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L’Italie se moque du diktat de la commission européenne et confirme son budget pour 2019

L'Italie se moque du diktat de la commission européenne et confirme son budget pour 2019

« Si cela convient à l’Europe tant mieux, si cela ne convient pas à l’Europe on continue quand même », a déclaré Matteo Salvini, patron de la Ligue d’extrême droite . L’Italie n’en a rien à faire de Bruxelles . Lisez un peu l’explication qu’ils fournissent pour justifier leur budget …  Z  

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Le gouvernement italien souhaite que la Commission européenne fasse preuve de «flexibilité». C’est la teneur du courrier envoyé à Bruxelles par le ministre de l’Economie transalpin. Rome appelle à notamment prendre en compte la catastrophe de Gênes.

Rome a maintenu inchangé son projet de budget contesté pour 2019 et demandé à Bruxelles de la «flexibilité» pour prendre en compte notamment des dépenses liées à l’effondrement du pont Morandi à Gênes et aux intempéries, selon une copie de sa lettre envoyée à la Commission européenne.

L’exécutif transalpin «demande l’application de la flexibilité pour événements exceptionnels», écrit ainsi le ministre italien de l’Economie, Giovanni Tria. Alors que Bruxelles a rejeté le projet de budget italien et lui avait demandé de revoir sa copie avant le 13 novembre à minuit, Rome a décidé de maintenir sa prévision d’un déficit à 2,4% du PIB en 2019.

 

Il s’agit d’événements inattendus [qui ont conduit le pays à lancer] un plan extraordinaire d’interventions

 

Giovanni Tria précise néanmoins dans sa lettre que ces 2,4% représentent «une limite infranchissable». Mais il souligne que sur les budgets des trois prochaines années pèsent des «dépenses de nature exceptionnelles égales à environ 0,2% du PIB», en raison des conséquences des intempéries «d’une gravité particulière» qui ont touché le pays fin octobre-début novembre, mais aussi de celles de l’effondrement cet été du pont Morandi à Gênes.

Un milliard d’euros pour la «mise en sécurité» et «l’entretien des infrastructures» du réseau routier

Quant au sujet des intempéries, le ministre italien évoque «un coût très lourd en termes de victimes et de dommages causés». «Il s’agit d’événements inattendus», qui ont conduit le pays à lancer «un plan extraordinaire d’interventions», a noté Giovanni Tria. Les vents violents et les pluies diluviennes, qui ont fait une vingtaine de morts dans la péninsule, ont touché notamment la région du Veneto, dans le nord-est, où des centaines d’arbres ont été déracinés, la Ligurie, où de nombreux bateaux ont été détruits, ou encore la Sicile. Parallèlement, Gênes a été endeuillée cet été par l’effondrement du viaduc autoroutier Morandi, axe de circulation stratégique dans la ville.

Ce drame, qui a fait 43 morts, a conduit là aussi le pays à lancer un «plan extraordinaire d’entretien» du réseau routier. «Dans cet objectif, la loi de finances consacre un milliard d’euros en 2019, spécifiquement à la mise en sécurité et à l’entretien des infrastructures du réseau routier, dont les viaducs, les ponts, les tunnels», a encore expliqué le ministre italien de l’Economie.

 

Source

Lisez entre les lignes : La procédure pour « déficit excessif » que pourrait lancer Bruxelles peut aboutir à des sanctions financières correspondant justement à … 0,2% de son PIB, soit prés de 3,4 milliards d’euros. 

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Publié par le 14 novembre 2018 dans économie, général, International

 

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10 faits qui montrent comment les multinationales achètent la politique européenne

Voyage dans un monde de conflits d’intérêts au cœur de l’Europe et contre la démocratie. Après des semaines de recherche et un passage à Bruxelles pour rencontrer les chercheurs lanceurs d’alerte de CEO, ONG spécialisée dans l’influence des lobbies en Europe, nous vous livrons 10 faits.

10 faits qui montrent comment les multinationales utilisent leurs moyens financiers pour influencer le processus de décision politique européen à chaque étape, en profitant des très faibles régulations, pour que les lois aillent dans leur sens, au mépris de la démocratie et de l’intérêt général.

Députés, commissaires, fonctionnaires européens, tous peuvent être achetés.

Le pantouflage est la règle, pas l’exception, les carrières se font du public aux lobbies, au public, etc.

Même la recherche et les experts « indépendants » sont souvent sous influence quand ils ne sont pas carrément des lobbies déguisés.

En parcourant avec nous ces 10 faits, vous ferez un voyage dans le monde de l’influence de l’argent sur la politique européenne qui vous donnera du recul sur le caractère démocratique de nos institutions communautaires

 
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Publié par le 5 novembre 2018 dans général, Politique, société, Vidéos (Toutes)

 

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« Psychodrame en vue. La Commission européenne va rejeter le budget italien !! »

De plus en plus passionnante la situation en Italie . Les Eurosceptiques au pouvoir veulent la fin de cette Europe et revenir à leur monnaie nationale, c’est un fait, un plan « secret » a déjà été mis en Oeuvre dans ce sens . .

Iront ils jusqu’à créer une panique sur les marchés et se mettre en faillite pour faire exploser l’euro ?  Dans tous les cas , ce serait un bon moyen de mettre les Européens autour de la table des négociations . « Avec plus de 2 000 milliards d’euros de dette, ce n’est pas l’Italie qui a un problème, ce sont les créanciers de l’Italie »

Quant à la BCE, elle empêche déjà l’Italie de s’effondrer en achetant sa dette . Et si elle intervient massivement, ce ne sera pas sans contrepartie politique . La BCE avait déjà réduit ses achats de dette Italienne au moment de la crise politique, pour influer sur la composition du gouvernement . Les Italiens feront un bras d’honneur .

