RSS

Archives de Tag: la dette

« Notre problème c’est la dette et nous ne la paierons pas. Nous en sommes incapables ! »

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Tous les jours, je reçois des messages, des gentils, des aimables, des méchants, des insultes, il y a évidemment de tout.

Tous les jours, depuis maintenant 3 semaines, je contemple mon pays s’enfoncer dans ce qu’il convient d’appeler a minima une insurrection.

Lorsque je vois cette vidéo du président se faisant littéralement « poursuivre » par le peuple dans la ville du Puy, il y a évidemment de quoi redouter le pire. Quel avenir pour notre pays ? Quelle faillite, dans tous les sens du terme ?

À la télé, le dernier exercice en date convenu consiste à appeler au calme et à éviter les violences. C’est une évidence tellement peu évidente qu’en réalité, si tout le monde se prête à ce jeu, c’est avec une évidente hypocrisie et cela m’amène au point suivant, et il n’est pas réjouissant. L’histoire n’est jamais écrite par les modérés.

En réalité, les modérés sont inaudibles.

Depuis plusieurs jours, je dis qu’il faut parler des complexités, parler aux raisons, parler aux intelligences. Je continuerai autant que je le pourrai parce qu’il est impensable de laisser ce pays ne plus penser.

Je voulais aussi vous montrer et vous démontrer que c’est loin d’être simple, facile ou confortable, encore plus quand, où que vous regardiez, des tensions terribles montent.

J’ai essayé d’expliquer tout plein de choses à nos mamamouchis, qu’il fallait adapter la superstructure aux changements de l’infrastructure, qu’il fallait adapter le fonctionnement de nos institutions, expliquer aux gens qu’il fallait débattre de la dette, de nos recettes et de nos dépenses et de voir comment ils voulaient allouer nos ressources collectives. Comme nous ne faisons rien de tout cela, alors, funeste présage, je crains le pire et je pense que le peuple veut ni plus ni moins appliquer l’article 2 de notre Constitution qui dit en substance « par et pour le peuple »… Dans les périodes de troubles, les modérés, donc, ne l’emportent jamais ou presque. L’histoire sera écrite comme à chaque fois par une minorité d’excités, d’un côté et de l’autre. Nous allons vers des heures où l’État pourrait vaciller et je maintiens mon analyse consistant à dire que les institutions, si elles donnent l’illusion de la stabilité, sont en réalité aussi fragiles que celles de l’URSS la veille de sa chute.

La raison est simple à comprendre. Il n’y a plus d’adhésion suffisamment forte à la fiction imaginaire que représente notre État. L’institution présidentielle n’est pas seulement plus respectée… elle est vomie par une trop grande partie de la population.

Tout cela était tellement prévisible, tellement évident en termes analytiques. « Ils » ont voulu faire marcher la France, mais la France n’a pas marché.

Mais revenons à la base de tout. À la base de tout, il y a la dette.

La dette qui étouffe le pays.

Voici donc le message reçu de Marc.

« Vous blaguez Charles quand vous dites «au bout du compte nous ne paierons pas les dettes……………….et les riches épargnants ne feront pleurer personne».

Si, être cul nu dans les orties pendant 10 ans et plus,ç vous semble être réjouissant, vous allez apprécier alors.
Quant aux riches épargnants, vous pensez vraiment qu’ils vont plus perdre que les autres ??
Attention, les écrits restent, vos enfants pourraient les lire dans quelques années, au coin du feu de bois, en mangeant leur soupe de champignons radioactifs, entourés de robots désactivés faute d’énergie.

Attention vous virez coco, pour ne pas dire stalinien ? »

Attention, vous virez coco, pour ne pas dire Stalinien?

Comment puis-je répondre efficacement à Marc ?

Efficacement, cela veut dire que je ne veux convaincre Marc ni de payer les dettes ni de ne pas les payer.

En fait, ce n’est pas à moi que la décision revient et si elle devait me revenir, je la rendrais au peuple et demanderais aux gens de voter pour savoir ce qu’ils veulent faire parce qu’il faudrait qu’ils en assument pleinement les conséquences après s’être saisis des complexités. Voilà l’exigence de l’idéal démocratique du « par et pour le peuple ». Pour ne pas être dépossédé de son pouvoir, le peuple doit s’en saisir et l’assumer. C’est exactement ce qui est en train de se passer pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris.

Le rôle du politicien est révolu (sous sa forme actuelle). Nous en reparlerons prochainement.

Commençons simplement par expliquer.

Ce qu’il se passe avec les gilets jaunes montre sans l’ombre d’un doute que le gouvernement ne peut plus augmenter la pression fiscale. C’est fini. Terminé.

Vous allez me dire remettons l’ISF blablablabla… Je vous dirai d’accord, si vous voulez. Hélas, les gens partent avec leur argent se faire taxer moins cher ailleurs. Je sais, c’est pas bien, c’est pas beau, mais c’est la réalité. Mon gamin (histoire vraie) rentre de l’école et me dit tu sais machin et truc, ils partent s’installer au Portugal ! Pourquoi ? Parce que leur papa ne veut plus payer d’impôts. Cela se passe des milliers de fois chaque année.

Il est possible de remettre l’ISF, mais pas dans le cadre actuel de libre circulation des biens et des personnes. Si nous le faisons, ce sera contre-productif. Les staliniens vont me maudire et me haïr, néanmoins cela devrait plaire et rassurer mon lecteur Marc, mais ce sera de courte durée. Si les « Staliniens » veulent l’ISF, qu’ils mettent des frontières avec des passeports et des contrôles aux frontières avec un contrôle des changes et de flux. Au moins, il y aurait une cohérence technique.

Parce que Marc, en réalité, nous ne paierons pas les dettes.

90 % des Français n’ont pas d’épargne, mais des découverts en comptes et des dettes à la banque. Effacer l’épargne ne fera pleurer personne, croyez-moi, les révolutions de rentiers ne forment jamais de barricades. C’est ainsi.

