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Archives de Tag: La crise financière

Du « krach boursier de 2018 » à la « crise financière de 2019 »

Les marchés boursiers s’effondrent dans le monde entier, nous assistons à des flash crash extrêmement violents sur le marché des changes, des conditions économiques ralenties dans le monde entier et la peur rend de nombreux investisseurs extrêmement vifs à dégainer.

Le crash boursier de 2018 a anéanti environ 12 000 milliards de dollars de la richesse du marché boursier mondial, mais les choses étaient censées se calmer une fois entrés en 2019. Mais il est clair que cela ne se produit pas. Après que Apple a annoncé que ses ventes au cours du premier trimestre seraient beaucoup, beaucoup plus faibles que prévu, le cours de l’action Applea commencé à tomber comme une pierre et à la fin de la séance de mercredi, l’entreprise avait perdu 75 milliards de dollars de capitalisation boursière. Pendant ce temps, les flash crash ont provoqué certaines des fluctuations les plus violentes que nous ayons jamais vues sur les marchés des changes…

Il a fallu sept minutes au yen pour bondir à des niveaux jamais vus depuis presque une décennie.

Au cours de ces minutes déchaînées, aux environs de 9 h 30 à Sydney, le yen a bondi de près de 8% par rapport au dollar australien, atteignant son plus fort niveau depuis 2009, et de 10% par rapport à la livre turque. La devise japonaise a progressé d’au moins 1% par rapport à ses homologues du groupe des 10, dépassant les 72% du niveau australien  obtenu après une guerre commerciale, une déroute des actions, un différend sur le budget italien et la hausse des taux de la Réserve fédérale.

C’est le genre de chaos que nous ne voyons que pendant une crise financière.

Les investisseurs sont également troublés par le fait que la Chine vient de connaître la première contraction de l’activité de ses usines depuis plus de deux ans…

La Banque populaire de Chine a annoncé mercredi soir qu’elle avait assoupli ses conditions en matière de réduction ciblée des réserves obligatoires afin de profiter davantage aux petites entreprises.

Cette décision a été prise après que la Chine a fait état de sa première contraction de l’activité industrielle en plus de deux ans en décembre.

Un ralentissement à long terme de la Chine causerait des ravages au niveau mondial.

Mais bien sûr, la plus grande nouvelle de la journée a été ce qui est arrivé à Apple. L’indice Dow Jones Industrial Average était en baisse de 660 points mercredi, et le grand choc sur Apple a été la principale raison de cette baisse.

En incluant les 75 milliards de dollars qui viennent d’être effacés, la valeur d’Apple a maintenant chuté de 452 milliards de dollars depuis le 3 octobre…

En seulement trois mois, Apple a perdu 452 milliards de dollars de capitalisation boursière, dont des dizaines de milliards jeudi, alors que les actions du géant de la technologie ont encore sombré.

Les actions d’Apple ont chuté de 39,1% depuis le 3 octobre, lorsque l’action avait atteint un sommet de $233,47. Avec une capitalisation boursière d’environ 674 milliards de dollars, ces pertes dépassent la valeur individuelle de 496 membres du S & P 500, y compris J.P. Morgan.

Paradoxe ironique, la vérité veut que Apple soit, en fait, l’une des sociétés les plus solides sur le plan financier à Wall Street. C’est juste que le prix de la société était bien supérieur à la normale, de sorte que tout soupçon de mauvaise nouvelle risquait de provoquer un déclin de cette ampleur.

La quantité de richesse papier que les investisseurs en bourse viennent de perdre est absolument stupéfiante. Pour mettre cela en perspective, voici quelques faits supplémentaires sur l’argent que les investisseurs d’Apple ont perdu, ces faits proviennent de CNBC

À ce stade, les marchés financiers américains sont hypersensibles à toute mauvaise nouvelle, et le fait que les ventes d’Apple baissent considérablement en Chine est définitivement une mauvaise nouvelle.

Un analyste a déclaré qu’il s’agissait du « jour le plus sombre pour Apple depuis l’ère de l’iPhone » et a exprimé son opinion selon laquelle « l’ampleur de la chute de la demande chinoise… laisse pantois ».

