proturcs au nord. La Turquie a également demandé à Joulani de se détacher de tous les combattants étrangers afin d’épargner Idlib de l’assaut, étant donné la volonté ferme de Damas de reprendre chaque centimètre du territoire syrien, y compris Idlib.

Les relations turco-syriennes sont passées d’un état critique à une période moins belliqueuse. Le ministre des Affaires étrangères Walid al-Mouallem a d’ailleurs dit que « Damas n’a pas l’intention d’affronter la Turquie ». C’est la première affirmation non belliqueuse d’un dirigeant syrien envers la Turquie en sept ans de guerre imposée à la Syrie. Même ceux qui ont financé, facilité et soutenu la guerre (c.‑à‑d. l’Arabie saoudite) s’éloignent de leurs positions initiales. Mouallem a envoyé un signal positif à son homologue saoudien Adel al-Joubeir, qui a inlassablement répété pendant toutes ces années qu’« Assad devrait être déposé pacifiquement ou par des moyens militaires ». Tous les signaux indiquent que la Syrie récupère et sort lentement de son état de guerre. Seules de petites poches subsistent dans le nord, ce qui correspond à environ le tiers du territoire syrien, mais où vivaient moins de 10 % de la population totale estimée de la Syrie avant la guerre.

De plus, Ankara a confirmé à la Russie son intention de se retirer de la Syrie une fois qu’une solution politique sera offerte à ceux qui ont combattu contre l’armée syrienne et qui sont maintenant sous mentorat turc. Moscou et Damas ont été informés des intentions turques et apprécient les efforts d’Ankara pour faciliter l’élimination de tous les djihadistes dans le nord. Ankara est prêt à laisser aller ces djihadistes, à les forcer à partir ou à les abandonner à leur sort.

Au milieu de tous ces préparatifs, l’administration américaine saisit toutes les occasions de menacer le gouvernement syrien, en se rangeant du côté des djihadistes et de la ville d’Idlib, que l’envoyé présidentiel des USA Burt McGurk a déjà décrit comme « la plus grande concentration de militants d’Al-Qaeda depuis le 11 septembre 2001 ». On ne sait trop pourquoi les USA protègent Al-Qaeda, qui est censé être leur ennemi mortel.

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En effet, le secrétaire d’État des USA Mike Pompeo a déclaré que « Sergueï Lavrov défend l’assaut syrien et russe contre Idlib. Les USA considèrent qu’il s’agit d’une escalade dans un conflit déjà dangereux ». Pompeo a une fois de plus omis de tenir compte du fait que la Syrie est un pays souverain. À ce titre, la Syrie n’a pas l’intention de laisser Al-Qaeda établir un lieu sûr dans son territoire et compte bien enrayer la menace que posent ces idéologues et djihadistes dangereux expérimentés qui cherchent à établir un émirat islamique où, sous leur domination, la laïcité et les autres religions n’auraient aucune place.

Pompeo a également dit qu’Idlib compte « 3 millions de réfugiés syriens », tandis que le conseiller de l’Envoyé spécial pour la Syrie Jan Egeland affirmait pour sa part qu’il y a « 2 millions de personnes dans la ville, dont plus de la moitié sont des personnes déplacées », ce qui comprend les combattants étrangers et leurs familles.

L’affirmation la plus surprenante est venue de l’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie Staffan De Mistura, qui a offert « d’escorter personnellement les résidents d’Idlib en lieu sûr » en cas d’attaque. « Il n’y a pas d’autre Idlib, où donc peuvent-ils aller? ». Ce que De Mistura a omis de reconnaître, c’est que dans les faits, les armées syrienne et russe ont établi des couloirs de sécurité qu’empruntent déjà des milliers d’habitants, mais qui sont ensuite bloqués par les djihadistes qui emprisonnent tous les Syriens prêts à se réconcilier avec les forces gouvernementales ou à quitter la ville encore sous contrôle djihadiste. De plus, De Mistura n’a pas clarifié ou indiqué si l’ONU était prête à escorter tous les djihadistes, y compris ceux d’Al-Qaeda, en lieu sûr à l’extérieur de la Syrie. On ne sait pas vraiment si les USA et l’ONU offrent à Al-Qaeda et aux djihadistes et combattants étrangers du même acabit leur protection (en voulant empêcher toute attaque de leur château fort) ou un passage sûr Dieu sait où.

