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Archives du 8 février 2019

Étienne Chouard – François Asselineau : L’entretien

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Publié par le 8 février 2019 dans général, Politique, société, Vidéos (Toutes)

 

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Sondage biaisé sur le complotisme : vers la mise en place de la police de la pensée ?

Sondage biaisé sur le complotisme : vers la mise en place de la police de la pensée ?

« En ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire » (Orwell)

Qu’est ce que le complotisme ? J’en parle régulièrement. Encore l’autre jour, commentant un sujet à mourir de rire au JT de France 2 sur le « complotisme », j’écrivais ceci :

Qu’est ce que le « complotisme » chers amis de France 2 ? (au passage je vous donne un petit truc c’est cadeau, si vous voulez aborder sérieusement cette question, il faut fortement la complexifier et non simplement la ridiculiser

Le « complotisme » est avant tout un terme fourre tout, utilisé pour disqualifier tout ceux qui sortent des clous de la pensée unique, et pour élargir, ça désigne en fait ceux qui pensent autrement ou qui se posent simplement des questions.

Il y a des théories farfelues (qui prêtent plus à rire qu’autre chose). Il existe aussi la réalité (et toute sa complexité), avec des vrais complots, mais ce n’est certainement pas le fait du petit peuple. 

En ce sens, ce qu’on qualifie de complotisme est l’exact opposé de la pensée unique (qui se manifeste par exemple par tout les médias qui tirent dans le même sens) Or il est sain de se poser des questions sur un peu tout.

Je le rappelle pour la 1000e fois en termes simples, la diversité des idées et des opinions, leur libre circulation, leur confrontation, leur mise en débat, c’est la base même de ce qui fait la force d’une démocratie et un système démocratique. (c’est valable pour l’information en général)

Si vous n’avez qu’une pensée unique diffusée par une oligarchie médiatique, vous créez un totalitarisme idéologique et plus largement, une dérive totalitariste de la société, … et le totalitarisme tout court.

La diversité la plus large possible des opinions et des idées, leur libre circulation, leur confrontation, c’est ce qui fait la nature même d’une démocratie.

Donc d’un coté on s’extasie sur le renouveau démocratique que vit notre pays (Ndlr – je faisais référence à des éditocrates que j’avais vu sur BFM qui s’extasiaient sur le vent nouveau qui souffle sur notre démocratie dans le contexte des gilets jaunes, et j’ironisais  « C’est sur que c’est pas la pensée unique qui a amené ce vent nouveau », mais de l’autre on attaque dans son essence ce qui fait que ce renouveau soit possible ! Vous voyez le paradoxe ? 

Le fait de se poser des questions en tous genres et dans tous les domaines, c’est ce qui permet de mener des réflexions nouvelles et pertinentes qui permettent de faire avancer les choses. 

Les médias devraient abandonner cette thématique du complotisme (qui est au fond le fait de se poser des questions et de sortir d’une pensée unique), car ils se tirent une balle dans la tête.

Le « complotisme »… Un terme bien pratique pour tenter de disqualifier toute pensée qui sort des clous ou encore des vérités qui dérangent… (les philosophes des lumières étaient-ils « complotistes » ?)

Mais ce que n’ont pas encore compris les élites médiatiques – car quand on est enfermé dans une caverne intellectuelle on ne voit que les ombres sur les murs de la caverne, et non la réalité de ce qui se passe dehors (oui, cf platon) – c’est que ça produit exactement l’effet contraire, qui plus est dans un contexte de défiance historique envers les médias mainstreams. 

D’ailleurs qu’ils se demandent d’où provient cette défiance. (un clash des réalités entre le peuple et (s)ces élites ?)

C’est que, au fond, les gens ne sont pas dupes, l’être humain est un animal fort complexe, …qui pense. (consciemment ou instinctivement) Rien ne pourra jamais l’empêcher de penser librement.            

On peut bien tenter d’annihiler nos libertés, de faire de la population un troupeau de moutons uniforme bien docile et facile à manipuler, il y une chose qu’on ne pourra jamais annihiler ni même « réguler », et que nulle barrière ou frontière ne pourra jamais entraver : la pensée elle même.  

« L’humanité est une suite discontinue d’hommes libres qu’isole irrémédiablement leur subjectivité.» (Simone de Beauvoir) Z 

Sondage biaisé sur le complotisme : vers la mise en place de la police de la pensée ?

D’après une enquête de l’IFOP – dont on rappelle à toutes fins utiles qu’il n’appartient pas à Brigitte Trogneux – beaucoup trop de Français seraient enclins à croire à n’importe quoi. Rassurons-nous tout de suite : ceux qui ont cru que Emmanuel Macron serait un rempart contre le retour des fascismes ne sont pas visés. L’enquête s’est juste amusée à présenter à 1500 Français « représentatifs » quelques échantillons de théories rigolotes pour aboutir au constat terrifiant que seuls 35% ne croyaient à aucune. Ce qui permet d’envisager que confier le droit de vote à tous les autres procède d’un idéalisme un peu angélique.

On notera d’abord, sans grande surprise, que dans ce genre de gaudriole surgit rapidement Rudy Reichstadt, qui est au complotisme ce que Agnès Verdier-Molinié est à l’économie : un expert incontestable et au-dessus de tout soupçon. De ces chevaliers blancs qui combattent bec et ongles toute forme de ce qu’ils nomment « simplisme » en y opposant, à leur tour, un manichéisme et une mauvaise foi contre lesquels, en effet, il n’y a rapidement plus grand chose à répondre. De guerre lasse.

Ce genre d’étude permet en général de désigner à peu de frais un ennemi aux contours vagues, ce qui le rend d’autant plus effrayant et permet aux gens raisonnables de resserrer héroïquement leurs rangs contre un péril aussi sournois que nébuleux. On n’a toujours pas, aux dernières nouvelles, donné de définition précise au « complotisme », cette maladie obsessionnelle qui frappe tant d’esprits faibles et influençables (suivez le regard). On y trouve, pêle-mêle, les hurluberlus persuadés que la Terre est plate quand bien même une ministre nous rappelle que Galilée a prouvé qu’elle était ronde (!), ou que les extra-terrestres nous manipulent, mais également les paranoïaques qui voient dans tout attentat un complot du pouvoir ou dans tout coup d’état une ingérence étrangère (on oubliera pour l’occasion ceux à qui les faits ont fini par donner raison, c’est malheureusement arrivé aussi), jusqu’aux sceptiques compulsifs qui se demandent si on ne nous raconte pas, ici ou là, parfois des salades ou, enfin, les circonspects qui se font assez peu d’illusions sur la candide ingénuité des gens de pouvoir.

La Terre est ronde

La rotondité de la Terre ne fait a priori plus beaucoup de doute. Le grand complot Illuminati/Sionistes/Templiers/reptiliens n’amuse qu’assez peu de monde. En revanche, la poignée d’authentiques dérangés qui y croient mordicus fait l’objet de toutes les attentions de ces nouveaux maccarthystes du Ministère de la Vérité et il est amusant de noter avec quelle malhonnêteté ils se livrent à des raccourcis qui n’ont rien à envier aux « simplismes » qu’ils prétendent combattre. Ainsi, s’il est a priori stupide de croire que l’attentat de Strasbourg a été « commandité par le pouvoir pour faire diversion aux Gilets Jaunes » (encore que, rappelons-nous, des hurluberlus ont probablement prétendu à l’époque que l’incendie du Reichstag était un complot – honte sur eux !), le seul fait de se demander si le pouvoir n’a pas « sauté sur l’aubaine » pour espérer clore le chapitre fait illico de vous un « complotiste ». De même, imaginer qu’il ait pu « profiter » des divers attentats qui frappent le pays depuis environ 4 ans pour renforcer un système de « répression préventive » serait complètement farfelu. Franchement ? Comment peut-on raisonnablement penser qu’ils auraient laissé passer de telles « occasions » ? Ça serait, pour le coup, les prendre vraiment pour des imbéciles.

Dans le même ordre d’idée, alors que les Illuminati ne font frissonner qu’une poignée infime de nos congénères, oser évoquer une éventuelle collusion d’intérêts qui rassemblerait des cercles tels que « Bilderberg », « la Trilatérale », « le Siècle » (et d’autres sans doute : peut-être également le Lions ou Rotary Club du coin) est forcément suspect. Suspect de « complotisme », auquel on ne tardera pas à adjoindre son inévitable corollaire, « antisémitisme » (dans Bilderberg, il y a « berg »… et Attali, aussi). Comment peut-on sérieusement imaginer que le fait que des gens du même cercle, du même milieu, qui se réunissent entre eux dans des machins dont ils entretiennent sciemment et avec une ostentation gourmande le caractère à la fois secret, opaque, mystérieux et tonitruant, peut produire chez ceux qui en sont exclus autre chose que – dans le meilleur des cas – de la méfiance ? Il faudrait être singulièrement idiot ou profondément pervers. Manque de chance, même si quelques illusions commencent à tomber depuis l’avènement de notre prince-enfant-roi, on ne se résout toujours pas à les croire suffisamment idiots.