Et l’Italie n’est pas la Grèce . Ils sont en position de force, une crise se profile, pas bon signe pour l’Euro .  Z 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Cet article du très européiste site Euractiv.fr qui titre « La Commission européenne se prépare à rejeter le budget italien » est très important et mérite que l’on s’y arrête quelques instants.

Cette information n’est pas anodine et si elle n’annonce pas (pour tout de suite) la fin du monde, cela en prend le chemin dans la mesure où les institutions européennes souhaitent aller au bout du combat contre les souverainistes italiens.

Comme aux États-Unis entre souverainistes et globalistes, c’est le même combat de titans qui s’annonce entre souverainistes européens et européistes-mondialistes.

C’est d’ailleurs le prolongement de la même guerre sur un autre champ de bataille.

Jorge Valero d’Euractiv écrit donc que « pour la première fois, la Commission européenne va rejeter le budget présenté par un des États membres. À moins que Rome le modifie pour limiter son déficit ».

L’affrontement inévitable ?

Et l’ambiance va être de plus en plus mauvaise, les relations étouffantes.

« L’affrontement semble désormais inévitable entre Rome et Bruxelles, après des commentaires faits à Bruxelles par le ministre de l’Intérieur italien le 8 octobre.

«Les ennemis de l’Europe sont ceux qui sont coupés du monde dans leur bunker bruxellois… Les Juncker ou les Moscovici, qui ont apporté l’insécurité et la peur à l’Europe et refusent de quitter leurs fauteuils confortables», a déclaré Matteo Salvini, issu du parti d’extrême droite.

La semaine dernière, la Commission avait écrit à Giovanni Tria, le ministre italien des Finances, pour exprimer ses « grandes inquiétudes » quant au budget national en préparation. Le Premier ministre, Luigi di Maio, de la formation antisystème M5S, a répondu que Rome ne ferait pas marche arrière sur ses prévisions de dépenses.

Les fonctionnaires européens ont donc indiqué que la Commission exprimerait une opinion négative sur le projet de budget italien, qui devrait lui être envoyé d’ici mi-octobre. La proposition sera en effet contraire aux règles européennes contenues dans le Pacte de stabilité et de croissance. »

Et Jorge Valero de conclure en posant la question clef de notre avenir commun (ou pas) à tous : Rome, nouvel ennemi de l’euro ?

Alors que va-t-il se passer ?

La Commission va se laisser une semaine pour tenter de faire changer d’avis au gouvernement italien. Et le gouvernement italien fera un bras d’honneur.

« Si cette tentative n’aboutit pas, la Commission publiera un avis négatif sur le budget deux semaines après sa présentation. La coalition gouvernementale de la Ligue (extrême droite) et du M5S (antisystème) aura alors trois semaines pour soumettre un nouveau budget. » Et le gouvernement italien fera un bras d’honneur.

« Si les changements voulus ne sont toujours pas effectués, la Commission recommandera l’ouverture d’une nouvelle procédure de déficit excessif contre le pays récalcitrant, afin de le forcer à équilibrer ses comptes. » Et le gouvernement italien fera un bras d’honneur…
Comme le gouvernement italien, mais je crois vous l’avoir déjà dit, fera un bras d’honneur (ou plusieurs), il va bien falloir trouver d’autres moyens de pression sur les poids lourds italiens que sont Salvini et Di Maio.

D’ailleurs… comme par hasard, les agences de notation s’apprêtent à revoir la note attribuée à l’économie italienne.

Agence de notation et taux de crédit pour peser sur le gouvernement.

« Moody’s, qui a une perspective négative sur la note Baa2 de l’Italie, a déclaré qu’elle publierait une nouvelle évaluation avant la fin du mois. Standard & Poor’s, qui note la dette italienne «BBB» avec une perspective stable, devrait publier sa nouvelle notation le 26 octobre »…

Et vous savez quoi ?

Le gouvernement italien fera un bras d’honneur.

Avec plus de 2 000 milliards d’euros de dette, ce n’est pas l’Italie qui a un problème, ce sont les créanciers de l’Italie.

Si les taux italiens montent trop, ce sera la panique. Une panique que le pompier pyromane bruxellois risque de créer.

Lorsque les taux mettront l’Italie en faillite, c’est l’avenir même de l’euro qui se jouera. Que fera la BCE ? Soit elle interviendra pour ne pas provoquer l’explosion de la zone euro et dans ce cas, les taux italiens baisseront sans que le gouvernement italien n’ait eu à revoir son budget.

Soit la BCE laisse tout le système s’effondrer, contemple le chaos de l’explosion de la zone euro, et les derniers à partir de la Banque centrale européenne éteignent la lumière.

C’est le retour en catastrophe aux monnaies nationales et au chacun pour soi.

Et dans un tel cas, le gouvernement italien garde le même budget.

L’Europe peut jouer les fanfarons… il faudra tout de même cantonner la crise à l’Italie, et la faire plier risque d’être d’autant plus difficile que les souverainistes italiens peuvent compter sur le soutien massif du clan souverainiste américain mené par Trump qui a dit qu’il achèterait de la dette italienne s’il le fallait.

Il n’y a aucune surprise dans ce qui arrive. Rien n’a jamais été réglé.

C’est un combat politique. Un combat géopolitique où tout est lié. De nos besoins d’énergie qui entraînent des guerres à nos problèmes monétaires, tout cela ce ne sont que les multiples facettes du même problème.

C’est donc la nouvelle crise qui arrive.

