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Gilets Jaunes : le début de la fin pour l’UE ?

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Publié par le 17 janvier 2019 dans général, International, Politique, Vidéos (Toutes)

 

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Gilets-Jaunes – Le travail constituant

Gilets-Jaunes – Le travail constituant

Emmanuel Macron a envoyé sa lettre aux Français, dans laquelle il prend bien des précautions, évitant tout engagement qui pourrait l’entraîner dans une direction qui échapperait très vite à son contrôle. La sincérité du locataire de l’Elysée est sans doute réelle, globalement, mais le problème n’est pas là. Un petit nombre de Français, dont lui-même, raisonne à l’intérieur de principes qui entraînent avec eux une logique incompatible avec celle du regard porté par le plus grand nombre sur la vie réelle. C’est le monde de la « foi » ultra libérale inconditionnelle qui s’oppose frontalement à celui de la conscience éclairée de tous ceux qui constatent le désastre engendré par cette croyance ayant imposé à tous son « obscurantisme » politique. Voilà pourquoi, nous risquons de constater le dialogue de sourds qui va présider au grand débat national des Français, lorsque celui-ci devra remonter à Paris. C’est déjà ce qui apparaît dans la rencontre de Macron avec les maires de France à Grand Bourgtheroulde, en Normandie, lorsque ceux-ci, à l’issue de cette rencontre, ont exprimé leurs sentiments : ceux disant le profond décalage ressenti entre les réalités locales du terrain et les objectifs de l’Exécutif actuel inspirés par les Institutions supra nationales.

Plus que jamais, les Gilets-Jaunes doivent se montrer vigilants et ne pas perdre de vue leur objectif constituant.

Nous avions déjà présenté les principes fondamentaux du travail constituant, dans l’article du lundi 31 décembre 2018, intitulé : « Les Gilets-Jaunes provoquent la restauration de la Constitution ». Il suffira donc de s’y référer pour avoir une vue d’ensemble sur ce qui devrait maintenant être la suite de ce choc politique provoqué par les revendications des Gilets-jaunes.

Le travail constituant c’est la pratique de réappropriation de la politique par les citoyens. Aujourd’hui, les décisions politiques sont prises par les plus riches (ploutocratie : banques et grandes entreprises du CAC40) qui, par le biais des grands médias qui leur appartiennent également, et des élus dont ils financent les campagnes électorales, nous obligent à faire leur choix par défaut en nous faisant voter par élimination de ceux qu’on ne veut absolument pas pour nous représenter, grâce à un mode de scrutin sur lequel nous n’avons rien à dire. Ceux qu’on ne veut absolument pas étant bien entendu créés et maintenus volontairement en lisse pour ce jeu pipé, hautement manipulé depuis des décennies.

Pour que nous puissions nous réapproprier la politique de façon démocratique, il est indispensable que chaque citoyen de ce pays puisse écrire ce qu’il considère comme règles constituantes encadrant la façon dont nous allons ensemble accorder notre confiance à ceux qui agiront pour le bien commun et comment nous pourrions les contrôler et les révoquer si nécessaire.

C’est pourquoi, dans un premier temps, chaque citoyen doit participer au niveau local de sa commune, aux discutions qui permettront de rédiger un texte à partir du cahier des doléances sur lequel chacun aura écrit ses revendications.

Dans un deuxième temps, la synthèse de ce travail constituant pourrait être réalisée par le « Conseil départemental » avant d’être envoyé à la présidence de la Région, puis de la Région à une « Assemblée Constituante » tirée au sort pour rédiger en articles chaque thème émanant de la volonté venue du peuple consulté depuis la base communale.

Regardons maintenant les 42 articles synthétisant déjà les revendications des Gilets-Jaunes et qui ont été envoyés aux parlementaires ainsi qu’aux médias sous le titre « Les 42 directives du peuple »

1 – Zéro SDF : URGENT.

2 – Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).

3 – SMIC à 1300 euros net.

4 – Favoriser les petits commerces des villages et centres villes. (Cesser la construction des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le petit commerce) plus de parkings gratuits dans les centres villes.

5 – Grand Plan d’Isolation des logements. (Faire de l’écologie en faisant faire des économies aux ménages).

6 – Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.

7 – Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et auto-entrepreneurs). Fin du RSI.

8 – Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).

9 – Fin de la hausse des taxes sur le carburant.

10 – Pas de retraite en-dessous de 1 200 euros.

11 – Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèque-vacances.

12 – Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l’inflation.

13 – Protéger l’industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie c’est protéger notre savoir-faire et nos emplois.

14 – Fin du travail détaché. Il est anormal qu’une personne qui travaille sur le territoire français ne bénéficie pas du même salaire et des mêmes droits. Toute personne étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même hauteur qu’un employeur français.

15 – Pour la sécurité de l’emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.

16 – Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.)

17 – Fin de la politique d’austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette qui sont déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre l’argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80 milliards de fraude fiscale.

18 – Que les causes des migrations forcées soient traitées.

19 – Que les demandeurs d’asiles soient bien traités. Nous leur devons le logement, la sécurité, l’alimentation ainsi que l’éducation pour les mineurs. Travaillez avec l’ONU pour que des camps d’accueil soient ouverts dans de nombreux pays du monde, dans l’attente du résultat de la demande d’asile.

20 – Que les déboutés du droit d’asile soient reconduits dans leur pays d’origine.

21 – Qu’une réelle politique d’intégration soit mise en œuvre. Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française, cours d’Histoire de la France et cours d’éducation civique avec une certification à la fin du parcours).