Lorsqu’un président nouveau-né, vainqueur par effraction d’un jeu de massacre organisé par ses propres mécènes, se pique de célébrer son Austerlitz, son « Paris outragé, martyrisé mais libéré », sa marche héroïque jusqu’au pied d’une pyramide, que faut-il y déceler ? Rien ? La preuve qu’ »ils sont parmi nous » (les reptiliens, les Illuminati, les Pharaons, les Sionistes, les trucs et autres machins) ? La maladresse spontanée, la gaffe inopinée, l’erreur de communication d’un débutant candide qui pensait ingénument bien faire ? Ou le calcul sournois d’une équipe de « communicants » déterminés à faire feu de tout bois, dussent-ils mettre eux-mêmes le feu partout ? De cette soirée éloquente, on n’a pas retenu grand-chose du discours (mais peut-être n’y avait-il pas grand-chose à en retenir). En revanche, on a assisté à une singulière guerre de tranchées, abondamment commentée, entre ceux qui, comme c’était à prévoir, voyaient le mal partout et ceux qui, grands princes, ne le voyaient évidemment nulle part. Les uns accusant les autres à juste titre. Et réciproquement.

Est-ce ça, le progrès ?

De barrage en barrage (« Faites ce que vous voulez mais votez Macron », titrait tout en nuance un journal sérieux dont le directeur prononce avec délices des fatwas contre quiconque approche l’extrême-droite, tout en s’offusquant qu’on lui rappelle parfois ses propres intimités avec Le Pen), faut-il à ce point renoncer à tout ce qui ressemble à de l’esprit critique au motif que ça pourrait « faire le jeu » du complotisme ? A quoi servent ces enquêtes, études et autres « observatoires », qu’on ne saurait évidemment accuser ni de bêtise angélique, ni de rouerie machiavélique, sur le « complotisme » ?

Constatant que tous ceux qui doutent ou s’interrogent ne sont pas forcément des imbéciles paranoïaques, ces experts en circonvolutions ont même inventé un nouveau concept : le « confusionnisme », bidule ingénieux qui, à l’instar du « point Godwin » ou de la « merveilleuse construction européenne » confère autorité à celui qui le brandit pour stériliser d’avance toute discussion en postulant que l’interlocuteur est atteint d’une maladie mentale, au mieux disqualifiante. Le « confusionnisme » est au complotisme ce que le « révisionnisme » est au négationnisme : une forme pernicieuse de présomption de culpabilité. Douter, chercher à comprendre, est forcément suspect. Donc, nécessairement, préventivement répréhensible (en vertu du « principe de précaution » sans doute). Les lois de circonstance ne traduisent pas autre chose. Et l’on sait où elles mènent. On oublie, en revanche, un peu trop rapidement d’où elles viennent.

La mise en place de la police de la pensée

De façon rampante et sous un label « libéral » de plus en plus usurpé, se met doucement en place une police de la pensée. Bien sûr, ses milices ne tabassent plus (du moins pas encore). Elles persiflent, susurrent, suggèrent, excitent puis, lorsque le fruit semble mûr, excommunient en bloc. Le « monde libre » répète qu’il tolère tout mais s’indigne qu’on puisse oser le mettre en doute. Fatalement, ce monde-là, au vocabulaire enflé de « libéralités », finit par se retrouver à son tour acculé par ses contradictions et redécouvre les vertus de l’autoritarisme le plus « illibéral ». Il faudra, un jour ou l’autre, réapprendre à appeler un chat un chat, et à distinguer un « adversaire politique » d’un ennemi. Un adversaire, on peut au moins discuter avec lui, parfois même s’engueuler vertement. D’un ennemi, il n’y a rien à espérer. Et si, par habitude, par conditionnement, par confort ou frilosité, on se pique de le traiter en adversaire loyal, on peut être sûr d’une chose : il nous tirera dans le dos à la première occasion.

La fameuse « sécession des élites » est consommée, constatée, et ce n’est que parce que les gueux de bonne volonté hésitent toujours un peu à en accepter toute la brutalité qu’elle paraît encore feutrée. En réalité, elle ne n’est plus : les élites ont décidé de mettre au pas les récalcitrants. Elles leur ont désormais déclaré une guerre totale, sans merci. Et ce, d’autant plus volontiers qu’elles escomptent bien en avoir encore une d’avance.

« Les complotistes » constituent alors un adversaire idéal : on ne va jamais avec plaisir s’exposer à l’accusation savonneuse et infamante de « complotiste », paranoïaque ou illuminé. A leurs violences policées, leurs aimables provocations et leurs mensonges de plus en plus grossiers, ils exigent encore que nous répondions poliment, avec les éléments de langage usuels et validés par eux-mêmes. Après avoir soigneusement miné le terrain, ils n’attendent qu’une chose : que nous fassions le premier (faux) pas, que nous tirions les premiers, pour nous en rendre responsables.

Dans cette « drôle de guerre », l’énergie dépensée à se débattre, se défendre, à refuser de voir ce qui crève les yeux nous rend toujours un peu plus vulnérables.

Mathieu Morel

Questions de fond – Au delà du fait qu’il a de tout temps existé des infos qui étaient des fakes, Qu’est ce qu’une Fake news telle qu’on l’entend de nos jours ? Qui décide qu’une info est une Fake news ou pas ? Sur quels critères ? Est ce que c’est le fait de diffuser une information à travers le prisme d’une idéologie comme suggéré ici ? (ce que je trouve fort pertinent comme angle de vue) « Beaucoup traiteront de « fake news » simplement ce qui contredit leur croyance » ou « tentent de disqualifier des visions opposées ou des vérités dérangeantes » : c’est bien ça le problème avec ce terme fourre tout. Si on prend en compte le biais idéologique d’une info, presque absolument tout ce qui n’est pas purement factuel peut devenir une « fake news »… (et ça peut venir d’absolument partout) 

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« Le travail physique épuisant, le souci de la maison et des enfants, les querelles mesquines entre voisins, les films, le football, la bière et, surtout, le jeu, formaient tout leur horizon et comblaient leurs esprits. Les garder sous contrôle n’était pas difficile. Quelques agents de la Police de la Pensée circulaient constamment parmi eux, répandaient de fausses rumeurs, notaient et éliminaient les quelques individus qui étaient susceptibles de devenir dangereux. » (Orwell, 1984)

 
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Publié par le 8 février 2019 dans général, Education - information, société

 

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La Brute, par Michel Onfray

La Brute, par Michel Onfray

Réagissant aux violences policières dans le contexte de la crise des Gilets jaunes, le philosophe Michel Onfray dénonce la volonté claire du gouvernement, non de maintenir l’ordre, mais de réprimer pour maintenir le cap des réformes libérales.

«Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’Histoire.»
Macron, le 13 février 2018, devant la presse présidentielle

Certes, l’Etat définit bien ce Moloch qui dispose du monopole de la violence légale : mais pour quoi faire? Sauf irénisme radical, la nature humaine étant ce qu’elle est, il n’est en effet pas question d’imaginer un monde dans lequel on n’aurait plus besoin d’armée ou de police, de tribunaux ou de prisons, de loi et de droit. Si l’on estime qu’un violeur n’est pas un violé, un agresseur un agressé, un voleur un volé, un pilleur un pillé, un frappeur un frappé, il faut bien qu’une série de mécaniques sociales permette d’appréhender le violeur, l’agresseur, le volé, le frappeur afin de le déférer aux tribunaux qui jugent des faits en regard de la loi et du droit, et envoient la personne jugée coupable purger sa peine au nom de la réparation du violé, de l’agressé, du volé, du pillé, du frappé, mais aussi dans la perspective de protéger d’autres citoyens de la dangerosité de ces délinquants. Qu’il existe des circonstances aggravantes ou atténuantes, que chacun, quel que soit ce qu’on lui reproche, ait droit à la défense, puis à la réparation une fois la peine accomplie, tout cela est acquis.

