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Archives du 4 novembre 2018

Alerte – L’humanité est au bord de l’apocalypse nucléaire !!! (à lire absolument)

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Voici tout simplement certainement un des meilleurs articles que j’ai jamais lu, …. et relayé sur ce Blog ! Tout simplement fabuleux ! Vraiment un grand bravo Politicoboy qui nous livre ici une analyse sur le risque d’une guerre nucléaire suivi d’un hiver nucléaire d’une rare pertinence, et d’une grande exhaustivité, je lui tire mon chapeau bas ! Il n’y a pas moins de 47 notes et références, toutes intéressantes à lire , en plus des sources .

Ce papier est superbe, mais absolument terrifiant . Il nous montre à quel point l’humanité est proche de l’anéantissement, qui plus est sur un malentendu . C’est absolument incroyable, moi qui tente d’alerter la population et qui traite du sujet de la guerre nucléaire qui nous pend au nez en profondeur, je ne connaissais pas des concepts comme « launch on warning » ou encore l’existence des « Doomsday machine », qui déclenchent l’apocalypse via une un système de défense automatisé à la moindre explosion nucléaire, et pire, une riposte totale peut se déclencher sur … une fausse alerte ! Comme je le dis souvent, « sur un malentendu » . Et comme vous allez le lire, les fausses alertes ne manquent pas, l’humanité aurait déjà pu être exterminée plusieurs fois . (on court ce risque chaque jour à cause des conflits en Ukraine et Syrie comme j’en parle régulièrement, mais pas que ..)

On apprend ici que l’apocalypse nucléaire qui provoquerait la fin de notre civilisation pourrait être déclenché sans même que les chefs d’État n’en donne l’ordre ou n’en soit informés ! Leur autorité a été « déléguée à de nombreux échelons subalternes », c’est dire décentralisée en somme . Il n’existe donc pas de bouton nucléaire, mais des milliers ! Un simple militaire, par erreur ou volontairement, peut déclencher une guerre nucléaire et provoquer la fin de notre civilisation, sans l’accord de personne … Une organisation terroriste qui mettrait la main sur une arme atomique peut aussi déclencher l’apocalypse, et ce danger est de plus en plus réel …

De mémoire j’ai aussi publié des papiers qui parlent des engins en tous genres gérés par des robots, qui peuvent déclencher une frappe nucléaire automatisée (ou sur activation), qui « dorment » au fond des océans, sur terre ou dans l’espace dans divers dispositifs comme des mini sous marins autonomes, des silos ou encore des engins spatiaux (j’essaierai de retrouver les papiers en question) 

Je n’ose même pas approfondir sur l’IA ! (intelligence artificielle) Tous les pays producteurs d’armes (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande- Bretagne, Israël…) proposent aujourd’hui des systèmes d’armes intégrant des robots ou des systèmes autonomes . L’humain n’a plus la main !! 

Ce papier est absolument effarant, je vous préviens vous allez prendre une bonne douche froide ! Il devrait être relayé en masse et lu par toute l’humanité ! Je l’ai découvert en faisant une recherche sur l’hiver nucléaire pour un papier que je devais écrire aujourd’hui qui devait se nommer « nous sommes tous foutus », qui devait traiter de l’effondrement inéluctable de notre civilisation, mais qui ne faisait que mentionner la guerre . (je l’écrirai une autre fois du coup) Je me disais que ce n’était pas possible que certains dirigeants prennent le risque de déclencher une guerre nucléaire alors que ça signerait la fin de l’humanité .

Hé bien si, certains sont convaincus que l’humanité peut survivre à un hiver nucléaire !! (l’oligarchie dans ses Bunkers ou dans l’espace, certainement..) Le nombre de vies qu’il faudra exterminer (presque tout le monde), ce n’est apparemment pas leur problème .  Ce sont des psychopathes, des fous dangereux !! L’humanité, qui serait totalement exterminée si ça se produisait, ils s’en moquent ! Ça dépasserait de très loin les attentes des « initiés » qui ont édifié les georgia guidestones qui préconisent que l’humanité ne doit pas dépasser les 500 millions de personnes …

Il faut absolument que la population mondiale, à commencer par chez nous en France, se mobilise et exhorte ses dirigeants à en finir avec cette folie, ces protocoles inconscients et ces systèmes automatisés sur lesquels ils n’ont pas la main, et détruire toutes les armes nucléaires. Il faut écrire aux ministres, aux députés, aux sénateurs, etc .. mobiliser notre classe dirigeante sur cette question qui nous menace tous ! Je signal au passage que les pays du club nucléaire, dont la Russie, la Chine, le Royaume-Uni, les USA et la France, s’opposent au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Incroyable ! 

