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Archives du 6 février 2019

François Begaudeau : « Populisme est un mot creux, et sans contenu »

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Publié par le 6 février 2019 dans général, Politique, société, Vidéos (Toutes)

 

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Nicolas Hulot affirme avoir été menacé par Monsanto

 

Intégrer le gouvernement en mai 2017 n’a pas été sans conséquence pour Nicolas Hulot. Cinq mois après avoir quitté le ministère de la Transition écologique et solidaire, il révèle au JDD avoir reçu des menaces de la part de l’entreprise américaine controversée, productrice du Roundup, Monsanto.

 
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Publié par le 6 février 2019 dans général, Politique, Vidéos (Toutes)

 

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Liberté de la presse, de manifester, de l’action syndicale : l’inquiétante dérive autoritaire de Macron

Avec la tentative de perquisition dont a fait l’objet Mediapart, une nouvelle ligne rouge a été franchie par le pouvoir. En coulisse, Emmanuel Macron rêve même d’une forme de mise sous tutelle de la presse, sous prétexte de respect d’une pseudo « neutralité ». La tentation autoritaire actuelle ne se manifeste pas seulement à l’encontre des journalistes : elle s’est déjà concrétisée dans la rue, avec le maintien de l’ordre très agressif depuis le début du mouvement des gilets jaunes, et au sein des entreprises, où les effets des ordonnances-travail se font sentir.

Même après les révélations sur l’affaire Cahuzac, le gouvernement de l’époque n’avait pas osé gratifier Mediapart d’une tentative de perquisition. Six ans plus tard, cette ligne rouge vient d’être franchie : ce 4 février en fin de matinée, deux procureurs du parquet de Paris accompagnés de trois policiers se sont présentés devant la rédaction du quotidien en ligne pour perquisitionner ses locaux. Motif : « Atteinte à l’intimité de la vie privée de l’ancien collaborateur du chef de l’État Alexandre Benalla et/ou de son acolyte, le gendarme Vincent Crase », explique la rédaction. Cette tentative de perquisition intervient après la diffusion d’enregistrements d’une conversation entre les deux hommes, montrant qu’en se rencontrant, ils ont violé le contrôle judiciaire auquel ils étaient astreints, et apportant des éléments sur l’implication d’Alexandre Benalla, intime d’Emmanuel Macron, dans un contrat passé avec un sulfureux oligarque russe.

Plutôt que de se saisir de ces nouveaux éléments sur une question qui concerne l’intérêt général, le parquet de Paris – placé, rappelons-le, sous l’autorité de la Garde des Sceaux Nicolle Belloubet – a donc préféré tenter d’identifier par quels moyens Mediapart s’est procuré les enregistrements. Le ministère public porte ainsi atteinte à la protection des sources, pourtant garantie par la Convention européenne des droits humains : « Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière » (article 10). La rédaction de Mediapart s’est opposée à la perquisition – ce que tout mis en cause peut faire dans le cadre d’une enquête préliminaire et tant qu’aucun mandat n’a été délivré par un juge. L’équipe de Bastamag, qui travaille régulièrement avec ses consœurs et confrères de Mediapart, leur apporte bien évidemment toute sa solidarité.

Velléité de mise sous tutelle de la presse

Reste que cette intimidation est un nouveau signe inquiétant de la tentation autoritaire d’Emmanuel Macron. (…)

suite et fin sur basta

 
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Publié par le 6 février 2019 dans général

 

Outre-Mer : Emmanuel Macron confisque les micros et le débat sur le chlordécone : « Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. » 

« Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs. » (Macron – source)

Vous allez tomber (une fois de plus) de votre fauteuil … (lisez bien tout, vous allez voir il n’est pas question que du chlordécone)

« Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. » Décidément c’est Incroyable, je rappelle au passage, et entre autres, quelques énormes news : 

Énorme Scandale sanitaire : plus de neuf Antillais sur dix empoisonnés pour des générations !!! :

Ce qui vous allez lire est édifiant , absolument incroyable !!! Une énorme scandale ! La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés par un  pesticide ultra-toxique qui provoque entre autres des cancers de masse ! Mais il y a pire, la molécule persiste dans l’environnement pendant …. 700 ans !!! C’est à dire que pendant encore 700 ans, tous ceux qui vivent aux Antilles risquent de tomber gravement malades, en plus de tout ceux qui l’ont été ou qui le sont déjà (et ceux qui sont morts) !!!! C’est DINGUE, du jamais vu !!! Impardonnable !! (….) Z

Le Chlordécone, un  pesticide ultra-toxique a été utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies en Guadeloupe et Martinique. Il a contaminé sols, rivières, bétail, poissons, crustacés, légumes-racines… et la population elle-même.

La quasi-totalité des Guadeloupéens et des Martiniquais sont contaminés par ce pesticide ultra-toxique, utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies. Une situation unique au monde.