Les Gilets jaunes n’ont pas refusé l’impôt, comme la propagande médiatique le rabâche depuis des semaines

La violence légale suppose qu’elle puisse être utilisée afin de maintenir la légalité – ce devrait être une lapalissade… Or, quand, mi-septembre 2018, les Gilets jaunes font savoir, au début de leur colère, que leur pouvoir d’achat ne leur permettra pas de payer des taxes supplémentaires que le pouvoir inflige en augmentant le prix des carburants à la pompe, ils ne mettent pas en péril la démocratie et la République puisqu’ils en appellent aux articles 13 et 14 de la Déclaration des droits de l’homme et, ne l’oublions pas, du citoyen. Par leur mouvement, ils revendiquent l’un de ces droits que ce texte majeur leur accorde. Je l’ai déjà signalé, mais rappelons en effet que l’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme dit ceci: «Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses de l’administration, une contribution commune est indispensable; elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.» Et l’article suivant, ceci: «Les citoyens ont le droit de constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.»

Les Gilets jaunes n’ont pas refusé l’impôt, comme la propagande médiatique le rabâche depuis des semaines afin de les assimiler aux populismes fascisants, mais ils font juste savoir qu’ils n’ont plus financièrement les moyens de les payer! D’un point de vue gouvernemental, une réponse appropriée aurait permis d’étouffer la colère dans l’œuf. Au lieu de cela, la riposte a été tout de suite belliqueuse : c’est l’origine de la violence.

Des violences symboliques démultipliées par le pouvoir médiatique maastrichtien

Ce bellicisme a pris la forme que l’on sait : des éléments de langage du pouvoir macronien ont été fournis puis abondamment relayés par les «élites» : le mouvement des Gilets jaunes était une jacquerie d’extrême-droite, une revendication populiste qui sentait sa chemise brune, un mouvement qui puait le «facho». BHL le fit savoir illico en même temps que… Mélenchon et Clémentine Autain, Coquerel et la CGT qui rejoignaient ainsi dans leur concert populicide tous les éditorialistes de la presse maastrichtienne.

Macron n’est pas bien malin, car Pompidou mit fin à Mai 68 avec un cynisme qui aurait pu l’inspirer : deux inconnus à l’époque, il s’agit d’Henri Krasucki de la CGT, donc du PCF, et Jacques Chirac, alors secrétaire d’Etat à l’emploi auprès du ministre des Affaires sociales, se rencontrent dans le cabinet d’un avocat communiste. Chirac dira qu’il s’agissait d’une chambre de bonne et prétendra qu’il s’y était rendu armé… Il y aura plusieurs réunions avant qu’officiellement le sécrétaire général de la CGT, Georges Séguy, et les autres syndicats ne rencontrent Chirac et… Balladur, alors conseiller de Chirac, pour préparer ce qui deviendra les Accords de Grenelle. La négociation a grandement payé : hausse des salaires spectaculaires, augmentation du SMIC sans précédant, réduction de la durée hebdomadaire du temps de travail, élargissement du droit syndical, coup de pouce aux allocations familiales, augmentation de la prestation offerte aux personnes âgées, paiement des journées de grève, baisse du ticket modérateur de la sécu. La CGT revient auprès de sa base avec ces propositions : les ouvriers refusent ; les accords signés unilatéralement par le pouvoir sont tout de même appliqués – déjà la collusion des pouvoirs gouvernementaux et syndicaux, les fameux corps intermédiaires. Le travail reprend quelques jours plus tard. Le pouvoir joue sur l’inflation: deux ou trois ans après, les avantages consentis disparaissent avec l’augmentation du coût de la vie. Exit Mai 68! Leçon de cynisme politique, mais également leçon sur le cynisme de ce qu’il est donc convenu d’appeler les corps intermédiaires : le pouvoir néo-gaulliste et le pouvoir néo-communiste se séparaient moins sur leurs options politiques qu’ils ne se rassemblaient sur ce fromage qu’est toujours la représentation qui permet de laisser croire au peuple qu’on travaille pour lui alors qu’on œuvre bien souvent à ses dépens pour sa seule boutique.

Revenons aux Gilets jaunes: Macron fait annoncer par son Premier ministre un moratoire sur le prix de l’essence début décembre. Mais un moratoire est la formule qui permet de reculer pour mieux sauter – en l’occurrence : sauter par-dessus les élections européennes pour lesquelles, chacun l’a désormais bien compris, le président de la République est en campagne. C’est la raison pour laquelle il instrumentalise la crise des Gilets jaunes pour son propre compte et celui du camp maastrichtien. Il n’y a pas d’autres raisons à son grand débat national puisqu’il a bien pris soin d’en donner la règle du jeu dès le départ : on parle – enfin: il parle –, mais pas question de changer de cap. Pourquoi donc parler? A quoi bon? Pour quoi faire?

Après l’annonce d’un moratoire pour signifier qu’on accorde un délai avant d’actionner tout de même la guillotine, première violence symbolique, il y a eu l’assimilation par le président de la République des Gilets jaunes à «une foule haineuse» constituée d’antisémites, d’homophobes, de racistes lors des vœux de 2019, ce fut la deuxième violence symbolique. Elle a été suivie par une troisième avec cette annonce de LA solution avec un grand débat national doublé du refus d’un changement de cap. D’autres violences sont depuis régulièrement infligées. Ainsi avec cette série de gifles distribuées au grès de ses apparitions publiques : une quatrième à la galette des rois quand le prince fait savoir que tous les Français n’ont pas le goût de l’effort en laissant entendre que c’est le cas des Gilets jaunes (11 janvier 2019) ; une cinquième lors d’un meeting présenté comme un débat, quand il affirme, que, parmi certains qui touchent les minimas sociaux, «il y en a qui déconnent» (15 janvier 2019) en n’ignorant pas que cette catégorie sociologique est surreprésentée chez les Gilets jaunes ; une sixième en faisant savoir de façon quelque peu méprisante, toujours lors d’un de ces meetings de campagne maastrichtien, que «la vraie réforme, elle va avec la contrainte, les enfants! C’est pas open bar. Le bar, c’est le nôtre» (24 janvier 2019 à Bourg-de-Péage) – la vraie réforme, c’est donc la sienne, pas celle des Gilets jaunes ; les «enfants» qu’on toise de façon méprisante, ce sont ces mêmes Gilets jaunes ; et la mention du bar, c’est encore aux GJ que l’image s’adresse, on ne peut mieux dire que, pour le chef de l’Etat, les Gilets jaunes sont de faux réformateurs qui pensent comme des enfants assimilés à des piliers de bistrot…

BHL prête sa chemise à ces discours. Les éditorialistes pensent comme cette chemise

Ces violences symboliques sont copieusement démultipliées par le pouvoir médiatique maastrichtien. On l’a vu. Il s’agit d’assimiler les Gilets jaunes à des gens violents et tout ce qui peut illustrer cette thèse se trouve savamment mis en images et en mots par les médias qui se contentent de relayer les éléments de langage venus de la cellule communication de l’Elysée, de celle de Matignon ou bien encore de celle du ministère de l’Intérieur. Macron est un enfant-roi colérique et intolérant à la frustration, Edouard Philippe un animal à sang froid bien cravaté, propre sur lui et poli, Castaner un gouailleur ayant gardé quelques habitudes de son ancienne fréquentation du milieu marseillais, mais c’est le même discours : les Gilets jaunes sont violents, ils attaquent la République, y compris avec un transpalette moins gros qu’une voiture sans permis, ils mettent en péril la démocratie, ils annoncent une révolution néo-fasciste… BHL prête sa chemise à ces discours. Les éditorialistes pensent comme cette chemise. D’autres «intellectuels» offrent une partie de leur anatomie à cette même chemise.

Emmanuel Macron a sciemment choisi de réprimer et non pas de maintenir l’ordre

Cette violence symbolique, dont le bras armé est constitué par les médias du système, se double d’une violence policière. On sait que les mots tuent, mais pour ce faire, il leur faut des acteurs violents : le pouvoir en dispose avec un certain nombre de gens de justice et de gens de la police qui, sachant qu’ils bénéficient d’une couverture venue du ministère de l’Intérieur, donc de Matignon, donc de l’Elysée, donc d’Emmanuel Macron, s’en donnent à cœur joie.

Je me suis retrouvé sur un plateau de télévision avec Jean-Marc Michaud, qui a perdu un œil à cause d’un tir de flash-ball. Il a dit toute sa colère contre le tireur – et je le comprends. C’est le premier mouvement, quand on a été violenté, de vouloir riposter de la même manière. On reçoit un coup, on n’a pas envie d’autre chose que de le rendre au centuple. Le cerveau reptilien fait la loi tant que le cortex n’effectue pas son travail.

