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« Monsieur Macron est un menteur » Philippe Pascot

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Publié par le 18 décembre 2018 dans général, Politique, société, Vidéos (Toutes)

 

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La défaillance de la dette mondiale est une possibilité sérieuse

La dette est-elle bonne ou mauvaise ? La réponse est « Oui. »

La dette est une dépense anticipée. Elle vous permet d’obtenir maintenant quelque chose dont vous ne pourriez pas disposer autrement.

Que ce soit sage ou non dépend de ce que vous achetez. La dette pour vous éduquer, afin que vous puissiez obtenir un meilleur emploi, peut être une bonne idée. Emprunter de l’argent pour financer vos vacances ? Probablement pas.

Le problème est que beaucoup de gens, d’entreprises et de gouvernements empruntent tout simplement parce qu’ils le peuvent. Cela n’a été possible au cours de la dernière décennie que parce que les banques centrales le rendaient très bon marché.

C’était rationnel à cet égard. Mais la croissance est moins forte alors les banques centrales commencent à resserrer la vis.

Cette année, j’ai écrit une série d’articles (synopsis et liens ici) prédisant un «déraillement» de la dette et une éventuelle liquidation. Je l’ai surnommé «The Great Reset» [La Grande Réinitialisation]. J’ai estimé qu’il nous restait un an ou deux avant que la crise ne devienne évidente.

Maintenant, j’ai des doutes. Les événements récents me disent que le décompte pourrait être plus proche que je ne le pensais il y a quelques mois.

La dette n’alimente plus la croissance

Les banques centrales autorisent l’emprunt parce qu’elles pensent que cela générera de la croissance économique. Parfois c’est le cas. Le problème est qu’ils créent une dette sans se soucier de la manière dont elle sera utilisée.

C’est ainsi que nous gonflons des bulles artificielles qui finissent par crever. On nous dit de ne pas nous inquiéter de la valeur absolue de l’endettement tant que l’économie croît avec lui.

C’est sensé. Un pays avec un PIB plus important peut avoir plus de dette. Mais c’est de moins en moins ce qui se passe.

Laissez-moi vous fournir deux données de fait.

Lacy Hunt de Hoisington Investment Management piste les données montrant que la dette perd sa capacité à stimuler la croissance. En 2017, un dollar de dette, non financière [dans l’économie réelle] n’a généré que quarante cents de PIB aux États-Unis. C’est encore moins ailleurs. Il y a cinquante ans un dollar de dette générait plus de quatre dollars pour l’économie.

Cela s’est sérieusement aggravé au cours de la dernière décennie. La productivité de la dette [ratio d’augmentation du PIB par dollar de dette] de la Chine a chuté de 42,9% entre 2007 et 2017. C’était la pire parmi les grandes économies, mais d’autres ont également perdu du terrain. Tous les pays développés tirent sur la même corde et espèrent obtenir des résultats.

Maintenant, si vous êtes habitué à utiliser la dette pour stimuler la croissance et que la dette perd cette capacité, que se passera-t-il ensuite ? Vous l’avez deviné : les-génies-au-pouvoir vont ajouter encore plus de dettes.

Voici combien de dette nous avons réellement

C’est un comportement classique de dépendance. Vous devez continuer à augmenter la dose pour obtenir le même effet.

Mais des siècles d’histoire montrent que chaque augmentation de la dette a fini par peser sur l’économie. On n’échappe pas au Jour du Jugement.

L’économie américaine est si énorme et si puissante que notre dette publique actuelle de $24 500 milliards (États et collectivités locales comprises) pourrait facilement atteindre $40 000 milliards avant que nous n’arrivions au Jour du Jugement. Nous sommes à une seule récession près d’un total de $30 000 milliards de dette publique américaine.

Cela va se passer apparemment du jour au lendemain. Et les déficits resteront bien au-dessus des $1 000 milliards par an, année après année, un peu comme aujourd’hui.

Même si le déficit budgétaire est inférieur à $800 milliards cette année, nous avons ajouté plus de $1 000 milliards à la dette réelle. Cela est dû à des éléments «hors budget»qui, selon le Congrès, ne devaient pas faire partie du processus budgétaire normal.

Cela inclut des dettes telles que celles de la sécurité sociale et de l’assurance-maladie. Elles varient d’année en année et peuvent aller de $200 à $500 milliards.

Et voici le point que vous devez comprendre. Le Trésor américain emprunte ces dollars qui s’ajoutent au total dû par les contribuables. Le véritable déficit qui s’ajoute à la dette est en réalité beaucoup plus élevé que le chiffre que vous voyez dans les informations.

La dette des ménages et des entreprises augmente également rapidement. Et pas seulement aux États-Unis.

Voici une note de Lakshman Achuthan du Economic Cycle Research Institute :

Il est notable que la dette globale des États-Unis, de la zone euro, du Japon et de la Chine a augmenté plus de dix fois plus que la croissance de leurs PIB combinés au cours de l’année passée.

Oui, vous avez bien lu. L’année dernière, les plus grandes économies du monde se sont endettées dix fois plus vite que la croissance économique. L’ajout de la dette à ce rythme, s’il se poursuit, fera augmenter le ratio dette / PIB à un rythme alarmant.

Lakshman continue :

Fait remarquable, l’économie mondiale – qui ralentit malgré la hausse de la dette – se retrouve dans une situation rappelant celle de l’effet de la Reine Rouge que nous évoquions il y a 15 ans, lorsque les réductions d’impôt avaient considérablement accru le déficit budgétaire des États-Unis. Comme le dit la reine rouge à Alice dans À travers le miroir de Lewis Carroll, « Maintenant, vous voyez, vous déployez tous les efforts possibles pour rester sur place. Si vous voulez aller ailleurs, vous devez courir au moins deux fois plus vite que ça ! »

Cela finira mal

J’essaie d’imaginer un scénario où cela aboutirait à quelque chose de moins grave que le chaos et la crise. Le mieux que je puisse concevoir est une stagnation de dix ans (et peut-être plus) pendant la liquidation de la dette.

Mais de manière réaliste, cela ne se produira pas car les débiteurs ne le laisseront pas faire. Et ils sont plus nombreux que les prêteurs. Pour cette raison, quelque chose comme « La Grande Réinitialisation» se produira en premier. La solution rationnelle serait de retarder l’inévitable le plus longtemps possible Pourtant, aux États-Unis, nous le précipitons.

Par John Mauldin – Le 7 novembre 2018 – Source forbes.com

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Publié par le 3 décembre 2018 dans économie, général, International

 

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Général P. de Villers : « la situation est très préoccupante »

 
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Publié par le 20 novembre 2018 dans général, Politique, Vidéos (Toutes)

 

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Trump contre la Fed : quand les marchés s’effondrent, qui est responsable ?

Trump contre la Fed : quand les marchés s’effondrent, qui est responsable ?

Il n’y a pas de Trump contre la Fed . Trump n’est qu’un pion de l’élite, même s’il n’en est pas forcément conscient . Tout ceci n’est qu’une grande pièce de théâtre . Z

Après un certain temps d’examen approfondi de l’histoire, quiconque est honnête et relativement objectif en vient à comprendre que la plupart de ce qu’on nous dit sur notre passé dans les médias dominants est complètement fabriqué. Nous apprenons qu’une grande partie de « l’histoire » n’est pas liée à la postérité ou à l’héritage, mais plutôt à un ensemble continu de faux récits truffés de demi-vérités. C’est-à-dire que ce que nous pensions savoir sont des mensonges.

Malheureusement, ces mensonges peuvent être complexes, au point que même de nombreux chercheurs alternatifs sont pris dans leurs propres préjugés perdant de vue la réalité. Bien sûr, c’est ce que la propagande et la guerre de 4e génération sont censées accomplir ; cela crée une série de filtres qui éclaircissent la foule des chercheurs de vérité. Ceux qui parviennent à passer de l’autre côté de la frontière peuvent découvrir le tableau d’ensemble, mais lorsqu’ils se retournent pour expliquer ce qu’ils ont vu, il n’y a presque plus personne pour les écouter.