(…)

Le chlordécone est un perturbateur endocrinien reconnu comme neurotoxique, reprotoxique (pouvant altérer la fertilité), et classé cancérogène possible dès 1979 par l’Organisation mondiale de la santé. (source)

Scandale du Chlordécone aux Antilles : « cet empoisonnement a été décidé en connaissance de cause au plus haut niveau » ! :

Retour sur ce scandale incroyable qui touche tous les antillais, un empoisonnement de masse « qui été décidé en connaissance de cause au plus haut niveau » selon ce papier du Monde ! Rien que ça !! Lisez, je n’ai même plus les mots, c’est absolument édifiant !! Z

Plus de 90 % des Antillais présentent des traces de ce perturbateur endocrinien. Cet empoisonnement, qui touche aussi les écosystèmes, a été décidé en connaissance de cause au plus haut niveau, souligne Stéphane Foucart dans sa chronique.

S’agit-il d’un scandale d’Etat ? Ces mots sont si galvaudés qu’il faudrait sans doute plutôt parler de crime, ou de honte d’Etat.  (..)

Des travaux suggèrent un doublement du risque de cancer de la prostate pour une grande part de la population masculine, un effet négatif sur la cognition et la motricité fine des enfants exposés in utero… L’essentiel du désastre n’est pas documenté (…)

(….) . En 2013, l’Institut national du cancer (INCa), alors dirigé par l’actuelle ministre de la santé, Agnès Buzyn, bloque une étude tout juste lancée pour étudier les liens entre cancer de la prostate et chlordécone.

Suite à cette déclaration de Macron, des scientifiques, auteurs d’une étude qui avait été citée (voir plus bas), sont sorti du silence et ont publié un communiqué pour « rappeler des faits dûment vérifiables » 

les chercheurs Pascal Blanchet et Luc Multigner se sont fendus d’un communiqué aux médias (ici sur Outremer360) pour défendre notamment leur étude de 2010 montrant un lien entre l’exposition à la chlordécone et le risque de cancer de la prostate.

Cancérigène possible ou probable

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classifié le chlordécone comme cancérogène possible (2B selon la nomenclature) en 1979 (réévalué en 1987).  (…)

Du côté des agences réglementaires, en Europe, le chlordécone est suspecté d’être cancérigène. Pour les Etats-Unis, il est probablement cancérigène. (source)

Il a vu ses collègues tomber malades et mourir tour à tour sans comprendre. « Cancer, cancer, cancer… C’est devenu notre quotidien. A l’époque, on ne savait pas d’où ça venait », se souvient Firmin (les prénoms ont été modifiés) source

Mais  «il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs.» …. INCROYABLE !!! Z 

Voici du grand Télérama …. qui mélange les genres, il ne s’agit pas que du chlordécone :

Pendant que les experts de BFMTV dissertaient sur le “renouveau” d’Emmanuel Macron, France Ô retransmettait vendredi dernier le grand débat du président avec des élus d’Outre-Mer. Où sa position sur le chlordécone ne s’est pas plus renouvelée que celle sur l’ISF.

« Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. » Emmanuel Macron parle du chlordécone. « Sinon, on alimente les peurs. » En attendant, le président alimente l’indignation des élus ultramarins, réunis vendredi dernier à l’Elysée pour un numéro spécial du Grand débat national retransmis en intégralité sur France Ô. Joël Beaugeande, maire de Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, intervient : « Le petit médecin de campagne que je suis vous affirme que de nombreux Guadeloupéens et Martiniquais sont malades de la chlordécone et meurent quotidiennement. »

Le chlordécone, c’est cet insecticide proche du DDT dont la France a autorisé l’épandage dans les bananeraies jusqu’en 1993 alors que la plupart des pays l’avaient depuis longtemps banni, sa dangerosité ayant été prouvée dès les années 1970. Le sénateur Victorin Lurel prend à son tour la parole pour s’étonner : « Vous invalidez les résultats du professeur Blanchet, du CHU de Pointe-à-Pitre, et de Luc Multigner, de l’Inserm. » « Mais Blanchet disait clairement que c’était cancérigène ? », demande Emmanuel Macron. Le sénateur confirme, il en a lui-même discuté avec l’intéressé, l’a écouté dans un colloque. « C’est l’étude Blanchet de quelle année ? », insiste le président.

Comme Victorin Lurel ne sait pas le préciser, Emmanuel Macron déduit : « Le malentendu vient de là. Vous faites référence à ce que le professeur du CHU a pu dire. C’est pas ce que j’appelle une étude scientifique dans une revue avec comité de lecture. C’est une déclaration. » Ça ne vaut rien. Et puis c’est qui, ce Blanchet ? « C’est une déclaration publique qui peut inquiéter, insiste le président, moi je n’en connais pas le statut. » De quel droit le chef du service oncologie du CHU d’un territoire dont la population compte sept fois plus d’occurence de cancers de la prostate que la moyenne mondiale pourrait-il donner son avis sur le chlordécone ?