Jouer le dollar est une bonne idée, car le dollar n’explosera pas. Avoir de l’or est évidemment une bonne idée. Débancariser, une saine prudence. Bref, appliquez les approches que je partage avec vous dans mes lettres STRATÉGIES et mes dossiers spéciaux. Celles et ceux qui veulent en savoir plus pour mieux comprendre, et mieux anticiper, c’est ici.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 
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Publié par le 10 octobre 2018 dans général, International, Politique

 

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Nouveau scandale sanitaire en vue ? Les agences française et européenne du médicament retirent du marché des produits de contraste pour IRM qui laissent des traces dans le cerveau

Imaginez ma surprise : J’ai passé un IRM dans un hôpital parisien, il y a peu, au cours duquel on m’a injecté du gadolinium… Un peu étonné sur le coup, ignorant tout de cet agent de contraste, je m’étais malgré tout laissé faire, ne manquant pas de mener quelques recherches à mon retour, découvrant entre autres ce qui est arrivé à Gena Norris (voir ci-dessous). Et voilà qu’on nous annonce que ces produits sont retirés du marché ! OD

« Ces produits ont été massivement utilisés pendant des années pour servir de marqueur lors des IRM et, d’un coup, on nous explique que le produit est retiré du marché car il se dépose entre autre dans le cerveau, les os et les reins des patients. Mais, rassurez-vous, ils nous disent que rien ne prouve à ce jour que le dépôt d’un métal dans nos cerveaux est nuisible… ce qui explique d’ailleurs son retrait en catimini alors que cela fait depuis 2015 au moins que des scientifiques ont identifié ce problème.

Après, si une toxicité était avérée, ce que semble revendiquer toute une communauté de patients victimes de ces produits de contraste, on pourra néanmoins compter sur la mauvaise foi habituelle des autorités de santé qui nous diront qu’en fait non, c’est une théorie du complot. Quand on sait que la toxicité de l’aluminium, qui est pourtant un neurotoxique notoire favorisant la maladie d’Alzheimer et que l’on retrouve en quantité extrêmement élevée dans les cerveaux de patients autistes, est encore niée après plusieurs décennies, les victimes de ce médicament peuvent toujours courir pour espérer obtenir la reconnaissance de leur préjudice et une (très) hypothétique réparation. Car dans une cour de justice en France, Big Pharma, qui est très protégée, a quasiment toujours raison, il faut le savoir. Etonnament, ce retrait arrive un peu après la plainte aux Etats-Unis de Chuck Norris que l’on va voir par la suite.

« Bien que la mécanique exacte du dépôt ne soit pas encore élucidéedes donnés récentes suggèrent que le Gadolinium a la capacité de s’accumuler chez les patients dont le tissu cérébral est normal et sans antécédents de pathologie intracrânienne. D’après un des auteurs d’une étude réalisée sur ce sujet,  le Pr Robert J. McDonald, de la  Mayo Clinic : «  Le dépôt de Gadolinium se produit indépendamment des anomalies intracrâniennes. La façon dont il se dépose reste encore inconnue, mais  pourrait affecter des dizaines de millions de patients dans le monde entier, et d’autres recherches sont nécessaires pour enquêter sur toute co-morbidité ».

Cela a amené les scientifiques de l’université de Caroline du Nord (University of North Carolina) à proposer de désigner cette accumulation du Gadolinium sous le nom de «maladie de dépôt de Gadolinium» qui associe typiquement : des maux de tête persistants, des douleurs osseuses et articulaires, et un épaississement des tissus mous sous la peau ».

Voyons d’abord le communiqué de l’ANSM en date du 12 janvier :

« En accord avec l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), les laboratoires cités dans la lettre aux professionnels de santé jointe souhaitent vous faire part des informations suivantes :

Une revue par l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a confirmé que de faibles quantités de gadolinium sont retenues dans le tissu cérébral après l’utilisation de produits de contraste à base de gadolinium.

Une rétention plus importante de gadolinium dans le cerveau a été observée avec les produits linéaires par rapport aux produits macrocycliques.

À ce jour, il n’existe aucune preuve que la rétention de gadolinium dans le cerveau, quel que soit le produit de contraste, soit nocive pour les patients.

Comme les risques à long terme de la rétention de gadolinium dans le tissu cérébral sont inconnus, l’EMA recommande la suspension des AMM des produits de contraste linéaires intraveineux dans l’UE, à l’exception :

– de l’AMM de l’acide gadobénique, qui reste disponible pour l’imagerie du foie uniquement.

– de l’AMM de l’acide gadopentétique, pour l’utilisation intra-articulaire uniquement (Ce médicament n’est néanmoins plus commercialisé en France depuis décembre 2016 et son AMM vient d’être abrogée pour raisons commerciales).

Les AMM du produit linéaire intraveineux gadodiamide et des formulations intraveineuses de l’acide gadopentétique sont suspendues à compter du 15 janvier 2018.

Les produits macrocycliques restent également disponibles, pour les utilisations intraveineuse et intra-articulaire.

Il est rappelé aux professionnels de santé qu’ils doivent utiliser des produits de contraste à base de gadolinium uniquement lorsque l’information diagnostique essentielle ne peut être obtenue par l’imagerie sans rehaussement de contraste. »

Or on apprenait en novembre dernier qu’une plainte de grande ampleur précisément concernant ces produits de contraste, a été initiée par l’acteur  Chuck Norris qui poursuit 11 compagnies pharmaceutiques pour avoir « empoisonné » sa femme avec un produit de contraste IRM qui l’« a laissée dans un état proche de la MORT avec douleurs et faiblesse permanentes »

Réaction grave au gadolinium, produit de contraste IRM : l’acteur Chuck Norris porte plainte contre les pharmas

Ils intentent une poursuite contre 11 compagnies pharmaceutiques par rapport à un produit chimique pour IRM qui selon eux a laissé Gena dans un état proche de la mort, avec des handicaps physiques persistants nécessitant une thérapie par cellules souches.