Marc, je vous disais que nous ne paierons pas les dettes.

En fait, ce que je dis n’a que peu d’importance, eh oui : vous, moi et nos gosses risquons d’avoir quelques problèmes d’accès au confort. C’est d’ailleurs la raison, Marc, qui me fait répéter sans cesse et avec une constance indéniable qu’il est déjà trop tard et qu’il faut vous préparer. Oui, vous et moi allons en bouffer des raviolis et des pissenlits. Et encore, croyez-moi, au Venezuela, quand vous ouvrez une boîte de raviolis, c’est jour de fête !

Le mouvement de rejet total des gilets jaunes montre que le pays ne peut pas supporter ce que la Grèce vient d’endurer pendant 10 ans sous les regards totalement indifférents des Français et des Européens. Pensez donc, les  Grecs l’ont quand même bien cherché hein…

C’est notre tour.

Nous sommes dos au mur.

Soit nous prenons les mesures nécessaires pour éviter la faillite, et les conséquences, vous les avez sous les yeux.

Soit nous actons prochainement notre incapacité à lever plus d’impôts, à fonctionner avec un budget créditeur et à assumer nos obligations. Cela s’appelle faire faillite.

Nous pouvons sortir de l’euro (mais c’est l’euro qui explosera sous les tensions et les incapacités), reprendre notre planche à billets et rembourser en monnaie de singe. Aucun problème, c’est ce que nous finirons par faire. Mais comme avec Mitterrand et ses dévaluations, la valeur de notre nouveau franc s’effondrera. C’est pour cela que je vous dis d’avoir de l’or et des raviolis.

Il y aura des pénuries, il y aura des manques, nous allons payer les coûts de nos erreurs, quelles que soient les solutions retenues. Elles ont toutes de funestes et fâcheuses conséquences. Et puis la France remontera et se redressera parce que nous sommes un grand peuple et une grande nation. Le sursaut sera à la hauteur de la chute.

Soyez rassuré Marc, que nous payons ou pas les dettes, dans tous les cas, nous allons souffrir, beaucoup, énormément, nous allons littéralement expier nos pêchés financiers. Nous devrons au passage expier nos pêchés sociaux. Que je sois considéré comme libéral les jours pairs ou un horrible marxiste stalinien les jours impairs ne changera rien aux faits.

La vie sera moins dure à la campagne et c’est pour cette raison que je vous invite, depuis des années, à penser votre localisation en cohérence avec votre emploi et de préférence en zone semi-rurale.

En attendant, et même les choses complexes peuvent être simplifiées, la situation est simple.

Les conséquences de la faillite ou les conséquences de la politique à mener pour éviter la faillite sont sensiblement les mêmes.

Si la population française ne supporte pas les conséquences de la politique à mener pour éviter la faillite (politique dont les contours devraient évidemment pouvoir se discuter mais que Macron a voulu imposer avec brutalité) alors … nous sommes en route pour la faillite.

Si l’on fait faillite, ce qui correspond à la dette des uns, c’est l’épargne des autres. Si vous ne payez pas les dettes, dit simplement, vous volez les épargnants.

Les épargnants ne seront pas contents, ils seront même furieux, mais… ils sont tellement minoritaires qu’ils ne sont pas un problème politique. Ils sont un problème économique, car on ne les ruine qu’une seule fois. Comme il n’y aura plus de confiance, alors plus personne ne prêtera à l’État.

Voilà où nous en sommes. Nous y sommes parce qu’ « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes ». Cela fait presque 10 ans que cette citation de JFK conclut mes éditos. Là encore, étouffer la pensée de tous, sous le politiquement correct politico-médiatique, a été une erreur fondamentale, car on a interdit à tous de penser pour panser.

Évidemment qu’il faut appeler au calme. Le problème c’est que l’histoire n’est jamais écrite par les modérés. Même l’ONU appelle au calme en France. C’est dire le niveau d’inquiétude que nous devrions avoir, car quand l’ONU appelle au calme, en général, cela ne sert strictement à rien… Ayons quand même à l’esprit, en toutes circonstances de préserver la vie.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT pour insolentiae

Publicités
 
Poster un commentaire

Publié par le 6 décembre 2018 dans économie, général, Politique, société

 

Étiquettes : , , , , , ,

La défaillance de la dette mondiale est une possibilité sérieuse

La dette est-elle bonne ou mauvaise ? La réponse est « Oui. »

La dette est une dépense anticipée. Elle vous permet d’obtenir maintenant quelque chose dont vous ne pourriez pas disposer autrement.

Que ce soit sage ou non dépend de ce que vous achetez. La dette pour vous éduquer, afin que vous puissiez obtenir un meilleur emploi, peut être une bonne idée. Emprunter de l’argent pour financer vos vacances ? Probablement pas.

Le problème est que beaucoup de gens, d’entreprises et de gouvernements empruntent tout simplement parce qu’ils le peuvent. Cela n’a été possible au cours de la dernière décennie que parce que les banques centrales le rendaient très bon marché.

C’était rationnel à cet égard. Mais la croissance est moins forte alors les banques centrales commencent à resserrer la vis.

Cette année, j’ai écrit une série d’articles (synopsis et liens ici) prédisant un «déraillement» de la dette et une éventuelle liquidation. Je l’ai surnommé «The Great Reset» [La Grande Réinitialisation]. J’ai estimé qu’il nous restait un an ou deux avant que la crise ne devienne évidente.

Maintenant, j’ai des doutes. Les événements récents me disent que le décompte pourrait être plus proche que je ne le pensais il y a quelques mois.

La dette n’alimente plus la croissance

Les banques centrales autorisent l’emprunt parce qu’elles pensent que cela générera de la croissance économique. Parfois c’est le cas. Le problème est qu’ils créent une dette sans se soucier de la manière dont elle sera utilisée.

