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La brillante stratégie de Trump pour détruire l’hégémonie du dollar

 

La fin de la domination économique mondiale incontestée des États-Unis est arrivée plus tôt que prévu, grâce aux mêmes néocons qui ont donné au monde l’Irak, la Syrie et les sales guerres d’Amérique Latine. Alors que la guerre du Vietnam avait forcé les États-Unis à abandonner l’étalon-or en 1971, son parrainage et son financement de violentes guerres de changement de régime contre le Venezuela et la Syrie – menaçant également d’autres pays de sanctions s’ils ne se joignaient pas à cette croisade – poussent les nations européennes et d’autres à créer leurs institutions financières alternatives.

Cette fissure existe depuis un certain temps et la rupture devait se produire. Mais qui aurait pensé que Donald Trump deviendrait l’agent catalyseur ? Aucun parti de gauche, aucun dirigeant socialiste, anarchiste ou nationaliste étranger, où que ce soit dans le monde, n’aurait pu réaliser ce qu’il est en train de faire pour briser l’empire des Etats-Unis d’Amérique. L’État profond est choqué de la façon dont ce spécialiste de l’immobilier, politiquement à droite, a été capable de pousser d’autres pays à se défendre en démantelant l’ordre mondial centré sur les États-Unis. Pour remuer le couteau dans la plaie, il ressuscite les boutefeux néocons de l’ère Bush et Reagan, John Bolton et maintenant Elliott Abrams, pour attiser les flammes au Venezuela. C’est presque comme une comédie politique de série noire. Le monde de la diplomatie internationale est en train de se transformer. Un monde où il n’y a même plus aucune prétention à pouvoir adhérer aux normes internationales, sans parler des lois ou des traités.

Les néo-cons nommés par Trump accomplissent ce qui semblait impensable il n’y a pas si longtemps : unir la Chine et la Russie – le grand cauchemar de Henry Kissinger et de Zbigniew Brzezinski. Ils entraînent également l’Allemagne et d’autres pays européens dans l’orbite eurasienne, le cauchemar du « Heartland » cher à Halford Mackinder, il y a un siècle.

Thèse du heartland de Mackinder

Thèse du heartland de Mackinder

La cause fondamentale est claire : après le crescendo de prétentions et de déceptions en Irak, en Libye et en Syrie, ainsi que notre absolution du régime hors-la-loi en Arabie Saoudite, les dirigeants politiques étrangers commencent à reconnaître ce que des sondages d’opinion publique mondiaux ont signalé avant même que les instigateurs néocons de l’invasion de l’Irak et du scandale Iran-Contra aient maintenant tourné leur attention vers les plus grandes réserves de pétrole au monde au Venezuela, les États-Unis constituent désormais la plus grande menace à la paix sur la planète.

Présenter le coup d’État étasunien parrainé au Venezuela comme une défense de la démocratie révèle l’hypocrisie du concept qui sous-tend la politique étrangère US. Il définit la « démocratie » comme étant le soutien de leur politique étrangère, la privatisation néolibérale des infrastructures publiques, la destruction des réglementations gouvernementales et l’obéissance à l’orientation des institutions mondiales dominées par les États-Unis, le FMI, la Banque mondiale, l’OTAN [et même le CIO, NdT]. Pendant des décennies, les guerres étrangères, les programmes d’austérité domestique et les interventions militaires qui en ont résulté ont entraîné davantage de violence, et non de démocratie.

Dans le Dictionnaire du Diable, on apprend aux diplomates US à utiliser la double pensée comme « élément de langage », un pays « démocratique » suit le leadership étasunien et ouvre son économie aux investissements étasuniens, ainsi qu’à la privatisation parrainée par le FMI et la Banque mondiale. L’Ukraine est réputée démocratique [malgré la présence affichée des nazis, NdT], de même que l’Arabie Saoudite [et sa charia monarchique, NdT], Israël [et sa théocratie, NdT] et d’autres pays qui agissent en tant que protectorats financiers et militaires US et qui sont disposés à s’occuper eux aussi des ennemis de l’Amérique.

Un moment devait venir où cette politique se heurterait aux intérêts personnels d’autres nations, rompant finalement avec la rhétorique des relations publiques de l’empire. D’autres pays procèdent à la dé-dollarisation et remplacent ce que la diplomatie US appelle « l’internationalisme » – le nationalisme US imposé au reste du monde – par leur propre intérêt national.

Cette trajectoire pouvait déjà être observée il y a cinquante ans – je l’ai décrite dans « Super impérialisme » [1972] et « Global Fracture » [1978]. Cela devait arriver. Mais personne ne pensait que la fin arriverait de cette manière. L’histoire s’est transformée en comédie, ou du moins en ironie, à mesure que sa voie dialectique s’est affirmée.

Au cours des cinquante dernières années, les stratèges étasuniens, le Département d’État et le National Endowment for Democracy (NED) ont craint que l’opposition à leur impérialisme financier ne provienne des partis de gauche. Ils ont donc dépensé d’énormes ressources pour manipuler des partis qui s’appelaient socialistes – Parti travailliste britannique de Tony Blair, Parti socialiste français, Sociaux-Démocratesallemands, etc. – pour leur faire adopter une politique néolibérale qui était à l’opposé de ce que signifiait la démocratie sociale il y a un siècle. Mais les planificateurs politiques des Etats-Unis et les joueurs de grandes orgues Wurlitzer ont négligé la droite, imaginant qu’elle soutiendrait instinctivement la brutalité des des Etats-Unis d’Amérique.

La réalité est que les partis de droite veulent être élus, et le nationalisme populiste est le chemin qui mène aujourd’hui à la victoire électorale en Europe et dans d’autres pays, comme ce fut le cas pour Donald Trump en 2016.

L’agenda de Trump pourrait bien consister à briser l’Empire US en utilisant la vieille rhétorique isolationniste de l’Oncle Picsou [Uncle Sucker] d’il y a un demi-siècle. À coup sûr, il s’en prend certainement aux organes les plus vitaux de l’Empire. Mais est-ce un agent anti-américain conscient ? Il pourrait tout aussi bien l’être – mais ce serait un faux pas mental d’utiliser « cui bono » [à qui ça profite ?, NdT] pour en conclure qu’il est un agent conscient. Après tout, si aucun entrepreneur, fournisseur, syndicat ou banquier des États-Unis ne voulait les servir, Vladimir Poutine, la Chine ou l’Iran seraient-ils plus malheureux ?

Le problème devait peut-être surgir du fait que la dynamique interne du globalisme, parrainée par les États-Unis devenait impossible à imposer, entraînant une austérité financière, des vagues d’exode démographique suite aux guerres parrainées par les États-Unis et, surtout, le refus de ceux-ci de respecter les règles et lois internationales qu’ils avaient eux-mêmes instituées il y a soixante-dix ans à la suite de la Seconde guerre mondiale.

Démanteler le droit international et ses tribunaux

Tout système de contrôle international exige la primauté du droit. Ce peut être l’exercice immoral d’un pouvoir impitoyable imposant une exploitation prédatrice, mais c’est toujours la loi. Il faut des tribunaux pour sanctionner, et une police pour punir les contrevenants.

