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L’atmosphère extérieure de la Terre s’étend en réalité bien au-delà de la Lune

L’atmosphère extérieure de la Terre s’étend en réalité bien au-delà de la Lune

La géocouronne est la partie lumineuse de l’exosphère terrestre. Toutefois, pendant longtemps la configuration de cette structure est restée incertaine. Une récente découverte basée sur des observations de l’observatoire solaire et héliosphérique SOHO montre que la couche gazeuse qui enveloppe la Terre s’étend en réalité jusqu’à 630 000 km, soit 50 fois le diamètre de notre planète.

« La Lune évolue dans l’atmosphère de la Terre » déclare Igor Baliukin de l’Institut de recherche spatiale de Russie. « Nous ne le savions pas avant de dépoussiérer les observations faites par le satellite SOHO il y a plus de deux décennies ».

Là où notre atmosphère se confond avec l’espace, il existe un nuage d’atomes d’hydrogène appelé géocouronne. SWAN, l’un des instruments d’observation de SOHO, a utilisé ses capteurs sensibles pour tracer la signature de l’hydrogène et détecter avec précision la distance jusqu’où s’étendent les limites de la géocouronne. Les résultats ont été publiés dans la revue Journal of Geophysical Research: Space Physics.

Illustration montrant la géocouronne terrestre. Crédits : ESA

Illustration montrant la géocouronne terrestre. Crédits : ESA

Pour les planètes contenant de l’hydrogène dans leurs exosphères, la vapeur d’eau apparaît souvent plus près de leur surface. C’est le cas pour la Terre, Mars et Vénus. « Cela est particulièrement intéressant lorsque l’on recherche des planètes avec des réservoirs d’eau potentiels au-delà de notre système solaire » explique Jean-Loup Bertaux, co-auteur de l’étude.

Le premier télescope sur la Lune, placé par les astronautes d’Apollo 16 en 1972, capturait une image évocatrice de la géocouronne entourant la Terre et brillant dans les UV. « À cette époque, les astronautes à la surface lunaire ne savaient pas qu’ils étaient encore réellement présents dans les limites de la géocouronne » indique Bertaux.

Nuage d’hydrogène et géocouronne

Le Soleil interagit avec les atomes d’hydrogène par le biais d’une longueur d’onde particulière de lumière ultraviolette appelée Lyman-alpha, que les atomes peuvent à la fois absorber et émettre. Ce type de lumière étant absorbé par l’atmosphère terrestre, il ne peut être observé que depuis l’espace.

Grâce à sa cellule d’absorption d’hydrogène, l’instrument SWAN pourrait mesurer sélectivement la lumière Lyman-alpha de la géocouronne, et rejeter les atomes d’hydrogène appartenant à l’espace interplanétaire. La nouvelle étude a révélé que la lumière du Soleil comprime les atomes d’hydrogène dans la géocouronne du côté terrestre, et produit également une région de densité accrue du côté nocturne.

La région la plus dense de l’hydrogène au niveau du jour est encore plutôt disparate, avec seulement 70 atomes par centimètre cube à 60’000 kilomètres de la surface de la Terre, et environ 0.2 atome à la distance de la Lune.

Image ultraviolette de la géocouronne terrestre prise par la mission Apollo 16 en 1972, depuis la Lune. Crédits : ESA

Image ultraviolette de la géocouronne terrestre prise par la mission Apollo 16 en 1972, depuis la Lune. Crédits : ESA

« Sur Terre, nous appelons cela le vide. Cette source supplémentaire d’hydrogène n’est donc pas assez importante pour faciliter l’exploration spatiale » ajoute Baliukin. La bonne nouvelle est que ces particules ne représentent aucune menace pour les voyageurs de l’espace lors de futures missions avec équipage en orbite autour de la Lune.

« Il y a aussi un rayonnement ultraviolet associé à la géocouronne, car les atomes d’hydrogène dispersent la lumière solaire dans toutes les directions, mais l’impact sur les astronautes en orbite lunaire serait négligeable par rapport à la principale source de rayonnement — le Soleil » précise Bertaux.

En revanche, la géocouronne terrestre pourrait gêner les futures observations astronomiques effectuées au voisinage de la Lune. « Les télescopes spatiaux observant le ciel dans les longueurs d’onde ultraviolettes pour étudier la composition chimique des étoiles et des galaxies devraient en tenir compte ».

Une meilleure compréhension de la géocouronne grâce aux archives de SOHO

Lancé en décembre 1995, l’observatoire spatial SOHO étudie le Soleil depuis plus de deux décennies, de son noyau profond à la couronne extérieure, en passant par le vent solaire. Le satellite est en orbite autour du premier point de Lagrange (L1), à environ 1.5 million de kilomètres de la Terre en direction du Soleil.

Image de la géocouronne prise par SOHO. L’ellipse en pointillés indique l’extension de l’orbite lunaire. Crédits : ESA/NASA/SOHO/SWAN

Image de la géocouronne prise par SOHO. L’ellipse en pointillés indique l’extension de l’orbite lunaire. Crédits : ESA/NASA/SOHO/SWAN

Cet emplacement est un bon point de vue pour observer la géocouronne de l’extérieur. L’instrument SWAN de SOHO a imagé la Terre et son atmosphère étendue à trois reprises entre 1996 et 1998. L’équipe de recherche de Jean-Loup et d’Igor en Russie a décidé d’extraire cet ensemble de données des archives pour une analyse plus approfondie. Ces vues uniques sur la géocouronne jettent maintenant un nouvel éclairage sur l’atmosphère de la Terre.

« Les données archivées il y a de nombreuses années peuvent souvent être exploitées pour de nouvelles sciences. Cette découverte met en évidence la valeur des données collectées il y a plus de 20 ans et les performances exceptionnelles de SOHO » conclut Bernhard Fleck, scientifique du projet SOHO de l’ESA.

Source : Journal of Geophysical Research: Space Physics

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Publié par le 24 février 2019 dans Espace, général, Sciences

 

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Les neuroscientifiques disent avoir trouvé une toute nouvelle forme de communication neuronale

Les neuroscientifiques disent avoir trouvé une toute nouvelle forme de communication neuronale

Les scientifiques pensent avoir identifié une forme de communication neuronale jusque-là inconnue qui se propage automatiquement dans les tissus cérébraux et peut basculer sans fil de neurones d’une section à l’autre du cerveau, même s’ils ont été sectionnés chirurgicalement.

Cette découverte offre de nouvelles perspectives radicales sur la façon dont les neurones peuvent communiquer les uns aux autres, par le biais d’un processus mystérieux qui n’est pas lié aux mécanismes conventionnellement compris, comme la transmission synaptique, le transport axonal et les jonctions communicantes.