22 – Salaire maximum fixé à 15.000 euros [mensuel].

23 – Que des emplois soient créés pour les chômeurs.

24 – Augmentation des allocations pour handicapés.

25 – Limitation des loyers. Plus de logement à loyers modérés (notamment pour les étudiants et les travailleurs précaires).

26 – Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (Bâtiments, barrages, aéroports…)

27 – Moyens conséquents accordés à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ou récupérées.

28 – L’intégralité de l’argent gagné par les péages des autoroutes devra servir à l’entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu’à la sécurité routière.

29 – Le prix du gaz et de l’électricité ayant augmenté depuis qu’il y a eu privatisation, nous voulons que ces entreprises redeviennent publiques et que les prix baissent de manière conséquente.

30 – Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoles et des maternités.

31 – Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l’argent sur les personnes âgées. L’or gris, c’est fini. L’ère du bien-être gris commence.

32 – Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale.

33 – Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.

34 – Le Référendum d’Initiative Citoyenne doit entrer dans la Constitution. Création d’un site lisible et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être discutée, complétée, amendée par l’Assemblée Nationale qui aura l’obligation, (un an jour pour jour après l’obtention des 700 000 signatures) de la soumettre au vote de l’intégralité des Français.

35 – Retour à un mandat de 7 ans pour le Président de la République. (L’élection des députés deux ans après l’élection du Président de la République permettrait d’envoyer un signal positif ou négatif au président de la République concernant sa politique. Cela participerait donc à faire entendre la voix du peuple.)

36 – Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usant le corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans.

37 – Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aides PAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.

38 – Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.

39 – Pas de prélèvement à la source.

40 – Fin des indemnités présidentielles à vie.

41 – Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue.

42 – Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.

Enfin, nous ajoutons aux 42 articles les articles suivants :

43. L’article 3 de la Constitution actuelle doit être corrigé dans les termes suivants :

« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du referendum d’initiative citoyenne en toutes matières y compris constitutionnelle et de ratification des Traités ; cet article ne peut être modifié que par voie référendaire. »

44 – Le Referendum d’Initiative Citoyenne (RIC) est une procédure décisionnelle dont l’initiative appartient exclusivement aux citoyens et qui leur permet, si les conditions prévues par l’article 34 ci-dessus sont remplies, d’imposer un referendum pour prendre une décision. Il est ainsi possible de décider par referendum de modifier la Constitution, d’interrompre le mandat d’un élu y compris celui du Président de la République, d’adopter une loi, d’abroger (supprimer) une loi déjà votée, de modifier un règlement ou un décret… Si le vote prévu à l’article 34 est favorable, la proposition sera adoptée, sans que le Président ou le Parlement ne puissent s’y opposer.

45 – Abrogation explicite de l’article 49.3 de la Constitution du 4 octobre 1958.

46 – Le seul principe fondant et légitimant le droit civile et pénal, c’est la souveraineté du peuple qui est exprimée par la Constitution.

47 – Revoir les modalités du scrutin en proposant des règles plus justes pour la représentation nationale.

Ces 47 revendications sont les premières qui sortent du lot des doléances des Français. Il en suivra encore bien d’autres si le « grand débat national » est vraiment un débat. Nous ne sommes pas du tout certains que les Français pourront aller au bout de leur attente et de leur demande, comme ils le souhaitent. Seule, au terme de ce débat, une Assemblée Constituante tirée au sort, pourrait se mettre au travail pour un véritable changement. Puis, à la suite de ce travail constituant, un referendum national de confirmation du texte final pourrait enfin inaugurer la naissance d’une pratique de démocratie directe participative.

L’agenda actuel de Macron semble aller à l’extrême opposé de cette volonté de la majorité des Français. Dans la perspective actuelle de la complicité franco-allemande et ce que cette dernière est en train de préparer, sans l’avis du peuple, les initiatives de l’Elysée s’opposent frontalement à ce que les Français entendent mettre dans le grand débat national. « La FRANCE et l’Allemagne envisagent de fusionner les frontières, les économies et les politiques de défense dans la dernière étape vers la création d’un super-État européen. »

Dans l’idée originale, nous devions construire une Europe des Nations, pas cette Europe-là que les Français ont rejetée dès qu’on leur a demandé leur avis en 2005. Pourquoi donc vouloir à tout prix continuer la casse des Etats Nations et leur atomisation définitive? Nous allons prochainement perdre notre position comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, donnant à l’Allemagne un atout qui deviendra aussitôt pour elle une nouvelle occasion de dominer encore plus l’Union Européenne et de nous entraîner dans un éloignement toujours plus grand de la souveraineté constitutionnelle du peuple, puisque ces « accords » prévaudront sur ce qui fonde le droit français… Le but final de ces manœuvres, c’est un transfert massif de souveraineté à Bruxelles. On peut dire adieu à une Europe des Nations. C’est la technocratie de l’UE qui s’impose chaque jour un peu plus, afin de pouvoir décider prochainement sans jamais avoir besoin de consulter la « souveraineté constitutionnelle » d’aucun peuple.

Comment peut-on imaginer une suite possible et souhaitable aux revendications des Gilets-Jaunes, puisque tout s’éloigne à grande vitesse dans le sens diamétralement opposé? Où donc se trouve la porte de sortie, la solution au problème, et par quoi devrons-nous passer pour mettre fin aux conséquences de l’idéologie ultra libérale expliquant le désastre actuel, alors que les dirigeants continuent à encenser les causes et à œuvrer pour nous les imposer davantage?