Voici la première contradiction juridique dans leur diplomatie mondiale : les États-Unis ont toujours empêché que tout autre pays ait voix au chapitre dans leur politique intérieure, l’élaboration de leurs lois ou leur diplomatie. C’est ce qui fait des USA « la nation exceptionnelle ». Mais depuis soixante-dix ans, ses diplomates prétendent que leur jugement supérieur installe un monde pacifique qui, comme le prétendait l’Empire Romain, permet à d’autres pays de partager la prospérité.

Aux Nations Unies, les diplomates étasuniens ont insisté sur le droit de veto. À la Banque mondiale et au FMI, ils ont également veillé à ce que leur part en actions soit suffisamment importante pour leur donner le droit de veto sur tout prêt ou autre politique. Sans ce pouvoir, les États-Unis ne feraient partie d’aucune organisation internationale. Pourtant, dans le même temps, ils présentaient leur nationalisme comme une protection autorisant la mondialisation et l’internationalisme. C’était un euphémisme pour ce qui était en réalité une prise de décision unilatérale des Etats-Unis.

Inévitablement, le nationalisme étasunien devait briser le mirage de l’internationalisme d’Un seul monde et par là même toute idée d’un tribunal international [qui ne serait pas US, NdT]. Sans droit de veto sur les juges, les États-Unis n’ont jamais accepté l’autorité d’un tribunal, en particulier du Tribunal International des Nations Unies à La Haye. Cette cour a récemment ouvert une enquête sur les crimes de guerre perpétrés par les États-Unis en Afghanistan, qu’il s’agisse de politiques de torture ou de bombardement de cibles civiles telles que des hôpitaux, des mariages et des infrastructures. « Cette enquête a finalement reconnu une base raisonnable pour penser que ce sont des Crimes de Guerre et des Crimes contre l’Humanité ». [1]

Le conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, est entré en fureur et a averti en septembre que « les États-Unis utiliseront tous les moyens nécessaires pour protéger nos citoyens et ceux de nos alliés contre des poursuites injustes de la part de ce tribunal illégitime » ajoutant que la Cour Internationale de l’ONU ne devrait pas être téméraire jusqu’au point d’enquêter sur « Israël ou d’autres alliés des États-Unis d’Amérique ».

Cela a incité un haut magistrat allemand, Christoph Flügge, à démissionner en signe de protestation. En effet, Bolton a demandé à la cour de rester à l’écart de toute affaire impliquant les États-Unis, en promettant d’interdire aux « juges et procureurs de la Cour d’entrer aux États-Unis ». Bolton a exposé la menace US ainsi : « Nous allons sanctionner leurs fonds dans le système financier des États-Unis, et nous allons les poursuivre en justice dans le système pénal américain. Nous ne coopérerons pas avec la CPI. Nous ne fournirons aucune assistance à la CPI. Nous ne rejoindrons pas la CPI. Nous laisserons la CPI mourir par elle-même. Après tout, et à toutes fins utiles, la CPI est déjà morte pour nous ».

Le juge allemand a expliqué ce que cela signifiait : « Si jamais ces juges s’immiscent dans les préoccupations nationales des États-Unis ou enquêtent sur un citoyen US, [Bolton] a déclaré que le gouvernement américain ferait tout son possible pour que ces juges ne puissent plus être autorisés à voyager aux États-Unis – et qu’ils pourraient peut-être même être poursuivis pénalement. »

L’inspiration originale de la Cour – utiliser les lois de Nuremberg appliquées contre les nazis allemands pour engager des poursuites similaires contre tout pays ou responsable reconnu coupable de Crimes de Guerre – était déjà tombée en désuétude du fait que les auteurs du coup d’État chilien, les instigateurs de Iran-Contra ou de l’invasion US de l’Irak n’avaient pas été inculpés pour crimes de guerre.

Démantèlement de l’hégémonie du dollar, depuis le FMI jusqu’à SWIFT

De tous les domaines de la politique mondiale actuelle, la finance internationale et les investissements étrangers sont devenus le principal point chaud. Les réserves monétaires internationales étaient censées être les plus sacro-saintes et le recouvrement des créances internationales y était étroitement associé.

Les banques centrales ont depuis longtemps leurs réserves d’or et d’autres réserves monétaires aux États-Unis et à Londres. En 1945, cela semblait raisonnable, car la Banque de la Réserve fédérale de New York – dont le sous-sol gardait l’or des banques centrales étrangères – était militairement sûre, et parce que le London Gold Pool était le véhicule par lequel le Trésor des Etats-Unis conservait le dollar « aussi bon que l’or » à 35$ l’once. Les réserves de change au delà de la valeur de l’or ont été conservées sous forme de titres du Trésor des Etats-Unis, destinés à être achetés et vendus sur les marchés des changes de New York et de Londres pour stabiliser les taux de change. La plupart des prêts accordés en devises aux gouvernements étaient libellés en dollars US. Les banques de Wall Street étaient donc normalement désignées comme agents payeurs.

C’était le cas de l’Iran sous le Shah, que les États-Unis avaient installé après avoir parrainé le coup d’État de 1953 contre Mohammed Mosaddegh, qui cherchait à nationaliser le pétrole de l’anglo-persian-oil-compagny – aujourd’hui British Petroleum – ou au moins à le taxer. Après le renversement du Shah, le régime de Khomeiny a demandé à son agent payeur, la banque Chase Manhattan, d’utiliser ses dépôts pour payer ses créanciers obligataires. Sur l’ordre du gouvernement des Etats-Unis, la Chase refusa de le faire. Les tribunaux des Etats-Unis ont alors déclaré l’Iran en défaut et ont gelé tous ses avoirs aux États-Unis et partout ailleurs.

Cela montrait que la finance internationale était une branche du département d’État et du Pentagone. Mais c’était il y a une génération, et ce n’est que récemment que les pays étrangers ont commencé à se sentir mal à l’aise de laisser leurs avoirs en or aux États-Unis, où ils pourraient être saisis à volonté pour punir tout pays susceptible d’agir de manière offensante pour la diplomatie des Etats-Unis. Ainsi, l’année dernière, l’Allemagne a finalement eu le courage de demander qu’une partie de son or soit renvoyé en Allemagne. Les autorités US ont fait semblant d’être choquées par l’insulte qu’un pays chrétien civilisé se comporte comme l’Iran [en réclamant son or, NdT], et l’Allemagne a accepté de ralentir le transfert.

Mais ensuite est venu le Venezuela. Désespéré de pouvoir dépenser ses réserves d’or pour approvisionner son économie dévastée par les sanctions des Etats-Unis – une crise que les diplomates étasuniens attribuent au « socialisme », et non aux tentatives politiques étasuniennes de « faire souffrir l’économie » comme le disaient les responsables de Nixon au Chili sous Salvador Allende – le Venezuela a ordonné à la Banque d’Angleterre de transférer une partie de ses 11 milliards de dollars d’or détenus dans ses coffres-forts et dans ceux d’autres banques centrales en décembre 2018. C’est comme le client d’une banque s’attendant à ce que son chèque soit honoré.