“Nous ne connaissons pas encore la partie ‘Et alors’ de cette découverte”explique Dominique Durand, ingénieur neuronal et biomédical de la Case Western Reserve University.

“Mais nous savons qu’il s’agit d’une toute nouvelle forme de communication dans le cerveau, alors nous sommes très excités.”

Auparavant, les scientifiques savaient déjà que la communication neuronale ne se limitait pas aux connexions susmentionnées qui ont été étudiées en détail, comme la transmission synaptique.

Par exemple, les chercheurs savent depuis des décennies que le cerveau présente des ondes lentes d’oscillations neurales dont nous ne comprenons pas le but, mais qui apparaissent dans le cortex et l’hippocampe lorsque nous dormons, et sont donc supposées jouer un rôle dans la consolidation de la mémoire.

“La pertinence fonctionnelle de ce rythme réseau lent découplé en entrée et en sortie reste un mystère”, explique le neuroscientifique Clayton Dickinson de l’Université de l’Alberta, qui n’a pas participé à la nouvelle recherche mais en a discuté dans un article de perspective.

“Mais elle sera probablement résolue par une élucidation des mécanismes cellulaires et intercellulaires qui l’ont engendrée.”

À cette fin, Durand et son équipe ont étudié la lenteur de l’activité périodique in vitro, en étudiant les ondes cérébrales dans des tranches de l’hippocampe extraites de souris décapitées.

Ce qu’ils ont découvert, c’est que la lenteur de l’activité périodique peut générer des champs électriques qui, à leur tour, activent les cellules voisines, constituant une forme de communication neuronale sans transmission synaptique chimique ni jonctions de séparation.

“Nous connaissons ces ondes depuis longtemps, mais personne ne connaît leur fonction exacte et personne ne croyait qu’elles pouvaient se propager spontanément”a dit Durand.

“J’étudie l’hippocampe, une petite partie du cerveau, depuis 40 ans et ça me surprend toujours.”

 Cette activité neuronale peut en fait être modulée – renforcée ou bloquée – en appliquant des champs électriques faibles et pourrait être une forme analogique d’une autre méthode de communication cellulaire, appelée transmission éphaptique.

La découverte la plus radicale de l’équipe a été que ces champs électriques peuvent activer les neurones par l’intermédiaire d’un trou complet dans le tissu cérébral sectionné, lorsque les deux pièces demeurent à proximité physique.

“Pour s’assurer que la tranche a été complètement coupée, les deux morceaux de tissu ont été séparés puis rejoints tandis qu’un espace libre a été observé sous le microscope chirurgical”expliquent les auteurs dans leur article.

“La lente activité périodique de l’hippocampe pourrait en effet générer un événement de l’autre côté d’une coupe complète à travers toute la tranche.”

Si vous pensez que c’est bizarre, vous n’êtes pas le seul. Le comité de révision du Journal of Physiology – dans lequel la recherche a été publiée – a insisté pour que les expériences soient terminées de nouveau avant d’accepter d’imprimer l’étude.

Durand et son équipe s’y sont conformés consciencieusement, mais ils ont une bonne compréhension de la prudence, tout compte fait, étant donné la bizarrerie sans précédent de l’observation qu’ils rapportent.

“C’était un moment bouleversant pour nous et pour tous les scientifiques qu’on a racontés jusqu’à présent.”

“Mais chaque expérience que nous avons faite depuis pour le tester l’a confirmé jusqu’ici.”

Il faudra beaucoup plus de recherches pour déterminer si cette forme bizarre de communication neuronale se produit dans le cerveau humain – sans parler du décodage de sa fonction exacte – mais pour l’instant, nous avons une nouvelle science qui est choquante à bien des égards, comme Dickson l’observe adroitement.

“Bien qu’il reste à voir si les [résultats] sont pertinents pour les rythmes lents spontanés qui se produisent dans les tissus corticaux et hippocampiques in situ pendant le sommeil et les états semblables au sommeil”, a écrit Dickson, “ils devraient probablement (et littéralement) électriser le champ”.

Les résultats sont publiés dans The Journal of Physiology.

Source : ScienceAlert – Traduit par Anguille sous roche

 
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Publié par le 22 février 2019 dans général, Sciences

 

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« Surnuméraire. Comment vous êtes de trop et pourquoi il faut vous tuer »

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Tout ceci n’est qu’une fiction évidemment.

Un très vieil homme fit son entrée dans l’amphithéâtre. Toute l’université y avait pris place. Le doyen, les professeurs, tous les étudiants, tout le monde était là, même la presse. Ce vieil homme était le dernier témoin de la Grande guerre contre l’IA. L’IA, l’intelligence artificielle. Elle avait failli emporter le monde et son humanité. Il s’en était fallu d’un cheveu pour que l’homme, tel que nous le connaissions, ne disparaisse totalement de l’univers.

Il avait fallu le courage de trois hommes. Le Prêtre. Le Commandant. L’Hermite.

Ce très vieil homme les avait bien connus tous les trois, surtout le commandant puisque c’était l’un de ses soldats. Il était le dernier centurion.

Les caméras de l’université ne ratèrent rien de cette intervention.

Le silence se fit. Un silence pesant, profondément respectueux.

Du corps de cet ancien soldat, dont le nom bientôt serait donné à des rues et des avenues, sortit une voix d’une clarté surprenante.

« Votre doyen m’a demandé de venir vous raconter notre histoire. Votre histoire et l’héritage que nous vous laissons. Alors me voici.

Vous êtes jeunes, et vous n’avez connu que la paix. Aucun de vous n’a connu de guerre. Rendez-vous compte, 70 ans de paix. J’ai 90 ans aujourd’hui, mais lorsque j’avais votre âge, les choses étaient, comme vous le savez, bien différentes. Son récit commença et dura plusieurs heures.

Il raconta comment le monde avait sombré dans le génocide et le chaos, comment le rêve d’immortalité nous avait fait sombrer dans l’abîme. Il raconta tout sans omettre grand-chose, jusqu’à cette dernière journée, le jour de la défaite, qui est aussi le jour de la sagesse.

70 ans plus tôt.

« Le feu brûle. Autour, quelques enfants. Des mères s’affairent autour du foyer. Le foyer… il n’en reste plus que le feu alors qu’il y a encore quelques années, le foyer c’était pour les plus anciens encore en vie une maison, un appartement, un logement.
Étrange cette évolution du mot foyer. À l’origine, il a désigné le feu, puis l’habitat, puis à nouveau uniquement le feu.

