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Panique médiatique face aux gilets jaunes

Panique Mediatique 07 12 2018

C’est peu dire que la tonalité médiatique générale vis-à-vis des gilets jaunes, et celle des éditorialistes en particulier, a changé depuis la journée de mobilisation du samedi 24 novembre, et, plus encore, depuis celle de samedi 1er décembre. Dans un premier temps, les grands éditorialistes se sont interrogés avec condescendance, en donnant parfois l’impression d’observer les gilets jaunes comme de petites bêtes curieuses. Certains se sont mis en scène, en s’engageant ouvertement en faveur d’un mouvement qu’ils pensaient pouvoir résumer à la seule remise en cause d’une taxe sur le carburant [1]. Mais le discours médiatique dominant est désormais tout autre. Face à un mouvement qui s’inscrit dans la durée, à la diversité et à l’ampleur de ses revendications, à sa popularité, face aux violences protéiformes de certaines manifestations et à la situation de crise politique dans laquelle elle est en train de plonger le gouvernement, les grands pontes du système médiatique resserrent les rangs. Depuis la manifestation du samedi 1er décembre, l’heure est au rappel à l’ordre.

Une chose est sûre : la journée de mobilisation du 1er décembre a fasciné les chaînes d’information en continu qui ont commenté de manière ininterrompue les « scènes de chaos dans Paris »… et beaucoup effrayé les éditorialistes [2]. Devant les menaces que représente le mouvement des gilets jaunes, les gardiens médiatiques de l’ordre social se mobilisent pour prescrire des mesures de « sortie de crise ». Un « journalisme de solutions » qui témoigne de la profonde panique qui gagne les médias dominants – et leurs porte-parole auto-proclamés…

Des journalistes en conseillers médiatiques du prince

À commencer par la presse écrite. Dans son éditorial du Figaro, Alexis Brézet voudrait se faire calife à la place du calife (03/12). Il fixe pour le gouvernement la « priorité des priorités », à savoir le « rétablissement de l’ordre républicain » après le « désastre national » en employant « y compris la proclamation de l’état d’urgence […] afin que cesse l’intolérable ». Puis il se fait prescripteur de mesures pour « apaiser cette révolte qui fait courir de graves risques à l’équilibre politique et social du pays » : « renouer – tout de suite – le dialogue, et, pour renouer le dialogue, il faudra bien, par quelque bout que l’on prenne la chose, concéder aux « gilets jaunes » un trophée symbolique. »

L’éditorialiste poursuit en révélant les deux inquiétudes majeures qui l’animent, et à travers lui, l’ensemble de la noblesse médiatique. La première, le blocage des futures réformes : « Plus le temps passe, plus le prix à payer pour rétablir le calme sera élevé. Et plus la capacité du gouvernement à mener demain la moindre (vraie) réforme sera entamée. » La seconde, la crainte que se matérialise dans les esprits une conscience de classe un peu trop appuyée : « [Dans] nos démocraties mijotent tous les ingrédients d’une nouvelle lutte des classes qui met à rude épreuve la cohésion des nations. […] C’est sans doute que le vieux clivage droite-gauche, à côté de tant de défauts, avait aussi quelques qualités : en récusant la froide logique des intérêts, il permettait au pays de s’affranchir en partie des affrontements de classe. » Une crainte qui explique la violence de ses confrères, dont Gaëtan de Capèle qui signait le 1er décembre un éditorial digne d’une production de chien de garde aguerri :

Combien de temps encore la France pourra-t-elle supporter le psychodrame des « gilets jaunes » ? Tout a été dit sur les ressorts de cette jacquerie numérique. Aussi compréhensif soit-on pour ce qu’ils incarnent, les « gilets jaunes » sont engagés dans une surenchère qui conduit tout droit dans une impasse. Exactions inexcusables, revendications abracadabrantesques, mépris des institutions… tout cela déconsidère leur combat.

Tout comme les défigurent les éditoriaux du Figaro

Le Monde n’est pas en reste : Jérôme Fenoglio pointe « une impuissance de dix ans à réellement répondre aux conséquences de la crise de 2008 » et une « faillite des gouvernements successifs, [qui] a laissé prospérer la colère sur le plus puissant des ferments, le sentiment d’injustice, à la fois territorial, fiscal et social. » Un constat qui ne le conduit évidemment pas à remettre en cause ni la légitimité ni le fond des politiques libérales menées depuis (plus de) dix ans – et pour cause, le quotidien de référence s’en étant systématiquement fait le relais – mais à d’abord accuser « l’instabilité » des gilets jaunes qu’il peine à cerner, avant d’en appeler à… une réforme, pour poursuivre les réformes !

[Il y a une] instabilité permanente chez les protestataires, où les revendications s’accumulent et finissent par s’annihiler à force d’être contradictoires, où les porte-parole sont délégitimés à la seconde où ils apparaissent, où la discussion permanente ne permet ni de s’entendre entre soi ni d’écouter ce que pourraient proposer les gouvernants. C’est encore plus compliqué face à un pouvoir exécutif qui n’arrive pas à se libérer des multiples disruptions qu’il avait théorisées pour construire son nouveau monde. […] La page blanche sur laquelle devaient s’écrire les réformes est devenue une scène désertée que le parti présidentiel ne parvient pas à occuper. […] Le courage réformateur mis en avant se heurte à l’image de « président des riches » accolée en raison des premières décisions fiscales, notamment sur l’ISF. Il sera difficile d’en sortir sans amender en profondeur un mode de gouvernance […]. Cette réforme-là est la plus exigeante de toutes : elle commence par soi-même pour parvenir enfin à convaincre les autres.

Au Parisien, Stéphane Albouy en appelle quant à lui à Emmanuel Macron pour « trouver les mots et les réponses concrètes de nature à apaiser le pays. » (03/12). En bon conseiller en communication gouvernementale, il analyse ensuite cette démarche : « Il ne s’agirait pas ici d’un recul mais d’un geste indispensable pour que le reste du quinquennat ne soit pas hypothéqué et que des réformes aussi nécessaires que celles de l’assurance chômage ou des retraites puissent être un jour engagées par ce gouvernement. » Dès le lendemain, visiblement inquiet de l’inaction du gouvernement, un second éditorialiste, Nicolas Charbonneau, cherche d’autres interlocuteurs pour parvenir à ce que le quotidien appelle de ses vœux, « l’union nationale » (04/12) : « La sortie de crise viendra probablement d’hommes et de femmes responsables, de ceux qui écoutent, prennent des décisions et les assument. De ceux qui proposent et construisent, pas de ceux qui commentent. » Et à en croire sa une du 4 décembre, Le Parisien a une solution toute trouvée :

Choisir comme « réponses » à cette crise les « propositions » du patron du Medef, il fallait le faire ! Si nous n’osons penser que la rédaction du Parisien ignore les enjeux de classe qui se jouent dans le mouvement des gilets jaunes, on peut dire avec certitude qu’elle a, dans ce jeu-là… choisi son camp !