L’Angleterre a refusé d’honorer la demande officielle, suivant les instructions de Bolton et du secrétaire d’État Michael Pompeo. Bloomberg a déclaré : « Les autorités des Etats-Unis d’Amérique tentent de transférer les actifs du Venezuela à l’étranger au mec de Chicago, Juan Guaido, afin de l’aider à renforcer ses chances de prendre effectivement le contrôle du gouvernement vénézuélien. Les 1,2 milliard de dollars d’or représentent une grande part des 8 milliards de dollars de réserves de change détenues par la Banque centrale du Venezuela. » [2]

La Turquie semblait être une destination probable, poussant Bolton et Pompeo à la menacer de cesser d’aider le Venezuela, sous peine de sanctions à son encontre ou à l’encontre de tout autre pays aidant le Venezuela à faire face à sa crise économique. En ce qui concerne la Banque d’Angleterre et les autres pays européens, le rapport de Bloomberg conclut : « Les responsables de la Banque centrale à Caracas ont reçu l’ordre de ne plus tenter de contacter la Banque d’Angleterre. On a dit à ces banquiers centraux que les membres du personnel de la Banque d’Angleterre ne leur répondraient pas ».

Cela a conduit à des rumeurs selon lesquelles le Venezuela vendrait 20 tonnes d’or, transférés dans un Boeing russe 777 – environ 840 millions de dollars. L’argent aurait probablement été utilisé pour payer les créanciers russes et chinois, ainsi que pour l’achat de vivres afin de soulager la famine locale. [3]

La Russie a démenti cette information, mais Reuters a confirmé que le Venezuela avait vendu 3 tonnes sur les 29 prévues aux Émirats arabes unis, et que 15 autres seront expédiées le vendredi 1er février. [4] Marco Rubio, membre faucon de la coalition du Sénat US, a accusé ce transfert d’être un « vol », comme si nourrir une population pour alléger la crise parrainée par les États-Unis était un crime contre l’influence diplomatique étasunienne.

S’il existe un pays que les diplomates étasuniens haïssent encore plus qu’un pays récalcitrant d’Amérique Latine, c’est bien l’Iran. Le non-respect par le président Trump des accords nucléaires de 2015 négociés par les diplomates européens et l’administration Obama a dégénéré au point de menacer l’Allemagne et d’autres pays européens de sanctions punitives s’ils ne violent pas les accords qu’ils ont signés. En plus de l’opposition US aux importations allemandes et européennes de gaz russe, la menace US a finalement amené l’Europe à trouver un moyen de se défendre.

Les menaces impériales ne sont plus militaires. Aucun pays – y compris la Russie ou la Chine – ne peut organiser une invasion militaire d’un autre pays important. Depuis la guerre du Vietnam, le seul type de guerre qu’un pays élu de manière démocratique puisse mener est atomique, ou du moins, des bombardements intensifs tels que ceux que les États-Unis ont infligés à l’Irak, à la Libye et à la Syrie. Mais maintenant, la cyberguerre est devenue un moyen de débrancher les liens de toutes les économies. Et les principales connexions cybernétiques sont des liaisons de transfert financier, dirigées par SWIFT, acronyme de Society for Worldwide Interbank Financial Télécommunication, en Belgique.

La Russie et la Chine ont déjà créé un système de virement bancaire parallèle au cas où les États-Unis les déconnecteraient de SWIFT. Mais à présent, les pays européens ont compris que les menaces de Bolton et de Pompeo pourraient entraîner de lourdes amendes et des saisies d’actifs s’ils cherchent à continuer le commerce avec l’Iran comme le préconisent les traités qu’ils ont négociés.

Le 31 janvier, le barrage a cédé par l’annonce que l’Europe avait créé son propre système de contournement des paiements, utilisable avec l’Iran et d’autres pays ciblés par les diplomates étasuniens. L’Allemagne, la France et même le caniche US, la Grande-Bretagne, se sont associés pour créer INSTEX – Instrument d’aide aux échanges commerciaux. La promesse est que cela ne sera utilisé que pour l’aide « humanitaire » afin de sauver l’Iran d’une dévastation du type Venezuela parrainée par les États-Unis. Mais compte tenu de l’opposition de plus en plus acharnée des États-Unis au gazoduc Nord-Stream pour transporter le gaz russe, ce système alternatif de compensation bancaire sera prêt, et en mesure de devenir opérationnel, si les États-Unis tentent d’imposer des sanctions contre l’Europe.

Je viens de rentrer d’Allemagne et j’ai assisté à une scission remarquable entre les industriels de cette nation et leurs dirigeants politiques. Pendant des années, de grandes entreprises ont considéré la Russie comme un marché naturel, une économie complémentaire ayant besoin de moderniser ses activités manufacturières et capable de fournir à l’Europe du gaz naturel et d’autres matières premières. La nouvelle attitude USA face à la nouvelle guerre froide tente de bloquer cette complémentarité commerciale. Mettant en garde l’Europe contre la « dépendance » au gaz russe à bas prix, elle a proposé de vendre du GNL à prix élevé en provenance des États-Unis – via des installations portuaires qui sont encore loin d’être proches du volume requis. Le président Trump insiste également pour que les membres de l’OTAN consacrent 2% de leur PIB à l’achat d’armes, achetées de préférence aux États-Unis et non à des marchands de mort allemands ou français.

Le fait que les États-Unis abusent de leur position mène au cauchemar eurasien Mackinder-Kissinger-Brzezinski que j’ai mentionné ci-dessus. En plus de rapprocher la Russie et la Chine, la diplomatie étasunienne ajoute l’Europe au centre du jeu eurasiatique, la protégeant ainsi de la dépendance à la diplomatie US qui existait depuis 1945.

La Banque mondiale, par exemple, a traditionnellement été dirigée par un secrétaire étasunien à la Défense. Depuis sa création, sa politique constante consiste à accorder des prêts aux pays pour qu’ils consacrent leurs terres à l’exportation de cultures au lieu de se nourrir en priorité. C’est pourquoi ces prêts sont uniquement libellés en devises et non dans la monnaie nationale nécessaire pour fournir un soutien des prix et des moyens de développement agricole tels que ceux qui ont rendu l’agriculture des Etats-Unis si productive. En suivant les conseils des États-Unis, les pays se sont mis à la merci du chantage à la nourriture par la menace de sanctions d’embargo sur les céréales et d’autres produits alimentaires, au cas où ils se libéreraient des exigences diplomatiques US.

Il est intéressant de noter que notre imposition au monde entier du mythe de « l’efficacité » consistant à obliger les pays d’Amérique Latine à tourner leurs agricultures vers l’exportation, telle que celle du café ou de la banane, plutôt que de cultiver leur propre blé et leur maïs n’a pas permis de leur fournir des conditions de vie meilleures, en particulier pour ceux vivant en Amérique Centrale. L’excédent entre les cultures d’exportation et les importations de produits alimentaires meilleur marché en provenance des États-Unis, qui était censé se matérialiser pour les pays qui suivent notre scénario, a lamentablement échoué – en témoignent les caravanes de réfugiés à travers le Mexique. Bien entendu, notre soutien aux dictateurs militaires et aux seigneurs de la guerre les plus brutaux n’a pas aidé non plus.