Les récits complexes de propagande sont en fait enracinés dans de simples mèmes archétypaux qui résonnent avec le sens de l’histoire perçue par la personne moyenne. Considérez les événements historiques traditionnels comme un scénario avec des rythmes bien rodés, et les personnes qui rédigent ce scénario ont l’intention que nous, le public, agissions comme un public avec une participation limitée. Notre travail consiste simplement à continuer à alimenter la machine en carburant par notre main d’œuvre jusqu’à ce que la machine n’ait plus besoin de nous et à perpétuer les histoires que la machine fabrique pour alimenter l’actualité.

Il y a beaucoup d’acteurs qui lisent des lignes du scénario historique et jouent des scènes élaborées destinées à manipuler émotionnellement les masses. Ces acteurs jouent le rôle de politiciens et de dirigeants d’État. Ce sont des magnats de la banque et des chefs d’entreprise. Ce sont les gardiens des médias et des célébrités fabriquées. Si une personne est assise dans ce qui semble être une position de pouvoir, elle est rarement ce qu’elle semble être à première vue.

J’explique cette énigme parce que beaucoup de gens prétendent que de telles choses sont évidentes, mais ils continuent de tomber amoureux du même théâtre kabuki à maintes reprises. Je l’explique aussi parce que le sujet de cet article est un parfait exemple du récit de guerre de 4e génération en action. La dernière escalade de ce que je considère comme une bataille inévitable entre l’administration Trump et la Réserve fédérale n’est pas du tout ce que les médias dominants ou la plupart des médias alternatifs pensent qu’elle est.

J’ai examiné les antécédents douteux et les associations de Donald Trump de façon approfondie dans de nombreux articles. En résumé, Trump est lié à des financiers globalistes et à des membres de groupes de réflexion depuis au moins 25 ans. Au cours des deux dernières années, il a proposé la candidature de ces mêmes personnes macabres au sein de son cabinet ou les a empilées dans son cabinet.

Pour illustrer la gravité du problème, je suggère aux lecteurs d’examiner des gens comme Wilber Ross, l’agent bancaire Rothschild qui a sauvé Trump de ses dettes considérables au casino du Taj Mahal il y a des décennies, et qui est maintenant le secrétaire au Commerce.

Larry Kudlow, directeur du Conseil économique national et conseiller de Trump, est un ancien économiste de la Réserve fédérale de New York. Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, était un membre éminent de Goldman Sachs.

Pendant l’élection, la rhétorique de Trump au sujet de la prise de contrôle de Washington par les banques était très critique, mais il s’associe maintenant étroitement avec les anciens des banques que de nombreux conservateurs considéreraient comme suspects ou peu fiables dans leurs motivations. Certains d’entre eux sont remplacés par d’autres élites bancaires. À chaque instant, il y a toujours plusieurs élitistes financiers dans les couloirs de la Maison-Blanche et la plupart d’entre eux sont liés à des organisations ayant une mission résolument globaliste.

Ce fait devrait faire comprendre à tous ceux qui ont du bon sens que lorsque Trump « entre en guerre » contre les banquiers dans ses discours, ce qu’il produit, c’est du théâtre. Ainsi, quand je lis les dernières nouvelles selon lesquelles Trump qualifie la Réserve fédérale de « folle » et lui reproche la dernière chute boursière d’octobre, je dois dire que c’est probablement encore plus théâtral. Cependant, ce théâtre a un but.

En février 2017, dans mon article intitulé « S’il y a une bataille entre Trump et la Réserve fédérale, qui va vraiment gagner ? », j’ai expliqué pourquoi un conflit entre Trump et la banque centrale aiderait en fait les globalistes à détrôner le dollar américain comme monnaie de réserve mondiale d’une manière qui donne l’impression que c’est une catastrophe aléatoire de chaos politique plutôt qu’un événement prévu. Cela ouvrirait la voie à un nouveau système de monnaie unique mondiale que certains internationalistes appellent le « reset économique mondial ».

Dans mon article « Trump contre la FED : l’Amérique sacrifiée sur l’autel du NOM », publié en juillet, je suis allé encore plus loin et j’ai prédit un choc chorégraphié entre Trump et la Réserve fédérale.

Il semble maintenant que cet affrontement ait été lancé.

Le fait que les médias financiers grand public soient soudainement revenus à la panique à la suite d’une chute de quelques milliers de points dans le Dow Jones devrait faire réfléchir les gens. Il s’agit d’un changement de ton par rapport aux déclins précédents, où les médias ont rejeté ou écarté la chute des actions comme une simple « correction ». Aujourd’hui, des chaînes comme Bloomberg parlent de « crise ».

Comme je l’ai noté dans le passé, les médias grand public et les banques centrales n’avertissent pas des crises longtemps à l’avance comme le font les médias alternatifs. Au contraire, ils mettent en garde contre une crise quelques semaines ou quelques mois à l’avance, trop tard pour que la personne moyenne puisse s’y préparer. Le récent changement d’attitude des médias dominants suggère que la prochaine étape de l’effondrement qui se poursuit depuis 2008 arrive.

Pour les globalistes, c’est une période précaire. Si un krach se produit dans un vide narratif, le public blâmera naturellement les coupables les plus évidents, à savoir les banques centrales et les banques internationales. Ce sont les coupables évidents parce qu’ils ont largement admis avoir été les acteurs de sabotages économiques dans le passé.

Ben Bernanke a admis que la Fed était responsable de la douleur prolongée de la Grande Dépression. Alan Greenspan a admis sa culpabilité comme dirigeant de la Fed pour la bulle des années 1990 et la bulle des dérivés de 2008. En 2012, Jerome Powell a averti que lorsque la Fed déciderait enfin d’instaurer des hausses de taux d’intérêt et des réductions de bilan, les marchés dépendants des mesures de relance s’effondreraient. Aujourd’hui, en tant que président de la Fed, il met en œuvre ces politiques en sachant exactement quelles en seront les conséquences.

Le problème est, une fois de plus, un faux récit. Les banquiers centraux admettent avoir joué un rôle important dans les krachs historiques, mais ils font semblant d’ignorer les plus grands dangers de notre époque. Ils exploitent également les boucs émissaires pour détourner l’attention du public de leurs activités.

Pour la Grande Dépression, Bernanke admet que les mesures de resserrement de la Fed dans le cadre de la faiblesse économique de l’époque ont prolongé et augmenté l’horreur de la Grande Dépression, mais la position officielle de la Fed est de blâmer l’existence du standard or. Pour la bulle des produits dérivés, les banquiers centraux admettent un « manque de prévoyance » de la part de la Fed, mais considèrent toujours la « dérégulation » comme la première cause du krach de 2008. Pour la prochaine phase de déclin économique en 2018, ils ont un nouveau bouc émissaire ; un bouc émissaire qui les aide – Donald Trump.

Comme je l’avais prévenu en mars de cette année, la carrière présidentielle de Trump a jusqu’à présent ressemblé de près (et étrangement) à celle du président républicain Herbert Hoover juste avant le crash de 1929. Trump a mis en œuvre d’importantes réductions d’impôt, des programmes de dépenses d’infrastructure et des tarifs douaniers importants dans la foulée d’une instabilité économique, tout comme Hoover l’a fait. Et comme au début de la Grande Dépression, la Réserve fédérale augmente également ses taux à mesure que le reste de l’économie faiblit.

Trump offre une couverture parfaite aux élites bancaires pour qu’elles puissent continuer à retirer le soutien vital du système et à faire imploser une bulle vieille de 10 ans dans les marchés des actions et les obligations. Sa guerre commerciale peut être utilisée de nombreuses façons pour contrecarrer tout blâme des banques centrales qui démolissent délibérément ces marchés. Le fait que Trump a facilement pris le crédit pour les gains boursiers épiques au cours des deux dernières années aide également beaucoup la Réserve fédérale.

