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L’antisémitisme, un problème marginal dans la France d’aujourd’hui

L’antisémitisme, un problème marginal dans la France d’aujourd’hui

par Pierrick Tillet

Pendant que des « milliers de manifestants » (selon Ouest France à qui on laissera la responsabilité de ce chiffrage) défilaient à Paris et en province contre l’antisémitisme [photo : place de la République à Paris], les chiffres du ministère de l’Intérieur sur les actes d’antisémitisme commis dans le pays en 2018 tombaient :

=> Les actes anti-juifs ont augmenté de 74 % en 2018 (541 cas) par rapport à l’année précédente (311 cas).

+74 %, ça apparaît énorme. Et c’est bien sûr ce chiffre “terrifiant” que retenaient les médias mainstream.

Mais décomposons ces 541 cas :

  • 81 actes de violences, de tentatives d’homicide et un homicide ;
  • 102 atteintes aux biens ;
  • 358 “menaces”.

France 2018 : 541 cas d’agressions antisémites (dont 358 “menaces”) sur 3,7 millions de faits de délinquance avérés

Au fait, qui a fourni ces chiffres ? Pas la police, puisqu’en France elle ne procède à aucun recensement par confession religieuse. Alors qui ? Eh bien, ces chiffres sont sortis du tiroir des associations de défense de la communauté juive de France, Crif, Licra, connues pour leur défense sans nuances de la politique israélienne (NB : peut-on avoir le détail de ces agressions, svp, histoire de vérifier nos infos, et savoir aussi qui a répertoriés, et comment, et pourquoi, ces 358 “menaces” ?).

En réalité, dans la mesure où ces chiffres sont vérifiés, 541 cas d’agressions à caractère antisémite (dont 358 simples menaces), c’est toujours trop, c’est inadmissible, mais ce n’est rien en regard du nombre de crimes et délits répertoriés la même année en France par la police : 3 721 798.

La moyenne des agressions antisémites (hors simples menaces) sur la décennie 1999-2008 est de 551. Cette moyenne sur la décennie 2009-2018 est de 152, soit une baisse de 70 %.

Faits de délinquance à caractère antisémite déclarés entre 1999 et 2018.

Faits de délinquance à caractère antisémite déclarés entre 1999 et 2018.

La réalité, c’est que ce problème de l’antisémitisme est aujourd’hui instrumentalisé par une classe dominante en perdition pour détourner l’attention de la population des problèmes sociaux du pays. Pendant que nos médias unanimes hurlaient à la recrudescence de l’antisémitisme en France, les revendications des Gilets Jaunes passaient au second plan. C’était bien évidemment le but de la manœuvre.

Mention spéciale à la France insoumise pour avoir participé aussi bêtement à cette instrumentalisation grossière.

source:https://yetiblog.org/archives/15436

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Publié par le 20 février 2019 dans général, société

 

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Gilets Jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique

Gilets Jaunes : la crise médiatique dans la crise démocratique

Nous publions ci-dessous, sous forme de tribune [1], un article de Jérôme Latta, journaliste indépendant et cofondateur des Cahiers du football. Ce texte, publié sur son blog de Mediapart, aborde la question de la défiance qui s’exprime vis-à-vis des médias et revient sur les réactions médiatiques qu’elle suscite. Un sujet que nous avons évoqué dans un précédent article et sur lequel nous reviendrons. De son point de vue de journaliste, Jérôme Latta repose les termes de cette « crise médiatique » et invite à une « réinvention du travail journalistique », qui passerait notamment par une meilleure prise en compte de la critique des médias (Acrimed).

*

Le mouvement des Gilets Jaunes a dirigé une partie de son ressentiment contre les médias d’information. Il a aussi confirmé la responsabilité de ceux-ci dans le marasme démocratique actuel, et conforté la nécessité d’une révolution journalistique.

C’est un des fronts ouverts par les Gilets Jaunes, pas le moindre. La colère s’est aussi exprimée contre « les médias », sous des formes diverses, pour certaines violentes. « Tournée des médias » lors de l’acte VII du 29 décembre, blocages d’imprimeries et de dépôts de journauxmenaces et agressions contre des journalistes… Les cibles ont été désignées, parfois attaquées.

Les Gilets Jaunes ont d’abord des griefs contre la médiatisation de leur mouvement, s’estimant traités de manière inéquitable. Ils en ont de plus anciens : ils se sentent ignorés en temps ordinaire ; n’ont plus confiance dans les médias d’information ; voient « les journalistes » comme les membres d’une élite qui leur nuit ; et, pour les plus radicaux, ressentent donc de la « haine » envers eux.

Ce ressentiment est d’une ampleur trop considérable pour être réduit à ses manifestations les plus navrantes. Fût-il aussi vieux que la profession elle-même, ses formes actuelles sont trop exacerbées pour être ignorées. Les médias d’information générale et politique, les journalistes ont le devoir de chercher à comprendre cette colère, pas seulement de la condamner : d’une part parce que c’est leur travail, d’autre part parce qu’il y va de leur avenir – quitte à ce que l’introspection soit douloureuse.

L’ensemble de la profession a été secouée par le constat du degré d’hostilité qu’elle suscite. La sidération a été redoublée par le constat que les journalistes pouvaient aussi se retrouver la cible des forces de l’ordre et subir des tirs de LBD, des brimades et des entraves (illégales) à leur travail.