Pour vous donner une idée de la gravité de la situation actuelle – Rien que ce dernier mois : 

Le président chinois demande à l’armée de se préparer à la guerre

Les États-Unis livrent en Europe le plus gros lot de munitions du XXIe siècle !

« Oui, la Russie se prépare à la guerre, je peux le confirmer » (un officiel russe)

Retrait des États-Unis d’un important traité nucléaire : « 700 millions d’Européens se retrouvent face à une nouvelle menace de guerre »

(le traité INF (Intermediate-range nuclear forces treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire était capital, il avait mis fin à la guerre froide)

La promesse nucléaire de Poutine – C’est le moment

Poutine – En cas de guerre nucléaire, «nous irons au paradis»

Près de la moitié des militaires US s’attendraient à une guerre majeure au cours de la prochaine année

Les Pays-Bas annoncent être en état de «guerre informatique» avec la Russie

Psychologie tragique de Poutine

Un rapport du Pentagone indique que les États-Unis se préparent à une guerre totale

Les États-Unis menacent ouvertement la Russie de guerre

Et la liste n’est pas exhaustive du tout, je n’ai fait qu’une recherche RAPIDE, et que sur UN MOIS !!! Et je ne parle même pas de la Syrie (mais aussi Ukraine, Taiwan etc) où ça peut dégénérer à tout moment, sur « un malentendu » comme je l’ai beaucoup répété .

Pour ma part en lisant l’article qui suit de Politicoboy, je me suis dit que j’avais échoué dans mon devoir de vous informer correctement sur la gravité du danger que nous courrons tous . Certes j’ai fait une couverture profonde et alarmiste, je n’arrête pas d’alerter sur les dangers d’une guerre totale qui nous pend au nez et qui anéantirait l’humanité, mais en lisant ce papier, je me rend compte que ce n’était pas encore assez exhaustif : j’ai gravement sous estimé la criticité de la situation !!!

En attendant  la fameuse  »horloge de la fin du monde » est officiellement passée à deux minutes avant minuit, son plus haut niveau d’alerte de l’histoire . Mais entre autres avec les événements dramatiques qui se sont passés depuis (ce papier date du 23 août), j’estime que nous ne sommes que quelques secondes avant minuit …

(par exemple depuis l’affaire de l’IL20, les russes sont en train d’installer leur système de gestion automatisé pour verrouiller l’espace aérien Syrien : comme je l’ai dit et répété, un « accident » majeur peut désormais vite se produire)

Pour la petite histoire, après avoir lu le papier suivant j’ai regardé l’heure sur mon téléphone, il était 23h59, et sous mes yeux c’est passé à minuit !!! Faut-il y voir un signe ? 

Aller, je vous laisse lire ce papier à la fois superbement écrit et terrifiant . Bon il est relativement long mais passionnant, lisez le jusqu’au bout (vous ne devriez avoir aucun mal)  – attention vous risquez de tomber de votre fauteuil – je vous ai mis le lien vers l’article complet à la fin.

HIVER NUCLÉAIRE : DEUX MINUTES AVANT LA FIN DU MONDE

Selon le Bulletin of Atomic Scientist, l’humanité fait face à deux menaces existentielles : leréchauffement climatique et l’ hiver nucléaire. Fondée par les pères de la bombe atomique, cette prestigieuse publication met régulièrement à jour sa « doomsday clock » (horloge de la fin du monde). Présentée sous forme d’un compte à rebours, cet indicateur affichait « sept minutes avant minuit » en 1947. Après avoir fluctué au gré des crises politiques, elle vient d’être avancée à minuit moins deux, son plus haut niveau jamais atteint.

Objet de tous les fantasmes, le danger lié aux armes nucléaires demeure mal compris par le grand public et la majorité des décideurs politiques. Le risque principal ne provient pas d’actes irrationnels qu’entreprendraient des chefs d’État autoritaires, mais découle des actions rationnelles inhérentes à la stratégie militaire. Les conséquences d’un conflit de cette nature, y compris de faible intensité, seraient catastrophiques pour l’ensemble de l’humanité.