C’est ainsi que nous gonflons des bulles artificielles qui finissent par crever. On nous dit de ne pas nous inquiéter de la valeur absolue de l’endettement tant que l’économie croît avec lui.

C’est sensé. Un pays avec un PIB plus important peut avoir plus de dette. Mais c’est de moins en moins ce qui se passe.

Laissez-moi vous fournir deux données de fait.

Lacy Hunt de Hoisington Investment Management piste les données montrant que la dette perd sa capacité à stimuler la croissance. En 2017, un dollar de dette, non financière [dans l’économie réelle] n’a généré que quarante cents de PIB aux États-Unis. C’est encore moins ailleurs. Il y a cinquante ans un dollar de dette générait plus de quatre dollars pour l’économie.

Cela s’est sérieusement aggravé au cours de la dernière décennie. La productivité de la dette [ratio d’augmentation du PIB par dollar de dette] de la Chine a chuté de 42,9% entre 2007 et 2017. C’était la pire parmi les grandes économies, mais d’autres ont également perdu du terrain. Tous les pays développés tirent sur la même corde et espèrent obtenir des résultats.

Maintenant, si vous êtes habitué à utiliser la dette pour stimuler la croissance et que la dette perd cette capacité, que se passera-t-il ensuite ? Vous l’avez deviné : les-génies-au-pouvoir vont ajouter encore plus de dettes.

Voici combien de dette nous avons réellement

C’est un comportement classique de dépendance. Vous devez continuer à augmenter la dose pour obtenir le même effet.

Mais des siècles d’histoire montrent que chaque augmentation de la dette a fini par peser sur l’économie. On n’échappe pas au Jour du Jugement.

L’économie américaine est si énorme et si puissante que notre dette publique actuelle de $24 500 milliards (États et collectivités locales comprises) pourrait facilement atteindre $40 000 milliards avant que nous n’arrivions au Jour du Jugement. Nous sommes à une seule récession près d’un total de $30 000 milliards de dette publique américaine.

Cela va se passer apparemment du jour au lendemain. Et les déficits resteront bien au-dessus des $1 000 milliards par an, année après année, un peu comme aujourd’hui.

Même si le déficit budgétaire est inférieur à $800 milliards cette année, nous avons ajouté plus de $1 000 milliards à la dette réelle. Cela est dû à des éléments «hors budget»qui, selon le Congrès, ne devaient pas faire partie du processus budgétaire normal.

Cela inclut des dettes telles que celles de la sécurité sociale et de l’assurance-maladie. Elles varient d’année en année et peuvent aller de $200 à $500 milliards.

Et voici le point que vous devez comprendre. Le Trésor américain emprunte ces dollars qui s’ajoutent au total dû par les contribuables. Le véritable déficit qui s’ajoute à la dette est en réalité beaucoup plus élevé que le chiffre que vous voyez dans les informations.

La dette des ménages et des entreprises augmente également rapidement. Et pas seulement aux États-Unis.

Voici une note de Lakshman Achuthan du Economic Cycle Research Institute :

Il est notable que la dette globale des États-Unis, de la zone euro, du Japon et de la Chine a augmenté plus de dix fois plus que la croissance de leurs PIB combinés au cours de l’année passée.

Oui, vous avez bien lu. L’année dernière, les plus grandes économies du monde se sont endettées dix fois plus vite que la croissance économique. L’ajout de la dette à ce rythme, s’il se poursuit, fera augmenter le ratio dette / PIB à un rythme alarmant.

Lakshman continue :

Fait remarquable, l’économie mondiale – qui ralentit malgré la hausse de la dette – se retrouve dans une situation rappelant celle de l’effet de la Reine Rouge que nous évoquions il y a 15 ans, lorsque les réductions d’impôt avaient considérablement accru le déficit budgétaire des États-Unis. Comme le dit la reine rouge à Alice dans À travers le miroir de Lewis Carroll, « Maintenant, vous voyez, vous déployez tous les efforts possibles pour rester sur place. Si vous voulez aller ailleurs, vous devez courir au moins deux fois plus vite que ça ! »

Cela finira mal

J’essaie d’imaginer un scénario où cela aboutirait à quelque chose de moins grave que le chaos et la crise. Le mieux que je puisse concevoir est une stagnation de dix ans (et peut-être plus) pendant la liquidation de la dette.

Mais de manière réaliste, cela ne se produira pas car les débiteurs ne le laisseront pas faire. Et ils sont plus nombreux que les prêteurs. Pour cette raison, quelque chose comme « La Grande Réinitialisation» se produira en premier. La solution rationnelle serait de retarder l’inévitable le plus longtemps possible Pourtant, aux États-Unis, nous le précipitons.

Par John Mauldin – Le 7 novembre 2018 – Source forbes.com

Source
 
Poster un commentaire

Publié par le 3 décembre 2018 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , ,

Ron Paul évoque le désastre économique en devenir du à l’argent dette

Hyperinflation : des brouettes de billets, des liasses de billets entières plein les bras, pour aller acheter son pain, voilà les possibles conséquences d’une monnaie fiduciaire, quand la confiance en l’État « imprimeur » disparaît. – Source bienvenidosvenezolanos.com

Ron paul a bigrement raison !! Nous sommes depuis 71 dans un système expérimental de monnaie fiduciaire qui ne tient uniquement que sur la confiance qu’on accorde aux gouvernement qui les imprime . Plus de confiance, plus de monnaie papier et chaos dans les rues, et la confiance dans la monnaie papier créée ex nihilo à toujours fini par s’effondrer à travers l’histoire … Avec la planche à billet qui a tourné à plein régime ces dernière années et la dette qui a explosé comme jamais dans l’histoire humaine, nous prenons le même chemin, ce qu’est qu’une question de temps, et les signaux d’alerte se multiplient  … Nous nous dirigeons droit vers une énorme crise monétaire ! Ron paul croit en l’or et  aussi dans les cryptos , et est même pour que les 2 « coexistent ensemble » comme il l’explique ici. Z  

Ron Paul mérite vraiment qu’on dise de lui qu’il n’est pas un politicien américain comme les autres. Cet ancien candidat républicain à la présidence américaine, ancien sénateur au Congrès US, est un économiste libertarien, de l’école autrichienne, prônant notamment le retour à un étalon-or, plutôt que de continuer dans l’économie de crédit keynésienne actuelle, qui nous enfonce chaque jour plus sous des montages de dettes.

