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Archives du 3 février 2019

L’invasion numérique des corps et des esprits

L’invasion numérique des corps et des esprits

Il n’est plus nouveau pour personne que l’utilisation d’Internet entraîne de plus en plus de problèmes de confidentialité et de sécurité. Ce serait une erreur de penser qu’il s’agit de défaillances du système ; elles sont plutôt l’essence même du modèle actuel de développement de l’Internet, qui répond aux intérêts des grandes entreprises – et des agences de sécurité – plutôt qu’à ceux des utilisateurs.

vigilanciaLes données, qui sont l’or de la nouvelle économie, représentent la conversion en formats numériques des traits comportementaux des individus et des groupes sociaux. Non seulement ce qu’ils expriment ou externalisent en interagissant sur Internet, leurs recherches, leurs intérêts et leurs réseaux de contacts, mais aussi, et de plus en plus, les données biométriques des corps, ainsi que les pensées, les goûts, les maux et les humeurs que tout cela révèle, et que les dispositifs intelligents, caméras, capteurs et algorithmes captent et interprètent de manière toujours plus précise.

Pour les entreprises qui exploitent l’Internet, la vie privée est un obstacle à leurs profits. Mais comme ils savent qu’il s’agit d’une contradiction dans les termes pour leurs utilisateurs, ils cherchent de nouvelles façons d’extraire leurs données, avec ou sans leur consentement. S’ils peuvent vous convaincre qu’une voiture qui surveille votre conduite protège mieux, qu’un lit intelligent vous aide à dormir, et que la « condition nécessaire » sera de partager ces données avec l’entreprise prestataire, le tour est joué. Une source inépuisable de données à vendre aux compagnies d’assurance et aux entités politiques.

On estime qu’il y a aujourd’hui entre 10 et 20 milliards d’appareils connectés à Internet dans le monde. Certains prédisent qu’avec les connexions 5G, qui transmettront à un rythme beaucoup plus rapide, un trillion pourrait être atteint d’ici quelques années. Avec les espaces publics envahis par les caméras et les capteurs et avec 8 ou 10 appareils « intelligents » dans chaque maison, même l’intimité la plus intime cessera pratiquement d’exister.

Mais ce n’est peut-être pas la chose la plus grave. La 5G, qui est la condition de cet Internet des Choses, est déjà en phase d’expérimentation et devrait le massifier à partir de 2020 ; comme elle ne fonctionne qu’à courte distance, il est prévu d’installer des antennes toutes les 10 à 12 maisons en zone urbaine, ce qui augmentera considérablement l’exposition à ces radiations. De nombreuses études scientifiques soulignent la nocivité de cette exposition, avec des preuves d’effets cancérigènes, de stress cellulaire, d’augmentation des radicaux libres nocifs, de dommages génétiques, de modifications du système reproducteur, de déficits d’apprentissage et de mémoire, de troubles neurologiques et de répercussions négatives sur le bien-être général. Et des effets nocifs également sur les animaux et les plantes.

De plus, même les régions rurales et éloignées n’échapperont pas à ces radiations, car il est prévu que les satellites en orbite basse atteignent tous les coins de la planète, ce qui pourrait avoir des effets encore plus dommageables. Des milliers de scientifiques du monde entier ont signé des pétitions demandant aux gouvernements et aux organisations multilatérales d’imposer un moratoire sur le déploiement de la technologie 5G, au moins jusqu’à ce que les études d’impact appropriées soient faites.

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Quelles alternatives existent à ce projet fou de société qui cherche à marchander le plus intime de nos corps et de nos esprits, au prix de nous soumettre à une expérience technologique à haut risque pour la santé et l’environnement ?