Cet article grand format s’efforcera de démystifier le péril nucléaire et d’expliquer en quoi la situation actuelle s’apparente à une pure folie. Sujet passionnant et terrifiant à la fois, il me paraissait impossible de le traiter sérieusement sans prendre le temps d’offrir au lecteur les clés de compréhensions nécessaires. Alors, asseyez-vous confortablement, et bonne lecture !

1) Hiroshima, mon premier contact avec la bombe

Le 6 août 1945, à 8h15 du matin, le bombardier « Enola Gay » largue « Little Boy » sur Hiroshima. La bombe atomique de 4400 kg explose à 580 mètres d’altitude, libérant une déflagration équivalente à quinze mille tonnes de TNT. L’ensemble des bâtiments situés dans un cercle de quatre kilomètres de diamètre sont rasés. Tous, sauf l’hôpital Shima, situé juste en dessous de l’épicentre.

Hopital Shima en 2015, Hiroshima. Photo Politicoboy

Soixante-dix mille personnes périssent sur le coup, tuées par l’effet de souffle ou vaporisées par l’intense chaleur qui atteint 4000 degrés par endroit. Cinquante mille autres meurent dans les heures qui suivent, brûlées par les vents incendiaires qui balayent les décombres à 800 km/h. Un nombre équivalent de victimes s’ajoute au cours des jours et semaines suivantes, sous l’atroce effet des brûlures et radiations. Près de la moitié des trois cent mille habitants aurait ainsi péri, dont 90 % au cours des premiers jours. (1)

Victime du bombardement d’Hiroshima. Photo Wikimedia commons

Le musée du mémorial d’Hiroshima raconte cette horreur. S’y mêlent photos et vidéos, récits des survivants et vitrines exposant les restes de vêtements, la célèbre boîte à déjeuner en métal fondu d’une écolière carbonisée, sans oublier l’ombre bouleversante d’une victime, à jamais imprimée sur la pierre par le flash lumineux qui précéda sa disparition.

Pourtant, ce qui me marqua à jamais en visitant le musée d’Hiroshima, ce ne sont pas lesconséquences du feu nucléaire, mais ses causes.

Le champignon nucléaire au-dessus d’Hiroshima, photographié par le bombardier « The Necessary Evil ». Wikimedia commons.

L’exposition nous raconte le processus décisionnel qui va conduire à la destruction de la ville nippone. De la course à la bombe entamée par le projet Manhattan jusqu’à la justification de son emploi, et le choix des cibles.

On apprend que les alliés avaient depuis longtemps adopté une stratégie de ciblage délibéré des civils, en Allemagne comme au Japon. Le paroxysme de ces actions fut atteint lors des raids aériens à la bombe incendiaire des villes de Hambourg (45 000 morts en sept jours), Dresden (cent vingt mille morts en une nuit) et Tokyo (plus de cent mille morts en vingt-quatre heures). En dépit de son inefficacité stratégique, démontrée aussi bien par la résistance de la population londonienne face au blitz d’Hitler (40 000 morts en 57 jours) que par la résistance japonaise (un million de morts sur une année), cette stratégie de destruction des centres urbains sera poursuivie avec l’arme nucléaire. (2)

Or, le gouvernement japonais attendait l’issue des négociations avec la Russie pour répondre à l’ultimatum américain. C’est l’invasion de la Mandchourie par l’armée soviétique qui poussa le Japon à capituler sans condition, et non pas les destructions d’Hiroshima et Nagasaki, comme le reconnaîtra le président Truman dans ses mémoires. (3)

Les deux principaux généraux américains, Eisenhower et MacArthur, jugeaient ces bombardements inutiles du point de vue militaire. Le recours aux armes nucléaires sur des centres urbains n’avait donc pas pour objectif d’écourter la guerre, mais d’effectuer une démonstration de force. (4)

Le choix d’Hiroshima découle d’un processus méthodique. Une demi-douzaine de villes figuraient sur la liste des cibles potentielles, sélectionnées en fonction de leur taille, de la concentration des habitations et de la topographie, dans le but de provoquer un maximum de dégât visuel. Les villes jusqu’alors épargnées par les bombardements au napalm furent placées en tête de liste.

Ce sont les conditions météorologiques du jour qui scellèrent le destin d’Hiroshima, l’armée américaine souhaitant un ciel dégagé pour pouvoir filmer les effets de la bombe.

À 2h45 du matin, trois bombardiers B-29 décollent de leur base aérienne : l’Enola Gay avec « little boy » à son bord, le « Necessary evil » (mal nécessaire), chargé des photographies, et « The great artiste » responsable des relevés scientifiques.