« Je me suis prononcé sur ce que l’OMS et l’Inserm nous ont donné, précise Emmanuel Macron. L’OMS et l’Inserm indiquent qu’il n’y a pas de lien direct établi. » Le chlordécone est cancérogène, « on peut le dire de manière très officielle », l’OMS notamment l’a fait dès 1979, réplique Luc Multigner dans le JT de Martinique 1ère et dans un communiqué cosigné avec le professeur Blanchet. Car les déclarations du président ont provoqué un tollé aux Antilles — et Luc Multigner a déploré sur La 1ère des « propos dédaigneux » dont le président a gratifié son confère du CHU de Pointe-à-Pitre. « N’étant pas scientifique, poursuit Emmanuel Macron, je n’ai pas à conforter ou à invalider monsieur Blanchet dont je ne connais pas le statut… Si c’est la prise de parole d’un professeur de CHU, c’est très bien mais… » Ça ne compte pas. « Il a publié », assure Victorin Lurel. « Mais il a publié où ? », questionne Emmanuel Macron, intraitable sur la vérification des sources.

« L’OMS a tranché, rappelle le sénateur, des études épidémiologiques ont été faites et aujourd’hui j’entends qu’il n’y a pas de lien de causalité, permettez-moi de m’interroger. » « Si vous êtes persuadé de ça… C’est pas comme si vous aviez pas été ministre de l’Outre-Mer ! », réplique Emmanuel Macron qui, à court d’arguments sur le chlordécone, préfère s’attaquer à la personne, l’accusant d’avoir « considéré pendant des décennies comme responsable local puis comme ministre que ce n’était pas un sujet et que ça en devient un depuis mai 2017 ». En fait, cette histoire de chlordécone, c’est un complot de la russosphère antillaise pour déstabiliser notre président. « Mais ce qui est établi scientifiquement, [c’est] que personne n’a établi qu’il y a un lien direct, répète le chef de l’Etat. Donc je ne veux pas créer d’angoisse. » Pas plus que par le passé les communicants des cigarettiers ou des industriels de l’amiante, dont Emmanuel Macron reprend l’éprouvée technique de fabrique du doute.

Pendant que ces échanges se déroulent sur France Ô, les experts de BFMTV débattent de la question : « Y a-t-il un nouveau Macron ? » Sur le sujet du chlordécone, pas vraiment. Le président avait suscité la même polémique en tenant à peu près les mêmes propos lors de son voyage aux Antilles, en septembre dernier. Le présentateur interroge une invitée de circonstance. « Ericka Bareigts, là je m’adresse à l’ancienne ministre des Outre-Mers, quel regard vous portez sur ce qui se passe ? Il y a une forme de fraîcheur, peut-être ? Qui vous satisfait, euh, la parole qui circule à travers tout le pays ? » C’est beau, c’est doux, c’est frais… C’est Emmanuel Macron.

 

Le présentateur pose une question beaucoup plus subversive à un publicitaire. « Pour vous, Franck Tapiro, Emmanuel Macron fait sa pub, il fait de la com ? » « Non, répond l’expert, je pense pas qu’il fasse de la com. » Si c’est un professionnel qui le dit… « Vous savez, la communication en politique, c’est le passeport pour l’action. » Un passeport pour l’action ? Comme celui d’Alexandre Benalla, sans doute. « Je pense pas qu’il y ait un nouveau Macron, je pense qu’il y a une nouvelle méthode Macron. » Ouf, il ne va pas changer de politique, seulement de méthode (pour la douzième fois). Jusque-là, explique Franck Tapiro, « il a joué la raréfaction de sa parole, il a été le maître des horloges, il s’est mis à distance ». Jupitérien. « Et là, il est en train d’inventer une nouvelle méthode, il a besoin de reprendre la main. » Encore ?! Il l’a déjà maintes fois reprise, la main. Ça fait six mois qu’on me le serine. Mais peut-être l’a-t-il de nouveau égarée…

 

« Il a compris que, pour reprendre une forme d’autorité, explique Franck Tapiro, c’était lui qui devait mener les débats, c’était lui qui devait aller sur le terrain. » Ce qui est totalement contradictoire avec les principes du débat public, d’où le refus par Chantal Jouanno et la Commission nationale du débat public de cautionner l’opération présidentielle. « C’est une forme de bis repetita de sa campagne mais tout en étant président. » C’est subtil : Emmanuel Macron est en campagne mais il ne fait pas de com. « Il est en train de réinitialiser le Macron qui lui a permis d’être élu pour l’inscrire dans une nouvelle séquence où il est obligé de reprendre la main. » Puisqu’il l’a reperdue. « Il le fait pour calmer les Gilets jaunes mais, je le rappelle, il y a surtout une campagne cruciale pour les européennes. » Résumons : Emmanuel Macron ne fait pas de com, il prend prétexte d’un « grand débat » pour faire campagne pour les européennes. « Et c’est lui qui va en reprendre la main. »Dès qu’il l’aura retrouvée.