Plus loin, les hommes plus âgés montent la garde. Dans les arbres, les sentinelles tentent de détecter les essaims de drones qui sont mortels et emportent chaque jour leur tribut de vie humaine.

Les forêts sont devenues l’ultime refuge de ce qu’il reste d’hommes libres et non transformés et les armes les plus rudimentaires, à savoir les bons vieux calibres 12 avec les petits plombs à pigeon, sont les plus efficaces pour se protéger des essaims tueurs.

Le « Commandant », comme il l’appelait, avait réussi à organiser un système de défense et de protection efficace. Dans le plus grand secret, une équipe scientifique libre avait réussi à percer plusieurs des systèmes de la GIA. Le temps de l’offensive approche. Peut-être verra-t-on un jour la libération. Hélas, cela fait 16 fois que les FHL, les forces humaines libres, ont tenté des offensives. À chaque fois, les pertes ont été très lourdes. Les FHL ne sont plus qu’une poignée. Malgré les mises en garde de l’Hermite, ils étaient trop pressés d’affronter le mal, mais le mal était trop fort. Ce n’est qu’avec l’arrivée du nouveau commandant qu’enfin, on tenta de préserver les forces de plus en plus précieuses et de moins en moins nombreuses. Il y a quelques jours, beaucoup de soldats sont partis vers une destination inconnue. Personne ne croit plus qu’un jour les choses changeront. Le Prêtre les avaient bénis, il leur avait expliqué à quel point la vie est précieuse, à quel point elle doit être préservée, et que la dignité de l’homme ne se négocie pas. À quel point les heures les plus sombres et les plus froides sont celles qui précèdent l’aurore. C’était un temps de centurions, d’hommes solides et forts, à la croyance inébranlable dans la pérennité de l’humanité dont ils avaient la lourde charge.

Dans leur complexité, les choses étaient redevenues terriblement simples.

Dans le clan, le pouvoir était partagé entre ces trois hommes. Le Commandant s’occupait de la chose militaire, le Prêtre des cœurs et de la chose spirituelle, et l’Hermite, de la chose politique. L’efficacité de ces trois hommes, leur sagesse et leur grandeur firent que le clan attira rapidement tous les survivants, tous les surnuméraires.

Ces trois hommes surent faire la chose la plus importante. Ils nous redonnèrent l’espoir. Ils étaient comme une nouvelle trinité.

Cette guerre qui dure déjà depuis 7 ans est une guerre à mort qui se joue entre les hommes améliorés et connectés cérébralement qu’ils surnomment, dans les forêts, les surhommes.

C’est une évidente référence au mythe du nazisme et de la pureté de l’aryen. Les bons à rien, eux, ont déjoué tous les pronostics les plus défavorables issus de GIA. GIA. La grande intelligence artificielle. GIA, qui est devenue, après les premiers tests de Google il y a bien longtemps, l’alpha et l’oméga, le dieu-octets vénéré des hommes améliorés et connectés.

GIA a rapidement défini que la principale menace pour l’écosystème planétaire était le nombre d’hommes et la gestion défaillante de leurs émotions liée à la perception de sentiments. En 2030, les GAFA, qui investissaient des milliards dans les technologies de l’IA et de l’immortalité, ont commencé à déployer les premières techniques dites de la vie éternelle.

Il n’y avait pas besoin d’être une intelligence artificielle pour savoir que déployer des technologies d’immortalité dans un écosystème fermé n’était pas possible. 500 millions maximum de surhommes immortels, tel était le verdict sans appel de GIA, car la Terre-mère, elle, ne pouvait pas supporter plus 500 millions d’améliorés-connectés. GIA n’a pas de sentiments. GIA n’a pas d’humanité. GIA n’a pas d’émotion. GIA est une intelligence pure qui règle les problèmes de manière pure et parfaite d’après les améliorés sans interférence. Mais GIA avait commis deux erreurs. La première, il fallait comme préalable, pour assurer la soutenabilité des ressources nécessaires à la vie de la caste des surhommes améliorés et connectés, protéger à tout prix l’environnement. Les surnuméraires purent ainsi trouver des sanctuaires dans les forêts.

Soudainement, tout cessa. Les sentinelles annoncent un mouvement proche. Tension. Peur. Frayeur. Puis, soulagement. C’est les éclaireurs. Mais ils ne sont pas seuls. La rumeur se propage à une vitesse folle. C’est lui, il est là. C’est l’Hermite. Un vieil homme. Cabossé. Le temps et l’histoire l’ont soumis à tous les orages. À ses côtés, le Commandant. Ils étaient tous crasseux. Fatigués, épuisés, ils portaient les stigmates de la bataille, mais il y avait au fond des yeux de ces hommes une lumière qui n’était pas celle que l’on avait vu les 16 fois précédentes et qui était celle de la défaite et de l’abattement.

Ils étaient étrangement peu nombreux et tout le monde se demandait sans oser poser la question où étaient passés les 2 000 centurions qui avaient quitté le camp. La funeste réponse n’allait pas tarder à nous être apportée.

Nous nous sommes éloignés de GAIA la Terre-mère et nous avons eu GIA l’enfer et le mal absolu de l’intelligence artificielle. Nous avons voulu nous ériger en surhommes, en créateurs de toutes choses, dans le ciel et la terre, nous avons voulu croire que nous pouvions définir le bien et le mal, nous avons voulu nous prendre pour des dieux. Nous avons voulu devenir immortels, alors que notre finitude fait de nous ce que nous sommes et qu’il ne peut pas y avoir d’homme immortel. Nous avons cru que nous pouvions briser les cycles sacrés de la vie et de la transmission.
Nous avons perdu 7 milliards des nôtres en quelques mois seulement dans le plus grand génocide de l’histoire de l’humanité. Le génocide des surnuméraires.

Mais GIA avait aussi calculé qu’il fallait une réserve génétique de remplacement de 100 millions d’individus non améliorés pour servir de banque génétique en cas de besoin et de matière d’expérimentation. Ce fut la seconde erreur de GIA. 100 millions de surnuméraires c’était effectivement le nombre idéal, mathématiquement et génétiquement parfait pour pouvoir permettre la réserve chromosomique nécessaire à la survie et à la réparation des surhommes améliorés et connectés. Mais c’était aussi une masse suffisante pour que l’humanité ne s’éteigne pas.

Malgré toute son intelligence mathématique et scientifique, GIA était en réalité condamnée à créer les conditions potentielles de sa propre perte.

Avant de partir moi aussi vers la vie éternelle, je voulais vous raconter dit le vieil homme le discours que nous prononça l’Hermite la veille du jour de la victoire et que nous célébrons, aujourd’hui, ensemble et que nous appelons le jour de la défaite.