Certes, il y a une responsabilité du tireur : mais si ce tireur sait qu’il aura des comptes à rendre à la justice si sa hiérarchie lui reproche de s’être mal comporté en ne respectant pas les procédures – dont celle, majeure, de ne jamais viser la tête…–, alors il se comportera probablement autrement. Mais, quand on sait pouvoir bénéficier de l’impunité du pouvoir, alors on tire ou on tabasse sans état d’âme et, pour l’avoir constaté par moi-même à Caen, avec certains spectateurs de ces opérations, une jubilation non feinte à cogner, taper, tabasser, projeter violemment au sol, menotter, mais aussi, dans certains cas sur lesquels je me penche ces temps-ci : dénuder et palper… J’ai déjà dit ailleurs que je supposais que certains policiers noyautaient les casseurs pour nourrir la thèse du pouvoir selon laquelle tous les Gilets jaunes sont violents. Après que j’ai donné cette information, d’aucun parmi les Gilets jaunes m’ont fait savoir par courrier qu’ils en détenaient les preuves. Je reviendrai sur ce sujet le moment venu.

Maintenir l’ordre n’est pas réprimer. Ce sont deux choix politiques extrêmement différents

Mais sans se focaliser sur ce cas particulier, il suffit de lire, sous la plume du maire divers droite, donc pas un gauchiste, Xavier Lemoine, une intéressante information. Il affirme dans Le Figaro qu’en tant que maire de Montfermeil, il a constaté que «la police a moins réprimé les émeutes en banlieues en 2005 que les Gilets Jaunes» (29 janvier 2019). Tout est dit.

Le maire constate qu’en 2005 il n’y a eu aucun mort et peu de blessés parmi les émeutiers bien que ces derniers aient choisi la violence comme unique moyen d’expression. Il en donne la raison : la police avait alors choisi une opération de maintien de l’ordre et non, comme Macron, une logique de répression. Or, maintenir l’ordre n’est pas réprimer. Ce sont deux choix politiques extrêmement différents idéologiquement, politiquement, stratégiquement, tactiquement – et aussi moralement. Emmanuel Macron a sciemment choisi de réprimer et non pas de maintenir l’ordre. Le chef de l’Etat n’a donc pas voulu contenir les violences revendicatives mais déchaîner les violences d’Etat. C’est à dessein.

Xavier Lemoine constate que le choix du maintien de l’ordre vise, comme les mots l’indiquent, à chercher avant tout à maintenir l’ordre, donc à éviter le désordre. J’y reviens : on ne me fera pas croire que laisser dépaver l’avenue des Champs-Elysées sous les objectifs des caméras de BFMTV pendant presque une heure ne témoigne pas du fait que le forces de l’ordre n’avaient pas eu pour consigne d’empêcher le désordre, c’était facile à faire sans violence, mais, au contraire, de le favoriser en laissant ces pavés devenir des projectiles en attente de leurs cibles humaines ou matérielles…

Parlant de sa ville, Xavier Lemoine dit : «En 2005, la totalité [sic] des revendications se sont exprimées par la violence. Or, à l’époque, les forces de l’ordre ont adopté le mode d’intervention le plus approprié qui soit pour faire retomber cette violence. D’un point de vue technique, leur attaque a été souple et remarquable. Alors qu’ils étaient pris pour cibles par les émeutiers, policiers et gendarmes ont montré une grande retenue dans l’usage de la force. Aujourd’hui, au contraire, nul ne peut prétendre que toutes les revendications des « Gilets jaunes » s’expriment par la violence. En outre, en 2005, il n’y avait aucune femme parmi les émeutiers, alors que les femmes sont présentes massivement dans les rangs des « Gilets jaunes ». Ne pas le prendre en compte, c’est se priver d’un élément d’analyse fondamental. Contrairement à ce que la puissance des images peut laisser penser, la majorité des « Gilets jaunes » ne participe pas aux violences condamnables commises lors de ce mouvement. Pourtant, depuis le samedi 8 décembre, les forces de l’ordre privilégient la répression, et non le maintien de l’ordre.» Au journaliste qui lui demande de préciser ce qui distingue maintien de l’ordre et répression, Xavier Lemoine répond: «Le maintien de l’ordre consiste d’une part à permettre à une manifestation de s’écouler de la manière la plus pacifique qui soit, et d’autre part contenir la violence en vue de la faire diminuer. Cet objectif n’interdit pas aux policiers d’intervenir contre des personnes déterminées à des actes de violence» – je songe à ceux qui dépavent l’avenue des Champs Elysées… Il poursuit : «Mais il est toujours laissé aux manifestants pacifiques des portes de sortie. Les intéressés peuvent ainsi quitter les lieux quand ça dégénère. La répression, elle, consiste à en découdre contre des groupes sans faire nécessairement la distinction entre les individus violents et les manifestants paisibles, qui peuvent se trouver loin d’eux. Or, dans la crise actuelle, les forces de l’ordre recourent trop souvent aux « nasses », qui l’empêchent les personnes encerclées de quitter les lieux. Il est facile alors de faire des amalgames entre des manifestants très différents. Parmi les éborgnés, combien avaient cassé des vitrines, retourné des voitures, pillé des magasins? De même, le souci de différencier les casseurs « confirmés » et les primo-délinquants devrait être beaucoup plus net.» Pour Xavier Lemoine, les forces de l’ordre obéissent à un pouvoir qui a choisi la répression et la brutalité. Elles obéissent. Le responsable, donc le coupable, est celui qui donne l’ordre. Et, comme on ne peut imaginer que Castaner ou Philippe prennent la décision seuls, c’est au chef de l’Etat qu’il faut imputer le choix de la répression, donc chaque blessure infligée. Quand ce même chef de l’Etat affirme éhontément en Egypte que les forces de l’ordre n’ont causé aucun mort alors qu’on leur doit celle de madame Redoine à Marseille, il ment. Et il est personnellement responsable de cette mort. La brute, c’est lui.

Lisons encore Xavier Lemoine : «Je n’incrimine en rien les forces de l’ordre, qui obéissent, comme il est naturel, aux instructions du ministre de l’Intérieur. Mais je blâme ces instructions, qui me paraissent traduire une volonté de monter aux extrêmes, d’accroître la violence pour justifier une répression. Je n’ai aucune complaisance pour les violences préméditées des casseurs ou des groupuscules extrémistes. Mais la responsabilité du politique est aussi de savoir désamorcer un cri de détresse, au lieu de l’alimenter en diabolisant les « Gilets jaunes ». Jamais les gouvernants, en 2005, n’ont tenu des propos aussi méprisants envers les émeutiers d’alors. Actuellement, une partie importante des violences émane de manifestants sans casiers judiciaires, désespérés et chauffés à blanc. Ils se sentent provoqués par la rigidité de la riposte de la police. La dynamique de foule aidant, ils se « radicalisent ». Leur réflexe vital s’exprime de façon brutale. En 2005 aucune manifestation n’avait été déclarée en préfecture et toutes dégénéraient en émeutes. Pourtant, à l’époque, en Seine-Saint-Denis, il n’y a eu aucune charge de CRS, ni de policiers à cheval. Aujourd’hui, si. Voilà quatorze ans, les forces de l’ordre n’ont pas recouru au tir tendu, à l’horizontal, à face d’homme et à courte distance. Aujourd’hui, si. Pourquoi ces deux poids, deux mesures de l’Etat entre les émeutes urbaines de 2005 et les scènes d’émeutes des « Gilets jaunes »? Je ne juge pas que les forces de l’ordre ont été laxistes en 2005 ; j’affirme qu’elles sont trop « dures » aujourd’hui.»

La violence généalogique, celle qui s’avère fondatrice des premières revendications des Gilets jaunes, c’est d’abord et avant tout celle qu’impose le système politique libéral

Que le président Macron ait choisi la ligne dure de la répression contre la ligne républicaine du maintien de l’ordre est donc avéré. Il a donc à son service la presse maastrichtienne, autrement dit les médias dominants, dont ceux du service public audiovisuel, il a mis à son service la police, l’armée, donc les forces de l’ordre, il a également essayé d’y adjoindre la machine judiciaire. Ce dont témoigne un article du Canard enchaîné (30 janvier 2019) intitulé «Les incroyables consignes du parquet sur les Gilets jaunes», qui rapporte dans le détail comment le ministère dit de la Justice a communiqué par courriel avec les magistrats du parquet de Paris sur la façon de traiter les Gilets jaunes : après une arrestation, même si elle a été effectuée par erreur, il faut tout de même maintenir l’inscription au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ), y compris «lorsque les faits ne sont pas constitués». Le courrier précise également qu’il faut ficher, même si «les faits sont ténus» et même dans le cas avéré «d’une irrégularité de procédure»! Dans ces cas-là, arrestation par erreur, infraction non motivée, irrégularité de procédure, il est conseillé de maintenir les gardes à vue et de ne les lever qu’après les manifestations du samedi afin d’éviter que les citoyens fautivement interpellés puissent exercer leur droit de grève, faut-il le rappeler, un droit garanti par la Constitution ? Alinéa 7 du préambule…

Ajoutons à cela que le projet de loi dit «anti casseurs» proposé par Macron se propose purement et simplement d’instaurer une présomption de culpabilité à l’endroit de quiconque serait suspecté d’être sympathisant de la cause des Gilets jaunes. Suspecté par qui? Par la même justice à laquelle le pouvoir demande, premièrement, de conserver en garde à vue une personne même arrêtée par erreur, deuxièmement, de ne la relâcher qu’après la fin des manifestations, troisièmement, d’agir de même y compris dans le cas d’une erreur de procédure, quatrièmement, de ne pas se soucier du fait que les faits soient avérés, la ténuité suffisant pourvu que la justice macronienne soutenue par la police macronienne elle-même au ordre de l’idéologie macronienne, qui est purement et simplement celle de l’Etat maastrichtien, aient décidé qu’il en soit ainsi. Mélenchon a pu parler à ce propos du retour de la lettre de cachet, il n’a pas tort sur ce sujet.