La Russie est résolue à aider la Syrie à éradiquer les djihadistes, comme Walid Mouallem l’a dit, et à les empêcher de retourner chez eux, d’autant plus qu’ils sont nombreux à avoir la nationalité russe. « Il faut crever cet abcès », a déclaré Lavrov. Mouallem a ajouté que « l’armée tentera d’éviter les victimes civiles », un objectif que les USA sont incapables de remplir, comme le prouvent leurs bombardements de précision qui ont tué jusqu’ici environ 6 000 civils en Syrie et en Irak ces dernières années.

Les bombardements américains contre des objectifs syriens ont très peu de chance de changer le rapport de force au Levant. La Russie a la ferme intention de s’opposer à toute agression des USA contre la Syrie, au moment même où son armée cherche à reprendre le contrôle du pays et à éliminer les djihadistes. Nous devons toutefois garder à l’esprit que le président Trump est confronté à une lutte interne qui remet profondément en question sa capacité à diriger le pays. Ainsi, une attaque contre la Syrie qui s’approche dangereusement d’une hostilité guerrière contre la Russie pourrait lui permettre de respirer un peu. Nul ne peut toutefois prédire quelles seront les conséquences ultimes des manœuvres effectuées par deux superpuissances si proches l’une de l’autre avec un appareil militaire imposant dans un tout petit secteur du Moyen-Orient. Mais une chose est sûre : la Syrie reprendra tôt ou tard le contrôle d’Idlib.

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Malgré des pourparlers entre la Chine et les Etats-Unis la guerre commerciale va s’intensifier

Des négociations commerciales entre délégations américaines et chinoises auront lieu cette semaine à la veille de ce qui pourrait être une escalade majeure par Washington de sa guerre tarifaire contre Pékin. Des droits de douane de 25% sur 16 milliards de dollars de marchandises chinoises devraient entrer en vigueur jeudi et la Chine est prête à imposer des mesures de rétorsion sur une quantité équivalente de produits américains, portant à 50 milliards de dollars la valeur des biens touchés par les deux pays.

D’autres mesures sont en préparation alors que le Département américain du commerce tiendra des auditions publiques cette semaine sur une proposition visant à imposer des droits de douane pouvant atteindre 25% sur des produits chinois d’une valeur supplémentaire de 200 milliards de dollars. En réponse, Beijing a indiqué qu’il imposerait des mesures sur des produits américains d’une valeur de 66 milliards de dollars, ainsi que d’autres mesures de rétorsion non précisées à ce jour. Ces nouveaux impôts pourraient être en place le mois prochain ou début octobre.

Aucune autre proposition concrète visant à résoudre ce conflit grandissant n’est attendue des dernières discussions car les deux équipes de négociation sont des fonctionnaires de niveau inférieur qui n’ont pas le pouvoir de prendre de décisions finales.

La délégation chinoise, qui devrait être à Washington pendant deux jours, sera dirigée par Wang Shouwen, vice-ministre du Commerce, tandis que la délégation américaine sera dirigée par le sous-secrétaire au Trésor, David Malpass.

De précédentes délégations commerciales chinoises avaient été dirigées par le vice-Premier ministre Liu He. Mais Pékin a déclassé sa représentation après que Liu eut conclu un accord en mai dernier avec le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, pour augmenter de 100 milliards de dollars les importations chinoises vers les États-Unis ; l’accord fut supprimé par le Président Trump.