Au cours de sa campagne, M. Trump a averti que les marchés boursiers étaient  « une grosse bulle » créée artificiellement par la manipulation des faibles taux d’intérêt par la Fed. Maintenant, Trump attaque la Fed en la traitant de folle pour avoir augmenté les taux d’intérêt et dégonflé cette même bulle. Trump joue un rôle particulier dans le scénario globaliste – celui du méchant, celui qui a trop d’arrogance et qui détruit tout.

Si le conflit entre la Réserve fédérale, une banque privée, et la Maison-Blanche se poursuit, les conservateurs pourraient obtenir le résultat qu’ils ont toujours voulu, mais avec de nombreuses casseroles dans le dos. Alors que la farce va de l’avant, attendez-vous à ce que la participation des capitaux étrangers dans les bons du Trésor américain et le dollar chute encore davantage. Il y a dix ans, un audit ou la fermeture de la Fed aurait pu inverser le cours de l’Amérique pour le mieux. Maintenant, je crois que les globalistes veulent sacrifier la Fed et le dollar. Pourquoi ? Comme l’a noté le journal The Economist de Rothschild en 1988 dans son article sur le lancement d’une monnaie mondiale en 2018, les États-Unis et le dollar doivent être réduits afin de céder la place à un nouveau modèle dirigé par le Fonds monétaire international.

La Fed n’est rien de plus qu’une branche de franchise, et si sa fermeture permet de gagner plus de pouvoir à long terme, c’est exactement ce qu’ils vont faire. Le FMI et la BRI sont en train de devenir la nouvelle « Fed globale », et le jeu est sur le point de changer radicalement.

Les folies scénarisées de Trump ne préparent pas seulement le terrain pour un krach boursier dont lui et les conservateurs seront blâmés à la place des élites bancaires, elles préparent aussi le terrain pour le hochet de la mort du dollar. Le premier combat de Trump avec la banque centrale créera des doutes considérables sur la dette américaine ainsi que sur le statut de réserve mondiale du dollar. Ce chaos parfaitement chronométré est avantageux pour les globalistes, dont les objectifs incluent une relance économique et un nouveau système monétaire ; les actions de Trump ne s’inscrivent pas dans une bataille héroïque pour la République.

Pour répondre à la question initiale de savoir qui est à blâmer pour le désastre à venir, la Fed et Trump sont tous les deux à blâmer, car ils jouent tous les deux leur rôle dans la même fausse histoire.

Article original de Brandon Smith, publié sur le site alt-market.com

Traduit par le blog http://versouvaton.blogspot.fr 

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La situation est beaucoup plus dangereuse que pendant la guerre froide

La situation est beaucoup plus dangereuse que pendant la guerre froide

Vous allez maintenant pouvoir lire les infos que je vous relaie sur le risque imminent de guerre totale d’un œil nouveau, toujours à la lumière de ce fameux article d’hier, qui perso m’a traumatisé  . 

 » Dans les conditions actuelles, la possibilité d’incidents ou d’accidents entre puissances nucléaires n’est qu’une question de temps. »

« La guerre n’a pas d’avenir si les agneaux ne se laissent pas traîner à l’abattoir, mais en Europe, les agneaux sont divertis par d’autres sujets et semblent totalement étrangers à la nette augmentation du danger de guerre dans lequel nous vivons. »

Hé oui, les agneaux sont « divertis par d’autres sujets », c’est bien là tout le problème ! Et il n’y a pas que le pain et les jeux, même si c’est la base … Z 

par Rafael Poch de Feliu

Il y a une dizaine d’années, j’ai assisté à un rassemblement de la mafia locale dans un bar de la ville chinoise très peuplée de Chongqing. Un regroupement de six ou sept personnes de tout le pays qui traitaient autour d’une tasse de thé les affaires de cette ville prodigieuse, alors encore en construction. J’ai été emmené par un Américain, peut-être un agent de la CIA, qui a montré une grande familiarité avec tous ces gens. Ils se parlaient avec une grande aisance de la prochaine guerre. Les États-Unis et la Chine, disaient-ils, y seraient confrontés. J’ai été impressionné par le consensus : la question de la guerre était inévitable et la Chine allait gagner. Même un capo taïwanais dynamique a adhéré à cette conclusion.

Parler de la possibilité d’une guerre, sinon de son caractère inévitable, est devenu un cliché. Mais pas dans les conversations autour d’un café, hélas, sinon entre ceux qui prennent les décisions. Contrairement aux années 1980, la société civile européenne est aujourd’hui totalement inconsciente du danger, malgré le fait que les mesures et les discours des puissants sont sans équivoque et devraient susciter la plus grande vigilance sociale. C’est ce que marque, précisément, l’horloge du Jugement Dernier, l’horloge du jugement final nucléaire qui maintient depuis 1947 le Bulletin of the Atomic Scientists et qui cette année marque minuit moins deux minutes, un niveau d’alerte inégalé depuis 1953 aux heures les plus sombres de la guerre froide.

Une nouvelle catastrophe

Tout cela s’explique par l’annonce faite le 20 octobre par Donald Trump que les États-Unis se retireraient de l’accord signé en 1987 avec l’URSS sur l’interdiction des Missiles Nucléaires à Portée Intermédiaire (INF). Il s’agit d’une nouvelle catastrophe qui poursuit le démantèlement des grands accords qui ont ordonné la tension nucléaire mondiale entre les deux superpuissances et qui ont ensuite engendré, avec Gorbatchev, un désarmement stratégique majeur depuis la fin des années 60 ; l’accord de non-prolifération nucléaire (de portée mondiale mais dont l’article premier obligeait les détenteurs de bombes à se désarmer), l’accord ABM de 1972 limitant les systèmes anti-missiles (afin qu’ils ne conduisent pas à une installation de missiles plus stratégiques – longue portée – pour éviter une interception possible et une escalade sans horizon) ainsi que les accords START de réduction des missiles stratégiques START. Toujours à l’initiative des États-Unis, ces accords ont été annulés (ABM, INF), ou ignorés.

President Ronald Reagan and Mikhail Gorbachev.C’est ce qui s’est passé avec les accords START depuis celui signé à Moscou en 2002, où il a été permis que les armes retirées ne soient pas éliminées, mais stockées dans l’entrepôt, ce qui permettait leur réversibilité. Cet accord s’est terminé par un véritable désarmement, c’est-à-dire contraignant, vérifiable et dans un esprit de diminution, afin de se lancer dans une autre voie.

Depuis lors, tout s’est effondré dans le cadre de la chimère de l’hégémonie unipolaire de Washington. Il n’y a guère de garanties ou de voies de communication contre ce que l’on appelait MAD (Destruction Mutuelle Assurée), mais les puissances nucléaires sont quotidiennement en contact militaire direct avec les navires et avions américains provoquant et traquant les frontières chinoises et russes, dans la mer de Chine méridionale, en mer Baltique, en Europe de l’Est et en mer Noire, sans parler des contacts dans le conflit syrien. Dans les conditions actuelles, la possibilité d’incidents ou d’accidents entre puissances nucléaires n’est qu’une question de temps.

Pour les désemparés qui parlent de « responsabilités partagées » et « d’expansionnisme russe », il y a une carte à montrer : ces frictions n’ont pas leur place dans le Golfe du Mexique, ni au Canada. La géographie (ainsi que le retrait des accords et le montant des budgets militaires) trahit le principal provocateur.

Objectif Chine

Le retrait américain de l’accord FNI contribue à cette dégradation malsaine, augmente le risque de guerre ou d’accident nucléaire en Europe et, en même temps, est dirigé contre la Chine. L’accord de 1987 a empêché les États-Unis de déployer des armes nucléaires tactiques. Aujourd’hui, Washington peut les déployer autour de la Chine, puissance non concernée par cet engagement, et de la Corée du Nord, obsédée par le fou John Bolton, conseiller de Trump pour la sécurité nationale.