À cette époque, ce qu’il restait de notre clan était réfugié dans la forêt. Ce discours n’a pas été enregistré, mais je m’en souviens assez précisément et presque comme si c’était hier.

« Nous avons été massacrés, nous avons été prélevés, nous avons été utilisés pour les expérimentations scientifiques des GIA. Nous avons été la matière première des secteurs transhumanistes. Mais nous avons survécu. Vous avez survécu. Nous avons lutté pour que l’humanité ne s’éteigne pas, pour que l’humanité ne meure pas. Nous avons refusé de disparaître sans combattre, sans nous battre.

Aujourd’hui, je suis venu vous dire, à vous, les quelques milliers de survivants, que nous venons de tuer 500 millions d’améliorés et de connectés. Ils ont été éradiqués en une fraction de seconde. Notre section scientifique, après des années de recherche, a réussi à trouver une porte d’entrée. Nous n’avons pas affronté frontalement les drones de GIA. Nous avons, par une opération commando brillante, détruit GIA par un virus informatique mis dans plusieurs des unités centrales. Nos 2 000 meilleurs centurions ont été engagés dans cette bataille. Ils ne sont plus que 12.

Aujourd’hui, nous avons tué 500 millions d’individus. Même s’ils étaient des améliorés, des connectés. Même si nous avons tué des criminels responsables du génocide de 7 milliards d’être humains, aujourd’hui n’est pas une victoire, car il n’y a aucun acte fondateur de grandes choses qui puisse être un massacre.

Aujourd’hui, c’est, espérons-le, la dernière défaite. Notre dernière défaite. Celle qui a commencé, souvenez-vous pour les plus anciens, lorsque nous avons laissé dire, « qu’ils coûtent un pognon de dingue et que cela ne sert à rien », quand nous avons laissé dire que nous étions des « gens qui ne sont rien », des « illettrés », un ministre voulait même calculer combien chacun de nous coûtait, et combien il rapportait, en ces temps, par lâcheté, par naïveté, par facilité, nous avons accepté d’être déshumanisés, déshumanisés par les discours, déshumanisés par le chômage, déshumanisés par la précarité, par les machines, par la mondialisation, déshumanisés par la mise en concurrence de tous avec chacun, déshumanisés par les haines et les communautarismes, nous avons, enfin, accepté d’être déshumanisés par les techniques de sélection et d’amélioration. Évidemment, seuls les « élus » y eurent droit. Parce que nous avons accepté toutes ces déshumanisations, nous avons accepté de devenir des surnuméraires.

Aujourd’hui n’est pas une victoire, mais la dernière défaite d’une guerre contre l’humanité qui nous a mené de la richesse de 7 milliards d’individus, de talents, de potentiels, à une poignée d’une centaine de millions de survivants. Aujourd’hui, nous pleurerons tous nos morts.

Demain sera le premier jour d’une nouvelle humanité qui ne devra jamais oublier à quel point chaque vie est précieuse, demain devra être le premier jour d’une humanité sans vanité et qui choisira en toutes choses l’amour de la vie. Notre funeste histoire est la preuve qu’il n’y a aucune amélioration de l’homme dans la machine ou dans sa connexion avec l’intelligence artificielle. Tout ceci n’était que chimère. Il n’y a d’amélioration de l’homme que dans le cheminement vers la sagesse et dans l’amour pour encore plus d’humanité.

Le lendemain, le peuple des surnuméraires prit le chemin des secteurs, que l’on appelait autrefois les villes. Ils s’y installèrent. L’Hermite et le Commandant moururent, laissant derrière eux une humanité sage et pacifiée. Puis, avec le temps, ils ne furent plus que des paragraphes dans des manuels d’histoire, furent-ils sur tablettes numériques, et tout recommença. Encore, et encore jusqu’à la fin des temps.

« L’histoire ne se répète pas, elle bégaie ».

Notre plus grande erreur est toujours la même. Nous menons la guerre avec une guerre de retard, et les dangers d’aujourd’hui ne sont pas du tout ceux d’hier. Nous devons bien évidemment nous inspirer de l’histoire et sa connaissance est aussi indispensable que précieuse, mais il y a un écueil. L’histoire de demain de sera pas la répétition de celle d’hier, elle sera fort différente, elle surprendra les endormis, les assoupis, mais si les causes de nos futurs drames seront très différentes, les conséquences, elles, seront identiques. Elles sont toujours identiques. Les conséquences de l’histoire se mesurent généralement en milliers de vies lors des guerres antiques, en millions lors des deux derniers conflits mondiaux, il ne nous manque plus que d’accéder à la nouvelle échelle de pertes humaines se chiffrant en milliards.

Notre manque de sagesse et nos technologies devraient nous permettre sans trop de difficulté de nous massacrer avec une toute nouvelle efficacité.

Bien évidemment, toute ressemblance avec des personnages existants, des propos récemment tenus, toute similitude avec des idéologies ou des avancées scientifiques actuelles, toute entreprise ou firme présente seraient purement fortuites. Ceci n’est qu’une modeste fable qui ne peut pas être interprétée comme une information, une opinion et encore moins une vérité. Pour votre bien, le ministère public de l’information et de la propagande vous propose le JT de 20 heures chaque soir.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Insolentiae

 
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Publié par le 22 février 2019 dans général, Insolite, société

 

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«Blanquer veut imposer un délit d’opinion» : le cri d’alarme d’un enseignant

«Blanquer veut imposer un délit d’opinion»: le cri d’alarme d’un enseignant

Lundi 11 février au soir, dès le premier article qui rappelle notamment le devoir d’exemplarité des enseignants, les oppositions ont été vives, relate l’AFP. Les trois groupes parlementaires de gauche ont tenté de le supprimer, déplorant une loi qui commence dans la «défiance» avec une volonté de «museler» les professeurs.

La composition anodine du premier article de la loi ne pose pas en elle-même problèmes, selon le professeur qui appelle à signer la pétition.

Alerté par une loi du ministère de l’Éducation «pour une école de la confiance», un enseignant a posté une vidéo sur les réseaux sociaux en appelant tout le monde à signer une pétition contre ce texte qui veut «imposer une forme de délit d’opinion», car, selon lui, cette norme tend à museler les professeurs et limiter leur liberté d’expression.

Une vidéo appelant à signer une pétition contre la loi Blanquer sur l’éducation a été postée sur les réseaux sociaux par un enseignant. La liberté d’expression des enseignants également évoquée dans le projet fait l’objet de débats parmi les internautes.

 

«Il dit simplement que pour instaurer la confiance dans la communauté éducative les personnels de l’éducation nationale, notamment les enseignants, ont un devoir d’exemplarité.»