Gena Norris, 54 ans, a passé trois examens IRM en une semaine « il y a plusieurs années » pour évaluer sa polyarthrite rhumatoïde.

Elle prétend que cela l’a laissée faible, fatiguée, avec des accès de douleurs et une sensation de brûlure.

Maintenant, Chuck Norris, 77 ans, a intenté une poursuite contre le fabricant du médicament, et ce, au nom de sa femme de 19 ans.

La Star Chuck Norris poursuit en justice 11 compagnies pharmaceutiques qui, selon lui, sont responsables de l’empoisonnement de sa femme avec un produit chimique utilisé pour l’IRM.

L’ancienne modèle Gena Norris, 54 ans, a passé trois examens IRM en une semaine  pour évaluer sa polyarthrite rhumatoïde.

Elle prétend que le produit de contraste utilisé pour améliorer la clarté de ses imageries –  le Gadolinium – l’a laissée proche de la mort. Les frais médicaux se sont élevés à 2 millions de dollars. Depuis, elle souffre de faiblesse permanente, d’épuisement, de douleurs, de problèmes cognitifs et de sensations de brûlures.

Aujourd’hui, la Star de cinéma, Chuck Norris, 77 ans, a décidé d’intenter un procès au nom de son épouse qui avait alors 19 ans, contre une pléthore de firmes qui produisent ce produit de contraste, y compris McKesson et Bracco, deux poids lourds de l’industrie.

La plainte déposée mercredi à San Francisco allègue que la santé de Gena a été affectée par le Gadolinium, un syndrome rare déclenché par le produit de contraste.

Au cours des années qui ont suivi, affirme-t-elle, elle a été forcée de suivre des thérapies régulières par cellules souches pour traiter les problèmes persistants qui affectaient son système nerveux central.

Elle a déclaré : « Malheureusement , les procès semblent être la seule voie qu’il nous soit possible de prendre pour obliger les compagnies pharmaceutiques à rendre des comptes pour avoir menacé la vie de tant de personnes innocentes qui doivent subir des IRM. Ces entreprises continuent d’affirmer qu’il n’existe aucun lien entre le Gadolinium et des effets indésirables, même si les preuves paraissent écrasantes. Ce métal lourd reste en fait dans le corps pendant des années et pas seulement pendant quelques heures. »

Le Gadolinium est donc un métal présent dans les agents de contraste utilisés dans de nombreux IRM. Des études ont montré que ce produit est retenu dans des organes comme le cerveau, les os et la peau. L’American College of Radiology a déclaré dans un communiqué l’an dernier que des produits de contraste à base de Gadolinium ont été utilisés pour le diagnostic et le traitement de plus de 300 millions de patients dans le monde entier depuis la fin des années 1980.

La Food and Drug Administration des Etats-Unis a déclaré en mai qu’elle n’avait trouvé aucune preuve que le Gadolinium retenu dans le corps était nocif. Une agence de l’Union Européenne est parvenue à la même conclusion en juillet, mais a néanmoins recommandé de suspendre, par mesure de précaution, certains agents de contraste à base de Gadolinium.

Le cabinet d’avocats représentant les Norris, Cutter Law, a déposé de nombreuses plaintes au cours des dernières semaines au nom de personnes qui selon ces avocats, souffriraient également d’un empoisonnement au Gadolinium.

Dans l’affaire des Norris, on ne trouve aucun lien officiel et publiquement reconnu entre le Gadolinium et les symptômes signalés par des personnes qui pensent que le métal a nui à leur santé. Ceci peut être expliqué en partie parce que le test sanguin et le test d’urine pour détecter le Gadolinium n’est devenu disponible que tout récemment. La plupart des médecins n’étaient au courant d’aucune maladie associée au Gadolinium à part celles qui affectent les personnes ayant des problèmes rénaux.

« L’un des problèmes est qu’il s’agit d’une maladie très mal diagnostiquée et même sous-diagnostiquée », a déclaré Todd Walburg, avocat des Norris. L’action en justice accuse plusieurs fabricants de produits de contraste à base de Gadolinium de connaître les risques que présentent ces produits, mais d’omettre d’en avertir les patients. Les Norris réclament plus de 10 millions de dollars de dédommagement et intérêts. Ils ont en effet dû dépenser des millions de dollars pour le traitement de Gena Norris. »

Le Gadolinium est-il dangereux à long terme ?

Donc nous avons affaire à un médicament qui a potentiellement déposé un métal dont on ignore les effets à long terme et qui semble déjà avoir causé des problèmes de santé à certaines personnes dans le cerveau à des milliones de personnes qui n’en ont pas la moindre idée. Malgré le discours rassurant du ministère de la Santé, certains articles comme celui-ci publié dans un site spécialisé en radiologie sont moins mielleux :

« «Nous avons maintenant des preuves claires que l’administration de différents agents de contraste à base de gadolinium entrainent une accumulation résiduelle de cette substance dans le cerveau», déclare le Pr Emanuel Kanal, Directeur des services de radiologie et de neuroradiologie du Pittsburgh University Medical Center. «Ce que nous ne savons toujours pas est la signification clinique, le cas échéant, de cette observation. » La molécule de gadolinium seule peut être toxique. Présent dans les agents de contraste, il est lié à une molécule appelée agent de chélation, qui commande la distribution du gadolinium dans le corps. La sécurité d’un produit de contraste en IRM est donc soumise à la persistance de cette liaison dans les résidus. Trois études publiées dans Radiology soulèvent de nouvelles questions sur les concentrations résiduelles de gadolinium dans le cerveau des patients sans antécédents de néphropathie. »

Combien de médias traditionnels français ont évoqué comme il se doit ce scandale sanitaire à ce jour ? Zéro. Ce qui est affligeant, c’est de constater que notre médecine utilise de façon routinière et massivement des produits dont elle ignore tout des effets à long terme. On parle aujourd’hui du Gadolinium mais dans quelque temps, ce sera peut-être un autre médicament dont on apprendra une fois encore qu’on ignorait tout de ses réels effets sur notre corps ».