Pour donner une première vision de cet homme politique, nous pouvons rappeler qu’il avait déjà donné son avis sur les cryptomonnaies fin 2017, en disant que « si les gens en veulent et veulent s’en servir, le gouvernement ne devrait pas s’en mêler. »

Petit rappel du possible désastre économique en devenir, provoqué par la dette

Dans un grand article publié sur le site internet de Mises InstituteRon Paul affirme que les États-Unisn’ont pas une économie de marché libre, car un conglomérat de personnes (à la fois dans, et en-dehors du gouvernement, le « Deep State ») dirige l’économie.

En effet, l’immense montagne de dettes à travers le monde d’aujourd’hui remonte au 15 août 1971lorsque le président américain Nixon refusa de continuer la convertibilité du dollar en or (mettant une fin définitive à l’étalon or), à un taux fixe, pour les détenteurs étrangers de dollars, ce qui n’était ni plus ni moins qu’un aveu de faillite technique des Etats-Unis d’Amérique ! Depuis, les américains vivent à crédit sur le dos du reste du monde.

Comme Ron Paul l’explique :

« Les problèmes auxquels nous sommes maintenant confrontés sont la conséquence prévisible de ce système expérimental de monnaie fiduciaire [incarné par le dollar US]. Il a été soutenu par une philosophie économique et politique qui a promu l’idée étrange “qu’imprimer” des quantités illimitées d’argent et ignorer les dangers de la dette, crée de la richesse. »

Nul ne sait encore les conséquences à l’échelle mondiale qu’aura cette longue expérience de monnaies-dettes basées sur la seule confiance envers des états, mais ce qu’il se passe au Zimbabwe ou au Venezuela peu nous donner une idée du possible désastre à venir.

« Les cryptomonnaies et les métaux précieux peuvent coexister »

Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos cryptos fétiches. Ron Paul déclare ainsi dans sa publication, reprise par Bitcoin.com :

« Le marché est tout à fait capable de trier les avantages et les inconvénients des cryptomonnaies et des métaux précieux. Le plus grand défi sera de mettre le gouvernement à l’écart pour permettre ce choix (…) Il est concevable que les cryptomonnaies, en utilisant la technologie blockchain, et un étalon-or puissent coexister ensemble, plutôt que de n’offrir qu’un choix l’un ou l’autre ».

Comme le rappelle CCN, il est effectivement important pour Ron Paul de s’assurer que les gens puissent faire le choix sans être contraints par les banques centrales ou le gouvernement.

Car pour reprendre l’exemple de l’Or, quand le prix d’une once d’Or (31,1g d’Or pur) est passé de 35 à 800 dollars en 1971, le dollar s’est affaibli et le Congrès US a créé une commission pour examiner le rôle de l’or dans le système monétaire. L’alors jeune sénateur Ron Paul était bien placé pour le savoir, car il était un membre (contestataire) de cette commission, qui a renforcé le dollar fiduciaire américain, avec les conséquences que l’on connaît (la crise de 2008 en étant le dernier « petit » avant-goût en date).

Alors que penser de tout cela ? La combinaison d’une/de cryptomonnaie(s) adossée(s) à des métaux précieux comme l’or ou l’argent : un nouveau Saint Graal économique ? Empêchant les banques centrales du monde entier (la FED américaine et la BCE européenne en tête) de manipuler les marchés, pour enfin avoir une économie de marché saine et réelle ? Votre modeste serviteur, rédacteur de cet article, avait déjà fait son choix depuis la manipulation à la baisse sur l’or d’avril 2013 : « In Gold we trust » devient juste « In Gold & Crypto we trust ».

Sources : Mises Institute CCN Bitcoin.com  ; Bienvenidos Venezolano || Image from Shutterstock

source

 
 

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

Quelles sont les banques les plus exposées à la dette italienne ?

Alors que les actions européennes dégringolent (encore une fois), les rendements obligataires italiens bondissent (encore, voir ci dessus), et les risques de renflouement augmentent (de nouveau), les investisseurs américains ont décidé que le moment est venu de baisser la protection à son plus bas niveau depuis janvier … (le VIX plonge à 11) On a vu le cas de la Deutsche bank touchée par la situation en Italie, mais ce n’est pas la seule . Voici un tour d’horizon . Z 

Risque. Exposition. Contagion. Voici 3 mots que l’on risque d’entendre souvent ce qui concerne l’Europe alors que la crise de la zone euro semble faire son grand retour.

Le dernier vendredi du mois de mai, la prime de risque sur les obligations italiennes sur 10 ans, soit l’écart entre celle-ci et l’obligation allemande à la même échéance, a bondi de près de 20 points de base pour atteindre 212 points de base. Il s’agit du plus haut niveau enregistré depuis mai 2017, lorsque plusieurs banques italiennes, dont l’institution bancaire numéro 3 du pays Monte dei Paschi, étaient au bord du précipice et furent soit renflouées, soit « résolues ». Aujourd’hui, elles commencent toutes, à nouveau, à trembler.

Les actions de la banque sauvée MPS, dont l’État est désormais l’actionnaire majoritaire, sont désormais en baisse de 20 % sur les 2 dernières semaines. Les titres d’UniCredit et d’Intesa, les 2 plus grandes banques italiennes, ont respectivement perdu 10 et 18 % de leur valeur durant la même période.