La visite de Bolton à Moscou pour expliquer à Poutine le retrait de l’accord a été une humiliation totale pour le Kremlin, dont l’obsession et la gesticulation en matière stratégique (souvenez-vous des vidéos de Poutine dans son dernier discours sur l’état de la nation en mars dernier, vantant la nouvelle génération des missiles hypersoniques « sans égale dans le monde ») doivent être prises en compte par les États-Unis. Ce n’est pas facile quand la disproportion des ressources est si énorme : Washington dépense 700 milliards de dollars par an pour ses dépenses militaires, alors que la Russie n’atteint pas les 70 milliards sans parler des alliés européens de l’OTAN qui, ajoutés aux Etats-Unis, rapportent 950 milliards. Bolton a dit aux Russes que le retrait des FNI n’est pas contre eux, mais contre les Chinois. Impossible d’imaginer une plus grande offense contre Poutine que de dire : « On ne compte même pas sur toi. »

Plus de dangers

Le président russe a logiquement averti que sans le traité FNI :

« Si les Etats-Unis déploient de nouveaux missiles intermédiaires (nucléaires) en Europe, les nations européennes risquent un contrecoup (russe) ».

Et à Pékin, le président Xi Jinping a reçu le message.

Xi comprend parfaitement que les sanctions et les barrières commerciales de Trump ne sont pas un différend commercial, mais une offensive directe contre le développement et l’essor de la Chine, c’est-à-dire contre le plus sacré de la politique chinoise. Le pivot vers l’Asie (déploiement de la majeure partie de la puissance aérienne navale américaine autour de la Chine) et le quatuor militaire formé en Asie avec le Japon, l’Australie et l’Inde font partie de la même architecture insensée que le retrait du traité FNI.

Xi Jinping avertit les militaires de "se préparer à la guerre"

Xi Jinping avertit les militaires de « se préparer à la guerre »

Dans un discours prononcé jeudi devant les commandants de la région militaire du Sud chargés de surveiller le détroit de Taïwan et les îles contestées, Xi a exhorté ses militaires à « se concentrer sur la préparation au combat et à la victoire ».

« Nous devons accroître les manœuvres de préparation au combat, les exercices interarmées et les manœuvres de confrontation pour améliorer la capacité des troupes et la préparation à la guerre« .

Presque simultanément, au Forum de Varsovie sur la sécurité, l’ancien chef des forces militaires américaines en Europe, le Général Ben-Hodges, a lancé son pronostic :

« Ce n’est pas inévitable, mais je pense que dans les quinze ou dix prochaines années, nous avons une grande possibilité d’être en guerre avec la Chine« .

Plus ou moins ce que disaient il y a dix ans, mes sympathiques mafiosi du rassemblement de Chongqing, mais sans le pronostic victorieux qui l’accompagnait….

Réactions de l’ANASE, signaux de l’UE

Dimanche, les premières manœuvres militaires conjointes de la Chine avec l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), l’organisation qui regroupe la majorité des pays de la région, dont beaucoup sont en conflit territorial avec la Chine, ont pris fin sur la côte de la province du Guangdong (Canton, Chine du Sud). Le Vietnam, probablement le pays dont la Chine se méfie le plus, y a participé.

Turkey Syria SummitDans le même temps, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe, rien de moins, s’est rendu à Pékin. Le message de tout cela est clair : l’Asie de l’Est ne se permet pas de s’engager dans une dynamique de bloc et ne s’intéresse pas à la militarisation des tensions promue par Washington. Même le Japon, l’Inde et l’Australie, membres du quatuor anti-chinois organisé par Washington, ne sont pas enthousiasmés par cette initiative. Dans une Europe dont la sécurité et la politique étrangère sont hypothéquées par l’OTAN, il est impensable d’imaginer quelque chose de similaire à ce que l’ANASE représente. Le grief comparatif est immense.

Les puissances européennes ne sont pas non plus enthousiasmées par le retrait américain du traité FNI, qui ouvre un scénario de tension nucléaire en Europe dont les Européens paient le prix. Cela ajoute à la colère contre Washington face à son retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran et à son ressentiment à l’égard du nouveau protectionnisme de Donald Trump et des pressions commerciales. Dans ce contexte, Angela Merkel et Emmanuel Macron sont apparus samedi à Istanbul, tenant la main de Erdogan et de Poutine après avoir signé une convention négociée sur le nid du frelon syrien, qui était jusque-là pour eux une histoire de changement de régime. Et il n’y avait pas les États-Unis dans le tableau. Bien que petite, c’est une bonne nouvelle. L’UE est encore loin du sens commun.

La guerre n’a pas d’avenir si les agneaux ne se laissent pas traîner à l’abattoir, mais en Europe, les agneaux sont divertis par d’autres sujets et semblent totalement étrangers à la nette augmentation du danger de guerre dans lequel nous vivons.

source : La situación es mucho más peligrosa que en la guerra fría

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Alerte – L’humanité est au bord de l’apocalypse nucléaire !!! (à lire absolument)

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Voici tout simplement certainement un des meilleurs articles que j’ai jamais lu, …. et relayé sur ce Blog ! Tout simplement fabuleux ! Vraiment un grand bravo Politicoboy qui nous livre ici une analyse sur le risque d’une guerre nucléaire suivi d’un hiver nucléaire d’une rare pertinence, et d’une grande exhaustivité, je lui tire mon chapeau bas ! Il n’y a pas moins de 47 notes et références, toutes intéressantes à lire , en plus des sources .

Ce papier est superbe, mais absolument terrifiant . Il nous montre à quel point l’humanité est proche de l’anéantissement, qui plus est sur un malentendu . C’est absolument incroyable, moi qui tente d’alerter la population et qui traite du sujet de la guerre nucléaire qui nous pend au nez en profondeur, je ne connaissais pas des concepts comme « launch on warning » ou encore l’existence des « Doomsday machine », qui déclenchent l’apocalypse via une un système de défense automatisé à la moindre explosion nucléaire, et pire, une riposte totale peut se déclencher sur … une fausse alerte ! Comme je le dis souvent, « sur un malentendu » . Et comme vous allez le lire, les fausses alertes ne manquent pas, l’humanité aurait déjà pu être exterminée plusieurs fois . (on court ce risque chaque jour à cause des conflits en Ukraine et Syrie comme j’en parle régulièrement, mais pas que ..)

On apprend ici que l’apocalypse nucléaire qui provoquerait la fin de notre civilisation pourrait être déclenché sans même que les chefs d’État n’en donne l’ordre ou n’en soit informés ! Leur autorité a été « déléguée à de nombreux échelons subalternes », c’est dire décentralisée en somme . Il n’existe donc pas de bouton nucléaire, mais des milliers ! Un simple militaire, par erreur ou volontairement, peut déclencher une guerre nucléaire et provoquer la fin de notre civilisation, sans l’accord de personne … Une organisation terroriste qui mettrait la main sur une arme atomique peut aussi déclencher l’apocalypse, et ce danger est de plus en plus réel …

De mémoire j’ai aussi publié des papiers qui parlent des engins en tous genres gérés par des robots, qui peuvent déclencher une frappe nucléaire automatisée (ou sur activation), qui « dorment » au fond des océans, sur terre ou dans l’espace dans divers dispositifs comme des mini sous marins autonomes, des silos ou encore des engins spatiaux (j’essaierai de retrouver les papiers en question) 

Je n’ose même pas approfondir sur l’IA ! (intelligence artificielle) Tous les pays producteurs d’armes (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande- Bretagne, Israël…) proposent aujourd’hui des systèmes d’armes intégrant des robots ou des systèmes autonomes . L’humain n’a plus la main !! 