Fawkes News, le 15 janvier 2017

 
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Publié par le 16 janvier 2018 dans général

 

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L’Allemagne dit Nein à la garantie européenne des dépôts bancaires

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La garantie des dépôts bancaires à l’échelle européenne a du plomb dans l’aile tant que la question des créances douteuses n’est pas purgée.

L’économie va très bien, la croissance française est époustouflante et tout baigne dans le beurre de la création monétaire.

Très franchement, je ferai mieux d’aller aux champignons ou écouter les cerfs bramer le soir plutôt que d’écrire cette chronique des heures sombres de l’histoire financière. Heureusement, une dépêche fraîche de Reuters me donne un tout petit peu de grain à moudre.

Elle concerne la garantie des dépôts bancaires et est relayée par L’Usine Nouvelle.

Rappelez-vous, la garantie des dépôts à l’échelon européen permet de dire qu’un euro déposé dans une banque grecque bénéficie de la même sécurité qu’un euro déposé dans une banque autrichienne, batave ou allemande.

Si jamais la banque est en faillite, vos dépôts à hauteur de 100 000 € sont garantis, quoiqu’il arrive.

Une telle mesure vise à restaurer la confiance et d’éviter que les dépôts fuient à l’étranger lorsqu’un pays ou une banque bât de l’aile.

Car, oui, la confiance entre banques n’a jamais été vraiment restaurée depuis la crise. Le marché interbancaire n’est jamais revenu à des volumes normaux. Tout le monde lorgne sur les créances douteuses des autres.

Mais il y a un problème avec ce beau projet de solidarité avec de l’argent que personne n’a.

Les fonds nationaux de garantie des dépôts sont largement sous provisionnés. C’est bien normal d’ailleurs puisque les banques « trop grosses pour faire faillite » sont encore plus grosses qu’avant la crise.

Personne n’a envie de laver le linge sale des créances douteuses des autres.

Reuters :

« L’Allemagne s’oppose depuis toujours à ce projet, craignant que l’argent de ses propres banques ne soit mobilisé pour couvrir l’indemnisation des déposants de banques qui déposeraient leur bilan ailleurs en Europe.

Elle explique qu’elle ne peut accepter un mécanisme européen de garantie des dépôts, qui s’appliquerait à tous les dépôts de la Zone euro de 100 000 euros au plus, qu’à la condition que les risques de faillite bancaire soient sensiblement réduits.

Cela implique un dégonflement de l’encours de créances bancaire pourries dans un certain nombre de pays européens et la Commission a fait savoir qu’elle présenterait au printemps prochain des propositions aidant les banques à récupérer une partie de ces actifs.

Pour les créances garanties et nouvellement qualifiées aussi. »

Relisez bien Reuters : l’Allemagne pense que faute de nettoyer les écuries d’Augias, des banques feront faillite.

Pour assainir les banques, il faudrait les dégorger de ces prêts douteux. La solution financière consiste à créer une bad bank. En jargon techno-financier cela s’appelle « structure de défaisance ».

Evidemment, cela implique aussi pour les banques de déclarer des pertes, reconstituer des fonds propres — tout cela alors qu’il devient de plus en plus difficiles de gagner sa vie avec des taux aussi bas, la concurrence menaçante des cryptomonnaies, des fintechs, etc.

Reuters encore :

« A partir du 1er janvier, les banques auront deux ans pour provisionner toutes leurs créances non garantiesnouvellement qualifiées en catégories douteuses et irrécouvrables et sept ans pour les créances garanties et nouvellement qualifiées aussi. »

Tout cela évidemment ne règle aucun des deux problèmes de fonds :

  • un système bancaire intrinsèquement frauduleux puisque vos dépôts à vue sont réputés disponibles à tout instant alors qu’il n’en est rien compte tenu du principe de réserve fractionnaire.
  • un système monétaire intrinsèquement corrompu puisque les banques souscrivent complaisamment aux dettes de leur Etat de tutelle qui fera appel à ses contribuables pour les sauver en cas de besoin.

Reuters toujours :

« … soumettre l’an prochain un projet fixant le cadre légal des titres adossés à des emprunts d’Etat, pour renforcer un peu plus la stabilité du système financier et amoindrir les risques liés à l’excessive exposition des banques à la dette de leur propre pays. »

Mais je ne voudrai pas gâcher une si belle journée d’automne. Profitez bien des records des marchés action et caressez les licornes dans le sens du poil.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

Source: la-chronique-agora

 
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Publié par le 12 octobre 2017 dans économie, général, International

 

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Glyphosate et cancer : des études clés ont été sous-estimées par l’expertise européenne

Glyphosate et cancer : un toxicologue américain relance le débat

Dans une lettre adressée le 28 mai au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le toxicologue américain Christopher Portier dénonce l’évaluation scientifique d’études, menée par l’Agence de sécurité alimentaire européenne (Efsa) et l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), qui sous-estimeraient le lien entre plusieurs cas de cancer et la substance herbicide glyphosate. Ces agences d’expertise « ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d’augmentation d’incidence de cancers, dans les études de cancérogénicité chronique menées sur les rongeurs », a indiqué M. Portier dans sa lettre.

Quand on sait que les travaux de ces agences se sont appuyés sur des études parrainées par Monsanto pour leur évaluation de la sécurité du glyphosate, on ne peut pas ne pas s’interroger ! 