Sur France Ô, le one-man-show d’Emmanuel Macron s’éternise. « J’ai terminé, dit un élu se tournant vers un de ses collègues. Je te passe le micro. » « Non, s’il vous plaît, on ne va pas passer le micro, s’interpose Emmanuel Macron. Est-ce qu’il y a des questions qui n’ont pas été posées ? J’en prends deux… » Les élus protestent. « Non, les enfants ! » Ecoutez votre gentil papounet. « Non, vous avez déjà parlé, monsieur le maire. Non-non, ça marche pas comme ça ! Non, monsieur le maire, c’est moi qui donne le micro. » Le président lui prend le micro des mains. Comme ça, c’est réglé. « C’est pas une communauté autogérée. » On est à l’Elysée. « Je vous demande de vous assoir. Voilà, donc, vous vous asseyez. » Non mais.

 

« Là, on a fait cinq fois la même question à chaque fois. Je vais être sincère, c’est pas pour mollir le papier. » Ni pour dire que c’est de la pipe. « Donc je prends deux questions. Non-non-non, c’est moi qui prend les micros. » Et hop, Emmanuel Macron saisit un troisième micro. « La Réunion, Mayotte, y a eu beaucoup de questions, Martinique, on en a eu beaucoup, là. » Qu’est-ce qu’il reste ? Les Kerguelen, la Terre Adélie ? « Non, Réunion, y en a déjà eu beaucoup. » Ils sont pénibles, ces Réunionnais. « J’en prends une là et une là, et c’est une minute. » L’élu insiste, Emmanuel Macron se fâche : « Mais y en a eu plein, La Réunion, arrête ! »La dernière question est enfin posée, le président va pouvoir clore le débat. Ce qu’il fait brillamment par un monologue… de soixante-dix minutes.

Après 6h de discussion avec les élus des Outre-mer, Emmanuel Macron s’agace de la répétition des questions. Il prend les choses en main en récupérant tous les micros. Deux questions supplémentaires pas une de plus!

L’appréciation de Franck Tapiro sur les « petites phrases » du président se trouve confirmée. « Ce ne sont pas des “petites phrases”, comme on dit, c’est une nature profonde, c’est du franc-parler. On a reproché pendant trente ans une langue de bois lénifiante, des mots qui ne voulaient rien dire. » On a enfin un président parle franc, qui appelle des élus ultramarins « les enfants »« Son électorat attend aussi de lui qu’il dise : “Un chat s’appelle un chat.” » Une campagne électorale s’appelle une campagne électorale. Payée par l’Etat, diffusée et commentée à longueur d’antennes… sans que cela n’émeuve la Commission des comptes de campagne ni le CSA.

source

 
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Publié par le 6 février 2019 dans général, Politique, Santé - nutrition

 

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Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Notre président de la République veut réordonner notre monde; nous manquons de vérité, il va y remédier. Il veut «s’assurer de la neutralité» et «vérifier l’information» dans les médias, en créant des «structures», financées par l’État, qui contrôleraient médias publics et privés, structures nanties de journalistes qui seraient les «garants» de l’affaire. Notre président de la République, disons simplement, veut mettre le journalisme sous tutelle, telle une classe sociale assistée dont il faudrait encadrer les «conneries», tels des présupposés casseurs qu’il faudrait bannir des manifestations. La liberté s’épanouira sous la contrainte? Son organe de vérification s’imposera-t-il à la presse? Les journalistes qui lui seront affrétés deviendront-ils nos supérieurs et nos gardiens, nos censeurs, les auxiliaires du pouvoir, de l’État ?

C’est un péché récurrent, chez les idéalistes, de s’autoriser à régenter les autres, dans leur vie ou leurs paroles, leurs images ou leurs écrits –on nous dit toujours que c’est pour le bien commun. On a connu d’autres ennemis de la liberté de la presse, tonitruant ici, tweetant aux Amériques. On n’imaginait pas Emmanuel Macron en Trump lissé, en Mélenchon poli? Il leur ressemble pourtant et les dépasse quand il pense à voix haute, et par un journaliste, nous ne pouvons l’ignorer. Qu’en ferons-nous?

Soumettre la presse à la vérification étatique

L’article est paru sur le site du Point, signé par Emmanuel Beretta, un des happy few à carte de presse conviés jeudi à prendre le café avec le chef de l’État, pour un «échange informel» qui illustra, une fois de plus, la misère du journalisme de cour ou de petit salon. Il est, heureusement, aussi des antichambres, et un journaliste éveillé en dépit des dorures: seul Beretta, à l’Élysée, conserva l’urgence de son métier. Le président raccompagnait ses invités, dans l’antichambre donc, quand il développa son projet de contrôle de la presse; il pense à voix haute, se dit Beretta, et il le pense vraiment; Beretta nota donc les pensées de Macron, et nous les livre: ce que souhaite un libéral en charge de notre destin; soumettre la presse à la vérification étatique, soumission volontaire si possible, «quelque part, cela doit aussi venir de la profession». Suis-je, écrivant, une profession?