Bien sûr, Apple est loin d’être seul. L’activité économique ralentit sensiblement sur toute la planète et nous avons appris mercredi que l’activité des usines aux États-Unis venait tout juste de subir le déclin le plus important depuis la dernière récession…

Au-delà de Apple, les investisseurs ont également été troublés par la plus forte baisse, en un mois, de l’activité des usines américaines depuis la Grande Récession. L’indice ISM manufacturier, étroitement surveillé, a chuté à son plus bas niveau depuis deux ans, fournissant une preuve supplémentaire du ralentissement de la croissance et de la douleur provoquée par la guerre commerciale américano-chinoise.

De plus, les deux indices économiques d’alerte de Bloomberg sont « devenus négatifs pour la première fois depuis l’élection de Trump ».

Les chocs vont continuer, et il devient de plus en plus clair que cette année sera très difficile.

Alors que la crise continue de s’aggraver, gardez un œil sur nos grandes institutions financières. La dixième banque italienne vient d’imploser et il est probable que de plus en plus de dominos financiers commenceront à s’effondrer à mesure que les pertes s’accumuleront.

Au cours de la dernière décennie, il y a eu d’autres moments où Wall Street a été secouée, mais ces épisodes n’ont duré que quelques semaines au maximum.

Cela fait maintenant trois mois, et cette nouvelle crise ne montre aucun signe d’essoufflement.

Cela signifie que nous avons un tas de problèmes. Parce qu’une fois que cette avalanche financière sera amorcée, il sera impossible de l’arrêter.

Pour le moment, je pense que ce flot panique de ventes est en train de s’atténuer et que vendredi sera meilleur pour les investisseurs. Bien sûr, les marchés sont nerveux au point qu’une seule mauvaise nouvelle pourrait instantanément les faire chuter à nouveau. Mais à moins de mauvaises nouvelles, j’espère que les choses seront plus calmes.

Il y aura des bons et des mauvais jours en 2019.

Il y aura des hauts et des bas.

Mais il est devenu extrêmement clair que le ralentissement anticipé par tant de personnes est enfin arrivé, et que la crise financière de 2019 sera une rude bataille.

Michael Snyder

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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Publié par le 11 janvier 2019 dans économie, général, International

 

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Donald Trump mène-t-il délibérément le monde à la crise financière ?

Donald Trump mène-t-il délibérément le monde à la crise financière ?

Alors là, excellente question ! Et la réponse est évidente : Comme je l’ai toujours dis, Trump n’est qu’un pion de l’élite mondialiste dont le but est de déstabiliser la planète pour créer les conditions d’un changement de paradigme au niveau mondial . C’est pourquoi je pense que le semblant de démondialisation auquel on assiste mènera vers encore plus de mondialisme . Et tout le monde le voit bien, ça saute aux yeux que trump accroît les risques (géo) politiques et économiques mondiaux . Trump et la Fed, c’est au final le même combat : ils mènent délibérément le monde vers une crise financière, … vers une crise globale tout court . C’est sont des rouages clefs, produits par le « Système » (avec un grand S, aka les élites), dont le « travail » est de faire dérailler le système actuel, pour qu’un nouveau puisse émerger . Trump est là pour semer la zizanie – pour une raison simple : du chaos naît l’ordre . Un nouvel ordre mondial . Z  

D’abord parce qu’au début, il ne pouvait pas faire autrement, en voulant Make America Great Again : l’activité économique américaine était déjà au-delà de ce qu’on pensait être ses limites. De fait, en forçant l’économie américaine par la baisse de la fiscalité et la montée des dépenses publiques, il crée une bulle boursière, puis une inflation salariale, qui font toutes deux monter les taux courts et longs américains. Ensuite, la montée des taux longs se répand dans tous les marchés et fragilise partout les croissances, les bourses et les entreprises endettées en dollars, notamment dans les pays émergents.

Ce sera donc la crise mondiale.