D’après lui, c’est l’étude de l’impact de la loi qui soulève des questions en ce qui concerne la liberté d’expression.

«En dehors du cadre de leurs fonctions, lorsque les personnels de l’éducation nationale ont à s’exprimer, ils peuvent être sanctionnés, s’il est jugé qu’ils portent atteinte à la dignité de l’institution», lit-on dans le projet de loi.

Actuellement, les enseignants en dehors de leurs fonctions n’ont pas de droit de réserve, ainsi ils peuvent critiquer, par exemple, les politiques éducatives. Quant à cette loi, selon certains, elle menace cette liberté d’expression et tend à imposer une forme de délit d’opinion aux enseignants.

«Elle [la loi, ndlr] veut imposer une forme de devoir de réserve ou un délit d’opinion aux enseignants qui pourraient critiquer trop librement les politiques éducatives. Il faut impérativement s’opposer à cette loi», souligne le professeur dans sa vidéo.

Avant d’ajouter:

«Elle est un danger, une menace pour notre liberté d’expression collective.»

Depuis le lundi 11 février à l’Assemblée nationale, le projet de loi «pour une école de la confiance», proposé par le ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, est examiné par les députés. Cette loi tente d’apporter des changements dans quasiment toutes les composantes du système éducatif qui sont évoquées au fil des 25 articles du projet de loi.

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Publié par le 22 février 2019 dans Education - information, général, société

 

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Loi contre la haine en ligne : interdiction des réseaux sociaux, levée de l’anonymat, amendes en millions d’euros…

Pour le moment, l’article le plus complet que j’ai trouvé est celui du Figaro, que je vous conseille de lire aussi – car les médias livrent plusieurs visions et angles de cette future loi (mais j’en ai trouvé aucune qui soit complète et de loin, ni qui analyse les tenants et aboutissants, ni les perspectives) qui s’annonce liberticide (et bien plus) à travers divers aspects, comme j’en ai déjà beaucoup parlé. (en fait tout est lié, lire par exemple Macron veut interdire l’anonymat sur Internet !!! ou encore entre autres,  Philippe annonce une loi pour « réguler » les contenus sur les réseaux sociaux avant l’été !)

Ce qui se prépare est énorme, vous n’avez même pas idée, on va entre autres vers une police de la pensée et une censure massive.   

Cette loi sera la clef qui va permettre de contrôler le net et provoquer un basculement progressif vers un système totalitaire. 

On aura l’occasion de reparler de cette loi, qui s’annonce vraiment très très vaste.  

Lors de son discours au dîner annuel du Crif mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé entre autres mesures qu’en mai, la députée LREM Laetitia Avia déposera une proposition de loi contre la haine sur internet, qui reprendra les propositions du rapport qu’elle avait publié en septembre avec l’écrivain Karim Amellal et le vice-président du Crif Gil Taïeb.

Le président de la République a affirmé que « la question de l’anonymat sera évidemment posée » – un sujet de controverse depuis plusieurs semaines –, même s’il ne s’agit « pas pour autant d’interdire l’anonymat partout sur internet » (source)

En fait il s’agit de lever l’anonymat au lieu de l’interdire, ce qui au final revient au même… 

La future loi imposera donc aux plateformes de retirer les contenus appelant à la haine « dans les meilleurs délais », probablement 24h, et de « mettre en œuvre toutes les techniques permettant de repérer l’identité » de leurs auteurs et enfin responsabilisera ces plateformes sur le plan juridique. Il faudra aussi « nous donner les moyens aussi de pouvoir interdire la présence sur un réseau social de personnes coupables de propos racistes et antisémites comme on interdit hooligans dans les stades, ou à tout le moins, faire en sorte que les condamnations pour actes racistes et antisémites soient publiées », a ajouté Emmanuel Macron. En revanche, il a exclu l’interdiction générale de l’anonymat sur Internet, qui pourrait « aller vers le pire ». (source)

Cette loi s’annonce vraiment très vaste comme je l’ai dis et concerne énormément de choses, il vous faudra faire quelques recherche et lire pas mal de papiers, relier les points, pour en avoir la moindre petite idée.

Il y a aussi de prévu par exemple un blocage définitif des sites qui propagent des « contenus haineux ».. etc etc 

Lire ce papier du Monde et celui ci de Numérama.

Voir aussi :  Macron annonce une loi contre la haine sur Internet: «RIP la liberté d’expression» ?

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Qu’est-ce qui sera proposé ?

Comme annoncé par le gouvernement l’année dernière, il y aura bel et bien en France une loi contre la haine sur Internet en 2019. En ce qui concerne les dispositions de cette loi ainsi que le moment où le projet sera dévoilé, les choses se précisent. Lors de son discours au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) le 20 février, Emmanuel Macron a annoncé qu’une proposition de loi contre la haine sur Internet sera déposée en mai. La proposition de loi sera faite par la députée LREM Laetitia Avia et reprendra les propositions de son rapport sur le sujet. Elle s’inspirera également de la loi allemande en vigueur depuis janvier 2018.

Pour information, la loi allemande exige que les sites de médias sociaux agissent rapidement pour supprimer les discours de haine, entre autres contenus dits illégaux. Et les sites qui ne supprimeront pas les postes « manifestement illégaux » pourraient être passibles d’amendes allant jusqu’à 50 millions d’euros. (…)  Précisons aussi que les plateformes internet ont 24 heures pour agir après qu’il leur aura été signalé la publication de contenu en violation de la loi. Reste à savoir quelles idées de la loi allemande Macron aimerait voir la France reprendre.

« Ce que ce texte portera », explique le Président français, « ce sont des dispositions claires imposant le retrait dans les meilleurs délais de tous les contenus appelant à la haine, mettant en œuvre toutes les techniques permettant de repérer l’identité dans les meilleurs délais et enfin appelant à la responsabilité, y compris sur le plan juridique, lesdites plateformes ». Emmanuel Macron a souligné que l’État français avait commencé à travailler avec Facebook, mais il dénonce l’attitude de Twitter, qu’il qualifie de mauvais élève dans la lutte contre les discours de haine sur Internet.

« Il y a aujourd’hui encore des plateformes comme Twitter, pour citer les mauvais exemples, qui attendent des semaines, quand ce n’est pas des mois, pour donner les identifiants qui permettent d’aller lancer les procédures judiciaires contre ceux qui ont appelé à la haine, au meurtre ». Et parfois, ces plateformes « prennent des jours, des semaines pour retirer des contenus ainsi identifiés », a-t-il déploré. Pour lui, il est donc nécessaire, dans la loi à venir, d’adopter des sanctions contre les sociétés numériques si elles ne s’impliquent pas suffisamment.