Il en va de même à France Info, où Olivier de Lagarde cherche une sortie de crise en parlementant avec… Pierre Gattaz :

Pierre Gattaz, comment expliquer finalement ce désespoir ? Quand on se met à casser, certes on est en colère mais on n’est pas seulement en colère contre l’augmentation de 6 centimes du gasoil ! […] La question, c’est de savoir tout de même si à partir d’aujourd’hui, les réformes vont être possibles ou est-ce que finalement le gouvernement va être complètement bloqué ? (« Les informés », 1er décembre)

Sur BFM-TV (03/12), le jeu est le même, et si Bruno Jeudy prône une « inflexion sociale », elle n’est encore une fois qu’instrumentale : « Faire une inflexion, mettre un genou à terre, accepter de reculer, l’expliquer et peut-être de relancer un quinquennat qui aujourd’hui effectivement est en train de… de… de se jouer dans les heures qui viennent. » Une position qui fait écho aux propos que le même Laurent Neumann tenait quelques jours plus tôt : « Le problème, c’est que si Emmanuel Macron cède aujourd’hui, il n’y a plus de réforme d’assurance-chômage, il n’y a plus de réforme de la fonction publique, il n’y a plus de réforme des retraites ! » [3].

La même ligne est prescrite en continu sur BFM-TV par Ruth Elkrief, communicante de la première heure du gouvernement macroniste, qui n’hésite pas à reprendre sévèrement le moindre faux pas d’une consœur qui paraîtrait desservir un peu trop le gouvernement :

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– Anna Cabana : Alors moi ce que je retiens de la journée, c’est cette phrase d’un ami d’Emmanuel Macron qui dit : « Au fond les gilets jaunes, c’est irrationnel, mais il faut enfourcher la fureur des temps ». […]
– Ruth Elkrief : Pardonnez-moi Anna, non mais c’est exactement qu’Emmanuel Macron a un problème de communication avec les gilets jaunes. […] Si je peux traduire, ce que devrait dire le premier ministre demain[pour] se sortir d’une telle crise en ayant quand même… sans perdre trop la face, c’est : « il faut lâcher parce que comme ça on pourra continuer à réformer le pays, sinon on pourra pas continuer ». Donc c’est une façon de dire qu’en fait, on ne renonce pas à continuer à réformer le pays mais que, on ne pourrait pas si on ne lâchait pas, et donc ça sera la façon à partir de demain d’expliquer. […] Ça aurait pu être une crise beaucoup plus contenue et beaucoup plus minime si ça avait été négocié et géré tout de suite.

Le gouvernement remercie pour la traduction.

En quête désespérée de paix sociale depuis dimanche, les éditorialistes incarnent ainsi à l’extrême un de leurs rôles médiatiques traditionnels : celui de gardien de l’ordre social. Désormais prescripteur des mesures de « sortie de crise », ce « journalisme de solutions » est le signe d’une profonde panique : celle de voir remis en cause un ordre social, économique et politique que les médias dominants ont contribué à légitimer depuis des décennies, en soutenant quasi unanimement les vagues de réformes structurelles menées par les gouvernements successifs depuis les années 1980 [4] ; et celle de voir vilipendé le candidat incarnant cette fièvre « réformatrice » auquel ils auront fait beaucoup de publicité lors de la campagne présidentielle et dont ils relaient assidûment la communication et la « pédagogie » depuis [5]. Une telle déstabilisation douche ainsi une grande partie des espoirs médiatiquement soutenus, nés avec Emmanuel Macron, et provoque le désarroi : quid de la « faisabilité » des prochaines réformes dans un tel contexte de crise ? Quelle « personnalité » à sa place pour « maintenir le cap » dans un tel contexte de défiance vis-à-vis de la classe politique et après que les grands médias ont affiché des mois durant la promesse du « nouveau monde » ?

C’est à la lumière de ces différents éléments que l’on peut comprendre les réactions des éditorialistes des médias dominants, relativement homogènes, allant de l’indignation à la panique, en passant par des conseils et des méthodes pour « sortir de la crise ». L’heure est chez eux au calcul politicien et au mépris de classe : si certains d’entre eux réclament des « gestes forts » ou des mesures en faveur des gilets jaunes, ce n’est évidemment pas au nom d’une quelconque justice sociale, mais uniquement par charité symbolique qui, selon eux, fera taire la colère.

Des journalistes arbitres de la légitimité des revendications

Face à la menace du mouvement des gilets jaunes, les éditorialistes ne se contentent pas de se faire conseillers du prince et prescripteurs de solutions de sortie de crise ; ils s’attachent également à distinguer les revendications légitimes du mouvement… des autres, qu’il convient de démonter en règle.

Sur le plateau du JT de France 2 (01/12) aux côtés de Nathalie Saint-Cricq, Justine Weyl, journaliste au service économique de la rédaction, passe au crible la revendication de hausse du SMIC formulée par les gilets jaunes :

Sur l’augmentation du SMIC à 1300€ net par exemple, ça parait assez improbable [parce qu’] une telle augmentation de 10% coûterait des millions aux entreprises mais aussi à l’État […] Peu de chance donc que ce vœu soit exaucé. […] En revanche d’autres revendications sont plausibles et rejoignent même des objectifs du gouvernement.

Alexandra Bensaïd, également présente comme « experte » en économie, corrobore :

Qu’est-ce qui est réaliste, est-ce que augmenter le SMIC c’est réaliste ? C’est certain que pour les économistes ça améliore le pouvoir d’achat ; mais d’un autre côté augmenter le SMIC c’est un chiffon rouge pour les employeurs ; les plus éloignés de l’emploi auraient encore plus de risque de ne pas être recrutés ; or faire baisser le chômage, c’est à la fois une revendication des gilets jaunes et c’est aussi un but du gouvernement. […] L’impossibilité ce soir, c’est bien de répondre à l’ensemble des protestataires.

La journaliste donne ainsi son verdict d’impossibilité des hausses de salaire… en reprenant mot pour mot les arguments du patronat.

Même posture chez Jean-Claude Dassier, qui rivalise d’arrogance sur CNews (03/12) : « Tout n’est pas possible. C’est pas le pays des mille et une nuits ! Il n’y a pas d’argent dans ce pays autant que le souhaiteraient… on le souhaite tous d’avoir des augmentations ! »

Des propos si émouvants que nous proposons de lancer une campagne : une augmentation pour Jean-Claude Dassier !

Sur BFM-TV (03/12), Nathalie Lévy tente quant à elle de raisonner Jean-François Barnaba, gilet jaune, présent en plateau :

– Nathalie Lévy : Vous savez bien que la liste elle est trop longue pour que tout soit validé ! […] Alors… les trois [mesures] plus urgentes alors, dites-nous !
– Jean-Francois Barnaba : La baisse des taxes, la baisse [il insiste], […] l’augmentation des salaires et des pensions, la restauration des services publics, la démocratisation des institutions et […] la restauration de l’ISF. […]
– C’est pas de même nature, et tout ne sera pas possible. […] Tout sera pas possible en même temps, là, en l’espace d’une semaine, on pourra pas avoir la baisse des taxes, on pourra pas avoir l’augmentation des salaires, tout sera pas jouable, tout sera pas acceptable pour le gouvernement !