Pour certains, cette tombée des nues présente une similitude frappante avec celle du pouvoir découvrant l’ampleur de la rage populaire, si peu anticipée, mais si explicable, des Gilets Jaunes. D’autres n’avaient pas attendu les événements pour remettre en cause et réinventer, souvent avec bonheur, leur pratique du journalisme.

Si l’hiver 2019 est d’ores et déjà le moment d’une commotion et d’une prise de conscience, il faut qu’il marque aussi l’amorce d’une remise en cause et d’une transformation du travail journalistique.

L’incantation démocratique

Face à cette expression de la défiance envers les médias institutionnels, face à la mesure de son aggravation, des réactions plus faciles que l’introspection critique ont été adoptées. Notamment la fuite dans la stigmatisation accrue des Gilets Jaunes, en diagnostiquant leur imbécillité foncière, attestée par leur goût pour Facebook, les fake news, le complotisme et, bien sûr, la violence [combo Aphatie]. Ou, plus banalement, le refuge dans une indignation d’autant plus outrée qu’elle est destinée à rester sans suite.

Au sein de la profession, les condamnations collectives, les expressions de solidarité se sont multipliées ces derniers jours, de la part de sociétés de journalistes, de rédactions, de syndicats, etc. Elles sont évidemment aussi légitimes que nécessaires, mais elles laissent de plus en plus transparaître leur caractère convenu, quasiment rituel, leur impuissance pétitionnaire voire leur fonction d’échappatoire.

L’entreprise devient en effet suspecte quand il s’agit de se draper, de manière incantatoire, dans de grands principes démocratiques – sacrés mais décidément trop vaporeux pour susciter des exigences concrètes envers soi-même. Or non seulement l’érection d’un mur de réprobation collective ne contribue pas à rendre le message audible en dehors des concernés, mais il ressemble aussi à une manière de s’épargner tout examen de conscience.

L’indignation ne doit pas être un moyen d’éluder le constat d’un malaise bien plus large et plus profond, qu’il faut examiner au-delà des condamnations de rigueur. Elle dit que les professionnels de l’information ne peuvent plus faire l’économie d’un véritable travail autocritique, qu’ils ne peuvent plus s’exclure des causes du problème. « Nous exigeons des médias libres, indépendants et objectifs », a-t-il été écrit dans un cahier de doléances cité par Libération. Pourquoi ce contrat élémentaire n’est-il pas assuré ?

Les principes défendus doivent évidemment l’être. C’est précisément pourquoi il est permis de se demander s’ils le sont au quotidien par tous les médias et les journalistes qui se réunissent soudain sous la même bannière. C’est-à-dire de se demander quelle est la crédibilité de toute la fraction du monde médiatique qui invoque la démocratie et ses valeurs alors que, par exemple, elle approuve (ou laisse advenir) des atteintes en série contre les libertés fondamentales.

Aujourd’hui, une presse majoritairement dans le giron de quelques grandes fortunes est-elle en position de fonder sa crédibilité sur son indépendance ? Sa contribution déterminante à l’hégémonie idéologique actuelle du libéralisme la rend-elle crédible en matière de pluralisme ? Face aux échecs de cette doctrine, diagnostiqué à son tour par le mouvement des Gilets Jaunes, quelle lucidité et quelle capacité critique peut-on attendre d’elle ?

Lesquels des journalistes têtes de gondole et des patrons de rédaction se sont soulevés quand le législateur a progressivement rogné les libertés fondamentales – pas seulement celles les concernant, comme le secret des sources, la protection des lanceurs d’alerte ou le secret des affaires ? C’est-à-dire quand le droit de manifester a été remis en cause, quand la police préventive est entrée en vigueur, quand le maintien de l’ordre a accentué sa brutalité, bien avant les Gilets Jaunes ?

Au cours des dernières semaines, ont-ils accordé à ces questions des violences policières, des doctrines du maintien de l’ordre à la française et du renchérissement sécuritaire du gouvernement la place que de dignes défenseurs de la démocratie leur accorderaient ?

S’en tenir à l’indignation et aux incantations constitue une stratégie d’évitement efficace, consistant à refouler l’idée que les médias sont parties prenantes de la crise démocratique qui, année après année, se révèle plus explicitement. Consistant aussi à ignorer que les attaques sont moins globalisantes qu’on veut bien le croire, qu’elles désignent d’abord les chaînes d’information et l’éditocratie, la fraction dominante du champ médiatique. Même du regrettable manque de discernement des Gilets Jaunes, il faut comprendre les causes.

Le flagrant déni des violences policières

BFMTV, LCI ou CNews – cibles privilégiées – n’ont pas le monopole du sensationnalisme ni des mises en scènes partielles et partiales. Le traitement de la question des violences policières a fait office de révélateur paradoxal. Tardivement, mais irrésistiblement, l’absence de ce traitement s’est révélée intenable, et coupable – y compris de la part des médias publics. Car longtemps, il ne fut quasiment question – et dans quelles proportions – que de la violence des « casseurs » et des manifestants.