L’une des grandes questions que les investisseurs se posent est de savoir quelles sont les banques qui sont les plus exposées à la dette italienne.

Une étude récente de la BRI indique que les obligations italiennes représentent environ 20 % des actifs des banques italiennes. Il s’agit de l’un des ratios les plus élevés au monde. Au total, il existe plus de 10 banques dont le portefeuille de dette italienne représente plus de 100 % de leur capital de tiers 1 (un indicateur utilisé pour évaluer la solvabilité d’une banque), d’après des recherches menées par Eric Dor, directeur des études économiques de l’IESEG.

Cette liste inclut les 2 plus grands prêteurs italiens, à savoir Intesa Sanpaolo et UniCredit, dont l’exposition à la dette italienne représente environ 145 % de leur capital de tiers 1. On retrouve également dans la liste l’italienne Banco BPM (327 %), Monte dei Paschi (206 %), BERP Banca (176 %) et Banca Carige (151 %).

Autrement dit, malgré les trillions d’euros déversés via le QE de la BCE durant ces dernières années, programme qui devrait bientôt arriver à son terme, le célèbre « cercle de la mort » est bel et bien vivant en Italie. Le cercle de la mort, c’est ceci : lorsque les obligations d’État qui baissent menacent les banques qui les détiennent, elles risquent de s’en débarrasser, ce qui provoque alors une accélération de la chute des prix obligataires, poussant les banques à accélérer le processus de liquidation, etc. Le cercle de la mort est particulièrement problématique pour la zone euro vu que les États membres ne contrôlent pas leur monnaie. Ils ne peuvent recourir à la planche à billets pour régler leurs problèmes, ce qui les expose au risque de crédit.

Mais il n’y a pas que les banques italiennes qui sont exposées aux obligations émises par Rome. Les banques françaises sont également concernées. L’année dernière, les banques hexagonales possédaient pour 44 milliards d’obligations italiennes, d’après l’autorité bancaire européenne. Du côté des banques espagnoles, le total atteignait 29 milliards. Quelles sont donc les 3 banques non italiennes les plus exposées à ces obligations ?

  • BNP Paribas : la plus grosse banque française possède pour 16 milliards d’obligations italiennes.
  • Dexia : la banque franco-belge, qui a déjà fait faillite 2 fois entre 2008 et 2011, possède pour 15 milliards de titres.
  • Banco Sabadell : cette banque moyenne espagnole, déjà dans la tourmente à cause de sa filiale britannique TSB, possède pour 10,5 milliards d’obligations italiennes. Cela représente environ 40 % de son portefeuille d’actifs à rendement fixe, qui pèse 26,3 milliards d’euros, ou encore 110 % de son capital de tiers 1.

suite et fin7

L’Europe implose à nouveau …

 
Poster un commentaire

Publié par le 6 juin 2018 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , ,

L’ITALIE S’ENFONCE DANS LE CHAOS POLITIQUE, LA DETTE EST ATTAQUÉE !

 

Le « spread », le très scruté écart entre les taux d’intérêt allemand et italien à dix ans, a atteint son plus haut niveau depuis novembre 2013,

 En Italie,C’est  le pire scénario obligataire en 24 heures depuis la crise grecque de 2010 ! 

Panique à bord sur les dettes souveraines italiennes ce matin, et l’expression « mini-krach » n’est pas exagérée ! Le rendement des « BTP » (Bons du Trésor italien) de maturité 2 ans a ainsi fait un bond historique de 225 points de base en l’espace de 24 heures, se hissant à 2,70% (partant de 0,45% lundi matin, il est multiplié par 6, du jamais vu !).

Le rendement du 5 ans s’est quant à lui envolé de 1,35% vers les 3,00% (à 2,995%) et la principale référence à 10 ans s’est tendue de 93 points (+38%), de 2,45 vers 3,38% (soit un bond de 150 points de base en une semaine). 

Dans le même temps, les opérateurs se ruent vers le Bund allemand, le refuge par excellence et dont le rendement a fondu de moitié en une journée, de 0,41 vers 0,1950%… alors que le 10 ans helvétique est repassé négatif ! * 

Les taux d’intérêts portugais, grec et espagnol se sont aussi tendus ces derniers jours, ce qui fait craindre une contagion . 

Un petit vent de panique souffle aussi sur les valeurs bancaires ce matin dans le sillage des établissements financiers italiens et espagnols qui chutent à Milan et Madrid. Deutsche bank s’effondre sous les 10 euros . Preuve de plus que la crise s’étend en Europe . 

Zero Hedge titre que Les marchés mondiaux sombrent dans une panique contagieuse à mesure que la situation en Italie s’aggrave

(voir les graphiques)

L’ITALIE S’ENFONCE DANS LE CHAOS POLITIQUE, LA DETTE EST ATTAQUÉE !

L’Italie est en pleine crise politique. Sa dette publique – colossale – est dans la ligne de mire des marchés.

L’imposante dette italienne est à nouveau dans le radar des intervenants, qui s’inquiètent de l’incertitude politique et d’une nouvelle poussée des forces antisystème aux prochaines élections. Le « spread », le très scruté écart entre les taux d’intérêt allemand et italien à dix ans, a atteint son plus haut niveau depuis novembre 2013, à 235 points, témoignant de la fébrilité des marchés. En deux semaines, il a gagné une centaine de points. Il reste encore très loin de novembre 2011 quand il avait atteint 575 points, avant la chute de gouvernement de Silvio Berlusconi, mais c’est son niveau et la chute de la Bourse de Milan qui ont en partie conduit le président italien Sergio Mattarella à retoquer comme ministre des Finances Paolo Savona, un économiste d’expérience défenseur d’un « plan B » pour sortir de l’euro.