Jean-Yves Jézéquel

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Publié par le 17 janvier 2019 dans général, Politique, société

 

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Liberté d’information, médias, gilets jaunes (Qui possède les instituts de sondages ?)

Question : Qui détient les instituts qui produisent les sondages que nous voyons en ce moment ??? (et au delà) Z 

Je profite de la mise en cause de l’objectivité des journalistes et des médias quant à la couverture des manifestations de gilets jaunes, pour faire un petit topo sur l’origine des informations et des sondages qui gouvernent la vie publique dans les démocraties représentatives.

Commençons par les instituts des sondages, dont on entend parler tout le temps et qui donnent le « la » aux carrières politiques, influençant au passage les résultats des élections.

En dehors du fait que ces instituts travaillent à partir d’échantillons de personnes, c’est-à-dire qu’à la base déjà le résultat est très aléatoire (en gros, on ne peut pas et on ne doit se fier aux résultats des sondages).

Néanmoins, la communication telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui, avec le développement exponentiel des médias sociaux, des chaines d’infos en ligne, etc, nous avons quotidiennement notre lot de sondages à digérer.

Seulement, est-ce que le Français lambda (même s’il n’existe pas car il s’agit d’une utopie facilitatrice) se demande à chaque fois qu’il lit les résultats d’un sondage ou qu’il écoute un compte rendu à la télé ou à la radio, qui se cache derrière ces énormes machines à manipuler les opinions ?

Juste quelques infos glanées à droite et à gauche. Médiapart nous dit dans un de ses papiers qu’il est toujours intéressant de savoir qui donne les informations. Par exemple les instituts de sondage, qui influencent les électeurs appartiennent à qui ? Prenons les principaux d’entre eux : CSA appartient au groupe Bolloré, qui détient également le groupe Havas et plusieurs journaux gratuits. BVA appartient au groupe Bolloré à Patrick Drahi et Rothschild. IFOP appartient à l’ancienne présidente du MEDEF Laurence Parisot (actionnaire majoritaire). IPSOS appartient à Pinault et Fidelity (fonds d’investissement américain). SOFRES appartient à Fidelity.

Comment, dans ce cas, peut-on parler de démocratie et de liberté des médias ? Je ne dis pas que la France est au même niveau que la Turquie dans ce domaine. Mais, il faut cependant se poser la question du pluralisme et du contrôle des médias.

Il est évident que ces industriels ne sont pas des enfants de chœur ; ils n’investissent pas de milliards pour contrôler les médias et les sources d’information pour faire œuvre caritative : ils servent tout d’abord et avant tout leurs propres intérêts.

Dans le domaine de l’information toujours, je ne donnerai ici que quelques exemples supplémentaires (sans entrer dans le détail), quitte à revenir sur la question dans un autre papier : Patrick Drahi est celui qui contrôle également BFM TV… Bolloré contrôle plusieurs médias en France, Dassault également…

Conclusion : quand les médias vous disent que l’information est libre en France, il faut les croire !!!

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Gilets Jaunes : éditoriaux hostiles à la ramasse !

Gilets Jaunes : éditoriaux hostiles à la ramasse !

Voilà que l’observatoire du journalisme qui « informe sur ceux qui nous informent » s’y met aussi… Il y a une défiance inédite envers le système et notamment les médias (Cf Le rejet du Système par les Français a atteint un niveau historique70% des Français ne font pas confiance aux banques, 88 % aux partis politiques, et 73% ne font pas confiance aux médias. Ces derniers devraient donc se poser de fort sérieuses questions.

Le problème ce n’est absolument pas les journalistes en eux mêmes, c’est avant tout l’oligarchie médiatique, même si les journalistes sont de fait au service de cette oligarchie, qui est la superstructure médiatique via la poignée d’individus issus de l’élite qui possèdent les médias. (Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français, et c’est ciblé sur les médias les plus importants d’opinion)

C’est l’oligarchie mondialiste dans son sens large (issue de la banque, de la corporatocratie…) , aux manettes dans les médias, formant donc « l’oligarchie médiatique », qui produit une pensée unique dominante – qui tend à modeler/fabriquer l’opinion publique, et qui est diffusée par les journalistes – qui eux ne sont que de simples exécutants (ils ne font que leur job) et qui pour l’immense majorité n’en sont même pas conscients. (c’est pourquoi il n’utilisent quasiment jamais leur clause de conscience) Et c’est principalement du à leur « boboïsation ».   

Ça se joue au niveau de la ligne éditoriale forcément fortement influencée (on peut même dire indirectement « dictée ») par l’actionnaire, de celui qui possède le média – via le directeur de la rédaction et le rédacteur en chef quoi qu’on dise ou fasse au niveau des rédactions, ça se joue au niveau du choix du recrutement des journalistes (ceux qui rentrent dans le « moule »), de la ghettoïsation intellectuelle des élites dans le sens large, etc etc…

C’est l’oligarchie médiatique qui produit à la base la propagande médiatique. Ils créent une réalité avec ses vérités qui se heurte à la vérité de la réalité. D’où la cassure avec le peuple. C’est cette cassure qui crée une défiance grandissante. (qui est profondément une cassure entre le peuple et les élites)

Le totalitarisme idéologique engendré par la pensée unique qui se manifeste par exemple par tous les médias qui tirent dans le même sens (qui est la manifestation d’une dérive totalitariste tout court) se heurte actuellement à la volonté démocratique, son strict contraire, car c’est la diversité des idées et des opinions et leur libre expression qui en est l’essence même.  Z 

Le mouvement des Gilets Jaunes semblant s’installer dans la durée début 2019 conduit le pouvoir politique à de surprenantes décisions, comme l’organisation d’un « débat » national aux thèmes circonscrits, ponctuées de revirements qui posent question. Le flou domine. En est-il de même au sein du quatrième pouvoir, et en particulier sous la plume des éditorialistes ? Décryptage des jours qui sont suivi « l’acte 8 », à travers trois éditoriaux.