L’élément fondamental du conflit reste la demande formulée par les États-Unis dans leur déclaration de position soumise à Pékin en mai dernier, que la Chine non seulement réduise le déficit commercial, mais renonce aussi à son plan industriel et technologique « Made in China 2025 « .

Les États-Unis affirment que la Chine développe ce projet par le vol de droits de propriété intellectuelle, des transferts forcés de technologies et l’utilisation de subventions publiques pour les industries de haute technologie, leur donnant un avantage injuste sur les marchés mondiaux. Les principaux responsables de l’administration Trump, dont le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et le conseiller économique Peter Navarro, considèrent le développement technologique de la Chine comme une menace majeure pour la suprématie économique et en fin de compte militaire des États-Unis.

Si la Chine a accepté d’augmenter ses importations en provenance des États-Unis et de limiter les références officielles au «Made in China 2025», il existe une vive opposition à Pékin à ce qu’on considère être des efforts des États-Unis pour arrêter le développement économique de la Chine.

« L’administration Trump a clairement indiqué que contenir le développement de la Chine était la motivation profonde derrière les actions tarifaires », a déclaré à Bloomberg He Weiwen, un ancien ministre du Commerce. L’agence de presse a déclaré que ces vues ont été exprimées par de nombreux responsables gouvernementaux, anciens et actuels, et dirigeants d’entreprises parmi ceux qu’elle a interrogés.

Le Wall Street Journal a rapporté que le Trésor américain et le Conseil économique national, dirigé par Larry Kudlow, avaient préparé une liste de revendications globales pour la Chine qui, selon eux, pourraient constituer la base d’un accord commercial. Tant Mnuchin que Kudlow sont considérés comme favorables à des mesures visant à réduire le déficit commercial et qui pourraient être présentées comme une victoire pour les mesures de Trump. Mais, selon l’article, « le bureau du représentant américain au commerce, chargé des tarifs, souhaite retarder les négociations, arguant que des prélèvements supplémentaires donneraient aux États-Unis un plus grand pouvoir de négociation d’ici octobre ».

L’article indique que Trump n’a pas décidé sur lequel des deux camps s’appuyer et interviendra lorsqu’un accord serait sur la table. Mais cela ne viendra pas des pourparlers de cette semaine car aucune des parties n’a le pouvoir de le conclure.

En tout état de cause, l’administration se dirige vers des actions plus agressives contre la Chine. Après avoir annulé l’accord conclu en mai entre Mnchuin et Liu pour mettre « en suspens » la guerre commerciale, elle a imposé des droits de douane sur 50 milliards de dollars de marchandises. Trump a ensuite décidé que les tarifs proposés sur 200 milliards de dollars supplémentaires devraient être élevés de 10% à 25%.

Un tweet de Trump durant le week-end indique que de nouvelles mesures pourraient être envisagées et met en évidence la source sous-jacente du conflit politique qui sévit à Washington, poussé par l’appareil militaire et du renseignement, le Parti démocrate et des sections clés des médias pour une politique plus agressive envers la Russie.

« Tous les imbéciles qui se concentrent uniquement sur la Russie devraient commencer à regarder ailleurs, vers la Chine », a-t-il tweeté.

En plus de la menace de tarifs supplémentaires, les États-Unis ont clairement indiqué que la Chine, l’un des principaux marchés pour le pétrole iranien, devra faire face à des sanctions secondaires après la date butoir du 4 novembre imposée par les États-Unis pour l’arrêt d’achats de pétrole. Les Etats-Unis ont fait cette menace à la suite de leur retrait unilatéral de l’accord nucléaire iranien de 2015.

Interrogé sur les plans des Etats-Unis si la Chine insiste pour continuer son commerce pétrolier et de matières premières avec l’Iran, Brian Hook, chef du nouveau Groupe d’action iranien au Département d’État américain, a déclaré: « Les États-Unis s’attendent à ce que toutes les nations se conforment pleinement pour ne pas risquer des sanctions secondaires si elles continuent à effectuer ces transactions ».