La violence généalogique, celle qui s’avère fondatrice des premières revendications des Gilets jaunes, c’est d’abord et avant tout celle qu’impose le système politique libéral installé de façon impérieuse par l’Etat maastrichtien depuis 1992. Quand Macron dit que les racines du mal sont anciennes, il ne le sait que trop, car il est l’un des hommes dont la courte vie a été entièrement consacrée à l’instauration de ce programme libéral qui s’avère fort avec les faibles, on le voit dans les rues depuis douze semaines, et faible avec les forts, on le constate avec la législation qui leur est favorable -de la suppression de l’ISF au refus de s’attaquer aux paradis fiscaux en passant par la tolérance du fait que les GAFA échappent à l’impôt.

Les Gilets jaunes lui disent justement qu’il y en a trop – non pas d’Europe, mais de libéralisme

La violence de cet Etat maastrichtien sur les plus faibles, les plus désarmés, les moins diplômés, les plus éloignés de Paris ou des mégapoles françaises ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les plus précaires en tout, sur les gens modestes qui portent tout seul le poids d’une mondialisation heureuse pour d’autres qui les conchient à longueur d’apparitions médiatiques ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les oubliés des nouvelles compassions du politiquement correct ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les femmes seules, les mères célibataires, les veuves aux pensions de retraite amputées, les femmes contraintes de louer leur utérus pour qu’on y dépose un sperme mercenaire, les victimes des violences conjugales surgies de la misère, les jeunes garçons ou les jeunes filles qui se prostituent pour payer leurs études ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les ruraux privés jour après jour du service public que leurs impôts indirects financent pourtant ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les paysans qui se pendent tous les jours parce que la profession de foi écologiste des maastrichtiens urbains ne s’encombre pas d’écologie quand il s’agit de l’assiette des Français qu’ils remplissent de viandes avariées, de produits toxiques, de chimie cancérigène, d’aliments en provenance du bout de la planète sans souci de la trace carbone et qui peuvent même être bios ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les générations d’enfants crétinisés par une école qui a cessé d’être républicaine et qui laisse aux seuls filles et fils de la possibilité de s’en sortir non pas grâce à leur talents, mais avec l’aide du piston de leurs familles bien nées ; la violence de cet Etat maastrichtien qui a prolétarisé des jeunes n’ayant plus pour seul espoir que la sécurité de l’emploi du policier, du gendarme, du militaire ou du gardien de prison et dont le métier consiste à gérer par la violence légale les déchets du système libéral ; la violence de cet Etat maastrichtien sur les petits patrons, les commerçants, les artisans qui ignorent les vacances, les loisirs, les week-end, les sorties – ces violences là, oui, sont les violences premières. Ce sont celles qui n’ont pas généré de violence, mais juste une première manifestation contre l’augmentation du plein d’essence.

La réponse du pouvoir, donc de Macron, à cet aveu de pauvreté des pauvres a été tout de suite la criminalisation idéologique. Les médias aux ordres ont crié au loup fasciste. Depuis plusieurs mois, c’est leur pain quotidien: selon les riches qui les gouvernent, les pauvres seraient donc antisémites, racistes, homophobes, violents, complotistes – «salauds», dit-même BHL chez Ruquier. C’est la vielle variation sur le thème: classes laborieuses, classes dangereuses. C’est l’antienne de tous les pouvoirs bourgeois quand ils ont peur. Le pouvoir de l’Etat maastrichtien manœuvre assez bien pour que, jusqu’à ce jour, sa responsabilité ne soit jamais mise en cause! C’est pourtant lui le problème! C’est tellement lui le problème que Macron veut en faire la solution en expliquant que le problème de l’Europe libérale ; c’est qu’il n’y en a pas assez alors que les Gilets jaunes lui disent justement qu’il y en a trop – non pas d’Europe, mais de libéralisme.

Dès lors, le chef de l’Etat mobilise les médias qui désinforment, la police qui traque le manifestant, la justice qui les coffre sévèrement, la prison qui les parque quand l’hôpital ne les soigne pas après tabassages. A partir de quel moment comprendra-t-on que nous disposons là des pièces d’un puzzle despotique ?

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Publié par le 8 février 2019 dans général, Politique, société

 

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Loi « anti-casseurs » : un texte liberticide, qui porte atteinte au droit fondamental de manifester pour Amnesty International

Pour Amnesty International, il s’agit d’un texte liberticide, qui porte atteinte au droit fondamental de manifester.

Nicolas Krameyer, responsable du programme liberté à Amnesty International, dénonce en premier lieu l’article 2 de la loi : 

« Ce n’est plus la justice qui dira « cette personne est un danger en manifestation », mais le relais du pouvoir exécutif, qui pourra décider d’interdire à une personne de manifester. C’est une porte ouverte très claire à l’arbitraire« . (…)

L’association de défense des droits humains est également très critique avec l’article 4 (…)

Selon le responsable du programme liberté, « les manifestations contestataires en France, depuis quelques années, font l’objet d’un recours à la force extrêmement intensif par les forces de l’ordre. »

Avec cette loi, les personnes interpellées ne seront plus uniquement celles qui commettent des violences, prévient Nicolas Krameyer.« On est en train de criminaliser des personnes, simplement parce qu’elles souhaiteraient pouvoir se protéger en manifestation. C’est extrêmement grave. On voit bien aujourd’hui la logique extrêmement dangereuse dans laquelle nous conduit ce texte. Avec ce seul article, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui pourraient être abusivement interpellées. » (source)

 
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Publié par le 8 février 2019 dans général, Politique, société

 

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« L’Eurocrature En Marche ! »

insolentiae

 
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Publié par le 8 février 2019 dans général, International, Politique

 

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Cleptomanie

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Macron, du haut des douze semaines de contestation populaire soutenue de son régime, s’est estimé en droit de reconnaître comme président du Venezuela celui de son Parlement, contrevenant à toutes les règles internationales interdisant l’ingérence dans les affaires intérieures de pays tiers.  Il a ignoré les résultats des élections présidentielles de mai 2018, avancées à cette date par l’opposition, et que nul n’a contestés. Les urnes avaient donné à Nicolas Maduro plus de 6,2 millions de voix contre 1,9 millions pour son concurrent le plus proche et 1,0 pour le troisième de la liste des candidats qui en comportait au départ six avant que deux ne s’en retirent au dernier moment. Certes la corruption endémique n’a pas été éradiquée par le chavisme. La redistribution de la rente n’a pu dynamiser un secteur productif national en volume suffisant pour réduire la malédiction du chômage mais la grande pauvreté a été résorbée et l’accès aux soins de santé et à l’alphabétisation plus étendu. La haute bourgeoisie toujours détentrice des moyens de production et des principaux organes de la presse audiovisuelle, nous ne sommes pas dans une dictature du prolétariat, a tout fait comme celle du Chili à l’époque de Allende pour bloquer économiquement le pays alors qu’il voyait ses recettes pétrolières s’écrouler et que lui étaient appliquées des sanctions étasuniennes. Le Venezuela ne présente pas de déficit démocratique, ou plutôt si au sens étasunien. Car il ne soutient pas la politique étrangère des USA, ne privatise pas les infrastructures et les ressources minières du pays, il a en revanche d’énormes réserves de pétrole très convoitées à l’heure où l’extraction des hydrocarbures non conventionnels peine à être rentable aux USA. Il est l’un des pays à disposer d’énormes gisement aurifères, de coltan et de lithium.

Ce dévouement soudain de Macron pour la démocratie ailleurs que dans son périmètre hexagonal signale la sujétion de la France à des intérêts stratégiques qui ne sont pas les siens. Il prend un relief particulier quand la banque d’Angleterre refuse de transférer les avoirs en or du Venezuela à Caracas sur demande du président proclamé par les USA, et pourrait être caractérisé comme une véritable complicité dans un hold-up. On saura peut-être un jour qui avait été le véritable donneur d’ordre de ce brigandage pratiqué sans vergogne par les puissances de la ‘Communauté internationale’. A ce jour encore, les avoirs de la Libye, de l’Irak et de l’Iran restent gelés dans les coffres-forts de banques occidentales.