M. Savona était pourtant le candidat du Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème) et de la Ligue (extrême droite), majoritaires au Parlement. En réaction, les deux partis ont décidé de renoncer à former un gouvernement, ouvrant la voie à un gouvernement technique mené par Carlo Cottarelli, ancien du FMI (Fonds monétaire international) et incarnation de l’austérité budgétaire, dans l’attente de nouvelles élections prévues au plus tard début 2019.

2.302 milliards d’euros de dette publique !

« L’incertitude de la position italienne vis-à-vis de l’euro a alarmé les investisseurs et épargnants (…) La hausse du spread augmente la dette et réduit la possibilité de dépenses dans le champ social. Ceci brûle les ressources et l’épargne des entreprises et préfigure un risque pour les familles et les citoyens européens », s’est justifié M. Mattarella. Plus l’inquiétude est vive, plus les taux pour les nouveaux emprunts augmentent et plus le pays doit donc dépenser en intérêts. Néanmoins, souligne Eric Dor, directeur des études à l’IESEG School of Management, les nouvelles obligations sont encore émises un « taux inférieur à celui des anciennes qui arrivent à maturité et avaient été émises à des conditions très coûteuses ». Et donc « même avec une augmentation modérée des taux », « le taux d’intérêt moyen sur l’ensemble de la dette publique va continuer à se réduire » pour le moment.

La dette italienne « pesait » fin mars 2.302 milliards d’euros. Soit quelque 132% de son produit intérieur brut (PIB), le ratio le plus élevé en Europe derrière la Grèce, bien loin des 60% imposés par l’Union européenne. Les précédents gouvernements ont engagé un parcours vertueux de réduction de l’endettement, en agissant sur le déficit public. Mais le programme annoncé par la Ligue et le M5S – dont les principales mesures coûtent 100 milliards d’euros, selon Oxford Economics – risquait de faire dérailler ce processus. Un risque qui n’est d’ailleurs sans doute reporté que de quelques mois, la Ligue étant créditée de 22% des voix en cas de prochaines élections (contre 17% obtenus le 4 mars) et le M5S de quelque 32% (comme en mars).

Note sous surveillance

Vendredi, face aux mesures « coûteuses » programmées, l’agence Moody’s a placé la note de la dette italienne sous surveillance en vue d’une possible dégradation. L’inquiétude se porte, en domino, sur les banques italiennes, qui détiennent plus de 20% de la dette selon CMC Markets UK. Lorsque les taux montent, la valeur des obligations qu’elles ont précédemment achetées est en effet susceptible de diminuer dans leur bilan. Morgan Stanley estime ainsi que si les taux à dix ans restent durablement au-dessus de 2,4% – ils évoluaient autour de 2,6% lundi – il existe un risque de contagion par le biais des banques.

Les taux d’intérêts portugais, grec et espagnol se sont eux-mêmes tendus ces derniers jours. Selon le Peterson institute for international economics (PIIE), une crise de la dette à l’italienne, faisant suite à une perte d’accès aux marchés après une dégradation de note, serait « dramatique ». L’Italie ne serait alors « plus éligible au programme de rachats de dette par la Banque centrale européenne » (BCE) et « à moins que le gouvernement ne change de chemin, il serait forcé de quitter l’euro, même si ce n’est pas son plan actuel ». Mais si un tel scénario est « possible », le PIEE le juge néanmoins « improbable », en premier lieu parce qu' »une crise conduisant à un défaut (de paiement) frapperait d’abord les Italiens », qui détiennent « les deux tiers des titres souverains ». Avec un risque électoral majeur ensuite pour les partis responsables.

——————————————————————————————————————–


l’Italie s’est réveillée dans une véritable panique de vente alors que la liquidation « modeste » d’hier s’est transformée en une véritable avalanche de liquidation, entraînée par un réajustement furieux de la courbe des BTP (Bons du Trésor italien), où les rendements 2Y ont explosé de 225 points de base. passant de négatif il y a quelques jours à 2,70% !!

… le plus grand mouvement en un jour en Italie sur le 2Y dans l’histoire …

le 10Y a explosé de 70bps à 3,40%, maintenant plus élevé que les Treasuries américains ..

Les actions  italiennes ont dégringolé jusqu’à 3% aujourd’hui et revenant à leur plus bas niveau depuis juillet dernier ...

 les banques italiennes sont maintenant bien dans un marché baissier, en baisse de 24% par rapport à leurs plus hauts d’avril, et la contagion gagne les banques européennes 

Mais ce qui est encore pire, c’est que ce n’est plus seulement une crise italienne, puisque le titre Deutsche Bank est tombé en dessous de 10 € pour la première fois depuis  septembre 2016

… tandis que l’EURUSD dégringole en dessous de 1,16, le plus bas niveau depuis juillet dernier avec des murmures de «parité».

 

 
3 Commentaires

Publié par le 29 mai 2018 dans économie, général, International, Politique

 

Étiquettes : , , , , , ,

Les morts-vivants de la dette et le méga krach à venir

Je ne suis pas d’accord avec tout dans ce papier, car on sait trés bien qu’un crash peut venir de partout, y compris et surtout des US ou de Chine . Mais il a le mérite de soulever des points intéressants, j’ai déjà beaucoup parlé du moment de Minsky ; et  Libé qui prédit un crash dans les  douze à trente-six mois, ça vaut le détour, et ça signifie qu’il faut sérieusement s’alarmer !!! Z 

La dynamique de la dette privée joue un rôle central dans le déclenchement des crises économiques majeures, le crédit agissant comme un «zombificateur» de certaines économies. La situation actuelle laisse craindre un krach au cours des douze à trente-six mois à venir .

Le capitalisme est un système instable, avec une tendance naturelle aux cycles et aux crises. C’est le message central de l’économiste américain Hyman Minsky (1919-1996), souvent acclamé par les banquiers centraux et la presse depuis 2008 pour son analyse lucide des causes des crises et cycles. De fait, avec la financiarisation de l’économie au cours des trois dernières décennies, les crises violentes d’origine financière se sont multipliées et leur fréquence ne fait que s’accélérer.