Enfin, sur le plateau de Pascal Praud sur CNews (03/12), les ténors du système médiatique qui discutent chaque jour entre amis prescrivent à leur tour ce qui est faisable… ou non :

– Pascal Praud : Par exemple, les APL. C’est vrai, Gérard Leclerc, quand on a dit « baisse de cinq euros », ça ne nous a pas paru, cinq euros, une somme à ce point énorme que les Français aillent dans la rue ! Mais au-delà des cinq euros, il y avait quelque chose de symbolique manifestement, c’est un fait personne ici n’est monté au créneau pour les cinq euros de manière aussi importante… 
– Gérard Leclerc : […] C’est-à-dire… il faut mettre les choses à plat sur la fiscalité. Mais faut bien voir qu’on ne peut pas faire n’importe quoi, tout et son contraire. Vous ne pouvez pas dire d’un côté « on baisse les impôts », les impôts et les taxes, et d’un autre côté « on maintient voire on développe un certain nombre… par exemple les dépenses euh les investissements publics, les dépenses publiques, les aides sociales etc. »

Ajoutons également le propos de Nicolas Doze sur BFM-TV le 5 décembre, qui se résume en une phrase :

Avec, à la clé, un argument sans faille :

Des journalistes organisateurs du « dialogue social »

Autre préoccupation des éditocrates : trouver des interlocuteurs pour leurs débats médiatiques, mais également pour le gouvernement. Car les grands médias, qui peinent à comprendre le mouvement des gilets jaunes, ont également des difficultés à identifier, sélectionner ou légitimer des porte-parole susceptibles de devenir de bons clients médiatiques [6]. Cela tient à plusieurs raisons : la pluralité des interlocuteurs qui jamais – ou rarement – ne se revendiquent comme « porte-parole » sur les plateaux ; ou encore la multiplication et la diversité des revendications mises en avant selon les gilets jaunes invités.

Tant est si bien qu’on assiste à une situation surprenante : certains éditorialistes en arrivent à regretter les « corps intermédiaires », en particulier les syndicats, qu’ils malmènent pourtant le reste du temps en période de mobilisations sociales !

La remise en cause des corps intermédiaires, systématiquement contournés depuis le début du quinquennat, est un handicap majeur, alors qu’ils seraient si cruciaux pour canaliser un conflit social de ce type. (Le Monde, 4/12) [7]

Et c’est bien là un problème majeur auquel sont confrontés les éditorialistes : le bouleversement des règles du fameux « dialogue social » institutionnalisé, dont le commentaire (interview à l’issue des réunions, description des rebondissements et des positions syndicales et gouvernementales, etc.) résumait traditionnellement la couverture qu’ils font des mobilisations sociales en tant que spectateurs et arbitres des négociations.

Désormais, les éditorialistes semblent se vivre non seulement plus comme arbitres, mais également acteurs du « dialogue social », remplaçant au pied levé les « partenaires sociaux » défaillants. Avec des propos qui témoignent, ces derniers jours, d’une véritable violence de classe qui se décuple.

Ainsi de Christophe Barbier sur BFM-TV (03/12) :

La première solution politique, c’est de dialoguer avec tout le monde et d’annoncer des choses concrètes. […] S’ils obtiennent quelque chose de concret, notamment symbolique, c’est-à-dire la suppression de la hausse des taxes prévue en janvier sur le carburant, eh bien ils annoncent le renoncement à une manifestation à Paris, samedi, pour éviter les violencesQu’ils retournent dans les petites villes, dans les villages, sur les ronds-points, dans la proximité avec les gens comme le 17 novembre, et qu’ils arrêtent de fantasmer sur la prise de la Bastille, même si c’est l’Arc de triomphe.

Face à l’absence de négociation, Nathalie Saint-Cricq perd également patience sur le plateau du JT de France 2 (02/12) :

Édouard Philippe doit négocier avec des gens qui ne sont pas organisés. On l’a dit, toute cette semaine, ce soir, ils sont en train de téléphoner – je les ai eus tout à l’heure – aux huit gilets jaunes. On leur répond : « non, je peux pas venir ce jour là parce que je travaille, parce que j’ai les enfants jusqu’à 18h… » Donc négocier avec des gens qui n’ont pas envie de négocier c’est quelque chose d’assez compliqué [8].

Jean-Michel Aphatie n’est pas en reste dans la matinale d’Europe 1 (04/12) :

Nous n’avons aucun interlocuteur crédible pour représenter un mouvement qui génère une violence immense et qui menace la nation. […] C’est une forme d’irresponsabilité́ politique que nous n’avons jamais connue.

Dans l’émission Punchline (03/12), Jean-Claude Dassier sermonne les gilets jaunes :

Les gilets jaunes refusent même d’aller énoncer leurs revendications et négocier ou discuter ! […] Je pense qu’il est plus que temps pour ce mouvement, qui a sa légitimité, qui a ses raisons, de se structurer, y a pas de mouvement qui ait un avenir politique et social s’il ne se structure pas ! […] Je souhaite surtout que […] le contact ait lieu évidemment et que surtout il soit positif, qu’on enchaîne vite. Parce qu’il y a déjà eu beaucoup de temps de perdu, maintenant il faut accélérer. Encore une fois, la France peut pas supporter un week-end prochain comme celui que nous avons vécu.

Et on peut dire que l’éditorialiste ne perd pas de temps. En direct du plateau, il amorce lui-même une séance de négociation avec José Espinoza, pour le moins surréaliste, qui synthétise ce mépris de classe :

– José Espinoza : Donnez de l’argent sonnant et trébuchant et vous verrez que le mouvement… [Coupé]
– Jean-Claude Dassier : 200 euros et c’est fini ?!
– J.E : 200 euros pour le SMIC.
– J-C. D : Et c’est terminé ? Bon, on a là une négociation. 200 euros pour le SMIC, on va téléphoner à Matignon, on a la clé. On va bien trouver 200 euros…
– J.E : Il a bien trouvé 40 milliards pour le CICE.
– J-C. D : D’accord ! Pour combien de personnes à votre avis, à vue de nez ? 200 euros pour combien de personnes ?
– J. E : Oh eh bien pour l’ensemble des smicards, ils sont nombreux. Et il y a 40 milliards à récupérer du CICE […] alors qu’on le donne aux patrons sans contrepartie !

Si certains n’hésitent donc pas à conseiller le gouvernement voire à négocier pour lui, l’errance du Premier ministre et du président tend à faire paniquer les relais les plus dociles de la macronie ! Ainsi de Nathalie Saint-Cricq, qui semblait particulièrement perdue, comme un député qui n’aurait pas reçu ses éléments de langage, au lendemain de la journée de mobilisation de samedi 1er décembre :

[Emmanuel Macron] n’a pas pris la parole ce soir, probablement parce que… qu’est-ce que vous voulez qu’il dise ! Ils ont l’impression que […] même si c’était la baisse ou le moratoire sur la taxe du carburant, on lui dirait « ok c’est bien mais ça suffit pas, il faut l’ISF », et après on lui dirait « mais ça suffit pas, faut encore autre chose », donc il a effectivement compris que le fait de reculer, on insisterait surtout sur le recul et non pas sur les choses sur lesquelles il a reculé, donc c’est relativement complexe. […] Qu’est-ce qu’il peut faire ? […] Comme manifestement toute la dramaturgie est en train de se faire entre Macron versus le reste du monde, ou plus exactement le reste de la France, il a intérêt à remettre du corps intermédiaire.

Rassurons nos lecteurs : cette absence n’était probablement que passagère. La veille, la cheffe du service politique de France 2 était plus revendicative :

Non, il ne peut pas donner l’impression de plier […], il ne peut pas donner l’impression que les gilets jaunes ont obtenu gain de cause. […] Le problème pour Emmanuel Macron, c’est que s’il recule, il se dit que les prochaines réformes ce sera à chaque fois la même chose donc c’est ni dans son tempérament de reculer, et en plus il y a une deuxième crainte, c’est qu’il se dit que à chaque nouvelle réforme […] il y ait une nouvelle structure gilets jaunes qui, à chaque fois qu’il essaie de bouger, le fasse reculer ; soit il considère qu’au bout d’un an et demi de quinquennat il faut qu’il fonce avec les risques de casse, soit il recule ; on va voir assez rapidement s’il ne trouve pas une solution intermédiaire. (JT France 2, 1er décembre)

Et pour la trouver, il pourra s’inspirer des conseils de Nathalie Saint-Cricq.