Ensuite parce, maintenant, il se dit que cette issue financière tragique est devenue sa meilleure carte. Elle fait en effet des États-Unis l’économie, à la fois, la meilleure et la plus sûre. Make the Dollar  Great Alone, Make America Safe Alone ! En forçant l’économie américaine, Donald Trump creuse en effet les écarts entre elle et les autres, plus ses pressions directes pour réduire les déficits extérieurs américains avec le Mexique, le Canada, le Japon, en attendant la Chine, puis la zone euro (en fait l’Allemagne). Il augmente en même temps les risques de certains pays émergents avec ses interventions plus directement politiques contre la Turquie, l’Iran ou encore le Venezuela. En ligne de mire permanente, il a la Chine. Il veut la faire décélérer, en contraignant ses exportations aux États-Unis, en faisant monter son taux de change, en la poussant à faire plus de crédits à ses entreprises publiques, souvent de piètre qualité, pour maintenir sa croissance et son emploi, et sauvegarder ainsi sa paix sociale. En fait, Donald Trump veut des États-Unis plus capitalistes et efficaces, ses ennemis (Venezuela, Iran, Turquie) en crise sociale  et son concurrent mondial chinois plus communiste que jamais. Il fragilise ainsi la Chine de l’intérieur et la fait servir, à l’extérieur, de repoussoir.
La stratégie trumpienne est ainsi faite qu’elle accroît les risques politiques mondiaux, à partir d’une base boursière, Dow Jones et surtout Nasdaq. Elle commence par un soutien à la bourse, alors qu’elle était déjà haute, parce qu’il sait bien comment elle fonctionne : au profit futur, et surtout qu’elle est l’outil le plus réactif de tous. Cette stimulation boursière passe  par la baisse des impôts, puis par la réduction des contraintes et régulations, notamment bancaires et écologiques, enfin par l’ouverture violente des marchés extérieurs et la protection du marché intérieur, avec la renégociation des traités commerciaux.
Au total, la croissance américaine atteint actuellement un rythme annuel de 4,2%, alors qu’on pensait qu’elle devait être plutôt de 2,5%, puis de 2,8%, puis de 3% ces derniers mois. Une étude du Trésor français d’avril 2016 (Trésor-Éco n°169) pensait même à une croissance potentielle entre 1,7-2%, contre 2,5 % avant l’entrée dans la crise ! Cette étude imputait, pour environ 40 %, la baisse de croissance potentielle au recul de l’investissement. Elle notait que « cet impact est à relativiser étant donnée la ré-accélération récente de l’investissement : la contribution du capital à la croissance potentielle devrait ainsi retrouver, voire dépasser son niveau pré-crise à partir de 2016. » Mais, même si l’investissement est reparti à la hausse, il n’a jamais atteint ni son niveau, ni encore sa tendance, d’avant crise. Nous sommes donc dans une autre situation.
La bourse, avec l’effet patrimoine, est en effet l’outil trumpien de dopage économique par excellence : les ménages et les entreprises se sentent plus riches. Les marchés financiers sont en hausse depuis le 9 mars 2009, soit bientôt 3 500 jours, un rally sans exemple historique. Une situation même miraculeuse puisque, même si le dernier chiffre de création d’emplois (134 000 en septembre) est plus faible que les précédents (270 000 en août), sans doute en liaison avec les cyclones, le taux de chômage s’inscrit à 3,7% (le plus bas depuis un demi-siècle), avec une hausse du salaire horaire de 2,8% et une inflation de 2%, hors produits agricoles et alimentaires et énergie ! Le plein emploi sans beaucoup d’inflation !
La stratégie trumpienne tient donc sur la hausse anticipée des profits, même si Jeff Bezos décide de faire passer à 15 $ le salaire minimal dans son entreprise, ce qui est obligatoire (pour lui) face à la pénurie de personnel et soutient aussi la demande, avec des consommateurs plus optimistes que jamais ! Certes, le prix du pétrole monte aussi, la Russie et l’Arabie Saoudite ne semblant pas favorables à produire plus. Certes, les rachats d’actions embellissent le paysage. Certes, les hausses de taux courts (2,1%) et longs (3,1%) vont rendre cette politique plus onéreuse.
Certes, les risques géopolitiques sont là aussi, et les élections intermédiaires américaines approchent. Mais les marchés américains montent et ceux des autres pays développés baissent. Certes, les valorisations boursières sont très élevées pour les valeurs technologiques, mais à 21 fois les profits du S&P elles ne sont qu’à 7% au-dessus de la moyenne des trois dernières années : toutes les « bonnes raisons » s’ajoutent pour continuer. Certes, Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine vient de préciser qu’il ne se précipiterait pas au chevet de la bourse si elle devait corriger. Certes, les marchés se disent qu’elle pourrait baisser de 25%, mais en cas de crise où aller… sauf aux États-Unis ! En cas d’inquiétude, le vrai marché, sûr et liquide reste en effet celui des bons du trésor américain (le marché japonais ne rapporte rien et l’allemand est trop étroit). Donc les taux longs américains baisseraient – ce qui soutiendrait la bourse !
Pourquoi donc Trump conduit-il le monde à la crise ? Parce qu’il est sûr d’y perdre moins que tous les autres, autrement dit d’y gagner !