Ce papier est absolument effarant, je vous préviens vous allez prendre une bonne douche froide ! Il devrait être relayé en masse et lu par toute l’humanité ! Je l’ai découvert en faisant une recherche sur l’hiver nucléaire pour un papier que je devais écrire aujourd’hui qui devait se nommer « nous sommes tous foutus », qui devait traiter de l’effondrement inéluctable de notre civilisation, mais qui ne faisait que mentionner la guerre . (je l’écrirai une autre fois du coup) Je me disais que ce n’était pas possible que certains dirigeants prennent le risque de déclencher une guerre nucléaire alors que ça signerait la fin de l’humanité .

Hé bien si, certains sont convaincus que l’humanité peut survivre à un hiver nucléaire !! (l’oligarchie dans ses Bunkers ou dans l’espace, certainement..) Le nombre de vies qu’il faudra exterminer (presque tout le monde), ce n’est apparemment pas leur problème .  Ce sont des psychopathes, des fous dangereux !! L’humanité, qui serait totalement exterminée si ça se produisait, ils s’en moquent ! Ça dépasserait de très loin les attentes des « initiés » qui ont édifié les georgia guidestones qui préconisent que l’humanité ne doit pas dépasser les 500 millions de personnes …

Il faut absolument que la population mondiale, à commencer par chez nous en France, se mobilise et exhorte ses dirigeants à en finir avec cette folie, ces protocoles inconscients et ces systèmes automatisés sur lesquels ils n’ont pas la main, et détruire toutes les armes nucléaires. Il faut écrire aux ministres, aux députés, aux sénateurs, etc .. mobiliser notre classe dirigeante sur cette question qui nous menace tous ! Je signal au passage que les pays du club nucléaire, dont la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, les USA et la France, s’opposent au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Incroyable ! 

Pour vous donner une idée de la gravité de la situation actuelle – Rien que ce dernier mois : 

Le président chinois demande à l’armée de se préparer à la guerre

Les États-Unis livrent en Europe le plus gros lot de munitions du XXIe siècle !

« Oui, la Russie se prépare à la guerre, je peux le confirmer » (un officiel russe)

Retrait des États-Unis d’un important traité nucléaire : « 700 millions d’Européens se retrouvent face à une nouvelle menace de guerre »

(le traité INF (Intermediate-range nuclear forces treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire était capital, il avait mis fin à la guerre froide)

La promesse nucléaire de Poutine – C’est le moment

Poutine – En cas de guerre nucléaire, «nous irons au paradis»

Près de la moitié des militaires US s’attendraient à une guerre majeure au cours de la prochaine année

Les Pays-Bas annoncent être en état de «guerre informatique» avec la Russie

Psychologie tragique de Poutine

Un rapport du Pentagone indique que les États-Unis se préparent à une guerre totale

Les États-Unis menacent ouvertement la Russie de guerre

Et la liste n’est pas exhaustive du tout, je n’ai fait qu’une recherche RAPIDE, et que sur UN MOIS !!! Et je ne parle même pas de la Syrie (mais aussi Ukraine, Taiwan etc) où ça peut dégénérer à tout moment, sur « un malentendu » comme je l’ai beaucoup répété .

Pour ma part en lisant l’article qui suit de Politicoboy, je me suis dit que j’avais échoué dans mon devoir de vous informer correctement sur la gravité du danger que nous courrons tous . Certes j’ai fait une couverture profonde et alarmiste, je n’arrête pas d’alerter sur les dangers d’une guerre totale qui nous pend au nez et qui anéantirait l’humanité, mais en lisant ce papier, je me rend compte que ce n’était pas encore assez exhaustif : j’ai gravement sous estimé la criticité de la situation !!!

En attendant  la fameuse  »horloge de la fin du monde » est officiellement passée à deux minutes avant minuit, son plus haut niveau d’alerte de l’histoire . Mais entre autres avec les événements dramatiques qui se sont passés depuis (ce papier date du 23 août), j’estime que nous ne sommes que quelques secondes avant minuit …

(par exemple depuis l’affaire de l’IL20, les russes sont en train d’installer leur système de gestion automatisé pour verrouiller l’espace aérien Syrien : comme je l’ai dit et répété, un « accident » majeur peut désormais vite se produire)

Pour la petite histoire, après avoir lu le papier suivant j’ai regardé l’heure sur mon téléphone, il était 23h59, et sous mes yeux c’est passé à minuit !!! Faut-il y voir un signe ? 

Aller, je vous laisse lire ce papier à la fois superbement écrit et terrifiant . Bon il est relativement long mais passionnant, lisez le jusqu’au bout (vous ne devriez avoir aucun mal)  – attention vous risquez de tomber de votre fauteuil – je vous ai mis le lien vers l’article complet à la fin.

HIVER NUCLÉAIRE : DEUX MINUTES AVANT LA FIN DU MONDE

Selon le Bulletin of Atomic Scientist, l’humanité fait face à deux menaces existentielles : leréchauffement climatique et l’ hiver nucléaire. Fondée par les pères de la bombe atomique, cette prestigieuse publication met régulièrement à jour sa « doomsday clock » (horloge de la fin du monde). Présentée sous forme d’un compte à rebours, cet indicateur affichait « sept minutes avant minuit » en 1947. Après avoir fluctué au gré des crises politiques, elle vient d’être avancée à minuit moins deux, son plus haut niveau jamais atteint.

Objet de tous les fantasmes, le danger lié aux armes nucléaires demeure mal compris par le grand public et la majorité des décideurs politiques. Le risque principal ne provient pas d’actes irrationnels qu’entreprendraient des chefs d’État autoritaires, mais découle des actions rationnelles inhérentes à la stratégie militaire. Les conséquences d’un conflit de cette nature, y compris de faible intensité, seraient catastrophiques pour l’ensemble de l’humanité.

Cet article grand format s’efforcera de démystifier le péril nucléaire et d’expliquer en quoi la situation actuelle s’apparente à une pure folie. Sujet passionnant et terrifiant à la fois, il me paraissait impossible de le traiter sérieusement sans prendre le temps d’offrir au lecteur les clés de compréhensions nécessaires. Alors, asseyez-vous confortablement, et bonne lecture !

1) Hiroshima, mon premier contact avec la bombe

Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, le bombardier « Enola Gay » largue « Little Boy » sur Hiroshima. La bombe atomique de 4400 kg explose à 580 mètres d’altitude, libérant une déflagration équivalente à quinze mille tonnes de TNT. L’ensemble des bâtiments situés dans un cercle de quatre kilomètres de diamètre sont rasés. Tous, sauf l’hôpital Shima, situé juste en dessous de l’épicentre.

Hopital Shima en 2015, Hiroshima. Photo Politicoboy

Soixante-dix mille personnes périssent sur le coup, tuées par l’effet de souffle ou vaporisées par l’intense chaleur qui atteint 4000 degrés par endroit. Cinquante mille autres meurent dans les heures qui suivent, brûlées par les vents incendiaires qui balayent les décombres à 800 km/h. Un nombre équivalent de victimes s’ajoute au cours des jours et semaines suivantes, sous l’atroce effet des brûlures et radiations. Près de la moitié des trois cent mille habitants aurait ainsi péri, dont 90 % au cours des premiers jours. (1)

Victime du bombardement d’Hiroshima. Photo Wikimedia commons

Le musée du mémorial d’Hiroshima raconte cette horreur. S’y mêlent photos et vidéos, récits des survivants et vitrines exposant les restes de vêtements, la célèbre boîte à déjeuner en métal fondu d’une écolière carbonisée, sans oublier l’ombre bouleversante d’une victime, à jamais imprimée sur la pierre par le flash lumineux qui précéda sa disparition.

Pourtant, ce qui me marqua à jamais en visitant le musée d’Hiroshima, ce ne sont pas lesconséquences du feu nucléaire, mais ses causes.

Le champignon nucléaire au-dessus d’Hiroshima, photographié par le bombardier « The Necessary Evil ». Wikimedia commons.