Ce n’est pas que la technologie numérique en soi est mauvaise ; elle pourrait apporter de grands avantages à la société, à condition que l’humanité fixe des priorités pour son développement, comme le principe de précaution et les études d’impact avant de généraliser les nouvelles technologies, et qu’elle fasse passer les droits humains avant les intérêts commerciaux. De plus, il existe déjà des initiatives pour développer l’Internet avec des critères plus humains, sous des modèles décentralisés, comme les réseaux libres : ce que nous appelons « l’Internet citoyen ». Avec des investissements appropriés, ces derniers pourraient être étendus et perfectionnés, bien que l’on puisse s’attendre à une résistance et à des tentatives de cooptation de la part des forces qui contrôlent l’Internet.

Un gigantesque Internet des Choses, sous un modèle centralisé entre les mains de méga-entreprises ou de gouvernements, ne répond à aucun besoin social réel ; mais à ce stade, il semble que seul un large mouvement citoyen pourrait y mettre un terme.

par Sally Burch

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Publié par le 3 février 2019 dans général, Santé - nutrition, société

 

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Interdiction de manifester : UNSA Police tire à boulets rouges sur la décision de la majorité

UNSA Police, syndicat majoritaire de la profession, déplore dans une publication à propos de la loi dite anticasseurs : «L’interdiction de manifester doit rester exclusivement une décision de justice» et propose une «peine complémentaire».

Les syndicats de police majoritaires vont-ils entrer dans la danse ? Alors que jusqu’à présent, les syndicats minoritaires (tel que ViGi ou France Police) et les associations de police (UPNI, CAP, CLIP et MPC) faisaient cavaliers seuls, l’UNSA Police a publié un tract le 31 janvier qui remet en cause la proposition de loi dite «anticasseurs»initialement portée par le groupe Les Républicains (LR) dans un autre contexte et exhumée par la majorité compte tenu de la crise actuelle.

Par la voix de son secrétaire général, Philippe Capon, UNSA Police remet particulièrement en cause le texte sur son volet judiciaire : «Cette mesure administrative relève de l’état d’urgence, il ne faut pas que l’exception devienne la règle, elle viendrait entraver la liberté fondamentale de manifester. Si on en prend lecture partielle « Seuls pourraient être visés les individus appartenant à des groupuscules violents ou ayant commis des actes délictuels à l’occasion de précédentes manifestations », dès lors nous sommes en mesure de penser que ces personnes seront interpellées et que la justice pourra, en peine complémentaire, leur interdire de manifester…»

L’interdiction de manifester doit rester exclusivement une décision de justice

Et de rappeler que l’arsenal juridique ne nécessite nullement un arrêté préfectoral : «L’interdiction de manifester est déjà prévue par l’article L. 211-13 du code de la sécurité intérieure, l’interdiction administrative pourrait se substituer à celui-ci, bafouant ainsi de façon arbitraire cette liberté fondamentale. […] Pour l’UNSA Police, l’interdiction de manifester ne peut pas être une décision administrative ! L’interdiction de manifester doit rester exclusivement une décision de justice et constituer un délit pour celui qui ne la respecterait pas.»

Au cœur de cette polémique se trouve un amendement proposé par La République en marche (LREM) qui permet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester. Cette prérogative était jusqu’à présent réservée aux juges et sa modification dérange les défenseurs des libertés individuelles mais aussi une partie de l’opposition, les Insoumis (LFI) et le Rassemblement national (RN) ayant pris position contre, ainsi que le centriste Charles de Courson, qui est allé jusqu’à évoquer le «régime de Vichy» dans l’hémicycle.
Quand Belloubet préférait également la «peine complémentaire»… mais pour les élus

Ironie du sort, la solution d’une «peine complémentaire» que propose le syndicat de police majoritaire pour remédier à un potentiel problème de constitutionnalité est justement celle qui a été choisie par la majorité LREM et appuyée par le gouvernement en juillet 2017 afin d’éviter l’éventuelle inconstitutionnalité d’un texte législatif.