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Publié par le 8 octobre 2018 dans économie, général, International, Nouvel ordre mondial

 

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États-Unis : le plus grand déficit commercial depuis la crise financière

Lorsque vous retirez les produits pétroliers – qui ont récemment connu des exportations record aux États-Unis grâce au schiste – le déficit commercial américain n’a jamais été aussi grand.

 
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Publié par le 5 avril 2018 dans économie, général, International

 

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12 raisons de croire que la FED a peut-être commis sa plus grosse erreur depuis la crise financière

Le marché obligataire s’effondre : ça vend du treasury ! (ici le 10 ans)

La FED a-t-elle complètement perdu les pédales ? Mercredi, elle a relevé son taux directeur pour la seconde fois en trois mois tout en indiquant que de nouvelles hausses sont prévues dans les mois à venir.

12 raisons de croire que la FED s’est trompée

Lorsque la FED baisse son taux directeur, le loyer de l’argent devient moins cher, emprunter est meilleur marché, ce qui a tendance à stimuler l’activité. Et lorsqu’elle fait le contraire, le crédit coûte plus cher, ce qui a tendance à ralentir l’activité économique. Pourquoi, malgré ces évidences, la FED a relevé son taux directeur alors que l’économie américaine montre déjà des signes majeurs de ralentissement ? Voici 12 raisons de croire que la FED a peut-être commis sa plus grosse erreur depuis la crise financière :

1. Croissance en berne

Quelques heures avant l’annonce du relèvement du taux directeur de la FED, la FED d’Atlanta a abaissé ses projections de croissance pour le T1 à seulement de 0,9 %. Si cette projection devait être exacte, il s’agira du taux de croissance trimestriel le plus bas de ces 37 dernières années durant lequel un relèvement des taux a eu lieu.

2. Coût du crédit

Plus que jamais, le crédit joue un rôle crucial dans l’activité économique. Des taux plus élevés signifient des remboursements plus élevés sur les crédits hypothécaires à taux variable, les crédits auto à taux variable et les en-cours des cartes de crédit. Inutile de dire que cela va ralentir substantiellement l’économie :

« (…) Les consommateurs ayant un encours carte de crédit, un crédit hypothécaire à taux variable ou des lignes de crédit sont les plus susceptibles d’être impactés par la hausse des taux, a déclaré Greg McBride, analyste en chef de Bankrate.com. (…) »

3. Retards de paiement en hausse sur les crédits auto

En parlant des crédits auto, le nombre d’Américains qui font défaut sur leur crédit avait déjà commencé à augmenter, même avant la hausse du taux directeur de la FED :

« Le nombre d’Américains qui ont cessé de rembourser leurs crédits auto augmente, une nouvelle ayant le potentiel d’avoir des conséquences sur l’économie américaine.

Les pertes sur les crédits auto subprime ont fortement grimpé durant ces derniers mois d’après Steven Ricchiuto, économiste en chef de Mizuho États-Unis. Ils ont grimpé jusqu’à 9,1 % en janvier, contre 7,9 % en janvier 2016.

«Les recouvrements sur les crédits auto subprime ont également chuté jusqu’à seulement 34,8 %, la plus mauvaise performance de 7 dernières années», a-t-il écrit dans une note. »

4. Catastrophe pour le commerce de détail

Des taux plus élevés vont probablement accélérer la « catastrophe du commerce du détail ». Nous avons récemment appris que les ventes des grandes surfaces n’ont jamais autant chuté depuis que ces statistiques sont compilées.