De même, le FMI a été contraint d’admettre que ses directives de base étaient fictives dès le début. Un élément central a consisté à imposer le règlement des dettes publiques intergouvernementales en refusant les crédits du FMI aux pays en défaut. Cette règle a été instituée à une époque où la majeure partie de la dette intergouvernementale officielle était due aux États-Unis. Mais il y a quelques années, l’Ukraine a fait défaut sur 3 milliards de dollars dus à la Russie. En réalité, le FMI a déclaré que l’Ukraine et les autres pays n’avaient pas à payer la Russie ni aucun autre pays jugé trop indépendant des États-Unis. Le FMI accorde des crédits à la corruption sans fond de l’économie ukrainienne pour encourager sa politique anti-russe plutôt que de défendre le principe selon lequel les dettes intergouvernementales doivent être payées.

C’est comme si le FMI opérait maintenant dans une petite pièce du sous-sol du Pentagone à Washington. L’Europe a pris conscience que ses propres échanges monétaires et financiers internationaux risquent d’attirer la colère des États-Unis. C’est ce qui est devenu évident l’automne dernier, lors des funérailles de George H. W. Bush, lorsque le diplomate de l’UE s’est retrouvé rétrogradé à la fin de la liste et a été appelé en dernier pour occuper son siège. On lui a dit que les États-Unis ne considéraient plus l’UE comme une entité de bonne compagnie. En décembre, Mike Pompeo a prononcé un discours sur l’Europe à Bruxelles – le premier et le plus attendu de tous – dans lequel il vantait les vertus du nationalisme [US, NdT], critiquait le multilatéralisme et l’UE, et affirmait que les organes internationaux « qui limitent la souveraineté nationale doivent être réformés ou éliminés ». [5]

La plupart des événements ci-dessus ont fait l’actualité en une journée, le 31 janvier 2019. La frénésie des États-Unis sur de si nombreux fronts, contre le Venezuela, l’Iran et l’Europe – sans parler de la Chine, des menaces commerciales et des mesures prises contre Huawei surgissant aujourd’hui – semble promettre une année de fracture mondiale.

Ce n’est pas tout du fait du président Trump, bien sûr. Nous voyons le Parti démocrate arborant les mêmes bannières. Au lieu d’applaudir la démocratie lorsque les pays étrangers n’élisent pas un dirigeant approuvé par les diplomates des Etats-Unis, qu’il s’agisse de Allende ou de Maduro, ils ont laissé tomber le masque et se sont révélés être les principaux impérialistes de la Nouvelle guerre froide. C’est maintenant au grand jour. Ils feraient du Venezuela le nouveau Chili de l’ère Pinochet. Trump n’est pas le seul à soutenir l’Arabie saoudite et ses terroristes wahabites, comme le disait Lyndon Johnson : « Oui, ce sont des bâtards, mais ce sont nos bâtards. »

Où est la gauche dans tout cela ? C’est la question avec laquelle j’ai ouvert cet article. Ce qui est remarquable, c’est que seuls les partis de droite, Alternative for Deutschland (AFD) ou les nationalistes français de Marine Le Pen et d’autres pays s’opposent à la militarisation de l’OTAN et cherchent à ressusciter les liens commerciaux et économiques avec le reste de l’Eurasie.

La fin de notre impérialisme monétaire, sujet sur lequel j’ai écrit pour la première fois en 1972, dans le livre « Super impérialisme », étonne même un observateur averti comme moi. Il a fallu un niveau colossal d’arrogance, de myopie et d’anarchie pour accélérer son déclin – une chose que seuls des néocons aussi fous que John Bolton, Eliot Abrams et Mike Pompeo pouvaient offrir à Donald Trump.

Michael Hudson

Michael Hudson a travaillé comme économiste à Wall Street. Actuellement Distinguished Professor dans l’University of Misoury, Kansas City, et le président de Institute for the Study of Long-Term Economic Trends (ISLET). Il est auteur de quelques livres, entre lesquels ils détachent : « Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire » (une nouvelle ed., Pluto Press, 2003) et « Trade, Development and Foreign Debt : How Trade and Development Concentrate Economic Power in the Hands of Dominant Nations » (ISLET, 2009). Sa page Web : Michel Hudson

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Notes

[2Patricia Laya, Ethan Bronner et Tim Ross, « Maduro est empêché de récupérer 1,2 milliard de dollars d’or au Royaume-Uni », Bloomberg, 25 janvier 2019. Anticipant une telle trahison, le président Chavez avait déjà agi en 2011 pour rapatrier 160 tonnes d’or à Caracas depuis les États-Unis et l’Europe

[3Patricia Laya, Ethan Bronner et Tim Ross, « Maduro est empêché de récuperer 1,2 milliard de dollars en or du Royaume-Uni », Bloomberg, 25 janvier 2019

[5Constanze Stelzenmüller, « US policy on Europe takes a nationalist turn » [La politique américaine en Europe prend une tournure nationaliste], Financial Times, 31 janvier 2019

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En cas d’attaque, la Russie ripostera contre les sites de tirs en Europe et contre les USA

En cas d’attaque, la Russie ripostera contre les sites de tirs en Europe et contre les USA

Moscou ne va pas continuer à toquer à la porte fermée de Washington pour débattre de la question du désarmement.

Mercredi, lors de son discours annuel sur l’état de la nation devant l’Assemblée fédérale, le président russe Vladimir Poutine a dit que si les États-Unis déploient des missiles à portée intermédiaire et à courte portée en Europe, les Russes réfléchiront à des mesures similaires et asymétriques :

« Je l’ai déjà dit et je tiens à le répéter, et il est vital de le rappeler expressément : Nous n’avons nullement l’intention de déployer en premier ce genre de missiles en Europe. S’ils sont effectivement fabriqués et envoyés sur le continent européen – et les États-Unis ont de toute façon ce projet, les déclarations que nous avons entendues ne disent rien d’autre –, cela va fortement dégrader la sécurité internationale et créer de graves menaces contre la Russie, puisqu’il faut entre 10 et 12 minutes à certains missiles de ce type pour atteindre Moscou. Il s’agit pour nous d’un très grave danger. S’il se concrétisait, nous serions forcés, et je tiens à le souligner, de réfléchir à des mesures similaires et asymétriques ».

Relations russo-étasuniennes

Vladimir Poutine a insisté sur le fait que Moscou n’allait pas continuer à toquer à la porte fermée de Washington pour débattre de la question du désarmement.

« Nous sommes disposés à parler du désarmement, mais nous n’allons plus toquer sur une porte fermée. Nous attendrons que nos partenaires soient mûrs et éprouvent la nécessité de débattre d’égal à égal de ce problème ».

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Le dirigeant russe a fait remarquer que la Russie allait continuer à développer ses forces armées, l’intensité et la qualité de l’entraînement au combat, en tenant compte notamment de l’expérience acquise au cours de l’opération antiterroriste en Syrie :

« Presque tous les commandants des grandes unités des forces terrestres, des forces d’opérations spéciales et de la police militaire, des unités de soutien, des équipages de navires de guerre, de l’armée et de l’aviation tactique, stratégique et de transport militaire, en ont bénéficié.