***La journée de mobilisation du 1er décembre a, semble-t-il, contribué à une panique médiatique croissante face au mouvement des gilets jaunes. Si les premières inquiétudes ont porté sur les conséquences des blocages sur l’économie, ce sont désormais les revendications (irréalistes) du mouvement et les scènes de violences (condamnables) lors des manifestations qui sont désormais dans le viseur médiatique. Et les éditorialistes se mobilisent : en prescrivant conseils et méthodes pour que le gouvernement « sorte de la crise » ; en faisant le tri entre bons et mauvais gilets jaunes selon que leurs revendications sont jugées « légitimes » ou « surréalistes », et leurs comportements, « pacifique » ou « extrémiste » ; ou encore en faisant mine d’organiser le « dialogue social » avec les gilets jaunes, pour mieux permettre de canaliser la colère populaire. À cet égard, ce journalisme d’élite parfaitement ignorant des préoccupations quotidiennes des gilets jaunes, joue parfaitement son rôle de gardien de l’ordre social.

Pauline Perrenot (avec Maxime Friot)

Source : https://www.acrimed.org/Panique-mediatique-face-aux-gilets-jaunes via Le grand soir
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3 Commentaires

Publié par le 7 décembre 2018 dans Education - information, général, société

 

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« La plus grande destruction de richesse de l’histoire arrive et très peu de gens sont préparés face aux chocs à venir »

Est-ce la fin du marché haussier et d’une belle époque ? Nous vivons dans un monde pourri jusqu’à la moelle et construit sur une dette qui ne sera jamais remboursée. Une dette qui soutient artificiellement des milliers de milliards de dollars d’actifs et des quadrillions de dollars si l’on inclut les produits dérivés. L’économie prétendument la plus puissante du monde (les États-Unis bien sûr) est tellement endettée qu’elle doit lancer toutes sortes de guerres pour assurer sa survie, la dernière en date étant une guerre commerciale.

LE SON DES TAMBOURS DE GUERRE RÉSONNE

Chaque fois qu’une nation commence à menacer d’autres pays, c’est parce qu’elle se trouve en position de faiblesse. La dette américaine est hors de contrôle depuis longtemps. Les dettes fédérale, de l’État, des entreprises, personnelle, hypothécaire, automobile, étudiante etc., augmentent toutes de manière exponentielle. En plus de cela, le déficit budgétaire américain atteindra des milliers de milliards dans un avenir prévisible. Le déficit commercial s’élevait à 600 milliards de dollars en 2017 et pourrait bientôt dépasser 1 000 milliards.

Le déclenchement de conflits est le signe d’un empire en grande difficulté. Les guerres et les ingérences dans des pays comme l’Iran, la Libye, l’Ukraine, la Syrie et le Yémen font partie de tout cela. La nomination de John Bolton au poste de conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche est un autre signe que les États-Unis sont à nouveau sur la voie de la guerre.

La régulation du système financier mondial, le protectionnisme et les guerres commerciales sont également des mesures désespérées prises par un pays en phase finale de déclin. Ce n’est certainement pas une coïncidence si cette guerre commerciale a commencé juste avant le lancement du commerce de pétrole libellé en yuans. En fin de compte, cela entraînera la chute du dollar et un important transfert de pouvoir de l’Ouest vers l’Est, ainsi que des prix de l’orbeaucoup plus élevés.

Il n’est pas surprenant que les pays de la Route de la soie aient acheté des quantités importantes d’or au cours de ce siècle. Les avoirs en or de la Russie, de la Turquie, de l’Inde et de la Chine ont été multipliés par 7 depuis 2004, passant de 5 000 tonnes à 35 600 tonnes. La question est de savoir combien il reste réellement des 23 000 tonnes que les banques centrales occidentales sont censées détenir.

 

 

LES ÉTATS-UNIS BLÂMENT TOUT LE MONDE

Le monde entier vit au-dessus de ses moyens, mais particulièrement les États-Unis. Que font-ils à ce sujet ? Hors de question d’ajuster les dépenses en fonction du budget. Ce serait beaucoup trop simple. Mieux vaut blâmer le monde entier. C’est exactement ce que fait Trump. C’est la faute de la Chine et du monde entier si une grande partie de l’industrie manufacturière américaine s’est déplacée vers des pays à bas coûts. C’est aussi à cause d’eux si les États-Unis vivent au-dessus de leurs moyens, empruntent et dépensent plus qu’ils ne gagnent. Par conséquent, ces méchants pays doivent être punis. C’est la raison pour laquelle les États-Unis ont lancé une guerre commerciale. La guerre commerciale a souvent été une mesure désespérée prise par une économie en difficulté. Une guerre commerciale entre les deux plus grands pays du monde entraînera incontestablement un ralentissement du commerce international et, par conséquent, un important ralentissement de l’économie mondiale.

LA GUERRE COMMERCIALE DE TRUMP ET LA GUERRE DU DOLLAR DE NIXON

Donald Trump me rappelle Richard Nixon en août 1971, lorsqu’il blâmait le monde entier pour les attaques contre le dollar. Le président français Charles de Gaulle était assez intelligent pour voir ce qu’il se passait et demander le paiement de la dette américaine en or. Le dollar étant adossé au métal précieux à cette époque, les États souverains pouvaient exiger un paiement en or. Devant l’ampleur prise par la dette américaine et la baisse considérable des réserves d’or, Nixon abandonna l’adossement du dollar à l’or le 15 août 1971. Ce fut le début de la fin pour l’économie américaine et l’économie mondiale. Le commencement de l’expansion du crédit et de l’impression monétaire qui continuent jusqu’à ce jour. Cela a rendu une toute petite minorité très riche et a fait crouler le reste du monde sous une dette impossible à rembourser.

La mesure désespérée de Trump pour sauver l’Amérique sonnera le glas de l’économie américaine et mondiale. Nous pouvons faire un parallèle avec 1971. Les États-Unis se trouvaient alors dans une situation similaire à celle d’aujourd’hui. Les déficits augmentaient et le dollar chutait. Quelles ont été les conséquences de la décision fatale de Nixon ? Le dollar s’est effondré. J’étais en Suisse à l’époque et j’ai vu le dollar chuter de 63% par rapport au franc suisse entre août 1971 et janvier 1980. Au cours de cette même période, l’or et l’argent ont bondi. L’or est passé de 35 $ l’once à 850 $, soit une multiplication par 24. L’argent est passé de 1,60 $ à 50 $, soit une multiplication par 31.

 

 

ACCÉLÉRATION DE L’OR ET DE L’ARGENT À 32 000 $ ET 500 $ ?

En appliquant les mêmes multiples (or x24, argent x31), le cours de l’or pourrait alors atteindre 32 000 $ et l’argent 500 $. Certains diront que la situation est aujourd’hui différente et que le point de départ est erroné etc… Mais, à mon avis, le point de départ sera très élevé. Les guerres commerciales auront un impact majeur sur les papiers-monnaies et surtout sur le dollar qui est surévalué de façon absurde et repose uniquement sur la dette. Les autres monnaies ne seront pas pour autant en meilleure posture. Nous sommes maintenant à un point d’inflexion qui entraînera une chute rapide du dollar et une montée en flèche de l’or et de l’argent.