Avant que l’abcès ne crève, de manière spectaculaire presque du jour au lendemain, les violences policières ont semblé ne même pas constituer un sujet, tandis que les débordements des manifestants se situaient tout en haut de la hiérarchie de l’information. L’accent était mis sur la difficulté du travail des forces de l’ordre (avec abondance d’interventions de syndicalistes policiers), sur l’impact économique des blocages et de la casse, tandis que les nombreuses condamnations du gouvernement étaient assidûment reprises.

De nombreux Gilets Jaunes, qui ne se recrutent pas dans les populations habituellement manifestantes, ont découvert l’envers d’un décor : la réduction des mobilisations aux violences et des manifestants aux casseurs. Si les militants de gauche ont fini par s’y résigner, ils n’ignorent pas la cruauté de ce traitement et ne s’étonnent pas de la colère qu’il peut soulever en retour. Car de fait, cette information-là est partielle et partiale jusqu’à la malhonnêteté.

Quelle est cette sorte de démocratie où les forces de l’ordre optent pour l’escalade, provoquent des mutilations en toute connaissance de cause et se livrent à des agressions gratuites, avec la bénédiction d’un gouvernement qui fait voter l’interdiction administrative de manifester ? Les habitants des « quartiers », les supporters de football et les acteurs des mouvements sociaux ont tour à tour fait les frais de la privation de droits élémentaires, de la militarisation des forces de l’ordre et d’une doctrine brutale du maintien de l’ordre… dans une grande indifférence médiatique.

Cette indifférence n’a plus tenu avec les Gilets Jaunes – d’une part parce que c’est une autre population, d’autre part parce que les brutalités policières ont été visibles partout… hors des médias institutionnels. Lesquels, ainsi, se mettent eux-mêmes en accusation. Une omission aussi grossière ne peut en effet que conforter les reproches qui leur sont adressés dont, en particulier, les accusations de parti pris étatique : cette inégalité de traitement épouse trop manifestement la stratégie du pouvoir.

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Il reste à se demander pourquoi le discours sur les violences policières (et sur leur existence même !) est encore, la plupart du temps, laissé au soin des victimes et des militants. Pourquoi il est conjugué au conditionnel ou sous forme interrogative, comme une simple hypothèse, ou au mieux sous l’angle du LBD et non des doctrines du maintien de l’ordre.

Il faut encore s’étonner que le sujet ait été majoritairement sous-traité à des francs-tireurs de bonne volonté comme David Dufresne – baptisé ici et là « le journaliste anti-violences policières » comme si tous les journalistes ne devraient pas être « anti-violences policières ». Pourquoi, ainsi que le remarque Vincent Glad, il est si souvent cantonné aux rubriques de fact checking – comme s’il était constitué d’allégations et non de faits vérifiables.

Sous la pression de l’évidence, le sujet a donc fini par être abordé de front : la digue a même cédé de manière spectaculaire ces dernières semaines. Mieux vaut tard que jamais, mais ce retard n’en est pas moins significatif. Combien de sujets pas moins essentiels sont pareillement et continuellement écartés ?

L’honneur des (autres) journalistes

L’union sacrée de la profession pose, ainsi, un problème quand elle solidarise ceux qui la servent avec rigueur, exigence et honnêteté intellectuelle, et ceux qui en dévaluent les principes les plus élémentaires. En l’espèce, le manque de discernement est partagé, de manière troublante, entre les Gilets Jaunes et leur cible. On affirme avec raison qu’il est ridiculement généralisateur de dénoncer « les médias » ; et néanmoins on fait corps, par réflexe, en donnant prise à cette généralisation.

Beaucoup de journalistes, qui déplorent qu’on les mette dans le « même sac », s’y précipitent donc à chaque nouvel épisode de solidarité confraternelle. Peut-être faut-il observer de plus près le profil de ceux-là, qui bien souvent appartiennent à la partie la mieux installée de la profession. Quoi qu’il en soit, ces protestations unanimistes entretiennent aussi un malentendu et une injustice.

La rage antimédiatique – celle des Gilets Jaunes comme celle qui l’a précédée – manque de subtilité dans ses cibles, elle ignore ou englobe souvent, à tort, tous les journalistes qui font bien leur travail et tous ceux qui, encore plus nombreux, regrettent de ne pas pouvoir le faire mieux. Elle tombe ainsi sur les milliers de pigistes précarisés qui se retrouvent doublement victimes.

Même l’existence de mauvais journalistes est moins imputable à ces derniers qu’aux responsables de leur recrutement et – pire – de leur avancement. Dans bien des domaines de l’actualité, combien de charlatans et de tartufes occupent les meilleures positions ? On a beau rire de plus en plus fort de ces invraisemblables spécimens du journalisme de révérence, mille fois discrédités ils persistent, se cooptent, s’éternisent.

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Pour ce scandale comme pour les autres, il faudrait abandonner la fallacieuse réserve professionnelle (de même que la prudence professionnelle, mais c’est plus risqué) et dire en toutes lettres, voire en gros mots, l’abyssale nullité de l’éditorialisme national. Il faudrait, en somme, que les journalistes se désolidarisent de la chefferie et de l’éditocratie, voire s’insurgent à leur tour pour reprendre le pouvoir dans les rédactions. On n’en est pas à ce point-là, mais on s’en est peut-être rapproché. Des rédactions s’interrogent, des directions sont interpellées.