Depuis l’imposition des premiers tarifs douaniers américains à la Chine le 6 juillet, la monnaie et les marchés boursiers chinois ont subi des baisses importantes. L’indice de référence des 50 plus grandes entreprises sur les marchés de Shanghai et de Shenzhen est en baisse de 15% et le yuan a baissé de près de 7% par rapport au dollar américain.

On s’inquiète maintenant du fait que les tarifs existants et la menace de nouvelles mesures pourraient commencer à avoir un impact sur l’économie en général. Au cours du week-end, le régulateur bancaire chinois a ordonné aux banques de soutenir des projets d’infrastructure et d’exportation. Il a déclaré que les banques devaient proposer un soutien aux entreprises et aux projets confrontés à des « difficultés temporaires » et qu’elles devraient « promouvoir efficacement la stabilité de l’emploi et la stabilisation des échanges et des investissements ».

Un problème majeur pour le gouvernement chinois est qu’il n’a pas une idée claire de ce que le gouvernement américain a l’intention de faire ensuite. Personne n’espère un résultat positif des discussions de cette semaine à Washington, et une source proche des décideurs de Beijing a déclaré au Financial Times: « Les responsables chinois sont inquiets parce qu’ils ne voient pas où cela mènera à la fin ».

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Publié par le 21 août 2018 dans économie, général, International, Politique

 

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Demain, la guerre contre l’Iran ?

par Didier Chaudet

La détente récente entre États-Unis et Corée du Nord peut être vue comme le prélude à une montée des tensions avec les Iraniens, peut-être jusqu’à la guerre, comme le soulignait récemment Anshel Pfeffer dans Haaretz. Un tel scénario, si dangereux pour l’ensemble du Moyen-Orient, et donc pour la stabilité internationale, est-il vraiment possible aujourd’hui ?

Le rejet des négociations avec Téhéran

Quand on évoque une guerre future impliquant l’Iran, on pense à trois possibilités, principalement :

  • une opposition directe entre Washington et Téhéran ;
  • le réchauffement de la guerre froide entre Arabie saoudite et Iran ;
  • une guerre opposant Israël et l’Iran, plus particulièrement sur le champ de bataille syrien.

L’administration Trump compte en son sein au moins trois opposants de premier plan à l’influence iranienne au Moyen-Orient : James Mattis, ministre de la Défense (dont la modération récente est à mettre en perspective, et pourrait n’être que temporaire) ; Mike Pompeo, Secrétaire d’État ; et John Bolton, conseiller à la sécuritaire nationale.

Clairement, cette administration n’apparaît pas comme intéressée par de réelles négociations : Stephen Walt, professeur de relations internationales à Harvard, a récemment comparé la douzaine de demandes américaines exprimées par Mike Pompeo à l’endroit de l’Iran à l’ultimatum de l’Empire austro-hongrois à la Serbie, avant la Première Guerre mondiale…

Après tout, ces demandes se résument à intimer l’ordre à l’Iran d’abandonner ses politiques de sécurité et d’influence régionale, ce qui serait fatal non seulement pour le régime actuel, mais aussi pour tout gouvernement indépendant et patriote.

Comme l’explique le président du Conseil américano-iranien Trita Parsi : « Quand on associe des demandes irréalistes à une pression massive, on crée sciemment une évolution vers la confrontation. ») De fait, Washington semble plutôt viser une déstabilisation de régime iranien, et se contente, pour l’instant, d’une guerre économique pour atteindre ce but.

Comme un air d’Irak en 2003

En réalité, cette attitude était déjà celle d’administration Trump avant que les Américains ne se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien. Après tout, alors que l’Iran le respectait, il semble bien que Washington ait violé les sections 26, 29 et 33 devant permettre la réintégration économique de l’Iran dans la communauté internationale. Le retrait n’a fait que confirmer le refus américain, sous l’actuelle présidence, de voir l’Iran réintégrer la communauté internationale, et donc de pouvoir se développer économiquement.