L’exposition nous raconte le processus décisionnel qui va conduire à la destruction de la ville nippone. De la course à la bombe entamée par le projet Manhattan jusqu’à la justification de son emploi, et le choix des cibles.

On apprend que les alliés avaient depuis longtemps adopté une stratégie de ciblage délibéré des civils, en Allemagne comme au Japon. Le paroxysme de ces actions fut atteint lors des raids aériens à la bombe incendiaire des villes de Hambourg (45 000 morts en sept jours), Dresden (cent vingt mille morts en une nuit) et Tokyo (plus de cent mille morts en vingt-quatre heures). En dépit de son inefficacité stratégique, démontrée aussi bien par la résistance de la population londonienne face au blitz d’Hitler (40 000 morts en 57 jours) que par la résistance japonaise (un million de morts sur une année), cette stratégie de destruction des centres urbains sera poursuivie avec l’arme nucléaire. (2)

Or, le gouvernement japonais attendait l’issue des négociations avec la Russie pour répondre à l’ultimatum américain. C’est l’invasion de la Mandchourie par l’armée soviétique qui poussa le Japon à capituler sans condition, et non pas les destructions d’Hiroshima et Nagasaki, comme le reconnaîtra le président Truman dans ses mémoires. (3)

Les deux principaux généraux américains, Eisenhower et MacArthur, jugeaient ces bombardements inutiles du point de vue militaire. Le recours aux armes nucléaires sur des centres urbains n’avait donc pas pour objectif d’écourter la guerre, mais d’effectuer une démonstration de force. (4)

Le choix d’Hiroshima découle d’un processus méthodique. Une demi-douzaine de villes figuraient sur la liste des cibles potentielles, sélectionnées en fonction de leur taille, de la concentration des habitations et de la topographie, dans le but de provoquer un maximum de dégât visuel. Les villes jusqu’alors épargnées par les bombardements au napalm furent placées en tête de liste.

Ce sont les conditions météorologiques du jour qui scellèrent le destin d’Hiroshima, l’armée américaine souhaitant un ciel dégagé pour pouvoir filmer les effets de la bombe.

À 2h45 du matin, trois bombardiers B-29 décollent de leur base aérienne : l’Enola Gay avec « little boy » à son bord, le « Necessary evil » (mal nécessaire), chargé des photographies, et « The great artiste » responsable des relevés scientifiques.

Équipage de l’Enola Gay, qui est encore à ce jour célébré en héros. Photo Wikipedia

En détruisant Hiroshima et Nagasaki, les Américains firent la démonstration de leur détermination : rien ne saurait les empêcher de raser des villes entières. Ce jour-là, les États-Unis placèrent un fusil sur la tempe de l’humanité. Soixante-dix ans plus tard, leur doigt est toujours sur la détente.

 

2) De Nagasaki à l’hiver nucléaire

Effet de souffle, intense chaleur, incendies, radioactivité : une bombe nucléaire provoque toute une série de phénomènes dévastateurs.

Pourtant, le principal danger d’une guerre atomique ne provient ni de l’explosion des bombes ni des retombées radioactives, mais bien des effets délétères des incendies induits.

En milieu urbain, les tempêtes de feu génèrent des colonnes de chaleur s’élevant sur des dizaines de kilomètres, expédiant des quantités phénoménales de poussières et de cendres jusqu’à la stratosphère. Ces particules occultent les rayonnements solaires et, en quantité suffisante, peuvent provoquer un refroidissement climatique soudain et durable.

Dès 1983, les climatologues ont calculé les effets d’une guerre nucléaire totale entre deux superpuissances. Même si l’un des deux belligérants parvenait à éliminer l’adversaire sans subir de représailles, la quantité de poussière propulsée dans la stratosphère rendrait la terre inhabitable. Les températures subiraient une baisse drastique, précipitant une ère glaciaire en quelques semaines. Le manque de lumière impacterait gravement les rendements agricoles et provoquerait une famine généralisée conduisant à la quasi-extinction de la vie sur terre. (5)

Mais il y a plus alarmant. En utilisant les derniers modèles climatiques de la NASA, différentes études ont cherché à estimer l’effet d’un conflit nucléaire local entre deux puissances mineures, en prenant l’exemple de l’Inde et du Pakistan. Le modèle suppose l’utilisation d’une centaine d’ogives de faible puissance, équivalentes à Hiroshima. Les conclusions prédisent une baisse importante des températures, persistant sur une dizaine d’année, et dont les conséquences sur l’agriculture provoqueraient la migration d’un à deux milliards d’êtres humains. À cela, il faut ajouter la destruction partielle de la couche d’ozone qui doublerait durablement notre exposition aux UV. (6)

Disons-le autrement, ces effets conduiront à la fin de notre civilisation. On imagine mal l’Europe faire face à un flot immédiat de deux milliards de réfugiés climatiques, dans un contexte où notre propre production agricole serait durement impactée.

Aujourd’hui, huit nations possèdent la bombe atomique. Seule la Corée du Nord ne dispose pas encore d’un arsenal suffisant pour déclencher un hiver nucléaire de son seul fait.

Cette carte récapitule les moyens nucléaires de chaque nation, dans le cadre du traité de non-prolifération TNP. Produite par Cécile Marin pour le Monde diplomatique, octobre 2017. En libre-accès ici.

Une fois intégrée cette vérité alarmante, et même si on peut débattre de la justesse des modèles climatiques, il devient tentant de se réfugier dans la certitude qu’une guerre atomique est impossible précisément parce qu’elle serait suicidaire. Cela serait très mal connaître la réalité des dispositifs et stratégies déployés par les puissances nucléaires. Pour commencer à percevoir le danger, nous allons faire appel à Stanley Kubrick.

 

3) Docteur Folamour, ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe.

Doctor Strangelove, how I learn to stop worrying and love the Bomb est une comédie noire de Stanley Kubrick, sortie en salle en 1964, deux ans après l’épisode des missiles de Cuba.

Elle met en scène une crise nucléaire provoquée par une fausse alarme, intentionnellement déclenchée par un général de l’air américain. Les dizaines de bombardiers B-52 maintenus en vol réagissent conformément aux procédures, et convergent vers l’URSS pour y larguer leurs bombes atomiques. Au cours de la réunion de crise convoquée par le président des États-Unis, on apprend qu’il est impossible de rappeler les bombardiers, car ils ont dépassé leur point de non-retour et coupé leurs moyens traditionnels de communication. Les militaires américains conseillent au président de déclencher le tir de l’ensemble des missiles balistiques pour « terminer le boulot » avant que l’URSS n’ait une chance de répliquer à la première salve. Ce dernier s’y refuse, et contacte les Soviétiques pour leur signaler la trajectoire des bombardiers et les aider à les abattre. Les Russes expliquent aux Américains qu’ils ont mis au point une « machine infernale », la fameuse « Doomsday machine », qui se déclenche automatiquement à la moindre explosion nucléaire sur leur territoire. Cette machine fera exploser des milliers d’ogives nucléaires de par le monde, générant un niveau de radioactivité qui rendra la planète entière inhabitable.

« Cette arme ultime perd son pouvoir de dissuasion si vous la gardez secrète. Pourquoi n’avez-vous pas informé la terre entière de son existence, hein !? » Docteur Folamour, dans le film éponyme.

Outre le mordant du comique satirique déployé par Stanley Kubrick, le film tire sa force de son effroyable réalisme. Comme nous allons le voir, toutes les hypothèses centrales sont vraies et encore valides aujourd’hui. (7)

Combien de doigts sur le bouton nucléaire ?

Contrairement à l’idée reçue, il n’existe pas de « bouton nucléaire », mais simplement une autorité formelle de la part des chefs d’État pour déclencher la force atomique. Dès 1953 et la présidence d’Eisenhower, cette autorité fut déléguée à de nombreux échelons subalternes.