Un contre-pouvoir introuvable

Les médias d’information sont au cœur de la profonde crise démocratique actuelle. Envisager leur responsabilité n’est pas remettre en cause leur rôle – du moins celui qu’ils devraient jouer. De ce point de vue, il est significatif que les violences policières ne soient pas le seul thème remarquablement occulté dans l’espace médiatique : l’imposition, par les Gilets Jaunes, des questions de justice fiscale et sociale indique un autre angle mort, pas moins considérable.

Nous arrivons – espérons-le – au terme de trois ou quatre décennies d’hégémonie de la pensée libérale, assurée par les pédagogues de la soumission, les évangélistes du marché, les chantres du there is no alternative sur toutes les grandes ondes, dans presque tous les quotidiens.

Leur déni croissant de la réalité économique et sociale de la France a fini par envoyer « les journalistes » dans le même monde parallèle que « les politiques », les englober dans le même discrédit, dans le même rejet d’une « caste » ou d’une « élite » coupée des réalités, qui ne défend que ses intérêts. « Ceux qui pensent qu’après trente-cinq ans de matraquage néolibéral inouï, un changement de paradigme pourrait se faire dans le calme, sont soit des naïfs soit des complices », résume l’écrivain Laurent Binet.

L’hostilité dont ils sont l’objet est aussi la conséquence d’un manque criant de pluralisme, d’abord au sens de représentativité des populations : des tranches entières de la société française ne se reconnaissent pas, ne s’entendent pas, ne se sentent ni défendues, ni considérées. Comme les habitants des quartiers populaires, ceux des périphéries et de la ruralité tentent de conjurer leur invisibilité, de faire constater la fracture médiatique

L’excuse de la « neutralité » est caduque quand elle n’est plus qu’une posture qui ne laisse de place qu’à la doxa économique libérale tout en faisant preuve d’une invraisemblance complaisance politique pour la pensée d’extrême droite. Loin d’assurer la contradiction, la pluralité des opinions, la présence d’une pensée critique, le débat politique est dissous dans le commentaire dérisoire des stratégies de communication et dans les amalgames débilitants des « extrêmes » et du « populisme ».

Si ceux qui exercent le pouvoir médiatique avaient été un contre-pouvoir, ils auraient assuré un minimum de contradiction à une doctrine économique qu’ils ont au contraire défendue jusqu’au dogmatisme. L’idéologie, c’était les autres. La panique morale actuelle de l’éditocratie indique aussi bien sa perte de sens commun que les intérêts qu’elle défend.

S’ils avaient eu une conscience de leurs responsabilités, ils n’auraient pas ouvert si complaisamment les vannes, non seulement de la médiocrité, mais aussi des opinions les plus toxiques – comme pour mieux verrouiller l’alternative fatale entre le libéralisme et le fascisme, entre la stupidité et l’horreur.

Ils auraient accordé une place centrale à des sujets comme l’évasion fiscale, les atteintes aux libertés publiques, l’aggravation des inégalités et de la violence sociale, la faillite politique de l’Union Européenne, le coût de la crise financière, le désastre écologique, le pouvoir des lobbies, etc. Ils auraient mis en examen les doctrines qui gouvernent, audité leurs conséquences, instruit les responsabilités.

En somme, s’ils avaient réellement assumé la fonction démocratique dont ils se prévalent, ils ne se retrouveraient pas aujourd’hui dans une position aussi compromise. Celle de spectateurs ou de complices de l’avènement des populistes identitaires et réactionnaires, incapables de pressentir ni de comprendre la colère qui éclate et les prend pour cible.

Réinventer le travail journalistique

Une large part du traitement médiatique du mouvement des Gilets Jaunes, la plus « visible », a été problématique et de nature à exacerber le ressentiment. Mais une frange de médias a produit un effort de reportage considérable. Conscients de longue date du gouffre entre l’information et la population, ou récemment dessillés, des journalistes se sont lancés sur ce terrain avec humilité et envie, d’autres se sont interrogés sur les causes de l’hostilité et sur leurs propres responsabilités.

Le mouvement des Gilets Jaunes a en effet ramené, de force, l’information sur le terrain, en l’occurrence sur des terrains négligés. Des ronds-points aux groupes Facebook, des périphéries aux classes populaires, de la justice fiscale à la justice sociale, il a fallu s’engager sur des territoires peu arpentés.

Si le « média culpa » a commencé, il faut encore évaluer sa capacité à susciter une réelle transformation. On connaît la force d’inertie engendrée par ceux qui résistent pour maintenir leur avantageuse position.

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En 2016, année du référendum sur le Brexit et de l’élection de Donald Trump, la découverte (tardive) des ravages des fake news, des effets délétères des « bulles de filtre » ou de la malignité des algorithmes aurait déjà dû susciter une remise en cause fondamentale. Elle a souvent été un moment de déploration et de fatalisme condescendant qui impute l’essentiel de la responsabilité aux réseaux sociaux – sans se demander si leur succès n’était pas accentué par la perte de crédit des médias traditionnels.

Bien sûr, beaucoup de journalistes accomplissent un travail remarquable, y compris dans ces médias-là. Des efforts ont été consentis, des progrès accomplis – non sans limites et travers, comme avec le fact checking, mais avec un certain volontarisme. Des démarches créatives et audacieuses ont été entreprises, des médias indépendants et ambitieux ont été lancés, le métier est en effervescence et de nombreux confrères s’interrogent ouvertement sur leur travail, à la lumière des événements actuels.