Continuer de faire de l’Iran un paria, c’est chercher à l’étouffer économiquement, pour le renverser sans avoir à bombarder. Ou le pousser à relancer son programme nucléaire, ce qui offrirait l’excuse d’une guerre préventive.

Plus largement, l’argumentaire actuel contre l’Iran, considérée comme radicalement déstabilisatrice pour le Moyen-Orient, est non seulement faux car simpliste, mais il fait aussi étrangement penser à ce qu’on a pu entendre avant la guerre d’Irak de 2003.

Rudy Giuliani, conseiller et avocat du président Trump, va jusqu’à affirmer qu’un changement de régime en Iran est plus important pour la paix au Moyen-Orient qu’un accord entre Israéliens et Palestiniens… Si la déstabilisation par la guerre économique ne marche pas, l’emploi de la force sera forcément tentant pour certains au sein de l’actuelle administration américaine.

Israël et l’Arabie Saoudite, soutiens des faucons américains

Pourtant, les ardeurs belliqueuses de Washington sont limitées par l’effort militaire conséquent que signifierait une attaque de l’Iran. Et une telle action militaire, si elle allait jusqu’au bout de sa logique, avec une occupation du pays, serait ingérable sans un retour à la conscription. Ces réalités expliquent la résistance d’un ancien militaire comme Mattis face à la vision idéologique de certains civils dans l’administration Trump.

Mais les faucons américains les plus bellicistes ont des alliés au Moyen-Orient, qui pourraient soutenir la politique du pire. Si, sur le dossier nord-coréen, on a un voisinage sud-coréen qui pousse l’Amérique à la modération, au Moyen-Orient, les principaux alliés de Washington – Israël et l’Arabie saoudite – considèrent le régime iranien comme un ennemi avec lequel la négociation serait impossible. Et contre lequel l’action militaire peut être une option.

Iraniens et Israéliens ont des positions irréconciliables sur la Syrie : les premiers veulent s’y maintenir, les seconds refusent radicalement un tel scénario. Pour l’instant, les accrochages entre les deux pays sont restés limités, mais le risque d’un dérapage militaire demeure réel. Israël (tout comme les États-Unis) mise pour l’instant sur une déstabilisation interne du régime iranien. Ce scénario n’étant pas forcément une évidence, comme on le verra plus loin, le désir d’une action militaire plus directe pour contrer l’Iran en Syrie, par exemple, pourrait être une action envisageable par l’État hébreu.

 Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Au Yémen, un combattant de la milice des Géants, soutenue par Riyad (21 juin 2018). Saleh Al-Obeidi/AFP

Quant à l’Arabie Saoudite, son opposition à l’Iran est encore plus radicale : c’est une composante importante du nationalisme promu par Riyad. Certains Saoudiens exagèrent les capacités hégémoniques de l’Iran au Moyen-Orient : on en a un bon exemple avec un journaliste de premier plan dans le royaume, Jamal Khashoggi, qui parle, à propos de la situation actuelle au Moyen-Orient, d’un « moment 1939 ».

La peur que l’Iran suscite en Arabie saoudite comme concurrent régional ne fera donc pas du royaume un agent de modération, c’est le moins qu’on puisse dire. On peut même considérer que ces deux pays sont déjà indirectement en guerre, et qu’une escalade entre les deux pays, par exemple au Yémen, est très possible, avec les risques que cela implique.

L’Iran se prépare à une guerre asymétrique

Le danger d’un dérapage guerrier, même s’il n’est globalement pas souhaité, est donc loin d’être négligeable, au niveau international ou régional. Mais qu’en est-il de l’attitude de l’Iran elle-même ? A-t-elle des intentions bellicistes ?