Dès 1969, Minsky considérait que la force majeure du système capitaliste est aussi sa principale faiblesse : il encourage la prise de risque, qui permet l’innovation et la croissance. Ces dernières contribuent à accroître l’incertitude fondamentale : tous les projets économiques étant nouveaux, les entrepreneurs doivent prendre leurs décisions sans pouvoir affecter de probabilités aux événements futurs. Ainsi, ils ne peuvent que supposer que les tendances actuelles se poursuivront. Hyman Minsky soutient que ceci engendre des comportements d’investissement moutonniers : les agents ont tendance à agir conformément aux croyances du «reste du monde, qui est peut-être mieux informé». Tout cela a amené Minsky (1986) à formuler le «paradoxe de la tranquillité» : c’est durant les périodes de croissance, lorsque le souvenir des récessions passées s’estompe, que les capitalistes deviennent trop optimistes et investissent trop. Cette instabilité à la hausse conduit à des fluctuations cycliques récurrentes. Les dépressions majeures se produisent à cause de l’accumulation des dettes privées. La partie de l’investissement désiré supérieure à l’épargne privée étant nécessairement financée par l’emprunt bancaire, le crédit contribue à la création monétaire et à la demande globale. Pendant les périodes d’optimisme, les entreprises utilisent davantage l’endettement pour augmenter leur capacité d’investissement : c’est l’effet de levier. Cela contribue à la prospérité de l’économie, mais c’est là que la crise commence à couver.

Les banques partagent cet optimisme et commencent donc à accepter des structures d’endettement qu’elles n’auraient pas acceptées auparavant. De nombreuses entreprises s’endettent alors plus pour profiter de l’effet de levier accru et financer des projets nettement plus incertains en termes de rentabilité future. Et ce jusqu’au jour où beaucoup d’entre elles se retrouvent dans l’impossibilité de rembourser leurs dettes et font faillite. L’expansion fait aussi grimper le taux d’intérêt sur le marché monétaire, réduisant ainsi la viabilité des investissements. Hyman Minsky s’attendait aussi à ce que les participants au marché boursier vendent des titres en réaction à des évaluations d’actifs perçues comme excessives, déclenchant ainsi l’effondrement du marché.

A ces facteurs, il faut ajouter la dynamique de la répartition des revenus (omise par Minsky). Pendant les périodes d’expansion, le chômage baisse et la production de matières premières et d’énergie augmente, exerçant une pression à la hausse sur les prix des facteurs de production. Ces hausses, combinées au service de la dette, font qu’à un certain stade les profits ne sont plus conformes aux attentes. L’investissement chute et l’expansion devient contraction. Les taux d’intérêt réels (qui correspondent au taux bancaire moins le taux d’inflation) peuvent alors augmenter, même si les taux nominaux baissent ; la demande globale chute, entraînant une stagnation des salaires et une diminution des coûts des matières premières ; et une partie de la dette accumulée pendant la phase d’expansion est remboursée ou fait l’objet d’un défaut.

Le taux de profit revient alors à son niveau d’avant l’expansion et le même processus peut se répéter, mais ce cycle redémarre avec un résidu de dette privée impayée et une part des salaires plus faible. Un autre cycle s’amorce donc, et ainsi de suite, jusqu’au jour où les créances financières sur l’économie dépassent les dépenses. Le crédit, qui était positif et stimulait la demande, devient alors négatif : c’est ce qu’on appelle aujourd’hui un «moment Minsky». Une crise majeure s’ensuit.

La dynamique de la dette privée est donc la cause majeure des expansions et des récessions. C’est la raison pour laquelle la plupart des économistes mainstream, qui négligent le rôle joué par la dette privée, n’ont pu prédire la crise de 2008. Et pourquoi ils n’anticiperont pas plus la suivante.

Une fois qu’une économie atteint un niveau élevé d’endettement privé par rapport au PIB et que ce ratio croît plus vite que le PIB, même une stabilisation de ce ratio peut provoquer une grave récession. Le crédit est un «zombificateur» en série des économies : il les transforme en morts-vivants de la dette. Ces zombies ont trois caractéristiques principales : a) des niveaux de dette privée avant crise supérieurs à 150 % du PIB ; b) avant la crise, des niveaux élevés de demande alimentée par le crédit ; et c) un taux d’endettement encore élevé après la crise, mais une demande fondée sur le crédit faible ou négative.

Les économies déjà zombifiées (Japon, Danemark, Irlande, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Portugal, Espagne, Etats-Unis, Royaume-Uni) ne présentent aucun danger. Ce sont celles sur le point d’être zombifiées que nous devrions craindre. La croissance y est encore soutenue par le crédit et la dette privée y progresse plus vite que le PIB nominal. Il s’agit de l’Irlande (encore !), Hongkong et la Chine, l’Australie, la Belgique, le Canada, la Corée du Sud, la Norvège et la Suède. Les pays limites, c’est-à-dire ceux présentant l’une des deux caractéristiques, sont les Pays-Bas, la Suisse, la Finlande, la France, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande. Tous les zombies de la dette en devenir sont confrontés à un atroce dilemme : la seule façon d’éviter une chute de la demande globale et une récession en comptant uniquement sur le secteur privé est de laisser la dette privée continuer de croître plus vite que le PIB. Mais à un moment ou à un autre, le coût total du service de la dette dépassera le revenu disponible pour en assurer le paiement, ce qui entraînera un effondrement majeur.