La France a des antécédents notables dans ce domaine. Elle avait joué un tel rôle détestable pendant la guerre civile en Espagne. Le Front Populaire n’avait pas accédé à la demande des Républicains en 1936 de restituer un dépôt d’or effectué en 1931, une quarantaine de tonnes. En juillet 1939, le solde a été livré au gouvernement de Franco, fortement sollicité par ses alliés Hitler surtout et Mussolini pour rendre les sommes prêtées au Caudillo. Pétain était alors ambassadeur à Madrid.

Un véhicule qui recule

Alors que Trump se retire du traité INF le premier février 2019, accord  signé entre les USA et l’URSS en 1987 sur les armes nucléaires de portée intermédiaire, les pays de l’Union Européenne tentent de maintenir le plan global d’action conjoint contracté entre l’Iran et le groupe 5+1 sur le nucléaire iranien dont les USA se sont également retirés dès le mois de mai 2018. Selon ce protocole, l’Iran devait voir se lever les sanctions économiques en échange de l’arrêt de toute activité d’enrichissement de l’uranium.

Les Européens ont construit un ‘véhicule’ leur permettant d’échanger avec l’Iran en contournant le réseau de messagerie des échanges interbancaires américain SWIFT domicilié à Bruxelles. SWIFT est contraint par ailleurs par l’arrivée de nouvelles procédures plus rapides, assurant des transactions quasi-instantanées, de faire évoluer sa plateforme. INSTEX, l’instrument européen basé à Paris avec une direction administrative allemande, devrait permettre de commercer avec l’Iran en évitant les sanctions de l’administration américaine à l’affût de la moindre faille.

Les entreprises vont-elles oser braver les rigueurs trumpiennes et risquer de perdre le marché des USA bien plus vaste que l’Iran. Les Etats européens qui ont conçu l’outil d’un certain multilatéralisme et d’une relative indépendance vis-à-vis du Parrain sont en train de reprendre à leur compte les conditionnalités des USA refusées par Téhéran, à savoir la renonciation au programme des missiles de moyenne et longue portée avec comme contrepartie des médicaments, des dispositifs médicaux et de l’alimentation. Sadeq Amoli Larajani, Ministre de la Justice de la République islamique d’Iran a annoncé que son pays ne se plierait pas à ces conditions humiliantes.

Sans INF et sans JCPOA, l’Europe risque de se trouver sous le feu nucléaire croisé de la Russie, de l’Iran et des USA. Le désengagement étasunien, imposé par une économie en lambeaux, prête à tout moment d’imploser, très fortement ressenti par l’Allemagne est l’un des ressorts de l’attelage franco-allemand pour la création d’une armée commune (et d’une arme nucléaire commune ?)

La Dette américaine invente ses acheteurs

Cette marche vers l’indépendance des pays de l’UE est une valse hésitante et reculante, elle traduit l’étroite interdépendance des places financières et des économies ‘nationales’.

Qui donc se souvient que la Fed a changé deux fois de président depuis le départ de Ben Shlomo Benranke ? Il y a eu Janet Yellen, première femme à avoir occupé ce poste, de janvier 2014  à février 2018  date à laquelle lui a succédé Jerome Powell. Peu l’ont remarqué et ceci pour quelques bonnes raisons, ils ne peuvent que poursuivre les moyens non conventionnels mis en œuvre par Bernanke. Ni l’une ni l’autre n’ont réussi à faire remonter les taux d’intérêt de base car à chaque tentative, les marchés boursiers s’affolent de ne plus avoir à disposition de l’argent gratuit  et plongent. Actuellement à 2,25%-2,50%, le taux est inférieur à l’inflation comme à la plus belle époque du Quantitative Easing. La Fed continue d’être le moteur perpétuel qui irrigue le monde de liquidités, elle est devenue le véritable et seul arbitre des investissements mondiaux.

A chaque fois que la Fed essaie de remonter les taux pour une meilleure maîtrise du crédit trop laxiste, les capitaux fuient et quittent en particulier les pays émergents à gros rendements spéculatifs (une des raisons de la crise turque l’été dernier) et reviennent acheter de la Dette américaine. L’inconvénient lié aux investissements étrangers vécu par ces mêmes émergents est la hausse du prix des matières premières et des devises.*

En venant au secours du système mondial endommagé par la crise américaine de 2008, la Fed a étendu son pouvoir bien au-delà des  USA et de ses prérogatives habituelles. Elle a joué le rôle en plus de prêteur de dernier recours celui de premier négociant mondial des titres en circulation. Elle a prêté des liquidités à de nombreuses banques dans le monde en particulier les européennes. Elle a aussi ouvert des lignes de crédit à des banques centrales. Les investisseurs considèrent depuis longtemps les actions comme une liquidité. Un actif boursier n’est plus un investissement mais une manière commode de constituer une réserve facilement mobilisable.

La Fed puis à sa suite la BCE en 2015 ne sont plus capables de réguler le crédit mais en acquérant des obligations (dettes publiques et d’agences gouvernementales) pour générer des liquidités, elles se sont transformées en organismes de gestion d’actifs. Le bilan de la Fed est passé de 800 milliards en 2008  à 4000 milliards en 2018.  Les liquidités ont servi à la thésaurisation, à la spéculation et à la hausse des titres financiers liquides à court terme sans aucun effet sur l’investissement privé à long terme. L’incitation à l’investissement en faisant baisser les taux à long terme ne fonctionne pas.

La publication du Bulletin du Trésor des USA de décembre 2018 montre l’évolution des détenteurs des obligations qu’il émet, ce qui fait apparaître un mystérieux acheteur. La Fed entre 2009 et 2014 en avait dans son portefeuille près de 2000 milliards. Entre 2015 et 2018, les Bons du Trésor y figurent négativement pour 240 millions. Au quatrième trimestre 2018, la rubrique ‘Others’ non identifiés détiennent justement pour 2000 milliards de Bons du Trésor. Les écarts entre les taux de court-terme et de long-terme sont trop faibles pour que se justifie l’achat d’une dette à moyen ou long terme avec un effet de levier. Ces bizarres ‘autres acquéreurs ‘sont apparus et ont mobilisé près de 3000 milliards de dollars au moment même où la Fed avait décidé de se débarrasser des bons d’une maturité de 7 à 10 ans d’une rentabilité négligeable.

Ces « Autres » exhalent un léger parfum de pyramide de Ponzi ou d’investisseurs ayant la taille de banque centrale étrangement indifférents au rendement négatif !

Or une bonne part de la géopolitique et des économies nationales c’est-à-dire des milliards de vies est déterminée par les activités de la Fed. Qui est en mesure de contrôler sa comptabilité au mieux fantaisiste et trompeuse ?

En finir avec la dépossession

Les hommes politiques se condamnent à l’impuissance face aux Banques Centrales en particulier de la Fed totalement autonomes. Les seules réponses qu’ils apportent à un système livré à lui-même, libre d’enrichir les plus riches sans rien investir dans l’économie productive sont donc l’austérité, la stagnation des salaires et les licenciements.

Les gouvernements doivent-ils se lancer dans des programmes d’investissements publics comme le fait la Chine depuis des années ? Lesquels ?

Il serait temps qu’une autre façon de produire les biens matériels nécessaires à l’homme soit envisagée. Il apparaît nécessaire d’en ôter la maîtrise à une orientation aléatoire commandée par le seul profit à court terme d’une poignée de possédants de titres et de liquidités et la confier à des collectifs de femmes et d’hommes responsables soucieux d’éthique et de justice.

Le monde est prêt, les Gilets Jaunes le disent avec force. Le ‘Macron, démission‘ comme en son temps le ‘Benali, dégage’ sera tout aussi bien à mettre en œuvre avec d’autres noms dans toutes les provinces de l’Union Européenne.

*Ce déséquilibre et l’augmentation des prix des denrées alimentaires ont été un facteur déclenchant des révoltes arabes de 2011-2012. De même la réduction d’achats des actifs par la Fed en 2013 a ébranlé des économies brésiliennes, turque, sud-africaine, indienne et indonésienne.