Il est par ailleurs possible aujourd’hui, plus qu’il y a quelques années, d’accéder à une information sûre, exigeante, pluraliste et, surtout, indépendante. Mais celle-ci reste en marge, comme une exception, ses modèles économiques sont fragiles et difficiles à reproduire. Il y a encore toute une révolution à accomplir.

Pour une (auto)critique des médias

Malgré des progrès récents depuis la crise des « fake news », la critique des médias reste marginalisée, laissée à des officines valeureuses et à quelques francs-tireurs, auxquels on réserve une hostilité hélas largement partagée dans la profession. Elle coûte cher sur un marché du travail journalistique rétréci, où il vaut mieux ne se fâcher avec personne. Aussi cette corporation est-elle si peu capable de retourner ses outils sur elle, restant à l’abri dans son propre angle mort.

La critique des médias relève pourtant d’un travail profondément journalistique, et d’une démarche réflexive qui devrait être au centre de la production d’information. Si le journalisme, l’information des citoyens, l’indépendance des médias sont si essentiels à la démocratie, la profession doit impérativement s’appliquer les plus grandes exigences éthiques et déontologiques. Ses seules chartes en la matière (dont l’une date de 1971) sont déclaratives et régulièrement bafouées, dans la plus grande impunité puisqu’elle ne dispose d’aucun organe de contrôle.

Aussi refoulée soit-elle, la critique des médias fait son retour sous la forme d’une vague puissante. L’ensemble des événements récents, pas seulement ceux les concernant, indiquent aux médias d’information la nécessité et l’urgence absolues de cette réflexion. S’il y a une restauration démocratique à opérer, elle passera nécessairement par une révolution dans l’information.

Il faut défendre un journalisme critique et expert, capable de faire du fact checking en direct – tout le contraire d’un journalisme déblatératif qui consiste à donner la parole à des spécialistes en matière générale pour parler de tout et n’importe quoi, n’importe comment.

Un journalisme à la fois ambitieux et modeste, qui cesse de se regarder le nombril, crève ses propres bulles de filtre et sort de ses zones de confort. Un journalisme qui, au lieu de les inviter constamment, met ses ennemis dehors : les éditorialistes fumeux, les faux intellectuels, les experts discrédités, les lobbyistes à la solde, les communicants et les sondeurs, les essayistes de raccroc, les distillateurs de haine.

Les rédactions doivent remettre en cause cette fausse « neutralité » qui fait d’elles les auxiliaires actifs ou passifs de l’idéologie dominante. Il faut certes poursuivre l’objectivité, mais sans en être dupe. Il est peut-être temps de promouvoir un « journalisme des opinions », un journalisme d’opinion qui ne se cache pas de l’être. Un journalisme qui dise toujours d’où il parle et d’où parlent ses interlocuteurs, qui ménage de véritables débats contradictoires : l’ideology checking devrait aller de pair avec le fact checking, quitte à compliquer ce dernier.

Il y aura toujours du mauvais journalisme ; il faut plus de bon journalisme, plus créatif, plus indépendant, plus politique, plus militant – ne serait-ce que pour défendre le journalisme. Il faut enrayer la cooptation des médiocres, s’adresser à l’intelligence en faisant le pari de celle des citoyens, être, enfin, véritablement digne de la démocratie en cessant de se payer de grands mots.

Jérôme Latta

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’association Acrimed, mais seulement leurs auteurs dont nous ne partageons pas nécessairement toutes les positions.

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Publié par le 7 février 2019 dans Education - information, général, Politique, Sciences

 

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Viande avariée polonaise : près de 800 kilos retrouvés en France dans 9 entreprises

Si ce n’était que quelques centaines de kilos… Il existe probablement des dizaines de tonnes voir plus de viande avariée qui circulent en France. Pas plus tard qu’il y a un mois, pas moins d’une tonne de viande avariée a été découverte dans une boucherie d’Agde. Une seule boucherie ! Alors 800 Kg venus de Pologne, ce n’est que le dessus de l’iceberg. Z

Sur ce total, « 150 kilos ont déjà été récupérés » a précisé vendredi le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume.

95 kilos » de viande avariée polonaise. C’est ce qu’ont retrouvé les services sanitaires du ministère de l’Agriculture dans « neuf entreprises » du secteur agroalimentaire en France, a annoncé vendredi le ministre de l’Agriculture.

Sur ce total, « 150 kilos ont déjà été récupérés » dans ces entreprises françaises « dupées ». a précisé Didier Guillaume sur CNews. « On ne sait pas s’ils sont partis dans le commerce, cela a pu rester dans des frigos », a-t-il indiqué.

« Je pense que dans la journée on saura où on en est » pour les 650 kilos restant, « la traçabilité des produits lorsqu’ils arrivent en France marche plutôt bien » a rassuré le ministre.

Mercredi 30 janvier, le parquet polonais d’Ostroleka, au nord de Varsovie, avait annoncé avoir ouvert une enquête sur l’abattage et la commercialisation de bovins malades par un abattoir local. Une partie a été distribuée dans plusieurs pays de l’Union Européenne.