Équipage de l’Enola Gay, qui est encore à ce jour célébré en héros. Photo Wikipedia

En détruisant Hiroshima et Nagasaki, les Américains firent la démonstration de leur détermination : rien ne saurait les empêcher de raser des villes entières. Ce jour-là, les États-Unis placèrent un fusil sur la tempe de l’humanité. Soixante-dix ans plus tard, leur doigt est toujours sur la détente.

 

2) De Nagasaki à l’hiver nucléaire

Effet de souffle, intense chaleur, incendies, radioactivité : une bombe nucléaire provoque toute une série de phénomènes dévastateurs.

Pourtant, le principal danger d’une guerre atomique ne provient ni de l’explosion des bombes ni des retombées radioactives, mais bien des effets délétères des incendies induits.

En milieu urbain, les tempêtes de feu génèrent des colonnes de chaleur s’élevant sur des dizaines de kilomètres, expédiant des quantités phénoménales de poussières et de cendres jusqu’à la stratosphère. Ces particules occultent les rayonnements solaires et, en quantité suffisante, peuvent provoquer un refroidissement climatique soudain et durable.

Dès 1983, les climatologues ont calculé les effets d’une guerre nucléaire totale entre deux superpuissances. Même si l’un des deux belligérants parvenait à éliminer l’adversaire sans subir de représailles, la quantité de poussière propulsée dans la stratosphère rendrait la terre inhabitable. Les températures subiraient une baisse drastique, précipitant une ère glaciaire en quelques semaines. Le manque de lumière impacterait gravement les rendements agricoles et provoquerait une famine généralisée conduisant à la quasi-extinction de la vie sur terre. (5)

Mais il y a plus alarmant. En utilisant les derniers modèles climatiques de la NASA, différentes études ont cherché à estimer l’effet d’un conflit nucléaire local entre deux puissances mineures, en prenant l’exemple de l’Inde et du Pakistan. Le modèle suppose l’utilisation d’une centaine d’ogives de faible puissance, équivalentes à Hiroshima. Les conclusions prédisent une baisse importante des températures, persistant sur une dizaine d’année, et dont les conséquences sur l’agriculture provoqueraient la migration d’un à deux milliards d’êtres humains. À cela, il faut ajouter la destruction partielle de la couche d’ozone qui doublerait durablement notre exposition aux UV. (6)

Disons-le autrement, ces effets conduiront à la fin de notre civilisation. On imagine mal l’Europe faire face à un flot immédiat de deux milliards de réfugiés climatiques, dans un contexte où notre propre production agricole serait durement impactée.

Aujourd’hui, huit nations possèdent la bombe atomique. Seule la Corée du Nord ne dispose pas encore d’un arsenal suffisant pour déclencher un hiver nucléaire de son seul fait.

Cette carte récapitule les moyens nucléaires de chaque nation, dans le cadre du traité de non-prolifération TNP. Produite par Cécile Marin pour le Monde diplomatique, octobre 2017. En libre-accès ici.

Une fois intégrée cette vérité alarmante, et même si on peut débattre de la justesse des modèles climatiques, il devient tentant de se réfugier dans la certitude qu’une guerre atomique est impossible précisément parce qu’elle serait suicidaire. Cela serait très mal connaître la réalité des dispositifs et stratégies déployés par les puissances nucléaires. Pour commencer à percevoir le danger, nous allons faire appel à Stanley Kubrick.

 

3) Docteur Folamour, ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe.

Doctor Strangelove, how I learn to stop worrying and love the Bomb est une comédie noire de Stanley Kubrick, sortie en salle en 1964, deux ans après l’épisode des missiles de Cuba.

Elle met en scène une crise nucléaire provoquée par une fausse alarme, intentionnellement déclenchée par un général de l’air américain. Les dizaines de bombardiers B-52 maintenus en vol réagissent conformément aux procédures, et convergent vers l’URSS pour y larguer leurs bombes atomiques. Au cours de la réunion de crise convoquée par le président des États-Unis, on apprend qu’il est impossible de rappeler les bombardiers, car ils ont dépassé leur point de non-retour et coupé leurs moyens traditionnels de communication. Les militaires américains conseillent au président de déclencher le tir de l’ensemble des missiles balistiques pour « terminer le boulot » avant que l’URSS n’ait une chance de répliquer à la première salve. Ce dernier s’y refuse, et contacte les Soviétiques pour leur signaler la trajectoire des bombardiers et les aider à les abattre. Les Russes expliquent aux Américains qu’ils ont mis au point une « machine infernale », la fameuse « Doomsday machine », qui se déclenche automatiquement à la moindre explosion nucléaire sur leur territoire. Cette machine fera exploser des milliers d’ogives nucléaires de par le monde, générant un niveau de radioactivité qui rendra la planète entière inhabitable.