Pour les internautes qui seront reconnus coupables de propos haineux ou racistes, entre autres, le Président français souhaite qu’ils soient interdits des plateformes de réseaux sociaux. « Il nous faut nous donner les moyens aussi de pouvoir interdire la présence sur un réseau social de personnes coupables de propos racistes et antisémites, comme on interdit les Hooligans dans les stades, ou à tout le moins faire en sorte que les condamnations pour actes racistes et antisémites soient publiées pour ceux s’en rendant coupables », a-t-il fait valoir. Techniquement, comment cela sera-t-il possible ? En plus, cela ne viole-t-il pas la liberté d’expression ? Voici des questions qu’on peut se poser…

L’anonymat, un morceau difficile à digérer pour Emmanuel Macron

Macron ne manque pas d’aborder la question de l’anonymat sur laquelle il s’est plusieurs fois exprimé ces dernières semaines : « Moi je ne veux plus de l’anonymat sur les plateformes internet », a insisté le Président français le 7 février, dans le cadre du grand débat, après sa sortie du 18 janvier où il a plaidé en faveur d’une « levée progressive de tout anonymat ». Il a certainement entendu les vives critiques après ses déclarations, et avec la position affichée par Mounir Mahjoubi, Macron s’est montré moins catégorie sur la question.

Si cette fois, il ne remet pas complètement en cause l’anonymat, le Président français ne digère pas que cela soit un obstacle dans la lutte contre la haine en ligne. « Faut-il interdire partout sur Internet l’anonymat ? Je pense que nous pourrions aller par cette voie à quelques égards vers le pire. Il faudra donc y réfléchir à deux fois », dit-il. « Par contre, ce que nous ne pouvons pas accepter, c’est que parce qu’il y a l’anonymat, le contenu ne soit pas retiré dans les meilleurs délais, que l’identité ne soit pas recherchée et ne soit pas donnée ».

La députée LREM Laetitia Avia donne plus de précisions

Interrogée hier sur franceinfo, tout juste après le discours de Macron, la députée LREM Laetitia Avia a évoqué en avant-première quelques points clés de la future loi. Elle veut simplifier le signalement de propos haineux sur les réseaux sociaux, mais aussi « responsabiliser toutes ces plateformes qui créent une viralité autour des contenus haineux ». Pour ce faire, elle reprend une mesure qu’elle avait proposée dans son rapport : elle préconise « la mise en place d’une obligation de retirer, dans les meilleurs délais, sous 24 heures, ces contenus haineux, sous peine de sanctions extrêmement fortes et dissuasives, qui se chiffreraient en millions d’euros pour ces plateformes. » Les amendes devraient en effet être assez dissuasives pour obliger les plateformes à coopérer. « Les plateformes vont jouer le jeu parce qu’elles n’auront pas le choix », dit-elle. « Notre message est ferme. On leur demande de la coopération, à défaut ce sera de la sanction », a-t-elle ajouté.

Pour permettre à la justice de faire correctement son travail, celui de sanctionner les auteurs de propos haineux en ligne, Laetitia Avia estime qu’il faut encore des « mécanismes pour pouvoir lever plus efficacement, plus rapidement, l’anonymat des personnes qui tiennent ces propos haineux sur les réseaux sociaux. » Mais il ne s’agira pas d’une levée d’anonymat systématique. Elle explique en effet qu’on « ne touchera pas au pseudonymat, le droit pour chacun de s’appeler X ou Y, en revanche, dès lors qu’un délit est commis on doit pouvoir identifier la personne. C’est là qu’on lève l’anonymat », dit-elle. Un juge devrait ensuite pouvoir juger les délits de propos haineux sans audience ; ce qui va permettre d’avoir une justice plus rapide et plus efficace dans le traitement de ces délits.

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Publié par le 22 février 2019 dans général, Politique, société

 

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Affaire Benalla et les autres : qui viole la séparation des pouvoirs ?

 

Le Sénat de la république en application de l’article 24 de la constitution française, a accompli la mission que ce texte lui confie. C’est dans ces conditions que s’est déroulée la commission d’enquête sur ce que l’on va appeler par commodité : « l’affaire Benalla ». L’invraisemblable feuilleton qui continue de se dérouler, avec notamment récemment l’incarcération de Benalla et de son compagnon de dérive, montre à quel point cette commission était indispensable. On savait déjà depuis un moment que l’Assemblée nationale complètement caporalisée par le pouvoir exécutif ne pouvait plus être considérée comme capable de remplir ses missions. La pantalonnade de la commission parlementaire de l’Assemblée nationale sur le même thème démontre suffisamment l’importance  du Sénat qui actuellement apparaît comme la seule institution de la république susceptible de défendre la démocratie. La justice complètement instrumentalisée par le pouvoir exécutif ne dispose plus ni de la légitimité ni de la confiance populaire nécessaire.

Les membres éminents du pouvoir exécutif, arc-boutés, dans cette volonté de protéger une bande de voyous ont réagi au rapport de la commission d’enquête du Sénat. Ces réactions hallucinantes démontrent l’importance des dangers d’un pouvoir décidé à violer les règles républicaines et les libertés fondamentales pour se maintenir.

J’ai répondu à chaud aux premières questions posées par le média Atlantico. Je le reproduis ci-dessus. Ainsi que le lien permettant d’accéder à l’original.

Régis de Castelnau

 

« Affaire Benalla » : radioscopie des failles démocratiques françaises

 

Atlantico: Au delà du souffle médiatique, quelles pourraient être les conséquences judiciaires de la situation ? Derrière Alexandre Benalla et Vincent Crase, que risque l’Elysée ?

Régis de Castelnau : Au plan judiciaire, protégé par son immunité constitutionnelle, le Président de la République ne risque rien. Il le sait si bien puisqu’il avait lancé sa bravade ridicule du mois de juillet dernier lors de la rencontre avec les seuls parlementaires LREM à la maison de l’Amérique latine. Revendiquant l’embauche et la protection d’Alexandre Benalla il avait lancé le fameux « qu’ils viennent me chercher ! », Que l’on peut traduire en français courant « allez vous faire voir, j’ai mon immunité pénale, et je ne risque rien ». Au plan politique c’est une autre histoire, et on peut considérer que l’explosion des gilets jaunes a aussi pour cause l’exécration que rencontre ce personnage que beaucoup considèrent désormais comme tout à fait indigne de la fonction qu’il occupe.