Eric Andrieu et Marc Tarabella, eurodéputés

Le glyphosate, substance active controversée notamment du Roundup de Monsanto, est la plus utilisée dans le monde. Le 16 mai dernier, la Commission européenne a proposé de réautoriser sa mise sur le marché pour dix ans dans l’UE, après le feu vert de l’Echa. L’agence a en effet jugé, le 15 mars dernier, que les connaissances scientifiques disponibles ne permettaient pas de classer le glyphosate comme substance cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR). « Il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérogène pour l’Homme« , avait également assuré l’Efsa en novembre 2015. Les agences ont publié leur avis après que le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a pourtant classé, en mars 2015, cette substance comme probablement cancérogène pour l’Homme. Selon le Circ, des « preuves convaincantes » avaient montré que le glyphosate peut causer le cancer chez les animaux de laboratoire. Le glyphosate serait aussi à l’origine de lésion sur le matériel génétique de cellules humaines.

Huit cas cancérigènes répertoriés

M. Portier a précisé, au journal Le Monde, avoir passé en revue les données brutes d’une quinzaine d’études industrielles menées sur des rongeurs transmises aux agences. Dans sa lettre, l’expert international indique avoir « trouvé huit cas de hausses significatives de la fréquence de tumeurs qui n’apparaissent dans aucune des publications ou des évaluations officielles présentées par l’Efsa et l’Echa. (…) Certaines de ces tumeurs étaient également présentes dans plusieurs autres travaux, renforçant la cohérence des résultats entre études ». Selon M. Portier, il s’agit de tumeurs au niveau du poumon des rongeurs, de la thyroïde, des tissus mous, du rein, du foie, de la peau et des glandes mammaires.

M. Portier a été sollicité par des députés européens pour mener une réanalyse de ces données. Les eurodéputés socialistes, démocrates et écologistes ont dénoncé le renouvellement de l’autorisation du glyphosate proposé par la Commission. Les eurodéputés socialistes français Eric Andrieu et belge Marc Tarabella ont soutenu cette lettre de M. Portier. « Quand on sait que les travaux de ces agences se sont appuyés sur des études parrainées par Monsanto pour leur évaluation de la sécurité du glyphosate, on ne peut pas ne pas s’interroger ! », estiment les deux députés. Ils réclament de nouveau plus de transparence et la mise à disposition publique des études scientifiques. M. Portier a appelé M. Juncker à « s’abstenir de prendre toute décision sur le glyphosate » jusqu’à ce que les nouveaux éléments mis au jour soient inclus dans l’évaluation européenne. « Cela nous conforte dans l’idée qu’il faille prôner le principe de précaution : tant que nous ne sommes pas sûrs que le produit soit inoffensif, on ne peut donner l’autorisation de l’utiliser : les citoyens ne sont pas des cobayes ! », a ajouté le député Marc Tarabella.

Les Etats membres devraient se prononcer d’ici peu sur sa réautorisation pour 10 ans. La Commission a rappelé que chaque Etat membre gardait le droit d’autoriser ou non l’utilisation de pesticides à base de glyphosate sur son territoire. (source)

 

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L’élection présidentielle française au cœur d’une opération européenne de reprise en main de l’information

La voix de la France dans le monde semblait avoir disparu depuis 2007 au moins, bien loin de l’éclat de la diplomatie française en 2003 quand le pays s’opposait à la guerre en Irak. Et pourtant, au moment où l’on pensait l’influence de ce pays définitivement enterrée, l’élection présidentielle française de 2017 provoque une attention internationale rarement égalée, signe que l’insignifiante France n’est peut-être finalement pas si insignifiante que cela quand elle risque d’élire une présidente d’extrême droite au cœur de l’Europe.

Mais le verdict est tombé et le monde respire1 : bien que la France soit le pays occidental à avoir le plus souffert du terrorisme ces dernières années, les Français ont résisté aux sirènes de la xénophobie et du repli, rejetant à plus de 65% la candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen. C’est ainsi qu’un pur technocrate, Emmanuel Macron, se retrouve président. Comment en est-il arrivé là ? Quelle est la signification de ce résultat ? Quelles seront les conséquences pour l’Europe ?

Dans cet article, notre équipe établit un constat très amer sur les rouages qui ont porté au pouvoir Emmanuel Macron, mais s’autorise un optimisme (prudent) sur le potentiel de sortie de crise qu’il est permis d’entrevoir compte tenu précisément des forces qui ont concouru à cette élection.
Pour ce communiqué public, nous avons choisi de partager la partie optimiste de cet article.

L’homme compatible

La campagne présidentielle française 2017 a connu un moment véritablement historique : le débat télévisé qui a opposé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, un débat qui a révélé deux choses : la vacuité du programme de l’une et la très inattendue densité du personnage (et du programme) de l’autre. Notre équipe anticipe que Marine Le Pen ne se remettra pas de ce débat, ni probablement son parti, le Front National. Le départ de la nièce de la famille Le Pen est d’ailleurs une première confirmation de cette anticipation. Ceci n’est d’ailleurs pas forcément une bonne nouvelle car la voie va se libérer pour la création d’un nouveau parti d’extrême-droite, plus moderne et efficace…

Mais dans ce débat, il n’y a pas que Marine Le Pen qui a été mauvaise, il y a Emmanuel Macron qui a été excellent et à qui l’on doit directement l’éviction de la candidate au deuxième tour, réussissant à convaincre tout un tas d’abstentionnistes d’aller finalement voter pour lui… pour une bonne raison cette fois et non dans le cadre d’une manipulation de communication.