Dans l’après-crise de 2008, certains pays qui désiraient tirer parti des investissements étrangers ont accumulé du dollar pour se prémunir d’une fuite brutale des capitaux en cas de crise. Ils ont alors renforcé la position du dollar comme monnaie dominante. C’est la prudence de la Russie avant 2008 qui l’avait conduite à accumuler du dollar provenant de ses ventes d’hydrocarbures qui lui avait évité la banqueroute et lui avait permis de respecter ses obligations en dollars, et accessoirement de prêter secours à des pays de l’Europe de l’Est dévastés par la crise de 2008.

par Badia Benjelloun

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Publié par le 8 février 2019 dans économie, général, International, Politique

 

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Les globalistes sacrifieront-ils le dollar pour obtenir leur « nouvel ordre mondial » ?

« Le véritable objectif des globalistes est un système économique dans lequel ils peuvent surveiller chaque transaction aussi petite soit-elle ; un système dans lequel il n’y a finalement qu’une seule monnaie, une monnaie qui peut être suivie, accordée ou supprimée à tout moment et sans préavis. Imaginez un monde dans lequel votre « réserve de valeur » est soumise à l’examen constant d’une monstruosité bureaucratique, et il n’y a aucun moyen de s’en cacher en utilisant le commerce privé comme un filet de sécurité. Imaginez un monde dans lequel vous ne pouvez pas tenir votre argent dans votre main, et l’accès à votre argent peut vous être refusé en appuyant sur un bouton si vous dépassez les bornes. C’est ce que les globalistes souhaitent vraiment. »

Le commerce est un élément fondamental de la survie humaine. Personne ne peut à lui seul produire tous les biens et services nécessaires à une vie confortable, quelle que soit son attitude spartiate. À moins que votre objectif ne soit de tirer désespérément une existence de votre terrain, localement, sans aucune chance de progrès à l’avenir, vous aurez besoin d’un réseau d’autres producteurs. Pendant la plus grande partie de l’histoire de la civilisation humaine, la production a été la base de l’économie. Tous les autres éléments étaient secondaires.

À un moment donné, à mesure que le commerce se développe et prospère, une société va se mettre à la recherche d’une réserve de valeur ; quelque chose qui représente les heures de travail, les efforts et l’ingéniosité qu’une personne met dans sa journée. Quelque chose qui est universellement accepté dans les réseaux de troc, quelque chose de très prisé, de tangible, qui peut être tenu dans nos mains et qui est impossible à reproduire artificiellement. Les métaux précieux.

C’est ainsi qu’est né le concept de « l’argent », qui, en grande partie, a très bien fonctionné pendant des milliers d’années. Malheureusement, il y a des gens dans notre monde qui voient l’économie comme un outil de contrôle plutôt que comme un processus vital qui devrait être laissé à lui-même pour qu’il se développe naturellement.

L’idée de « monnaie fiduciaire », de l’argent qui n’a aucun caractère tangible et qui peut être créé sur un caprice par une source ou une autorité centrale, est plutôt nouvelle dans le grand ordre des choses. Il s’agit d’une abâtardisation du système monétaire original, beaucoup plus stable, qui existait avant qu’il ne soit ancré dans les produits de base comme le pétrole. Bien qu’elle prétende offrir une réserve de valeur plus« liquide », la vérité est que cela n’offre pas de réserve de valeur du tout.

Les fournisseurs de « monnaie fiduciaire », les banques centrales et les tenants de la globalisation, utilisent la dette sans cesse croissante comme un moyen d’alimenter cette monnaie, sans parler de la taxe cachée de l’inflation des prix. Lorsque les banquiers centraux s’emparent de la monnaie, ce n’est plus une représentation du travail ou de la valeur, mais un système d’asservissement qui écrase notre capacité à produire efficacement et à recevoir un juste rendement pour notre travail.

Il y a aujourd’hui beaucoup de gens dans le mouvement pour la liberté qui comprennent cette dynamique, mais même dans les cercles économiques alternatifs, il y en a qui ne comprennent pas le tableau global quand il s’agit des banques centrales et des mécanismes financiers. Il y a cette fausse idée que les monnaies papier sont l’élément vital de l’establishment et qu’il cherchera à protéger ces monnaies à tout prix. Cela aurait pu être vrai il y a 20 ans ou plus, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les choses changent.

Le roi de cette illusion est le dollar américain. En tant que monnaie de réserve mondiale, il est considéré par certains comme « intouchable », et pilier de la structure globaliste qui sera défendue pendant les nombreuses décennies à venir. La réalité, cependant, c’est que le dollar n’est rien de plus qu’une autre escroquerie sur papier pour les globalistes ; une farce qu’ils seront heureux de sacrifier afin de poursuivre leurs objectifs de centralisation complète du commerce global et donc de centralisation complète du contrôle de la survie humaine.

C’est-à-dire que le dollar est un tremplin pour eux, rien de plus.

Le véritable objectif des globalistes est un système économique dans lequel ils peuvent surveiller chaque transaction aussi petite soit-elle ; un système dans lequel il n’y a finalement qu’une seule monnaie, une monnaie qui peut être suivie, accordée ou supprimée à tout moment et sans préavis. Imaginez un monde dans lequel votre « réserve de valeur » est soumise à l’examen constant d’une monstruosité bureaucratique, et il n’y a aucun moyen de s’en cacher en utilisant le commerce privé comme un filet de sécurité. Imaginez un monde dans lequel vous ne pouvez pas tenir votre argent dans votre main, et l’accès à votre argent peut vous être refusé en appuyant sur un bouton si vous dépassez les bornes. C’est ce que les globalistes souhaitent vraiment.

Certains pourraient prétendre que ce genre de système existe déjà, mais ils se tromperaient eux-mêmes. Même si les monnaies fortes comme le dollar sont un cancer sur les marchés libres et la vraie production, elles offrent toujours une certaine intimité et peuvent être physiquement allouées et tenues dans votre main, ce qui les rend plus difficiles à confisquer. Les globalistes veulent prendre le contrôle total de ce cancer et le rendre pire encore.

La question se pose donc : comment envisagent-ils de passer de l’actuel système de la monnaie fiduciaire à leur économie du « nouvel ordre mondial » ?

Tout d’abord, ils s’efforceront de démolir de manière contrôlée le dollar comme monnaie de réserve globale. Ils y sont parvenus par le passé avec d’autres monnaies de réserve, comme la livre sterling, qui a été soigneusement déclassée sur une période de deux décennies juste après la Seconde guerre mondiale grâce à la vente par la France et les États-Unis de leurs bons du Trésor, ainsi qu’au retrait forcé de la livre sterling comme monnaie pétrolière. Cela a été fait pour laisser la place au dollar américain en tant que monnaie de remplacement après les accords de Bretton Woods en 1944.

Le dollar n’a pas atteint le statut de véritable réserve globale, cependant, jusqu’à ce que l’étalon-or eu été complètement abandonné par Nixon au début des années 1970, au moment où un accord a été conclu avec l’Arabie saoudite faisant du dollar une pétro-devise. Une fois que le dollar n’était plus ancré à l’or et que le marché global de l’énergie en était devenu dépendant, le sort de l’économie américaine était scellé.

Contrairement à la Grande-Bretagne et à la livre sterling, l’économie américaine est hyper-dépendante du statut de réserve globale du dollar. Alors que la Grande-Bretagne a souffert du déclin de la situation pendant des décennies après cette perte, y compris par de l’inflation et des taux d’intérêt élevés, les États-Unis connaîtront une douleur beaucoup plus aiguë. L’absence totale d’une capacité de production adéquate à l’intérieur des frontières américaines a fait de notre pays une société de consommation plutôt qu’une société de production. En d’autres termes, nous dépendons de la demande de notre monnaie en tant que réserve afin de pouvoir profiter de biens abordables provenant de sources extérieures (c’est-à-dire d’autres pays basés sur le secteur manufacturier).

Ajoutez à ce manque de capacité de production le fait que depuis dix ans, la Réserve fédérale a injecté des milliers de milliards de dollars dans les marchés financiers du monde entier. Cela signifie que des milliers de milliards de dollars sont détenus à l’étranger uniquement sur la promesse que ces dollars seront acceptés par les principaux exportateurs comme une réserve de valeur universelle. Si la confiance dans cette promesse est perdue, ces milliers de milliards de dollars pourraient revenir aux États-Unis par divers canaux [Comme l’immobilier, NdT], et le pouvoir d’achat de la monnaie s’effondrerait.

Le courant dominant américain se fait des illusions sur le fait que, même si un tel événement devait se produire, la transition pourrait se faire facilement. C’est incroyable, je sais, mais ne sous-estimez jamais la dissonance cognitive des personnes aveuglées par des préjugés.