L’article de Beretta a été mis en ligne jeudi. Je l’ai signalé, le lendemain, sur France Inter. Ce qu’il révèle aurait pu faire scandale, au moins débat. Il n’en est rien. Depuis jeudi, on a, dans le bruit du journalisme «politique», alternativement paraphrasé les confidences du président et fustigé ses «dérapages». Nous avons lu qu’Emmanuel Macron souhaitait «un nouveau souffle», qu’il se disait «scarifié» par l’exercice du pouvoir, et qu’il allait s’astreindre à une «conversion personnelle» pour éviter les «petites phrases»blessantes.

Puis nous apprîmes que ce président, indécrottable, s’était oublié à nouveau quand il prenait son café avec nos confrères. Paris-Match nous révéla ainsi qu’Emmanuel Macron, non seulement était vêtu jeudi d’un col roulé noir et d’un costume gris, mais aussi avait regretté que sur les plateaux télés, ses ministres ne soient pas mieux considérés que «Jojo le gilet jaune». L’offense faite à Jojo est entrée dans la légende du régime. On nous parle de cela, et pas de la censure bienveillante qu’imagine le Prince. Qu’en avons-nous à faire?

Posons ceci. Il faut défendre le journalisme en dépit de lui-même. Posons encore: la presse libre garantit la liberté du peuple, quand bien même une presse sans structure persiste à l’abrutir. Demandons-nous: notre président est-il subtilement pervers, quand il nourrit l’idiotie journalistique de ses propres bêtises?

Le journalisme de cour ramène la politique à son insignifiance. Il traite tout à l’identique, avilit ce qu’il narre.

À son avènement, Emmanuel Macron avait voulu rompre avec un journalisme «politique», qu’il jugeait futile et incompétent. Une impopularité plus tard, il réintroduit des journalistes au château, ressuscite le journalisme de cour, de off et de petit salon. S’il voulait faire une démonstration, elle est exemplaire. Un café exclusif avec le président? Du narcissisme, Jojo, un col roulé noir. Ricane-t-il, ce chef d’État qui textote Cyril Hanouna, de voir confirmée la vacuité du journalisme officiel? Mais la perversité, fut-elle involontaire, n’est pas sans risque. La vacuité se joue à deux, elle est contagieuse.

Le journalisme de cour ramène la politique à son insignifiance. Il traite tout à l’identique, les considérations philosophiques d’un chef d’État sur les colères qui viennent de loin, ses grands projets de refondation démocratique et ses moments d’oubli; le journalisme de salon avilit ce qu’il narre. On ne retiendra pas les accompagnantes digressions de Libération ou du Figaro, qui prétendaient, après le café, livrer sans distance la stratégie politique du président. On se souviendra du Jojo de Match. Emmanuel Macron, parlant à la presse convoquée, aura bavardé pour rien. C’est son affaire? Cela devient notre problème démocratique, si nous ne savons plus voir ce qui, chez le président, dans ses mots, devrait réellement nous interroger.

Voir au-delà du journalisme paresseux

Ce qu’a rapporté le Point, sur les envies présidentielles de mise au pas de la presse est étouffé par la paresse commune. Ces rêveries sont sérieuses; elles font corps avec sa vision du monde, ou du moment. Il faut alors entreprendre ce que le journalisme de petite cour n’a pas accompli. Trier, passer au tamis, ordonner, comprendre, dans le fatras des mots élyséens, ce qui le révèle, et pourtant n’a pas fait les titres, ni les commentaires, ni le bruit.

Voici.

Emmanuel Macron, président de la République, pense que des dizaines de milliers de militants politiques, «40 à 50.000 militants ultras», se lovent dans les manifestations de gilets jaunes, pour «provoquer une crise de régime» (Libération), car ils veulent (Paris-Match«la destruction des institutions».

Emmanuel Macron, président de la République, pense (le Point encore) que des puissances étrangères agitent les «gilets jaunes» et que «les structures autoritaires nous regardent en se marrant», car nous sommmes «des pitres»«des naïfs», manipulés par «la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère», sphères responsables de «90%» de la diffusion sur le web de l’affaire Benalla comme des «gilets jaunes», sphères hostiles qui dicteraient ainsi l’agenda de la presse stupide.

Emmanuel Macron, président de la République (le Point toujours), pense que Christophe Dettinger, le boxeur de gendarmes, «a été briefé par un avocat d’extrême gauche», pour la vidéo qu’il a réalisée avant de se rendre, et cela se voit: «Le type, il n’a pas les mots d’un Gitan. Il n’a pas les mots d’un boxeur gitan.»