Des vaches malades étaient abattues à l’insu et sans le feu vert des vétérinaires » –Ministre Polonais de l’Agriculture Partager la citation )

Le Commissaire européen à la Santé et à la sécurité alimentaire Vytenis Andiukaitis a annoncé une inspection en Pologne la semaine prochaine et appelé les autorités polonaises à assurer le respect des normes européennes. La Pologne est un grand exportateur de viande en Europe.

Le ministre Polonais de l’Agriculture a reconnu la fraude en soulignant qu’il s’agissait d’un « incident isolé ». « Nous avons affaire à une pathologie: sur un site, des vaches malades étaient abattues à l’insu et sans le feu vert des vétérinaires », a-t-il indiqué à la chaîne publique TVP Info.

L’affaire a été révélée par une enquête d’un journaliste en Pologne, de la chaîne commerciale TVN24, qui a passé trois semaines dans l’abattoir de Kalinowo. Il a publié des images de bovins traînés la corde au cou, manifestement malades, serrés dans un camion, puis de carcasses entassées et de quartiers de viande visiblement impropres à la commercialisation.

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Publié par le 1 février 2019 dans général, Santé - nutrition, société

 

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Loi Egalim – Hausse de prix dans l’alimentation : « Les Français les plus modestes vont payer » !

Incroyable … les Français, alors que beaucoup n’arrivent plus à finir le mois – à sec dés le 10 ou 15 du mois –  et n’ont plus rien à mettre dans leur assiettes, vont voir leur pouvoir d’achat sur les produits de 1ere nécessité fondre ! Précisément une des raison qui a déclenché le mouvement des gilets jaunes. 

Quant aux agriculteurs : 

 » la loi n’organise pas le fait que les distributeurs doivent acheter plus cher leurs produits aux agriculteursAucune obligation, aucun contrôle ne sont prévus »

C’est une blague ???

Il aurait simplement fallu cibler l’interdiction de vente à perte uniquement sur les produits agricoles (d’où qu’ils viennent dans le monde) et imposer aux distributeurs une marge minimum (pourquoi pas 10 %, ou autre schéma imposer un prix plancher indexé sur les coûts de production) sur ces produits, obligatoirement reversée aux agriculteurs (pour ce qui est des agriculteurs français, les autres c’est pas notre soucis). Quitte à imposer aux distributeurs des quotas minimums de produits agricoles français (de proximité dans la mesure du possible, ce que veulent les consommateurs et ce qui est profitable à tous), ce qui ne serait en fait pas du tout utile car le consommateur Français est prêt à payer un peu plus pour que ses agriculteurs puissent vivre dignement – comme le montrent de nombreuses initiatives déjà existantes !!! 

C’est si compliqué que ça ???!!!

« Ce sont donc bien les Français les plus modestes, avec un faible pouvoir d’achat, qui vont payer »

On vit sur une autre planète, ceci n’est plus possible !!! Z 

La loi Egalim, dite loi ­Alimentation, votée le 2 octobre 2018, est censée redéfinir la relation entre agriculteurs, industriels et distributeurs. Un texte trop flou pour Mathieu Escot, qui se traduira par une hausse des prix pour les consommateurs, sans réelle contrepartie pour les agriculteurs. Le responsable des études à l’association de consommateurs UFC-Que choisir nous détaille dans quels magasins et sur quels produits auront lieu ces augmentations.

 

La loi Alimentation va-t-elle se traduire par une hausse des prix au 1er février ?

Mathieu Escot : Oui, clairement. Notre estimation, si on regarde les produits qui étaient vendus avec moins de 10 % de marge et dont les prix vont être relevés, est qu’il y aura une inflation de 900 millions d’euros sur 2019 et 2020.

 

 

Quels seraient les types de produits concernés ?

Il faut regarder à la fois quel type de produits et qui les vend. Pour cette première question, nous parlons de produits alimentaires connus de grandes marques, ceux que l’on qualifie de produits d’appel : les principales marques de soda, de café, les eaux minérales, les produits sucrés, le fameux pot de Nutella, etc.

 

 

Dans quel type de magasin y aura-t-il des hausses ?

Pas dans les petits magasins de centre-ville ou les Monoprix parisiens, en tout cas, car les marges réalisées sur les produits y sont déjà supérieures à 10 %. En revanche, dans les hypermarchés qui se livrent à une guerre des prix – Leclerc, Géant Casino, etc. – comme chez les « hard discounters » (Leader Price, Netto, etc.), les hausses pourront être fortes. Or, ce sont ces magasins que fréquentent les Gilets jaunes. Ce sont donc bien les Français les plus modestes, avec un faible pouvoir d’achat, qui vont payer.

 

 

Le but de la loi Alimentation est au final de pouvoir mieux rémunérer les agriculteurs. Qu’en pensez-vous ?

Que cela reste très théorique, car si la loi prévoit d’augmenter les marges de la grande distribution, elle ne dit pas du tout, en revanche, sur comment faire pour augmenter les marges des agriculteurs. Cela reste un vœu pieux : la loi n’organise pas le fait que les distributeurs doivent acheter plus cher leurs produits aux agriculteursAucune obligation, aucun contrôle ne sont prévus.

 

 

La FNSEA, principal syndicat agricole en France, continue pourtant d’y croire…

Oui, ils font le pari que cela va marcher. Pour moi, c’est un mystère.