Illustration Luci Gutiérrez pour le New Yorker

Daniel Ellsberg, le célèbre lanceur d’alerte des Pentagone Papers et auteur du livre « Doomsday Machine, confessions of a nuclear war planner » qui a servi de point de départ à cet article, est missionné par le Pentagone pour étudier la chaîne de commandement américaine à la fin des années cinquante. Il observe que cette délégation se prolonge jusqu’au fin fond du Pacifique, sur une base aérienne située à une heure de vol de tout territoire américain, en plein milieu de la jungle coréenne. Cet avant-poste disposait d’une vingtaine d’ogives thermonucléaires (totalisant un pouvoir de destruction 2000 fois supérieur à Hiroshima), et des cibles précises à atteindre en Chine et en Russie. Au minimum une heure par jour, elle ne disposait d’aucun moyen de communication avec les autres bases américaines. (8)

Cette délégation se prolonge de nos jours, jusqu’au commandement de sous marins, armés de 24 missiles « trident » portant chacun huit ogives thermonucléaires indépendantes, d’une puissance nominale de 475 kt (32 fois Hiroshima par tête). Autrement dit, un simple commandant de sous-marin pourrait à lui seul provoquer un hiver nucléaire. (9)

Si un tel état de fait peut sembler une pure folie, il s’explique aussi logiquement que les décisions qui ont conduit au projet Manhattan. Car sans cette délégation d’autorité, il suffirait de tuer le chef d’État, ou de détruire la capitale d’une nation et ses principaux centres de commandement, pour s’assurer la victoire.

Cette délégation « logique » s’observe aux USA, mais également en Russie, et par extension dans toutes les puissances nucléaires, Inde et Pakistan compris. (10)

Il est donc tout à fait envisageable qu’un militaire isolé, par erreur ou de son propre chef (comme dans le film de Kubrick), déclenche un conflit nucléaire sans autorisation de sa hiérarchie.

De fait, le New Yorker a récemment révélé que de nombreux officiers américains responsables de la mise à feu des armes nucléaires ont été démis de leur fonction pour indiscipline et troubles psychologiques. Ceci inclut le vice-amiral Tim Giardina, numéro deux du haut commandement nucléaire, et le général d’État-major Michael Carey, commandant en chef de l’ensemble des missiles intercontinentaux américains.

Selon ce général, le moral de ses officiers était « au plus bas », ce qui expliquerait qu’une quarantaine d’entre eux aient été relevés de leurs fonctions en 2014, pour manquement disciplinaire, insubordination et tentative de triche aux examens de routine… (11)

Alerte permanente, launch on warning et fausses alertes

La doctrine de dissuasion repose sur l’idée que tout agresseur sera détruit par la riposte de l’agressé, quelle que soit la violence de l’attaque initiale. Pour être crédible, une telle force de dissuasion doit être placée en état d’alerte permanente afin d’éviter sa destruction prématurée par une « attaque préventive ». Une dimension respectée par le film de Kubrick, où les USA maintiennent une flotte de bombardiers en vol autour du territoire Soviétique. Non seulement cet état de fait est toujours pertinent aujourd’hui, mais il faut y ajouter les patrouilles de sous-marins et les milliers de missiles armés, verrouillés sur leurs cibles et placés en situation d’alerte permanente.

Dessin : New York Time

Pour s’assurer de leur capacité de riposte, ces forces (en particulier les missiles) doivent être mises à feu au premier signal d’alerte (launch on warning), dès que les tirs balistiques adverses sont confirmés par les dispositifs de détection (radars, satellites et autres systèmes).

Le danger conséquent à un tel dispositif est de déclencher une riposte totale suite à une fausse alerte, ou suite à une vraie attaque isolée résultant d’une action non contrôlée d’un contingent des forces adverses.

Ce fut le cas en 1995, lorsque Boris Eltsine fut alerté d’un tir de missile détecté par les radars russes au large de la Suède. Le chef d’État devait autoriser une riposte « totale ». Il hésita suffisamment longtemps pour que l’alarme soit levée, le missile s’avérant n’être qu’une fusée météorologique. (12)

Dans un article détaillé, le Bulletin of Atomic Scientist explique qu’un combat nucléaire moderne débutera vraisemblablement par un tir de quelques missiles nucléaires de croisière, portés par des sous-marins, et qui exploseraient en l’air pour brouiller les systèmes de défense et masquer l’arrivée des missiles intercontinentaux derrière un écran de feu nucléaire. C’est ainsi que fut interprété le tir de fusée suédois. L’article explique que les Américains disposent d’une trentaine de minutes entre le moment de la détection d’une agression et le premier impact pour statuer sur le sérieux de l’alerte et la nature de la riposte à engager. Pour les Russes, ce temps de réponse ne serait que de quinze minutes, car leur système de détection « low cost » repose essentiellement sur des radars terrestres, alors que les USA disposent d’un réseau satellitaire dernier cri. (13)

Comme dans le film de Kubrick, une fois les ordres donnés et les missiles tirés, il sera impossible de rappeler les forces engagées. Daniel Ellsberg confirme dans ses rapports au département de la Défense l’existence des fameux « points de non-retour ». C’est logique du point de vue de la dissuasion, car si l’agresseur se persuade qu’une attaque préventive permettra de forcer l’adversaire à capituler sans riposter ou à rappeler ses forces, la dissuasion ne fonctionne plus.

Mais cet aboutissement logique accroît paradoxalement le risque de conflit suite à une fausse alerte.

Il existe au moins douze cas historiques où la catastrophe fut évitée par l’action d’un seul groupe d’hommes (voire d’un seul homme, comme dans le cas de Stanislas Petrov) qui violèrent leurs propres ordres en décidant d’attendre avant de déclencher l’alarme qui aurait immanquablement entraîné une réponse, et un hiver nucléaire. (14)

« Cela me terrifie. Le risque de déclencher une guerre par erreur est bien plus grand aujourd’hui qu’il l’était pendant la guerre froide » – William Perry, ancien ministre de la Défense américaine sous Bill Clinton, au micro de la National Public Radio le 16 janvier 2018. Il précise avoir connu trois crises majeures causées par une fausse alerte durant son mandat. (15)

 

L’existence d’une véritable « doomsday machine »

Depuis les travaux scientifiques de 1983, on sait qu’une « doomsday machine » existe réellement, puisqu’une guerre atomique provoquerait inévitablement un hiver nucléaire.

Comme nous le verrons en seconde partie, les différentes stratégies des nations possédant la bombe atomique ignorent superbement cette donnée. Pire, des systèmes de défense automatisés existent, au minimum en Russie. Appelé « dead hand », ce système déclencherait la mise à feu de l’ensemble des forces atomiques russes suite à la moindre attaque nucléaire sur leurs centres urbains. Bien entendu, comme dans le film de Kubrick, le mécanisme précis de cette Doomsday Machine est tenu secret. Les autres nations nient l’existence d’un tel dispositif, tout en axant leur stratégie sur leur capacité de « décapitation » de l’adversaire grâce à une frappe préventive. Chaque pays encourage ces stratégies en continuant d’entretenir (au minimum, pour le grand public) l’illusion de l’existence d’un « bouton nucléaire » que seul possèderait le chef d’État. Un paradoxe digne du docteur Folamour. (16)

« The whole point of the doomsday machine is lost, if you keep it a secret. Why didn’t you tell the world, heh ? »

Suite et fin sur politicoboy 

 
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Publié par le 4 novembre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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Le GIEC persiste et signe : le nucléaire est l’avenir de l’humanité

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C’est le lobby du nucléaire qui doit se frotter les mains !!! De la question du réchauffement climatique avec les énormes enjeux économiques que ça implique à la préconisation du nucléaire comme solution (alors que le nucléaire est une catastrophe pour l’environnement) : on commence à y voir de plus en plus clair dans tout ce cirque. De là à faire le lien entre le Giec et le lobby du nucléaire il n’y a qu’un pas. 