Passons sur les considérations un peu lestes sur le niveau de vocabulaire des boxeurs et des Gitans; d’autres s’en formalisent ailleurs car c’est une habitude de s’indigner sur les mépris sociaux, réels ou ressentis, du président. Mais cette indignation coutumière est un leurre. Le propos est terrible pour autre chose. Le président de la République, homme sensé, s’irrite de la banale influence d’un avocat sur l’expression de son client? Emmanuel Macron, homme moderne, dont le pouvoir, comme tous les pouvoirs, s’est bardé de conseils en communication, d’éléments de langages, de stratégies d’opinion, s’indigne qu’un rude boy se montre un peu habile comme la gentry, et que Dettinger prépare ses mots comme –au hasard– Marlène Schiappa ou Alexandre Benalla?

L’invention d’un ennemi intérieur

Le chef de l’État, garant de nos libertés, souligne comme circonstance agravante le fait que l’avocat de Dettinger serait un mystérieux bavard «d’extrême gauche», et ce flou ajoute à la peur qui transpire de ses autres propos, dans l’invention d’un ennemi intérieur, dans la mise à l’index d’opinions pas encore interdites mais suspectes? L’extrême gauche donc, désignée par Emmanuel Macron, chef de l’État, on insiste, et non pas obscur ministre de l’Intérieur des années Pompidou, comme composante d’une subversion gigantesque? L’avocat mystérieux qui briefe un boxeur en taule, un parmi les dizaines de milliers de militants qui dans les manifestations pourraient faire tomber le régime, un parmi les «40.000 à 50.000 ultras» qui menacent la République?

L’apathie mentale du commentaire, et au-delà de l’opinion, est aberrante.

Ces cohortes révolutionnaires, aux effectifs de deux divisions de l’armée, ont disparu du bavardage journalistique, à peine évoquées par le président. Les commentateurs ont l’indignation embrumée, comme les happy few du café élyséen, qui ont enfoui cette peur étatique au milieu de leurs articles, voire l’ont occultée, comme un babil sans importance, tellement moins épicé que «Jojo le gilet jaune», tellement moins intelligent que «il faudra peut-être répondre par une société du débat permanent», tellement moins concernant que «la vie des gens, c’est un sujet présidentiel».

Le président de la République, dans notre monde ahuri, affirme devant l’élite choisie par lui des journalistes que deux divisions de militants déterminés mettent la République en danger, et nul n’en pense rien, nul n’en commente, nul ne s’en affole, nul n’interroge, ne vérifie, ne conteste ou ne renchérit? On pensait jusque-là que la population militante des exrêmes se chiffrait en dizaines, éventuellement en centaines? Les voici alors, fascistes ou bolcheviques formés, des dizaines de milliers? Le président, ou bien dévoile un danger existentiel, ou bien vaticine sur l’ennemi intérieur qu’il construit pour protéger son pouvoir ou sa forteresse mentale. Dans l’un comme l’autre cas, l’apathie mentale du commentaire, et au-delà de l’opinion, est aberrante.

Cyril Hanouna, «tiers de confiance» de Macron

Elle est minérale, la cohérence d’Emmanuel Macron, et ses mots racontent ce qui nous arrive. Le président de la République pense et dit qu’une vague révolutionnaire nous a saisis qu’agitent et organisent les ennemis de la France, étrangers et intérieurs, qui s’emparent même d’un boxeur paumé, qui inventeraient même un scandale d’État, Benalla, et la presse et les médias «naïfs», hypnotisés, idiots, complices, marcheraient dans la combine et devraient alors, pour notre bien commun, être surveillés et réorientés dans des structures que l’État financerait.

Tout est dit par le président, tout est écrit, il suffit de le lire. Et on comprend aussi bien l’impavidité répressive du pouvoir, puisque les yeux que l’on crève sont ceux des antirépublicains, comme son cynisme de communication, et mieux vaut faire avec Cyril Hanouna qu’avec la presse authentique, celle qui enquête, analyse, essaie d’éclaircir ce présent menaçant; mieux vaut Baba, désormais «tiers de confiance» (médiateur, intermédiaire avec l’opinion, en langage présidentiel), que des médias qui persistent à vivre. Mieux vaut Hanouna, allié intelligent, drôle et brillant, qu’une presse dans le doute.

Cet homme de culture, rempart que le hasard et l’élection ont choisi contre la haine et le populisme, semble se confondre avec ceux dont il nous garde.