Philippe Tesson en colère dans Le Point, défense du désordre établi

Avant la presse quotidienne, c’est un éditorial qui vaut modèle, et qui donne envie d’aller lire les autres, qui attire l’attention de l’OJIM : celui de Philippe Tesson publié par Le Point dès le 7 janvier2019. L’éditorialiste est en « colère ». Pour lui, « Même si le mouvement des Gilets Jaunes était vertueux, rien ne justifierait qu’une poignée d’entre eux casse les symboles de la République ». Le début de l’éditorial : « Il faut arrêter le massacre ». Rien que cela ? Non : « Ce rituel barbare du samedi est indigne d’un peuple civilisé qui donne des leçons au monde entier. Il est révoltant, écœurant, insupportable ». C’est une « minable caricature de guerre civile ».

Les mots sont forts, violents. On aurait pu souhaiter lire les mêmes mots au sujet de la détresse vécue depuis des années par ce « peuple des Gilets Jaunes » victime du mépris de classe, de la précarité, du chômage, de la pauvreté, de l’insécurité culturelle, du déracinement et de la « fabrique des crétins » qu’est devenue l’école où sont scolarisés ses enfants. Entre autres. C’est exactement cela que disent les Gilets Jaunes et que ne comprend pas l’éditorialiste parisien : il faut en effet arrêter un massacre, celui de la mondialisation oligarchique.

Plus avant dans son éditorial, Philippe Tesson considère qu’un Macron maladroit aurait « irrité un pays endormi ». N’est-ce pas plutôt l’éditorialiste du Point qui s’était endormi, s’il n’a pas senti monter, depuis le vol référendaire de 2005, la colère populaire, celle d’un peuple auquel les « élites », celles de Tesson, ont volé, par mépris, la souveraineté ? Du reste, Tesson comprend si peu ce qui se passe qu’il revendique le fait de ne pas faire partie du même « ensemble » de Français que les Gilets Jaunes, indiquant ne pas avoir les « mêmes valeurs ». D’autant plus qu’il sous-entend que des manifestants travailleraient pour… « pour qui ? », c’est justement la question que pose Tesson, laissant entendre qu’il y aurait manipulation dans l’air, dans un hebdomadaire qui pourtant, à l’instar de la majorité de ses confrères, prétend lutter contre les théories du complot.

Évidemment, Tesson accuse les leaders politiques qu’il considère comme populistes, de droite comme de gauche, de jouer un rôle dans ce qu’il appelle « insurrection ». Par contre il ne s’interroge pas sur les raisons de la colère, ni sur sa propre place (confortable) dans la société. Une illustration du Confort intellectuel cher à Marcel Aymé.

Le Monde et les Gilets Jaunes, je t’aime moi non plus

Pour Le Monde du 8 janvier, il s’agit d’une « révolte sociale inédite depuis un demi-siècle » et enracinée qui, si elle pose confusément des revendications « légitimes » (celles que Le Monde accrédite), contient aussi des « velléités insurrectionnelles choquantes ». L’éditorial indique que la violence est le fait de groupuscules violents, mais pas seulement : « Il faut également mettre en garde les Gilets Jaunes eux-mêmes contre la complaisance active ou verbale dont ils peuvent faire preuve à l’égard de cette ultraviolence ». De même, il faudrait « fustiger les (ir)responsables politiques qui jouent avec le feu, attisent ce climat de haine et excusent, quand ils ne les justifient pas, ces agressions contre l’ordre républicain ».

Même discours que Le Point et surtout… que les membres du gouvernement. A aucun moment ces médias ne se demandent pourquoi ils sont, à travers les attaques contre BFM, la cible des manifestants. L’incompréhension les conduit à montrer encore plus de collaboration idéologique avec le pouvoir politique, démontrant la réalité de l’oligarchie. Cette responsabilité qu’ils ont dans le chaos actuel, ni les médias ni les politiques ne paraissent capables de le sentir.

La preuve ? Le Monde veut une « solution politique » illustrée par le « débat » que le gouvernement veut mener, … Qui peut imaginer que les éditorialistes du Monde ne sont pas conscients de la réalité du problème : le peuple n’est plus représenté dans cette République qui prétend être une démocratie libérale représentative. Le Monde pourrait en appeler à des élections (à la proportionnelle ou avec plus de proportionnelle comme on voudra), comme solution devant la crise de représentation politique que vit le pays. Mais il ne le peut pas. Pourquoi ? A l’instar de la majorité des médias, Le Monde ne peut pas imaginer une démocratie dans laquelle les idées qu’il défend, lui, ne seraient pas au pouvoir.

Le Figaro, de l’ordre avant toute chose

Pour Le Figaro du 7 janvier 2019, la tonalité est proche : « Une fois encore, le désordre public l’a emporté », commence l’éditorial, mimant de ne pas voir que c’est justement ce désordre que l’on appelle mondialisation, qui l’emporte depuis tant d’années, que le mouvement des Gilets Jaunes rejette, ainsi que cet autre désordre qu’est le déni de représentation démocratique : les « populismes », combien de députés ? Pour combien de millions d’électeurs ? Accrochée à son pouvoir et à ses privilèges, l’oligarchie médiatique et politique n’est pas en capacité de saisir le pourquoi profond du mouvement, et donc a fort peu de chances de résoudre la situation. Pour Le Figaro, c’est d’une violence « mortifère » et « vénéneuse » dont il s’agit.