La reconstruction d’une base de production aux États-Unis pour compenser la crise de la perte de la monnaie de réserve globale prendrait de nombreuses années, voire des décennies. Et cela dans le meilleur des cas. Avec une monnaie en chute libre et une inflation extrême des prix, le coût de la création d’une nouvelle industrie de production à grande échelle serait immense. Alors que la main-d’œuvre locale pourrait devenir bon marché (en comparaison avec l’inflation), tous les autres éléments de l’économie deviendraient très chers. [Et il manquerait des marchés à l’exportation, détenus par la Chine, l’Inde et l’UE, NdT].

Dans le pire des cas, il y aurait un effondrement complet de la société, probablement suivi d’une tentative de réaction totalitaire de la part du gouvernement. Dans ce cas, oubliez toute reprise économique financée par des fonds nationaux. Toute reprise future devrait être financée et gérée depuis l’extérieur des États-Unis. Et c’est là que nous voyons le plan globaliste prendre forme.

Les élites bancaires ont laissé entendre dans le passé qu’elles pourraient tenter de « réinitialiser » l’économie globale. Comme je l’ai mentionné dans de nombreux articles, le magazine internationaliste The Economist a parlé en 1988 de la suppression du dollar pour faire place à une monnaie globale, une monnaie qui serait introduite dans les masses en 2018. Cette introduction s’est en fait déroulée comme The Economist l’avait déclaré. Les systèmes de blockchain et de monnaie numérique, qui constituent le fondement prévu de la prochaine structure monétaire globaliste, ont fait l’objet d’une couverture sans précédent au cours des deux dernières années.  Ils font maintenant partie de la conscience publique.

Voici comment, à mon avis, le processus se déroulera

L’effondrement des marchés du crédit et du logement en 2008 a donné lieu à des mesures de relance sans précédent de la part des banques centrales, la Réserve fédérale étant en tête du peloton comme principale source d’inflation. Ce programme de renflouement et de relance via un assouplissement quantitatif a fait surgir une bulle encore plus grande, que de nombreux analystes alternatifs ont surnommé « la bulle de tout ».

La « bulle du tout » en pleine croissance n’englobe pas seulement les marchés boursiers ou immobiliers, mais aussi les marchés de l’automobile, les marchés du crédit, les marchés obligataires et le dollar lui-même. Tous ces éléments sont maintenant directement liés à la politique de la Fed. L’économie américaine n’est pas seulement dépendante des mesures de relance et des taux d’intérêt proches de zéro ; elle mourrait sans eux.

La Fed le sait bien. Le président Jerome Powell a fait allusion dans son compte rendu d’octobre 2012 à la crise qui pourrait survenir si la Fed mettait fin à ses mesures de relance, dénouait son bilan et augmentait ses taux.

Sans des mesures de relance constantes et sans cesse croissantes, la fausse économie va imploser. Nous en voyons déjà les effets alors que la Fed réduit son bilan de dix milliards de dollars par mois et relève les taux d’intérêt à leur « taux neutre d’inflation ». Les marchés de l’automobile, de l’habitation et du crédit sont en train de se retourner, et les marchés actions connaissent leur plus grande instabilité depuis le krach de 2008. Tout cela a été déclenché par le simple fait que la Fed a simplement exercé des hausses de taux progressives et des réductions de bilan.

Il est également important de noter que presque tous les rallyes boursiers américains des derniers mois ont eu lieu alors que les réductions de bilan de la Fed étaient gelées. Par exemple, au cours des deux dernières semaines et demie, les actifs de la Fed n’ont diminué que d’environ 8 milliards de dollars ; il s’agit essentiellement d’une ligne plate en terme de bilan. Cela ne devrait pas être surprenant, étant donné cette pause dans les réductions, (en tandem avec les mesures de relance pratiques de la Chine), que les actions aient atteint des sommets entre le début et la mi-janvier.

Cela dit, le resserrement de la Fed reprendra, soit par des hausses de taux, soit par des baisses d’actifs, soit par les deux en même temps. L’objectif de la Fed est de créer une crise. L’objectif de la Fed est de provoquer un crash. La Fed est un kamikaze qui se moque de ce qui arrive au système américain.

Mais qu’en est-il du dollar, en particulier ?

Les politiques de resserrement de la Fed ne se traduisent pas seulement par une crise des actions américaines ou d’autres marchés. Je vois trois principales façons de détrôner le dollar en tant que monnaie de réserve mondiale.

1) Les économies émergentes sont devenues dépendantes des liquidités de la Fed au cours des dix dernières années. Sans un accès continu à l’argent facile de la Fed, des pays comme la Chine et l’Inde commencent à chercher des alternatives au dollar comme monnaie de réserve mondiale. Contrairement à la croyance populaire selon laquelle ces pays ne pourraient « jamais » se dissocier des États-Unis, le processus a déjà commencé. Et c’est la Fed qui a en fait créé la nécessité pour les marchés émergents de rechercher d’autres sources de liquidités que le dollar.

2) La guerre commerciale de Donald Trump est un autre événement de couverture pour la perte du statut de monnaie de réserve mondiale. J’aimerais souligner que la principale raison d’être des augmentations de droits de douane était d’équilibrer le déficit commercial. Mais celui avec la Chine a fait le contraire et ne cesse de se creuser chaque mois. Cela donne à penser que des droits de douane beaucoup plus élevés sur les produits venant de Chine seraient nécessaires pour réduire le déséquilibre.

Il faut aussi comprendre que le déficit commercial avec la Chine fait depuis longtemps partie d’un accord plus large. La Chine est l’un des plus gros acheteurs de la dette américaine dans le monde et a continué à utiliser le dollar comme monnaie de réserve mondiale. Si la guerre commerciale se poursuit cette année, ce n’est qu’une question de temps avant que la Chine, qui cherche déjà des solutions de rechange au dollar à mesure que la Fed resserre ses liquidités, commence à utiliser ses avoirs en bons du trésor et en dollars comme levier contre nous.

Des accords bilatéraux entre plusieurs pays qui réduisent les besoins en dollars sont régulièrement conclus aujourd’hui. Si la Chine, le plus grand exportateur/importateur du monde, cesse d’accepter le dollar comme monnaie de réserve mondiale, ou si elle commence à accepter d’autres devises en concurrence, alors de nombreux autres pays suivront son exemple.

3) Enfin, si la guerre des mots entre Trump et la Fed devait se concrétiser dans les faits, cela pourrait être utilisé par l’establishment pour saper la confiance dans le crédit américain. Si Trump cherche à fermer complètement la Fed, les globalistes se verraient offrir une autre distraction parfaite pour la mort du dollar. Je vois maintenant les gros titres – Le « reset » pourrait alors être présenté comme un « sauvetage » de l’économie globale après les « actions destructrices des populistes » qui « ont sombré dans la destruction financière » parce qu’ils étaient aveuglés par une « obsession de la souveraineté » dans un monde qui « nécessite la centralisation pour survivre ».

Les détails du passage à une monnaie globale sont moins clairs, mais là encore, nous avons des indices de la part des globalistes. The Economist suggère que l’économie américaine devra être démantelée et que le FMI interviendrait en tant qu’arbitre des marchés des changes à travers son système de panier de DTS. Ce plan a été repris récemment par le globaliste Mohamed El-Erian dans un article intitulé « La nouvelle vie des DTS ? ». El-Erian suggère également qu’une monnaie globale aiderait à combattre la « montée du populisme ».

The Economist note que les DTS ne serviraient que de « pont » vers la nouvelle monnaie globale. Les monnaies papier existeraient encore pendant un certain temps, mais elles seraient rattachées aux taux de change des DTS. Actuellement, le dollar ne vaut qu’environ 0,71 DTS. En cas de perte du statut de réserve globale, il faut s’attendre à ce que ce taux de change baisse considérablement.

Au fur et à mesure que la crise globale s’aggravera, le FMI suggérera un « retour » à un cadre monétaire plus gérable, et ce cadre sera basé sur la technologie de la blockchain et de la crypto-monnaie que le FMI a probablement déjà développée. Le FMI fait allusion à ce résultat dans au moins deux livres blancs distincts récemment publiés qui annoncent une nouvelle ère dans laquelle la cryptographie est la prochaine étape de l’évolution du commerce global.

Selon le rythme actuel de la guerre commerciale et du resserrement des liquidités de la Fed, je prévois que la dé-dollérisation touchera le grand public d’ici 2020. Le processus de « réinitialisation » du système monétaire global prendrait probablement au moins une décennie de plus à s’achever. L’intérêt globaliste pour leurs initiatives de développement durable « Agenda 2030 » suggère un calendrier sur une décennie.

Sans grande résistance, l’introduction de la société sans numéraire sera présentée comme une réponse naturelle et même « héroïque » par les globalistes pour sauver l’humanité de « l’égoïsme » des nationalistes destructeurs. Ils se pavaneront à travers le monde comme s’ils étaient des sauveurs, plutôt que les méchants qu’ils sont vraiment.

Brandon Smith

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