5. Les commerçants sont en difficulté

Nous avons également appris que le nombre de commerçants en difficulté aux États-Unis est désormais à son niveau le plus élevé depuis la dernière récession.

6. La pire reprise économique

Nous venons de vivre « la pire reprise économique de ces 65 dernières années », et désormais les actions de la FED menacent de nous précipiter dans une nouvelle crise.

7. Les consommateurs américains ont une marge de manœuvre très faible

Les consommateurs américains ne prospèrent pas. En cas de ralentissement économique, ils seront nombreux à être touchés de plein fouet. En fait, environ la moitié des Américains sont dans l’incapacité de signer un chèque de 500 $ pour faire face à une dépense d’urgence.

8. Le marché obligataire est déjà en difficulté

Le marché obligataire s’effondre déjà. Les observateurs distraits des marchés se focalisent sur les actions, mais la vérité est que le marché obligataire s’effondre toujours avant les marchés actions. Depuis l’élection de Donald Trump, les obligations tombent comme une pierre, nous ne sommes déjà pas loin d’une crise en bonne et due forme. Si vous suivez régulièrement mon travail, vous savez qu’il s’agit de l’un de mes chevaux de bataille. Si les obligations continuent de baisser, je vais beaucoup écrire à leur sujet dans les semaines à venir.

9. Nouvelle crise du plafond de la dette

Cerise sur le gâteau, nous pourrions assister à une nouvelle crise du plafond de la dette. Sa suspension a expiré, Donald Trump pourrait bien éprouver les pires difficultés à rassembler les votes nécessaires pour le relever. (…)

10. Des rentrées fiscales en baisse

Et même si le plafond de la dette devait être relevé, cela ne signifie pas que tout est réglé. Les rentrées fiscales du gouvernement américain viennent juste de connaître leur plus grosse baisse depuis la dernière crise financière.

11. Les CEO pas optimistes en ce qui concerne leurs propres titres

Que savent les CEO que nous ignorons ? Les achats d’actions par les initiés des entreprises concernées sont à leur plus bas niveau de ces trois dernières décennies.

Suite et fin 

Le marché obligataire s’effondre :

 
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Publié par le 20 mars 2017 dans économie, général, International

 

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Marc Faber : La crise financière n’était pas un accident

leadimg

« Ces variations nous rappellent que nous pouvons subir de fortes corrections à l’intérieur même de tendances long terme » Exactement ce qui se passe sur les métaux précieux …. Quant au reste, Rien n’arrive par hasard !

Revue de presse 2013 Z@laresistance

Par Marc Faber

Observateur éloigné mais néanmoins intéressé par l’histoire et les marchés d’investissement, je suis fasciné par la façon dont les grands événements qui trouvent leur origine dans des tendances long terme sont souvent expliqués par des causes court terme.

On explique ainsi la Première Guerre mondiale comme étant une conséquence de l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois ; on explique la Crise de 1929 comme étant le résultat de la rigueur des politiques monétaires de la Fed ; on explique que Hitler est la cause de la Seconde Guerre mondiale ; et que la guerre du Vietnam est le résultat de la menace communiste.

De même, on attribue la désinflation qui a suivi l’année 1980 aux politiques monétaires restrictives de Paul Volcker. Le krach boursier de 1987 est de la faute des assurances de portefeuilles. Et la crise asiatique et le krach boursier de 1997 sont attribués aux étrangers ayant attaqué le baht (la monnaie thaïlandaise). Toutefois, si l’on regarde de plus près tous ces événements, on voit que leur cause était bien plus complexe et qu’un caractère inévitable entrait toujours en jeu.

Complexe et inévitable
Prenons par exemple le krach boursier de 1987. A l’été 1987, le marché boursier était devenu extrêmement suracheté et une correction était inévitable, peu importe à quel point l’avenir semblait prometteur. Entre le plus haut d’août 1987 et le plus bas d’octobre 1987, le Dow Jones a dévissé de 41%. Comme nous le savons tous, le Dow n’a cessé de monter les 20 années suivantes, pour atteindre un plus haut en octobre 2007 à 14 198.