Selon nous, la prochaine crise ne viendra ni des Etats-Unis ni de Chine. Aux Etats-Unis, le niveau de la dette privée est encore de 150 % du PIB. Mais le crédit, à 6 % du PIB, est faible par rapport aux niveaux d’avant la crise. On peut donc s’attendre à des périodes de stagnation récurrentes, à la japonaise après 1990. En Chine, en 2010, le gouvernement a ordonné aux banques de prêter massivement aux promoteurs immobiliers locaux, ce qui a engendré la plus grosse bulle de crédit de l’histoire. Elle ne peut qu’éclater, car l’endettement, qui représente plus de 200 % du PIB, est devenu insoutenable. Mais dans cette économie dirigée, le gouvernement sera en mesure d’intervenir et de dépenser.

Pouvons-nous prédire quand la prochaine crise majeure surviendra ? Pas vraiment, car les économies sont des systèmes complexes où, comme en météorologie, il est impossible de prévoir l’évolution très en amont. Néanmoins, étant donné le nombre élevé de zombies de la dette en l’état ou en devenir et l’aveuglement des gouvernements et de leurs conseillers économiques mainstream, l’inévitable krach qui se profile est susceptible de se produire au cours des douze à trente-six mois à venir. Il ne fait aucun doute que nous sommes dans une impasse au bout de laquelle se trouve un mur et qu’avec leurs politiques d’austérité, et leur libéralisation de produits financiers dangereux, la plupart des gouvernements s’obstinent à appuyer sur l’accélérateur.

Nous pourrions pourtant éviter la catastrophe. Une solution serait de mettre en place un «jubilé moderne de la dette», consistant à injecter directement de la monnaie créée par la Banque centrale sur les comptes bancaires des entreprises et des ménages et à exiger que ces injections soient utilisées prioritairement pour rembourser les dettes. Nous devrions aussi procéder à des réformes plus radicales du système financier afin d’éviter que les prêts bancaires ne provoquent des bulles d’actifs et de faire en sorte qu’il soit plus rentable pour les banques de se concentrer sur le prêt aux entrepreneurs. Cela implique d’imposer une séparation des banques d’investissement des banques de dépôt, similaire à la loi bancaire française de 1945.

Enfin, l’Etat devrait intervenir dans l’économie en augmentant les dépenses publiques ou en baissant les impôts payés par les classes pauvres et moyennes. Hélas ! Hormis leur idéologie néolibérale, les gouvernements européens doivent faire face à de multiples entraves enchâssées dans les traités, tels que le Semestre européen ou le Pacte budgétaire, qui les contraignent à rechercher l’équilibre budgétaire et donc à baisser les dépenses et augmenter les impôts de manière procyclique. Ceci est absurde, car pour éviter les fluctuations violentes, le déficit budgétaire devrait au contraire être contracyclique. Malheureusement, toutes ces solutions nécessiteraient des changements draconiens de politiques, fort improbables avant le prochain krach. Il reste à espérer que la prochaine catastrophe économique ramènera les décideurs européens à plus de pragmatisme.

source

 
Poster un commentaire

Publié par le 23 mai 2018 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , , ,

La dette bat des records et menace l’économie mondiale selon le FMI

La dette bat des records et menace l’économie mondiale selon le FMI

La dette mondiale a atteint 164 000 milliards de dollars en 2016, représentant 225 % du PIB mondial, un chiffre record selon l’institution internationale. À elle seule, la Chine représente 43 % de l’augmentation de la dette mondiale depuis 2007.

L’endettement mondial atteint des records, sous l’impulsion de la Chine, au point de dépasser largement les niveaux de 2009, juste après la faillite de la banque Lehman Brothers, et de représenter un risque pour l’économie, a prévenu mercredi le Fonds monétaire international (FMI).

« Il n’y pas de place pour la complaisance », a affirmé Vitor Gaspar, le chef du FMI pour les affaires budgétaires, lors de la présentation du rapport intitulé L’observatoire budgétaire, en prélude des réunions de printemps de l’institution financière et de la Banque mondiale. Selon les chiffres de cette étude, l’ensemble de la dette mondiale a atteint 164 000 milliards de dollars en 2016 et représente 225 % du PIB mondial.

« Le monde est désormais 12 % plus endetté que lors du précédent record en 2009 », a déploré le FMI, qui attribue notamment cette hausse de l’endettement à la Chine, qui, à elle seule, représente 43 % de l’augmentation de la dette depuis 2007.

L’endettement devrait se poursuivre après l’approbation par les Etats-Unis d’une réforme fiscale qui entraînera une augmentation de leur déficit budgétaire de 1.000 milliards de dollars lors des trois prochaines années, élevant la dette du pays à 116,9% du PIB d’ici 2023.

Le FMI exprime sa « préoccupation » face à cette hausse de la dette mondiale. Pour les pays développés, elle se situe à 105% de leur PIB, soit le niveau le plus haut depuis la Deuxième Guerre mondiale, et celle des émergents atteint 50%, du jamais vu depuis la crise de la dette des années 80 qui avait frappé avec force les économies en développement.

Les Etats invités à prendre des mesures

« L’expérience prouve que les gouvernements qui ont le plus de réussite sont ceux qui se préparent à l’avance quand apparaissent des nuages à l’horizon », a affirmé Vitor Gaspar, appelant les Etats à prendre des mesures pour éviter de se retrouver pieds et poings liés en cas de crise.

« Un endettement et des déficits importants amoindrissent les capacités des gouvernements de répondre avec des politiques budgétaires soutenant l’économie en cas de récession », a souligné le FMI.

Les pays émergents pourraient en être les premières victimes: « L’endettement se trouve à un niveau très élevé dans le monde entier et elle est souvent souscrite en dollars », a rappelé le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld, lors de la présentation la veille des perspectives économiques de l’institution financière.

Dans ces conditions, si les Etats-Unis devaient augmenter de manière plus rapide que prévu leurs taux d’intérêts, les émergents pourraient en subir les conséquences.

source

 
2 Commentaires

Publié par le 19 avril 2018 dans économie, général, International

 

Étiquettes : , , , , ,

 
%d blogueurs aiment cette page :