Nous avons besoin de paix et tous les efforts visant à améliorer nos capacités de défense n’auront qu’un seul but : Garantir la sécurité de notre pays et de nos citoyens, faire en sorte que personne ne puisse penser attaquer la Russie et seulement tenter d’user de méthodes de pression militaire contre notre pays ».

Mesures de représailles coup pour coup

Le président russe, Vladimir Poutine, a rappelé que Moscou réagirait immédiatement contre toute menace si elle devenait réelle, et prendrait pour cible non seulement les pays où seraient déployés les armements de Washington, mais aussi les États-Unis eux-mêmes. Commentant le retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), voici ce qu’a dit Poutine :

« Aujourd’hui encore, je vais le répéter explicitement et sans détour, afin que personne n’ait rien à nous reprocher et pour que tout le monde comprenne bien de quoi il est question ici. La Russie sera obligée de créer et de déployer des armements de ce type, et ces armes pourront être employés non seulement contre les régions d’où nous viendront la menace directe, mais aussi contre les régions abritant les centres de commandement des systèmes de missiles qui nous menaceront ».

Le président a fait ressortir qu’avec leurs caractéristiques tactiques et techniques, et le temps de leur vol pour atteindre les centres de commandement susmentionnés, les armes russes représenteraient des menaces équivalentes à celles qui seront dirigées contre la Russie.

« Nous savons comment faire ces armes et nous les mettrons en œuvre dès que la menace deviendra réelle pour nous ».

Pour Poutine, la scène internationale n’a besoin d’aucune autre détérioration irresponsable :

« Nous ne souhaitons pas cela. Ce que je voudrais ajouter ici, c’est que les collègues étasuniens ont déjà essayé de se donner un avantage militaire absolu avec leur système antimissile mondial. Ils devraient cesser de s’illusionner. Notre réponse aura toujours l’effet attendu. »

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Le 1er février, le président des États-Unis, Donald Trump, et le secrétaire d’État, Michael Pompeo, ont dit que si la Russie ne se conformait pas au traité FNI, Washington allait suspendre ses obligations en vertu de cet accord à partir du 2 février, et s’en affranchirait dans six mois. Faisant de même, le président russe Vladimir Poutine a répondu que Moscou allait se retirer du traité de l’époque de guerre froide. En outre, demandant aux ministres de ne pas engager de pourparlers sur le désarmement avec Washington, Poutine a insisté sur le fait que les États-Unis devaient devenir « suffisamment matures » avant de pouvoir dialoguer sérieusement d’égal à égal.

Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, signé le 8 décembre 1987 entre l’ex-Union Soviétique et les États-Unis, est entré en vigueur le 1er juin 1988. En 1992, après la disparition de l’Union soviétique, le traité est devenu multilatéral avec les successeurs des anciennes républiques soviétiques : Biélorussie, Kazakhstan et Ukraine. Le traité FNI couvrait certains missiles déployés et non déployés tirés du sol, ceux à courte portée (500 à 1000 km) et ceux à portée intermédiaire (1000 à 5500 km).

par Agence TASS

Source : Putin cautions if threatened, Russia could target US missiles ‘hosts’ and America as well 

Traduction Petrus Lombard

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Olivier Delamarche : C’EST CASH ! – Peut-on mettre un terme à l’évasion fiscale ?

 
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Publié par le 22 février 2019 dans économie, général, International, Vidéos (Toutes)

 

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La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

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Si l’on vous dit que le secteur bancaire européen se porte bien, n’en croyez rien : la Banque centrale européenne (BCE) elle-même est consciente du problème, et elle vient de l’avouer. La nouvelle n’a fait que quelques lignes dans les journaux spécialisés, mais elle mérite d’être mise en lumière. Un des membres du directoire de la BCE, le Français Benoît Cœuré, a en effet laissé entendre qu’il « pourrait y avoir de la place pour un autre TLTRO » (L’Agefi).

Les TLTRO (Targeted Long-Term Refinancing Operation) sont des facilités de financement (des prêts à taux très faibles) offerts par la BCE aux banques commerciales de la zone euro en mal de liquidités. La précédente tranche avait été lancée en juin 2016, d’une durée de quatre ans, son emboursement doit commencer à partir de juin 2020. Problème : de nombreuses banques ne disposent pas de cet argent, du fait de leur situation financière dégradée, d’où la volonté de la BCE de proposer une autre tranche. Une façon comme une autre de rouler la dette, de faire de la cavalerie financière…

Les montants souscrits par les banques des différents pays en 2016 ont été estimés par l’agence Reuters. On connaît la situation dégradée des banques italiennes et espagnoles, ainsi que celle de la Deutsche Bank, de la Commerzbank et de plusieurs banques régionales allemandes. Mais la surprise est de la voir la France arriver en troisième position, devant l’Allemagne dont, pourtant, les difficultés de sa plus grande banque constituent une vive source d’inquiétude en Europe et dans le monde. Des banques françaises nous cachent-elle quelque chose ?

 

  MONTANT DES TLTRO SOUSCRIS PAR LES BANQUES EN 2016
Pays Milliards d’euros
Italie 250
Espagne 175
France 110
Allemagne 90
Portugal 25
Pays-Bas 20
Belgique 20
Autriche 20
710

Source : Reuters

 

Depuis le 1erjanvier, la BCE a arrêté son QE, son programme de rachat d’actifs obligataires. Les 2 600 milliards d’euros de planche à billets n’ont servi à rien, comme nous l’avons dit, ils n’ont eu aucun effet sur la croissance économique. Leur véritable utilité aura seulement consisté à abaisser les taux d’intérêt pour permettre aux États de continuer à s’endetter, et à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. Il fallait donc, pour les banques en difficulté, qu’un autre programme prenne le relais.

Cette politique monétaire laxiste ne fait que repousser les problèmes dans le futur, il serait vraiment temps qu’elle cesse ! Le mandat du président de la BCE, Mario Draghi, prendra fin en octobre de cette année et parmi les successeurs pressentis figure Jens Weidmann, l’actuel président de la Banque centrale allemande, connu pour ses positions plus rigoureuses. Ce serait à l’évidence le meilleur choix. On parle aussi de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France qui lui, par contre, s’inscrirait dans la continuité de Mario Draghi. Il faut vraiment souhaiter la victoire du candidat allemand. Quoi qu’il en soit, l’assainissement du secteur bancaire européen figurera en tête des priorités du nouveau président de la BCE.

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Publié par le 22 février 2019 dans économie, général, International

 

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L’Oligarchie Financière Mondiale

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Crédit : Global look Press

Du secret « Groupe des Trente », qui a pris le pouvoir dans l’Union Européenne, pouvoir qui peut devenir encore plus lourd. Et après-demain, l’Europe en tant que civilisation particulière, qui s’est édifiée au cours de nombreux siècles, peut disparaître complètement. Il y a de nombreuses causes et manifestations de ce« déclin de l’Europe » (selon Oswald Spengler). L’une des causes et des manifestations du« déclin » est la perte de la souveraineté de l’Europe. Or personne n’a pris à l’Europe sa souveraineté, elle l’a volontairement rejetée. Ce processus s’est appelé« intégration européenne ».