En revanche, il apparaît très clairement que la présidence de la république dans son ensemble est considérablement affectée par ce que révèle le rapport de la commission sénatoriale, mais également par tout ce qui s’est produit depuis le déclenchement du scandale au mois de juillet de l’année dernière. Ainsi, nous apprenons qu’au plus haut niveau de l’État des gens qu’il n’est pas abusif de considérer comme des voyous, disposent d’avantages et de pouvoirs mettant en cause l’intégrité de l’institution, et bénéficient de protections fournies par des hauts fonctionnaires d’État qui acceptent sans barguigner de se comporter parfois comme des nervis. Au-delà des parjures imputés à Alexandre Benalla et son compère Vincent Crase on apprend avec stupéfaction que des hauts fonctionnaires n’auraient pas hésité à emprunter le même chemin. Secrétaire général de l’Élysée, directeur de cabinet du président de la république, et général de gendarmerie chargé de la sécurité du président, excusez du peu.

Deux observations concernant la présidence d’Emmanuel Macron peuvent être faites aujourd’hui :

  • tout d’abord les conditions de son élection, où le droit électoral garant de la sincérité d’un scrutin a été allègrement violé, en particulier sur le financement de la campagne, le rôle de la presse et les manœuvres judiciaires et médiatiques visant à décrédibiliser la candidature de François Fillon. L’arrivée à la magistrature suprême d’un candidat sans expérience parfaitement inconnu quelques semaines auparavant, et manifestement choisi et soutenu par l’oligarchie financière et la haute fonction publique d’État ne pouvait générer dès le départ, qu’une légitimité politique très faible.
  • Ensuite les comportements d’Emmanuel Macron, ses inconséquences et le mépris affiché en permanence à l’encontre de la France d’en bas ont contribué à faire voler en éclats le peu d’autorité dont il pouvait bénéficier dans la grande masse de la population. L’affaire Benalla et les ahurissantes pratiques qu’elle a révélées dans le fonctionnement du petit groupe présent à l’Élysée a achevé de le déconsidérer. Toutes les études d’opinion démontrent que ses éventuelles « remontées » dans les sondages ne sont que le fruit du retour d’une partie des électeurs de François Fillon apeurés par la révolte populaire. Le soutien d’une grande majorité de Français au mouvement des gilets jaunes reste lui, étonnamment élevé.

C’est cette faiblesse politique directe, face à un mouvement qui ne voit de solution qu’en son départ, qui a amené Emmanuel Macron à choisir la répression policière et judiciaire massive. Accompagné d’une stratégie législative de mise en cause drastique des libertés publiques. La vraie question est de savoir désormais si la France et ses institutions sont disposées à accepter de pareilles dérives, dont la lecture de la presse internationale permet de constater à quel point elles provoquent la stupéfaction.

 

Quelles pourraient être les conséquences « logiques », du point de vue judiciaire, des conclusions du rapport du Sénat ? Comment prendre la mesure du role qui attend les magistrats ?

Régis de Castelnau: Il est difficile de prévoir quel sera le comportement du parquet, saisi des informations et des conclusions de la commission sénatoriale. À Paris il est dirigé depuis le départ de François Molins par un candidat choisi directement par Emmanuel Macron après une manipulation de la procédure. François Molins avait manifesté une surprenante mansuétude vis-à-vis de l’entourage d’Emmanuel Macron, et Alexandre Benalla lui-même faisant disparaître son coffre, Muriel Pénicaud, Richard Ferrand, François Bayrou, Ismaël Emelien et quelques autres n’avaient vraiment pas à s’en plaindre. Son successeur fait mieux, car aussi soucieux que son prédécesseur de ne pas faire de peine au pouvoir, il a également témoigné d’un zèle impressionnant et souvent illégal dans la répression policière et judiciaire de masse contre les gilets jaunes. C’est la raison pour laquelle il est difficile de prévoir ce qu’il va faire de cette nouvelle patate chaude. Autorité de poursuite, c’est lui qui a l’initiative d’ouvrir une enquête préliminaire dont il y a tout lieu de penser, par extraordinaire il le faisait, qu’elle ne devrait guère être préoccupante pour les personnes mises en cause par le rapport. Le dossier pourrait rejoindre dans un placard celui des emplois fictifs du MoDem. Le Canard enchaîné sans être démenti nous a informé qu’effectivement, sur demande d’Emmanuel Macron le parquet de Paris n’a procédé à aucune investigation. On peut craindre que le rapport du Sénat subisse le même sort. Le procureur pourrait aussi, dans l’intérêt de l’institution judiciaire redorant ainsi un peu son blason terni, demander immédiatement l’ouverture d’une « information judiciaire » confiée à un juge d’instruction lui-même magistrat du siège et donc en théorie indépendant. Allez savoir pourquoi, j’ai quelques doutes sur l’utilisation de cette faculté. Mais je serai le premier à la saluer.

Je crois aussi qu’à ce stade il est important de fournir une petite précision concernant l’incarcération des duettistes du 1er mai, et de beaucoup d’autres choses. Alexandre Benalla et Vincent Crase, avaient été mis en examen et leur avait été imposé un contrôle judiciaire qui leur interdisait de se rencontrer pour éviter le risque de concertation entre deux personnes contre lesquelles existaient des indices graves et concordants d’avoir commis une jolie brochette d’infractions graves. La violation d’une telle interdiction est d’extrêmement grave. D’abord c’est la violation d’un engagement solennel pris devant les magistrats, ensuite et quasi mécaniquement cette violation ne peut qu’être suivie de l’incarcération. Celle-ci n’est pas une sanction, c’est une mesure pratique pour justement empêcher la concertation. On notera simplement qu’à partir de l’information donnée par Mediapart de cette rencontre, il a quand même fallu près de quatre semaines pour que la mesure soit prise alors qu’en bonne logique elle aurait dû l’être dès le lendemain. On notera aussi que ladite rencontre a eu lieu dans l’appartement d’une fonctionnaire membre du cabinet du premier ministre et chargé de sa sécurité, elle-même compagne d’un agent rattaché à l’Élysée dont on dit qu’il est très proche d’Alexandre Benalla et que c’est lui qui aurait « exfiltré » le fameux coffre. On a envie de dire, « n’en jetez plus… ».

 

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux a déclaré à cette occasion « Je trouve curieux que les assemblées aient à se prononcer sur l’organisation du pouvoir exécutif ». Dans quelle mesure l’affaire Benalla est-elle en train – ou non – de révéler les failles françaises de la séparation des pouvoirs?

Régis de Castelnau : Ce que l’affaire Benalla révèle des failles françaises de la séparation des pouvoirs, c’est essentiellement l’instrumentalisation de la justice par l’exécutif à l’occasion de la crise des Gilets Jaunes. Le président de la république a choisi non pas le maintien de l’ordre mais la répression et de ce point de vue, son message de nouvel an était clair. L’appareil judiciaire cravaché par Madame Belloubet a immédiatement obéi aux ordres quand il n’a pas été au-devant. La confiance des Français dans la magistrature déjà pas bien fameuse, sortira très abîmée par cette séquence et malheureusement pour longtemps.