Le garde des Sceaux, Nicole Belloubet, avait ainsi invoqué le principe d’«individualisation des peines» édicté à l’article 8 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen pour faire valoir le caractère potentiellement inconstitutionnel de l’engagement de campagne d’Emmanuel Macron consistant à empêcher un élu de se présenter dans le cas où son casier judiciaire ne serait pas vierge.

Dès lors, face au «risque de censure» du Conseil constitutionnel, dont nombre de spécialistes jugeaient qu’il déclarerait la mesure anticonstitutionnelle, le garde des Sceaux s’était félicité d’une initiative «bienvenue» du groupe LREM, qui avait proposé un amendement pour remplacer cette disposition par une «peine complémentaire obligatoire d’inéligibilité» en cas de manquement à la probité.

L’amendement au projet de «loi de moralisation de la vie publique» avait été porté, entre autres, par le président du groupe LREM à l’Assemblée de l’époque, Richard Ferrand, qui était justement sous le coup d’une enquête, ouverte le 1er juin 2017 par le parquet de Brest dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Depuis lors, à la faveur d’un jeu de chaises musicales au sein de la majorité, Richard Ferrand a atterri au très convoité perchoir, qui n’est autre que le poste de président de l’Assemblée nationale.

Antoine Boitel

 
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Publié par le 3 février 2019 dans général

 

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Tribune : répression des Gilets Jaunes, les libertés publiques en danger

Tribune: répression des Gilets Jaunes, les libertés publiques en danger

Dans une tribune publiée sur franceinfo, 59 avocats racontent les difficultés majeures qu’ils rencontrent à exercer correctement les droits de la défense dans les dossiers de plusieurs « gilets jaunes ». 

(…) 59 avocats*mettent en garde contre « les dérives » qu’ils ont pu constater dans le traitement de ces dossiers.

Expulsions et délogements « totalement illicites », auditions sans présence d’avocats, grande sévérité des peines prononcées… Ces avocats alertent sur d’éventuelles « atteintes aux droits individuels et aux libertés publiques dans notre pays« . Ils s’expriment ici librement. (source)

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La France connaît une crise sociale à l’occasion de laquelle le pouvoir exécutif vient de déclencher une répression policière et judiciaire d’une violence jamais vue depuis la fin de la guerre d’Algérie. Au point que l’opinion internationale commence à s’émouvoir en constatant à quel point le gouvernement français actuel est prêt à renoncer à tous les principes qui caractérisent une démocratie. À cette occasion une partie de la magistrature française renouant avec de mauvaises habitudes a accepté de jouer le rôle du garde-chiourme du parti de l’ordre, oubliant que l’appareil judiciaire n’est pas là pour rétablir l’ordre, mais pour rendre la justice. Ce constat est absolument désolant.

Des avocats courageux dans des conditions difficiles démontrent par leur engagement qu’ils ont choisi ce métier pour défendre des hommes mais aussi des principes. Et ils nous rappellent que l’État de droit n’est pas à géométrie variable.

Un certain nombre d’entre eux vient de publier un appel à l’opinion publique. Dont on trouvera les termes ci-dessous. Merci à eux.

Régis de Castelnau

PS: les confrères qui souhaitent s’associer à cette tribune peuvent s’adresser au site par l’intermédiaire de l’e-mail de contact : vududroit@gmail.com

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« Notre pays traverse une période de contestation inédite sous la Vème République depuis le 17 novembre 2018.

De manière tout aussi inédite les juridictions, principalement pénales, sont particulièrement sollicitées afin de statuer, dans des conditions parfois discutables, sur la culpabilité ou l’innocence de justiciables qui, pour un grand nombre d’entre eux, n’ont jamais eu à connaître les instances judiciaires pénales ni même les services de police et d’enquête. Les gardes à vue sont légion et ont lieu dans des conditions qui inquiètent nombre d’avocats, auxiliaires de justice mais aussi défenseurs des libertés publiques et individuelles. Par la présente tribune, nous, avocats signataires entendons alerter quant au danger que constituent ces procédures faites, souvent, dans l’urgence et visant principalement à gonfler, souvent de manière artificielle, des chiffres qui seront annoncés par le Ministère de l’Intérieur. En amont de toute poursuite, et sans décision judiciaire, nous avons pu constater la violation délibérée des droits de manifestants par des expulsions et délogements totalement illicites et en ayant recours à la force publique.