D’un point de vue militaire, l’Iran n’a pas investi en priorité dans son armée conventionnelle. Au contraire, elle s’est d’abord préparée à une possible guerre asymétrique, avec les États-Unis comme l’ennemi le plus probable.

Téhéran a un budget militaire bien modeste par rapport à celui de ses voisins : même les Émirats Arabes Unis dépensent deux fois plus que l’Iran pour leur défense. Téhéran n’a pas accès aux armes les plus sophistiquées de l’Occident, qui se refuse à lui vendre les matériels qu’ils fournissent à l’Arabie saoudite ou à Israël, et manque de moyens financiers pour rivaliser avec ces deux pays dans la course aux armements.

 Google, CC BY-SA

Google, CC BY-SA

Un simple coup d’œil sur une carte de l’Iran montre que la République islamique est entourée de bases et troupes américaines, ainsi que de pays proches alliés des États-Unis ou de l’Arabie Saoudite.

Un arsenal de missiles pour parer une possible invasion

Dès lors, les élites iraniennes ont fait le choix de rendre toute attaque-invasion particulièrement difficile, plutôt que de se concentrer sur des capacités réellement offensives. C’est avec cette logique à l’esprit qu’il faut comprendre le grand nombre de missiles balistiques iraniens : à défaut d’une aviation assez puissante, il s’agit surtout d’une arme capable de cibler une concentration de forces prête à l’invasion, ou des infrastructures régionales en réponse à une attaque conventionnelle.

Suite au traumatisme causé par la guerre Iran-Irak, et la large utilisation de missiles par Saddam Hussein, cet arsenal est vu comme un moyen efficace de protéger le régime et le peuple iraniens face à une agression militaire extérieure. Et on aurait tort de penser que la supériorité militaire américaine pourrait permettre d’annuler les avantages asymétriques de l’Iran.

On l’a bien vu lors de la simulation de guerre intitulée « Millenium Challenge » organisée par Pentagone pour voir comment la marine américaine résisterait à une attaque iranienne. Le résultat a été sans appel : 16 bateaux coulés, dont un porte-avions, et l’exercice a été suspendu en urgence, afin d’en changer les règles et de permettre, en fin de compte, une victoire américaine…

Le général de brigade Hossein Salami, le numéro deux des Pasdarans ou Corps des Gardiens de la Révolution, a bien résumé l’approche militaire iranienne : défensive au niveau de la stratégie d’ensemble, mais très offensive à partir du moment où un ennemi commence une guerre contre l’Iran.

Les Iraniens ne chercheront vraisemblablement pas les hostilités, mais dans le cas d’une attaque, l’assaillant peut s’attendre à être confronté à une terrible guerre asymétrique en territoire iranien, et sans doute plus largement au Moyen-Orient : au moins par un renforcement de l’aide au Hezbollah au Liban, et en l’incitant à réagir à une guerre contre l’Iran ; par des actions contre les intérêts américains en Syrie et en Irak ; et par un renforcement de l’aide aux Houthis au Yémen pour mettre les Saoudiens en difficulté.

A Téhéran, la crainte d’un coup de force bonapartiste

La politique agressive de l’administration Trump pourrait renforcer les plus radicaux en Iran, ceux qui croient le moins en une possibilité d’apaisement avec l’Occident. Rappelons que les « principlistes » (les conservateurs iraniens) ont perdu toutes les élections depuis 2013. Aujourd’hui, ils peuvent présenter leur vision des relations internationales comme étant la seule valable, les modérés autour du président Rouhani, et même Ali Khamenei, le Guide de la Révolution, s’étant fourvoyés dans un projet de dialogue avec Washington qui n’a pas apporté les résultats espérés.