Ces variations nous rappellent que nous pouvons subir de fortes corrections à l’intérieur même de tendances long terme. La crise asiatique de 1997-1998 est également intéressante parce qu’elle a eu lieu bien après que les fondamentaux macroéconomiques asiatiques ont commencé à se dégrader. Sans surprise, les analystes, gestionnaires de fonds et stratégistes asiatiques, en éternels optimistes, sont restés positifs sur les marchés asiatiques jusqu’à ce qu’éclate la catastrophe en 1997.

Mais même pour l’observateur le plus candide, il aurait dû être évident que quelque chose n’allait pas. L’indice Nikkei et le marché boursier taïwanais avaient atteint un sommet en 1990 et ont eu tendance à baisser ou à stagner par la suite, alors que la plupart des autres Bourses en Asie ont culminé en 1994. En fait, l’indice Thailand-SET avait déjà dévissé de 60% par rapport à son plus haut de 1994 lorsque la crise financière asiatique a fait chuter le baht de 50% en quelques mois. Cet événement a sorti les analystes et les médias continuellement optimistes de leur léthargique contentement de soi.

Je suis d’accord avec le regretté Charles Kindleberger, qui avait déclaré que “les crises financières sont associées aux pics des cycles économiques”, et qu’elles “sont le point culminant d’une période d’expansion et précèdent une phase descendante”. Toutefois, je suis également d’accord avec J.R. Hicks, qui affirmait qu’une “crise réellement catastrophique” a toutes les chances d’avoir lieu “lorsqu’il y a une profonde instabilité monétaire — lorsque le pourrissement touche au plus profond le système monétaire”.

Il n’y a pas de hasard
En résumé, une crise financière n’arrive pas par hasard mais après une longue période d’excès (politiques monétaires expansionnistes et/ou politiques budgétaires conduisant à une croissance excessive du crédit et à une spéculation excessive). Le problème réside dans l’établissement du moment de début de la crise. En général, comme c’était le cas en Asie dans les années 1990, les conditions macro-économiques se dégradent bien avant le début de la crise. Toutefois, les politiques monétaires expansionnistes et une croissance excessive de la dette peuvent allonger la durée du développement économique pendant une très longue période.

Dans le cas de l’Asie, les conditions macro-économiques ont commencé à se dégrader en 1988 lorsque le commerce des pays asiatiques et les excédents de balance courante ont chuté. Ils sont par la suite devenus négatifs en 1990. Toutefois, le développement économique a continué — largement financé par des emprunts étrangers excessifs. Résultat : à la fin des années 1990, juste avant la crise de 1997-1998, les baissiers asiatiques étaient totalement discrédités par le grand nombre de haussiers et leur point de vue était largement ignoré.

Même si les Asiatiques n’étaient pas si naïfs et n’allaient pas jusqu’à croire que “le niveau global d’endettement n’a pas d’importance… le passif de l’un est l’actif de l’autre” (comme le disait Paul Krugman), ils ont avancé plusieurs autres arguments en faveur de l’expansion économique continue de l’Asie et pour expliquer pourquoi l’Asie ne connaîtrait jamais le genre de “crise tequila” que le Mexique avait traversé à la fin de 1994, lorsque le peso mexicain s’est effondré de plus de 50% en quelques mois.

En 1994, la Fed a augmenté le taux des fonds fédéraux de 3% à près de 6%, provoquant une débâcle du marché obligataire. Les bons du Trésor US à 10 ans ont grimpé de moins de 5,5% fin 1993 à plus de 8% en novembre 1994. A leur tour, les marchés actions et obligations des émergents se sont effondrés. En 1994, il était devenu évident que les économies émergentes perdaient de leur dynamisme et que le monde se dirigeait vers un important ralentissement économique, voire une récession.

Mais lorsque le président Clinton décida de renflouer le Mexique, passant outre l’opposition du Congrès US mais avec le soutien des leaders républicains Newt Gingrich et Bob Dole, et exploita un obscur fonds du Trésor pour prêter au Mexique plus de 20 milliards de dollars, les marchés se stabilisèrent. Les prêts accordés par le Trésor américain, le Fonds monétaire international et la Banque des règlements internationaux se sont élevés au total à près de 50 milliards de dollars.