Nous avons constaté des poursuites pour des motifs saugrenus tel que l’occupation illicite du domaine public alors que les personnes poursuivies n’avaient fait que stationner quelques minutes aux alentours d’un rond-point. Nous avons constaté dans certains commissariats ou gendarmeries, que des avocats n’ont pas pu s’entretenir avec leur client gardé à vue en dépit de leur désignation. Certains encore ne sont pas tenus informés des suites judiciaires décidées par le seul Parquet relatives aux personnes pour lesquelles ils doivent intervenir : soit de remise en liberté, soit de leur présentation devant un Procureur de la République alors que l’avocat doit être averti de celles-ci. Pire encore, tant dans le cadre des auditions libres que des auditions durant les gardes à vue, nombre de « Gilets Jaunes » indiquent que des enquêteurs les ont dissuadés du recours à l’assistance d’un avocat en arguant de ce que si l’avocat intervenait, ils seraient remis en liberté beaucoup plus tardivement. Nombres de personnes ont donc renoncé au droit essentiel de la présence d’un avocat à leurs côtés pendant leurs auditions, espérant ainsi une sortie plus rapide de garde à vue ou bien la clémence des services judiciaires. Il a pu être constaté ainsi des auditions hors présence d’un avocat dont les personnes contestaient par la suite le contenu. Nous tenons ici à rappeler que nombre de « Gilets Jaunes » n’ont jamais eu à connaître auparavant la Justice pénale. Après des enquêtes souvent rapides, des investigations réduites au minimum et des prolongations de garde à vue dites de « confort », les gardés à vue sont fréquemment déférés en vue de procédures de jugements rapides dites comparutions immédiates. Ces procédures, où le mis en cause est jugé immédiatement après une garde à vue par définition éprouvante, sont habituellement réservées aux personnes ayant des antécédents judiciaires, pour des affaires relativement évidentes et relevant d’une gravité certaine.

Pour autant, s’agissant des « Gilets Jaunes », nous avons pu voir ce choix procédural du Parquet être mis en œuvre pour des affaires plus complexes, pour des personnes sans aucun antécédent et s’agissant d’affaires ne présentant pas la gravité habituellement retenue pour ce choix procédural (dégradations, outrages…) Le traitement rapide des affaires judiciaires des manifestants nous semble l’œuvre du désir des pouvoirs exécutifs de donner une réponse forte. Nous rappelons que seul le Parquet dispose de l’opportunité des poursuites ce qui signifie que lui seul détermine le choix des procédures. Nous rappelons aussi que par plusieurs décisions, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (plus haute juridiction européenne, garante des libertés publiques et individuelles) a condamné la France pour absence d’indépendance du Parquet considérant que les magistrats du Parquet ne disposaient pas de l’indépendance nécessaire puisque relevant directement de l’Exécutif. Monsieur Castaner, Ministre de l’Intérieur, d’autres membres de l’Exécutif mais aussi Monsieur le Président de la République, Emmanuel MACRON, ayant indiqué, dans des tweets ou par voie de presse, que des réponses judiciaires sévères seront apportées par la Justice. Il convient ici de rappeler que constitutionnellement, le Président de la République est le gardien de l’indépendance de la Justice. De sorte que la sévérité ainsi demandée aux magistrats du siège pourrait constituer une atteinte à l’indépendance des magistrats du siège.