Ce processus a débuté par une étape apparemment innocente et tout à fait justifiée : la signature en 1957 du Traité de Rome, qui a établi un « marché commun » pour six pays européens (l’Allemagne, la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg). Mais, « l’appétit vient en mangeant », dit-on. L’Europe a décidé d’étendre le « marché commun » des marchandises (rejet des droits de douane dans le commerce mutuel) au marché commun des capitaux et à celui de la main-d’œuvre. Et puis l’idée lui est venue de procéder à l’intégration des devises monétaires. Pour commencer, il a été décidé d’introduire dans les règlements internationaux entre pays européens une unité monétaire conditionnelle, appelée ECU. Mais l’Europe ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Pour détruire les monnaies nationales, elle a imaginé de les remplacer par une monnaie commune à tous les pays. Les avantages de cette idée étaient à peu près les mêmes que les inconvénients. Mais, alors que tous les avantages étaient « ici et maintenant », les inconvénients n’allaient se produire que dans l’avenir. Les opposants à la transition vers une monnaie unique étaient nombreux, mais leur résistance fut brisée. Pour s’assurer de la victoire, les intégrateurs monétaires usèrent de tous les moyens publicitaires possibles pour mettre en lumière les avantages à court terme. Or l’européen moyen, qui est faible et myope, fait toujours le choix de l’ « ici et maintenant ».

Il y a vingt ans, l’Europe a franchi la ligne rouge. Le 1er janvier 1999, apparut la monnaie européenne unique, l’Euro, sous une forme non-monétaire, et le processus de suppression des monnaies nationales commença dans 11 États européens. Depuis le 1er janvier 2002, l’émission des espèces en Euro (pièces et billets de banque) démarra. La même année, dans ces 11 États, le processus de suppression des monnaies nationales et de leur remplacement par la monnaie unique et supranationale de l’Euro prit fin. Les pays qui renoncèrent à leur monnaie nationale formèrent la zone Euro. Il y a maintenant 19 États dans la zone Euro.

L’Euro a pris la deuxième place après le Dollar américain dans le rating mondial des monnaies, selon tous les indicateurs (part dans les comptes, dans les réserves internationales, dans les opérations sur le marché des changes du Forex), etc.

Un certain temps, les pays de la zone Euro connurent une véritable euphorie. Mais la musique n’a pas joué longtemps. Environ cinq ans, pas davantage, jusqu’à ce que l’Europe soit submergée par la vague de la crise financière mondiale. La crise financière a été remplacée par celle de la dette, qui se poursuit jusqu’à présent, les perspectives de sortie de crise de l’Europe n’étant toujours pas en vue.

La Banque centrale européenne, instrument d’élimination de l’identité européenne

Les avantages de l’intégration monétaire commencèrent à s’évaporer, et les inconvénients se firent de plus en plus palpables et même meurtriers. Les pays de la zone Euro perdirent une partie importante de leur souveraineté. Ils laissèrent la place à une institution supranationale appelée la Banque centrale européenne (BCE). La BCE possède la plus grande autonomie parmi toutes les institutions de l’intégration européenne (Parlement européen, Commission européenne, Conseil européen, etc.). En fait, elle ressemble à n’importe quelle banque centrale « indépendante », mais, probablement, l’indépendance de la BCE vis à vis des États qui l’ont instituée est bien plus importante que celle d’une banque centrale ordinaire par rapport à « son »propre État.

La BCE a été créée le 1er juillet 1998 pour lancer l’émission de l’Euro. Les vingt ans d’histoire de l’existence de la BCE montrent qu’elle possède, non seulement la plus grande « indépendance » vis-à-vis des États européens, relativement aux autres institutions de l’intégration européenne, mais aussi qu’elle a la plus grande influence sur la vie de l’Europe. Les banques centrales des pays membres de la zone Euro perdent graduellement leur rôle, la BCE leur retire de plus en plus de pouvoirs, et ne laisse aux banques centrales nationales que des fonctions essentiellement techniques. Les « coûts » du transfert volontaire des droits d’émission monétaires au niveau supranational font l’objet d’un ressentiment plus en plus important dans les pays européens. Les autorités de chaque pays de la zone Euro ne peuvent pas être entendues au niveau superlatif de l’instance suprême qu’est devenue la BCE. Dans certains pays de la zone Euro, il y a un sentiment en faveur de l’abandon de l’Euro, et du retour aux monnaies nationales.

L’été 2015, la Grèce fut ainsi sur le point de faire défaut, et menaça Bruxelles de quitter la zone Euro. À Bruxelles, il fut décidé de sauver la Grèce. Depuis trois ans, la Grèce a reçu de la troïka des créanciers (BCE, Commission européenne, FMI) un total de 86 milliards d’Euros. Le programme d’aide s’est terminé en août dernier. Je pense que cette année, la Grèce sera de nouveau dans une situation financière difficile, et menacera de nouveau Bruxelles de sortir de la zone euro.

L’ euro-scepticisme s’intensifie

Ce n’est un secret pour personne que l’euroscepticisme est de plus en plus saisissant en Europe. Une des ses variantes est le scepticisme euro-monétaire. Aujourd’hui, il est bien considéré, particulièrement en Italie, où les politiciens venus au pouvoir sont issus des partis des Cinq Étoiles et de la Ligue du Nord. Le niveau relatif de la dette souveraine de l’Italie a déjà dépassé les 130% du PIB (deuxième place après la Grèce, avec environ 180% du PIB). Les autorités italiennes soulèvent la question de l’annulation de la dette envers la Banque centrale européenne pour un montant de 250 milliards d’Euros. Sinon, l’Italie menace de quitter la zone Euro et de revenir à la Lire. Il semble paradoxal que même en Allemagne (la « locomotive » de l’intégration européenne) il y ait des mouvements de mauvaises humeurs contre l’Euro. Depuis quelque temps, l’intégration euro-monétaire est entre les mains de l’Allemagne, contribuant au développement de son industrie par la dégradation des économies de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et d’autres pays. Ces pays sont maintenant en état de détresse et doivent être aidés. Mais tout le monde n’est pas d’accord là-dessus en Allemagne. Il s’y trouve des politiciens qui, non seulement admettent la possibilité d’exclure de la zone Euro un certain nombre de pays, mais aussi qui croient qu’il faut absolument le faire.

Ainsi, on voit des signes précurseurs d’un arrêt de l’intégration monétaire, et même de la désintégration de la monnaie. Mais c’est au niveau propre de chacun des différents pays européens. Or, à Bruxelles, les processus de destruction de ce qui reste des souverainetés nationales européennes, dans les sphères monétaire et financière, continuent d’être accélérés. Par exemple, la question est de plus en plus soulevée de l’asymétrie, au niveau de l’ensemble de la zone Euro, qui dispose d’une seule banque centrale, sans qu’il y ait de Ministère unique des Finances. L’Europe unique nécessite le tandem classique « Banque centrale – Ministère des finances », qui existe dans n’importe quel État. Il semble déjà, qu’à tous les niveaux de l’UE, il a déjà été convenu que le budget unique de la zone Euro sera mis en place à partir de l’an 2021.