Un vocabulaire violent

Du Point au Monde, en passant par Le Figaro, le fait que des mots de ce genre soient choisis interroge. La suite vient immédiatement : « Ces violences sont inexcusables, et la fascination qu’elles exercent sur certains responsables politiques ne l’est pas moins ». D’où vient que les éditorialistes des médias officiels disent tous la même chose, et à peu près la même chose que le gouvernement ? Accréditant l’idée d’une caste ayant confisqué le pouvoir. Et comment ne pas voir combien le choix des mots est d’une extrême violence ? Contrairement au Monde pourtant, Le Figaro perçoit une des causes de la colère : la déconstruction produite par les « élites mondialisées » libérales libertaires depuis 50 ans, déconstruction qui produit le délitement dans lequel le pays est plongé, déconstruction dont la conception du monde et les actes de Macron sont le symbole. Violence contre la République ? Que l’on repense à la Fête de la Musique donnée à l’Élysée Reste que le mouvement des Gilets Jaunes « n’a que trop duré », n’étant que caprice « d’enfants gâtés »Le Figaro semble mal connaître une France périphérique où ce qui est gâté ce sont les dents des déplorables, de ceux qui ne sont rien, des sans-dents.

Paris semble ne rien comprendre à ce qui sourd des profondeurs du pays. La preuve ? Quand le philosophe Vincent Cespedes indique, sur Cnews« comprendre » (il n’a pas dit légitimer, soutenir, vouloir ou défendre) la violence des Gilets Jaunes , c’est une levée de bouclier sur un plateau de télévision entièrement acquis à la thèse selon laquelle comprendre serait déjà accréditer. C’est précisément la racine du mal qui gangrène, par « élites » interposées, la société française : cette manière de diabolisation de qui pense autrement que le Paris des « élites mondialisées », cette certitude de détenir les rênes de l’unique conception du monde possible, vision proprement totalisante et sectaire. Paris pense-t-il ?

source:https://www.ojim.fr/gilets-jaunes-editoriaux-hostiles-a-la-ramasse/

 
 

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Gilets jaunes : d’où vient la défiance envers les médias ?

Tiens une étincelle de lumière venant du journal Le Monde. Ils commencent à toucher du doigt le fond du problème, notamment que l’oligarchie médiatique produit ou « fabrique » la/une pensée unique, qui ne reflète pas la réalité, mais qui crée une réalité (il y a donc un conflit profond)… Z 

Je développe un peu tout ça dans le prochain article

 

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Acte 9 – Sur la journée de mobilisation des Gilets jaunes d’hier… (et au delà)

ITW trés intéressante de Drouet  (Par contre j’ai lu sa référence à Maidan, qui était un coup d’état, une révolution de couleur, organisé par l’occident visant principalement la Russie via sa sphère d’influence… je le rappelle)

Hier j’ai halluciné, j’ai jeté un oeil sur les chaines d’info, et pour la 1ere fois j’ai vu quelques étincelles de lumières, notamment sur BFM. Déjà au matin ils avaient invité Pascot pour apporter la contradiction, et c’était une sacré contradiction par rapport aux experts habituels, c’est notable.

J’ai halluciné car j’ai vu des experts s’extasier devant le vent nouveau qui souffle sur notre démocratie (je n’ai plus l’expression exacte en tête). C’est sur que c’est pas la pensée unique qui a amené ce vent nouveau

A noter aussi, à chaque fois qu’il citaient les chiffres de la mobilisation de ce que j’ai vu, ils semblaient s’excuser, « nous rappelons que ce ce sont les seuls chiffres que nous avons », tout en restant dans leur propagande au fond, car d’autres chiffres il en existe, 360.000 manifestants à 17h selon France-Police

Mais ça ne concerne pas que BFM et les Chaines d’info en continu, car le problème du traitement de l’info dans cette affaire concerne (quasiment) tous les médias mainstreams, TV ou non.

France 2 dans le JT dans son sujet qui parlait de « moins de violences à Paris » nous a glissé dans l’illustration des « quelques heurts »  l’image d’un CRS mettant un coup à un manifestant . (peut être aussi qu’ils n’avaient que ça à se mettre sous la dent) 

Mais on ne change pas une équipe qui gagne, après la question des Gilets Jaunes ils ont enchaîné avec un sujet absolument ridicule sur « le complotisme », en prenant l’exemple d’Alex Jones. Ridicule à en mourir de rire (ou a en pleurer c’est selon) N’y voyez pas une coïncidence dans cet enchaînement, ils y voient là « la racine de tous les problèmes« .

Qu’est ce que le « complotisme » chers amis de France 2 ? (au passage je vous donne un petit truc c’est cadeau, si vous voulez aborder sérieusement cette question, il faut fortement la complexifier et non simplement la ridiculiser

Le « complotisme » est avant tout un terme fourre tout, utilisé pour disqualifier tout ceux qui sortent des clous de la pensée unique, et pour élargir, ça désigne en fait ceux qui pensent autrement ou qui se posent simplement des questions.

Il y a des théories farfelues (qui prêtent plus à rire qu’autre chose). Il existe aussi la réalité, avec des vrais complots, mais ce n’est certainement pas le fait du petit peuple. 

En ce sens, ce qu’on qualifie de complotisme est l’exact opposé de la pensée unique (qui se manifeste par exemple par tout les médias qui tirent dans le même sens) Or il est sain de se poser des questions sur un peu tout.