 


 

hausse des prix - loi egalim

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Publié par le 31 janvier 2019 dans économie, général, société

 

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Additifs, résidus de pesticides, ‘mycotoxines’ – dans votre pain

60 Millions de consommateurs a testé 65 références de pain vendu dans des boulangeries artisanales, des franchises et des grandes surfaces. 

Des mycotoxines sont présentes « en deçà des seuils réglementaires », SAUF pour deux références (source) Ouf me voilà rassuré ! 

Des substances retrouvées qui sont « reconnues comme des perturbateurs endocriniens ou suspectées de l’être » , mais « les limites réglementaires ne sont pas dépassées ». Pas de panique, tout va bien !!  

Des substances dans le pain qui sont « soupçonnés d’entraîner des effets secondaires à partir d’une certaine quantité ingérée » … C’est à dire que si on en mange « trop » (à partir de quelle « certaine quantité ingérée » ça devient « trop » ?) on risque d’avoir des effets secondaires, comme avec les médicaments ! On croit rêver… Z 

De la farine, de l’eau, un peu de levure et de sel, éventuellement quelques graines de céréales : voici la liste des ingrédients qu’on imagine pour composer un pain, qu’on l’achète en supermarché, dans une chaîne ou chez son boulanger artisanal. Mais cette liste est bien souvent beaucoup plus longue. C’est ce que confirme l’enquête réalisée par 60 Millions de consommateurs, qui en livre les résultats dans son numéro de février.

Additifs, résidus de pesticides et toxines

La revue a repéré, dans les pains, pains de mie, baguettes, meules ou pains spéciaux des additifs, résidus de pesticides ou encore mycotoxines, des toxines produites par des champignons dont certaines peuvent devenir toxiques. Mais le magazine précise que les quantités détectées respectent, dans la plupart des cas, les limites réglementaires.

Quatorze additifs autorisés dans une baguette

60 Millions de consommateurs critique surtout la présence d’additifs : jusqu’à 14 additifs différents sont autorisés pour produire une baguette, qu’elle soit artisanale ou industrielle. Le nombre de ces additifs est encore plus élevé pour les pains spéciaux. Exemple, les mono et di-glyrécides d’acides gras, (E471), qui servent à limiter les cloques sur la croûte. Autorisés, ils sont « soupçonnés d’entraîner des effets secondaires à partir d’une certaine quantité ingérée », précise le magazine.

Des farines « améliorées »

Si pour avoir le droit d’utiliser les termes « boulanger » ou « boulangerie », il faut que toutes les étapes de la fabrication du pain aient lieu sur place, la présence des additifs n’est en effet pas interdite. La plupart des chaînes de boulangerie et des indépendants travaillent avec un ou plusieurs moulins, qui les fournissent en farines et en assemblages de farines prêtes à utiliser, notamment pour les pains spéciaux, note 60 Millions de consommateurs. Ces substances « aident le boulanger à obtenir un pain de qualité constante, et lui facilitent la tâche, notamment en accélérant les étapes de la fabrication », explique le magazine.

Le pain sans gluten, mais avec beaucoup trop d’ingrédients

Par ailleurs, certains pains sans gluten, comme un pain de mie nature testé dans l’enquête, contiennent  jusqu’à 24 ingrédients, note le mensuel. Un pain de mie aux céréales sans gluten testé contient, lui, 16 ingrédients. Le gluten, qui donne normalement son élasticité à la pâte, est ainsi remplacé par des amidons, transformés ou non, mais aussi des additifs, émulsifiants ou épaississants.

Pour éviter les additifs, baguette tradition ou pain au levain

Pour éviter les additifs chimiques, vous pouvez choisir un pain « de tradition française », comme la baguette tradition, ou un pain au levain : les deux sont encadrés par le décret du 13 septembre 1993, explique le mensuel : les seuls ingrédients autorisés sont la farine, le sel, l’eau, la levure ou le levain. Mais aussi cinq « adjuvants naturels : farine de fèves, de soja et de malt de blé, gluten et levure désactivée, ainsi qu’un « auxiliaire technologique », l’amylase fongique ».

Plus de la moitié des pains testés contiennent des pesticides

Plus de la moitié du panel testé présente également des résidus de pesticides, en particulier les pains de mie et les pains complets. Certaines des substances retrouvées sont « reconnues comme des perturbateurs endocriniens ou suspectées de l’être », souligne 60 Millions de consommateurs, qui précise que les limites réglementaires ne sont pas dépassées. Une présence de pesticides qui paraît logique, à partir du moment où on ne teste pas uniquement des pains bios.

Trop de sel dans le pain

Autre ingrédient critiqué : le sel, présent en trop grande quantité dans l’ensemble des produits testés et en particulier dans les baguettes, juge la revue, qui estime qu’il « serait grand temps que l’on fixe son taux réglementairement ».

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Publié par le 25 janvier 2019 dans général, Santé - nutrition

 

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La confiance dans les médias traditionnels atteint son plus bas historique en France

La confiance dans les médias traditionnels atteint son plus bas historique en France

Victime de leur couverture – très critiquée – du mouvement des Gilets jaunes, les médias font face à profonde crise de confiance des Français, qui doutent de leur indépendance, selon un sondage. La télévision notamment, est en chute libre.