Mais, si la question du budget unique européen de la zone Euro fait aujourd’hui débat dans de nombreux médias mondiaux, il en va tout autrement pour ce qui est du thème de la politique monétaire et financière de l’Europe, et qui reste dans les coulisses de nombreux médias.

L’Europe est gouvernée par le « Groupe des Trente »

L’histoire a commencé en janvier de l’an dernier et concerne Mario Draghi, Président de la Banque centrale européenne. Je vais la résumer, et vous comprendrez pourquoi je fais le lien avec la Russie. Au début de l’an dernier, les médias mondiaux ont fourni des informations très précises concernant l’Union européenne (UE). La médiatrice de l’UE, Emily O’Reilly, a appelé les hauts fonctionnaires de la Banque centrale européenne (BCE) à cesser de participer aux réunions du « Groupe des Trente » – le G30. Tout le monde parle du G-7, du G-8, du G-20. Certains érudits connaissent aussi le G-10. Mais le G-30 n’était connu que d’un cercle très étroit de personnes. Grâce à Emily O’Reilly, le « Groupe des Trente » a connu les « Feux de la Rampe ».

Il est vrai que G-30 a même un site Web, mais très laconique. On peut quand même en tirer quelque chose. Le groupe fut créé en 1978 par le banquier Jeffrey Bell avec la participation de la Fondation Rockefeller. Son siège social est situé à Washington (États-Unis). Sur le site, derrière le rideau informationnel de sa politique de relations publiques, on voit bien que le groupe formule des recommandations à destinations des banques centrales, et des principales banques du monde. Les participants aux réunions participent ensuite à la mise en œuvre des recommandations adoptées, en utilisant leurs capacités administratives, de communication et d’influence. Comme le groupe fut créé avec l’aide de la Fondation Rockefeller, il est difficile d’imaginer de ne pas trouver David Rockefeller derrière le G-30, qui s’est éteint à l’âge de 102 ans en mars 2017. Pendant la plus grande partie de sa vie, il « dirigea » l’une des plus grandes banques privées au monde, la Chase Manhattan Bank.

À ce jour, le groupe compte 33 membres. Tous sont des banquiers mondialement connus, chefs des plus grandes banques centrales, des banques commerciales et d’investissement privées (appartenant à la catégorie des établissements bancaires qui aujourd’hui, pour la Banque des règlements internationaux, sont « formateurs du système »). Sur le site, certaines personnes sont présentées comme étant « anciennes », d’autres comme « actives ». Mais nous comprenons parfaitement bien que dans le monde des « maîtres de l’argent », il n’y ait pas d’ « anciens membres ». Je vais me contenter d’énumérer la liste des membres du premier sommet du G-30 (avec entre crochet leurs position et fonction dans le monde « extérieur »):

  • Le Président du Conseil d’administration est Jacob A. Frenkel [Président de la Banque JPMorgan Chase international] ;
  • Le Président du Groupe est Tharman Shanmugaratnam [Vice-Premier Ministre et Ministre de la coordination des politiques économiques et sociales, Singapour] ;
  • Le trésorier du Groupe (trésorier) est Guillermo Oritz, [Président de la Banque d’investissement BTG Pactual Mexico] ;
  • Le Président émérite est Paul A. Volcker [ancien Président du système de la Réserve fédérale des États-Unis] ;
  • Le Président honoraire est Jean-Claude Trichet [ancien président de la Banque centrale européenne].

Dans la liste des membres du Groupe, nous trouvons le Président actuel de la BCE, Mario Draghi, qui s’est fait remarquer en janvier de l’an dernier, lorsque le médiateur de l’UE a déclaré que son appartenance au G-30 créait un « conflit d’intérêts ». Pourquoi une fonctionnaire de l’Union européenne a-t-elle demandé à la Banque centrale européenne (BCE) de cesser de participer aux réunions du G30 ? Des dirigeants et des représentants d’un certain nombre de banques, placées sous la supervision de la BCE, participent aux activités du Groupe des Trente. De tels contacts secrets, entre le régulateur financier et les institutions placées sous sa supervision, sont interdits par la réglementation de l’UE.

L’Europe a de nouveau perdu face aux « maîtres de l’argent »

Mais en fait, tout est beaucoup plus grave. Après tout, Emily O’Reilly n’a pas soulevé la question de sa propre initiative. Elle a été contrainte de le faire par des dizaines de milliers d’anti-mondialistes européens, très inquiets de ce que le système bancaire de l’Union européenne ne soit même pas géré par la Banque centrale européenne, mais par une instance supérieure, à savoir, le Groupe des Trente. Et de ce que Mario Draghi se contente de recevoir des instructions du G-30 et de les mettre en œuvre. La BCE elle-même a un statut spécial, en fait, elle n’est pas contrôlée par le Parlement européen, ni par la Commission européenne ou d’autres institutions de l’Union européenne. Or il apparait que même au-dessus de la BCE il y a une instance supérieure, appelée le G-30, qui non seulement ne rend compte à personne, mais dont l’existence même est restée cachée à l’insu de presque tous.

Contrairement à son habituelle insinuation et prudence, Mario Draghi a réagi de manière exceptionnellement tranchante et catégorique à la déclaration du médiateur: « J’ai participé (aux travaux du G-30) et j’y participerai ». Selon nos informations, Draghi s’est, à plusieurs reprises, rendu aux réunions du Groupe, au cours de l’année dernière. Mais Bruxelles a été plongée dans la confusion, ne sachant pas comment réagir à la situation. Après tout, l’affaire a été soumise au Parlement européen, investi de l’obligation de préparer une décision. Les passions se sont déchaînées parmi les députés. Un groupe de députés, composé d’eurosceptiques et de gauchistes, a préparé un projet d’amendements à la résolution adoptée antérieurement par le Parlement européen sur les résultats de l’examen du rapport annuel de la BCE pour 2017. L’essentiel des amendements consiste à interdire à Mario Draghi et à d’autres fonctionnaires de la BCE de participer au Groupe « secret » des Trente. Dans un premier temps, le projet d’amendements a été soutenu par 181 députés, tandis que 439 députés ont voté contre.

Les partisans de Draghi et de sa politique ont proposé leur option, qui consiste à laisser à la Banque centrale européenne la liberté de décider de participer ou non aux travaux du G-30 (et à d’autres groupes et organisations similaires), guidée par la nécessité d’une « bonne » politique monétaire au sein de l’Union européenne. Comme on peut le constater, les amendements ont été vidés de leur essence, pour aboutir à un document « à propos de rien » (dans le style habituel du Parlement européen). Et à la mi-janvier 2019, a eu lieu le vote final sur la version « à propos de rien » des amendements. Voici ses résultats : Pour-500 votes ; Contre-115 ; Abstentions-19.