Je le rappelle pour la 1000e fois en termes simples, la diversité des idées et des opinions, leur libre circulation, leur confrontation, leur mise en débat, c’est la base même de ce qui fait la force d’une démocratie et un système démocratique. (c’est valable pour l’information en général)

Si vous n’avez qu’une pensée unique diffusée par une oligarchie médiatique, vous créez un totalitarisme idéologique et plus largement, une dérive totalitariste de la société, … et le totalitarisme tout court.

La diversité la plus large possible des opinions et des idées, leur libre circulation, leur confrontation, c’est ce qui fait la nature même d’une démocratie.

Donc d’un coté on s’extasie sur le renouveau démocratique que vit notre pays, mais de l’autre on attaque dans son essence ce qui fait que ce renouveau soit possible ! Vous voyez le paradoxe ? 

Le fait de se poser des questions en tous genres et dans tous les domaines, c’est ce qui permet de mener des réflexions nouvelles et pertinentes qui permettent de faire avancer les choses. 

Les médias devraient abandonner cette thématique du complotisme (qui est le fait de se poser des questions et de sortir d’une pensée unique), car ils se tirent une balle dans la tête (ils réduisent le champ du débat démocratique, ce qui créé de l’autocensure parmi eux, de la défiance envers eux etc etc, entre autres…), et ils flinguent la démocratie. (j’expliquerai pourquoi ainsi que tout les autres tenants et aboutissants sur cette question bien plus en profondeur un autre jour) Z

 
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Publié par le 13 janvier 2019 dans général, Politique, société

 

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Gilets Jaunes : une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV

Gilets Jaunes : une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV

Depuis la fin novembre, les manifestations parisiennes des Gilets Jaunes ont été suivies attentivement sur les chaînes d’information en continu. En témoignent les audiences particulièrement élevées enregistrées par BFM-TV, CNews ou LCI. La couverture de ces manifestations par les chaînes d’info a mobilisé les ingrédients classiques du traitement « en direct » des mobilisations sociales : diffusion en continu d’images spectaculaires de violence avec commentaires policiers, appels à dénoncer cette violence (celle des manifestants), et autres « expertises » à gage. Nous y revenons dans cet article à travers l’exemple du traitement de la manifestation du 8 décembre, dans les débats du soir-même sur BFM-TV. Ou comment la chaîne d’information a contribué à co-construire, avec les autorités, le récit d’une victoire des forces de l’ordre face au « péril jaune ».

C’est devenu un rendez-vous télévisé hebdomadaire : chaque samedi depuis fin novembre, les manifestations des Gilets Jaunes ont animé les écrans des chaînes d’information, à grand renfort d’éditions spéciales et de bandeaux tapageurs. Au programme, le traditionnel lot d’images spectaculaires de violences et de commentaires indignés. Le samedi 1er décembre, les chaînes d’information étaient tout particulièrement à l’unisson pour retransmettre en direct des images de la mobilisation parisienne [1] :

Vidéo réalisée par Florent Michaux

La manifestation suivante, celle du samedi 8 décembre, a été d’autant plus scrutée par les chaînes d’information en continu que le gouvernement avait prédit que certains manifestants viendraient sur Paris « pour casser et pour tuer ». D’ailleurs, en amont de la mobilisation, les grands médias n’avaient pas manqué de donner un écho à cette communication particulièrement alarmiste [2]. Sans surprise, on a assisté le jour-même au meilleur du pire de l’information en continu sur les mobilisations sociales, en particulier sur BFM-TV comme le rapporte un article de Samuel Gontier [3].

Dès le matin du 8 décembre, les équipes de la chaîne étaient sur place, dans le quartier des Champs-Élysées, pour guetter les moindres « débordements » ou violences. Hélas, les manifestants défilent dans le calme. L’envoyé spécial interroge les manifestants : mais pourquoi donc s’entêtent-ils à venir manifester, malgré tous les appels à faire le contraire (largement diffusés sur l’antenne de la chaîne en continu) ? Sur le plateau à 10h30, l’invitée est une porte-parole de la préfecture, forcément la « mieux placée pour nous informer de la situation » selon le présentateur. Et, en l’occurrence, elle ne se prive pas de se féliciter du dispositif de sécurité et de commenter les photos prises… par la préfecture, montrant des « armes » saisies (des boules de pétanque).

Plus tard dans la mi-journée et dans l’après-midi, les « experts » des questions de sécurité font part de leurs avis éclairés, qui s’avèrent interchangeables avec le point de vue des représentants de la préfecture. À l’instar de Driss Aït Youssef qui vante la « bonne » stratégie de la police, permettant des « interpellations sans affrontements ».

Suite aux premières images d’échauffourées et de véhicules en feu du début d’après-midi, Dominique Rizet, consultant police-justice de BFM-TV, s’extasie devant les blindés de la gendarmerie qui entrent en action, puis devant une charge de policier à cheval (« Regardez, une charge à cheval ! Regardez ! »). Il se félicite du nombre élevé d’interpellations et rassure les téléspectateurs : « on trouvera de la place pour mettre les fauteurs de trouble ». Face à un avocat dénonçant le caractère illégal des interpellations préventives, le « spécialiste » lui rétorque que son discours « n’est pas entendable maintenant, pas en ce moment, avec les manifs dans Paris ». Et de poursuivre : « On peut pas laisser brûler les villes, on peut pas construire une société à la Mad Max. » À bon entendeur… Et lorsque le même avocat évoque le nombre important de blessés et mutilés par les armes de la police, Dominique Rizet évoque aussitôt le cas d’un policier qui a eu une main arrachée dans une manifestation à la Réunion… en oubliant de préciser qu’il s’est blessé avec sa propre grenade [4].