L’immense soulagement des Français d’avoir évité Le Pen, combiné à une bonne dose de morale médiatique et à l’effet nouveauté, permet au nouveau président d’espérer un début de mandat « relativement » tranquille (contrairement à ce que nous écrivions il y a un mois – avec assez peu de conviction il faut bien dire). En tous cas, il ne devrait pas faire l’objet du lynchage médiatique qu’a subi Hollande dès les premiers jours de son quinquennat… et les bonnes nouvelles économiques qui continueront de pleuvoir devraient calmer les plus récalcitrants.
Le fait que son programme s’inscrive dans la continuité permet d’éviter à M. Macron la défiance des marchés, généralement accompagnée d’une fuite des capitaux, d’une chute des bourses, d’une hausse des taux d’intérêt, etc. Bien au contraire, son passé de banquier (qui par ailleurs en exaspère plus d’un) et son côté pro-business assumé lui assurent une bienveillance utile quand rôde toujours le spectre de la crise financière de 2008. Compatible avec les marchés, donc, sans aucun doute.

Figure 1 – Taux des obligations françaises à maturité 10 ans, mai 2016-mai 2017. Source : Boursorama.

Compatible avec l’Europe aussi, plus que jamais : Européen convaincu, il ne cache pas sa volonté de renforcer la construction européenne. « Une France forte (et ouverte) dans une Europe qui protège2 » : s’il parvient à tenir cette promesse, ce serait le retour d’une France influente et constructive en Europe, ce qui ne déplairait pas à de nombreux pays cherchant un contrepoids à l’Allemagne (Allemagne incluse comme nous le disons souvent : aucun pays, mais surtout pas l’Allemagne, n’a la capacité/légitimité de diriger l’UE ou la zone euro seul, et elle le sait). Par ailleurs, il n’est pas représentatif de la gauche française qui déplait tant aux autres Européens : au contraire, son programme est en accord avec la «gauche » des autres pays de l’UE (c’est-à-dire sociaux-libéraux), avec une acceptation claire de la mondialisation et du libéralisme. Il arrive en outre avec une image d’homme brillant, un homme de compromis qui emporte facilement l’adhésion (sa campagne fulgurante semble le prouver aux yeux du monde), ce qui est nécessaire pour le bon fonctionnement des institutions du continent.

Compatible avec l’Allemagne, enfin. Mme Merkel l’a soutenu pendant la campagne3 , et même l’intransigeant M. Schäuble, actuel ministre des Finances allemand, souhaite travailler avec lui sur un projet de parlement de la zone euro4 . Si le SPD emporte les élections allemandes de septembre, et bien que le candidat Schultz ait apporté son soutien à M. Hamon5 (courtoisie entre partis socialistes oblige), M. Macron est là encore compatible, soutenu notamment par l’ancien président du SPD, vice-chancelier et ministre de l’Économie allemand, M. Gabriel6 (ils ont d’ailleurs écrit une tribune commune sur l’Europe dans le Guardian7 en 2015). En deux mots, quel que soit le résultat de l’élection allemande, M. Macron travaillera volontiers avec l’Allemagne, ce qui ne plaira certes pas à tout le monde, mais ce qui a l’avantage de créer le potentiel de réforme de la zone euro tant attendue.

Il promet également de réduire le déficit public français (tout en baissant les impôts…), ce pour quoi il obtiendra vraisemblablement l’aval de l’Assemblée Nationale que notre équipe voit mal majoritairement à gauche. S’il réussit, cela devrait lui donner une certaine crédibilité en Europe et particulièrement en Allemagne.

Les questions concernant sa capacité ou non à se créer une majorité au Parlement français sont, d’après notre équipe, moins importantes que suggéré par l’attention portée par les médias à ce sujet : d’une part, dans la « démocratie » que nous avons décrite au début de cet article, les médias-faiseurs-d’opinion ont plus d’importance que les parlements suiveurs-d’opinion et c’est donc bien du contrôle des premiers que viendra le pouvoir réel de Macron à mettre en œuvre son programme; et, d’autre part, les résultats obtenus par les deux grands partis (PS et LR) à la présidentielle sont propices à une cascade de ralliements directs ou indirects au mouvement d’Emmanuel Macron. Nous avons parlé plus haut d’une crise majeure au FN, il fait aussi mentionner la crise majeure que les partis de pouvoir français commencent à traverser depuis le 7 juin.

De fait, la seule véritable opposition avec laquelle Macron va devoir compter, c’est la gauche radicale de Mélenchon et sa base ultra-militante, mais cette opposition sera davantage dans la rue qu’à l’Assemblée Nationale.

Conséquences pour l’euro et l’Europe

Si Mme Merkel reste au pouvoir, on peut douter que le président français obtienne gain de cause sur sa volonté de redistribution des richesses au sein de la zone euro8. De même, avec M. Macron s’éloignent les perspectives d’une réforme de l’euro telle que nous la décrivions le mois dernier. En réalité, la question est moins le contenu de la réforme que la volonté politique requise pour la mettre en oeuvre. « Tout est politique » comme le disaient les manifestants de mai 68. Et le fait est qu’une force politique, ancrée dans un appareil économico-médiatique supra-national, qui parvient à prendre les rênes laissés libres de la zone euro, est la condition sine qua non pour que la zone euro se remette à fonctionner… d’une manière ou d’une autre.
En ce qui concerne la valeur de l’euro, les bonnes nouvelles économiques de la zone euro, la probable création d’un parlement de la zone euro, ainsi que l’enthousiasme des marchés,… la maintiendront à un bon niveau, seulement affaiblie par le QE de la BCE tant que celui-ci durera.

Or les chances d’arriver à sortir du cercle infernal des QE augmentent considérablement avec l’arrivée d’un leader « eurosystème-compatible » dans le jeu. Notre équipe pense que le nouveau président, ancien banquier et ancien ministre de l’Économie, mesure bien les dangers du quantitative easing de la BCE et poussera pour un « QE fiscal » profitant à l’économie réelle, ce que M. Draghi lui-même promeut comme nous l’avons déjà expliqué.