Il ne faut pas médicaliser les bizarreries des pouvoirs ni oublier qu’un homme qui préside et a lu tant de livres est plus intelligent que nous. On ne sait pas alors si Emmanuel Macron pense réellement que les aventures d’Alexandre Benalla ou les barrages de province, la colère et les manifestations, sont le fruit de manipulations méchantes. Le modeste lecteur de la presse régionale que je suis sait que bien avant l’éruption des «gilets jaunes», bien avant les remugles de la facho ou russosphère, colères et frustrations et brutalités et abandons montaient du pays, et l’humble lecteur du Monde ou de Mediapart sait aussi bien que le talentueux Monsieur Benalla révèle plus qu’une simple dérive, mais témoigne de la griserie initiale d’un pouvoir, s’en est-on guérit?

Corps intermédiaires brutalisés

Je ne sais pas si Emmanuel Macron pense réellement qu’il va, lui et lui seul, refonder la République et rendre au peuple la palabre, une palabre à lui destinée, et ceux qui en doutent ou le contestent ne sont que subversifs ou manipulés, et tels les médias promis à rééducation. Je ne sais pas s’il le pense, ou se contente de le dire, ou d’en rêver. Je sais simplement que le pouvoir, avec méthode, brutalise et dénigre et humilie les corps intermédiaires qui tenaient à peu près ce pays, dialogue social, méthode des Grenelle, journalistes libres, parlement, députés trop nombreux, Sénat à réduire, en expliquant, à chaque fois, qu’ils sont viciés ou inefficients, et puisque viciés ou inefficients, méritent chatiment.

Je ne sais s’il croit, absolument, le président, à ce qu’il nous dit, si cela l’aide à vivre, s’il est un homme habité d’une mission, un homme supérieur peut-être et que nous risquons de rater, je ne sais s’il pense vraiment qu’il doit lui et lui seul refaire la France, avec C8 de monsieur Bolloré mais sans la CFDT de monsieur Berger, contre tous ceux et celles qui jusqu’ici incarnaient la décence commune. Je ressens simplement qu’un homme de culture, qui est, à l’évidence, le rempart que le hasard et l’élection ont choisi contre la haine et le populisme, semble se confondre, subtilement, imperceptiblement, avec ceux dont il nous garde. Un journalisme, qui ne serait pas de la cour, du café ou des salons, nous reste précieux pour affronter cette anomie.

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Publié par le 6 février 2019 dans général, Politique, société

 

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[En Marche vers la dictature ?] Un journaliste dénonce la dérive autoritaire d’Emmanuel Macron

 
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Publié par le 6 février 2019 dans général, Politique, société, Vidéos (Toutes)

 

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Censure : après la loi sur l’information, Macron veut encore plus de contrôle de la «vérité» – Il envisage une nationalisation partielle de la presse.» !!!

Censure : après la loi sur l'information, Macron veut encore plus de contrôle de la «vérité»

Apres  Macron veut Contrôler le net « pour sauver l’internet libre » !!!!!et  Macron veut interdire l’anonymat sur Internet !!! (liste non exhaustive) – Macron veut maintenant nationaliser les médias. Ça devient complètement dingue ! DINGUEEE !!!! 

Le Point, titre Macron ou la tentation de la « Pravda » :

Au cours d’une rencontre avec quelques journalistes, le président de la République a exprimé une vision de l’information étonnamment orwellienne…

(….)

L’embêtant vient après. Voici ce qu’il dit :

« Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’État doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout. Il faut s’assurer qu’elle est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes. Cette rémunération doit être dénuée de tout intérêt. Mais quelque part, cela doit aussi venir de la profession. »

Une nationalisation partielle de la presse

Vous ne rêvez pas. Le président de la République propose que l’État rémunère certains journalistes dans les rédactions. Il envisage sans ciller ce qui ressemble à une nationalisation partielle de la presse.

La liberté d’information (et le droit à l’information), la liberté de presse, la liberté d’expression (qui conditionne toutes les autres) , la liberté de manifester, donc nos libertés individuelles et collectives , nos libertés tout court, sont en train d’être annihilées !!! Et les moutons sont en train de paître dans la bergerie, amorphes …  

Censure : après la loi sur l’information, Macron veut encore plus de contrôle de la «vérité»

Le 31 janvier, Emmanuel Macron recevait des journalistes à l’Elysée pour donner sa vision du journalisme. Après la loi contre la «manipulation de l’information», le chef d’Etat a fait part de son souhait d’aller plus loin dans le contrôle des médias.

En matière d’information, la rhétorique présidentielle est tortueuse, la pensée toujours aussi «complexe». Mais en définitive elle se résume, à un seul postulat : la puissance publique serait le seul garant de la «vérité». C’est, verbatim, le raisonnement qu’Emmanuel Macron aurait déroulé le 31 janvier dernier.