Benjamin Griveaux appartient à ce type de personnage que l’on voit graviter dans le système Macron et dont on se demande comment il est possible que des gens qui ont en charge le plus haut niveau de l’État acceptent de les côtoyer. Christophe Castaner, Aurore Bergé, Marlène Schiappa, sont quand même les incarnations d’une nullité politique assez avilissante, capables qu’ils sont de proférer les pires niaiseries avec un aplomb jamais démenti. Mais le plus grave c’est leur absence de la moindre culture républicaine et démocratique.

À Benjamin Griveaux ministre de la République française, qui a reconnu n’avoir pas lu le rapport avant de lâcher son obscénité, on se contentera de rappeler l’article 24 de la Constitution de ladite République : « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques. Il comprend l’Assemblée nationale et le Sénat. »

Ce qu’on peut trouver vraiment curieux en revanche c’est qu’un tel personnage ait pu accéder à un tel poste.

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Publié par le 22 février 2019 dans général, Politique

 

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En cas d’attaque, la Russie ripostera contre les sites de tirs en Europe et contre les USA

En cas d’attaque, la Russie ripostera contre les sites de tirs en Europe et contre les USA

Moscou ne va pas continuer à toquer à la porte fermée de Washington pour débattre de la question du désarmement.

Mercredi, lors de son discours annuel sur l’état de la nation devant l’Assemblée fédérale, le président russe Vladimir Poutine a dit que si les États-Unis déploient des missiles à portée intermédiaire et à courte portée en Europe, les Russes réfléchiront à des mesures similaires et asymétriques :

« Je l’ai déjà dit et je tiens à le répéter, et il est vital de le rappeler expressément : Nous n’avons nullement l’intention de déployer en premier ce genre de missiles en Europe. S’ils sont effectivement fabriqués et envoyés sur le continent européen – et les États-Unis ont de toute façon ce projet, les déclarations que nous avons entendues ne disent rien d’autre –, cela va fortement dégrader la sécurité internationale et créer de graves menaces contre la Russie, puisqu’il faut entre 10 et 12 minutes à certains missiles de ce type pour atteindre Moscou. Il s’agit pour nous d’un très grave danger. S’il se concrétisait, nous serions forcés, et je tiens à le souligner, de réfléchir à des mesures similaires et asymétriques ».

Relations russo-étasuniennes

Vladimir Poutine a insisté sur le fait que Moscou n’allait pas continuer à toquer à la porte fermée de Washington pour débattre de la question du désarmement.

« Nous sommes disposés à parler du désarmement, mais nous n’allons plus toquer sur une porte fermée. Nous attendrons que nos partenaires soient mûrs et éprouvent la nécessité de débattre d’égal à égal de ce problème ».

002

Le dirigeant russe a fait remarquer que la Russie allait continuer à développer ses forces armées, l’intensité et la qualité de l’entraînement au combat, en tenant compte notamment de l’expérience acquise au cours de l’opération antiterroriste en Syrie :

« Presque tous les commandants des grandes unités des forces terrestres, des forces d’opérations spéciales et de la police militaire, des unités de soutien, des équipages de navires de guerre, de l’armée et de l’aviation tactique, stratégique et de transport militaire, en ont bénéficié.

Nous avons besoin de paix et tous les efforts visant à améliorer nos capacités de défense n’auront qu’un seul but : Garantir la sécurité de notre pays et de nos citoyens, faire en sorte que personne ne puisse penser attaquer la Russie et seulement tenter d’user de méthodes de pression militaire contre notre pays ».

Mesures de représailles coup pour coup

Le président russe, Vladimir Poutine, a rappelé que Moscou réagirait immédiatement contre toute menace si elle devenait réelle, et prendrait pour cible non seulement les pays où seraient déployés les armements de Washington, mais aussi les États-Unis eux-mêmes. Commentant le retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), voici ce qu’a dit Poutine :

« Aujourd’hui encore, je vais le répéter explicitement et sans détour, afin que personne n’ait rien à nous reprocher et pour que tout le monde comprenne bien de quoi il est question ici. La Russie sera obligée de créer et de déployer des armements de ce type, et ces armes pourront être employés non seulement contre les régions d’où nous viendront la menace directe, mais aussi contre les régions abritant les centres de commandement des systèmes de missiles qui nous menaceront ».

Le président a fait ressortir qu’avec leurs caractéristiques tactiques et techniques, et le temps de leur vol pour atteindre les centres de commandement susmentionnés, les armes russes représenteraient des menaces équivalentes à celles qui seront dirigées contre la Russie.

« Nous savons comment faire ces armes et nous les mettrons en œuvre dès que la menace deviendra réelle pour nous ».

Pour Poutine, la scène internationale n’a besoin d’aucune autre détérioration irresponsable :

« Nous ne souhaitons pas cela. Ce que je voudrais ajouter ici, c’est que les collègues étasuniens ont déjà essayé de se donner un avantage militaire absolu avec leur système antimissile mondial. Ils devraient cesser de s’illusionner. Notre réponse aura toujours l’effet attendu. »

003

Le 1er février, le président des États-Unis, Donald Trump, et le secrétaire d’État, Michael Pompeo, ont dit que si la Russie ne se conformait pas au traité FNI, Washington allait suspendre ses obligations en vertu de cet accord à partir du 2 février, et s’en affranchirait dans six mois. Faisant de même, le président russe Vladimir Poutine a répondu que Moscou allait se retirer du traité de l’époque de guerre froide. En outre, demandant aux ministres de ne pas engager de pourparlers sur le désarmement avec Washington, Poutine a insisté sur le fait que les États-Unis devaient devenir « suffisamment matures » avant de pouvoir dialoguer sérieusement d’égal à égal.

Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, signé le 8 décembre 1987 entre l’ex-Union Soviétique et les États-Unis, est entré en vigueur le 1er juin 1988. En 1992, après la disparition de l’Union soviétique, le traité est devenu multilatéral avec les successeurs des anciennes républiques soviétiques : Biélorussie, Kazakhstan et Ukraine. Le traité FNI couvrait certains missiles déployés et non déployés tirés du sol, ceux à courte portée (500 à 1000 km) et ceux à portée intermédiaire (1000 à 5500 km).

par Agence TASS

Source : Putin cautions if threatened, Russia could target US missiles ‘hosts’ and America as well 

Traduction Petrus Lombard

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