En termes simples, Mario Draghi, ainsi que les présidents ultérieurs de la BCE, ont reçu le plein droit de participer aux travaux de toute organisation secrète, fondé sur la nécessité d’élaborer une politique monétaire « appropriée ». Les eurosceptiques, les anti-mondialistes et les gauchistes ont qualifié cette décision des « députés du peuple »de « l’Europe unie », de destruction finale de la souveraineté de l’Europe, en la transférant sous le contrôle total des « maîtres de l’argent ».

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Moscou prêt à déployer des missiles visant les USA si Washington positionne des missiles en Europe !

Moscou prêt à déployer des missiles visant les USA si Washington positionne des missiles en Europe*

Ça devient fort chaud cette affaire … surtout pour l’Europe qui est en 1ere ligne… Je vois pas en quel honneur l’Europe laisseraient les US déployer des missiles US sur son territoire !!! C’est jouer avec la vie des Européens en prenant le risque de se faire atomiser !!!! (ce qui est possible sur « un malentendu ») Et de créer un hiver nucléaire sur la planète … Incroyable ! Z

Si Washington venait à déployer des missiles en Europe, Moscou prendra des mesures de réciprocité à fait savoir Vladimir Poutine, tout en précisant que la Russie ne cherchait pas une confrontation avec les Etats-Unis.

Dans son adresse devant l’Assemblée fédérale ce 20 février, le président russe Vladimir Poutine est revenu sur la sortie du traité INF par les Etats-Unis et ses conséquences. Le président russe a expliqué que Moscou n’avait pas l’intention de déployer des missiles en premier, mais qu’il serait contraint de prendre des mesures de réciprocité dans l’éventualité où les Etats-Unis le feraient.

«La Russie n’a pas l’intention d’installer en Europe de tels systèmes d’armes», a-t-il assuré. Toutefois, si Washington venait à déployer des missiles en Europe, la Russie ciblerait les pays où seraient positionnés leurs missiles, mais aussi les Etats-Unis eux-mêmes, a indiqué le chef de l’Etat russe. «Je vais le dire clairement et ouvertement : la Russie sera contrainte de déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires, d’où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d’utilisation de missiles nous menaçant», a ainsi déclaré Vladimir Poutine.

Il a en outre souligné qu’en dépit de ce que prétendent certaines nations, Moscou ne constitue pas une menace. «Les actions militaires de la Russie répondent à ce que font les Etats-Unis et leurs alliés et sont de nature défensive. Les politiques de Washington sont à courte vue, destructives et portent finalement atteinte aux intérêts de l’Amérique», a-t-il ajouté. «Toutes les actions de la Russie en termes militaires ont pour objectif de garantir sa sécurité, d’éliminer ne serait-ce que l’ombre d’une menace d’utiliser la force contre elle. Ce que veut la Russie, c’est la paix.»

Le président russe a enfin accusé les Etats-Unis d’utiliser des «accusations imaginaires» pour motiver sa sortie du traité nucléaire INF, qui a poussé Moscou à suspendre sa participation à cet accord conclu durant la Guerre froide et à développer de nouvelles armes. «Nos partenaires américains auraient dû dire les choses honnêtement au lieu d’utiliser des accusations imaginaires envers la Russie pour motiver leur sortie unilatérale de l’accord», a déclaré Vladimir Poutine devant les deux chambres du Parlement.

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Bolsonaro approfondit les politiques contre les peuples autochtones du Brésil

Bolsonaro approfondit les politiques contre les peuples autochtones du Brésil

Le Président brésilien prévoit d’ouvrir les réserves indigènes à l’élevage, à l’agriculture et à l’exploitation minière pour des sociétés étrangères.

Depuis son arrivée à la présidence du Brésil, Jair Bolsonaro a diminué les droits fonciers des populations autochtones de l’Amazonie. L’une des principales promesses faites par le Président brésilien avant son élection était de ne pas accorder « un centimètre de terre en plus » aux peuples indigènes.

L’une des premières décisions du président a été de transférer les compétences de la Fondation Nationale Indienne (FUNAI) – la fondation chargée de l’attribution des terres correspondant aux agriculteurs indigènes et paysans – au Ministère de l’Agriculture de Tereza Cristina Costa. La fonctionnaire est la leader des propriétaires ruraux au Congrès, qui est connue comme la « muse du poison » pour avoir autorisé en 2018 une loi qui permet l’utilisation des pesticides toxiques dans les champs du pays.

Aujourd’hui, par l’intermédiaire du Ministère de l’Agriculture, Bolsonaro prévoit d’ouvrir les réserves indigènes à l’élevage, à l’agriculture et à l’exploitation minière, ainsi qu’à « l’assouplissement des licences environnementales » qui permettent aux entreprises transnationales d’investir et d’exploiter dans ces territoires.

Ricardo Salles, ministre de l’Environnement :

-Hier, il était en Amazonie. Il a rendu hommage aux peuples autochtones qui louent des terres pour la monoculture du soja. Avant hier, il a délégitimé Chico Mendes. Auparavant, il avait été condamné pour avoir modifié une carte publique d’une réserve en faveur des compagnies minières.

Le ministère a-t-il fermé ?

Xilonem Clarke, chercheur du mouvement mondial Survival International, a récemment expliqué que les politiques du Président brésilien sont une déclaration ouverte de guerre contre les populations indigènes, et a assuré qu’avec la démarcation des terres entre les mains du Ministère de l’Agriculture, il sera « presque impossible » de garantir les droits territoriaux des communautés.

L’extermination des peuples autochtones comme politique d’État

Le leader d’extrême droite a insisté à plusieurs reprises sur le fait que son intention est d’en finir avec les populations indigènes du Brésil par assimilation forcée, suivant « les politiques efficaces des États-Unis, qui ont exterminé les Indiens« .

En ce sens, Bolsonaro a assuré que les peuples traditionnels sont « manipulés par des groupes idéologiques de gauche« , qui tentent par « une conspiration internationale » de prendre l’Amazonie et ses matières premières au Brésil.

Le Cacique Babau, Rosivaldo Ferreira da Silva, chef Tupinambá, a dénoncé l’intérêt des propriétaires terriens et des policiers à le tuer, lui et sa famille. Après avoir assumé la présidence, Jair Bolsonaro a intensifié la violence contre les Indiens et l’invasion de leurs terres. @teleSURtv

La politique d’État menée par le Gouvernement de Bolsonaro est fondée sur la dépossession totale des territoires des communautés autochtones. Le Ministre de la Sécurité Institutionnelle, Augusto Heleno, a assuré que les peuples autochtones envisagent de se déclarer indépendants avec l’aide de groupes opposés au gouvernement, c’est pourquoi il est essentiel de « récupérer les territoires« .

Cette politique d’extermination a été lancée avec l’arrivée de gouvernements de droite au Brésil ; une étude récente de Global Witness a révélé qu’en 2017, il y a eu jusqu’à 201 meurtres de paysans et indigènes dans le monde. 57 d’entre eux se trouvaient au Brésil, soit un peu plus d’un tiers du nombre total des assassinats dans le monde.

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par TeleSur

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Publié par le 20 février 2019 dans général, International, Politique, société

 

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