« Cette arme ultime perd son pouvoir de dissuasion si vous la gardez secrète. Pourquoi n’avez-vous pas informé la terre entière de son existence, hein !? » Docteur Folamour, dans le film éponyme.

Outre le mordant du comique satirique déployé par Stanley Kubrick, le film tire sa force de son effroyable réalisme. Comme nous allons le voir, toutes les hypothèses centrales sont vraies et encore valides aujourd’hui. (7)

Combien de doigts sur le bouton nucléaire ?

Contrairement à l’idée reçue, il n’existe pas de « bouton nucléaire », mais simplement une autorité formelle de la part des chefs d’État pour déclencher la force atomique. Dès 1953 et la présidence d’Eisenhower, cette autorité fut déléguée à de nombreux échelons subalternes.

Illustration Luci Gutiérrez pour le New Yorker

Daniel Ellsberg, le célèbre lanceur d’alerte des Pentagone Papers et auteur du livre « Doomsday Machine, confessions of a nuclear war planner » qui a servi de point de départ à cet article, est missionné par le Pentagone pour étudier la chaîne de commandement américaine à la fin des années cinquante. Il observe que cette délégation se prolonge jusqu’au fin fond du Pacifique, sur une base aérienne située à une heure de vol de tout territoire américain, en plein milieu de la jungle coréenne. Cet avant-poste disposait d’une vingtaine d’ogives thermonucléaires (totalisant un pouvoir de destruction 2000 fois supérieur à Hiroshima), et des cibles précises à atteindre en Chine et en Russie. Au minimum une heure par jour, elle ne disposait d’aucun moyen de communication avec les autres bases américaines. (8)

Cette délégation se prolonge de nos jours, jusqu’au commandement de sous marins, armés de 24 missiles « trident » portant chacun huit ogives thermonucléaires indépendantes, d’une puissance nominale de 475 kt (32 fois Hiroshima par tête). Autrement dit, un simple commandant de sous-marin pourrait à lui seul provoquer un hiver nucléaire. (9)

Si un tel état de fait peut sembler une pure folie, il s’explique aussi logiquement que les décisions qui ont conduit au projet Manhattan. Car sans cette délégation d’autorité, il suffirait de tuer le chef d’État, ou de détruire la capitale d’une nation et ses principaux centres de commandement, pour s’assurer la victoire.

Cette délégation « logique » s’observe aux USA, mais également en Russie, et par extension dans toutes les puissances nucléaires, Inde et Pakistan compris. (10)

Il est donc tout à fait envisageable qu’un militaire isolé, par erreur ou de son propre chef (comme dans le film de Kubrick), déclenche un conflit nucléaire sans autorisation de sa hiérarchie.

De fait, le New Yorker a récemment révélé que de nombreux officiers américains responsables de la mise à feu des armes nucléaires ont été démis de leur fonction pour indiscipline et troubles psychologiques. Ceci inclut le vice-amiral Tim Giardina, numéro deux du haut commandement nucléaire, et le général d’État-major Michael Carey, commandant en chef de l’ensemble des missiles intercontinentaux américains.

Selon ce général, le moral de ses officiers était « au plus bas », ce qui expliquerait qu’une quarantaine d’entre eux aient été relevés de leurs fonctions en 2014, pour manquement disciplinaire, insubordination et tentative de triche aux examens de routine… (11)

Alerte permanente, launch on warning et fausses alertes

La doctrine de dissuasion repose sur l’idée que tout agresseur sera détruit par la riposte de l’agressé, quelle que soit la violence de l’attaque initiale. Pour être crédible, une telle force de dissuasion doit être placée en état d’alerte permanente afin d’éviter sa destruction prématurée par une « attaque préventive ». Une dimension respectée par le film de Kubrick, où les USA maintiennent une flotte de bombardiers en vol autour du territoire Soviétique. Non seulement cet état de fait est toujours pertinent aujourd’hui, mais il faut y ajouter les patrouilles de sous-marins et les milliers de missiles armés, verrouillés sur leurs cibles et placés en situation d’alerte permanente.