une journée de matraquage médiatique sur BFM-TV 2 20190111Outre les porte-parole officiels ou officieux de la préfecture, on apprécie également les avis d’experts toutologues sur le plateau de BFM-TV – c’est-à-dire des experts à même de parler de tout et de n’importe quoi, et de préférence n’importe comment. Ainsi l’inénarrable Christophe Barbier n’est pas loin de brandir la matraque : « La police est à l’offensive, elle ne subit pas. La République ne subit pas. » Plus tard, c’est Bruno Jeudy qui rétorque à un Gilet Jaune un peu trop revendicatif qu’il n’est pas « un vrai Gilet Jaune», dans un épisode sur lequel nous sommes déjà revenus.

Entre journalisme de spectacle et journalisme de préfecture : équilibre délicat sur BFM-TV

La soirée se poursuit sur BFM-TV avec la – longue – émission de débat d’actualité « Week-end direct ». Alors que la journée de manifestations se termine, le premier temps de l’émission se focalise quasiment intégralement sur les « débordements ». À l’écran, les mêmes images tournent en boucle : des poursuites et des échauffourées entre les forces de l’ordre et les manifestants, avec une focalisation sur les « tensions » sur la place de la République – on n’en verra finalement pas grand-chose, mais la moindre agitation est toujours bonne à prendre pour la chaîne d’information en continu. Sur le plateau, tout le monde donne son avis sur la « casse » du jour. Celle-ci avait déjà été tellement « annoncée » dans le récit qu’avait fait la chaîne en amont des manifestations qu’elle ne semble plus (ou ne devrait plus ?) surprendre grand-monde. Et certainement pas Dominique Rizet, qui évoque « des résurgences à venir en termes de violence » et « des gens qui viennent de banlieue », informations de sources sûres puisque de sources policières : « c’était prévu, la préfecture de police nous en avait parlé tout à l’heure ». Mais face aux images de heurts diffusées en continu à l’écran, l’expert à gages tient à rassurer les téléspectateurs sur l’efficacité de l’action de la police : « tout est sous contrôle, même si c’est impressionnant toujours de voir ça, mais la situation est sous contrôle à Paris ».

S’ensuit un autre couplet, cette fois-ci sur les conséquences néfastes des manifestations. « Quelles sont les répercussions, parce que c’est l’image de la capitale et des établissements français qui sont impactées ? » s’interroge la présentatrice. La question est adressée à Rémy Makinadjian, président du Comité Georges V, qui représente les hôtels, boutiques et restaurants de luxe du quartier des Champs-Élysées. Il déplore une situation « grave », avant de s’adresser à Vivian Lamy, Gilet Jaune de Paris : « Je vous dis simplement : cela doit cesser sans délai, les Français n’en peuvent plus ». Du moins les Français propriétaires de commerce de luxe des Champs-Élysées. Quant à l’exaspération de ceux qui se mobilisent depuis plusieurs semaines sur les ronds-points, on l’aura compris, ce n’est pas vraiment le sujet de l’émission : la manifestation est traitée uniquement sous l’angle des violences et des dégradations. Au point de verser dans la caricature. Pour Dominique Rizet (toujours lui), les manifestants vont là où les poussent les forces de l’ordre : « C’est un peu au petit bonheur la chance, on arrive à passer dans une rue, on passe on casse ! » La journaliste Anne Saurat-Dubois invente quant à elle une catégorie hybride : celle des « manifestants slash casseurs » qui auraient sévi à Bordeaux (où l’on apprend – « casse » oblige – que toutes les mobilisations ne se passent pas à Paris).

L’émission suit un scénario bien huilé : après que chacun a donné son avis sur les « tensions », les « débordements » et la « casse », le deuxième temps se focalise sur le dit « maintien de l’ordre » : le dispositif était-il suffisant ? Les dites « forces de l’ordre » ont-elles accompli leur mission ? Le suspense est insoutenable. La députée LREM Laetitia Avia évoque son « sentiment de soulagement » et loue autant la « responsabilisation de chacun » que les « actions préventives », tout en se félicitant de l’« organisation de cette journée qui a permis de limiter les dégâts ». Une affirmation qui rejoint les satisfecits du consultant de BFM-TV Dominique Rizet quant à la mobilisation policière. Mais qui paraît une nouvelle fois totalement dissonante dans le contexte général de l’émission, qui met les scènes de violence au centre de l’attention et les diffuse au moment-même où la députée s’exprime. Laurence Saillet, une porte-parole LR, ne manque pas de souligner l’écart entre ce discours et les images diffusées, pour mieux fustiger le désordre qui, selon elle, règnerait autour des manifestations.

Au-delà du débat politique, cet échange fait apparaître les injonctions contradictoires que tentent de satisfaire les chaînes d’information autour de cette nouvelle manifestation des Gilets Jaunes. Il s’agit en effet de tenir les deux bouts : celui du journalisme de spectacle, à base d’images chocs de « casseurs » et de violence chez les manifestants – en prenant soin, au passage, de ne pas montrer celles qui pourraient venir des forces de l’ordre ; et celui du journalisme de préfecture, qui revient à entériner la communication des forces de l’ordre et féliciter la police [5].