Cependant, il semblerait que certains magistrats ne s’émeuvent pas des consignes des pouvoirs publics et adhèrent à cette sévérité en prononçant des peines fermes avec mandat de dépôt, en ne tenant pas compte des critères habituels, notamment celui de la personnalisation de la peine et son adaptation au profil et aux faits reprochés et ce, alors que les mis en cause n’ont jamais été condamnés. De manière tout aussi fréquente, sont mises en place des procédures de convocation par procès-verbal remis par les procureurs et donc plaçant les mis en cause sous contrôle judiciaire parfois de longs mois avant leur jugement. Ces contrôles judiciaires, très contraignants, portent parfois des obligations ayant des conséquences graves comme des interdictions de paraître dans certaines villes alors qu’il s’agit du lieu de travail des mis en cause, ou encore des obligations de soins, sans lien avec les faits reprochés ou même des interdictions de conduire tout véhicule alors que là encore sans lien avec les faits reprochés. Nous avons même pu constater une interdiction de quitter le domicile entre certains horaires ! Certains avocats et aussi des magistrats du siège constatent aujourd’hui cette sévérité pénale et manifestement souvent inadaptée, et s’en émeuvent.

A l’inverse, nous avons constaté que les procédures relatives à de présumées violences policières ne faisaient pas l’objet de la même célérité d’enquête ou de poursuites. L’identification de policiers mis en cause est longue et laborieuse, les poursuites rares, dans le cadre de procédures excluant les avocats (enquêtes préliminaires, enquêtes internes) de sorte qu’à ce jour, à la connaissance des avocats signataires, aucune poursuite pénale n’a abouti concernant des violences policières. Nous dénonçons par ailleurs des comportements qui posent question de la part des services de police quant à la présence de certains avocats, qui ont pu s’émouvoir de pratiques policières qu’ils constataient et qui ont fait l’objet eux-mêmes de mesures coercitives particulièrement inquiétantes. Nous pensons notamment à notre confrère de Nancy. Enfin, à l’instar de plusieurs parlementaires, nous sommes particulièrement inquiets quant au projet de loi actuellement en discussion dit « anti-casseurs » qui nous semble contraire à nombre de principes fondamentaux. Le cas échéant nous envisageons de saisir, par la voie de la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), le Conseil Constitutionnel afin de déterminer si les libertés publiques, le droit européen et les textes fondateurs de notre République ne sont pas transgressés par l’application de la loi, si elle restait en l’état.

Nous, avocats signataires, tenons à alerter quant aux dérives que nous constatons et qui semblent porter atteinte aux droits individuels et aux libertés publiques dans notre République. »