L’actuelle visite d’Hassan Rouhani en Autriche et en Suisse risque de ne rien changer à ce sujet : c’est sans doute le dernier déplacement du Président iranien en Europe avant la réimposition de sanctions par les Américains (à partir du 6 août). Et cet événement a été éclipsé par un bien étrange complot terroriste déjoué à temps, censé avoir visé des opposants iraniens réunis à Paris le 30 juin dernier. Or on voit mal ce que le régime iranien aurait à gagner dans une attaque terroriste en Europe, où il cherche désespérément à trouver des appuis pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.

Les Iraniens savent pertinemment que des attaques sur sol européen sont une ligne rouge à ne pas franchir. Que les allégations d’un tel complot présumé soient révélées avant l’arrivée du président Rouhani en Autriche, et avant la rencontre décisive du ministre des Affaires étrangères iranien avec les représentants des cinq puissances toujours officiellement associées à l’accord (France, Grande-Bretagne, Chine, Russie, Allemagne) explique la réaction ironique de Javad Zarif.

guerre Iran 20180810
La République islamique s’est dit prête à coopérer avec les autorités concernées et a condamné clairement le terrorisme. Mais même si pour les autorités iraniennes, il s’agit d’un complot contre le sauvetage de l’accord sur le nucléaire, cette affaire risque de peser sur ses rapports avec une Europe pressée par Donald Trump de s’associer à sa politique contre Téhéran. Il est peu probable que les réformistes et modérés iraniens obtiennent avec ce déplacement la victoire diplomatique dont il aurait bien besoin face aux principlistes.

Pire encore, un risque de coup de force militaire pourrait survenir au profit des conservateurs : le président Rouhani représentait un atout pour Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution, tant qu’un apaisement avec l’Occident était possible. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, et sa politique économique a mécontenté les classes populaires. Les récentes manifestations, les tensions avec Washington, de récents remaniements au sein des forces armées, amènent à penser que pour une partie des élites à Téhéran, une orientation bonapartiste est une possibilité.

Certains parlent d’un coup d’État faisant tomber Rouhani, ou d’une « présidence militaire » à l’issue de son mandat. Si le scénario d’une reprise en main par des forces plus militaristes, nationalistes et conservatrices devient réalité, alors, on peut s’attendre à des tensions plus importantes au niveau régional.

Union sacrée à Téhéran contre Donald Trump

Quoi qu’il arrive, le régime est renforcé plus qu’affaibli par l’hostilité américaine, et les conservateurs reviennent en force grâce à la divine surprise que leur offre Donald Trump.

Du point de vue iranien, les Américains et leurs alliés israélien et saoudien ont un problème non pas seulement avec le régime, mais avec l’Iran comme puissance régionale. Leur but serait donc de démembrer le pays, de le pousser à la guerre civile.

Une vision iranienne qui semble, en partie, conforme à une certaine réalité : on constate un intérêt marqué de l’Arabie Saoudite pour la minorité baloutche iranienne… et des mouvements financiers suspects qui pourraient profiter aux séparatistes djihadistes évoqués dans une précédente analyse.

La réaction nationaliste face à ces menaces réelles est telle qu’on constate une réconciliation des élites, dans un sens favorable au régime, y compris celles qui ont été réprimées pour leur association au Mouvement vert. L’idée des réformateurs et modérés, selon laquelle il serait possible d’avoir un dialogue avec l’Occident, semble être passée de mode, au moins pour un temps.

Quand on ajoute à cette union nationale, le fait que les récentes manifestations en Iran, y compris celles impliquant le bazar de Téhéran, ne sont pas forcément unies par un sentiment anti-régime, on comprend que le désir d’un changement de régime de l’intérieur a bien peu de chance de se réaliser.

Ce qui pourrait, en définitive, pousser certains faucons américains à demander une action militaire plus directe.

Didier Chaudet: Attaché scientifique, Institut français d’études sur l’Asie centrale

source:https://theconversation.com/demain-la-guerre-contre-liran-99261?utm_source=twitter&utm_medium=twitterbutton

 

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