DEUTSCHE BANK EN DIFFICULTÉ – ENCORE

L’économie fragile et surendettée n’a besoin que d’un dernier petit flocon de neige pour déclencher l’inévitable avalanche. On blâmera la guerre commerciale pour la chute de l’économie mondiale. Bien que les guerres commerciales et le protectionnisme soient sources de problèmes, ce n’est certainement pas la cause du désastre à venir. Ce n’est qu’un catalyseur pour quelque chose d’inévitable. La question est de savoir quel système bancaire sera mis sous pression en premier. Nous savons que les banques du sud de l’Europe sont au plus mal, ce qui exerce une pression énorme sur la BCE et la plus grande banque de la zone euro, Deutsche Bank – DB. Le rapport cours/valeur comptable est maintenant de 38%. De toute évidence, le marché ne croit pas que les actifs sont évalués correctement. Comment pourraient-ils être avec un portefeuille de dérivés d’au moins 47 000 milliards d’euros, soit 15 fois le PIB allemand ? « Trop grosse pour faire faillite », la banque s’éffondrera certainement un jour. Mais seulement après que la BCE et la Bundesbank auront tué l’euro en imprimant des quantités illimitées de monnaie et créé de l’hyperinflation.

LA PLUS GRANDE DESTRUCTION DE RICHESSE DE L’HISTOIRE

La plus grande destruction de richesse de l’histoire a commencé et durera plusieurs années. Ce sera un choc pour tous les investisseurs qui ont été sauvés par les banques centrales pendant des décennies. Cette fois, l’impression monétaire n’aura aucun effet. Les banques centrales tenteront d’abaisser les taux, mais cela ne fonctionnera pas car elles perdront le contrôle du marché de la dette. Les taux d’intérêt atteindront au moins les niveaux des années 1970 et du début des années 1980 (10-20%). Ils pourraient même monter plus haut en cas de défaut de paiement des débiteurs.

 

 

TRÈS PEU DE GENS SONT PRÉPARÉS POUR LES CHOCS À VENIR

La crise à venir peut être directement comparée à celle des années 1970, après que Nixon ait mis fin à la convertibilité du dollar en or. J’ai déménagé au Royaume-Uni en 1972 et je me souviens des effets sur l’économie. Il y a eu un contrôle des prix et des salaires (qui a échoué), un rationnement du carburant, une grève des mineurs de charbon et une semaine de trois jours, ce qui signifie que les magasins et les bureaux n’avaient de l’électricité que pendant trois jours. J’avais obtenu des actions dans l’entreprise qui m’employait, à 1,30 £ en 1972. En 1974, le cours de l’action était de 10 pence. L’entreprise se portait bien, mais les marchés se sont effondrés. Le taux d’intérêt sur ma première hypothèque était de 21% pour une période donnée. Qui pourrait surmonter cela aujourd’hui ? De nombreux pays européens ont un taux hypothécaire d’environ 1%. Les actions se sont effondrées dans les années 1970, de même que la livre et le dollar. Mais l’or a explosé à la hausse, comme je l’ai décrit plus haut.

L’expérience acquise durant ces années m’a enseigné un certain nombre de leçons. Très peu d’investisseurs ou de gens ordinaires qui vivent et travaillent aujourd’hui ont vécu un grave ralentissement économique. Le légendaire Richard Russell (Dow Theory Letters) a parlé de la dépression qu’il a traversée à New York. Cette expérience a eu une valeur inestimable pour son incroyable sagesse dans les marchés, l’investissement et la vie.

Il y a de nombreuses similitudes entre les années 1970 et l’époque actuelle. La plupart des gens diront que c’est différent aujourd’hui. Mais ces personnes n’ont pas l’expérience nécessaire d’une longue vie et d’événements graves.

Dans un récent article, j’annonçais que les actions avaient atteint un plus haut et qu’un effondrement du dollar et une flambée des métaux précieux étaient imminents. Cela semble être sur la bonne voie.

ÊTRE PRÊT POUR LES CHANGEMENTS IMPORTANTS

Nous sommes à la veille d’un tournant majeur dans l’économie mondiale. Pour les très rares personnes qui ont des actifs à protéger, le moment est venu de sortir des bulles d’actifs, comme je le recommande depuis longtemps. Il est également temps de détenir de l’or et de l’argent physique comme assurance pour son patrimoine. Les métaux précieux iront aux niveaux indiqués ci-dessus, voire plus haut avec l’hyperinflation.

Pour les autres, rappelez-vous que vous pourriez acheter 1 gramme d’or par mois, ou plus, ce qui coûte aujourd’hui 43 $. Au fil du temps, cela vous permettra d’accumuler un important pécule.

Mais votre soutien le plus important sera votre cercle familial et d’amis. En période de crise, c’est absolument essentiel.

source

 

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L’écran de fumée du système économique face aux chiffres et aux réalités

Lors de ses adieux à l’Eurogroupe du lundi 9 octobre, l’ex-ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble a osé, lui aussi, s’inquiéter face à ses collègues, dans un strict huis clos, après la BRI et le FMI, des bulles financières, de l’excès des liquidités, de la surévaluation des actifs dans l’hémisphère occidental.

La Chine propose actuellement d’échanger les yuans reçus par les exportateurs de pétrole contre de l’or acheté sur les marchés du monde qui ne proviendrait donc pas des réserves chinoises. Il est possible que nous soyons à l’aube d’une révolution monétaire mondiale susceptible de mettre fin à la prédominance du dollar, le dollar s’écroulant complètement. Le monde assisterait alors à un retour à l’or en tant que monnaie globale, subrepticement, sans aucun accord global préalable entre les nations. Ce serait la triste fin, ô combien méritée, de la saga de la non-convertibilité en or du dollar au taux de 35 dollars l’once édictée par Nixon en 1971 !

Pour ébranler les apôtres du Système, quelques faits et des chiffres :
– Le ratio des matières premières trop bon marché GSCI, divisé par l’indice S&P 500 trop élevé, est de nos jours de l’ordre de 1 alors que sa moyenne, depuis trente ans, est de 4,1.
– Le prix de l’or semble avoir atteint un point de retournement.
– La Chine a plus de 20.000 tonnes d’or aujourd’hui, si l’on additionne l’ensemble de ses réserves officielles de 4.000 tonnes à sa production cumulée de 5.000 tonnes, aux réserves de 2.000 tonnes des joailliers, aux 7.000 tonnes achetées dans le monde depuis 1994. De plus, la Chine, au cours actuel de l’or avec ses 3.500 milliards de dollars en réserve, pourrait acheter théoriquement 100.000 tonnes d’or !
– La Russie a vu ses réserves en or passer de 500 tonnes, en 2006, à 1.550 tonnes, en 2017.
– La volatilité et l’augmentation spéculative des crypto-devises du genre Bitcoin montre la fragilité du système.
– Les taux des bons obligataires à dix ans du Trésor américain, qui étaient de 15 % dans les années 1980, sont aujourd’hui à 1 %. Certains taux sont, depuis 2.500 ans, pour la première fois proches de zéro.
– Il y a, aux États-Unis, une bulle sur les actions si l’on regarde grimper le graphique du NASDAQ, l’augmentation du ratio cours/bénéfice à 25,65 en juillet 2017 du S&P 500, et une bulle sur l’immobilier avec l’indice Case-Shiller des prix de l’immobilier qui a atteint 195 en juillet 2017, soit plus élevé encore que lors de la crise des « subprimes » en 2008.
– Il ne fait aucun doute, si l’on regarde les siècles passés, que les crises se rapprochent de plus en plus d’une façon exponentielle, et sont plus beaucoup nombreuses.
– La dette mondiale irremboursable atteint 217.000 milliards de dollars, soit 327 % du PIB mondial. Les pays émergents sont aussi très endettés.
– La Banque du Japon possède 75 % des ETF indiciels japonais et la Banque nationale suisse est devenue un « hedge fund »à risques qui possède 85 milliards de dollars d’actions américaines !
– Les actifs cumulés des banques centrales BCE, Japon, Fed, Angleterre représentent 14.000 milliards de dollars après avoir injecté plus de 10.000 milliards de dollars de liquidités en dix ans.