Lire aussi : Défiant vis-à-vis du RIC, Macron brandit le spectre d’une manipulation étrangère

Ce jour-là, le président recevait pour la première fois de son mandat une poignée de journalistes triés sur le volet. Notamment de BFMTV, de Paris Match du Figaro, pour un «entretien à bâtons rompus», selon les termes de l’AFP. Et de fait, Emmanuel Macron s’est essayé au brainstorming collectif. «Le bien public, c’est l’information. Et peut-être que c’est ce que l’Etat doit financer. Le bien public, ce n’est pas le caméraman de France 3. Le bien public, c’est l’information sur BFM, sur LCI, sur TF1, et partout», a-t-il alors posé comme constat, selon des propos rapportés par Le Point, également convié.

Le président de la République a exprimé une vision de l’information étonnamment orwellienne

Quatre jours après cette discussion, «au coin du feu», le directeur du Point, Etienne Gernelle, n’en revient toujours pas de ce qu’il a entendu. «Le président de la République a exprimé une vision de l’information étonnamment orwellienne», déplore-t-il dans son éditorial du 3 février, reprenant la référence du roman dystopique de George Orwell, 1984. D’autant que face à ses invités, Emmanuel Macron serait allé beaucoup plus loin. «Il faut s’assurer qu’elle [l’information] est neutre, financer des structures qui assurent la neutralité. Que pour cette part-là, la vérification de l’information, il y ait une forme de subvention publique assumée, avec des garants qui soient des journalistes», a-t-il développé.

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Le président de la République aurait-il exprimé le vœu d’une administration verticale, depuis le sommet – l’Elysée – vers le journaliste, et puis, plus bas encore, le citoyen ? Presque. Dans un mouvement dialectique d’«en même temps», «semblant réfléchir à haute voix», selon le témoignage d’Etienne Gernelle, le président a tempéré : «Mais quelque part, cela doit aussi venir de la profession.»

Lire aussi : Sauver l’«internet libre» ? Macron annonce que Facebook acceptera des «régulateurs français»

La loi contre la «manipulation de l’information», premier pas vers un contrôle encore plus strict des médias

Jusqu’à quel point Emmanuel Macron irait-il dans le contrôle ? Quoi qu’il en soit, ces nouvelles considérations du chef de l’Etat confirment, encore une fois, son rapport compliqué aux médias.

Rapport que l’on a pu déceler dès l’ascension médiatique d’Emmanuel Macron, à l’automne 2016, puis lors de la campagne présidentielle de 2017. Après six mois de mandat, devant un aréopage de journalistes issus des grands médias historiques, Emmanuel Macron lançait le 3 janvier 2018 le chantier de la loi contre la désinformation, dans les mêmes termes. «Toutes les paroles ne se valent pas», avait-il alors déjà asséné, évoquant également, dans le même temps, les notions de «vérité» et de «liberté d’expression». «Entre complotisme et populisme, le combat est en effet commun», avait-il encore déclaré, fixant clairement une limite entre un bon et un mauvais journalisme, dont le seul juge seraient des autorités administratives et judiciaire.

Un an plus tard, la loi contre la désinformation votée malgré un accouchement difficile et l’opposition du Sénat, Emmanuel Macron n’a pas varié. Lors du même entretien avec des journalistes à l’Elysée, le chef de l’Etat a rappelé son attachement à la hiérarchisation de la parole. «Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député !», s’était-il exclamé, fustigeant le rôle des chaînes d’information en continu.

Et le président de la République, qui a surfé la vague médiatique en 2016 et 2017 pour émerger comme candidat de premier plan à la présidentielle – bien que n’ayant été jamais élu auparavant –de déplorer la médiatisation des Gilets jaunes. «Dans l’affaire Benalla comme pour les Gilets jaunes, la fachosphère, la gauchosphère, la russosphère représentent 90% des mouvements sur internet. De plus en plus, des chaînes d’information disent  »ceci est important, ceci est légitime » parce qu’il y a du mouvement sur internet», a-t-il déploré, selon le journaliste du Point, invité lui aussi.

Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité

Le 24 juillet 2018, juste après l’éclatement de l’affaire Benalla, révélée par Le Monde, le chef d’Etat fustigeait déjà ce qu’il qualifiait de «pouvoir médiatique». «Nous avons une presse qui ne cherche plus la vérité», avait-il lancé, en petit comité, derrière les murs de la Maison de l’Amérique latine, à Paris. «Qu’ils soient parfois parlementaires, qu’ils soient commentateurs, qu’ils soient journalistes, les mêmes ont dit des fadaises», avait-il poursuivi, à deux doigts de parler de «fake news» sur Alexandre Benalla.

Emmanuel Macron voudrait-il donc fixer lui-même les lignes éditoriales et la hiérarchisation de l’information dans les rédactions ? Etienne Gernelle tire pour sa part ses propres conclusions : «Vous ne rêvez pas. Le président de la République propose que l’Etat rémunère certains journalistes dans les rédactions. Il envisage sans ciller ce qui ressemble à une nationalisation partielle de la presse.»

Prise de conscience ?

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Publié par le 6 février 2019 dans général

 

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