Sophia ALBERT-SALMERON, avocate à Avignon – Khalida BADJI, avocate à Clermont-Ferrand – Georges BANTOS, avocat à Marseille – Betrand BEAUX, avocat à Montélimar – Myriam BERLINER, avocate à Paris – Marjorie BEREZA, avocate à Strasbourg – Avi BITTON, avocat à Paris – Sandrine BLEUX, avocate à Cambrai – Alexandra BODEREAU, avocat à Arras – Annabelle BOURG, avocate à Clermont-Ferrand – Joëlle CABROL, avocate à Toulon – Christine CASABIANCA, avocate à Aix-en-Provence – Brigitte CHARLES, avocate à Nice – Régis DE CASTELNAU, avocat à Paris – Cyril DE GUARDIA DE PONTE, avocat à Perpignan – Philippe DE VEULLE, avocat à Paris – Christine CLAUDE-MAYSONNADE, avocate à Tarbes – Clotilde COURATIER-BOUIS, avocate à Paris – Mathieu CROIZET, avocat à Paris – Mathilde SANSON, avocate à Rouen – Estelle DELATTRE-ARENA, avocate à Bethune – Richard DOUDET, avocat à Limoges – Aziza DRIDI, avocat à Grasse – Jean Jacques DULONG avocat à Paris – Christophe DUMEZ, avocat à Montpellier – Anne DUNAN, avocate à Toulon – Alix ESTUBLIER-ADAMO, avocate à Toulon – Mazen FAKIH, avocat à Paris – Yoave FENNECH, avocat à Toulon – Olivier FERRI, avocat à Toulon – Saphia FOUGHAR, avocate à Nîmes – Mireille GODARD, avocate à Aix-en-Provence – Charline GAIA, avocate à Toulon – Guylène GRIMAULT, avocate à Evreux – Charlotte GRUNDMAN, avocate à Paris – Anne GUTTADORO, avocate à Cannes – Marie-jeanne KAHN, avocate à Montpellier – Jacques LABROUSSE, avocat à Toulon – Jean LÉNAT avocat à Lyon – Charline LHOTE, avocate à Colmar – David LIBESKIND, avocat à paris – Alfonso M.DORADO, avocat à Paris – Christophe MACONE, avocat à Toulon – Alexandra MAILLOT, avocat à Saint-Denis (La Réunion) – Melissa MARIAU, avocate à Rennes – Sandra MOLINERO, avocate à Rouen – Nathalie MOULINAS, avocate à Tarascon – Léa N’GUESSAN, avocate à Paris – Michèle NAUDIN, avocate à Marseille – Jean-Marc PANFILI avocat à Montauban – Pascal PENCIOLELLI, barreau d’Evry – Salomé PERRIER, avocate à Nîmes – Sandrine RAGALD, avocate à Saint-Aimé (Martinique) – Elisabeth RAMACKERS, avocate à Nîmes – Florence RAULT avocate à Paris – Virgile RENAUD, avocat à Marseille – Nancy RISACHER avocate à Épinal – Anouk ROZZI, avocate à Dijon – Lizzie SACCHERO, avocate à Toulon – Karim SEBIHAT, avocat à Paris – Maïdou SICRE, avocat à Toulouse – Anthony SUTTER, avocat à Mont de Marsan – Cendrine TOBAILEM, avocate à Perpignan – Karine VICENTINI, avocate à Saint Quentin – Prisca VITALI, avocate à Marseille.

Régis de Castelnau
 
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Publié par le 3 février 2019 dans Education - information, général, Politique, société

 

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Le Pentagone a décidé d’installer des missiles nucléaires à moyenne portée en Europe

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Le Pentagone a décidé d’installer des missiles nucléaire à moyenne portée en Europe, ce qui transformera ce territoire en champ de bataille lors d’une guerre entre les deux Grands. Sans surprise, l’Otan et l’Union européenne ont approuvé ce suicide des pays européens.

La « suspension » du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), annoncée le 1er février par le secrétaire d’État Mike Pompeo, lance le compte à rebours qui, d’ici six mois, amènera les États-Unis à sortir définitivement du Traité. Dès aujourd’hui, en tous cas, les États-Unis se considèrent libres de tester et de déployer des armes de la catégorie interdite par le Traité : missiles nucléaires à portée intermédiaire (entre 500 et 5 500 km), avec base à terre.

C’est à cette catégorie qu’appartenaient les missiles nucléaires installés en Europe dans les années 80 : les missiles balistiques Pershing 2, installés par les États-Unis en Allemagne de l’Ouest, et ceux de croisière lancés depuis le sol, installés par les États-Unis en Grande-Bretagne, en Italie, en Allemagne de l’Ouest, en Belgique et aux Pays-Bas, sous le prétexte de défendre les alliés européens des missiles balistiques SS-20, installés par l’Union soviétique sur son propre territoire.

Le Traité sur les Forces nucléaires intermédiaires, signé en 1987 par les présidents Gorbatchev et Reagan, éliminait tous les missiles de cette catégorie, y compris ceux basés à Comiso (Sicile).