En fait, le point Oméga du Système, c’est le Venezuela. Il crée de la monnaie, dope les marchés, mais ne crée pas de la richesse réelle. Il espère que la richesse à venir permettra de rembourser les dettes. Mais c’est ainsi que procèdent les faillis hyper-endettés lorsqu’ils pratiquent la politique de la fuite en avant. D’ici trois à cinq ans au plus tard, nous devrions vivre un tsunami terrible semblable à l’Allemagne en 1923 mais généralisé à l’ensemble du monde, la crise de 1929 apparaissant alors comme une « broutille » et un simple épiphénomène ! Qu’en pense Macron ?

http://www.bvoltaire.com/lecran-de-fumee-systeme-economique-face-aux-chiffres-aux-realites/?mc_cid=c9b93ae8f5&mc_eid=b338f8bb5e

La Russie et la Chine feront tout pour toucher au cœur la puissance de l’Amérique en n’utilisant plus le dollar pour le commerce du pétrole.  

Selon une étude du World Gold Council publiée début octobre et intitulée « La décennie dorée de l’Allemagne », la demande d’or privée allemande a atteint un record de 190 tonnes : 110 tonnes physiques en pièces et barres et l’équivalent de 80 tonnes en titres indexés sur l’or, pour une valeur de 6,8 milliards d’euros. Si les Français continuent de rêver malgré la sévère mise en garde de la crise de 2008, les Allemands, non ! Hormis la Suisse, les Allemands, avec 1,5 gramme par habitant, sont les plus gros acheteurs d’or d’Europe. Ils font mieux que les Turcs avec 0,9 gramme, les Chinois avec 0,6 gramme ou même les Indiens (0,5 gramme) et la France, (0,1 gramme seulement).

L’Allemagne a été marquée par l’hyperinflation hallucinante de 1923 et par huit monnaies différentes durant les cent dernières années. Les Allemands sont conscients de l’instabilité financière et des effets d’érosion sur les richesses qui menacent le monde. Les taux bas et négatifs inquiètent suffisamment les Allemands pour que 57 % d’entre eux investissent dans l’or afin de protéger leur patrimoine. La bataille de l’or légitime contre le dollar illégitime comme étalon mondial est, en fait, une lutte économique et géopolitique (Chine, Russie, Iran, Venezuela) sans merci tous azimuts au niveau de la planète, et ce qui se passe en Allemagne est un avertissement sérieux de plus parmi d’autres à l’encontre de l’impérialisme non justifié du dollar.

Dans une interview accordée au média américain CNBC le 11 octobre, l’économiste Carl B. Weinberg a estimé que Pékin pourrait bientôt acheter l’or noir avec sa propre devise, le yuan, sans devoir passer par le dollar, car la Chine devrait, d’ici un an ou deux, surpasser les États-Unis en tant que premier importateur de pétrole. Si les Saoudiens se décident à accepter le paiement en yuans-or, les autres acteurs du marché du pétrole suivront son exemple. Pékin a toutes les chances de faire pencher la balance en sa faveur avec la carotte supplémentaire de la convertibilité en or du yuan à Hong Kong, Shanghaï ou Londres. 

Ce serait donc la fin pour l’Amérique, malgré tous ses efforts, de l’accord conclu en 1974 entre le président américain Richard Nixon et le roi Fayçal d’Arabie pour que Riyad libelle ses ventes de pétrole en dollars, d’où les pétrodollars et l’origine même de la suprématie du dollar dans le monde. Les tentatives de Trump pour remettre en cause l’accord conclu avec Téhéran sur la non-détention d’armes nucléaires ne sont pas faites seulement pour satisfaire Israël, qui tient à rester la seule puissance détentrice de l’arme nucléaire au Moyen-Orient, mais aussi et surtout pour plaire à l’Arabie saoudite, qui voit dans l’Iran chiite et perse un dangereux, vaste et puissant ennemi héréditaire de l’autre côté du golfe Persique, afin de la dissuader de coter son pétrole en yuans. 

La Russie et la Chine, de leur côté, feront tout pour toucher au cœur la puissance financière de l’Amérique en n’utilisant plus le dollar pour le commerce du pétrole.

Le système financier mondial basé sur le dollar-étalon aux pieds d’argile, l’hyper-endettement, la folle création monétaire et la domination de Wall Street constituent, en fait, face au monde et à l’or, une gigantesque bombe à retardement qui explosera inéluctablement. Le seul problème, c’est que personne ne connaît la date et l’heure à laquelle la bombe a été réglée.

http://www.bvoltaire.com/dollar-face-a-ruee-vers-lor-allemagne-yuan-or-chinois-arabie-saoudite/

 
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Publié par le 19 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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Les banques espagnoles sur le qui-vive face au risque catalan

Hé oui attention, pendant ce temps les banques espagnoles qui sont déjà dans une situation catastrophique – souffrent ! Nous sommes une fois de plus proches d’un effondrement bancaire en Espagne, ce qui aurait des répercutions mondiales . Ça risque de se produire à tout moment la situation est tendue, et ça finira par se produire de toutes façons . Z 

CaixaBank et Sabadell, les deux entités qui ont leur siège à Barcelone craignent de perdre la protection de la BCE et étudient la possibilité de déménager leurs sièges sociaux.

La crise catalane est entrée sur les marchés. Les tensions entre Madrid et Barcelone face à la perspective d’une  déclaration d’indépendance unilatérale de la région dans les prochains jours entraînent la bourse espagnole dans une spirale de chute. L’indice de la bourse de Madrid accusait mercredi sa plus grande baisse depuis le vote du Brexit, à -2,85%.

CaixaBank et Sabadell, les deux grandes banques qui sont leur siège à Barcelone sont particulièrement touchées : elles ont plongé dans la journée de 5,69% pour la première et de 4,96% pour l’autre, alors que leur avenir est incertain, dans l’hypothèse d’une sécession qui entraînerait une sortie de l’Union européenne pour la Catalogne et la perte de la protection de la banque centrale européenne et de la garantie du fonds des dépôts pour les entités domiciliées dans la région.

Les grands groupes bancaires pas épargnés

La situation pourrait se compliquer en cas de rupture pour Sababell, qui concentre en Catalogne 27% du volume de son activité de crédit en Espagne, et pour CaixaBank, dont l’exposition est de 22%. Mais une éventuelle sécession affecterait aussi les autres acteurs du secteur financier espagnol qui tous opèrent dans la région. Ibercaja est sur la sellette avec 26,8% d’exposition en Catalogne, mais les grands groupes ne sont pas épargnés : BBVA voit en jeu 20,8% du volume de son crédit et 11% pour Santander.