Figure 2 – Cours de l’euro en dollar, mai 2016-mai 2017. Source : Yahoo.

Par ailleurs, l’élection de M. Macron, avec son libéralisme, redonne de l’attractivité à la place financière de Paris qui, en réseau avec les autres bourses de la zone euro (et notamment Francfort), pourrait récupérer une bonne part du transfert vers le continent de l’activité financière de la City post-Brexit, en particulier pour les transactions en euro qu’il est évidemment plus que légitime de rapatrier en zone euro910

Mais en réalité, le vrai point positif pour l’Europe est le retour à un dialogue constructif avec la France que permet le président qui se présente comme un homme « sans idéologie ». Selon notre équipe, avec la reprise en main médiatique européenne dont nous parlions plus haut et un changement perceptible de mentalité après les défaites de M. Wilders et Mme Le Pen, les agendas portés par M. Macron de démocratisation de l’Europe et d’Europe de la défense11 pourront enfin avancer, malgré les difficultés de ces débats12.

Des dangers à surveiller

On le voit, le résultat de l’élection française ouvre la porte à la résolution de nombreux problèmes européens et à un début de sortie de crise. Néanmoins, le début de cet article le montre assez : de grands dangers subsistent, et notamment la collusion avec les médias qui risque d’amplifier les bonnes nouvelles et de minimiser celles pouvant faire ombrage au nouveau dirigeant, mais aussi d’aider à faire passer discrètement des mesures impopulaires cachées derrière un flot de nouvelles triomphalistes…

Aux citoyens d’être vigilants ! C’est d’autant plus inquiétant avec un président ouvertement internationaliste, favorable aux traités de libre-échange comme le CETA et le TTIP, qui n’hésitera pas à vendre en catimini aux États-Unis ou à la Chine les fleurons européens par exemple13… La bonne nouvelle, c’est que le président des États-Unis n’est plus fréquentable. Avec M. Obama ou Mme Clinton au pouvoir, il aurait vraiment fallu s’inquiéter ; avec M. Trump, les velléités atlantistes de M. Macron sont déjà largement réfrénées.

Nos chercheurs du LEAP seront particulièrement attentifs à établir si Emmanuel Macron va en effet mettre en place une gouvernance certes efficace mais de fait non démocratique de la France/zone euro/UE, gouvernance qui reflèterait une idée assez répandue désormais dans les technocraties d’ici et d’ailleurs, selon laquelle le niveau de complexité du monde d’aujourd’hui exclut les peuples de tout espoir de compréhension et qu’il faut donc s’en préserver pour la bonne gestion des affaires (en inventant ce concept de « populisme » qui sert de plus en plus à éliminer de la vie publique l’extrémisme, la politique, les peuples et le débat tout à la fois) ; ou bien si, dans le cadre de son agenda, Emmanuel Macron va réellement contribuer à connecter les citoyens européens aux institutions communes via un système de validation démocratique des grandes orientations à donner au continent. Un certain optimisme est de mise compte tenu de ses déclarations concernant le besoin de « retisser les liens entre Europe et citoyens »14 ; mais s’agira-t-il d’œuvrer à recréer une citoyenneté européenne dite de la « claque » (formée à applaudir) ou bien à inventer une citoyenneté européenne impliquée dans les grands processus décisionnels ? Son soutien ou non à des actions de démocratisation européenne sera un indicateur que LEAP, compte tenu de ses actions dans ce domaine15, n’aura pas de mal à constater et partagera avec les lecteurs de sa lettre confidentielle.

Il faudra enfin surveiller les relations qu’il souhaite entretenir avec la Russie de M. Poutine, avec qui il a promis de discuter, et avec la Chine, l’OCS et les BRICS, pour savoir si le nouveau président français veut réellement contribuer à positionner la France et l’Europe dans le monde d’après. Notre équipe ne peut encore en juger…

  1. Source : « La victoire d’Emmanuel Macron vue par la presse internationale », Le Monde, 08/05/2017. []
  2. Sources : Twitter @EmmanuelMacron (03/05/2017) ; France24 (03/05/2017). []
  3. Sources : Bloomberg (28/04/2017) ; Deutsche Welle (03/05/2017). []
  4. Source : Reuters, 11/05/2017. []
  5. Source : EUObserver, 29/03/2017. []
  6. Source : EUObserver, 20/03/2017. []
  7. Source : Guardian, 03/06/2015. []
  8. Source : La Tribune, 02/03/2017. []
  9. C’est la raison pour laquelle le Financial Times titrait : « Macron and Schulz would be bad news for May ». Source : Financial Times, 13/02/2017. []
  10. Nous estimons d’ailleurs que ce projet de transformer Paris en place financière majeure de la zone euro est probablement celui qui a fait converger la classe financiaro-économique française autour de la candidature du poulain commun Emmanuel Macron. []
  11. Le Brexit pourrait bien simplifier les choses ici aussi… []
  12. Lire par exemple « Where might Macron clash with Europe? », EUObserver, 09/05/2017. []
  13. Ce ne serait pas le premier, cela dit… Dernier épisode en date d’incroyable trahison, passé relativement inaperçu (!) : « Les renseignements français cèdent à l’américain Palantir la surveillance du web ». Source : L’Express, 09/12/2016. []
  14. Source : La Dépêche, 07/05/2017 []
  15. LEAP inspire et participe au lancement d’un Processus Citoyen de Démocratisation de l’UE les 1-2 juillet à Louvain-la Neuve auquel les lecteurs du GEAB sont bien évidemment conviés à participer. Source : Association des Amis de Franck Biancheri []

Source : GEAB Mai 2017, pour le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, Mai 2017.

 
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Publié par le 26 mai 2017 dans économie, général, International, Politique

 

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