Plaidoyer d’expert pour que la police puisse… « s’exprimer »

Et c’est précisément dans ce sens que s’oriente la conversation, impulsée par la première question de l’animatrice au nouvel « expert » en plateau, Laurent Vibert (présenté comme PDG de Nitidis, un cabinet de conseil en communication et gestion de crise) si « le dispositif était à la hauteur ». Celui-ci est formel, félicite les forces de l’ordre et la manière dont elles se sont « exprimées » (sic) : « J’ai tendance à dire que l’image de la force publique et de la police aujourd’hui était belle parce qu’on leur a donné les moyens de s’exprimer professionnellement, chose qui n’a pas été possible la semaine dernière. » Et c’est sans doute pour qu’elles puissent « s’exprimer » pleinement que Vibert en profite pour appeler à « doper » encore davantage les moyens des « forces de l’ordre ».

Quant aux conséquences d’un tel dispositif de sécurité, au nombre record d’interpellations (plus de 1 700 en France) ou de blessés (plus de 200), il n’en sera pas question. Le Gilet Jaune Vivian Lamy tente pourtant d’élargir la conversation sur la violence. Il revient sur les dégradations commises autour des manifestations et les oppose à des actes violents qu’il a pu observer de la part des « forces de l’ordre ». C’est là, dit-il, qu’il faudrait voir des « débordements » :

J’ai aussi vu des débordements, c’est-à-dire j’ai vu des policiers qui étaient une vingtaine sur un jeune, qui était très jeune. Je ne sais pas quel âge il devait avoir, peut-être seize ans. Ils étaient peut-être pas une vingtaine mais une bonne dizaine à lui donner des coups de matraque. Alors heureusement il n’y a pas eu de morts non plus mais ça peut arriver, ça se joue des fois à pas grand-chose, juste une interpellation, un mauvais coup ça peut arriver.

Mais la discussion n’aura pas lieu, puisque l’animatrice le coupe immédiatement : « en tout cas il n’y a pas eu de mort ce soir, on va passer à la situation en province ». Faut-il en déduire que les blessés ne méritent pas l’attention des grands médias ? On est tristement tentés de le penser [6].

L’émission se termine sur un verdict qui fait consensus auprès des « experts » présents sur le plateau : celui de la « victoire » du maintien de l’ordre. Dominique Rizet revient longuement sur le dispositif d’interpellations préventives et se satisfait de ce « vrai boulot en amont ». Puis il livre son bilan : « cette semaine on avait très très peur […] mais par rapport à ce qu’on craignait, les choses se sont très, très bien terminées, il y a eu une maîtrise parfaite des forces de l’ordre ». Bruno Jeudy ne peut qu’acquiescer : « le pouvoir a repris le contrôle par rapport aux manifestants mal intentionnés » se réjouit l’éditorialiste. « Ce qu’on constate ce soir, et c’est factuel, on n’a pas connu les débordements de la semaine dernière, on n’a pas vu l’Arc de Triomphe saccagé […], on n’a pas vu les scènes inouïes des gens rentrant dans des porches de maison, d’immeuble, des hôtels saccagés, on a vu un cabinet d’avocat qui était en feu, on n’a pas vu ces scènes-là ».

Enfin, le politologue et communicant Jean-Christophe Gallien classe l’affaire : « On peut reconnaître effectivement une victoire [sur le maintien de l’ordre], même si on voit bien qu’il y a des voitures qui brûlent » (on voit effectivement en arrière-plan, au moment où il parle, des images de voitures qui brûlent). Rien à voir cependant avec ce qui avait été annoncé par le gouvernement et certains médias, comme le note le communicant : « On avait tellement, tellement dramatisé qu’on attendait presque des morts, l’acte 4 c’était l’acte du létal, c’est-à-dire que le sang allait couler. »

C’est dire combien « on » avait dramatisé…

***

Dans les jours qui ont précédé la manifestation du 8 décembre, BFM-TV avait largement contribué à annoncer une « journée de chaos »particulièrement violente voire meurtrière. Et le jour-même, la chaîne d’information en continu ne s’est pas contentée de scruter les violences des manifestants, conformément aux principes de l’information spectacle. Elle a également co-construit avec les autorités, à travers les interventions à l’unisson de ses innombrables « experts », le récit légitimiste d’une « victoire du maintien de l’ordre » sur les « enragés ». Un récit dans lequel il n’y a pas de place (ou si peu) pour la remise en cause du dispositif policier, des arrestations préventives, ou des violences de la part des « forces de l’ordre ». Ni pour la réflexion de fond sur ce que représente ou exprime le mouvement des Gilets Jaunes.

Lucile Dumont et Frédéric Lemaire

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[1On constate que les images sont à certains moments les mêmes sur plusieurs chaînes. Cela s’explique par le fait qu’elles sont issues d’un même direct fourni par l’agence de presse Reuters à toutes les télévisions partenaires samedi aux alentours de 18h50.

[2Nous avions, dans un précédent article, observé l’absence totale de recul sur BFM-TV et CNews vis-à-vis de cette communication gouvernementale.

[3Les citations et éléments qui suivent (jusqu’à l’intervention de Christophe Barbier) sont rapportés par Samuel Gontier dans son article.

[4Sur ce sujet, on pourra visionner l’interview de David Dufresne, journaliste indépendant, réalisée par Le Média. Si l’entretien est généralement consacré aux violences policières comme phénomène politique, une partie est dédiée à leur (mauvais) traitement par les médias dominants.

[5L’enjeu était d’autant plus important que le gouvernement avait fortement fait « monter les enchères » dans la perspective d’un week-end de mobilisation qui était annoncé comme particulièrement violent… voire meurtrier. Nous y sommes revenus dans un précédent article.

 
 

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