Ce sauvetage a été beaucoup critiqué, cependant. L’ancien co-président de Goldman Sachs, le secrétaire au Trésor Robert Rubin, a utilisé les fonds pour renflouer les obligations mexicaines assurées par Goldman Sachs et dans lesquelles l’entreprise possédait des positions d’une valeur d’environ cinq milliards de dollars.

Ce n’est pas mon sujet ici de discuter des mérites et des échecs du sauvetage du Mexique en 1994. (Mes lecteurs réguliers savent à quel point je suis critique devant toute forme de renflouage.) Toutefois, ses conséquences ont été que les obligations et les actions ont grimpé en flèche. En particulier après 1994, les obligations et les crédits des marchés émergents ont excellemment performé — c’est-à-dire jusqu’à la crise asiatique en 1997. Clairement, il y avait sur le coût de l’économie mondiale une sorte d’aléa moral parce que les investisseurs, enhardis par le renflouage, se sont rués sur les crédits des marchés émergents, même de moindre qualité.

Plus haut, j’ai mentionné que, en 1994, il était devenu évident que les économies émergentes avaient renversé la vapeur et que le monde se dirigeait vers un magnifique ralentissement économique sinon une récession. Mais le renflouage du Mexique a prolongé le développement économique des économies émergentes en rendant disponible les capitaux étrangers avec lesquels financer leur commerce et leurs déficits courants. En même temps, il a conduit à une crise bien plus grave en Asie en 1997, puis en Russie et aux Etats-Unis (LTCM) en 1998.

La leçon que j’ai donc tirée de la crise asiatique est qu’elle a été dévastatrice parce que, étant donné le cycle économique naturel, l’Asie aurait déjà dû ralentir en 1994. Mais du fait du renflouage du Mexique, l’expansion asiatique a été prolongée grâce à la disponibilité des crédits étrangers.

Les disparités s’élargissent
Ce financement de la dette en devises étrangères a créé une énorme disparité des actifs et des dettes. Les actifs qui ont servi comme nantissement de prêts étaient libellés en devises locales tandis que les dettes l’étaient en devises étrangères. Cette dissonance a exacerbé la crise asiatique lorsque les monnaies ont commencé à faiblir, parce qu’elle incitait les entreprises locales à convertir les monnaies locales en dollar aussi vite que possible dans le but de couvrir les risques de change.

– See more at: http://edito-matieres-premieres.fr/crise-financiere-accident/#sthash.BTLtPvnW.dpuf

 

 
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Publié par le 12 décembre 2013 dans général

 

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Marc FABER : La crise financière n’était pas un accident

leadimg
C’est vendredi et c’est la revue de presse, avec cette grande nouvelle du jour, la mort de Nelson Mandela , paix à son âme ; du coté de nos métaux la zone de danger semble s’éloigner , et le bas pourrait bien avoir été fait : en tout cas ils n’ont pas cassés le bas  de  juin dernier : …remarquable  ! 
Et Marc FABER, Dr Gloom : non, la crise financière n’était pas un accident !
revue de presse 2013 Z@laresistance

Par Marc Faber

▪ Observateur éloigné mais néanmoins intéressé par l’histoire et les marchés d’investissement, je suis fasciné par la façon dont les grands événements qui trouvent leur origine dans des tendances long terme sont souvent expliqués par des causes court terme.

On explique ainsi la Première Guerre mondiale comme étant une conséquence de l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois ; on explique la Crise de 1929 comme étant le résultat de la rigueur des politiques monétaires de la Fed ; on explique que Hitler est la cause de la Seconde Guerre mondiale ; et que la guerre du Vietnam est le résultat de la menace communiste.

De même, on attribue la désinflation qui a suivi l’année 1980 aux politiques monétaires restrictives de Paul Volcker. Le krach boursier de 1987 est de la faute des assurances de portefeuilles. Et la crise asiatique et le krach boursier de 1997 sont attribués aux étrangers ayant attaqué le baht (la monnaie thaïlandaise). Toutefois, si l’on regarde de plus près tous ces événements, on voit que leur cause était bien plus complexe et qu’un caractère inévitable entrait toujours en jeu.