Dessin : New York Time

Pour s’assurer de leur capacité de riposte, ces forces (en particulier les missiles) doivent être mises à feu au premier signal d’alerte (launch on warning), dès que les tirs balistiques adverses sont confirmés par les dispositifs de détection (radars, satellites et autres systèmes).

Le danger conséquent à un tel dispositif est de déclencher une riposte totale suite à une fausse alerte, ou suite à une vraie attaque isolée résultant d’une action non contrôlée d’un contingent des forces adverses.

Ce fut le cas en 1995, lorsque Boris Eltsine fut alerté d’un tir de missile détecté par les radars russes au large de la Suède. Le chef d’État devait autoriser une riposte « totale ». Il hésita suffisamment longtemps pour que l’alarme soit levée, le missile s’avérant n’être qu’une fusée météorologique. (12)

Dans un article détaillé, le Bulletin of Atomic Scientist explique qu’un combat nucléaire moderne débutera vraisemblablement par un tir de quelques missiles nucléaires de croisière, portés par des sous-marins, et qui exploseraient en l’air pour brouiller les systèmes de défense et masquer l’arrivée des missiles intercontinentaux derrière un écran de feu nucléaire. C’est ainsi que fut interprété le tir de fusée suédois. L’article explique que les Américains disposent d’une trentaine de minutes entre le moment de la détection d’une agression et le premier impact pour statuer sur le sérieux de l’alerte et la nature de la riposte à engager. Pour les Russes, ce temps de réponse ne serait que de quinze minutes, car leur système de détection « low cost » repose essentiellement sur des radars terrestres, alors que les USA disposent d’un réseau satellitaire dernier cri. (13)

Comme dans le film de Kubrick, une fois les ordres donnés et les missiles tirés, il sera impossible de rappeler les forces engagées. Daniel Ellsberg confirme dans ses rapports au département de la Défense l’existence des fameux « points de non-retour ». C’est logique du point de vue de la dissuasion, car si l’agresseur se persuade qu’une attaque préventive permettra de forcer l’adversaire à capituler sans riposter ou à rappeler ses forces, la dissuasion ne fonctionne plus.

Mais cet aboutissement logique accroît paradoxalement le risque de conflit suite à une fausse alerte.

Il existe au moins douze cas historiques où la catastrophe fut évitée par l’action d’un seul groupe d’hommes (voire d’un seul homme, comme dans le cas de Stanislas Petrov) qui violèrent leurs propres ordres en décidant d’attendre avant de déclencher l’alarme qui aurait immanquablement entraîné une réponse, et un hiver nucléaire. (14)

« Cela me terrifie. Le risque de déclencher une guerre par erreur est bien plus grand aujourd’hui qu’il l’était pendant la guerre froide » – William Perry, ancien ministre de la Défense américaine sous Bill Clinton, au micro de la National Public Radio le 16 janvier 2018. Il précise avoir connu trois crises majeures causées par une fausse alerte durant son mandat. (15)

 

L’existence d’une véritable « doomsday machine »

Depuis les travaux scientifiques de 1983, on sait qu’une « doomsday machine » existe réellement, puisqu’une guerre atomique provoquerait inévitablement un hiver nucléaire.

Comme nous le verrons en seconde partie, les différentes stratégies des nations possédant la bombe atomique ignorent superbement cette donnée. Pire, des systèmes de défense automatisés existent, au minimum en Russie. Appelé « dead hand », ce système déclencherait la mise à feu de l’ensemble des forces atomiques russes suite à la moindre attaque nucléaire sur leurs centres urbains. Bien entendu, comme dans le film de Kubrick, le mécanisme précis de cette Doomsday Machine est tenu secret. Les autres nations nient l’existence d’un tel dispositif, tout en axant leur stratégie sur leur capacité de « décapitation » de l’adversaire grâce à une frappe préventive. Chaque pays encourage ces stratégies en continuant d’entretenir (au minimum, pour le grand public) l’illusion de l’existence d’un « bouton nucléaire » que seul possèderait le chef d’État. Un paradoxe digne du docteur Folamour. (16)

« The whole point of the doomsday machine is lost, if you keep it a secret. Why didn’t you tell the world, heh ? »

Suite et fin sur politicoboy 

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6 Commentaires

Publié par le 4 novembre 2018 dans général, Guerre - 3e guerre mondiale

 

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