Le Traité FNI a été mis en question par Washington quand les États-Unis ont vu diminuer leur avantage stratégique sur la Russie et la Chine. En 2014, l’administration Obama accusait la Russie, sans apporter la moindre preuve, d’avoir expérimenté un missile de croisière (sigle 9M729) appartenant à la catégorie interdite par le Traité. Et, en 2015, elle annonçait que « face à la violation du Traité FNI par la Russie, les États-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre ». Le plan a été confirmé par l’administration Trump : en 2018, le Congrès a autorisé le financement d’« un programme de recherche et de développement d’un missile de croisière lancé du sol par plate-forme mobile sur route ». De son côté Moscou niait que son missile de croisière violât le Traité et, à son tour, accusait Washington d’avoir installé en Pologne et Roumanie des rampes de lancement de missiles intercepteurs (ceux du « bouclier »), qui peuvent être utilisées pour lancer des missiles de croisière à tête nucléaire.

Il faut dans ce cadre rappeler le facteur géographique : tandis qu’un missile nucléaire états-unien à portée intermédiaire, basé en Europe, peut atteindre Moscou, un missile analogue basé par la Russie sur son propre territoire peut atteindre les capitales européennes, mais pas Washington. Si l’on renverse le scénario, c’est comme si la Russie installait au Mexique ses missiles nucléaires à portée intermédiaire ;

Le plan US de fossoyer le Traité FNI a été pleinement soutenu par les alliés européens de l’Otan. Le Conseil de Atlantique-Nord a déclaré, le 4 décembre 2018, que « le Traité FNI est en danger à cause des actions de la Russie », accusée de déployer « un système de missiles déstabilisant ». Le même Conseil a déclaré hier son « plein appui à l’action des États-Unis de suspendre ses obligations concernant le Traité FNI » et intimé à la Russie d’utiliser les six mois restants « pour revenir à la pleine observance du Traité » [1].

L’effondrement du Traité FNI a eu lieu aussi avec la contribution de l’Union européenne qui, à l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 décembre 2018, a voté contre la résolution présentée par la Russie sur la « Préservation et la mise en œuvre du Traité FNI », rejetée avec 46 votes contre 43 et 78 abstentions. L’Union européenne —dont 21 des 27 membres font partie de l’Otan (comme en fait partie la Grande-Bretagne sortant de l’UE)— s’est ainsi uniformisée totalement à la position de l’Otan, qui à son tour s’est uniformisée à celle des États-Unis. En substance, donc, l’Union européenne aussi a donné son feu vert à une possible installation de nouveaux missiles nucléaires des USA en Europe, Italie comprise.

Sur une question de cette importance le gouvernement Conte, comme les précédents, s’est aligné et sur l’Otan et sur l’UE. Et de tout l’arc politique aucune voix ne s’est élevée pour demander que ce soit le Parlement qui décide comment voter à l’Onu sur le Traité FNI. Et aucune voix non plus ne s’est élevée au Parlement pour demander que l’Italie observe le Traité de non-prolifération et adhère à celui de l’Onu sur l’interdiction des armes nucléaires, en imposant aux USA de retirer de notre territoire national les bombes nucléaires B61 et de ne pas y installer, à partir de la première moitié de 2020, les encore plus dangereuses B61-12.

Ayant sur son territoire des armes nucléaires et des installations stratégiques des USA, avec le Muos et le Jtags en Sicile, l’Italie est exposée à des dangers croissants en tant que base avancée des forces nucléaires états-uniennes et de ce fait comme cible des forces russes. Un missile balistique nucléaire à portée intermédiaire, pour atteindre son objectif, met 6 à 11 minutes. Un bel exemple de défense de notre souveraineté, inscrite dans la Constitution, et de notre sécurité que le Gouvernement garantit en fermant la porte aux migrants, mais en l’ouvrant largement aux armes nucléaires US.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

 
 

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L’intelligence artificielle va-t-elle tuer la démocratie ?

Jean-François Copé et Laurent Alexandre – On n’est pas couché 2 février 2019

 
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Publié par le 3 février 2019 dans général, Sciences, société, Vidéos (Toutes)

 

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