Par ailleurs lisez par exemple cet excellent et courageux papier :  Le lobby nucléaire est aux commandes, au mépris de la sécurité des Français , extraits :

Les débats finaux –si tant est qu’il y en ait- autour de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sont à pleurer tant ils méprisent l’intérêt des Français, les choix qu’ils ont exprimés lors du débat public, leur porte-monnaie et leur vie.

Le lobby nucléaire est bien obligé de sortir du bois pour préciser le nombre de centrales qu’il est prêt à fermer… Après 2029, puisque chacun a bien compris que c’est lui qui décidait de la politique énergétique de la France et par voie de conséquence des risques auxquels les français sont exposés et des coûts qu’ils seront bien obligés de supporter.

(…)

Tout ceci se fait bien entendu comme si l’autorité de sûreté nucléaire n’existait pas, mais il est vrai que sa complaisance lorsqu’il s’agit de prendre des décisions fortes se fait de plus en plus grande.

(….)

Tout ceci se fait au mépris de la sécurité et de la sûreté.

(….)

Tout ceci se fait au mépris de l’avis émis par les Français lors du débat public qui s’est déroulé entre mars et juin 2018, sous l’égide de la commission nationale du débat public

(….)

Tout ceci se fait enfin au mépris de nos intérêts économiques et industriels puisque le lobby nucléaire bloque tout développement sérieux de l’autoconsommation collective qui pourrait permettre une progression fulgurante de l’énergie renouvelable en France; il interdit aux collectivités locales de distribuer par des boucles locales l’énergie qu’elles pourraient produire, réduisant ainsi leur capacité économique

(….)

Tout ceci enfin se fait au mépris de l’intérêt économique et financier des Français.

Hé oui, lé lobby du nucléaire est surpuissant, et ça ne concerne pas que le Giec … Z

Le Groupement international d’experts sur le climat (le GIEC est une émanation de l’Organisation des Nations unies) confirme dans son nouveau rapport du 6 octobre 2018 (le fameux « résumé pour les décideurs », le seul document qui soit réellement lu) que le nucléaire fait partie de la solution pour limiter le réchauffement climatique. Il l’avait déjà écrit dans son précédent rapport présenté le 27 septembre 2014.

Plusieurs scénarios de ce rapport imposent que la part du nucléaire augmente de +59 % à +106 % dès 2030 (comparé à 2010), et ensuite de +98 % à +501 % en 2050.

Le message essentiel est que, à moins d’un miracle affectant le monde entier dès les années 2020, l’objectif de limitation à 1,5°C entériné par les accords de Paris sur le climat (la COP 21) est tout simplement hors d’atteinte.

Le GIEC reconnait lui-même que son travail n’a été qu’un exercice amusant (pour ceux qui aiment rire jaune au moins), et qu’il vaut mieux d’ores et déjà penser à une autre limite d’élévation de température d’ici la fin du siècle, soit plutôt 2°C.

Tout le reste n’est que baratin.

MULTIPLIER LE NUCLÉAIRE PAR SIX DANS LE MONDE !

Dans ce nouveau rapport, tous les scénarios qui permettent de respecter la COP 21 prévoient une augmentation substantielle du nucléaire dans le monde, et même jusqu’à une multiplication par… six !

Ces développements sont bien sûr à décliner selon les pays. La France, en particulier, pourrait montrer la voie pour déployer l’énergie nucléaire dans le monde !

La politique française visant à diminuer la part de l’énergie nucléaire dans le mix électrique (en fermant la centrale de Fessenheim et en visant 50 % de nucléaire) est donc contraire… aux objectifs affichés sur le climat lors de la conférence de Paris en décembre 2015, y compris par le gouvernement français.

Une sage politique électronucléaire pourrait décider de construire un parc de surgénérateurs de quatrième génération dimensionné à la production de plutonium de notre parc de réacteurs actuels, comme prévu à l’origine. L’utilisation du combustible en cycle fermé en découlerait naturellement pour un parc nucléaire en extension dans le monde qui produirait moins de déchets radioactifs.

LE SALUT DE L’HUMANITÉ PASSE PAR LA MAÎTRISE D’UNE ÉNERGIE ABONDANTE

Espérons que l’humanité ne comprendra pas trop tard que le salut de son existence civilisée ne passe que par l’accès à une énergie la plus abondante et la moins chère possible.

C’est la priorité des priorités, qu’elle qu’en soit la source.

Grâce à l’énergie nucléaire quasi-inépuisable à l’échelle humaine (actuellement 10 000 ans de réserves connues pour les surgénérateurs), l’approvisionnement en chaleur, en eau douce et en électricité sera garanti, de même que les aménagements agricole, industriel et résidentiel de la planète.

DÉVELOPPER LA RECHERCHE ET LE DÉVELOPPEMENT DANS LE NUCLÉAIRE

Si le parc nucléaire actuel est prolongé jusqu’à 50 ans ou… 80 ans (comme c’est actuellement envisagé aux États-Unis) sans construire régulièrement de nouveaux réacteurs (en France ou à l’étranger), le réveil sera douloureux pour les Français. Les responsables politiques s’apercevront alors que les compétences nationales dans la construction nucléaire auront disparu.

C’est le sens du rapport de Yannick d’Escatha et Laurent Collet-Billon qui préconise la construction de six nouveaux EPR.

Aujourd’hui, la réduction des investissements dans les études de développement du nucléaire en France, par exemple dans le démonstrateur ASTRID qui prépare la future Génération IV des réacteurs à neutrons rapides (RNR), est inquiétante. Moins de recherche entraîne un vivier de personnel compétent en diminution.

Au moment de la décision prise, pour des raisons purement politiques, d’arrêter Superphénix, la France était la référence en matière de RNR. Cet arrêt a eu, évidemment, un effet catastrophique sur les équipes.

Cependant, le fonctionnement et les expériences faites sur le prototype Phénix maintinrent une compétence en la matière jusqu’à l’arrêt de ce réacteur en 2010, après 40 ans de bons et loyaux services.

Pour que cette extraordinaire compétence ne soit pas entièrement passée par pertes et profits, le projet ASTRID a été développé dans le cadre du programme international Génération 4 avec un budget d’environ 600 millions d’euros.

Il semble que l’arrêt du programme soit envisagé, ce qui signerait le renoncement à maîtriser une technologie qui sera fondamentale au cours de ce siècle.

Pendant ce temps, la Russie, l’Inde, et la Chine ont des programmes dynamiques de construction de RNR.

Le démonstrateur ASTRID aurait été presque complètement réalisé en France avec 5 milliards d’euros.

Les éoliennes géantes et les panneaux photovoltaïques bénéficient actuellement d’un financement annuel de plus de 5 milliards d’euros alors qu’ils sont pratiquement entièrement importés.

LA COUR DES COMPTES S’ALARME !

La Cour des Comptes a montré en mai 2018 que les dizaines de milliards d’euros prélevés sur la facture énergétique des Français pour soutenir les énergies renouvelables n’avaient aucune influence sur les émissions de CO2 de notre pays, et qu’elles n’encouragent pas la recherche.

Penser qu’il suffirait de consacrer une seule année de cette gabegie financière dans les énergies renouvelables pour permettre à notre pays de développer une technologie cruciale pour notre future production d’énergie en construisant ASTRID laisse pantois.

Espérons que ce stupéfiant projet abandon sera lui-même abandonné.

Dans le cas contraire, cette triste démission de notre pays dans le nucléaire contribuera à une rétrogradation du statut scientifique et industriel de notre pays, à une perte d’indépendance, à des risques sur la sûreté, et à la perte d’outils dans la lutte contre le changement climatique, alors que le GIEC lui-même reconnaît que l’expansion du nucléaire fait partie des solutions pour l’avenir de l’humanité.

Le nucléaire fait partie de la solution pour limiter le réchauffement climatique. Il l’avait déjà écrit dans son précédent rapport présenté le 27 septembre 2014 .

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Publié par le 21 octobre 2018 dans Climat - Environnement, général

 

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