Le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, multiplie les appels à la tranquillité, assurant que le petits épargnants catalans « n’ont rien à craindre »« Les banques catalanes sont des banques espagnoles et européennes, elles sont solides », répète-t-il, alors que le secteur assure ne pas avoir détecté pour l’instant de mouvements de fuite des dépôts.

 
 

Des plans de sortie déjà préparés

De leur côté CaixaBank et Sabadell ont déjà préparé leur plan de sortie et pourraient déménager leur siège vers Saragosse, en Aragon, ou vers Palma de Majorque, aux Baléares, pour rester côté espagnol. La question est de savoir si les deux banques ont déjà fait passer le message à leurs clients, assurant qu’elles étaient prêtes à prendre des mesures suffisantes.

CA extraordinaire chez Sadabell

Elles rappellent qu’elles sont hors de toutes considérations politiques et que toutes les mesures qu’elle pourraient prendre visent exclusivement à défendre les intérêts des actionnaires, employés et clients. Sababell a convoqué une réunion extraordinaire de son conseil d’administration jeudi après-midi afin d’analyser la possibilité d’un déménagement du siège social hors de Catalogne. S’il est voté, le changement d’adresse pourrait avoir lieu en 48 heures. (source)

 
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Publié par le 5 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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Marx et Michelet face au génie anglais de l’argent

Marx et Michelet face au génie anglais de l’argent

C’est Nyall Ferguson qui dans son éloge de l’empire britannique (qui a fait le monde moderne – merci !) nous explique que c’est grâce à la dette que l’Angleterre a vaincu la France au siècle dit des Lumières (c’est grâce aussi aux philosophes, mais passons !). On pouvait toujours s’endetter plus pour faire plus la guerre au Canada ! Rien de nouveau sous le sommeil, et ne croyez pas que le niveau des dettes actuelles les empêcheront de refaire une guerre, contre la Russie ou la planète schtroumpf.

Il faut se replonger dans les vrais historiens.

Voici comment Michelet décrit la chose – moment de la Régence en France :

« L’Angleterre prit force et vigueur, justement parce qu’il n’y eut plus ni balance ni bascule. Un moteur vint, qui emporta tout en ligne droite, dans un mouvement simple et fort. Ce fut le parti de l’argent, le tout jeune parti de la banque, auquel se réunit bien vite la haute propriété ; bref un grand parti riche, qui acheta, gouverna le peuple, ou le jeta à la mer ; je veux dire, lui ouvrit le commerce du monde. (Histoire de France, Tome XIV : La Régence) »

Le fric fait bon ménage avec le patriotisme – surtout via la presse qu’il contrôle, rappelle Michelet qui ne connaitra pas la diamantaire guerre des Boers et ses camps de concentration pour enfants :

« Ce parti de l’argent se vantait d’être le parti patriote. Et la grande originalité de l’Angleterre, c’est que cela était vrai. La classe des rentiers et possesseurs d’effets publics, spéculateurs, etc., qui était pour les autres États un élément d’énervation, pour elle était une vraie force nationale.

Cette classe fut et le moteur et le régulateur de la machine. Elle poussa tout entière d’un côté. »

Créée en 1694 dans des conditions pas très claires selon moi, la banque d’Angleterre va transformer le monde (toujours pour reprendre Ferguson) :

« Second terrain, la Banque (simplement de change et d’escompte), mais qui soutient l’État, lui prête de grosses sommes sans intérêt. Elle suspend un moment ses payements, mais bientôt renaît plus brillante.

J’ai montré au précédent volume la large exploitation que firent les patriotes, sous la reine Anne, de ces deux terrains financiers, le jeu immense qui se fit sur la guerre, la hausse et la baisse, la vie, la mort. La vente des consciences au Parlement et la vente du sang (obstinément versé, parce qu’il se transmutait en or), c’est le grand négoce du temps. »

Après on va passer à un historien plus sérieux sur ce terrain, et nommé Karl Marx. Lui comprend avant Drumont qu’on passe « du crédo au crédit ».

« Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. »

La dette est le caractère (en grec, c’est la marque de l’esclave) des temps modernes :

« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. »

Debitum signifie le péché, qui donne la dette. C’est pourquoi Marx ajoute :

« Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnable.

La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle dote l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire »

C’est le début des intermédiaires et des Middlemen :

« Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. »

Bien avant les Sutton et Mullins, Marx définit les banques nationales, ces associations de malfaiteurs :

« Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux, n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public. »

Il rappelle dans ce chapitre les bontés de l’administration coloniale british, toujours donnée en exemple (et pour cause) :

« En 1866, plus d’un million d’Hindous moururent de faim dans la seule province d’Orissa. On n’en chercha pas moins à enrichir le trésor public en vendant très cher aux gens affamés les denrées. »

La banque d’Angleterre fait facilement fortune ! Et l’on comprend que son propos est moins de soulager la misère du pauvre en Irlande que de faciliter l’enrichissement de l’oligarchie dans les conquêtes coloniales !

« Celle-ci commença par prêter tout son capital argent au gouvernement à un intérêt de 8 %, en même temps elle était autorisée par le Parlement à battre monnaie du même capital en le prêtant de nouveau au public sous forme de billets qu’on lui permit de jeter en circulation, en escomptant avec eux des billets d’échange, en les avançant sur des marchandises et en les employant à l’achat de métaux précieux. »

Marx décrit délicieusement ce satanisme industriel (« le pire je gagne, face tu perds » de nos éconoclastes actuels) :

« Bientôt après, cette monnaie de crédit de sa propre fabrique devint l’argent avec lequel la Banque d’Angleterre effectua ses prêts à l’État et paya pour lui les intérêts de la dette publique. Elle donnait d’une main, non seulement pour recevoir davantage, mais, tout en recevant, elle restait créancière de la nation à perpétuité, jusqu’à concurrence du dernier liard donné. Peu à peu elle devint nécessairement le réceptacle des trésors métalliques du pays et le grand centre autour duquel gravita dès lors le crédit commercial. »

Les falsificateurs remplacent les sorcières.

« Dans le même temps qu’on cessait en Angleterre de brûler les sorcières, on commença à y pendre les falsificateurs de billets de banque. »

Après on rentre dans le siècle du maquereau, pardon, du bossu (dont j’ai parlé longuement dans mon livre sur les conspirations) :

« Il faut avoir parcouru les écrits de ce temps-là, ceux de Bolingbroke, par exemple, pour comprendre tout l’effet que produisit sur les contemporains l’apparition soudaine de cette engeance de bancocrates, financiers, rentiers, courtiers, agents de change, brasseurs d’affaires et loups-cerviers. »

L’important est de continuer.

Nicolas Bonnal

Sources

Karl Marx – Le capital, I, VIII

Jules Michelet – Histoire de France, Tome XIV : La Régence)

Paul Féval –  le bossu (ebooksgratuits.com)

Nyall Ferguson – Empire, how Britain made the modern world

Nicolas Bonnal – Les grands auteurs et la conspiration

Photo: La banque d’Angleterre

 

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Victoire capitale de l’or qui franchit une résistance pluriannuelle, l’argent dans le sillage, l’euro monte face au dollar …

Je commence par le métal jaune, qui est un indicateur infaillible sur l’état de l’économie mondiale – Comme l’explique trado, l’or a enfin franchit une résistance pluriannuelle qui était tenace , confirmant la tendance haussière du metal jaune sur le long terme depuis le plus bas de fin 2015 . 