▪ Complexe et inévitable
Prenons par exemple le krach boursier de 1987. A l’été 1987, le marché boursier était devenu extrêmement suracheté et une correction était inévitable, peu importe à quel point l’avenir semblait prometteur. Entre le plus haut d’août 1987 et le plus bas d’octobre 1987, le Dow Jones a dévissé de 41%. Comme nous le savons tous, le Dow n’a cessé de monter les 20 années suivantes, pour atteindre un plus haut en octobre 2007 à 14 198.

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Les banques centrales comme la Bundesbank demandent à rapatrier leur or des coffres américains et français.

Ce qu’elles ne savent pas, c’est qu’elles risquent fort de ne jamais revoir leurs lingots !

Découvrez pourquoi sans plus attendre : il pourrait y avoir de spectaculaires profits à la clé.

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Ces variations nous rappellent que nous pouvons subir de fortes corrections à l’intérieur même de tendances long terme. La crise asiatique de 1997-1998 est également intéressante parce qu’elle a eu lieu bien après que les fondamentaux macroéconomiques asiatiques aient commencé à se dégrader. Sans surprise, les analystes, gestionnaires de fonds et stratégistes asiatiques, en éternels optimistes, sont restés positifs sur les marchés asiatiques jusqu’à ce qu’éclate la catastrophe en 1997.

Mais même pour l’observateur le plus candide, il aurait dû être évident que quelque chose n’allait pas. L’indice Nikkei et le marché boursier taïwanais avaient atteint un sommet en 1990 et ont eu tendance à baisser ou à stagner par la suite, alors que la plupart des autres bourses en Asie ont culminé en 1994. En fait, l’indice Thailand-SET avait déjà dévissé de 60% par rapport à son plus haut de 1994 lorsque la crise financière asiatique a fait chuter le baht de 50% en quelques mois. Cet événement a sorti les analystes et les médias continuellement optimistes de leur léthargique contentement de soi.

Je suis d’accord avec le regretté Charles Kindleberger, qui avait déclaré que « les crises financières sont associées aux pics des cycles économiques », et qu’elles « sont le point culminant d’une période d’expansion et précèdent une phase descendante ». Toutefois, je suis également d’accord avec J.R. Hicks, qui affirmait qu’une « crise réellement catastrophique » a toutes les chances d’avoir lieu « lorsqu’il y a une profonde instabilité monétaire — lorsque le pourrissement touche au plus profond le système monétaire ».

▪ Il n’y a pas de hasard
En résumé, une crise financière n’arrive pas par hasard mais après une longue période d’excès (politiques monétaires expansionnistes et/ou politiques budgétaires conduisant à une croissance excessive du crédit et à une spéculation excessive). Le problème réside dans l’établissement du moment de début de la crise. En général, comme c’était le cas en Asie dans les années 1990, les conditions macro-économiques se dégradent bien avant le début de la crise. Toutefois, les politiques monétaires expansionnistes et une croissance excessive de la dette peuvent allonger la durée du développement économique pendant une très longue période.

Dans le cas de l’Asie, les conditions macro-économiques ont commencé à se dégrader en 1988 lorsque le commerce des pays asiatiques et les excédents de balance courante ont chuté. Ils sont par la suite devenus négatifs en 1990. Toutefois, le développement économique a continué — largement financé par des emprunts étrangers excessifs. Résultat : à la fin des années 1990, juste avant la crise de 1997-1998, les baissiers asiatiques étaient totalement discrédités par le grand nombre de haussiers et leur point de vue était largement ignoré.

Même si les Asiatiques n’étaient pas si naïfs et n’allaient pas jusqu’à croire que « le niveau global d’endettement n’a pas d’importance… le passif de l’un est l’actif de l’autre » (comme le disait Paul Krugman), ils ont avancé plusieurs autres arguments en faveur de l’expansion économique continue de l’Asie et pour expliquer pourquoi l’Asie ne connaîtrait jamais le genre de « crise tequila » que le Mexique avait traversé à la fin de 1994, lorsque le peso mexicain s’est effondré de plus de 50% en quelques mois.

Nous verrons la suite dès lundi.

http://la-chronique-agora.com/crise-financiere-accident/

 
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Publié par le 6 décembre 2013 dans général

 

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