En plein mouvement des Gilets jaunes – qui ne cachent pas leur défiance à l’égard des médias traditionnels – la nouvelle édition du baromètre annuel du journal La Croix sur la confiance que les Français accordent aux médias vient d’être publiée. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats de cette enquête menée par l’institut Kantar ne sont pas flatteurs pour la profession, puisque cet indice atteint son plus bas niveau depuis le premier sondage réalisé sur le sujet, en 1987.

Principale victime de cette chute spectaculaire la télévision, qui recueille un niveau de confiance de seulement 38%, soit une dégringolade de 10 points en un an. Les autres plateformes ne sont pas épargnées : la presse écrite s’effondre à 44% (-8 points), et la radio, média auquel les Français font traditionnellement le plus confiance, perd également 6 points pour émarger tout juste à la moyenne (50%). Internet s’en sort un peu mieux en maintenant le niveau atteint l’année passée, qui reste toutefois très bas (25%). Cette crise de confiance s’explique pour près des trois quarts des personnes interrogées par le manque d’indépendance des journalistes vis-à-vis du pouvoir politique et des pressions de l’argent.

S’ils s’en méfient de plus en plus, les Français s’intéressent aussi de plus en plus à l’information. Après un pic enregistré à la suite des attentats de 2015, l’intérêt porté à l’actualité avait chuté dramatiquement. Il remonte début 2019, en plein mouvement des Gilets jaunes. Les deux-tiers (67%) des personnes interrogées déclarent ainsi «suivre les nouvelles avec grand intérêt», contre 62% en 2018.

Et, paradoxalement, pour s’informer sur cette crise sociale les sondés citent dans l’ordre les journaux télévisés des chaînes généralistes (64 %), suivi de la radio (38 %) et des chaînes d’infos (à 37 %), de Facebook (26 %) qui devance les grands titres de la presse quotidienne (17 %), des sites et applications de la presse écrite (15 %), et enfin des médias uniquement en ligne comme Mediapart (6 %).

Le traitement médiatique du mouvement des Gilets jaunes est sans surprise très critiqué par les Français, dont plus de la moitié le juge mauvais (51 %), alors que seulement un petit tiers s’en disent satisfait (32%). De loin, les plus mécontents sont ceux qui s’informent sur Internet (61 %) et les sympathisants de La France insoumise (67 %) et du Rassemblement national (66 %).

Sondage réalisé par l’institut Kantar pour le quotidien la Croix sur un échantillon de 1 024 individus, représentatifs de la population.

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Publié par le 25 janvier 2019 dans Education - information, général, société

 

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Royaume-Uni : « Des enfants mal nourris fouillent dans les poubelles de l’école pour apaiser leur faim »

« Des enfants mal nourris fouillent dans les poubelles de l’école pour apaiser leur faim », déclare une directrice d’école.

Des parents arrivent à l’école en larmes disant qu’ils n’ont aucun moyen de nourrir leurs enfants. Les enfants arrivent à l’école tellement affamés qu’ils vont chercher de la nourriture dans les poubelles, explique la directrice d’école.

Siobhan Collingwood, directrice de l’école primaire de Morecambe Bay, dans le comté de Lancashire, a déclaré qu’un élève sur dix venait de familles qui ont recours aux banques alimentaires.

« Lorsque les enfants sont affamés, cela altère leur comportement et les rend complètement obsédés par la nourriture, ainsi nous avons des enfants qui vont voler des noyaux de fruits dans les poubelles », a déclaré la directrice.

S’exprimant à l’émission BBC-Breakfast, Siobhan Collingwood a déclaré : « Nous avons des enfants qui n’ont rien dans leur gamelle du déjeuner et qui font une fixation sur la nourriture ».

La directrice a ajouté qu’il y avait actuellement 35 enfants dans son école dont les familles sont aidées par des banques alimentaires, en ajoutant : « Le nombre est probablement plus élevé, mais nous ne connaissons que ceux-là. »

En début de semaine, le Comité d’audit environnemental a présenté les chiffres de 2017 de l’UNICEF selon lesquels 19% des enfants britanniques de moins de 15 ans vivent avec des adultes qui ont du mal à se procurer de la nourriture.

Siobhan Collingwood a déclaré que la faim à laquelle sont confrontés les élèves « brisait le cœur » et ajouté qu’elle avait vu des parents arriver à l’école et fondre en larmes, affirmant qu’ils n’avaient pas les moyens de nourrir leurs enfants.

« Des familles me disent qu’elles se prêtent régulièrement de la nourriture, et mon expérience quotidienne me dit que c’est un problème qui s’aggrave de plus en plus », a-t-elle déclaré.

Siobhan Collingwood a affirmé qu’elle avait constaté davantage de problèmes depuis l’introduction du Crédit universel, [un système d’indemnisation unique qui regroupe et remplace une série d’indemnités sociales qui existaient auparavant – NdT].

Ses commentaires ont eu lieu après qu’un groupe de députés représentant plusieurs partis a appelé le gouvernement à nommer un « ministre de la faim » pour lutter contre « l’insécurité alimentaire » – en particulier parmi les jeunes enfants.

Eleanor Busby

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Publié par le 22 janvier 2019 dans général, société

 

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