La Corée du Nord devrait soutenir le cours de l’or

Un regain de tension pourrait venir chahuter les marchés en ce début de semaine. Le dirigeant Nord-Coréen Kim Jung Un a annoncé avoir réalisé un nouveau test souterrain de la bombe à hydrogène en précisant que cet essai était un succès.

La bombe à hydrogène est réputée bien plus puissante que la bombe atomique, dont nous connaissons déjà la triste puissance dévastatrice.

Le dirigeant Nord-Coréen multiplie les essais de tirs de missiles balistiques et nucléaires afin de maitriser cette technologie lui permettant d’être respecté et craint par les Etats-Unis. En effet Kim Jung Un ne semble que peu se soucier des sanctions internationales et intensifie son programme militaire.

Donald Trump a réagi dimanche après-midi sur Twitter condamnant fermement ce nouvel essai sans pour autant menacer à nouveau la Corée du Nord et son dirigeant directement. En revanche le Tweet du président Américain laisse présager de nouvelles sanctions contre le régime voir une avancée de troupes militaires vers le pays.

Après avoir annoncé la semaine dernière que « le dialogue avec la Corée du Nord n’était pas la solution » le président Américain a précisé hier dans tweet que « une politique d’apaisement ne fonctionne pas, ils ne comprennent qu’une chose ! ».

Avec peu de publications économiques de premier ordre dans la journée les investisseurs devraient surveiller attentivement ces tensions géopolitiques et pourraient se tourner vers les valeurs refuges tel que l’or, le Franc suisse ou le Yen.

La Corée du Nord devrait soutenir le cours de l’or

Graphique du cours de l’or en journalier par Vincent Boy. Twitter : @VincentBoy_IG

La cours de l’or à reprit une forte tendance haussière depuis la validation du franchissement de la résistance majeure 2017 à 1296$. Le cours du métal jaune devrait rapidement franchir la prochaine résistance située à 1343 avant de venir tester le range situé à 1352 -1358 dollars l’once.

Par la suite, le RSI arrivant de nouveau dans la zone de sur achat pourrait faire corriger le cours de l’or.

Pendant ce temps L’euro gagnait face au dollar lundi alors que le ton monte entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, faisant donc bondir l’or à son plus haut depuis septembre 2016 et profitant aux autres valeurs refuge.

L’or a donc ainsi atteint vers 07H00 GMT 1.340,15 dollars, à son plus haut niveau depuis septembre 2016, quand l’incertitude avant les élections américaines de novembre laissaient les marchés sur leur garde. Le yen et le franc suisse s’inscrivaient également en nette hausse. « La situation est trop instable pour que les investisseurs aient une vision claire, et ils préfèrent les actifs les plus sûrs », a résumé Naeem Aslam, analyste chez Think Markets. « Les marchés ont été renforcés dans leur prudence, née vendredi de chiffres de l’emploi moins forts que prévu aux Etats-Unis », ont précisé les analystes de Société Générale.

Avec des créations d’emplois moins bonnes que prévu, avec 156.000 emplois créés, et des salaires stables, il est moins probable que la Réserve fédérale américaine (Fed) doive relever ses taux directeurs pour éviter la surchauffe à l’économie américaine. Comme une hausse des taux de la Fed profite au billet vert, les perspectives de plus de prudence de la part de l’institution pèsent sur le dollar.

Les analystes attendaient par ailleurs la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui se tiendra jeudi. « Les cambistes sont de plus en plus nerveux avant cette réunion. L’euro a fortement grimpé ces derniers mois, ce qui pourrait conduire la BCE à se montrer particulièrement prudente » car la vigueur de la monnaie unique pénalise les pays exportateurs, a noté Ipek Ozkardeskaya, analyste chez London Capital Group.

Alors que l’économie européenne commence à se reprendre, les investisseurs attendent désormais que la BCE commence à normaliser sa politique monétaire très accommodante. « Les attentes du marché sont désormais pour une annonce en octobre sur le futur du programme de rachat d’actifs. Mais ce plan ne pourra pas être présenté dans son intégralité avant décembre, selon Bloomberg », a souligné Ipek Ozkardeskaya.

C’est moins évident pour l’argent, qui est à la traine comme souvent ces dernières années. Mais les marchés de l’or et de l’argent sont fortement liés, et l’argent suit souvent le cours de l’or, parfois à retardement …

 
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Publié par le 4 septembre 2017 dans général, or et argent métal

 

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Les USA testent leur bouclier antimissile face aux missiles nord-coréens

Les USA testent leur bouclier antimissile face aux missiles nord-coréens

Le Pentagone envisage d’effectuer des tests de leur système de défense antiaérienne afin de déterminer s’il est en mesure d’intercepter les missiles nord-coréens. Les tests se dérouleront dans le Pacifique, relate la chaîne américaine CNN.

Il s’agit d’une partie d’un programme universel antiaérien US visant à protéger les États-Unis contre les tirs éventuels nord-coréens et iraniens.

Le missile modernisé Standard Missile sera tiré depuis un navire américain lors du premier test. Cet engin n’a été utilisé qu’une fois.

Le Pentagone développe ce programme conjointement avec le Japon. Il vise à intercepter les missiles nord-coréens de moyenne portée qui constituent une menace pour l’allié américain. Les tests dans le Pacifique montreront si les militaires US sont prêts à abattre un missile balistique intercontinental conçu par Pyongyang qui pourrait menacer les États-Unis.

Les capacités de missiles intercepteurs US à long rayon d’action déployés en Alaska et en Californie seront testées pendant le deuxième exercice. Un missile intercepteur sera tiré depuis la base aérienne de Vanderberg (Californie) et tentera d’abattre une imitation d’un missile nord-coréen dans la région du Pacifique.

Cependant, le New York Times affirme que le tir nord-coréen du 16 avril aurait échoué à cause d’activités subversives de Washington.

« Après un tir nord-coréen raté, certains ont supposé qu’il s’agit d’attaques américaines dans le cadre d’un programme US visant à faire échouer de tels tests. Une telle possibilité n’est pas exclue car 85% des missiles nord-coréens se sont autodétruits dès le lancement de ce programme », lit-on dans un article du New York Times.

Auparavant, Pravda.Ru a rendu public que les autorités japonaises envisageaient de mettre ses forces d’autodéfenses en état d’alerte au cas où un missile nord-coréen tomberait dans les eaux territoriales du Japon. Cette décision pourrait être prise pour la première fois depuis longtemps.

Ces informations ont été distribuées par les médias japonais se référant à des sources gouvernementales. Le gouvernement envisage d’introduire « l’état d’attaque armée menaçante ».

Pyongyang envisage d’effectuer un nouveau tir le 25 avril, le jour du 85e anniversaire de l’Armée populaire de Corée.

Un conseiller en politique étrangère de la Maison-Blanche a auparavant annoncé que des options militaires étaient en train d’être étudiées en vue de dissuader La Corée du Nord de poursuivre son programme nucléaire.

Suite au lancement échoué d’un missile nord-coréen le 16 avril, le vice-président américain Mike Pence, en visite dans une base militaire US en Corée du Sud, a déclaré que Les États-Unis avaient mis fin à la politique de « patience stratégique » à l’égard de Pyongyang. À l’heure actuelle, un groupe aéronaval américain avec à sa tête le porte-avions USS Carl Vinson se dirige vers la péninsule coréenne.

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